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Annulation du concert en Italie d’un chef d’orchestre russe pro-Poutine

Le très controversé concert du célèbre chef d’orchestre russe pro-Poutine Valeri Guerguiev, prévu le 27 juillet dans le cadre d’un festival près de Naples en Italie, a finalement été annulé, ont annoncé lundi les organisateurs.La direction du festival “a décidé l’annulation du concert symphonique dirigé par Valeri Guerguiev”, a-t-elle indiqué dans un communiqué succinct ne donnant pas d’explication à cette décision intervenant après de nombreuses critiques aussi bien en Italie qu’à l’étranger.Le chef d’orchestre, également directeur du célèbre Théâtre Bolchoï de Moscou et ami personnel du chef du Kremlin, devait se produire dans le cadre du festival “Un’Estate da Re” (“Un été de roi”) organisé au palais de Caserte, ex-résidence royale des Bourbons de Naples surnommée le “Versailles italien”.”Je n’ai pas été informé” de l’annulation du concert, a réagi auprès de l’agence de presse officielle russe TASS Valeri Guerguiev, boycotté en Occident depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 pour ne pas avoir dénoncé l’offensive contre Kiev.Le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), l’organisation de l’opposant Alexeï Navalny mort en prison qui avait activement milité pour cette annulation, s’est aussitôt félicité sur Telegram: “Hourra! Le concert en Italie est annulé”. “Les copains (du président russe Vladimir) Poutine ne devraient pas être en tournée en Europe comme si rien ne s’était passé”.Le FBK avait annoncé le 11 juillet l’envoi de lettres au festival et aux ministres italiens de la Culture et de l’Intérieur pour demander l’annulation du concert.Le ministre italien de la Culture Alessandro Giuli avait lui-même déploré la semaine dernière l’invitation de Valeri Guerguiev, craignant qu’elle puisse transformer le festival en “une caisse de résonance de la propagande russe”, alors que le gouvernement ultra-conservateur de Giorgia Meloni a toujours affiché un soutien sans faille à Kiev. Lundi, il a apporté son “soutien entier et convaincu” à la “décision libre” de la direction du palais de Caserte, qui selon lui “obéit à une logique de bon sens (…) contribuant à la protection des valeurs du monde libre”.- “Une situation scandaleuse” -L’ambassadeur de Russie en Italie Alekseï Paramonov a de son côté jugé “triste” que “l’Italie subordonne sa politique culturelle aux exigences des Ukrainiens”. Il a aussi fustigé les dirigeants occidentaux et leur “politique d’annulation de la culture russe”, jugeant l’affaire “scandaleuse”.La veuve d’Alexeï Navalny, Ioulia Navalnaïa, qui avait publié une tribune demandant l’annulation du concert la semaine dernière dans le quotidien La Repubblica, a salué lundi sur X une “bonne nouvelle”.”Aucun artiste soutenant la dictature actuelle en Russie ne devrait être accueilli en Europe. C’est précisément grâce à des loyalistes au régime comme Guerguiev que Poutine essaye de promouvoir une image d’+homme respectable+”, a-t-elle estimé.Le maestro de 72 ans, partisan de longue date du président russe, avait déjà été boycotté en 2022 par des orchestres occidentaux pour ne pas avoir dénoncé l’offensive contre Kiev.Valeri Guerguiev avait été nommé fin 2023 par le gouvernement russe au poste de directeur du prestigieux Bolchoï, en pleine mise au pas accélérée du secteur culturel en Russie après l’invasion de l’Ukraine.Il dirige aussi, depuis 1996, le prestigieux théâtre Mariïnski de Saint-Pétersbourg, devenant le premier homme depuis 1917 à diriger les deux principales scènes du pays.La proximité de M. Guerguiev avec le chef du Kremlin, notamment lors de l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, ainsi que sa participation à des concerts dans la région séparatiste d’Ossétie du Sud et à Palmyre avec l’armée syrienne, lui avaient déjà valu des polémiques.En mars 2022, l’orchestre philharmonique de Munich (sud de l’Allemagne) avait décidé de le congédier car il n’avait pas dénoncé l’invasion de l’Ukraine. Plusieurs orchestres et festivals en Europe et aux Etats-Unis avaient, eux, annulé leurs engagements avec le musicien.

Bangladesh: un avion de l’armée s’écrase sur une école, au moins 19 morts

Un chasseur de l’armée de l’air du Bangladesh qui effectuait un vol d’entraînement s’est écrasé lundi sur une école de Dacca, causant la mort d’au moins 19 personnes dont de nombreux jeunes écoliers, selon un nouveau bilan officiel.Cette catastrophe aérienne est la plus meurtrière survenue au Bangladesh depuis des décennies.Le premier bilan de la catastrophe faisant état de 16 morts publié par le gouvernement provisoire a été révisé à la hausse à 19 morts par le service de presse des forces armées bangladaises (ISPR). La chute de l’appareil sur le campus scolaire Milestone, dans le nord-ouest de la capitale bangladaise, a également fait plus de 100 blessés, pour la plupart des écoliers âgés de 8 à 12 ans.Une vingtaine d’entre eux se trouvent dans un état critique, a indiqué à l’AFP le Dr Mohammad Nasir Uddin, directeur de l’Institut national des grands brûlés où de très nombreux blessés ont été hospitalisés après l’accident.L’avion impliqué est un monoréacteur de type F-7 BGI, de fabrication chinoise, qui avait décollé à 13h06 locales (7h06 GMT), a ajouté le service de presse de l’exécutif.Les causes de sa chute n’ont pas été immédiatement précisées.Son pilote, identifié sous le nom de Toukir Islam Sagar, est mort, selon l’armée, qui a affirmé qu’il avait tenté en vain d’éloigner son avion des zones habitées de la capitale.Les secours ont été rapidement déployés sur le site de l’école Milestone, où ils ont extrait les victimes des décombres sur des civières, a constaté un photographe de l’AFP.- “Tout a pris feu” -“Il y avait deux avions de chasse (dans le ciel), l’un est tombé ici sur la partie (du bâtiment) où se tenait un cours d’anglais pour des élèves de primaire”, a témoigné à l’AFP un élève, Shafiur Rahman Shafi, 18 ans.”Beaucoup de jeunes élèves et des enseignants ont été blessés”, a ajouté le jeune homme, qui se trouvait dans l’une des aires de jeu de l’école au moment de l’accident.”Ca a fait un grand boum. On a senti une secousse comme un tremblement de terre. Et puis tout a pris feu”, a-t-il encore déclaré.L’Institut national des grand brûlés a été rapidement pris d’assaut par de nombreux parents d’élèves venus pour tenter d’identifier leurs proches, a constaté une journaliste de l’AFP.”Nous avons désespérément cherché mon cousin de 12 ans dans plusieurs hôpitaux”, a raconté à l’AFP Tofazzal Hossain. “Nous avons finalement retrouvé son corps ici”, a-t-il poursuivi, en pleurs.En début de soirée, de nombreuses ambulances continuaient à débarquer des enfants blessés à l’Institut, devant lequel des dizaines de personnes donnaient spontanément leur sang.Le chef du gouvernement provisoire, le prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, a fait part sur X de “son profond chagrin et sa peine”.”C’est un moment de profonde douleur pour toute la nation”, a -t-il ajouté. “Le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour enquêter sur l’origine de l’accident et prêter assistance à tous”.Les autorités ont décrété un jour deuil national dans tout le pays mardi.En 1984, un Fokker F-27 de la compagnie Biman reliant le port de Chittagong (sud-ouest) à Dhaka s’était écrasé, causé la mort des 49 passagers et membres d’équipage à bord.

Gaza: l’armée israélienne étend ses opérations terrestres au centre du territoire

La Défense civile de la bande de Gaza et des témoins ont fait état lundi de tirs d’artillerie sur Deir al-Balah, dans le centre du territoire palestinien, au lendemain d’un appel israélien à évacuer la zone.L’armée israélienne avait annoncé lundi qu’elle allait étendre ses opérations militaires dans ce secteur, y compris “dans une zone où elle n’était jamais intervenue auparavant” en plus de 21 mois de guerre contre le mouvement islamiste palestinien Hamas, sommant les habitants d’évacuer les lieux.Selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), entre 50.000 et 80.000 personnes se trouvaient dans ce secteur.Des familles entières se sont alors mises en route, transportant leurs affaires à bout de bras ou sur des charrettes tirées par des ânes en direction du sud, selon des correspondants de l’AFP sur place.”Pendant la nuit, nous avons entendu des explosions énormes”, témoigne Abdallah Abou Slim, un habitant du secteur de 48 ans, faisant état de tirs d’artillerie.”Nous avons peur que l’armée israélienne prépare une opération terrestre à Deir al-Balah et dans les camps du centre de la bande de Gaza, où s’entassent des centaines de milliers de déplacés”, a-t-il poursuivi.Hamdi Abou Moughsib, 50 ans, a déclaré à l’AFP que lui et sa famille avaient fui dès l’aube vers le nord, quittant leur tente installée au sud de Deir al-Balah, après une nuit de bombardements intenses.”Nous avons vu des chars avancer sur plus d’un kilomètre depuis Khan Younès (sud) en direction du sud-est de Deir al-Balah”, a-t-il dit.”Il n’y a aucun endroit sûr dans la bande de Gaza”, note-t-il. “Je ne sais pas où nous pouvons aller.””Nous avons reçu des appels de familles assiégées dans la zone de Baraka, à Deir al-Balah, à cause des tirs de chars israéliens”, a déclaré à l’AFP Mahmoud Bassal, le porte-parole de la Défense civile de Gaza.”Il y a plusieurs blessés, mais personne ne peut accéder à la zone pour les évacuer”, a-t-il ajouté.Mai Elawawda, responsable de la communication à Gaza pour l’ONG médicale britannique Medical Aid for Palestinians, a qualifié la situation d'”extrêmement critique”.”Les bombardements ont lieu tout autour de notre bureau, et les véhicules militaires se trouvent à seulement 400 mètres de nos collègues et de leurs familles”, a-t-elle déclaré, ajoutant que “tout le monde est en train d’évacuer, la plupart sans savoir où aller”.Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne n’a pas commenté dans l’immédiat.

Gaza: l’armée israélienne étend ses opérations terrestres au centre du territoire

La Défense civile de la bande de Gaza et des témoins ont fait état lundi de tirs d’artillerie sur Deir al-Balah, dans le centre du territoire palestinien, au lendemain d’un appel israélien à évacuer la zone.L’armée israélienne avait annoncé lundi qu’elle allait étendre ses opérations militaires dans ce secteur, y compris “dans une zone où …

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Gaza: l’armée israélienne étend ses opérations terrestres au centre du territoire

La Défense civile de la bande de Gaza et des témoins ont fait état lundi de tirs d’artillerie sur Deir al-Balah, dans le centre du territoire palestinien, au lendemain d’un appel israélien à évacuer la zone.L’armée israélienne avait annoncé lundi qu’elle allait étendre ses opérations militaires dans ce secteur, y compris “dans une zone où elle n’était jamais intervenue auparavant” en plus de 21 mois de guerre contre le mouvement islamiste palestinien Hamas, sommant les habitants d’évacuer les lieux.Selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), entre 50.000 et 80.000 personnes se trouvaient dans ce secteur.Des familles entières se sont alors mises en route, transportant leurs affaires à bout de bras ou sur des charrettes tirées par des ânes en direction du sud, selon des correspondants de l’AFP sur place.”Pendant la nuit, nous avons entendu des explosions énormes”, témoigne Abdallah Abou Slim, un habitant du secteur de 48 ans, faisant état de tirs d’artillerie.”Nous avons peur que l’armée israélienne prépare une opération terrestre à Deir al-Balah et dans les camps du centre de la bande de Gaza, où s’entassent des centaines de milliers de déplacés”, a-t-il poursuivi.Hamdi Abou Moughsib, 50 ans, a déclaré à l’AFP que lui et sa famille avaient fui dès l’aube vers le nord, quittant leur tente installée au sud de Deir al-Balah, après une nuit de bombardements intenses.”Nous avons vu des chars avancer sur plus d’un kilomètre depuis Khan Younès (sud) en direction du sud-est de Deir al-Balah”, a-t-il dit.”Il n’y a aucun endroit sûr dans la bande de Gaza”, note-t-il. “Je ne sais pas où nous pouvons aller.””Nous avons reçu des appels de familles assiégées dans la zone de Baraka, à Deir al-Balah, à cause des tirs de chars israéliens”, a déclaré à l’AFP Mahmoud Bassal, le porte-parole de la Défense civile de Gaza.”Il y a plusieurs blessés, mais personne ne peut accéder à la zone pour les évacuer”, a-t-il ajouté.Mai Elawawda, responsable de la communication à Gaza pour l’ONG médicale britannique Medical Aid for Palestinians, a qualifié la situation d'”extrêmement critique”.”Les bombardements ont lieu tout autour de notre bureau, et les véhicules militaires se trouvent à seulement 400 mètres de nos collègues et de leurs familles”, a-t-elle déclaré, ajoutant que “tout le monde est en train d’évacuer, la plupart sans savoir où aller”.Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne n’a pas commenté dans l’immédiat.

Au Pakistan, une chamelle remarche grâce à une patte prothétique

Ses soignants ont eu la larme à l’oeil en la voyant sur quatre pattes: une jeune chamelle dont un membre avait été coupé un an plus tôt, a pu remarcher grâce à une prothèse peu commune au Pakistan, dans un refuge animalier de Karachi.Mardi, “j’ai pleuré quand je l’ai vu marcher, c’est un rêve qui s’est réalisé”, raconte à l’AFP Sheema Khan, à la tête du parc où l’animal vit aujourd’hui de manière permanente.Cammie, qui appartenait à un villageois de Sanghar, dans la province du Sind au sud-est du Pakistan, s’était, selon les médias locaux, fait couper une patte en juin 2024 par un agriculteur furieux de l’avoir vu pénétrer son champ à la recherche de pâturage.Une vidéo de la chamelle blessée, partagée en ligne et rapidement devenue virale, avait suscité de nombreuses réactions indignées et poussé le gouvernement à prendre des sanctions à la fois pour punir les responsables et soigner l’animal.La chamelle avait alors été transférée à Karachi, à plus de 250 kilomètres du lieu de l’incident, dans le cadre du projet Benji, une initiative pakistanaise de protection des animaux maltraités.”Elle était terrifiée en arrivant. Elle poussait des cris déchirants. Elle avait peur de l’Humain”, se remémore Sheema Khan.”Je ne peux pas décrire l’état dans lequel elle était”, ajoute-t-elle, assurant que regagner la confiance de l’animal a été un vrai défi.Sans résultat pendant près de cinq mois, le personnel du parc a décidé d’introduire auprès d’elle Callie, une autre jeune chamelle.Sa présence a réconforté Cammie, qui a, pour la première fois, essayé de se tenir sur trois pattes.Lorsque sa blessure a complètement cicatrisée et en voyant ses tentatives de se remettre debout, le refuge a décidé de commander une prothèse sur mesure imaginée par une entreprise américaine.Dans ce pays d’Asie du Sud, englué dans un marasme politique et économique, et régulièrement pointé du doigt pour le mauvais traitement d’animaux, “c’était une première qu’un animal de si grande taille reçoive une prothèse de patte”, témoigne Babar Hussain, vétérinaire.”Nous ne l’avons pas forcé à marcher. Après avoir installé la prothèse, nous avons attendu 15 à 20 minutes. La chamelle s’est finalement levée lentement d’elle-même et a commencé à déambuler”, a-t-il poursuivi.Le soignant précise qu’il faudra encore 15 à 20 jours pour que l’animal s’adapte complètement à son nouveau membre bleu et rouge. 

Syrie: le cessez-le-feu tient, des civils évacués de Soueida

Les autorités syriennes ont évacué lundi des familles bédouines de la ville à majorité druze de Soueida, à la faveur d’un cessez-le-feu qui a mis un terme à des affrontements intercommunautaires ayant fait plus de 1.100 morts en une semaine, selon une ONG.Ces violences, survenues après des massacres de centaines de membres de la communauté alaouite en mars, fragilisent encore plus le pouvoir islamiste d’Ahmad al-Chareh qui s’est pourtant engagé à protéger les minorités, dans un pays meurtri par près de 14 ans de guerre civile.Le cessez-le-feu annoncé samedi par les autorités est entré en vigueur dimanche, après le retrait des combattants bédouins et des tribus sunnites d’une partie de la ville de Soueida, dont les groupes druzes ont repris le contrôle.La trêve était globalement respectée lundi, hormis des tirs signalés dans des localités au nord de Soueida, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).Un correspondant de l’AFP posté aux abords de Soueida a vu des civils, dont des femmes et des enfants, évacués de la ville à bord de cars affrétés par les autorités et de véhicules privés.Selon l’agence officielle Sana, 1.500 personnes de tribus bédouines doivent être évacuées.Les forces de sécurité ont érigé des barricades de sable aux entrées ouest et sud de la ville, selon le correspondant de l’AFP.Derrière ces barricades, des membres des forces de sécurité circulent, alors que des combattants des tribus sunnites, équipés de mitraillettes, sont assis sous les arbres bordant la route.- Corps non identifiés -Les affrontements ont éclaté le 13 juillet entre des groupes druzes et des bédouins sunnites, avant l’intervention des forces de sécurité et de combattants de tribus venus d’autres régions syriennes qui ont pris le parti des bédouins, selon des ONG et des témoins.Les deux parties ont été accusées par des ONG et des témoins d’exactions massives, dont des exécutions sommaires, qui ont touché principalement des druzes.Au principal hôpital de Soueida, où flotte une odeur de mort, des dizaines de cadavres attendaient lundi d’être identifiés pendant que des corps étaient encore collectés dans les rues et les maisons de la ville.”Nous avons remis 361 corps à des membres de leur famille, mais nous en avons 97 autres non identifiés”, a déclaré un responsable de la morgue à l’AFP.Dimanche, un premier convoi d’aide humanitaire, chargé de vivres, de matériel médical, de carburant et de sacs mortuaires, était entré dans la ville de quelque 150.000 habitants, privée d’eau et d’électricité et où la nourriture commençait à manquer.- 128.000 déplacés -Samedi, des combattants tribaux étaient entrés dans la partie ouest de la ville, où un correspondant de l’AFP a vu des dizaines de maisons et de voitures brûlées et des hommes armés mettre le feu à des magasins après les avoir pillés.”Porcs de druzes”, “Nous venons vous égorger”, affirment des graffitis laissés sur les murs.L’annonce du cessez-le-feu est intervenue quelques heures après une déclaration de Washington affirmant avoir négocié une trêve entre la Syrie et Israël, qui assure vouloir protéger les druzes.Cet accord a permis le déploiement des forces gouvernementales dans la province, mais pas dans la ville même de Soueida, ce que refusait jusqu’alors Israël.Israël, qui abrite une minorité druze, avait bombardé la semaine dernière le palais présidentiel et le quartier général de l’armée syrienne à Damas, ainsi que des positions des forces gouvernementales à Soueida, pour les contraindre à quitter la région.  Les violences ont fait plus de 1.100 morts, selon l’OSDH, parmi lesquels 427 combattants et 298 civils druzes, dont 194 “exécutés sommairement” par les forces gouvernementales. Dans l’autre camp, 354 membres des forces gouvernementales et 21 bédouins ont été tués.Près de 128.000 personnes ont été déplacées par les violences, d’après l’Organisation internationale pour les migrations. Présente principalement à Soueida, la communauté druze de Syrie comptait avant la guerre civile quelque 700.000 personnes. Mais en raison de la vague d’émigration massive provoquée par la guerre, ils ne seraient plus que 600.000 aujourd’hui.

Syrie: le cessez-le-feu tient, des civils évacués de Soueida

Les autorités syriennes ont évacué lundi des familles bédouines de la ville à majorité druze de Soueida, à la faveur d’un cessez-le-feu qui a mis un terme à des affrontements intercommunautaires ayant fait plus de 1.100 morts en une semaine, selon une ONG.Ces violences, survenues après des massacres de centaines de membres de la communauté alaouite en mars, fragilisent encore plus le pouvoir islamiste d’Ahmad al-Chareh qui s’est pourtant engagé à protéger les minorités, dans un pays meurtri par près de 14 ans de guerre civile.Le cessez-le-feu annoncé samedi par les autorités est entré en vigueur dimanche, après le retrait des combattants bédouins et des tribus sunnites d’une partie de la ville de Soueida, dont les groupes druzes ont repris le contrôle.La trêve était globalement respectée lundi, hormis des tirs signalés dans des localités au nord de Soueida, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).Un correspondant de l’AFP posté aux abords de Soueida a vu des civils, dont des femmes et des enfants, évacués de la ville à bord de cars affrétés par les autorités et de véhicules privés.Selon l’agence officielle Sana, 1.500 personnes de tribus bédouines doivent être évacuées.Les forces de sécurité ont érigé des barricades de sable aux entrées ouest et sud de la ville, selon le correspondant de l’AFP.Derrière ces barricades, des membres des forces de sécurité circulent, alors que des combattants des tribus sunnites, équipés de mitraillettes, sont assis sous les arbres bordant la route.- Corps non identifiés -Les affrontements ont éclaté le 13 juillet entre des groupes druzes et des bédouins sunnites, avant l’intervention des forces de sécurité et de combattants de tribus venus d’autres régions syriennes qui ont pris le parti des bédouins, selon des ONG et des témoins.Les deux parties ont été accusées par des ONG et des témoins d’exactions massives, dont des exécutions sommaires, qui ont touché principalement des druzes.Au principal hôpital de Soueida, où flotte une odeur de mort, des dizaines de cadavres attendaient lundi d’être identifiés pendant que des corps étaient encore collectés dans les rues et les maisons de la ville.”Nous avons remis 361 corps à des membres de leur famille, mais nous en avons 97 autres non identifiés”, a déclaré un responsable de la morgue à l’AFP.Dimanche, un premier convoi d’aide humanitaire, chargé de vivres, de matériel médical, de carburant et de sacs mortuaires, était entré dans la ville de quelque 150.000 habitants, privée d’eau et d’électricité et où la nourriture commençait à manquer.- 128.000 déplacés -Samedi, des combattants tribaux étaient entrés dans la partie ouest de la ville, où un correspondant de l’AFP a vu des dizaines de maisons et de voitures brûlées et des hommes armés mettre le feu à des magasins après les avoir pillés.”Porcs de druzes”, “Nous venons vous égorger”, affirment des graffitis laissés sur les murs.L’annonce du cessez-le-feu est intervenue quelques heures après une déclaration de Washington affirmant avoir négocié une trêve entre la Syrie et Israël, qui assure vouloir protéger les druzes.Cet accord a permis le déploiement des forces gouvernementales dans la province, mais pas dans la ville même de Soueida, ce que refusait jusqu’alors Israël.Israël, qui abrite une minorité druze, avait bombardé la semaine dernière le palais présidentiel et le quartier général de l’armée syrienne à Damas, ainsi que des positions des forces gouvernementales à Soueida, pour les contraindre à quitter la région.  Les violences ont fait plus de 1.100 morts, selon l’OSDH, parmi lesquels 427 combattants et 298 civils druzes, dont 194 “exécutés sommairement” par les forces gouvernementales. Dans l’autre camp, 354 membres des forces gouvernementales et 21 bédouins ont été tués.Près de 128.000 personnes ont été déplacées par les violences, d’après l’Organisation internationale pour les migrations. Présente principalement à Soueida, la communauté druze de Syrie comptait avant la guerre civile quelque 700.000 personnes. Mais en raison de la vague d’émigration massive provoquée par la guerre, ils ne seraient plus que 600.000 aujourd’hui.

Syrie: à l’hôpital de Soueida, des dizaines de corps attendent d’être identifiés

Au principal hôpital de Soueida, dans le sud de la Syrie, où flotte une odeur de mort, des dizaines de cadavres attendent encore d’être identifiés, victimes des affrontements intercommunautaires qui ont dévasté la cité à majorité druze.”Nous avons remis 361 corps à des membres de leur famille, mais nous en avons 97 autres non identifiés”, déclare un responsable médical de la morgue à l’AFP, sous couvert d’anonymat.Les violences ont éclaté le 13 juillet dans cette région majoritairement druze, opposant des groupes armés locaux à des combattants issus des tribus bédouines, ainsi que les forces de sécurité syriennes et Israël.L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a fait état de plus de 1.100 morts, en majorité des membres de la communauté druze, tandis que les autorités syriennes n’ont pas encore publié leur propre bilan global.Jusqu’à dimanche soir, plus de 450 corps avaient été transportés à l’hôpital gouvernemental, le principal établissement de la ville, et des corps étaient encore collectés dans les rues et les maisons.Un cessez-le-feu encore fragile est entré en vigueur dimanche, après le retrait de Soueida de combattants tribaux et bédouins, accusés d’exactions par des ONG et des témoins.Dans les zones rurales entourant la ville, les corps des victimes n’ont pas encore été récupérés, selon la direction de l’hôpital.”L’odeur des corps s’est répandue dans tous les étages”, raconte Hicham Breik, un infirmier qui n’a pas quitté l’hôpital depuis le début des affrontements.”La situation était terrible, on n’arrivait pas à se déplacer dans l’hôpital sans porter de masque”, ajoute-t-il, la voix tremblante, de profonds cernes sous les yeux.Il précise que des femmes, des enfants et des personnes âgées figurent parmi les victimes qui ont afflué à l’hôpital.Depuis le début des affrontements, le personnel hospitalier travaille dans des conditions extrêmement difficiles, alors que des combats ont eu lieu aux alentours de l’hôpital et même à l’intérieur de l’établissement, où les blessés étaient allongés dans les couloirs.- ‘Catastrophe médicale’ -Selon un rapport du Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), “les hôpitaux et les centres de santé de Soueida sont hors service” et “des informations sur des corps non enterrés soulèvent de graves préoccupations en matière de santé publique”.La ville connaît des “pénuries généralisées de nourriture, d’eau et d’électricité”, a ajouté l’Ocha dimanche, soulignant que l’accès à l’aide humanitaire demeurait “extrêmement limité”. Dimanche, le Croissant-Rouge syrien a pu acheminer un premier convoi humanitaire dans la ville, comprenant des vivres, de l’eau, des fournitures médicales et du combustible, a indiqué l’Ocha.Un responsable du Croissant-Rouge a précisé à l’AFP que les fournitures comprenaient également des sacs mortuaires.”Nous avons reçu de l’eau et du matériel médical mais nous avons besoin de beaucoup plus, car nous sommes face à une catastrophe médicale”, déclare Moatasem Al-Aflaq, qui travaille pour une entité rattachée à la direction de la santé à Soueida.”Nous n’avons pas encore pu recenser le nombre de corps et nous essayons de coopérer avec le Croissant-Rouge pour les placer dans des sacs et les enterrer dans une fosse commune, étant donné la difficulté pour les familles d’identifier leurs proches”, ajoute-t-il.Les violences ont déplacé plus de 128.000 personnes dans la province de Soueida, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ce qui rend l’identification et la collecte des corps particulièrement difficile.

Syrie: à l’hôpital de Soueida, des dizaines de corps attendent d’être identifiés

Au principal hôpital de Soueida, dans le sud de la Syrie, où flotte une odeur de mort, des dizaines de cadavres attendent encore d’être identifiés, victimes des affrontements intercommunautaires qui ont dévasté la cité à majorité druze.”Nous avons remis 361 corps à des membres de leur famille, mais nous en avons 97 autres non identifiés”, …

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