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Des “grands-parents” rescapés des inondations au Mexique, symbole d’espoir

Accrochés l’un à l’autre pour s’accrocher à la vie: la vidéo d’un couple de personnes âgées qui s’enlace sur le toit de leur maison submergée s’est muée en un symbole d’espoir face aux inondations mortelles qui ont dévasté le Mexique. “Accroche-toi à mon cou pour pouvoir sortir”, a soufflé Hilario Reynosa à sa femme, Elodia Reyes, lorsque, jeudi soir, ils ont vu l’eau monter depuis leur maison de Poza Rica, dans l’Etat de Veracruz, à la suite les violentes pluies qui ont frappé l’est et le centre du Mexique la semaine dernière. Les Etats de Veracruz, Puebla et Hidalgo concentrent la majorité des dizaines de décès causés par les glissements de terrain et débordements de rivières. Pour le couple, impossible de sortir de leur maison, car la porte était bloquée par de lourds meubles charriés par la crue: leur toit était alors leur seul refuge.”Ma femme s’est agrippée à mon cou et nous sommes sortis (par l’autre côté) et là, nous nous sommes accrochés, nous avons passé la nuit là, et elle n’arrêtait pas de crier +Au secours, au secours!+”, raconte le rescapé à l’AFP.C’est ainsi que l’étreinte des “grands-parents”, comme les ont baptisés les réseaux sociaux, a été immortalisée dans une courte vidéo où on les voit enlacés avec de l’eau jusqu’aux hanches, sur la structure étroite de leur maison.Puis une personne en barque “est venue nous secourir et nous a emmenés chez elle”, raconte Elodia d’une voix timide. “Elle nous a hébergés et nourris. Quelle femme formidable!””Il y a parfois des gens dont on ne sait rien, mais qui ont bon cœur. C’est beau”, abonde son époux en souriant.Leur maison a été complètement détruite par les eaux et ils vivent désormais chez un voisin. Leurs visages portent encore les traces de cette épopée. Leurs corps aussi: Hilario remonte son short jusqu’aux cuisses pour montrer les nombreux bleus qui les constellent depuis ce jour-là. “L’eau passait fort, comme ça”, illustre le vieil homme, qui a eu peur que le courant n’emporte son épouse. “Il sait nager, pas moi”, explique Elodia. Fièrement, l’homme raconte que grâce à son passé de pêcheur et de maçon, il a développé la force physique pour supporter pendant des heures les assauts de la rivière déchaînée. Mais le plus important, c’était que “nos deux vies” soient sauves, souligne Hilario, qui demande à présent de l’aide pour reconstruire leur maison.

Gaza: Israël menace de reprendre les combats si le Hamas ne rend pas toutes les dépouilles d’otages

Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé mercredi soir que son pays reprendrait les combats dans la bande de Gaza si le Hamas ne respectait pas l’accord de cessez-le-feu, estimant que celui-ci n’avait pas rendu toutes les dépouilles d’otages.”Si le Hamas refuse de respecter l’accord, Israël, en coordination avec les Etats‑Unis, reprendra les combats et agira pour une défaite totale” du mouvement, indique un communiqué de son bureau.Le Hamas avait affirmé plus tôt avoir remis à Israël toutes les dépouilles d’otages auxquelles il avait pu accéder.Le mouvement islamiste palestinien continue de nous dire qu’il compte “honorer l’accord” sur Gaza et rendre les corps des otages décédés, a dit à des journalistes mercredi un haut responsable américain, sous le couvert de l’anonymat.Aux termes de l’accord du cessez-le-feu conclu entre le Hamas et Israël sur la base du plan du président américain Donald Trump, Hamas devait remettre à tous les otages encore détenus à Gaza, les vivants et les morts, dans les 72 heures suivant la cessation des hostilités, soit au plus tard à 09H00 GMT lundi.Le mouvement palestinien a bien libéré dans les temps les 20 otages vivants, mais il n’a pour l’instant remis que neuf dépouilles de captifs sur les 28 retenues à Gaza: quatre lundi soir, trois mardi et deux mercredi. “Nous avons rempli notre engagement au titre de l’accord en remettant tous les prisonniers israéliens vivants, ainsi que les corps auxquels nous avons pu accéder”, a assuré le Hamas. “Quant aux dépouilles restantes, leur récupération et extraction nécessitent des efforts considérables et un équipement spécial.”En échange du retour mardi des dépouilles de trois captifs, Israël a remis à Gaza 45 dépouilles de Palestiniens. – “Accès totalement libre” -Accusant le Hamas de jouer la montre et de violer l’accord de cessez-le-feu, Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité intérieure et figure de l’extrême droite israélienne, a de nouveau appelé mercredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu à couper totalement l’aide humanitaire pour Gaza.Plus tôt, la radio-télévision publique israélienne KAN avait présenté comme imminente la réouverture du passage de Rafah entre l’Egypte et Gaza, crucial pour l’afflux de l’aide humanitaire qui attend du côté égyptien. Mais il est resté fermé jusque-là.L’ONU a exhorté Israël à ouvrir “immédiatement” tous les accès de la bande de Gaza à l’aide humanitaire.”Nous voulons que tous (les) points de passage soient ouverts et que l’accès soit totalement libre”, a déclaré à l’AFP au Caire Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires de l’ONU.”Nous voulons que cela se fasse maintenant, dans le cadre de l’accord” de cessez-le-feu, a dit M. Fletcher, soulignant “l’urgence totale” de la situation et la nécessité de “livrer de l’aide à grande échelle.”Fin août, l’ONU a déclaré une famine dans plusieurs zones de Gaza, ce que conteste Israël.- “Il ne reste plus rien” -Israël autorise actuellement l’acheminement de l’aide humanitaire essentiellement via le passage de Kerem Shalom (sud), mais les organisations humanitaires se plaignent des lenteurs administratives et des contrôles de sécurité.Selon l’ONU et l’Organisation mondiale de la Santé, Israël a permis ces derniers jours l’entrée d’aide humanitaire et médicale, notamment de gaz de cuisine, pour la première fois depuis mars, ainsi que des tentes supplémentaires pour les déplacés, des fruits frais, de la viande congelée, de la farine ou des médicaments.Dans la bande de Gaza, des habitants affamés interceptent régulièrement les camions d’aide pour voler et stocker de la nourriture, ce qui empêche une distribution ordonnée vers les communautés les plus touchées, selon une source humanitaire.De retour dans les ruines de leurs maisons à Gaza-ville, plusieurs habitants installent des tentes ou des abris de fortune au milieu des décombres, selon des images de l’AFP.”Nous sommes jetés à la rue. Il n’y a pas d’eau, pas de nourriture, pas d’électricité. Rien. Toute la ville de Gaza a été réduite en cendres”, déclare Mustafa Mahram.”Il ne reste plus rien à Gaza-ville. Ni arbres, ni bâtiments, ni être humains, ni vie. Juste des destructions”, dit un autre Palestinien, Youssef Jodah.En riposte à une attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, l’armée israélienne a mené une offensive qui a ravagé la bande de Gaza, provoqué un désastre humanitaire et fait des dizaines de milliers de morts.  L’attaque du Hamas a entraîné, du côté israélien, la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un nouveau bilan établi par l’AFP à partir de données officielles, après l’identification de deux dépouilles d’otages.Dans la bande de Gaza, la campagne de représailles israélienne a fait 67.938 morts, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l’ONU.

Trump “envisage” des frappes au Venezuela, Maduro refuse “les coups d’Etat de la CIA”

Le président américain Donald Trump a assuré mercredi “envisager” des frappes terrestres au Venezuela, après avoir opéré des attaques contre des bateaux de narcotrafiquants présumés, quand son homologue vénézuélien Nicolas Maduro a condamné “les coups d’Etat fomentés par la CIA”.Washington accuse le président vénézuélien et son gouvernement d’être à la tête d’une vaste organisation de trafic de drogue vers les États-Unis, ce que Caracas dément vigoureusement et, en réponse au déploiement américain considéré comme une “menace militaire”, le pays a lancé des exercices militaires et la mobilisation de réservistes. L’administration Trump a dernièrement frappé en mer au moins cinq embarcations présentées comme étant celles de narcotrafiquants dans les eaux internationales, pour un bilan d’au moins 27 morts, après avoir déployé en août huit navires de guerre et un sous-marin à propulsion nucléaire au large des côtes du Venezuela, officiellement dans le cadre d’une opération antidrogue. “Je ne veux pas vous en dire plus, mais nous regardons du côté du sol à présent, car nous contrôlons très bien la mer”, a répondu Donald Trump à une question d’un journaliste portant sur de potentielles frappes terrestres. Il s’est toutefois refusé à confirmer les informations du New York Times selon lesquelles il aurait secrètement autorisé la CIA à mener des opérations clandestines au Venezuela contre le gouvernement du président Nicolas Maduro.- Manœuvres militaires – Lorsqu’on lui a demandé s’il avait donné à la CIA l’autorisation de “neutraliser” le dirigeant vénézuélien, Donald Trump a répondu : “C’est une question ridicule qu’on me pose là. Enfin, ce n’est pas vraiment une question ridicule, mais ne serait-ce pas ridicule de ma part d’y répondre?”, a-t-il dit.”Non à la guerre dans les Caraïbes (…)”, a lancé de son côté, Nicolas Maduro mercredi soir. “Non au changement de régime qui nous rappelle tant les guerres éternelles ratées d’Afghanistan, d’Iran, d’Irak (…). Non aux coups d’État fomentés par la CIA.”Des coups “qui nous rappellent les 30.000 disparus causés par la CIA lors des coups d’État en Argentine. Le coup d’État de Pinochet et les 5.000 jeunes assassinés et disparus. Jusqu’à quand les coups d’État de la CIA? L’Amérique latine ne les veut pas, n’en a pas besoin et les rejette”, a-t-il encore accusé devant le Conseil national pour la souveraineté et la paix, organe créé en septembre spécialement pour cette crise.Il avait auparavant dans journée poursuivi un programme de manœuvres militaires à travers le pays, faisant notamment déployer des forces dans Petare et Catia, les deux plus grands quartiers populaires de Caracas.Dans ce cadre, il a ordonné mercredi des manoeuvres militaires à la frontière avec la Colombie, dans les États de Tachira, Apure et Amazonas.C’est justement par cette zone très poreuse que transite une partie de la cocaïne colombienne, premier producteur mondial. Elle fait partie des cibles possibles évoquées par des sources proches de la Maison Blanche.”Nous allons activer toute la force militaire de défense intégrale, populaire, policière”, a annoncé M. Maduro dans un message audio sur Telegram.Cette mobilisation vise à “gagner la paix” en défendant “les montagnes, les côtes, les écoles, les hôpitaux, les usines, les marchés” du pays, a encore déclaré le chef de l’État. Pour Nicolas Maduro, Washington utilise le trafic de drogue comme prétexte “pour imposer un changement de régime” et s’emparer des importantes réserves de pétrole du pays.

Gaza: Israël menace de reprendre les combats si le Hamas ne rend pas toutes les dépouilles d’otages

Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a affirmé mercredi soir qu’Israël reprendrait les combats dans la bande de Gaza si le Hamas ne respectait pas l’accord de cessez-le-feu, estimant que celui-ci n’avait pas rendu toutes les dépouilles d’otages.”Si le Hamas refuse de respecter l’accord, Israël, en coordination avec les Etats‑Unis, reprendra les combats et agira pour une défaite totale du Hamas”, indique un communiqué de son bureau.Le Hamas avait affirmé plus tôt avoir remis à Israël toutes les dépouilles d’otages auxquelles il avait pu accéder.Aux termes de l’accord du cessez-le-feu conclu entre le mouvement islamiste palestinien Hamas et Israël sur la base du plan du président américain Donald Trump, Hamas devait remettre à tous les otages encore détenus à Gaza, les vivants et les morts, dans les 72 heures suivant la cessation des hostilités, soit au plus tard à 09H00 GMT lundi.Le mouvement palestinien a bien libéré dans les temps les 20 otages vivants, mais il n’a pour l’instant remis que neuf dépouilles de captifs sur les 28 retenues à Gaza: quatre lundi soir, trois mardi et deux mercredi. “Nous avons rempli notre engagement au titre de l’accord en remettant tous les prisonniers israéliens vivants, ainsi que les corps auxquels nous avons pu accéder”, a assuré le Hamas. “Quant aux dépouilles restantes, leur récupération et extraction nécessitent des efforts considérables et un équipement spécial.”En échange du retour mardi des dépouilles de trois captifs, Israël a remis à Gaza 45 dépouilles de Palestiniens. – “Accès totalement libre” -Accusant le Hamas de jouer la montre et de violer l’accord de cessez-le-feu, Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité intérieure et figure de l’extrême droite israélienne, a de nouveau appelé mercredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu à couper totalement l’aide humanitaire pour Gaza.Plus tôt, la radio-télévision publique israélienne KAN avait présenté comme imminente la réouverture du passage de Rafah entre l’Egypte et Gaza, crucial pour l’afflux de l’aide humanitaire qui attend du côté égyptien. Mais il est resté fermé jusque-là.L’ONU a exhorté Israël à ouvrir “immédiatement” tous les accès de la bande de Gaza à l’aide humanitaire.”Nous voulons que tous (les) points de passage soient ouverts et que l’accès soit totalement libre”, a déclaré à l’AFP au Caire Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires de l’ONU.”Nous voulons que cela se fasse maintenant, dans le cadre de l’accord” de cessez-le-feu, a dit M. Fletcher, soulignant “l’urgence totale” de la situation et la nécessité de “livrer de l’aide à grande échelle.”Fin août, l’ONU a déclaré une famine dans plusieurs zones de Gaza, ce que conteste Israël.- “Il ne reste plus rien” -Israël autorise actuellement l’acheminement de l’aide humanitaire essentiellement via le passage de Kerem Shalom (sud d’Israël), mais les organisations humanitaires se plaignent des lenteurs administratives et des contrôles de sécurité.Selon l’ONU et l’Organisation mondiale de la Santé, Israël a permis ces derniers jours l’entrée d’aide humanitaire et médicale, notamment de gaz de cuisine, pour la première fois depuis mars, ainsi que des tentes supplémentaires pour les déplacés, des fruits frais, de la viande congelée, de la farine ou des médicaments.Dans la bande de Gaza, des habitants affamés interceptent régulièrement les camions d’aide pour voler et stocker de la nourriture, ce qui empêche une distribution ordonnée vers les communautés les plus touchées, selon une source humanitaire.De retour dans les ruines de leurs maisons à Gaza-ville, plusieurs habitants installent des tentes ou des abris de fortune au milieu des décombres, selon des images de l’AFP.”Nous sommes jetés à la rue. Il n’y a pas d’eau, pas de nourriture, pas d’électricité. Rien. Toute la ville de Gaza a été réduite en cendres”, déclare Mustafa Mahram.”Il ne reste plus rien à Gaza-ville. Ni arbres, ni bâtiments, ni être humains, ni vie. Juste des destructions”, dit un autre Palestinien, Youssef Jodah.En riposte à une attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, l’armée israélienne a mené une offensive qui a ravagé la bande de Gaza, provoqué un désastre humanitaire et fait des dizaines de milliers de morts.  L’attaque du Hamas a entraîné, du côté israélien, la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un nouveau bilan établi par l’AFP à partir de données officielles, après l’identification de deux dépouilles d’otages.Dans la bande de Gaza, la campagne de représailles israélienne a fait 67.938 morts, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l’ONU.

Le Kenya en deuil après le décès du chef de l’opposition Raila Odinga

Le chef de l’opposition kényane Raila Odinga est décédé mercredi à 80 ans dans le sud de l’Inde après un malaise, endeuillant le pays d’Afrique de l’Est et suscitant un séisme politique alors que se profile l’élection présidentielle de 2027. Des rassemblements et scènes de deuil ont éclaté à travers le Kenya qui a rendu hommage à son opposant historique, cinq fois candidat malheureux à la présidentielle, notamment en 2022. “Baba” (“papa” en swahili, son surnom) a été Premier ministre de 2008 à 2013. La disparition de cette figure incontournable de la communauté Luo, l’une des plus importantes du pays, laisse un grand vide dans l’opposition kényane.Le président William Ruto, qui a décrété sept jours de deuil national, est arrivé dans la matinée au domicile familial de M. Odinga à Nairobi, où une foule de partisans s’étaient rassemblés, effondrés, des femmes en larmes criant “Baba”, d’autres agitant des branches selon une tradition funéraire luo.Dans une allocation à la Nation en début d’après-midi depuis le palais présidentiel, le chef de l’Etat, qui avait battu de peu M. Odinga lors de la dernière présidentielle de 2022, a rendu hommage à “l’un des plus grands hommes d’État du Kenya et l’un des plus grands fils de l’Afrique”.L’ancien Premier ministre kényan est mort en Inde. Selon la police locale, il marchait avec sa sœur, sa fille et son médecin lors d’une promenade matinale “lorsqu’il s’est soudainement effondré” et a été conduit dans un hôpital où il a été déclaré mort. Son frère a indiqué plus tard qu’il était probablement mort d’une crise cardiaque, selon l’autopsie. Son corps devrait être rapatrié au Kenya jeudi et des funérailles d’Etat seront organisées dimanche, avec différents hommages dans les prochains jours.Tous les magasins étaient fermés dans le bidonville de Kibera à Nairobi, un bastion de M. Odinga, et des personnes en deuil bloquaient les routes dans de nombreuses zones, dont son État d’origine, Kisumu (Ouest).”C’est un mercredi sombre pour le Kenya, et pour le monde entier”, a déclaré depuis le bastion de M. Odinga à Kisumu (ouest) Pablo Gila, leader de la jeunesse du parti de l’opposant. “Nous pleurons la mort d’une personne qui a combattu pour toutes les luttes politiques que nous avons menées dans ce pays”, a-t-il ajouté auprès de l’AFP.Né le 7 janvier 1945, Raila Odinga était issu d’une dynastie politique. Son père Jaramogi Oginga Odinga fut le grand perdant de la lutte pour le pouvoir après l’indépendance du Kenya en 1963, au profit du premier président Jomo Kenyatta.Cette figure de l’opposition kényane a plusieurs fois été emprisonnée pour avoir combattu le régime à parti unique ou contraint à l’exil sous la présidence autocratique de Daniel Arap Moi (1978-2002).  En 2007, sa contestation de la victoire de Mwai Kibaki dégénère en sanglantes violences ethniques, faisant plus de 1.100 morts et des centaines de milliers de déplacés.- Influent -Opposant à William Ruto, à l’origine de rassemblements contre la politique économique du gouvernement en 2024, il s’était depuis plusieurs mois rapproché du président, qui l’avait d’ailleurs soutenu en février pour le poste de président de la Commission de l’Union africaine, élection également perdue. Un peu moins de deux ans avant la présidentielle, le Kenya “perd l’un de ses acteurs politiques les plus influents. Un grand homme qui a accompli de grandes choses”, laissant le pays sur une voie incertaine, a déclaré l’analyste politique Barrack Muluka.”Il jouissait d’une large audience nationale. On ne peut en dire autant de personne d’autre”, a-t-il ajouté à l’AFP.Puisque M. Odinga a mené presque seul l’alliance politique avec M. Ruto, qui l’avait battu lors du scrutin de 2022, celle-ci est désormais “morte et enterrée”, a-t-il aussi estimé. – “Panafricaniste” -Réputé pour ses talents d’orateur, M. Odinga avait cependant vu son charisme s’éteindre quelque peu avec l’âge. Son décès suscite une vive émotion au Kenya et dans le reste de la région où de nombreux dirigeants, ainsi que l’Union africaine, ont rendu hommage au leader “panafricaniste” et “visionnaire”.Martha Karua, qui avait participé comme colistière à la campagne de M. Odinga en 2022 et est d’ores et déjà aussi candidate à la présidentielle de 2027, a salué dans un communiqué “un camarade inébranlable dans la lutte pour la seconde libération”.Le Premier ministre indien Narendra Modi a déclaré sur X que M. Odinga était “un homme d’État imposant et un ami chéri de l’Inde”.burs-jcp/dth

Le Kenya en deuil après le décès du chef de l’opposition Raila Odinga

Le chef de l’opposition kényane Raila Odinga est décédé mercredi à 80 ans dans le sud de l’Inde après un malaise, endeuillant le pays d’Afrique de l’Est et suscitant un séisme politique alors que se profile l’élection présidentielle de 2027. Des rassemblements et scènes de deuil ont éclaté à travers le Kenya qui a rendu hommage à son opposant historique, cinq fois candidat malheureux à la présidentielle, notamment en 2022. “Baba” (“papa” en swahili, son surnom) a été Premier ministre de 2008 à 2013. La disparition de cette figure incontournable de la communauté Luo, l’une des plus importantes du pays, laisse un grand vide dans l’opposition kényane.Le président William Ruto, qui a décrété sept jours de deuil national, est arrivé dans la matinée au domicile familial de M. Odinga à Nairobi, où une foule de partisans s’étaient rassemblés, effondrés, des femmes en larmes criant “Baba”, d’autres agitant des branches selon une tradition funéraire luo.Dans une allocation à la Nation en début d’après-midi depuis le palais présidentiel, le chef de l’Etat, qui avait battu de peu M. Odinga lors de la dernière présidentielle de 2022, a rendu hommage à “l’un des plus grands hommes d’État du Kenya et l’un des plus grands fils de l’Afrique”.L’ancien Premier ministre kényan est mort en Inde. Selon la police locale, il marchait avec sa sœur, sa fille et son médecin lors d’une promenade matinale “lorsqu’il s’est soudainement effondré” et a été conduit dans un hôpital où il a été déclaré mort. Son frère a indiqué plus tard qu’il était probablement mort d’une crise cardiaque, selon l’autopsie. Son corps devrait être rapatrié au Kenya jeudi et des funérailles d’Etat seront organisées dimanche, avec différents hommages dans les prochains jours.Tous les magasins étaient fermés dans le bidonville de Kibera à Nairobi, un bastion de M. Odinga, et des personnes en deuil bloquaient les routes dans de nombreuses zones, dont son État d’origine, Kisumu (Ouest).”C’est un mercredi sombre pour le Kenya, et pour le monde entier”, a déclaré depuis le bastion de M. Odinga à Kisumu (ouest) Pablo Gila, leader de la jeunesse du parti de l’opposant. “Nous pleurons la mort d’une personne qui a combattu pour toutes les luttes politiques que nous avons menées dans ce pays”, a-t-il ajouté auprès de l’AFP.Né le 7 janvier 1945, Raila Odinga était issu d’une dynastie politique. Son père Jaramogi Oginga Odinga fut le grand perdant de la lutte pour le pouvoir après l’indépendance du Kenya en 1963, au profit du premier président Jomo Kenyatta.Cette figure de l’opposition kényane a plusieurs fois été emprisonnée pour avoir combattu le régime à parti unique ou contraint à l’exil sous la présidence autocratique de Daniel Arap Moi (1978-2002).  En 2007, sa contestation de la victoire de Mwai Kibaki dégénère en sanglantes violences ethniques, faisant plus de 1.100 morts et des centaines de milliers de déplacés.- Influent -Opposant à William Ruto, à l’origine de rassemblements contre la politique économique du gouvernement en 2024, il s’était depuis plusieurs mois rapproché du président, qui l’avait d’ailleurs soutenu en février pour le poste de président de la Commission de l’Union africaine, élection également perdue. Un peu moins de deux ans avant la présidentielle, le Kenya “perd l’un de ses acteurs politiques les plus influents. Un grand homme qui a accompli de grandes choses”, laissant le pays sur une voie incertaine, a déclaré l’analyste politique Barrack Muluka.”Il jouissait d’une large audience nationale. On ne peut en dire autant de personne d’autre”, a-t-il ajouté à l’AFP.Puisque M. Odinga a mené presque seul l’alliance politique avec M. Ruto, qui l’avait battu lors du scrutin de 2022, celle-ci est désormais “morte et enterrée”, a-t-il aussi estimé. – “Panafricaniste” -Réputé pour ses talents d’orateur, M. Odinga avait cependant vu son charisme s’éteindre quelque peu avec l’âge. Son décès suscite une vive émotion au Kenya et dans le reste de la région où de nombreux dirigeants, ainsi que l’Union africaine, ont rendu hommage au leader “panafricaniste” et “visionnaire”.Martha Karua, qui avait participé comme colistière à la campagne de M. Odinga en 2022 et est d’ores et déjà aussi candidate à la présidentielle de 2027, a salué dans un communiqué “un camarade inébranlable dans la lutte pour la seconde libération”.Le Premier ministre indien Narendra Modi a déclaré sur X que M. Odinga était “un homme d’État imposant et un ami chéri de l’Inde”.burs-jcp/dth

“Le crime parfait attendra”: 30 ans de réclusion requis contre Cédric Jubillar

Les avocats généraux du procès de Cédric Jubillar ont requis mercredi 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Delphine, après avoir tous deux conclu à sa culpabilité, l’un retraçant le cheminement de l’enquête, l’autre partant de l’hypothèse de l’innocence de l’accusé pour en démontrer l’incohérence.”Le crime parfait attendra, le crime parfait, ce n’est pas le crime sans cadavre mais celui pour lequel on n’est pas condamné, et vous allez être condamné M. Jubillar”, a lancé l’avocat général Pierre Aurignac à l’accusé, resté sans réaction, au terme de quatre heures de réquisitoire des deux représentants du ministère public devant la cour d’assises du Tarn.M. Aurignac a également indiqué qu’il allait requérir le retrait de l’autorité parentale au peintre-plaquiste de 38 ans, lors de l’audience civile à venir.Critiquant une défense “tombée dans les travers” qu’elle dénonçait, à savoir un “battage médiatique féroce”, tout comme son obsession d’un “complot” contre leur client, l’avocat général a affirmé vouloir suivre leur logique en prenant pour hypothèse de départ l’innocence de Cédric Jubillar, qui nie avoir tué sa femme. Mais, au terme d’un long développement reprenant une nouvelle fois tous les éléments du dossier, M. Aurignac a conclu: “Pour défendre l’idée de l’innocence de M. Jubillar, il faut écarter quatre experts, faire taire 19 témoins et tuer le chien pisteur” qui a permis d’établir que l’infirmière de 33 ans n’a pas quitté son domicile vivante, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. “On a beau prendre ce dossier par tous les bouts, on arrive au même résultat: la culpabilité”, a-t-il martelé.- “Abandon et violence” -Le chef du pôle des affaires criminelles du parquet général de Toulouse n’a pas nié les souffrances du parcours de l’accusé, son enfance chaotique, “son passé d’abandon et de violence”, mais il a aussi décrit ce type “imbuvable, arrogant et vulgaire”, qui “fanfaronne” sur son crime auprès de ses codétenus et de ses nouvelles compagnes.D’un côté, Cédric, de l’autre, Jubillar, les deux faces de cette personnalité se livrant depuis quatre ans et demi à un “gigantesque combat pour maintenir une stabilité psychique” face au crime commis.”Beaucoup attendaient des réponses à ce procès, les attentes seront déçues. Il ne rendra jamais le corps de Delphine, elle est à lui pour l’éternité”, a déploré M. Aurignac, avant de requérir la peine.”Il est coupable”, avait auparavant martelé Nicolas Ruff, l’autre avocat général du dossier. “Je prononce ces mots qui accusent, en en assumant pleinement les conséquences et en espérant vous convaincre de condamner Cédric Jubillar.”- “Aucun doute” -“Au bout du chemin, je n’ai aucun doute sur le fait que Delphine Aussaguel est morte” le soir du 15 décembre 2020, “je n’ai aucun doute sur le fait que c’est Cédric Jubillar qui l’a tuée”, a-t-il affirmé.M. Ruff a appelé les jurés à ne pas rendre une “justice des on-dit”, une “justice des certitudes fainéantes”, dans un dossier qui a connu “le pire de ce que peut être la médiatisation”, son collègue Pierre Aurignac y ayant d’ailleurs vu des similitudes avec les dérives journalistiques d’un autre dossier historique, celui du petit Grégory.Reprenant le leitmotiv qui a guidé la défense, à savoir celui d’un “dossier vide”, il a égrené les principaux éléments de l’enquête, les précédant de la formule: “Dire que ce dossier est vide, c’est ne pas voir” les lunettes brisées de la disparue, les cris d’effroi entendus par les voisines, le témoignage de son fils Louis, le téléphone éteint de l’accusé, la voiture garée dans un sens démontrant qu’elle a été utilisée dans la nuit.Laurent de Caunes, l’un des avocats des frères et soeur de Delphine, a salué devant la presse “deux réquisitoires complémentaires et redoutables” où “rien n’a été laissé de côté”.”L’exposé a été fait d’un dossier qui contient énormément d’éléments à charge, contrairement à ce qui a été dit urbi et orbi dans la préparation médiatique de cette instance criminelle”, a-t-il poursuivi.”Trente ans, c’est adapté par rapport à la gravité des faits. On a une disparue, un corps qui n’a pas été retrouvé, et un accusé qui ne se remet pas en question”, a estimé auprès de l’AFP Me Malika Chmani, qui représente les intérêts des enfants du couple, Louis et Elyah.Silencieuse depuis vendredi, au début de l’interrogatoire récapitulatif de leur client, la défense s’exprimera jeudi. Verdict attendu vendredi.

Madagascar: fête lucide et cour auprès du militaire en passe d’être investi président

Madagascar se préparait mercredi à une nouvelle ère de régime militaire: le commandant de l’unité ayant pris le pouvoir la veille a annoncé qu’il serait investi président vendredi après le vote de destitution visant Andry Rajoelina, le président contesté une vingtaine de jours dans la rue.Le colonel Michael Randrianirina, déjà président de fait de ce pays parmi les plus pauvres et corrompus de la planète, “prêtera serment en qualité de Président de la Refondation de la République de Madagascar” vendredi, indique un communiqué signé de sa main et diffusé par la télévision publique.”Ce n’était pas un coup d’Etat, c’était une prise de responsabilité parce que le pays est tombé au bord du gouffre”, s’est-il défendu auparavant lors d’un entretien à plusieurs chaînes TV malgaches. Un comité d’officiers de l’armée, de la gendarmerie et de la police doit superviser une refonte des institutions, selon son annonce de la veille.Les équipes d’Andry Rajoelina ont quitté mardi soir le véritable palais présidentiel d’Iavoloha, après l’arrêt de la Haute cour constitutionnelle déclarant la présidence vacante et invitant le colonel Randrianirina à incarner la fonction de chef de l’Etat, a appris l’AFP auprès de l’entourage du président déchu.Paradoxalement, Antananarivo s’est démilitarisée depuis que le contingent militaire du Capsat a pris le pouvoir mardi des mains d’Andry Rajoelina, qui se dit réfugié dans un “lieu sûr” et que des médias disent en fuite à l’étranger.La vie quotidienne a retrouvé son cours dans la capitale malgache où les nombreux barrages quadrillant la ville depuis le début des manifestations, le 25 septembre, ont disparu.Et sur la place du 13-mai, les véhicules blindés ont laissé place à une scène où s’est produit la vedette locale Thiera Kougar. Les duels de danse entre deux gorgées de boissons enivrantes ont remplacé les va-et-vient de pick-ups bondés de militaires.”C’est pour célébrer le mouvement que la Gen Z a commencé. Ils ont gagné le droit de s’exprimer parce qu’avant on se faisait arrêter”, Fenitra Razafindramanga, 26 ans, capitaine de l’équipe de rugby de Madagascar parmi les quelques centaines de fêtards.Au moins 22 personnes ont été tuées et une centaine blessée, d’après l’ONU, dans les manifestations lancées par le collectif de jeunes Gen Z pour dénoncer les coupures d’eau et d’électricité avant de tourner à la contestation généralisée des dirigeants malgaches. “On s’inquiète de la suite mais on savoure ce premier combat gagné qui nous a donné de l’espoir. Mais on continuera de se battre quand même”, prévient, chapeau de paille aux couleurs du logo Gen Z sur la tête, Fenitra Razafindramanga, manifestante des semaines passées.Sa préoccupation rejoint celle plus nettement exprimée par les instances internationales. En particulier l’Union africaine qui a “suspendu avec effet immédiat” mercredi Madagascar de ses instances.Le nouvel homme fort de l’île a promis des élections dans 18 à 24 mois et assuré mercredi préparer un “processus de consultation pour trouver un Premier ministre le plus vite possible”.En attendant, une cour s’est réunie à la direction du Capsat mercredi. Représentants de collectif de jeunesse, de la société civile ou d’organisation religieuse ont été reçus. D’autres visiteurs ont patienté des heures dans l’espoir d’une audience ou pour afficher une visite de courtoisie.- La Gen Z soutient l’armée -Critique de longue date du pouvoir d’Andry Rajoelina, le colonel Randrianirina avait été emprisonné plusieurs mois à partir de novembre 2023 pour incitation à la mutinerie en vue d’un coup d’État, selon des informations de presse.La présidence a dénoncé “un acte clair de tentative de coup d’État” et souligné qu’Andry Rajoelina, exfiltrée par un avion militaire français d’après RFI, “reste pleinement en fonction”.Le secrétaire général de l’ONU, par la voix de son porte-parole Stéphane Dujarric, s’est dit “profondément préoccupé par le changement inconstitutionnel de pouvoir à Madagascar”.La France, l’ex-puissance coloniale, a jugé mercredi “essentiel que la démocratie, les libertés fondamentales et l’État de droit soient scrupuleusement préservés”.Le mouvement Gen Z mené par les jeunes, qui a initié les manifestations à partir du 25 septembre, a salué l’intervention du colonel Randrianirina.Andry Rajoelina, réélu lors d’un scrutin contesté en 2023, était arrivé une première fois au pouvoir en 2009 à la faveur d’un coup d’État soutenu par l’armée, dénoncé par la communauté internationale. Celle-ci avait gelé l’aide étrangère et les investissements pendant près de quatre ans.Madagascar a une longue histoire de soulèvements populaires suivis par la mise en place de gouvernements militaires de transition.Au moins 80% des 32 millions d’habitants de Madagascar vivent avec moins de 15.000 ariary par jour (2,80 euros), le seuil de pauvreté fixé par la Banque mondiale.

Testées par la Russie, l’Otan et l’UE cherchent la riposte antidrones

L’Otan et l’UE ont cherché mercredi les moyens de renforcer leur défense antidrones, après de multiples incursions russes dans le ciel européen.L’Alliance atlantique va “mettre en oeuvre un certain nombre de mesures supplémentaires antidrones qui renforceront, élargiront et accélèreront notre capacité à (les) contrer”, a déclaré Mark Rutte devant la presse, à l’issue d’une réunion des ministres de la Défense de l’Otan à Bruxelles.Quelques heures plus tard, les ministres de la Défense de l’UE ont discuté de leur côté d’un projet de “mur” antidrones, présenté le mois dernier par la Commission européenne.Interrogé sur le risque de cacophonie entre les deux institutions bruxelloises, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas et le secrétaire général de l’Otan ont assuré du contraire.”Il n’y a aucun risque de double emploi avec l’Otan, nous nous complétons mutuellement”, a-t-elle assuré devant la presse avant un dîner de travail des ministres de l’UE.La Commission européenne veut rendre son “mur” antidrones, rebaptisé Initiative européenne pour les drones, pleinement opérationnel d’ici à 2027, selon la “feuille de route” qu’elle présentera jeudi avant un sommet européen prévu la semaine prochaine.De son côté, l’Alliance a annoncé déjà tester des “systèmes intégrés” capables de mieux “détecter, suivre et neutraliser les menaces aériennes”, selon M. Rutte.”Nous fournirons aux nations un catalogue de solutions efficaces, qui ont fait leurs preuves”, a expliqué mercredi l’amiral français Pierre Vandier, commandant suprême pour la transformation de l’Otan.Des tests auront notamment lieu la semaine prochaine dans plusieurs pays européens, notamment en Estonie selon son ministre de la Défense Hanno Pevkur. Les ministres ont également discuté à l’Otan de leur soutien militaire à l’Ukraine. Dès son arrivée au siège de l’Otan, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a encouragé les pays européens et le Canada à en faire plus, dans le cadre du programme Purl. Cette initiative, lancée par Washington, permet à Kiev d’acheter des armes américaines financées par les Européens.- Paix par la force -“On obtient la paix quand on est fort, pas quand on use de grandes phrases ou qu’on fait la leçon. On l’obtient lorsqu’on dispose de capacités réelles et solides que les adversaires respectent”, a-t-il lancé.Dans le cadre du programme Purl, Kiev a déjà reçu deux tranches d’aide pour environ deux milliards de dollars, financés par les Pays-Bas, et plusieurs pays scandinaves.L’Allemagne et le Canada se sont engagés à en financer deux autres, à hauteur de 500 millions de dollars chacun, et Kiev espère que deux autres tranches seront rapidement finalisées.M. Rutte a assuré que plus de la moitié des 32 pays de l’Otan avaient déjà répondu à l’appel, sans toutefois préciser pour quels montants.En début d’après-midi, le ministre ukrainien de la Défense Denys Chmygal a lui aussi appelé les alliés européens à participer à cette initiative, et de manière générale à renforcer leur soutien militaire.L’Ukraine aura besoin de pas moins de 120 milliards de dollars l’an prochain pour son effort de guerre, dont la moitié qu’elle sera en mesure de financer elle-même.  “Nous serons en mesure de construire jusqu’à 10 millions de drones si nos partenaires s’engagent à fournir les fonds nécessaires”, a assuré Denys Chmygal.- 5.600 drones -Pour le seul mois de septembre, l’Ukraine a été frappée par quelque 5.600 drones et 180 missiles, a-t-il encore souligné, alors que les pays de l’Otan entendent profiter de l’expérience de l’Ukraine dans la guerre antidrones.L’intrusion d’une vingtaine de drones russes en septembre dans l’espace aérien polonais avait contraint l’Otan à en abattre trois, une première depuis sa création en 1949. Quelques jours plus tard, les chasseurs de l’Otan avaient escorté trois MiG russes hors du ciel estonien, après une intrusion ayant duré 12 minutes, un record.L’Otan envisage aussi d’affiner ses règles d’engagement en donnant davantage de flexibilité à son commandement militaire, et de simplifier les règles, qui reposent sur des systèmes différents.”Lorsque les choses se compliquent, lorsque les F-35 sont en vol, vous devez vous assurer que tout le monde comprend clairement quelles sont les règles”, a expliqué le ministre néerlandais de la Défense Ruben Brekelmans.

Testées par la Russie, l’Otan et l’UE cherchent la riposte antidrones

L’Otan et l’UE ont cherché mercredi les moyens de renforcer leur défense antidrones, après de multiples incursions russes dans le ciel européen.L’Alliance atlantique va “mettre en oeuvre un certain nombre de mesures supplémentaires antidrones qui renforceront, élargiront et accélèreront notre capacité à (les) contrer”, a déclaré Mark Rutte devant la presse, à l’issue d’une réunion des ministres de la Défense de l’Otan à Bruxelles.Quelques heures plus tard, les ministres de la Défense de l’UE ont discuté de leur côté d’un projet de “mur” antidrones, présenté le mois dernier par la Commission européenne.Interrogé sur le risque de cacophonie entre les deux institutions bruxelloises, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas et le secrétaire général de l’Otan ont assuré du contraire.”Il n’y a aucun risque de double emploi avec l’Otan, nous nous complétons mutuellement”, a-t-elle assuré devant la presse avant un dîner de travail des ministres de l’UE.La Commission européenne veut rendre son “mur” antidrones, rebaptisé Initiative européenne pour les drones, pleinement opérationnel d’ici à 2027, selon la “feuille de route” qu’elle présentera jeudi avant un sommet européen prévu la semaine prochaine.De son côté, l’Alliance a annoncé déjà tester des “systèmes intégrés” capables de mieux “détecter, suivre et neutraliser les menaces aériennes”, selon M. Rutte.”Nous fournirons aux nations un catalogue de solutions efficaces, qui ont fait leurs preuves”, a expliqué mercredi l’amiral français Pierre Vandier, commandant suprême pour la transformation de l’Otan.Des tests auront notamment lieu la semaine prochaine dans plusieurs pays européens, notamment en Estonie selon son ministre de la Défense Hanno Pevkur. Les ministres ont également discuté à l’Otan de leur soutien militaire à l’Ukraine. Dès son arrivée au siège de l’Otan, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a encouragé les pays européens et le Canada à en faire plus, dans le cadre du programme Purl. Cette initiative, lancée par Washington, permet à Kiev d’acheter des armes américaines financées par les Européens.- Paix par la force -“On obtient la paix quand on est fort, pas quand on use de grandes phrases ou qu’on fait la leçon. On l’obtient lorsqu’on dispose de capacités réelles et solides que les adversaires respectent”, a-t-il lancé.Dans le cadre du programme Purl, Kiev a déjà reçu deux tranches d’aide pour environ deux milliards de dollars, financés par les Pays-Bas, et plusieurs pays scandinaves.L’Allemagne et le Canada se sont engagés à en financer deux autres, à hauteur de 500 millions de dollars chacun, et Kiev espère que deux autres tranches seront rapidement finalisées.M. Rutte a assuré que plus de la moitié des 32 pays de l’Otan avaient déjà répondu à l’appel, sans toutefois préciser pour quels montants.En début d’après-midi, le ministre ukrainien de la Défense Denys Chmygal a lui aussi appelé les alliés européens à participer à cette initiative, et de manière générale à renforcer leur soutien militaire.L’Ukraine aura besoin de pas moins de 120 milliards de dollars l’an prochain pour son effort de guerre, dont la moitié qu’elle sera en mesure de financer elle-même.  “Nous serons en mesure de construire jusqu’à 10 millions de drones si nos partenaires s’engagent à fournir les fonds nécessaires”, a assuré Denys Chmygal.- 5.600 drones -Pour le seul mois de septembre, l’Ukraine a été frappée par quelque 5.600 drones et 180 missiles, a-t-il encore souligné, alors que les pays de l’Otan entendent profiter de l’expérience de l’Ukraine dans la guerre antidrones.L’intrusion d’une vingtaine de drones russes en septembre dans l’espace aérien polonais avait contraint l’Otan à en abattre trois, une première depuis sa création en 1949. Quelques jours plus tard, les chasseurs de l’Otan avaient escorté trois MiG russes hors du ciel estonien, après une intrusion ayant duré 12 minutes, un record.L’Otan envisage aussi d’affiner ses règles d’engagement en donnant davantage de flexibilité à son commandement militaire, et de simplifier les règles, qui reposent sur des systèmes différents.”Lorsque les choses se compliquent, lorsque les F-35 sont en vol, vous devez vous assurer que tout le monde comprend clairement quelles sont les règles”, a expliqué le ministre néerlandais de la Défense Ruben Brekelmans.