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Le bras de fer entre l’administration Trump et la principale agence sanitaire américaine se tend

Le bras de fer qui oppose l’administration Trump à la principale agence sanitaire des Etats-Unis a continué à se tendre jeudi, le ministre vaccinosceptique de la Santé promettant de la reprendre en main au lendemain du limogeage de sa directrice.”Je ne peux pas commenter les questions relatives au personnel, mais l’agence est en difficulté, et nous devons y remédier, et c’est ce que nous sommes en train de faire”, a déclaré Robert Kennedy Jr, ministre de la Santé de Donald Trump à la chaîne Fox News, reprochant notamment à la structure sa gestion de la pandémie de Covid-19.La veille, son conflit avec les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), principale agence sanitaire du pays qu’il chapeaute, avait éclaté au grand jour après l’annonce par son ministère du départ de Susan Monarez de la direction des CDC, après moins d’un mois en poste.En cause, selon les avocats de cette dernière: son refus “de valider des directives non scientifiques et dangereuses” souhaitées par le ministre, connu pour ses positions antivaccins.En lieu et place de cette scientifique de profession, la Maison Blanche va nommer Jim O’Neill, bras droit du ministre RFK Jr et ex-financier de la tech, comme directeur par intérim des CDC, a rapporté le Washington Post.- “Manipuler la science” -Le limogeage de Mme Monarez mercredi a suscité une large vague de condamnations, tant de la part d’institutions médicales que de représentants de gauche.”RFK Jr écarte les leaders scientifiques qui refusent d’approuver sans discussion ses théories du complot dangereuses et de manipuler la science”, avait ainsi dénoncé le sénateur Bernie Sanders sur X, réclamant la tenue d’une enquête parlementaire sur le sujet.Alors que le départ de Mme Monarez avait été annoncé par le ministère de la Santé, l’intéressée l’avait démenti par la voix de ses avocats et accusé Robert Kennedy Jr de poursuivre une politique “mettant en danger la vie de millions d’Américains”.La Maison Blanche avait ensuite officialisé son renvoi, mais les conseils de cette dernière avaient dénoncé une procédure “juridiquement insuffisante”.L’affaire, riche en rebondissements, a mis en lumière les vives dissensions entre l’administration Trump et les scientifiques des agences fédérales et a conduit plusieurs hauts responsables des CDC à démissionner.En quittant jeudi le siège de l’institution à Atlanta (sud-est), ces derniers ont été vivement applaudis par leurs collègues et ont promis de continuer à se battre pour défendre le travail de l’agence, qui joue un rôle crucial dans la prévention des maladies chroniques, infectieuses ou encore des overdoses. Le changement de direction aux CDC survient par ailleurs quelques semaines seulement après qu’un assaillant vivement opposé au vaccin contre le Covid-19 a visé le siège de l’agence sanitaire.Après cette attaque armée, au cours de laquelle un policier avait été tué, des employés des CDC avaient accusé RFK Jr de les mettre en danger en propageant de fausses informations, notamment sur les vaccins.Depuis son entrée en fonction, ce dernier a amorcé une profonde refonte des agences sanitaires américaines et de la politique vaccinale du pays, limogeant des experts réputés, restreignant l’accès aux vaccins contre le Covid-19 ou encore coupant des fonds au développement de nouveaux vaccins.

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Le bras de fer qui oppose l’administration Trump à la principale agence sanitaire des Etats-Unis a continué à se tendre jeudi, le ministre vaccinosceptique de la Santé promettant de la reprendre en main au lendemain du limogeage de sa directrice.”Je ne peux pas commenter les questions relatives au personnel, mais l’agence est en difficulté, et nous devons y remédier, et c’est ce que nous sommes en train de faire”, a déclaré Robert Kennedy Jr, ministre de la Santé de Donald Trump à la chaîne Fox News, reprochant notamment à la structure sa gestion de la pandémie de Covid-19.La veille, son conflit avec les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), principale agence sanitaire du pays qu’il chapeaute, avait éclaté au grand jour après l’annonce par son ministère du départ de Susan Monarez de la direction des CDC, après moins d’un mois en poste.En cause, selon les avocats de cette dernière: son refus “de valider des directives non scientifiques et dangereuses” souhaitées par le ministre, connu pour ses positions antivaccins.En lieu et place de cette scientifique de profession, la Maison Blanche va nommer Jim O’Neill, bras droit du ministre RFK Jr et ex-financier de la tech, comme directeur par intérim des CDC, a rapporté le Washington Post.- “Manipuler la science” -Le limogeage de Mme Monarez mercredi a suscité une large vague de condamnations, tant de la part d’institutions médicales que de représentants de gauche.”RFK Jr écarte les leaders scientifiques qui refusent d’approuver sans discussion ses théories du complot dangereuses et de manipuler la science”, avait ainsi dénoncé le sénateur Bernie Sanders sur X, réclamant la tenue d’une enquête parlementaire sur le sujet.Alors que le départ de Mme Monarez avait été annoncé par le ministère de la Santé, l’intéressée l’avait démenti par la voix de ses avocats et accusé Robert Kennedy Jr de poursuivre une politique “mettant en danger la vie de millions d’Américains”.La Maison Blanche avait ensuite officialisé son renvoi, mais les conseils de cette dernière avaient dénoncé une procédure “juridiquement insuffisante”.L’affaire, riche en rebondissements, a mis en lumière les vives dissensions entre l’administration Trump et les scientifiques des agences fédérales et a conduit plusieurs hauts responsables des CDC à démissionner.En quittant jeudi le siège de l’institution à Atlanta (sud-est), ces derniers ont été vivement applaudis par leurs collègues et ont promis de continuer à se battre pour défendre le travail de l’agence, qui joue un rôle crucial dans la prévention des maladies chroniques, infectieuses ou encore des overdoses. Le changement de direction aux CDC survient par ailleurs quelques semaines seulement après qu’un assaillant vivement opposé au vaccin contre le Covid-19 a visé le siège de l’agence sanitaire.Après cette attaque armée, au cours de laquelle un policier avait été tué, des employés des CDC avaient accusé RFK Jr de les mettre en danger en propageant de fausses informations, notamment sur les vaccins.Depuis son entrée en fonction, ce dernier a amorcé une profonde refonte des agences sanitaires américaines et de la politique vaccinale du pays, limogeant des experts réputés, restreignant l’accès aux vaccins contre le Covid-19 ou encore coupant des fonds au développement de nouveaux vaccins.

Le bras de fer entre l’administration Trump et la principale agence sanitaire américaine se tend

Le bras de fer qui oppose l’administration Trump à la principale agence sanitaire des Etats-Unis a continué à se tendre jeudi, le ministre vaccinosceptique de la Santé promettant de la reprendre en main au lendemain du limogeage de sa directrice.”Je ne peux pas commenter les questions relatives au personnel, mais l’agence est en difficulté, et …

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Nucléaire iranien: les Européens amorcent le rétablissement des sanctions contre Téhéran

Face à l’impasse des négociations sur le nucléaire iranien, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont mis jeudi leur menace à exécution en entamant à l’ONU la procédure de rétablissement des sanctions internationales contre Téhéran dans trente jours, qui sera discutée dès vendredi au Conseil de sécurité.Les trois pays, surnommés E3, ont indiqué jeudi dans une lettre au Conseil de sécurité que “sur la base de preuves factuelles”, ils estiment que l’Iran est en position de non-respect important de ses engagements” en vertu de l’accord sur le nucléaire de 2015, le JCPOA, et “invoquent ainsi le mécanisme connu sous le nom du snapback” qui ouvre un processus de trente jours permettant de réimposer une série de sanctions suspendues il y a dix ans.La question sera discutée à huis-clos vendredi par les 15 membres du Conseil.Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé une décision “injustifiée et illégale” des Européens, tout comme l’ambassadeur russe adjoint à l’ONU pour qui elle n’a “absolument aucune base légale”.Israël a au contraire salué “une étape importante pour arrêter le programme nucléaire iranien”. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a affirmé que les Etats-Unis étaient ouverts à des discussions “directes” avec l’Iran “afin de trouver une solution pacifique et durable à la question du nucléaire iranien”.Signé par le E3, l’Iran, les Etats-Unis, la Chine et la Russie, le JCPOA suspend diverses sanctions économiques internationales prises par l’ONU contre l’Iran.Washington a décidé de s’en retirer en 2018 sous la première présidence de Donald Trump et a rétabli ses propres sanctions. Depuis, Téhéran s’est affranchi de certains engagements pris, notamment sur l’enrichissement d’uranium.Les pays occidentaux soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique. Téhéran dément et défend son droit à développer un programme nucléaire civil.Le trio européen E3 a déclenché ce “snapback” avant l’expiration en octobre de la possibilité d’y recourir, et après la campagne de bombardements israéliens et américains menés en juin contre les sites du programme iranien. – Vers un délai supplémentaire? -Il espère pousser l’Iran à des concessions alors que la diplomatie est au point mort: les négociations entre les Etats-Unis et l’Iran sont ensablées, la coopération de Téhéran avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est restreinte, et les discussions entre Téhéran et les Européens n’avancent pas.”En juillet 2025, les E3 ont mis sur la table une offre d’extension de la résolution” 2231 de l’ONU endossant le JCPOA “et de son mécanisme de +snapback+. Les exigences fixées par les E3 en contrepartie de cette extension, à savoir notamment la reprise des négociations, le respect par l’Iran de ses obligations à l’égard de l’AIEA, et des mesures pour répondre à nos préoccupations concernant le stock d’uranium hautement enrichi, n’ont pas encore été remplies de manière satisfaisante par l’Iran”, écrivent les trois ministres des Affaires étrangères dans une déclaration conjointe.Dénonçant “un risque majeur de prolifération”, ils affirment avoir fait “tous les efforts possibles pour sortir de l’impasse” depuis plusieurs années.”L’escalade nucléaire de l’Iran ne doit pas aller plus loin”, a justifié jeudi le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot sur X, alors que le sort de 400 kilos d’uranium enrichi à 60%, permettant de fabriquer 9 bombes, demeure inconnu depuis qu’ils ont été visés par les bombardements israéliens et américains de juin.- “Jouer l’escalade” -Toutefois, “cette mesure ne signe pas la fin de la diplomatie: nous sommes déterminés à mettre à profit la période de trente jours qui s’ouvre pour dialoguer avec l’Iran”, a-t-il affirmé.Une “fenêtre d’opportunité” qu’a également appelé à saisir le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.Selon une source diplomatique française, les Iraniens pourraient être “tentés de jouer l’escalade, du moins en partie”. Mais “si on ne faisait rien, le dossier du nucléaire iranien sortait de l’ONU pour toujours”, a-t-elle ajouté.Téhéran affirme d’ailleurs que cette décision “compromettra gravement le processus d’interaction et de coopération en cours” avec l’AIEA.”Les Iraniens s’arc-boutent à leur position maximaliste qui est de n’autoriser aucune nouvelle coopération avec l’AIEA. Est-ce qu’il peut y avoir des négociations dans les trente jours? C’est l’objectif de tout le monde, mais il faut que les Iraniens abandonnent cette position maximaliste”, analyse pour l’AFP Héloïse Fayet, chercheuse sur les questions nucléaires à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Le délai de trente jours expirera durant les réunions de la “semaine de haut niveau” de l’Assemblée générale de l’ONU à New York du 22 au 30 septembre, où seront rassemblés des dizaines de dirigeants mondiaux.

Nucléaire iranien: les Européens amorcent le rétablissement des sanctions contre Téhéran

Face à l’impasse des négociations sur le nucléaire iranien, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont mis jeudi leur menace à exécution en entamant à l’ONU la procédure de rétablissement des sanctions internationales contre Téhéran dans trente jours, qui sera discutée dès vendredi au Conseil de sécurité.Les trois pays, surnommés E3, ont indiqué jeudi dans …

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Nucléaire iranien: les Européens amorcent le rétablissement des sanctions contre Téhéran

Face à l’impasse des négociations sur le nucléaire iranien, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont mis jeudi leur menace à exécution en entamant à l’ONU la procédure de rétablissement des sanctions internationales contre Téhéran dans trente jours, qui sera discutée dès vendredi au Conseil de sécurité.Les trois pays, surnommés E3, ont indiqué jeudi dans une lettre au Conseil de sécurité que “sur la base de preuves factuelles”, ils estiment que l’Iran est en position de non-respect important de ses engagements” en vertu de l’accord sur le nucléaire de 2015, le JCPOA, et “invoquent ainsi le mécanisme connu sous le nom du snapback” qui ouvre un processus de trente jours permettant de réimposer une série de sanctions suspendues il y a dix ans.La question sera discutée à huis-clos vendredi par les 15 membres du Conseil.Le ministère iranien des Affaires étrangères a dénoncé une décision “injustifiée et illégale” des Européens, tout comme l’ambassadeur russe adjoint à l’ONU pour qui elle n’a “absolument aucune base légale”.Israël a au contraire salué “une étape importante pour arrêter le programme nucléaire iranien”. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a affirmé que les Etats-Unis étaient ouverts à des discussions “directes” avec l’Iran “afin de trouver une solution pacifique et durable à la question du nucléaire iranien”.Signé par le E3, l’Iran, les Etats-Unis, la Chine et la Russie, le JCPOA suspend diverses sanctions économiques internationales prises par l’ONU contre l’Iran.Washington a décidé de s’en retirer en 2018 sous la première présidence de Donald Trump et a rétabli ses propres sanctions. Depuis, Téhéran s’est affranchi de certains engagements pris, notamment sur l’enrichissement d’uranium.Les pays occidentaux soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme atomique. Téhéran dément et défend son droit à développer un programme nucléaire civil.Le trio européen E3 a déclenché ce “snapback” avant l’expiration en octobre de la possibilité d’y recourir, et après la campagne de bombardements israéliens et américains menés en juin contre les sites du programme iranien. – Vers un délai supplémentaire? -Il espère pousser l’Iran à des concessions alors que la diplomatie est au point mort: les négociations entre les Etats-Unis et l’Iran sont ensablées, la coopération de Téhéran avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est restreinte, et les discussions entre Téhéran et les Européens n’avancent pas.”En juillet 2025, les E3 ont mis sur la table une offre d’extension de la résolution” 2231 de l’ONU endossant le JCPOA “et de son mécanisme de +snapback+. Les exigences fixées par les E3 en contrepartie de cette extension, à savoir notamment la reprise des négociations, le respect par l’Iran de ses obligations à l’égard de l’AIEA, et des mesures pour répondre à nos préoccupations concernant le stock d’uranium hautement enrichi, n’ont pas encore été remplies de manière satisfaisante par l’Iran”, écrivent les trois ministres des Affaires étrangères dans une déclaration conjointe.Dénonçant “un risque majeur de prolifération”, ils affirment avoir fait “tous les efforts possibles pour sortir de l’impasse” depuis plusieurs années.”L’escalade nucléaire de l’Iran ne doit pas aller plus loin”, a justifié jeudi le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot sur X, alors que le sort de 400 kilos d’uranium enrichi à 60%, permettant de fabriquer 9 bombes, demeure inconnu depuis qu’ils ont été visés par les bombardements israéliens et américains de juin.- “Jouer l’escalade” -Toutefois, “cette mesure ne signe pas la fin de la diplomatie: nous sommes déterminés à mettre à profit la période de trente jours qui s’ouvre pour dialoguer avec l’Iran”, a-t-il affirmé.Une “fenêtre d’opportunité” qu’a également appelé à saisir le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.Selon une source diplomatique française, les Iraniens pourraient être “tentés de jouer l’escalade, du moins en partie”. Mais “si on ne faisait rien, le dossier du nucléaire iranien sortait de l’ONU pour toujours”, a-t-elle ajouté.Téhéran affirme d’ailleurs que cette décision “compromettra gravement le processus d’interaction et de coopération en cours” avec l’AIEA.”Les Iraniens s’arc-boutent à leur position maximaliste qui est de n’autoriser aucune nouvelle coopération avec l’AIEA. Est-ce qu’il peut y avoir des négociations dans les trente jours? C’est l’objectif de tout le monde, mais il faut que les Iraniens abandonnent cette position maximaliste”, analyse pour l’AFP Héloïse Fayet, chercheuse sur les questions nucléaires à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Le délai de trente jours expirera durant les réunions de la “semaine de haut niveau” de l’Assemblée générale de l’ONU à New York du 22 au 30 septembre, où seront rassemblés des dizaines de dirigeants mondiaux.

Le Brésil s’attaque à un vaste réseau de blanchiment dans les carburants

Des sommes faramineuses blanchies via des stations-services, puis placées dans des institutions financières: les autorités brésiliennes se sont attaquées jeudi au crime organisé en lançant une vaste opération mobilisant 1.400 agents à travers le pays.Le président Luiz Inacio Lula da Silva a salué “la plus grande riposte de l’Etat brésilien contre le crime organisé de …

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Gaza: l’ONU dénonce une horreur “sans fin”, Israël intensifie ses opérations

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a dénoncé jeudi “un catalogue sans fin d’horreurs” à Gaza, où la Défense civile a fait état d’au moins 40 personnes tuées par l’armée israélienne depuis l’aube. “Gaza est jonchée de décombres, jonchée de corps, et jonchée d’exemples de ce qui pourrait constituer de graves violations du droit international”, …

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Gaza: l’ONU dénonce une horreur “sans fin”, Israël intensifie ses opérations

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a dénoncé jeudi “un catalogue sans fin d’horreurs” à Gaza, où la Défense civile a fait état d’au moins 40 personnes tuées par l’armée israélienne depuis l’aube. “Gaza est jonchée de décombres, jonchée de corps, et jonchée d’exemples de ce qui pourrait constituer de graves violations du droit international”, a déclaré le chef de l’ONU, près de 700 jours après le début de la guerre, déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023. Dans le territoire palestinien assiégé, dévasté et en proie à la famine selon l’ONU, l’exode des habitants du nord, où l’armée israélienne intensifie son offensive, se poursuit. Des dizaines d’entre eux se dirigeaient vers le sud sur la route côtière, sur des charrettes tirées par des ânes, des véhicules endommagés surchargés de sacs, ou même à pied, a constaté un photographe de l’AFP près de Nousseirat (centre).Pour beaucoup, c’est un énième déplacement, les Nations unies estimant que la quasi-totalité des plus de deux millions de Gazaouis a déjà dû quitter son logement au moins une fois en près de deux ans, en raison des combats et bombardements.Malgré des pressions grandissantes, tant à l’international qu’au sein de la société israélienne, pour mettre un terme à la guerre, l’armée a déclaré jeudi que ses soldats “poursuiv(ai)ent leurs opérations” dans tout le territoire. Elle a précisé opérer à Khan Younès (sud) et dans le nord. – “Où aller?” -La Défense civile a fait état de 40 morts “à la suite des bombardements israéliens continus depuis le lever du jour.”Interrogée, l’armée a, comme elle le fait d’habitude, dit ne pas être en mesure de commenter sans coordonnées précises des évènements rapportés.Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans et affirmations des différentes parties. “Des quadricoptères ont survolé nos têtes de 01h00 à 08h00. Il y a eu des explosions toute la nuit”, a témoigné auprès de l’AFP Aya Daher, depuis la ville de Gaza, affirmant avoir été blessée avec son mari et un fils.”Où pouvons nous aller?”, interroge cette mère de famille, le bras en écharpe, assise devant un hôpital où elle espère pouvoir se réfugier avec ses enfants.Les autorités israéliennes assurent avoir pris des mesures pour faciliter “le passage en toute sécurité des habitants vers le sud pour leur protection”. L’armée a affirmé mercredi que l’évacuation de Gaza-ville était “inévitable”, au vu de la décision prise par Israël de prendre le contrôle de cette localité, la plus grande du territoire, considérée comme un des derniers bastions du Hamas. Mais de nombreux acteurs humanitaires jugent ce projet irréaliste et dangereux. L’ONU estime à près d’un million de personnes la population actuelle du gouvernorat qui comprend Gaza-ville et ses environs.Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, une figure d’extrême droite, a de son côté appelé jeudi le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, à lancer l’annexion de la bande de Gaza si le Hamas continuait de refuser de déposer les armes.Le mouvement islamiste a fustigé “un soutien ouvert à la politique de déplacement forcé et de nettoyage ethnique” du peuple palestinien. – “Point de rupture” -A l’issue d’une visite sur place, la directrice du Programme alimentaire mondial (PAM), Cindy McCain, a déclaré que la bande de Gaza était arrivée à un “point de rupture.”Après avoir bloqué en mars toute aide humanitaire, Israël y a réautorisé progressivement son entrée depuis mai, mais à une échelle jugée largement insuffisante par l’ONU et les ONG. Des experts des droits humains de l’ONU ont pour leur part fait état jeudi d’informations sur des “disparitions forcées” de plusieurs personnes, dont un enfant, sur des sites de distribution d’aide à Rafah (sud). La Fondation humanitaire de Gaza (GHF), soutenue par Israël et les Etats-Unis, qui gère ces sites, a objecté qu’il n’y avait “aucune preuve de disparitions forcées” dans ses centres. L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP reposant sur des données officielles.Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 restent retenues dans la bande de Gaza dont au moins 27 sont mortes selon l’armée.L’offensive de représailles israélienne a fait au moins 62.966 morts dans ce territoire palestinien, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugés fiables par l’ONU.

Ukraine: 21 morts dans des frappes russes sur Kiev, tollé chez les Européens

Des missiles et des drones russes ont éventré dans la nuit des immeubles d’habitation à Kiev, causant la mort d’au moins 21 personnes, dont quatre enfants, au cours d’une des plus importantes attaques aériennes russes contre l’Ukraine qui a suscité l’indignation de plusieurs dirigeants européens.Le président américain Donald Trump n’est, lui, “pas content” mais “pas surpris” de ces bombardements, a réagi jeudi sa porte-parole, Karoline Leavitt.Cette réaction du président américain, qui refuse d’attribuer la responsabilité de la guerre à Moscou, diffère par sa tonalité de celle de son émissaire spécial pour l’Ukraine, Keith Kellogg.Ce dernier a dénoncé plus tôt de “terribles attaques” menaçant “la paix que le président des Etats-Unis cherche à obtenir”.Selon le dernier bilan fourni par les secours, 21 personnes ont perdu la vie, dont quatre enfants, et une cinquantaine ont été blessées.Des représentations de l’Union européenne et du Royaume-Uni ont été endommagés à Kiev par ces frappes. Conséquence: l’UE et les autorités britanniques ont respectivement convoqué les ambassadeurs russes à Bruxelles et à Londres.Deux médias ont aussi fait savoir que leurs locaux avaient subi des dégâts- Vives condamnations -Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé Moscou de préférer “continuer à tuer” plutôt que de négocier la paix.Il a dit espérer de nouvelles sanctions contre Moscou et appelé les partenaires du Kremlin, tels que la Chine et la Hongrie (membre de l’Union européenne), à adopter une positions ferme vis-à-vis de la Russie, qui occupe 20% du territoire ukrainien.La Russie, qui a envahi l’Ukraine en février 2022, “ne recule devant rien” pour la “terroriser”, a réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Au cours d’un échange téléphonique avec Donald Trump, elle a appelé Vladimir Poutine à “venir à la table des négociations”.Le chef de l’Etat russe “tue des enfants et des civils et sabote les espoirs de paix”, s’est, quant à lui, emporté le Premier ministre Britannique Keir Starmer, cependant que le président français Emmanuel Macron a fustigé des “attaques insensées d’une grande cruauté”, parlant de “terreur” et de “barbarie”.La Russie a “de nouveau montré son vrai visage” et “a de moins en moins de scrupules”, a de son côté déploré le chancelier allemand Friedrich Merz.Pour le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, “les attaques contre les civils et les infrastructures civiles violent le droit international humanitaire, sont inacceptables et doivent cesser immédiatement”.- “J’aurais été enseveli” -Dans un quartier de l’est de Kiev, les secouristes ont dégagé plusieurs corps d’un bâtiment résidentiel totalement détruit, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place.”Si j’étais allé à l’abri une minute plus tard, je ne serais pas là aujourd’hui, j’aurais été enseveli”, a raconté Andriï, blessé à l’oeil et dont l’appartement a été soufflé. Pendant cette attaque nocturne, les forces russes ont tiré 598 drones et 31 missiles sur l’Ukraine, selon l’armée de l’air ukrainienne.Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a pour sa part assuré jeudi que la Russie restait “intéressée” par des négociations de paix avec l’Ukraine mais qu’elle poursuivrait ses bombardements tant que ses “objectifs” ne seraient pas atteints.L’armée russe, qui affirme ne jamais cibler des civils, a affirmé avoir visé des sites du “complexe militaro-industriel” ukrainien.- Rencontre à New York -Fin juillet, des bombardements russes avaient fait plus de 30 morts à Kiev, l’une des attaques les plus meurtrières qu’ait subies cette ville. Ces frappes avaient poussé Donald Trump à accroître la pression sur Moscou, sans pour autant parvenir à lui faire accepter une trêve, et conduit à sa rencontre avec son homologue russe en Alaska le 15 août.Après ce sommet, suivi par une visite à Washington de M. Zelensky accompagné de ses alliés européens, le président américain avait dit vouloir préparer une réunion en face-à-face entre les chefs d’Etat russe et ukrainien.La perspective d’une telle rencontre semble depuis s’éloigner, la Russie ayant fait comprendre qu’elle n’était pas à l’ordre du jour.Avant la conclusion d’un hypothétique accord de paix, l’Ukraine veut obtenir des garanties de sécurité des Occidentaux pour dissuader le Kremlin de toute nouvelle attaque.M. Zelensky a annoncé que des membres de son équipe allaient rencontrer vendredi à New York des représentants du gouvernement américain.Pour mettre fin à son assaut, la Russie réclame notamment que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées, en plus de la Crimée annexée en 2014, et renonce à intégrer l’Alliance atlantique. Ce que Kiev juge inacceptable.burx-fv/pop/rco/mr/liu