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Ukraine: 21 morts dans des frappes russes sur Kiev, tollé chez les Européens

Des missiles et des drones russes ont éventré dans la nuit des immeubles d’habitation à Kiev, causant la mort d’au moins 21 personnes, dont quatre enfants, au cours d’une des plus importantes attaques aériennes russes contre l’Ukraine qui a suscité l’indignation de plusieurs dirigeants européens.Le président américain Donald Trump n’est, lui, “pas content” mais “pas …

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Ukraine: 21 morts dans des frappes russes sur Kiev, tollé chez les Européens

Des missiles et des drones russes ont éventré dans la nuit des immeubles d’habitation à Kiev, causant la mort d’au moins 21 personnes, dont quatre enfants, au cours d’une des plus importantes attaques aériennes russes contre l’Ukraine qui a suscité l’indignation de plusieurs dirigeants européens.Le président américain Donald Trump n’est, lui, “pas content” mais “pas surpris” de ces bombardements, a réagi jeudi sa porte-parole, Karoline Leavitt.Cette réaction du président américain, qui refuse d’attribuer la responsabilité de la guerre à Moscou, diffère par sa tonalité de celle de son émissaire spécial pour l’Ukraine, Keith Kellogg.Ce dernier a dénoncé plus tôt de “terribles attaques” menaçant “la paix que le président des Etats-Unis cherche à obtenir”.Selon le dernier bilan fourni par les secours, 21 personnes ont perdu la vie, dont quatre enfants, et une cinquantaine ont été blessées.Des représentations de l’Union européenne et du Royaume-Uni ont été endommagés à Kiev par ces frappes. Conséquence: l’UE et les autorités britanniques ont respectivement convoqué les ambassadeurs russes à Bruxelles et à Londres.Deux médias ont aussi fait savoir que leurs locaux avaient subi des dégâts- Vives condamnations -Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé Moscou de préférer “continuer à tuer” plutôt que de négocier la paix.Il a dit espérer de nouvelles sanctions contre Moscou et appelé les partenaires du Kremlin, tels que la Chine et la Hongrie (membre de l’Union européenne), à adopter une positions ferme vis-à-vis de la Russie, qui occupe 20% du territoire ukrainien.La Russie, qui a envahi l’Ukraine en février 2022, “ne recule devant rien” pour la “terroriser”, a réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Au cours d’un échange téléphonique avec Donald Trump, elle a appelé Vladimir Poutine à “venir à la table des négociations”.Le chef de l’Etat russe “tue des enfants et des civils et sabote les espoirs de paix”, s’est, quant à lui, emporté le Premier ministre Britannique Keir Starmer, cependant que le président français Emmanuel Macron a fustigé des “attaques insensées d’une grande cruauté”, parlant de “terreur” et de “barbarie”.La Russie a “de nouveau montré son vrai visage” et “a de moins en moins de scrupules”, a de son côté déploré le chancelier allemand Friedrich Merz.Pour le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, “les attaques contre les civils et les infrastructures civiles violent le droit international humanitaire, sont inacceptables et doivent cesser immédiatement”.- “J’aurais été enseveli” -Dans un quartier de l’est de Kiev, les secouristes ont dégagé plusieurs corps d’un bâtiment résidentiel totalement détruit, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place.”Si j’étais allé à l’abri une minute plus tard, je ne serais pas là aujourd’hui, j’aurais été enseveli”, a raconté Andriï, blessé à l’oeil et dont l’appartement a été soufflé. Pendant cette attaque nocturne, les forces russes ont tiré 598 drones et 31 missiles sur l’Ukraine, selon l’armée de l’air ukrainienne.Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a pour sa part assuré jeudi que la Russie restait “intéressée” par des négociations de paix avec l’Ukraine mais qu’elle poursuivrait ses bombardements tant que ses “objectifs” ne seraient pas atteints.L’armée russe, qui affirme ne jamais cibler des civils, a affirmé avoir visé des sites du “complexe militaro-industriel” ukrainien.- Rencontre à New York -Fin juillet, des bombardements russes avaient fait plus de 30 morts à Kiev, l’une des attaques les plus meurtrières qu’ait subies cette ville. Ces frappes avaient poussé Donald Trump à accroître la pression sur Moscou, sans pour autant parvenir à lui faire accepter une trêve, et conduit à sa rencontre avec son homologue russe en Alaska le 15 août.Après ce sommet, suivi par une visite à Washington de M. Zelensky accompagné de ses alliés européens, le président américain avait dit vouloir préparer une réunion en face-à-face entre les chefs d’Etat russe et ukrainien.La perspective d’une telle rencontre semble depuis s’éloigner, la Russie ayant fait comprendre qu’elle n’était pas à l’ordre du jour.Avant la conclusion d’un hypothétique accord de paix, l’Ukraine veut obtenir des garanties de sécurité des Occidentaux pour dissuader le Kremlin de toute nouvelle attaque.M. Zelensky a annoncé que des membres de son équipe allaient rencontrer vendredi à New York des représentants du gouvernement américain.Pour mettre fin à son assaut, la Russie réclame notamment que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées, en plus de la Crimée annexée en 2014, et renonce à intégrer l’Alliance atlantique. Ce que Kiev juge inacceptable.burx-fv/pop/rco/mr/liu

Macron et Merz scellent à Brégançon le “reset” franco-allemand

Un couple “parfaitement aligné”. Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz se sont retrouvés jeudi soir au fort de Brégançon, résidence d’été des présidents français, pour sceller la relance du moteur franco-allemand, qui patinait depuis des années. Vue plongeante sur la Méditerranée, le dirigeant allemand a été accueilli par le chef de l’Etat français. Sourires et ambiance décontractée, sans cravate, autour d’une table en extérieur avec les conseillers, avant un dîner en tête-à-tête, étaient de la partie pour symboliser cette nouvelle phase des relations, à la veille d’un conseil des ministres conjoint vendredi à Toulon.”Le couple franco-allemand aujourd’hui est parfaitement aligné pour justement avoir une Europe plus forte en matière économique, commerciale, monétaire, mais aussi avoir une Europe qui tient sa position géopolitique”, a dit Emmanuel Macron, tandis que Friedrich Merz a souligné l’amitié entre les deux pays mais aussi entre les deux dirigeants.”La relation franco-allemande est un axe, un fondement de l’Europe mais 25 autres Etats-membres nous regardent. Ils peuvent compter sur notre détermination à agir ensemble car alors nous sommes vraiment fort”, a renchéri Friedrich Merz. Le lieu se veut à la hauteur de l’enjeu : seuls deux chanceliers y ont été reçus avant lui, Helmut Kohl par François Mitterrand en 1985 et Angela Merkel par Emmanuel Macron en 2020… un an après Vladimir Poutine, quand le rapprochement avec la Russie était encore à l’ordre du jour.Fini les temps maussades, voire tendus avec le chancelier Olaf Scholz, volontiers taiseux et peu familier de la France, face à un président au tempérament fonceur.Paris et Berlin mettent volontiers en avant le nouvel élan de leur relation depuis l’arrivée du conservateur Friedrich Merz à la chancellerie le 7 mai. Venu dès son investiture à Paris, il a depuis reçu Emmanuel Macron à Berlin en juillet. Tous deux ont aussi effectué plusieurs déplacements conjoints, à Kiev en juin, à Washington le 18 août ou encore en Moldavie mercredi. – “Alchimie” -La rencontre de Brégançon, ponctuée par un dîner, et le conseil des ministres franco-allemand vendredi, avec dix ministres de chaque côté, acteront, photos à l’appui, cette nouvelle dynamique.”Ca fonctionne vraiment bien parce qu’ils ont un peu en commun ce côté disruptif, qui peut s’enthousiasmer, foncer tête baissée”, explique à l’AFP Hélène Miard-Delacroix, spécialiste des relations franco-allemandes à La Sorbonne.Depuis le retour de Donald Trump, qui malmène ses alliés européens et tend à se rapprocher de la Russie, “il y a une déception à Berlin vis-à-vis des Etats-Unis qui provoque vraiment un aiguillon pour se rapprocher de la France”, note-t-elle.Les deux dirigeants vont évoquer les grands sujets diplomatiques du moment, qu’il s’agisse des garanties de sécurité à fournir à l’Ukraine dans le cadre d’un éventuel accord de paix avec la Russie, du nucléaire iranien ou de Gaza.La France et l’Allemagne ont vivement condamné les derniers bombardements russes en Ukraine qui ont fait jeudi 19 morts à Kiev, Friedrich Merz actant l’échec à ce stade de la médiation américaine.”Il est évident qu’il n’y aura pas de rencontre entre le président Zelensky et le président Poutine, contrairement à ce qui avait été convenu entre le président Trump et le président Poutine”, a-t-il reconnu.Compétitivité européenne, convergence des réformes économiques et sociales des deux pays et enjeux de défense et sécurité seront au coeur du conseil des ministres.Pour autant, “cette +alchimie+ suffira-t-elle à relever les défis du +reset+ (nouvel élan) franco-allemand et ses enjeux vitaux pour l’Europe ?”, s’interroge Paul Maurice, expert des sujets franco-allemands à l’Institut français des relations internationales (Ifri).- Crise politique -La nouvelle crise politique à Paris, avec la probable chute du gouvernement de François Bayrou sur son plan d’économies budgétaires de 44 milliards d’euros, complique sérieusement la donne pour Emmanuel Macron.”On part avec un petit boulet aux pieds comparé aux Allemands. Ils sont à 60% de PIB d’endettement. Nous on est à 113%”, déplore une ministre française. Friedrich Merz, déterminé à renforcer le poids de l’Allemagne sur la scène internationale, est aussi confronté à de premières turbulences au sein de sa coalition avec les sociaux-démocrates.D’un autre côté, le risque de voir l’extrême droite arriver au pouvoir en France en 2027 pousse aussi les Allemands à “vouloir faire bouger les choses” tant qu’il en est encore temps, ajoute l’universitaire.En attendant, les sujets qui fâchent, à commencer par le projet commun d’avion de combat du futur (Scaf), source de tensions récurrentes entre les industriels des deux pays, ont été relégués à plus tard.

Les Casques bleus quitteront le Liban en 2027

Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé jeudi de prolonger une dernière fois le mandat de la force de maintien de la paix dans le sud du Liban (Finul) et, sous pression des Etats-Unis et d’Israël, de programmer en 2027 son retrait que certains estiment prématuré.Israël et les Etats-Unis ont immédiatement salué une décision “historique”.”Pour une fois, nous avons une bonne nouvelle de l’ONU”, a déclaré l’ambassadeur israélien Danny Danon, accusant la mission d’avoir échoué à empêcher le Hezbollah de “prendre le contrôle de la région”. “Nous appelons la communauté internationale à utiliser l’année qui vient pour renforcer les forces armées libanaises”, a commenté l’ambassadrice américaine par interim Dorothy Shea, notant que le “i” dans Finul signifiait “intérimaire”.Quelque 10.800 Casques bleus font tampon entre Israël et le Liban depuis mars 1978, mais le renouvellement habituel de leur mandat, qui expire dimanche, se heurtait cette année à l’hostilité d’Israël et de son allié américain qui souhaitent leur départ.Soutenue par Beyrouth, la France, chargée de ce dossier au Conseil de sécurité, avait dans un premier temps envisagé une extension d’un an, évoquant simplement l'”intention” de travailler à un retrait de la Finul.Mais face au risque d’un veto américain, après plusieurs versions et un report du vote, la résolution adoptée jeudi à l’unanimité programme sans équivoque la fin de la mission dans 16 mois.Le Conseil “décide de prolonger pour une dernière fois le mandat de la Finul (…) jusqu’au 31 décembre 2026 et de commencer une réduction et un retrait ordonnés et sûrs à partir du 31 décembre 2026 et dans un délai d’un an”.A l’issue de cette période, l’armée libanaise devra être la seule à assurer la sécurité dans le sud du pays, précise le texte.- Situation toujours “volatile” -L’ambassadeur français adjoint Jay Dharmadhikari s’est félicité de l’extension de 16 mois, un “temps précieux (…) nécessaire pour accompagner la montée en puissance des forces armées libanaises et asseoir l’autorité de l’Etat libanais sur l’ensemble de son territoire”.”La situation demeure volatile et des efforts collectifs demeurent nécessaires pour une stabilisation durable le long de la Ligne bleue”, ligne de démarcation fixée par l’ONU entre le Liban et Israël, a-t-il insisté.Plusieurs Etats membres ont plus clairement regretté le départ anticipé des Casques bleus.”Le Royaume-Uni estime qu’un retrait prématuré de la Finul risque de nourrir un environnement sécuritaire que le Hezbollah pourrait exploiter”, a noté l’ambassadeur britannique adjoint James Kariuki, se disant “déçu” que la décision n’ait pas été prise “sur la base d’une évaluation basée sur les faits”. Tandis que son homologue chinois Geng Shuang a dénoncé “l’insistance obstinée” d’un membre du Conseil ayant fait preuve d’un “mépris total” pour la situation sur le terrain.Alors que certains diplomates craignaient qu’un veto américain ne mette un terme immédiat à la mission, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a salué la prolongation jusqu’à fin 2026.Le président Joseph Aoun a lui espéré que ces 16 mois supplémentaires donneraient à la Finul “la chance d’améliorer la situation du Liban et de renforcer la stabilité le long de la frontière sud”.Cette décision a été prise au moment où Beyrouth s’est engagé à désarmer et à démanteler le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah d’ici la fin de l’année, sous pression de Washington et dans le cadre de l’application du cessez-le-feu ayant mis fin à la guerre avec Israël en 2024.Cet accord prévoit le retrait du Hezbollah de la zone située au sud du fleuve Litani et le démantèlement de ses infrastructures militaires, en contrepartie du renforcement du déploiement de l’armée libanaise et des Casques bleus de l’ONU.L’accord de cessez-le-feu prévoit un retrait israélien de la zone, mais Israël maintient des troupes dans des positions frontalières jugées stratégiques et mène régulièrement des frappes chez son voisin du nord.La résolution appelle d’ailleurs Israël “à retirer ses forces du nord de la Ligne bleue”, y compris “les cinq positions sur le territoire libanais”.

Dans le sud du Liban, les Casques bleus français découvrent un bunker du Hezbollah

Dans une vallée boisée, à quelques pas de la frontière israélienne, des Casques bleus français de l’ONU montrent aux journalistes de l’AFP un des nombreux bunkers du Hezbollah qu’ils viennent de découvrir dans le sud du Liban, ancien bastion du mouvement pro-iranien.Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé jeudi de prolonger une dernière fois …

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Dans le sud du Liban, les Casques bleus français découvrent un bunker du Hezbollah

Dans une vallée boisée, à quelques pas de la frontière israélienne, des Casques bleus français de l’ONU montrent aux journalistes de l’AFP un des nombreux bunkers du Hezbollah qu’ils viennent de découvrir dans le sud du Liban, ancien bastion du mouvement pro-iranien.Le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé jeudi de prolonger une dernière fois jusqu’à fin 2026 le mandat de la force de maintien de la paix dans le sud du Liban (Finul) tout en programmant son retrait en 2027, sous pression des Etats-Unis et d’Israël. Cette mission fait tampon entre Israël et le Liban depuis 1978 et surveille depuis plusieurs mois le désarmement du Hezbollah dans le sud du pays.”Ce matin, nous avons effectué une mission de reconnaissance dans cette vallée (…) et trouvé un bunker”, déclare le capitaine Tanguy, commandant de l’escadron français de reconnaissance et d’intervention, qui a emmené mercredi les journalistes de l’AFP sur le site.Le bunker, accessible uniquement à pied et dont l’entrée est cachée parmi les arbres à la périphérie du village d’El-Méri, se situe à quelques km de la frontière avec Israël.”A l’intérieur, nous avons trouvé un canon d’artillerie de 152 mm de fabrication russe”, ajoute-t-il.”Ce type de canon a une portée efficace d’environ 15 kilomètres. Et à côté, 39 boîtes étaient entreposées, chacune contenant un obus de 152 mm et sa fusée, prêts à être utilisés.”Depuis la fin de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, fin novembre 2024, la Finul a découvert 318 caches d’armes dans le sud du Liban, affirme à l’AFP le porte-parole de la force internationale, Andrea Tenenti.L’accord de cessez-le-feu prévoit le retrait du Hezbollah et le démantèlement de ses infrastructures militaires dans le sud du pays, où la formation armée et financée par l’Iran avait construit un véritable réseau de tunnels et de bunkers.Seules l’armée libanaise et la Finul, forte de quelque 10.800 soldats, doivent être déployés dans la région, mais Israël y a maintenu sa présence dans cinq points qu’il qualifie de “stratégiques”.Dans le bunker, auquel on accède par une porte étroite, les munitions sont entreposées dans des caisses vertes en  bois, dont certaines éparpillées à l’extérieur.Le capitaine Tanguy explique que les Casques bleus effectuent cette mission car le site a été visé auparavant par l’armée israélienne.”La prochaine étape consistera pour nous à sécuriser la zone et informer l’armée libanaise pour qu’elle puisse intervenir et récupérer” ces armes, ajoute-t-il.- Violations continues -Le colonel Arnaud de Coincy, chef de corps de la Force Commander Reserve (FCR), explique que la Finul “va continuer à soutenir l’armée libanaise et lui fournir toute l’expertise” nécessaire afin de “l’aider à réinstaurer l’autorité de l’État dans le sud du Liban”.Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a révélé en juin que l’armée libanaise avait démantelé “plus de 500 positions militaires et dépôts d’armes” dans le sud du pays.Le 9 août, six soldats libanais ont été tués dans une explosion lors d’une opération de déminage dans un dépôt d’armes du Hezbollah selon une source militaire.Les autorités libanaises ont à présent annoncé leur intention de désarmer totalement le Hezbollah sur l’ensemble du territoire libanais d’ici la fin de l’année.Cette décision a été annoncée sous forte pression des Etats-Unis, qui avec la France et l’ONU surveillent l’application du cessez-le-feu. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a salué la prolongation jeudi du mandat de la Finul jusqu’au 31 décembre 2026, saluant le soutien de la France et d’autres Etats et leur “compréhension à l’égard des préoccupations du Liban”. L’ambassadeur israélien à l’ONU s’est lui réjoui de la décision du Conseil de sécurité de mettre parallèlement un terme en 2027 à la mission de cette force de Paix. Le colonel de Coincy souligne que le rôle primordial de la Finul est de “surveiller et rapporter toute violation” de la trêve.Il s’exprime depuis un point frontalier, proche des villages dévastés et déserts de Kfar Kila et Bourj al-Moulouk, d’où on voit clairement l’un des cinq postes maintenus par Israël. Selon M. Tenenti, les Casques bleus ont constaté depuis le 27 novembre “5.095 violations” du cessez-le-feu par Israël, qui continue notamment de mener des frappes aériennes sur le Liban visant le Hezbollah.

Bayrou perçoit un frémissement de l’opinion sur la dette, le RN et la gauche considèrent sa “page tournée”

François Bayrou s’est dit “persuadé” que la question de l’endettement “commence à travailler dans l’opinion”, en marge de son intervention devant le Medef, tandis que les oppositions, conviées à Matignon la semaine prochaine, considèrent que “la page est tournée” et que son gouvernement tombera.La France insoumise, puis les Ecologistes, ont du reste refusé l’invitation du Premier ministre qui espère engager lundi de nouvelles consultations.”Je suis persuadé que cette question (de la dette) commence à travailler dans l’esprit de beaucoup de nos compatriotes”, a déclaré le Premier ministre. En conséquence, il s’est dit “certain que tout peut bouger” d’ici au vote de confiance du 8 septembre à l’Assemblée.Devant le Medef, M. Bayrou a invoqué “l’impératif de justice”, “condition” de “l’acceptation” de “l’effort” budgétaire qu’il souhaite porter à 44 milliards d’euros en 2026. Ce qui passe selon lui par une “contribution” des “plus favorisés” dont il n’a pas précisé les contours, si ce n’est qu’elle devra épargner “l’outil de travail” des entreprises.Mais le ministre de l’Economie Eric Lombard a assuré jeudi matin qu’un retour de l’impôt sur la fortune (ISF), fortement rejeté par le patron du Medef Patrick Martin, était “complètement écarté”.M. Bayrou a surpris tout le monde lundi en annonçant qu’il se soumettrait à un vote de confiance à l’Assemblée nationale le 8 septembre.Le décret convoquant le Parlement en session extraordinaire a été publié au Journal Officiel jeudi, avec un ordre du jour en un seul point : “une déclaration de politique générale”, en application de l’article 49, alinéa premier de la Constitution.Les oppositions ayant annoncé qu’elles voteraient contre, M. Bayrou a annoncé qu’il recevrait les responsables de partis à partir de lundi, répétant qu’il était prêt à “ouvrir toutes les négociations nécessaires” à la “condition préalable” d’un accord sur “l’importance de l’effort” à consentir.Après La France insoumise, les Ecologistes ont fait savoir jeudi qu’ils ne se rendraient pas à Matignon, considérant qu’il n’y a “plus rien à attendre de ce Premier ministre”.Cette tentative de négociation semble perdue d’avance, d’autant que le chef du gouvernement n’a pas arrangé ses relations avec les leaders de l’opposition en affirmant qu’ils étaient en “vacances” cet été alors que ceux-ci soulignent qu’il n’a jamais cherché à les joindre.”En quoi est-ce un reproche ? (…) Il n’y a aucune polémique sur le fait que tout le monde a le droit d’être en vacances”, a répliqué François Bayrou.”Si on était en vacances cet été, il devait faire la sieste”, a répliqué Jordan Bardella, pour qui “le retour aux urnes, par la dissolution ou la démission, demeure l’unique solution pour sortir de l’impasse politique”.S’il se rendra bien avec Marine Le Pen à Matignon, le RN considère que la page Bayrou “est tournée”, selon son vice-président Sébastien Chenu.Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, 60% des Français approuvent la décision de M. Bayrou de solliciter un vote de confiance… Mais 73% la lui refuseraient s’ils étaient députés. En cas de chute, 54% des Français se disent pour une dissolution de l’Assemblée.- “Alternative” – Les dirigeants socialistes n’ont pas encore donné leur réponse à l’invitation du Premier ministre qualifié de “démissionnaire” par Olivier Faure. Le PS, hostile à de nouvelles élections, a ouvert son université d’été jeudi après-midi à Blois et entend démontrer qu’il peut incarner une “alternative”. “Nous sommes la solution”, assure jeudi sur X le premier secrétaire du PS qui s’exprimera vendredi devant ses troupes.Mais à supposer qu’Emmanuel Macron appelle une personnalité de gauche à Matignon, la question reste entière sur la manière dont celle-ci pourrait gouverner sans accord avec le bloc central, faute de majorité à l’Assemblée.Assurant partager le diagnostic de gravité de la situation sur le niveau de la dette, mis en avant par François Bayrou pour justifier le vote de confiance, le PS doit présenter son contre-budget samedi, basé sur la recherche de recettes supplémentaires, avec un effort demandé aux plus aisés.Malgré toutes ces incertitudes, auxquelles les marchés et particulièrement la Bourse ont assez nettement réagi cette semaine, Eric Lombard a assuré “ne pas croire à la crise financière” en France.Au Medef, plusieurs chefs de parti – Marine Tondelier, Gabriel Attal, Jordan Bardella, Manuel Bompard, Bruno Retailleau, Fabien Roussel – ont débattu de la situation politique et économique jeudi après-midi. Bruno Retailleau, qui a cité Ronald Reagan, y a été particulièrement applaudi, de même que Gabriel Attal.

Ligue des champions: tirage relevé pour le PSG qui hérite notamment du Barça et du Bayern

Un tirage relevé pour le champion d’Europe. Le Paris Saint-Germain affrontera notamment le Barça, le Bayern Munich ou encore  Tottenham lors de la phase de ligue de la Ligue des champions, première étape à franchir s’il veut conserver son titre.Selon ce tirage au sort effectué jeudi à Monaco, Marseille, qui retrouve la C1 après trois ans d’absence, aura aussi fort à faire face au Real Madrid et Liverpool. Dernier club français engagé, l’AS Monaco se frottera également au Real de Kylian Mbappé, ainsi qu’à Manchester City et à la Juventus.Introduite la saison passée, la nouvelle formule de la plus prestigieuse des compétitions va offrir, comme l’an passé, des affiches entre géants européens dès la phase de ligue parmi lesquelles Real Madrid-Manchester City, Inter Milan-Liverpool et Arsenal-Bayern Munich.Le PSG, que son entraineur Luis Enrique enjoint à “marquer l’histoire” et à se forger “une dynastie” en allant chercher une deuxième Ligue des champions d’affilée, devra pour cela s’extirper de la phase de ligue face à des adversaires au niveau homogène.Outre le déplacement à Barcelone et les réceptions du Bayern et de Tottenham, Paris recevra un autre club anglais, Newcastle, déjà croisé la saison passée, et l’Atalanta Bergame. Il ira à Leverkusen, à Lisbonne (Sporting Portugal) et à l’Athletic Bilbao: un tirage peu clément, mais surmontable pour le PSG, devenu avec son titre l’équipe à abattre.Marseille, pour son retour en Ligue des champions, peut également espérer voir la phase finale de la C1, malgré quatre confrontations face à des cadors européens, avec les récéptions de Liverpool, de l’Ajax Amsterdam et de Newcastle et un déplacement au Bernabeu du Real Madrid.L’OM pourrait glaner les points nécessaires à sa qualification face à l’Atalanta, affaiblie par le départ de son emblématique entraineur Gian Piero Gasperini à l’intersaison, le Sporting Portugal et les deux clubs belges de Bruges et de l’Union Saint-Gilloise.La mission parait beaucoup plus ardue pour Monaco, placée dans le chapeau 4 et qui affrontera le Real, Manchester City, Tottenham et la Juventus, puis Galatasaray, Bruges, le petit poucet chypriote de Pafos FC et effectuera un déplacement lointain à Bodo/Glimt en Norvège. A l’issue de cette phase initiale (du 16 septembre au 28 janvier 2026), dont le calendrier sera arrêté avant samedi selon l’UEFA, les huit premiers seront qualifiés directement pour les 8e de finale. Les formations classées de la 9e à la 24e places se disputeront les huit derniers tickets en barrages aller-retour.

Inondés et isolés, au Pendjab pakistanais, les habitants dans l’attente des secours

Dans l’est pakistanais, dernière victime de la mousson estivale, des soldats en gilets de sauvetage orange sillonent à bord de leur canot ce qui reste d’un village submergé par les crues pour secourir habitants et bétail embourbés.Quand trois des fleuves du Pendjab, le grenier à blé du pays où vivent près de la moitié des 255 millions de Pakistanais, sont sortis de leur lit ces derniers jours, les autorités ont fait se déplacer 260.000 personnes, dont Nazia Nasir, 40 ans, et ses quatre enfants.Elle revient tout juste chez elle pour constater les dégâts.”Nous avons découvert qu’un pan de notre maison s’était complètement effondré”, raconte-t-elle à l’AFP.”Nous n’avons rien à manger ni à boire, et pas d’électricité”, se désole-t-elle, en tentant de dégager à mains nues la couche de boue qui recouvre ses affaires.L’Autorité nationale de gestion des catastrophes (NDMA) a émis mercredi une alerte aux inondations évoquant un niveau “exceptionnellement haut” des fleuves du Pendjab. Depuis mercredi, elle recense déjà 13 morts alors que plus de 800 décès ont déjà été comptabilisés depuis la fin juin dans différents épisodes de pluies de mousson, principalement dans le nord-ouest frontalier de l’Afghanistan. – Confinés -Dans le district de Wazirabad, les eaux brunes et infestées d’insectes se retirent lentement, ne laissant derrière elles que maisons détruites et récoltes recouvertes de boue: la mousson a encore frappée et 1.400 nouveaux villages devront désormais s’en relever.Mohammed Akram pleure son bétail: “j’avais dix vaches. Elles sont toutes mortes noyées”, raconte cet éleveur de 78 ans, qui a toujours vécu ici.”Notre village a déjà été détruit et nous avons résisté, nous recommencerons”, assure-t-il.Car comme lui, malgré les dégâts, beaucoup refusent de partir.”Tout ce que je veux, c’est voir ce qui reste de ma maison. Je ne sais pas ce que je vais y trouver, mais je n’ai nulle part ailleurs où aller”, raconte Nasima Bibi, agricultrice.A deux heures de route de là, à Katarpur, Rana Mubashir, 24 ans, commence à désespérer.”Cela fait trois jours que notre région est inondée, mais aucun secours ne vient”, dit-il, assurant que ses enfants n’ont “rien à manger ou à boire”. “Des milliers d’hectares de cultures, nos maisons et notre bétail ont été détruits”, se lamente-t-il encore.Car c’est le paradoxe de la mousson: elle apporte à l’Asie du Sud 70% de ses précipitations annuelles et est vitale pour l’agriculture, mais elle tue aussi hommes et bêtes.Mohammed Asad Imam, qui habite le même village, assure que les habitants sont “confinés” car les “routes ont été détruites et qu’il n’y a pas de bateau dans la région”.Même le temple de Kartarpur, où est mort en 1539 Gourou Nanak, le fondateur de la religion sikh, a été submergé.”Il y a eu beaucoup de dégâts à l’intérieur et à l’extérieur du sanctuaire. L’eau a charrié de la boue. Quand elle se retirera, on commencera à nettoyer”, explique Mohammed Sarwar, l’un des employés du sanctuaire, l’un des lieux les plus saints pour les sikhs du monde entier.”Mais ça va être long”.