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“Matan, mon amour, c’est fini la guerre!”, lance la mère d’un otage israélien libéré

“Matan, mon amour, c’est fini la guerre!”, s’émeut Einav Zangauker. Sur l’écran du téléphone qu’elle tient fébrilement, le visage de son fils, dont la libération est imminente.Quelques heures après ces images diffusées sur les réseaux sociaux, c’est l’effusion de joie pour elle comme pour les 19 autres familles qui retrouvent leurs proches après 738 jours de captivité dans la bande de Gaza en guerre.”Ma vie, ma vie, ma vie, tu es ma vie, ma vie, tu es un héros!”, s’écrit Einav Zangauker en s’élançant dans les couloirs blancs d’un hôpital israélien, bras ouverts vers son fils de 25 ans. Lui a été enlevé le 7 octobre 2023 à son domicile du kibboutz Nir Oz avec sa petite amie israélo-mexicaine lorsque des centaines de combattants du Hamas et ses alliés ont attaqué Israël. Au total, 251 personnes ont été kidnappées ce jour-là. Sa mère est devenue un visage de la lutte acharnée des familles pour obtenir leur libération. Les étreintes sont fortes.D’autres images diffusées par l’armée montrent des scènes similaires, comme celles des cris de joie et les sanglots des proches de Guy Gilboa-Dalal, 24 ans, qui avait été kidnappé lors du festival Nova. Les mots de sa mère, de sa soeur et de son frère fusent: “mon Guy, tu es à la maison!”, “c’est terminé, c’est derrière nous!”, “tu ne sais pas combien tu m’as manqué!”Les vingt otages vivants ont été libérés en échange de 1.968 détenus emprisonnés en Israël, dans le cadre de la première phase du plan négocié sous l’égide des Etats-Unis et censé apporter une paix durable.Aucune image n’a filtré du moment où les otages ont été remis aux équipes de la Croix-Rouge dans la bande de Gaza, pas plus que de leur prise en charge immédiate une fois arrivés en Israël. Leur descente des hélicoptères est cachée des regards par de grandes bâches. Mais des images choisies filtrent par la suite aux médias. Elles montrent des otages libérés discutant avec des militaires israéliens, Avinatan Or, dans un treillis kaki le poing levé ou les jumeaux Gali et Ziv Berman vêtus de maillots de leur club de foot favori, le Maccabi Tel-Aviv, tout sourire. Chacune de ces images retransmises sur grand écran à Tel-Aviv, depuis une place devenue au fil des mois le centre névralgique de la mobilisation pour la libération des otages, déclenche des applaudissements parmi la foule de milliers de personnes. “On attendait ce moment mais il reste de la tristesse pour ceux qui ne rentrent pas et pour les presque 2.000 morts de la guerre, deux ans de folie qui se terminent… Mais c’est une belle journée, celle qu’on attend depuis deux ans”, décrit à l’AFP Ronny Edry, un enseignant de 54 ans.Beaucoup se prennent dans les bras, l’ambiance est à la fête. Les mains se lèvent et les drapeaux israéliens s’agitent au survol d’hélicoptères militaires transportant les otages vers les hôpitaux. – “Euphorie” -Avant la confirmation de la libération, Noga, qui arbore un autocollant “dernier jour”, confiait à l’AFP ressentir une sorte d'”euphorie”, et être partagée entre “l’émotion et la tristesse pour ceux qui ne reviendront pas”.Pour souligner ces libérations, le Forum des familles, la principale organisation de proches de captifs, avait organisé sur place une “nuit jaune”, de la couleur du ruban associé aux otages en Israël, et qui a envahi l’espace public israélien, des ronds points aux poignées de portes de voitures ou aux guidons de poussettes.Émilie Moatti, ancienne députée travailliste et une des fondatrices de ce Forum, a dit à l’AFP être “très émue” en montrant la foule qui se rassemble, peinant à retenir ses larmes.Enfant cachée en Pologne, Hanna Gofrit, 90 ans, se rappelle, elle, sa propre libération à l’âge de neuf ans d’un camp en Allemagne: “je n’aime pas les comparaisons, mais ça me frappe.”La chanson Habayta (“à la maison”, en hébreu), joue en boucle dans les haut-parleurs. Le titre, datant des années 1980 et s’adressant à l’origine aux soldats israéliens se battant au Liban, a été largement repris dans le pays depuis le 7-Octobre.Il était entonné sur cette place lors de rassemblements hebdomadaires qui ont parfois réuni des dizaines de milliers de personnes au cours des deux dernières années.”Il est certain que notre présence ici, notre mobilisation, a joué un rôle important, c’était un événement déterminant, Trump l’a vu”, a dit une habituée des lieux, Shelly Bar Nir, 34 ans.Une “mission nationale” est désormais “de prendre soin des rapatriés”, selon les termes de Lena Koren Feldman, directrice de l’hôpital Beilinson dans lequel ont été admis certains des vingt ex-otages.

Dieselgate: le procès de cinq constructeurs s’est ouvert à Londres, des milliards en jeu

Le procès hors norme de cinq géants de l’automobile, dont Renault et Peugeot-Citroën, s’est ouvert lundi à Londres, dernier épisode du scandale mondial des voitures diesel truquées, les avocats des plaignants dénonçant des pratiques “générales” dans le secteur.L’allemand Mercedes, le japonais Nissan et l’américain Ford sont les trois autres mis en cause dans cette procédure britannique, ouverte pour trois mois devant la Haute Cour, qui pourrait déboucher sur des milliards de livres d’indemnisations. Tous nient les faits.Dans ce vaste dossier, qui a donné lieu à l’ouverture de procédures civiles et pénales dans le monde entier –par exemple en Allemagne, en France, aux Etats-Unis ou en Corée du Sud– les plus grands fabricants automobiles sont suspectés d’avoir manipulé des véhicules pour passer les contrôles antipollution, notamment les émissions d’oxydes d’azote (NOx).”Les infractions étaient, à bien des égards, endémiques ou générales” dans le secteur, a résumé lors de la première journée d’audience Thomas De La Mare, l’un des avocats des plaignants, reprochant aux entreprises d’avoir “préféré tricher plutôt que de respecter la loi”.- “Elle ne serait pas morte” -La Londonienne Rosamund Adoo Kissi-Debrah, dont la fille de neuf ans, Ella, est morte en 2013 d’une grave crise d’asthme, depuis reconnue par la justice comme liée à la pollution de l’air, a tenu à être présente, avec une vingtaine de manifestants devant le tribunal.”Le médecin légiste a dit que si nous n’avions pas eu des niveaux illégaux de pollution de l’air là où nous vivons, non seulement elle n’aurait pas eu d’asthme, mais elle ne serait pas morte”, a-t-elle déploré auprès de l’AFP. Elle attend “des excuses” des constructeurs.”Des millions de voitures diesel circulent encore sur nos routes et rendent nos enfants malades”, ajoute, à ses côtés, Jemima Hartshorn, insistant sur la nécessité de “retirer ces voitures de nos routes”.Volkswagen, auquel le nom du Dieselgate est souvent associé, a reconnu dès 2015 avoir commercialisé plus de 11 millions de véhicules dans le monde équipés d’un logiciel détectant les phases de test pour diminuer ses émissions. Il a déjà réglé une facture dépassant les 30 milliards d’euros, dont la plus grande part aux Etats-Unis.Le constructeur allemand avait été reconnu coupable en 2020 par la Haute Cour de Londres d’avoir mis en place un “logiciel truqueur”. Sans reconnaître sa responsabilité, il avait mis fin aux procédures en réglant 193 millions de livres (222 millions d’euros).- SUV Mercedes gris -Pour Martyn Day, du cabinet d’avocats Leigh Day, principal représentant des plaignants, les indemnisations pourraient se compter en “milliards de livres”.Car l’issue du procès pourrait faire jurisprudence et s’appliquer aux autres constructeurs objets de plaintes, comme Volkswagen-Porsche, Vauxhall-Opel, Jaguar Land Rover, BMW, FCA-Suzuki, Volvo, Hyundai-Kia, Toyota et Mazda. En tout, 1,6 million de conducteurs demandent compensation dans le pays.Adam Kamenetzky, un Londonien de 45 ans, estime quant à lui avoir été “trompé” lorsqu’il a choisi en 2018 un SUV Mercedes gris, spécifiquement parce qu’il était censé être moins polluant. Selon lui, le véhicule est en réalité bien plus nocif, ce qui fait aussi baisser sa valeur.Sollicités par l’AFP, Ford et Mercedes rejettent des “allégations sans fondement”. Renault et Stellantis, la maison-mère de Peugeot et Citroën, assurent que les véhicules vendus étaient tous “conformes” aux réglementations. Nissan n’a pas souhaité faire de commentaire.La première journée d’audience, consacrée aux arguments des avocats des automobilistes, s’est achevée lundi en fin d’après-midi. Le procès, qui durera jusqu’à la fin de l’année, se concentrera sur la responsabilité des constructeurs.Les conclusions auront lieu en mars avant un jugement attendu l’été prochain. Une éventuelle seconde procédure à partir d’octobre 2026 concernera les indemnisations.

Dieselgate: le procès de cinq constructeurs s’est ouvert à Londres, des milliards en jeu

Le procès hors norme de cinq géants de l’automobile, dont Renault et Peugeot-Citroën, s’est ouvert lundi à Londres, dernier épisode du scandale mondial des voitures diesel truquées, les avocats des plaignants dénonçant des pratiques “générales” dans le secteur.L’allemand Mercedes, le japonais Nissan et l’américain Ford sont les trois autres mis en cause dans cette procédure …

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Le Nobel d’économie décerné à un trio pour des travaux sur la croissance et l’innovation

Le Nobel d’économie 2025 a été décerné lundi à l’Américano-israélien Joel Mokyr, au Français Philippe Aghion et au Canadien Peter Howitt pour leurs travaux sur l’impact de l’innovation sur la croissance économique.Dans sa première prise de parole en tant que prix Nobel, M. Aghion a exhorté l’Europe à investir dans l’innovation pour ne pas se laisser décrocher par la Chine et les Etats-Unis.Le comité a attribué la moitié du prix à Joel Mokyr, 79 ans, “pour avoir identifié les conditions préalables à une croissance durable grâce au progrès technologique”.L’autre moitié récompense à la fois Philippe Aghion, 69 ans, et Peter Howitt, 79 ans, “pour leur théorie de la croissance durable à travers la destruction créatrice”.Au cours des deux derniers siècles et pour la première fois dans l’histoire, le monde a connu une croissance économique soutenue et les lauréats 2025 ont expliqué comment l’innovation en était à l’origine et fournissait l’élan nécessaire à une croissance durable, a expliqué le président du comité pour le prix des sciences économiques, John Hassler. D’un côté, Joel Mokyr “a utilisé des sources historiques comme moyen pour découvrir les causes de la croissance soutenue, devenue la nouvelle norme”, a relevé le jury. L’historien de l’économie, spécialiste de la période 1750-1914, a dit sa “surprise totale” de se voir attribuer cette récompense, dans un entretien avec la fondation Nobel.”J’avais toute une liste de personnes que je pensais voir gagner, et je n’en faisais pas partie”, a ajouté le professeur émérite à l’Université Northwestern (États-Unis).De leur côté, Philippe Aghion, professeur au Collège de France, et Peter Howitt, professeur à l’Université Brown aux États-Unis, ont ensemble examiné le concept de “destruction créatrice”, qui fait référence à la manière dont les entreprises vendant des produits établis pâtissent de l’introduction d’un produit nouveau et meilleur sur le marché.”Ce processus est créatif car il repose sur l’innovation mais il est également destructeur car les produits plus anciens deviennent obsolètes et perdent leur valeur commerciale”, a écrit le jury. “Les travaux des lauréats nous rappellent que nous ne devons pas considérer le progrès comme acquis”, a dit Kerstin Enflo, professeur d’histoire économique et membre du comité Nobel, en présentant le prix.”Au contraire, la société doit rester attentive aux facteurs qui génèrent et soutiennent la croissance économique. Ces facteurs sont l’innovation scientifique, la destruction créatrice et une société ouverte au changement”, a-t-elle ajouté.- L’Europe à la traîne -“L’ouverture est un moteur de croissance, tout ce qui entrave l’ouverture est un obstacle à la croissance”, a insisté Philippe Aghion, à l’annonce du prix, au moment où les Etats-Unis ont entrepris de relever leurs droits de douane.Il a mis en garde l’Europe, estimant que ce continent ne devait pas laisser les États-Unis et la Chine “devenir les leaders technologiques”, au risque de voir l’écart de croissance se creuser encore plus avec ces deux pays.”Après une période de rattrapage de l’Europe par rapport aux États-Unis en termes de PIB par habitant entre la Seconde Guerre mondiale et le milieu des années 80″, l’écart s’est à nouveau creusé, a noté l’économiste français. “Nous sommes restés cantonnés à des avancées technologiques moyennes (…) car nous ne disposons pas des politiques et des institutions adéquates pour innover dans le domaine des hautes technologies”, a dit M. Aghion, qui est aussi professeur à la London School of Economics et à l’Insead. Le lauréat 2025 a aidé Emmanuel Macron à préparer son programme économique, avant de critiquer en 2024 “une dérive vers la droite” et un pouvoir “vertical”. Sur X, le président français l’a félicité, estimant que “par sa vision de la croissance par l’innovation, il éclaire l’avenir et prouve que la pensée française continue d’éclairer le monde”.- Racines du progrès -Joel Mokyr, né aux Pays-Bas, mène des recherches sur l’histoire économique de l’Europe. Economiste canadien, Peter Howitt a obtenu son doctorat en 1973 à l’université Northwestern aux Etats-Unis. En 2019, il avait reçu le prix Frontiers of Knowledge de la Fondation BBVA avec Philippe Aghion, pour leurs contributions fondamentales à l’étude de l’innovation, du changement technique et de la politique de la concurrence.Le Nobel consiste en un diplôme, une médaille d’or et un chèque de 11 millions de couronnes suédoises (près d’un million d’euros), dont Joel Mokyr reçoit une moitié tandis que Philippe Aghion et Peter Howitt se partagent l’autre. Il est remis le 10 décembre.

Madagascar: manifestations de joies en attendant la prise de parole du président

L’annonce d’une allocution du président malgache Andry Rajoelina, prévue lundi soir, suscite des espoirs de démission à Antananarivo parmi les milliers de manifestants encore réunis lundi, libres de défiler depuis le ralliement d’unités militaires samedi.Durant le week-end, Andry Rajoelina, dont la localisation est inconnue, a dénoncé “une tentative de prise du pouvoir illégale (…) actuellement en cours” dans cette île particulièrement pauvre de l’océan Indien, où une partie de l’armée a pris le parti d’un mouvement de contestation né le 25 septembre.Élu en 2018, puis réélu en 2023 lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, il fait l’objet de rumeurs de fuite.Des remises gracieuses de peine ont été accordées lundi par décret présidentiel à une série de personnes, dont le Franco-Malgache Paul Maillot Rafanoharana, emprisonné depuis 2021 pour tentative de coup d’Etat, dont le cas était un point de crispation entre les deux pays. L’authenticité du document a été confirmée par une source proche de la présidence.Ce week-end, une unité militaire, le Capsat, qui avait joué un rôle majeur dans le coup d’État de 2009 d’Andry Rajoelina, à la suite déjà d’une mobilisation populaire, a appelé les forces de sécurité à “refuser de tirer” sur les manifestants, avant de rejoindre ces derniers dans le centre de la capitale malgache.”C’est tout bizarre, vu qu’on était habitués à toujours être pourchassés et bombardés par des gaz lacrymogènes”, témoigne auprès de l’AFP Finaritra Manitra Andrianamelasoa, un étudiant en droit de 24 ans parmi les milliers de manifestants ayant rejoint lundi la place du 13-mai dans une ambiance de fête, devant l’hôtel de ville d’Antananarivo.Marchant au rythme d’une fanfare, le cortège a enflé à mesure qu’il approchait de ce lieu symbolique de l’histoire politique malgache, baptisé en hommage aux tués d’un soulèvement populaire en 1972 ayant conduit au départ du premier président.L’actuel chef de l’État doit s’adresser à la nation à 19H00 (16H00 GMT), d’après un communiqué diffusé lundi par ses services.”Nous attendons déjà qu’il s’excuse auprès de tous les Malgaches, parce qu’on a eu beaucoup de blessés. (…) Au tout début, ce qu’on demandait, c’était l’électricité, la liberté de s’exprimer, mais on attend actuellement sa démission”, assène Steven Mandimbiarivong Rasolonjanahary, 19 ans, un autre étudiant en droit.- “Plus de dinosaures” -“On attend sa démission mais le connaissant, je ne crois pas qu’il va dire ça”, pronostique Rotsinasandratra Lucas Hantamalala, étudiante de 20 ans. “Plus de dinosaures politiques s’il vous plaît, on en a assez vus”, exhorte-t-elle.Des soldats ont accompagné samedi dans le centre-ville de la capitale malgache des milliers de manifestants, les rejoignant à nouveau dimanche pour un rassemblement en hommage aux personnes tuées au cours des plus de deux semaines de manifestations.Le collectif à l’origine des manifestations, baptisé Gen Z, a appelé à un nouveau rassemblement plus tard lundi.Le mouvement de contestation, qui dénonçait au départ les coupures incessantes d’eau et d’électricité, s’est mué depuis en une contestation plus large du président Rajoelina, 51 ans, et de son clan.Les manifestants ont obtenu ce week-end le départ du décrié président du Sénat Richard Ravalomanana, ancien commandant de gendarmerie. Quant au troisième homme vilipendé par la rue, l’homme d’affaires et proche du chef de l’Etat Maminiaina Ravatomanga, il a fui dimanche matin à l’île Maurice voisine, comme l’a confirmé le gouvernement mauricien.Surnommé “Général Bomba” pour son recours généreux aux grenades lacrymogènes lors de la crise de 2009, Richard Ravalomanana était accusé par les contestataires d’être un des principaux acteurs de la répression des manifestations ces dernières semaines.Au moins 22 personnes ont été tuées au début des manifestations et plus d’une centaine blessées, d’après un bilan des Nations unies.Le chef de l’État a démenti des “chiffres erronés”, évoquant 12 morts, tous “des pilleurs, des casseurs”, selon lui.Madagascar, île à la population particulièrement démunie, a une longue histoire de soulèvements populaires suivis par la mise en place de gouvernements militaires.Au moins 80% des 32 millions d’habitants de Madagascar vivent avec moins de 15.000 ariary par jour (2,80 euros), le seuil de pauvreté de la Banque mondiale.

Trump à Charm el-Cheikh après avoir été accueilli en héros à Jérusalem

Donald Trump est arrivé en Egypte lundi pour coprésider un Sommet sur Gaza après avoir proclamé à Jérusalem la fin d’un “long cauchemar” pour les Israéliens et les Palestiniens, le jour de la libération des 20 derniers otages vivants en échange de prisonniers palestiniens.A l’origine du plan qui a instauré un cessez-le-feu dans la bande de Gaza et prévoit de mettre fin définitivement à deux ans de guerre dans le territoire palestinien, le président américain a atterri à Charm el-Cheikh, avec près de trois heures de retard.M. Trump doit coprésider avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi un sommet sur Gaza, en présence de dirigeants de nombreux pays et du patron de l’ONU Antonio Guterres. Ni M. Netanyahu ni le Hamas n’y sont présents.Les pays médiateurs doivent signer à Charm el-Cheikh un document garantissant l’application du cessez-le-feu.Sur la place des Otages à Tel-Aviv, des scènes de liesse ont accueilli les libérations qu’Israël attendait depuis 738 jours.Certains avaient le visage grave, d’autres souriaient, beaucoup s’étreignaient.”C’est superbe et bouleversant que cela arrive enfin” a déclaré Shelly Bar Nir, 34 ans. “Nous nous battons depuis plus de deux ans: nos otages rentrent enfin chez eux”.Quelques heures plus tard à Ramallah en Cisjordanie occupée, une explosion de joie a accompagné l’arrivée des premiers cars transportant des prisonniers palestiniens libérés.Pour beaucoup, ces retrouvailles étaient les premières en liberté depuis des années, voire des décennies. “C’est un sentiment indescriptible, une renaissance”, a confié à l’AFP Mahdi Ramadan, un prisonnier libéré, encadré par ses parents.Plusieurs cars ont ensuite gagné Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, accueillis par des milliers de personnes qui agitaient le drapeau palestinien et celui du mouvement islamiste palestinien Hamas.Les 20 otages, libérés au quatrième jour du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, avaient été enlevés le 7 octobre 2023 pendant une attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien. La majorité des 251 personnes alors enlevées avaient été libérées lors de deux précédentes trêves.Cette attaque a déclenché en représailles une offensive israélienne qui a fait des dizaines de milliers de morts dans la bande de Gaza et provoqué un désastre humanitaire.- “La fin d’une guerre” -“Ce n’est pas seulement la fin d’une guerre, c’est la fin d’une ère de terreur et de mort”, a déclaré Donald Trump devant le Parlement israélien, où il a été ovationné.Il a estimé que cette journée marquait la fin d'”un long et douloureux cauchemar” pour les Israéliens mais aussi pour les Palestiniens, qu’il a appelés à “se détourner pour toujours de la voie du terrorisme”. Et d’annoncer “l’aube historique d’un nouveau Moyen-Orient”. M. Netanyahu a salué en Donald Trump le “meilleur ami qu’Israël ait jamais eu à la Maison Blanche” et dit entrevoir, grâce à lui, la possibilité d’une conclusion rapide de nouveaux traités de paix entre Israël et des pays arabes.Lundi matin dans la bande de Gaza, un premier groupe de sept otages, puis un autre de 13, ont été remis à la Croix-Rouge internationale, dont les voitures ont pris la direction d’Israël sous l’oeil d’hommes en armes portant l’uniforme noir du Hamas, sans qu’aucune image des libérations ne filtre. Première étape du plan américain, le retour des 47 derniers otages retenus à Gaza, dont 27 sont morts, doit s’accompagner de la libération par Israël de 250 détenus pour des “raisons de sécurité”, dont de nombreux condamnés pour des attentats meurtriers anti-israéliens, et de 1.700 Palestiniens arrêtés à Gaza depuis octobre 2023.Aux termes du plan, le retour des otages vivants et des dépouilles devait s’achever 72 heures après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, soit lundi à 09h00 GMT. Mais le Forum des familles d’otages a déclaré que seuls quatre corps seraient ramenés lundi de Gaza.L’armée israélienne a indiqué que la Croix-Rouge était en route pour aller récupérer un nombre non précisé de dépouilles, après que le Hamas a publié les noms de quatre otages dont il compte rendre les corps dans la journée.Parallèlement au retrait progressif déjà amorcé de l’armée israélienne, qui garde pour le moment le contrôle de 53% de la bande de Gaza, le plan Trump prévoit dans une phase ultérieure que le Hamas soit exclu de la gouvernance du territoire, où il a pris le pouvoir en 2007, et que son arsenal soit détruit.- “Chercher des repères” -Dans la bande de Gaza, des centaines de milliers de Palestiniens déplacés par la guerre ont regagné à la faveur du cessez-le-feu le nord du territoire, transformé en champ de ruines.Fatima Salem, 38 ans, peine à reconnaître son quartier à Gaza-ville. “Mes yeux n’arrêtaient pas de chercher des repères, mais rien n’était plus pareil, même les maisons des voisins n’étaient plus là.”Des camions chargés d’aide humanitaire ont commencé à entrer à Gaza, via Israël. D’autres attendent sur la frontière entre Gaza et l’Egypte.L’attaque du 7-Octobre a entraîné du côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles.Depuis lors, 67.869 Palestiniens ont été tués dans l’offensive israélienne sur la bande de Gaza, selon les chiffres du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugés fiables par l’ONU.