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Encadrement des loyers: un tiers des annonces hors des clous

Dans les communes qui appliquent l’encadrement des loyers, près d’une annonce sur trois dépasse les plafonds autorisés mais le dispositif, bon pour le pouvoir d’achat des locataires, mérite d’être pérennisé, plaide la Fondation pour le logement des défavorisés.Dans l’ensemble des villes analysées, 32% des annonces sur les 20.000 recensées entre août 2024 et août 2025 dépassent les plafonds de loyer fixés ville par ville, un chiffre en hausse de 4 points sur un an, révèle jeudi le 5e baromètre de la Fondation.A Paris, 31% des logements proposés à la location dépassent les plafonds, en légère amélioration par rapport à 2021 (35%).”La rétraction du marché locatif à l’année peut expliquer une plus forte tension sur le niveau des loyers”, note l’étude.Le dépassement moyen est de 237 euros par mois dans la capitale, soit une ponction annuelle de “plus de 2.800 euros” pour les locataires, contre 192 euros en moyenne en France.Le loyer moyen des annonces parisiennes s’élève par ailleurs à 1.222 euros, en hausse de 6% sur un an, tandis que les dépassements sont plus prononcés à l’ouest et au centre de la capitale, où la pression du marché est la plus forte.”L’encadrement des loyers conduit à une modération réelle des loyers. Il a aussi un impact sur les marchés à long terme, ça peut calmer un peu le jeu, et clairement, ça redonne du pouvoir d’achat aux ménages”, a insisté lors d’une conférence de presse Christophe Robert, délégué général de la Fondation.Rendu possible par la loi Alur de 2014 puis restreint par la loi Elan de 2018 aux seules collectivités volontaires, l’encadrement des loyers est un dispositif expérimental qui doit s’achever en novembre 2026.La Fondation pour le logement a annoncé jeudi le lancement d’une campagne visant à pérenniser ce dispositif “peu onéreux pour les finances publiques” et améliorer son efficacité. Elle appelle notamment l’État à ne pas faire reposer le respect de cet encadrement sur les seuls locataires, à l’ouvrir à l’ensemble des villes volontaires et à augmenter le montant des amendes qui devraient, selon elle, revenir aux collectivités.- “Résultats inquiétants” -Actuellement, un logement peut dépasser les plafonds légaux sans être illégal dans la mesure où un “complément de loyer” peut être appliqué si le logement possède des atouts particuliers. Ces derniers doivent être justifiés par les propriétaires mais leurs caractéristiques n’ont pas été définies par la loi et leur montant n’est pas plafonné.Hors Paris, le respect de l’encadrement est jugé “assez inégal”, allant de 12% de non conformité à Montpellier à 31% à Lille, même si la tendance est “à l’amélioration”.A l’inverse, les résultats récoltés dans la banlieue nord et est parisienne sont qualifiés “d’inquiétants”, comme à Plaine Commune (59%), qui regroupe notamment Saint-Denis, Aubervilliers et Saint-Ouen, et pâtit potentiellement d’une “insuffisante communication auprès du grand public”.Les nouveaux entrants, tels Grenoble ou le Pays Basque, affichent des débuts “mitigés” avec respectivement 45% et 38% d’annonces au-dessus des plafonds.Les prix au mètre carré étant traditionnellement plus élevés pour les petites surfaces, ces dernières sont surreprésentées parmi les contrevenants. Quelque 91% des logements de 10m2 et moins sont ainsi hors des clous, pénalisant majoritairement les étudiants, les célibataires et les ménages modestes.Les meublés s’avèrent aussi moins respectueux de la réglementation, de même que les propriétaires de logements “passoires thermiques” classés G, qui pratiquent le plus de dépassements (38%) alors que tout complément de loyer leur est pourtant interdit. Une “forte disparité” est également relevée selon les sites, allant de 24% d’annonces non conformes sur SeLoger à 48% sur PAP.

En Afghanistan, la pluie après le séisme pour les survivants

“Il pleut et on nous laisse vivre dehors”, se lamente Khan Zaman Hanafi, un agriculteur de l’est de l’Afghanistan, quatre nuits et quatre jours après que la terre a grondé et emporté sa maison dans le village de Shelt.Désormais dépourvus de tout et surtout d’un abri, l’Afghan et sa famille pensaient avoir connu le pire, jusqu’à l’arrivée de la pluie.Shelt, et le village voisin de Mama Goul, “ont été oubliés par le gouvernement et les ONG”, dit-il à l’AFP depuis le champ de maïs où il campe avec les siens, à distance de leur village dévasté, préférant fuir les décombres.Ici, dans les vallées qui, avant le retour des talibans au pouvoir il y a quatre ans, étaient connues pour la contrebande et le passage de combattants de et vers le Pakistan, les maisons de terre battue sont construites à flanc de montagne, les unes au-dessus des autres.Dimanche soir, quand la terre a tremblé, elles se sont effondrées dans un immense effet domino.Kounar, province recouverte d’immenses forêts, a été la plus touchée par ce séisme de magnitude 6, l’un des plus meurtriers de l’histoire récente du pays.- “C’est le chaos” -“A Shelt, il y avait 350 maisons et 300 à Mama Goul et on a entendu dire que seules 68 tentes avaient été données”, lâche Khan Zaman Hanafi, assurant n’en avoir jamais vu la couleur.”Cet endroit est invivable mais on n’a pas d’autre choix”, se lamente-t-il. “Nous sommes pauvres, nous voulons que le gouvernement et des ONG nous aident à construire des maisons”.Mais les autorités talibanes l’ont déjà dit: elles ne pourront pas gérer seules la catastrophe. En face, l’ONU et les ONG assurent ne pas pouvoir faire plus alors qu’elles peinent déjà à absorber la baisse drastique de l’aide internationale et le retour de millions de migrants expulsés des pays voisins.Pour le moment, les autorités manient la pelleteuse sur les flancs escarpés de Kounar: les rares routes, sinueuses et déjà peu larges, doivent être dégagées au plus vite.Khan Saeed Deshmash, lui, a pu éviter ces axes cahoteux. Il a été transféré avec une douzaine de membres de sa famille blessés de son village de Minjegale par hélicoptère vers un hôpital à Jalalabad, la capitale de la province voisine de Nangarhar.Ce cultivateur de céréales de 47 ans a perdu six proches dans le séisme, mais aussi toutes ses vaches et ses moutons et, depuis, dit-il, “tout le monde est traumatisé et c’est le chaos, on n’arrive plus à réfléchir normalement”.- “Plus possible d’habiter ici” -Il n’y a plus qu’une seule chose dont il est sûr, affirme-t-il: “ce n’est plus possible d’habiter dans ces villages, il y a encore des répliques, toutes les maisons sont détruites et il faut qu’on soit relogés ailleurs”.Abdul Alam Nezami, 35 ans, lui, veut bien imaginer rester dans son village de Massoud où il a hérité des champs de maïs de son père. Mais il faudra lancer au plus vite de grands travaux pour réparer tout ce que les glissements de terrain et les éboulements qui ont suivi le séisme ont détruit dans un pays où déjà 41 des 48 millions d’Afghans vivent avec moins d’un dollar par jour.Les travaux continuent pour déblayer les routes encombrées, mais il faut aussi reconstruire “les canaux d’irrigation et les réservoirs d’eau pour que les récoltes ne soient pas entièrement détruites”, plaide Abdul Alam Nezami.Pour le moment, il survit sous une tente, forcé à la promiscuité et à l’inconfort.”Ils n’ont donné qu’une seule tente pour deux ou trois familles et certaines d’entre elles fuient quand il pleut”, lance-t-il. A Mazar Dara aussi, les bâches tirées des gravats pour bricoler des abris “sont trouées” et “ne nous sauvent pas de la pluie”, témoigne Zahir Khan Safi, agriculteur de 48 ans.”On les garde pour les enfants”, dit-il, mais ceux-ci se retrouvent avec des vêtements mouillés, “et n’ont pas de vêtements de rechange”.

Le ferry d’Istanbul, transport amoureux entre deux continents

Les ferries blancs qui glissent sur le bleu du Bosphore, image familière d’Istanbul, résistent à la concurrence des ponts et métros malgré des eaux de plus en plus encombrées.Depuis près de deux siècles, les “vapurs” assurent un trait d’union iconique dans la mégapole turque, à cheval entre l’Asie et l’Europe, à au moins 40 millions de passagers annuels pour la principale compagnie, Sehir Hatlari (863 liaisons quotidiennes).”Toute vue d’Istanbul doit montrer la tour de Léandre (qui gardait autrefois l’entrée du Bosphore, ndlr), un ferry et une mouette”, sourit Adil Bali, spécialiste de l’histoire des vapeurs stambouliotes. “C’est l’une des rares villes traversées par la mer, les ferries y sont indispensables”.Leur apparition en 1843, 130 ans avant qu’un premier pont n’enjambe le Bosphore, a transformé de simples villages de pêcheurs en lieux de villégiatures courus, suscité la construction de palais de bois le long de l’eau et activé le commerce sur ce bras de mer.Aux commandes du Pasabahçe (le Jardin du Pacha), fleuron des trente bâtiments de la compagnie Sehir Hatlari, le capitaine Ekrem Özçelik a vu le trafic croître.”Moins de passagers mais plus de monde sur l’eau”, résume-t-il: des ferries, des porte-conteneurs et des cargos qui relient la mer Noire à l’Egée via les Dardanelles. Plus les paquebots, les croisières et les yachts.- Vent et courants -Selon les autorités, 41.300 bâtiments ont transité en 2024 sur le Bosphore, l’une des voies navigables les plus fréquentées au monde. Soit 113 par jour en moyenne, sans compter les plaisanciers, parfois peu au fait des difficultés de navigation.”Piloter dans les eaux d’Istanbul demande une certaine expérience”, glisse le capitaine. Surtout les jours de Lodos, le vent du sud qui soulève des vagues de deux, trois mètres à rebours du courant dominant.”Enfant du Bosphore”, fils et petit-fils de marin et de pêcheurs, il rêvait gamin de l’uniforme blanc et de la casquette de capitaine. À 52 ans, il savoure “la liberté” de la navigation et “l’aura” du métier: “Être capitaine au coeur d’Istanbul est source de grande fierté, c’est unique au monde”.Surtout à bord du Pasabahçe, sauvé de justesse du désarmement et remis à flots à 70 ans, en 2022, appuie son second, Semih Aksoy, 36 ans: “Il est plus difficile que les autres à manoeuvrer, plus lourd. On le dit +muet+: les virages sont compliqués.” Mais il n’en changerait pour rien au monde, avec ses trois ponts et ses guéridons de bois, témoins des premières classes d’autrefois: “Ce navire a une beauté unique, une atmosphère particulière”, insiste-t-il en tançant depuis la tourelle un père dont la fillette se balance sur le bastingage. “Certains s’installent carrément dans les canots de sauvetage!”, assure-t-il.- Scooters des mers -C’est aussi la tâche de Burak Temiz de tempérer la frénésie des passagers qui se ruent pour gagner les ponts. Campé au milieu des cordages, le marin de 24 ans guette le signal du capitaine pour abaisser sa passerelle en surveillant l’accostage.Son trajet d’une vingtaine de minutes est l’un des plus fréquentés, entre Kadiköy (Asie) et Besiktas (Europe). Des scooters des mers viennent de frôler l’étrave du ferry.”Cet été, des gens sautaient dans l’eau depuis la tour de Léandre, ça a duré des heures. Et puis il y a les filets des pêcheurs”.Avec six membres d’équipage par bateau (neuf pour le Pasabahçe) dont deux mécaniciens, plus ceux aux 53 embarcadères, c’est tout un peuple de marins qui oeuvre aux ferries, que les habitués finissent par connaître et saluer.Ibrahim Bayus, ingénieur de 62 ans né à Büyükada, la plus grande des îles des Princes, en mer de Marmara, se souvient: “Gamin, j’oubliais souvent mon porte-monnaie mais le capitaine me connaissait”.La navigation est assurée toute l’année, sauf violente tempête, neige ou brouillard. Et encore.Le capitaine se souvient, un jour de mauvais temps à Büyükada, avoir vu accourir trois étudiants: “Le trafic était suspendu. Ils m’ont dit que s’ils ne pouvaient passer leurs examens, leur année serait perdue. J’ai pris l’initiative de les conduire à Kadiköy. Tous ont réussi. L’un est avocat, l’autre vétérinaire”. Et continuent de lui rendre visite.

Ukraine: les Européens “prêts” sur des garanties de sécurité, attendent la contribution de Trump

Les soutiens européens de l’Ukraine se sont réunis jeudi à Paris pour afficher leur détermination à lui fournir des garanties de sécurité et demander à Donald Trump quelle sera la contribution des Etats-Unis, une fois un cessez-le-feu en place.Ce sommet d’environ 35 dirigeants, certains présents à l’Elysée et d’autres en visioconférence, “va nous permettre de finaliser les garanties de sécurité robustes pour l’Ukraine”, a déclaré à l’ouverture des travaux le président français Emmanuel Macron, à la tête de la coalition avec le Premier ministre britannique Keir Starmer.Les Européens vont acter qu’ils sont “prêts” sur l’octroi des ces garanties, pour mieux signifier qu’ils attendent désormais des gestes concrets des Américains dans le même sens.”L’Europe est au rendez-vous, pour la première fois avec ce niveau d’engagement et d’intensité”, avait annoncé mercredi Emmanuel Macron, ajoutant que le travail de “préparation” pour ces garanties était “achevé” et qu’il allait être “endossé politiquement” à la réunion.Les alliés de l’Ukraine attendent maintenant “de voir ce que les Américains souhaitent apporter concernant leur participation”, a relevé le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte.Les Etats-Unis sont représentés à la réunion parisienne par Steve Witkoff, l’émissaire de Donald Trump. Ensuite, le président américain s’entretiendra en visioconférence avec ses homologues à l’issue de leur sommet à 14H00 (12H00 GMT).Emmanuel Macron et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, présent à l’Elysée, donneront ensuite une conférence de presse à 15H00 (13H00 GMT).Le président américain, se disant “très déçu” par son homologue russe Vladimir Poutine, a averti qu’il “se passerait quelque chose” si Moscou ne répondait pas à ses attentes de paix.Les Européens vont lui demander une nouvelle fois d’augmenter la pression sur la Russie qui ne montre aucun “signe”, selon le président ukrainien, de vouloir arrêter les combats, en lui imposant de nouvelles sanctions.Outre Volodymyr Zelensky, sept dirigeants européens, dont le Premier ministre polonais Donald Tusk et la Danoise Mette Frederiksen, sont présents à l’Elysée. Keir Starmer y assiste en distanciel, de même que l’Allemand Friedrich Merz et l’Italienne Giorgia Meloni.La “Coalition des volontaires” rassemble les soutiens militaires de l’Ukraine, pour l’essentiel européens, mais aussi le Canada, l’Australie ou le Japon. Elle est disposée à contribuer au renforcement de l’armée ukrainienne, voire pour certains pays – dont la France, le Royaume-Uni et la Belgique – à déployer des soldats en Ukraine, une fois un cessez-le-feu conclu, pour dissuader la Russie de toute nouvelle agression.- Réserves -Mais certains alliés se sont montrés hésitants dans l’attente de la contribution américaine, que plusieurs pays européens jugent indispensable avant tout engagement de leur part.Jusqu’à un cessez-le-feu, “il n’y aura certainement pas de déploiement de troupes en Ukraine et même après”, a rappelé le chancelier Merz.L’Allemagne entend plutôt contribuer au renforcement de la défense antiaérienne de l’Ukraine et à l’équipement de ses forces terrestres, ont indiqué des sources gouvernementales à l’AFP.La Russie martèle qu’elle n’acceptera aucune “intervention étrangère quelle qu’en soit la forme”, la porte-parole de sa diplomatie Maria Zakharova qualifiant les protections demandées par Kiev de “garanties de danger pour le continent européen”.”Ce n’est pas à eux de décider”, a rétorqué jeudi Mark Rutte au nom de l’Otan, en déplacement à Prague.Donald Trump a promis lors d’une réunion avec six dirigeants européens le 18 août à Washington que les Etats-Unis apporteraient des garanties de sécurité, sans préciser lesquelles.Ce “filet de sécurité” américain, ou “backstop” en anglais, pourrait prendre différentes formes – renseignement, soutien logistique, communications -, le président américain ayant exclu l’envoi de troupes américaines au sol.En attendant, Vladimir Poutine, qui affiche un retour en force sur la scène internationale avec une présence très remarquée mercredi aux côtés du président chinois Xi Jinping et du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un à Pékin, après le sommet d’Anchorage le 15 août avec Donald Trump, multiplie les déclarations offensives.Moscou atteindra ses objectifs en Ukraine par la voie militaire si les négociations avec Kiev échouent, a-t-il averti depuis la Chine, assurant que ses troupes demeuraient “à l’offensive” sur l’ensemble du front.

Ukraine: les Européens “prêts” sur des garanties de sécurité, attendent la contribution de Trump

Les soutiens européens de l’Ukraine se sont réunis jeudi à Paris pour afficher leur détermination à lui fournir des garanties de sécurité et demander à Donald Trump quelle sera la contribution des Etats-Unis, une fois un cessez-le-feu en place.Ce sommet d’environ 35 dirigeants, certains présents à l’Elysée et d’autres en visioconférence, “va nous permettre de finaliser les garanties de sécurité robustes pour l’Ukraine”, a déclaré à l’ouverture des travaux le président français Emmanuel Macron, à la tête de la coalition avec le Premier ministre britannique Keir Starmer.Les Européens vont acter qu’ils sont “prêts” sur l’octroi des ces garanties, pour mieux signifier qu’ils attendent désormais des gestes concrets des Américains dans le même sens.”L’Europe est au rendez-vous, pour la première fois avec ce niveau d’engagement et d’intensité”, avait annoncé mercredi Emmanuel Macron, ajoutant que le travail de “préparation” pour ces garanties était “achevé” et qu’il allait être “endossé politiquement” à la réunion.Les alliés de l’Ukraine attendent maintenant “de voir ce que les Américains souhaitent apporter concernant leur participation”, a relevé le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte.Les Etats-Unis sont représentés à la réunion parisienne par Steve Witkoff, l’émissaire de Donald Trump. Ensuite, le président américain s’entretiendra en visioconférence avec ses homologues à l’issue de leur sommet à 14H00 (12H00 GMT).Emmanuel Macron et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, présent à l’Elysée, donneront ensuite une conférence de presse à 15H00 (13H00 GMT).Le président américain, se disant “très déçu” par son homologue russe Vladimir Poutine, a averti qu’il “se passerait quelque chose” si Moscou ne répondait pas à ses attentes de paix.Les Européens vont lui demander une nouvelle fois d’augmenter la pression sur la Russie qui ne montre aucun “signe”, selon le président ukrainien, de vouloir arrêter les combats, en lui imposant de nouvelles sanctions.Outre Volodymyr Zelensky, sept dirigeants européens, dont le Premier ministre polonais Donald Tusk et la Danoise Mette Frederiksen, sont présents à l’Elysée. Keir Starmer y assiste en distanciel, de même que l’Allemand Friedrich Merz et l’Italienne Giorgia Meloni.La “Coalition des volontaires” rassemble les soutiens militaires de l’Ukraine, pour l’essentiel européens, mais aussi le Canada, l’Australie ou le Japon. Elle est disposée à contribuer au renforcement de l’armée ukrainienne, voire pour certains pays – dont la France, le Royaume-Uni et la Belgique – à déployer des soldats en Ukraine, une fois un cessez-le-feu conclu, pour dissuader la Russie de toute nouvelle agression.- Réserves -Mais certains alliés se sont montrés hésitants dans l’attente de la contribution américaine, que plusieurs pays européens jugent indispensable avant tout engagement de leur part.Jusqu’à un cessez-le-feu, “il n’y aura certainement pas de déploiement de troupes en Ukraine et même après”, a rappelé le chancelier Merz.L’Allemagne entend plutôt contribuer au renforcement de la défense antiaérienne de l’Ukraine et à l’équipement de ses forces terrestres, ont indiqué des sources gouvernementales à l’AFP.La Russie martèle qu’elle n’acceptera aucune “intervention étrangère quelle qu’en soit la forme”, la porte-parole de sa diplomatie Maria Zakharova qualifiant les protections demandées par Kiev de “garanties de danger pour le continent européen”.”Ce n’est pas à eux de décider”, a rétorqué jeudi Mark Rutte au nom de l’Otan, en déplacement à Prague.Donald Trump a promis lors d’une réunion avec six dirigeants européens le 18 août à Washington que les Etats-Unis apporteraient des garanties de sécurité, sans préciser lesquelles.Ce “filet de sécurité” américain, ou “backstop” en anglais, pourrait prendre différentes formes – renseignement, soutien logistique, communications -, le président américain ayant exclu l’envoi de troupes américaines au sol.En attendant, Vladimir Poutine, qui affiche un retour en force sur la scène internationale avec une présence très remarquée mercredi aux côtés du président chinois Xi Jinping et du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un à Pékin, après le sommet d’Anchorage le 15 août avec Donald Trump, multiplie les déclarations offensives.Moscou atteindra ses objectifs en Ukraine par la voie militaire si les négociations avec Kiev échouent, a-t-il averti depuis la Chine, assurant que ses troupes demeuraient “à l’offensive” sur l’ensemble du front.

Haydarpasa, l’adieu aux rails d’une gare mythique d’Istanbul

Pendant près de quarante ans, Senay Kartal a travaillé à Haydarpasa, l’une des plus anciennes gares de Turquie située sur la rive asiatique du Bosphore, dans le grondement des locomotives et l’agitation des passagers.Les voyageurs d’Anatolie arpentaient ses escaliers de marbre, valises en main, s’émerveillant devant ce monument grandiose immortalisé dans de nombreux films et d’où le Taurus Express, prolongement de l’Orient-Express, quittait autrefois Istanbul à destination de Damas et Bagdad.Mais depuis 2013, ses voies sont silencieuses et le ministère turc de la Culture l’a reprise pour la transformer en centre d’art. Pour Senay Kartal, désormais retraitée de 61 ans, le bâtiment néoclassique inauguré en 1908, posé au bord de l’eau, doit rester une gare. “Les gens venant d’Anatolie pouvaient passer la nuit dans les salles d’attente, pas besoin d’hôtel”, se souvient-elle. “C’était un lieu magnifique, plein de mouvement et d’énergie. Cette beauté a disparu”, regrette-t-elle en évoquant l’imposante bâtisse qui a survécu à l’effondrement de l’Empire ottoman, à la Première Guerre mondiale, à des coups d’État et à un incendie qui l’a dévastée en partie fin 2010.- Migrations d’Anatolie -La gare, d’où des Arméniens ont été déportés en 1915, a ensuite vu “affluer les migrants de la Turquie rurale vers Istanbul”, rappelle Ayça Yüksel, sociologue et spécialiste de l’histoire de Haydarpasa.”Elle occupe une place particulière dans la mémoire de ceux qui ont vécu cette migration. Nous les retrouvons dans la littérature, l’art et le cinéma”, souligne-t-elle.Toujours debout, sa façade presque intacte après de longues années de travaux, il ne lui manque que les trains pour lui redonner vie.En 2013, la gare a fermé, d’abord pour être restaurée; puis des fouilles, qui se poursuivent, ont révélé des éléments datant du Ve siècle avant JC.En 2024, la gare a été placée sous le contrôle du ministère de la Culture et la première phase d’un futur Centre culturel et artistique doit être achevée d’ici 2026.Le projet implique de vider le bâtiment, dont une partie du complexe abrite les logements du personnel ferroviaire, sommé de quitter le lieux.”Ce n’est pas seulement un bâtiment, c’est tout pour nous”, objecte Hasan Bektas, conducteur de train et membre de la Plateforme Haydarpasa, collectif d’universitaires, d’urbanistes et d’employés opposés au projet.Pour M. Bektas, l’emplacement, face au Bosphore, aiguise l’appétit des investisseurs.”Leur objectif est toujours le même: faire du profit sur chaque bel endroit. Le dévaloriser puis l’exploiter”, s’emporte-t-il, affirmant que “l’intérêt public n’a jamais été pris en compte”.- “Icône mondiale” -En octobre 2024, le ministre de la Culture Nuri Ersoy s’était pourtant engagé à maintenir la gare en activité. “Il y aura des trains à Haydarpasa et à Sirkeci (son pendant sur la rive européenne), un centre culturel et un jardin public. Mais ni centre commercial ni hôtel”, avait-il promis.Au début des années 2000, des projets audacieux avaient été évoqués: sept gratte-ciel, un “World Trade Center”, un stade olympique… “Personne ne s’est jamais battu pour la conserver dans sa forme originale”, peste Hasan Bektas, pour qui Haydarpasa est pourtant une “icône mondialement connue”.Tous les dimanches depuis 2012, des manifestants se rassemblent près du bâtiment en scandant “Haydarpasa est une gare et doit le rester”.Nehir Güner n’était qu’une enfant quand la gare a fermé mais l’étudiante de 22 ans, qui la contemple depuis le ferry qui l’amène à l’université, a fini par rejoindre les manifestants. “Il est évident que ce projet de centre d’art, c’est juste pour le spectacle, (…) sans objectif derrière”, accuse-t-elle.Pour l’architecte Gül Koksal, Haydarpasa était bien plus qu’une gare, avec ses logements, ses ateliers de réparation et son port. “C’est un joyau, mais il n’a de sens que s’il est préservé et maintenu en vie avec tout ce qui le compose”, appuie-t-elle.

Haydarpasa, l’adieu aux rails d’une gare mythique d’Istanbul

Pendant près de quarante ans, Senay Kartal a travaillé à Haydarpasa, l’une des plus anciennes gares de Turquie située sur la rive asiatique du Bosphore, dans le grondement des locomotives et l’agitation des passagers.Les voyageurs d’Anatolie arpentaient ses escaliers de marbre, valises en main, s’émerveillant devant ce monument grandiose immortalisé dans de nombreux films et d’où le Taurus Express, prolongement de l’Orient-Express, quittait autrefois Istanbul à destination de Damas et Bagdad.Mais depuis 2013, ses voies sont silencieuses et le ministère turc de la Culture l’a reprise pour la transformer en centre d’art. Pour Senay Kartal, désormais retraitée de 61 ans, le bâtiment néoclassique inauguré en 1908, posé au bord de l’eau, doit rester une gare. “Les gens venant d’Anatolie pouvaient passer la nuit dans les salles d’attente, pas besoin d’hôtel”, se souvient-elle. “C’était un lieu magnifique, plein de mouvement et d’énergie. Cette beauté a disparu”, regrette-t-elle en évoquant l’imposante bâtisse qui a survécu à l’effondrement de l’Empire ottoman, à la Première Guerre mondiale, à des coups d’État et à un incendie qui l’a dévastée en partie fin 2010.- Migrations d’Anatolie -La gare, d’où des Arméniens ont été déportés en 1915, a ensuite vu “affluer les migrants de la Turquie rurale vers Istanbul”, rappelle Ayça Yüksel, sociologue et spécialiste de l’histoire de Haydarpasa.”Elle occupe une place particulière dans la mémoire de ceux qui ont vécu cette migration. Nous les retrouvons dans la littérature, l’art et le cinéma”, souligne-t-elle.Toujours debout, sa façade presque intacte après de longues années de travaux, il ne lui manque que les trains pour lui redonner vie.En 2013, la gare a fermé, d’abord pour être restaurée; puis des fouilles, qui se poursuivent, ont révélé des éléments datant du Ve siècle avant JC.En 2024, la gare a été placée sous le contrôle du ministère de la Culture et la première phase d’un futur Centre culturel et artistique doit être achevée d’ici 2026.Le projet implique de vider le bâtiment, dont une partie du complexe abrite les logements du personnel ferroviaire, sommé de quitter le lieux.”Ce n’est pas seulement un bâtiment, c’est tout pour nous”, objecte Hasan Bektas, conducteur de train et membre de la Plateforme Haydarpasa, collectif d’universitaires, d’urbanistes et d’employés opposés au projet.Pour M. Bektas, l’emplacement, face au Bosphore, aiguise l’appétit des investisseurs.”Leur objectif est toujours le même: faire du profit sur chaque bel endroit. Le dévaloriser puis l’exploiter”, s’emporte-t-il, affirmant que “l’intérêt public n’a jamais été pris en compte”.- “Icône mondiale” -En octobre 2024, le ministre de la Culture Nuri Ersoy s’était pourtant engagé à maintenir la gare en activité. “Il y aura des trains à Haydarpasa et à Sirkeci (son pendant sur la rive européenne), un centre culturel et un jardin public. Mais ni centre commercial ni hôtel”, avait-il promis.Au début des années 2000, des projets audacieux avaient été évoqués: sept gratte-ciel, un “World Trade Center”, un stade olympique… “Personne ne s’est jamais battu pour la conserver dans sa forme originale”, peste Hasan Bektas, pour qui Haydarpasa est pourtant une “icône mondialement connue”.Tous les dimanches depuis 2012, des manifestants se rassemblent près du bâtiment en scandant “Haydarpasa est une gare et doit le rester”.Nehir Güner n’était qu’une enfant quand la gare a fermé mais l’étudiante de 22 ans, qui la contemple depuis le ferry qui l’amène à l’université, a fini par rejoindre les manifestants. “Il est évident que ce projet de centre d’art, c’est juste pour le spectacle, (…) sans objectif derrière”, accuse-t-elle.Pour l’architecte Gül Koksal, Haydarpasa était bien plus qu’une gare, avec ses logements, ses ateliers de réparation et son port. “C’est un joyau, mais il n’a de sens que s’il est préservé et maintenu en vie avec tout ce qui le compose”, appuie-t-elle.

Rêves d’amour brisés d’un migrant vénézuélien emprisonné au Salvador

Andry Hernandez a quitté son Venezuela natal pour rejoindre son compagnon aux Etats-Unis. Mais expulsé au nom des lois anti-migrants américaines, il s’est retrouvé dans une prison de haute sécurité du Salvador où il dit avoir subi de multiples sévices.Après quatre mois d’enfermement au Centre de confinement du terrorisme (Cecot), construit par le président Nayib …

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Rêves d’amour brisés d’un migrant vénézuélien emprisonné au Salvador

Andry Hernandez a quitté son Venezuela natal pour rejoindre son compagnon aux Etats-Unis. Mais expulsé au nom des lois anti-migrants américaines, il s’est retrouvé dans une prison de haute sécurité du Salvador où il dit avoir subi de multiples sévices.Après quatre mois d’enfermement au Centre de confinement du terrorisme (Cecot), construit par le président Nayib Bukele pour enfermer les plus dangeureux membres de cartels, il a été libéré avec ses 251 concitoyens. Il est aujourd’hui revenu au point de départ, dans son village, seul.Il avait prévu de rejoindre Paul Diaz, psychologue américain d’origine portoricaine de 49 ans, rencontré en ligne il y a deux ans.Ils projetaient de fonder ensemble une association pour aider les enfants atteints du VIH et du cancer. Le maquilleur-coiffeur espérait une vie meilleure, et se libérer de l’homophobie au Venezuela. Il rêvait aussi de travailler à Hollywood ou dans des concours de beauté.Il assure ne pas avoir renoncé à ses rêves, ni à une vie avec Paul, même s’il n’est plus sûr de leur avenir. Ni du sien.En 2024, comme 300.000 autres Vénézuéliens, il s’était lancé à travers la dangereuse jungle du Darien, entre Colombie et le Darien.Il a traversé l’Amérique centrale, puis la frontière entre Mexique et Etats-Unis, avant d’être arrêté et expulsé vers le Mexique.Il prend alors la voie légale via l’application CPB One, qui permettait aux migrants illégaux –et notamment aux Vénézuéliens– de demander asile aux États-Unis. On lui assigne rendez-vous le 29 août 2024. “J’ai réussi”, se souvient-il avoir pensé en traversant à nouveau la frontière et voyant le drapeau américain.Mais les services de sécurité l’assimilent au gang vénézuélien du Tren de Aragua, classé organisation “terroriste” par Washington, en raison de deux couronnes tatouées sur ses poignets.Il a beau expliquer qu’il n’a jamais été condamné, ni même accusé, et que les couronnes représentent les Rois Mages, rien n’y fait. Il est envoyé dans un centre de détention à Otay Mesa, en Californie, accompagné d’une centaine d’autres personnes, toutes tatouées.”Ce jour-là, j’ai pensé à mes parents, à Paul, à tout ce que j’avais risqué pour ne rien obtenir”, dit-il. Dehors, Paul engage un avocat pour tenter de faire libérer Andry. “Par amour, il s’est sacrifié. Il me disait: +je veux être avec toi, travailler à tes côtés”.- “Petit morceau d’enfer” -Comparé au Cecot, Otay Mesa était “un hôtel de luxe” bien qu’il ne soit pas exempt d’épisodes d’homophobie et d’un cas de harcèlement, raconte-t-il. Mais arrivé au Cecot, suivent quatre mois de coups, d’insultes et de viols. “Je ne suis pas un criminel!”, se souvient-il avoir imploré en vain les gardiens. Ce n’est que le début d’un long calvaire dans ce “petit morceau d’enfer”.Il raconte qu’un jour, accablé par la chaleur, il s’est accroupi pour s’asperger d’eau. “Que fais-tu à te laver en cachette ? Ce n’est pas permis, tu es puni”, lui crie un des gardiens. On l’emmène à l’isolement, dans une cellule de 9 m2, sans lumière ni ventilation, baptisée +l’île+.”Ils m’ont dit +agenouille-toi !+”, se remémore Andry. “J’ai senti que j’avais quatre personnes autour de moi, ils me touchaient, l’un m’a forcé à lui faire une fellation, un autre avec une matraque frottait mes parties intimes”. Il pense que les violences ont duré environ deux heures “interminables”.Andry tente aujourd’hui de surmonter le traumatisme de l’enfer vécu au Cecot.S’il goûte avec bonheur la liberté retrouvée, il pense à son rêve de vie brisé avec Paul.Andry n’exclut pas de tenter de retourner aux États-Unis. “Si on me permet d’entrer, oui j’irai”, affirme-t-il, bien que pour l’instant, les amoureux entendent se retrouver en Colombie.

Rêves d’amour brisés d’un migrant vénézuélien emprisonné au Salvador

Andry Hernandez a quitté son Venezuela natal pour rejoindre son compagnon aux Etats-Unis. Mais expulsé au nom des lois anti-migrants américaines, il s’est retrouvé dans une prison de haute sécurité du Salvador où il dit avoir subi de multiples sévices.Après quatre mois d’enfermement au Centre de confinement du terrorisme (Cecot), construit par le président Nayib Bukele pour enfermer les plus dangeureux membres de cartels, il a été libéré avec ses 251 concitoyens. Il est aujourd’hui revenu au point de départ, dans son village, seul.Il avait prévu de rejoindre Paul Diaz, psychologue américain d’origine portoricaine de 49 ans, rencontré en ligne il y a deux ans.Ils projetaient de fonder ensemble une association pour aider les enfants atteints du VIH et du cancer. Le maquilleur-coiffeur espérait une vie meilleure, et se libérer de l’homophobie au Venezuela. Il rêvait aussi de travailler à Hollywood ou dans des concours de beauté.Il assure ne pas avoir renoncé à ses rêves, ni à une vie avec Paul, même s’il n’est plus sûr de leur avenir. Ni du sien.En 2024, comme 300.000 autres Vénézuéliens, il s’était lancé à travers la dangereuse jungle du Darien, entre Colombie et le Darien.Il a traversé l’Amérique centrale, puis la frontière entre Mexique et Etats-Unis, avant d’être arrêté et expulsé vers le Mexique.Il prend alors la voie légale via l’application CPB One, qui permettait aux migrants illégaux –et notamment aux Vénézuéliens– de demander asile aux États-Unis. On lui assigne rendez-vous le 29 août 2024. “J’ai réussi”, se souvient-il avoir pensé en traversant à nouveau la frontière et voyant le drapeau américain.Mais les services de sécurité l’assimilent au gang vénézuélien du Tren de Aragua, classé organisation “terroriste” par Washington, en raison de deux couronnes tatouées sur ses poignets.Il a beau expliquer qu’il n’a jamais été condamné, ni même accusé, et que les couronnes représentent les Rois Mages, rien n’y fait. Il est envoyé dans un centre de détention à Otay Mesa, en Californie, accompagné d’une centaine d’autres personnes, toutes tatouées.”Ce jour-là, j’ai pensé à mes parents, à Paul, à tout ce que j’avais risqué pour ne rien obtenir”, dit-il. Dehors, Paul engage un avocat pour tenter de faire libérer Andry. “Par amour, il s’est sacrifié. Il me disait: +je veux être avec toi, travailler à tes côtés”.- “Petit morceau d’enfer” -Comparé au Cecot, Otay Mesa était “un hôtel de luxe” bien qu’il ne soit pas exempt d’épisodes d’homophobie et d’un cas de harcèlement, raconte-t-il. Mais arrivé au Cecot, suivent quatre mois de coups, d’insultes et de viols. “Je ne suis pas un criminel!”, se souvient-il avoir imploré en vain les gardiens. Ce n’est que le début d’un long calvaire dans ce “petit morceau d’enfer”.Il raconte qu’un jour, accablé par la chaleur, il s’est accroupi pour s’asperger d’eau. “Que fais-tu à te laver en cachette ? Ce n’est pas permis, tu es puni”, lui crie un des gardiens. On l’emmène à l’isolement, dans une cellule de 9 m2, sans lumière ni ventilation, baptisée +l’île+.”Ils m’ont dit +agenouille-toi !+”, se remémore Andry. “J’ai senti que j’avais quatre personnes autour de moi, ils me touchaient, l’un m’a forcé à lui faire une fellation, un autre avec une matraque frottait mes parties intimes”. Il pense que les violences ont duré environ deux heures “interminables”.Andry tente aujourd’hui de surmonter le traumatisme de l’enfer vécu au Cecot.S’il goûte avec bonheur la liberté retrouvée, il pense à son rêve de vie brisé avec Paul.Andry n’exclut pas de tenter de retourner aux États-Unis. “Si on me permet d’entrer, oui j’irai”, affirme-t-il, bien que pour l’instant, les amoureux entendent se retrouver en Colombie.