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Cessez-le-feu entre Afghanistan et Pakistan après plusieurs jours de violences

Un cessez-le-feu est entré en vigueur mercredi soir entre l’Afghanistan et le Pakistan, mettant un terme à l’une des confrontations armées les plus graves des dernières années à leur frontière, ayant fait des dizaines de morts, dont des civils.Cette trêve est entrée en vigueur à 13H00 GMT, peu de temps après avoir été annoncée par les deux pays, chacun assurant que l’autre l’avait demandée pour mettre fin à la flambée de violences.D’après Islamabad, elle doit durer 48H.”Pendant cette période, les deux parties s’efforceront sincèrement de trouver une solution positive à ce problème complexe, mais résoluble, par un dialogue constructif”, a dit la diplomatie pakistanaise.Le gouvernement taliban a ordonné à l’armée afghane de respecter la trêve, “sauf si elle est violée” par la partie adverse, a indiqué son porte-parole Zabihullah Mujahid, sur X.Avant son instauration, Kaboul et Islamabad se sont mutuellement accusés d’avoir lancé de nouvelles attaques contre la frontière mercredi.Mais le Pakistan a également mené des “frappes de précision” à Kaboul, selon des sources de sécurité pakistanaises.Deux explosions ont retenti en soirée dans le centre de la capitale afghane, par la suite quadrillée par les forces de sécurité talibanes et parcourue par des ambulances, ont constaté des journalistes de l’AFP.L’ONG italienne Emergency qui y gère un hôpital a dit avoir pris en charge 35 blessés et fait état d’au moins cinq morts, tandis que les autorités talibanes n’ont pas diffusé de bilan.- Coupures d’électricité -Ce nouveau cycle de violence entre les deux pays, qui ont des relations en dents de scie, avait été déclenché par d’autres explosions survenues à Kaboul et dans le sud-est du pays, jeudi dernier. Elles avaient été attribuées au Pakistan par le gouvernement taliban, qui a par la suite lancé une opération à la frontière.Cette fois, le gouvernement taliban n’a pas accusé le Pakistan mais a confirmé l’explosion d’une citerne de pétrole et d’un transformateur électrique, sans donner davantage de précisions.Plusieurs quartiers de Kaboul étaient plus tard privés d’électricité: des câbles ont été endommagés dans les explosions et des équipes techniques sont mobilisées pour les réparer, a déclaré à l’AFP une source de la compagnie d’électricité.Un haut-responsable taliban, sous le couvert de l’anonymat, a accusé le Pakistan d’être responsable de la deuxième explosion et d’avoir voulu “viser des civils” dans la capitale, en vain.Mais ailleurs, dans le sud du pays, plus de 10 civils ont été tués mercredi, d’après des sources afghanes.Cent autres ont été blessés à Spin Boldak et “deux ou trois” talibans afghans y ont péri, a affirmé M. Mujahid auprès de l’AFP.Tout au long de la journée, des sources de sécurité pakistanaises ont indiqué que l’armée avait frappé des repaires d’un groupe armé à Kaboul et de talibans afghans dans la province de Kandahar (sud). L’armée estime ainsi avoir abattu “entre 15 et 20 talibans afghans” à Spin Boldak, alors que le Premier ministre Shehbaz Sharif a assuré que “la souveraineté du pays sera défendue à tout prix”.- Lieux désertés -Des dizaines de morts avaient déjà été recensés de chaque côté samedi et dimanche, mais seulement des combattants.La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) a dit avoir recensé “des dizaines de civils tués et blessés”.A Spin Boldak, tous les commerces de la zone restent fermés et de nombreux habitants ont quitté les lieux, d’après un correspondant de l’AFP sur place.Ces violences surviennent sur fond de tensions bilatérales récurrentes, alimentées par des questions sécuritaires.Islamabad, confronté à une résurgence d’attaques contre ses forces de sécurité, accuse son voisin “d’abriter” des groupes terroristes, en tête desquels se trouvent les talibans pakistanais (TTP), ce que Kaboul dément.Les explosions survenues la semaine dernière en Afghanistan avaient eu lieu alors que le chef de la diplomatie talibane effectuait une visite inédite en Inde, ennemi historique du Pakistan.

Cessez-le-feu entre Afghanistan et Pakistan après plusieurs jours de violences

Un cessez-le-feu est entré en vigueur mercredi soir entre l’Afghanistan et le Pakistan, mettant un terme à l’une des confrontations armées les plus graves des dernières années à leur frontière, ayant fait des dizaines de morts, dont des civils.Cette trêve est entrée en vigueur à 13H00 GMT, peu de temps après avoir été annoncée par les deux pays, chacun assurant que l’autre l’avait demandée pour mettre fin à la flambée de violences.D’après Islamabad, elle doit durer 48H.”Pendant cette période, les deux parties s’efforceront sincèrement de trouver une solution positive à ce problème complexe, mais résoluble, par un dialogue constructif”, a dit la diplomatie pakistanaise.Le gouvernement taliban a ordonné à l’armée afghane de respecter la trêve, “sauf si elle est violée” par la partie adverse, a indiqué son porte-parole Zabihullah Mujahid, sur X.Avant son instauration, Kaboul et Islamabad se sont mutuellement accusés d’avoir lancé de nouvelles attaques contre la frontière mercredi.Mais le Pakistan a également mené des “frappes de précision” à Kaboul, selon des sources de sécurité pakistanaises.Deux explosions ont retenti en soirée dans le centre de la capitale afghane, par la suite quadrillée par les forces de sécurité talibanes et parcourue par des ambulances, ont constaté des journalistes de l’AFP.L’ONG italienne Emergency qui y gère un hôpital a dit avoir pris en charge 35 blessés et fait état d’au moins cinq morts, tandis que les autorités talibanes n’ont pas diffusé de bilan.- Coupures d’électricité -Ce nouveau cycle de violence entre les deux pays, qui ont des relations en dents de scie, avait été déclenché par d’autres explosions survenues à Kaboul et dans le sud-est du pays, jeudi dernier. Elles avaient été attribuées au Pakistan par le gouvernement taliban, qui a par la suite lancé une opération à la frontière.Cette fois, le gouvernement taliban n’a pas accusé le Pakistan mais a confirmé l’explosion d’une citerne de pétrole et d’un transformateur électrique, sans donner davantage de précisions.Plusieurs quartiers de Kaboul étaient plus tard privés d’électricité: des câbles ont été endommagés dans les explosions et des équipes techniques sont mobilisées pour les réparer, a déclaré à l’AFP une source de la compagnie d’électricité.Un haut-responsable taliban, sous le couvert de l’anonymat, a accusé le Pakistan d’être responsable de la deuxième explosion et d’avoir voulu “viser des civils” dans la capitale, en vain.Mais ailleurs, dans le sud du pays, plus de 10 civils ont été tués mercredi, d’après des sources afghanes.Cent autres ont été blessés à Spin Boldak et “deux ou trois” talibans afghans y ont péri, a affirmé M. Mujahid auprès de l’AFP.Tout au long de la journée, des sources de sécurité pakistanaises ont indiqué que l’armée avait frappé des repaires d’un groupe armé à Kaboul et de talibans afghans dans la province de Kandahar (sud). L’armée estime ainsi avoir abattu “entre 15 et 20 talibans afghans” à Spin Boldak, alors que le Premier ministre Shehbaz Sharif a assuré que “la souveraineté du pays sera défendue à tout prix”.- Lieux désertés -Des dizaines de morts avaient déjà été recensés de chaque côté samedi et dimanche, mais seulement des combattants.La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) a dit avoir recensé “des dizaines de civils tués et blessés”.A Spin Boldak, tous les commerces de la zone restent fermés et de nombreux habitants ont quitté les lieux, d’après un correspondant de l’AFP sur place.Ces violences surviennent sur fond de tensions bilatérales récurrentes, alimentées par des questions sécuritaires.Islamabad, confronté à une résurgence d’attaques contre ses forces de sécurité, accuse son voisin “d’abriter” des groupes terroristes, en tête desquels se trouvent les talibans pakistanais (TTP), ce que Kaboul dément.Les explosions survenues la semaine dernière en Afghanistan avaient eu lieu alors que le chef de la diplomatie talibane effectuait une visite inédite en Inde, ennemi historique du Pakistan.

Gaza: l’ONU appelle Israël à ouvrir tous les points de passage

L’ONU a exhorté mercredi Israël à ouvrir “immédiatement” tous les accès de la bande de Gaza à l’aide humanitaire alors que le processus d’échanges de dépouilles entre Israël et le Hamas se poursuit, malgré des retards, dans le cadre du cessez-le-feu.”Nous voulons que cela se fasse maintenant, dans le cadre de [cet] accord”, a déclaré Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires de l’ONU dans un entretien avec l’AFP au Caire.M. Fletcher doit se rendre jeudi au poste de Rafah, du côté égyptien de la frontière avec la bande de Gaza, fermé depuis plusieurs mois.Le président américain Donald Trump et plusieurs dirigeants étrangers ont signé lundi à Charm el-Cheikh, en Égypte, une déclaration visant à cimenter l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, plus de deux ans après le début de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël.”Mais le véritable test de cet accord […] c’est de voir des enfants nourris, des anesthésiques disponibles dans les hôpitaux pour soigner les patients, et des tentes au-dessus des têtes des gens”, a dit M. Fletcher.”Nous voulons que tous [les] points de passage soient ouverts et que l’accès soit totalement libre”, a déclaré M. Fletcher. “Nous devons pouvoir livrer de l’aide à grande échelle.”- Désastre humanitaire -En début de journée, la radio-télévision publique israélienne KAN avait présenté la réouverture du point de passage de Rafah comme imminente.Mais cette porte d’entrée cruciale pour l’afflux de l’aide humanitaire qui attend du côté égyptien est restée fermée et une porte-parole du gouvernement israélien a ignoré une question sur le sujet mercredi lors d’une conférence de presse en ligne.La réouverture de Rafah, est réclamée à cor et à cri par l’ONU et les grandes ONG alors que la bande de Gaza est en proie à un désastre humanitaire.Fin août, les Nations unies ont déclaré une famine dans plusieurs zones du petit territoire, ce que conteste Israël.Israël autorise actuellement l’acheminement de l’aide humanitaire essentiellement via le point de passage de Kerem Shalom, dans le sud d’Israël, mais les organisations humanitaires se plaignent des lenteurs administratives et des contrôles de sécurité qui freinent l’arrivée des fournitures vitales.Dans la bande de Gaza, des habitants affamés interceptent régulièrement les camions d’aide pour voler et stocker de la nourriture, ce qui empêche une distribution ordonnée vers les communautés les plus touchées, a indiqué mercredi à l’AFP une source humanitaire.L’accord de cessez-le-feu parrainé par Donald Trump,  prévoyait que le Hamas remette à Israël tous les otages encore détenus à Gaza, les vivants et les morts, dans les 72 heures, c’est-à-dire au plus tard à 09h00 GMT lundi.Mais si le Hamas a bien libéré dans les temps les 20 otages encore vivants, il n’a pour l’instant remis que sept dépouilles de captifs sur les 28 retenues à Gaza: quatre lundi soir et trois autres mardi. Mercredi, les familles de trois otages ont confirmé l’identification par les autorités des restes des corps rendus mardi.En échange de leur retour, Israël a rendu aux autorités de Gaza 45 dépouilles de Palestiniens, comme convenu aux termes de l’accord. – “Erreur” -Mais l’armée israélienne a affirmé qu’une quatrième dépouille rendue par le Hamas mardi soir n’était pas celle d’un otage, sans fournir plus de détails.Le Hamas avait déjà rendu une dépouille ne correspondant pas à un otage lors d’une précédente trêve en février, et évoqué à l’époque une “erreur” avant de remettre le bon corps.Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité intérieure et figure de l’extrême droite israélienne et opposé à l’accord avec le Hamas a de nouveau appelé mercredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu à couper totalement l’aide humanitaire, accusant le Hamas de jouer la montre et de violer le cessez-le-feu.Selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Israël a permis ces derniers jours l’entrée d’aide humanitaire et médicale, notamment de gaz de cuisine, pour la première fois depuis mars, ainsi que des tentes supplémentaires pour les déplacés, des fruits frais, de la viande congelée, de la farine ou des médicaments.L’attaque du 7 octobre a entraîné, du côté israélien, la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un nouveau bilan établi par l’AFP à partir de données officielles, après l’identification de deux dépouilles d’otages.Dans la bande de Gaza, la campagne de représailles israélienne a fait 67.938 morts, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l’ONU.

Gaza: l’ONU appelle Israël à ouvrir tous les points de passage

L’ONU a exhorté mercredi Israël à ouvrir “immédiatement” tous les accès de la bande de Gaza à l’aide humanitaire alors que le processus d’échanges de dépouilles entre Israël et le Hamas se poursuit, malgré des retards, dans le cadre du cessez-le-feu.”Nous voulons que cela se fasse maintenant, dans le cadre de [cet] accord”, a déclaré Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires de l’ONU dans un entretien avec l’AFP au Caire.M. Fletcher doit se rendre jeudi au poste de Rafah, du côté égyptien de la frontière avec la bande de Gaza, fermé depuis plusieurs mois.Le président américain Donald Trump et plusieurs dirigeants étrangers ont signé lundi à Charm el-Cheikh, en Égypte, une déclaration visant à cimenter l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, plus de deux ans après le début de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël.”Mais le véritable test de cet accord […] c’est de voir des enfants nourris, des anesthésiques disponibles dans les hôpitaux pour soigner les patients, et des tentes au-dessus des têtes des gens”, a dit M. Fletcher.”Nous voulons que tous [les] points de passage soient ouverts et que l’accès soit totalement libre”, a déclaré M. Fletcher. “Nous devons pouvoir livrer de l’aide à grande échelle.”- Désastre humanitaire -En début de journée, la radio-télévision publique israélienne KAN avait présenté la réouverture du point de passage de Rafah comme imminente.Mais cette porte d’entrée cruciale pour l’afflux de l’aide humanitaire qui attend du côté égyptien est restée fermée et une porte-parole du gouvernement israélien a ignoré une question sur le sujet mercredi lors d’une conférence de presse en ligne.La réouverture de Rafah, est réclamée à cor et à cri par l’ONU et les grandes ONG alors que la bande de Gaza est en proie à un désastre humanitaire.Fin août, les Nations unies ont déclaré une famine dans plusieurs zones du petit territoire, ce que conteste Israël.Israël autorise actuellement l’acheminement de l’aide humanitaire essentiellement via le point de passage de Kerem Shalom, dans le sud d’Israël, mais les organisations humanitaires se plaignent des lenteurs administratives et des contrôles de sécurité qui freinent l’arrivée des fournitures vitales.Dans la bande de Gaza, des habitants affamés interceptent régulièrement les camions d’aide pour voler et stocker de la nourriture, ce qui empêche une distribution ordonnée vers les communautés les plus touchées, a indiqué mercredi à l’AFP une source humanitaire.L’accord de cessez-le-feu parrainé par Donald Trump,  prévoyait que le Hamas remette à Israël tous les otages encore détenus à Gaza, les vivants et les morts, dans les 72 heures, c’est-à-dire au plus tard à 09h00 GMT lundi.Mais si le Hamas a bien libéré dans les temps les 20 otages encore vivants, il n’a pour l’instant remis que sept dépouilles de captifs sur les 28 retenues à Gaza: quatre lundi soir et trois autres mardi. Mercredi, les familles de trois otages ont confirmé l’identification par les autorités des restes des corps rendus mardi.En échange de leur retour, Israël a rendu aux autorités de Gaza 45 dépouilles de Palestiniens, comme convenu aux termes de l’accord. – “Erreur” -Mais l’armée israélienne a affirmé qu’une quatrième dépouille rendue par le Hamas mardi soir n’était pas celle d’un otage, sans fournir plus de détails.Le Hamas avait déjà rendu une dépouille ne correspondant pas à un otage lors d’une précédente trêve en février, et évoqué à l’époque une “erreur” avant de remettre le bon corps.Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité intérieure et figure de l’extrême droite israélienne et opposé à l’accord avec le Hamas a de nouveau appelé mercredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu à couper totalement l’aide humanitaire, accusant le Hamas de jouer la montre et de violer le cessez-le-feu.Selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Israël a permis ces derniers jours l’entrée d’aide humanitaire et médicale, notamment de gaz de cuisine, pour la première fois depuis mars, ainsi que des tentes supplémentaires pour les déplacés, des fruits frais, de la viande congelée, de la farine ou des médicaments.L’attaque du 7 octobre a entraîné, du côté israélien, la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un nouveau bilan établi par l’AFP à partir de données officielles, après l’identification de deux dépouilles d’otages.Dans la bande de Gaza, la campagne de représailles israélienne a fait 67.938 morts, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l’ONU.

Trente ans de réclusion requis à l’encontre de Cédric Jubillar, accusé du meurtre de son épouse

Une peine de trente ans de réclusion criminelle a été requise mercredi à l’encontre de Cédric Jubillar, jugé à Albi pour le meurtre de son épouse Delphine, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.Devant la cour d’assises du Tarn, l’avocat général Pierre Aurignac a demandé la condamnation du peintre-plaquiste de 38 ans et requis “une réponse pénale extrêmement ferme” pour le “meurtre aggravé” de Delphine née Aussaguel, 33 ans, dont le corps n’a jamais été retrouvé.”Il est coupable, a auparavant déclaré Nicolas Ruff, le premier avocat général à s’exprimer jeudi après-midi. “Je prononce ces mots qui accusent, en en assumant pleinement les conséquences et en espérant vous convaincre de condamner Cédric Jubillar”, a-t-il conclu, au terme de deux heures de réquisitoire.”Au bout du chemin, je n’ai aucun doute sur le fait que Delphine Aussaguel est morte” le soir du 15 décembre 2020, “je n’ai aucun doute sur le fait que c’est Cédric Jubillar qui l’a tuée”, a-t-il affirmé , estimant que les jurés devraient eux aussi parcourir le même chemin, en se posant “les mêmes questions”.Descendu dans le prétoire pour s’adresser “uniquement” à la cour et aux jurés, M. Ruff, vice-procureur de Toulouse, les a appelés à ne pas rendre une “justice des on-dit”, une “justice des certitudes fainéantes”, dans un dossier qui a vu “le pire de ce que peut être la médiatisation”.Sans hausser le ton, regardant régulièrement l’accusé et sa défense, Nicolas Ruff s’est défendu d’être un “mercenaire de l’accusation”, affirmant livrer son “analyse factuelle et juridique d’un dossier”.- “Heureuse comme jamais” -Et si l’absence du corps de Delphine Jubillar “rend votre travail judiciaire plus compliqué”, a-t-il dit aux jurés, “elle n’empêche pas la justice de travailler” et “on doit condamner quand il y a des éléments qui convergent”, a-t-il insisté. Reprenant le leitmotiv qui a guidé la défense, à savoir celui d’un “dossier vide”, il a égrené pendant plus de deux heures les principaux éléments de l’enquête, les précédant de la formule: “dire que ce dossier est vide, c’est ne pas voir…”.Au sujet de la nuit de la disparition, il a rappelé que l’enquête sur le couple et ses relations montrait que Delphine était ce soir-là “heureuse comme jamais, euphorique même”, parce que la femme de son amant venait d’accepter la perspective d’une séparation, ce qui ouvrait la voie à cette nouvelle vie à deux dont rêvait l’infirmière de 33 ans.”S’il y a un soir où il y a pu avoir ce moment de bascule, ces mots qui tuent, cet instant fatidique qui vient sceller la rupture, c’est bien ce 15 décembre”, a ainsi déclaré l’avocat général, estimant comme les parties civiles que le meurtre a été commis à la suite de l’annonce d’un “départ définitif” de la part de Delphine.Lunettes brisées de la disparue, cris d’effroi entendus par les voisines, témoignage de son fils Louis, téléphone éteint de l’accusé, voiture garée dans un sens démontrant qu’elle a été utilisée dans la nuit, attitude de Cédric Jubillar le lendemain matin… M. Ruff a inlassablement décortiqué les indices du dossier.Loin du “désastre judiciaire” annoncé par la défense si leur client était condamné, Nicolas Ruff a estimé que ces indices démontraient au contraire que “Cédric Jubillar est coupable du meurtre de Delphine Aussaguel”.- “Rendez-leur Delphine” -Dans la matinée, les deux derniers avocats des parties civiles, plaidant dans l’intérêt des enfants du couple Jubillar, se sont une nouvelle fois directement adressés à l’accusé.”Rendez-leur Delphine!”, a par deux fois tonné Me Laurent Boguet en concluant sa plaidoirie, l’accusé ne trahissant aucune émotion face à cette injonction.Me Boguet a dénoncé le “brouillard de guerre” déployé par l’accusé, via ses réponses imprécises, et la défense, qui a “torturé le dossier” pour le remettre en question. D’une voix chargée d’émotion, sa consoeur Malika Chmani a regretté que les enfants Jubillar n’aient “jamais eu de réponses à leurs questions” au cours des quatre semaines de procès.”Il n’y a pas eu de vérité de leur père, je suis venue chercher une vérité judiciaire”, a conclu à la barre l’avocate, demandant “vérité et justice pour Louis et Elyah”.La journée de jeudi va être consacrée aux plaidoiries de la défense, avant le verdict attendu vendredi.

A l’Assemblée, la censure s’éloigne mais le chaudron budgétaire s’annonce

Si la perspective de la censure s’éloigne pour Sébastien Lecornu, les tensions politiques sont loin d’être retombées, le Parlement s’apprêtant à plonger dans des débats budgétaires qui promettent d’être épiques et inédits sans la menace du 49.3 pour en garantir l’issue.Mercredi, après son baptême du feu des questions au gouvernement à l’Assemblée, le Premier ministre a été accueilli froidement au Sénat pour sa déclaration de politique générale, où il a notamment proposé de confier la gestion du système de retraites aux partenaires sociaux.Face à un hémicycle dominé par une alliance entre la droite et les centristes, où les troupes macronistes sont très peu nombreuses, Sébastien Lecornu a été très peu soutenu, applaudi seulement par une vingtaine de parlementaires.Sa proposition mardi de suspendre la réforme des retraites jusqu’à l’élection présidentielle a notamment fait grincer les sénateurs Les Républicains, opposés, tout comme le patron du parti Bruno Retailleau, à tout retour en arrière.Le Premier ministre a fait valoir que “suspendre, ce n’est pas renoncer” à la réforme et mis en avant la “stabilité” générée par cette initiative après des journées de crise politique : les socialistes ne voteront pas les motions de censure de La France insoumise et du Rassemblement national débattues jeudi matin.RN, LFI, écologistes et communistes vont tenter de faire tomber le gouvernement, mais il devrait manquer une vingtaine de voix pour atteindre la majorité absolue des 289 voix nécessaires. Seuls trois députés socialistes sur 69, selon le patron du PS Olivier Faure, devraient voter la censure, malgré la consigne du parti, et suivre ainsi l’appel “à désobéir” lancé par le coordinateur de LFI Manuel Bompard.- Terrain inconnu -La présidente du groupe RN à l’Assemblée Marine Le Pen a fait contre mauvaise fortune bon cœur : si le gouvernement ne tombe pas jeudi, il “ne tiendra pas sur la durée”, a-t-elle assuré, prévoyant une dissolution “dans trois semaines ou dans trois mois”.Car le Parlement va entrer en terrain inconnu avec la promesse de Sébastien Lecornu de lui laisser le dernier mot. “Le gouvernement proposera, nous débattrons, vous voterez”, a-t-il répété aux parlementaires. Le Premier ministre s’est engagé à ne pas recourir à l’article 49.3 de la Constitution qui a permis l’adoption de tous les budgets sans vote depuis 2022.Cette mise en retrait de l’exécutif – même s’il dispose d’autres moyens pour faire avancer les débats – risque de faire de l’Assemblée un champ de bataille permanent, où la volonté du gouvernement de négocier pourrait se heurter à la tentation de certaines oppositions d’enliser les débats.”Maintenant que la balle est dans le camp de l’Assemblée (…) Ce serait quand même assez +abracadabrantesque+ qu’on ne puisse pas aller au vote de notre fait”, a averti la présidente de la chambre basse Yaël Braun-Pivet.Les majorités risquent en outre d’être variables en fonction des sujets et de… l’assiduité des parlementaires. “Les semaines qui viennent vont être très dures, j’ai dit à mes députés qu’il faudra être là tout le temps”, anticipe le patron du groupe PS Boris Vallaud. Déjà la suspension de la réforme des retraites n’est à ce stade qu’une annonce. Sébastien Lecornu s’est borné à assurer que le gouvernement la soumettrait “dès le mois de novembre” aux députés par un amendement au projet de budget de la Sécurité sociale (PLFSS).- “Trahison” -Face à l’opposition ou a minima l’abstention d’une large partie du socle commun – camp présidentiel et LR -, le RN et LFI n’ont pour l’instant pas confirmé qu’ils voteraient cette suspension alors qu’ils accusent les socialistes de “trahison” et qu’ils y voient un renoncement par rapport à l’abrogation qu’ils défendent.Pour Manuel Bompard, passer par un amendement veut dire que le PS devra voter le PLFSS “le plus brutal de ces 30 dernières années”.Le président LFI de la commission des Finances de l’Assemblée Éric Coquerel a lui demandé au gouvernement qu’il “s’engage sur une loi spécifique” si le PLFSS n’aboutissait pas. Mais pour les socialistes, “peu importe le véhicule”, “sans suspension il n’y a pas de gouvernement”, a prévenu Boris Vallaud.Jean-Philippe Tanguy (RN) a, lui, mis “au défi” le PS d’apporter “la preuve concrète et opposable” qu’il a les moyens d’obtenir la suspension de la réforme. Au-delà de leur “victoire” revendiquée sur les retraites, les socialistes entendent mener bataille, vote par vote, contre le gel du barème de l’impôt sur le revenu, des prestations sociales ou encore le doublement des franchises médicales.Ces mesures font partie de l’effort budgétaire prévu par le gouvernement d’une trentaine de milliards d’euros, dont 14 milliards de nouveaux prélèvements obligatoires. bur-far-ama-are/sde/sp

Terres rares: Washington appelle “le monde” à s’allier contre Pékin

Le gouvernement américain a appelé mercredi à faire front commun contre les restrictions mises en place par Pékin sur les exportations de terres rares, essentielles à l’économie mondiale, assurant que “c’est la Chine contre le reste du monde”.”Nous n’allons pas laisser un groupe de bureaucrates à Pékin tenter de contrôler les chaînes de production mondiales”, a dit sur un ton offensif le ministre des Finances Scott Bessent, lors d’une rare conférence de presse organisée au sein du ministère par le Trésor, à quelques pas de la Maison Blanche.”Pour être clair, cela n’est pas un sujet seulement pour les Etats-Unis (…) c’est une manœuvre de coercition économique contre tous les pays du monde”, a affirmé lors du même évènement le représentant au Commerce Jamieson Greer.Ces déclarations ont été prononcées alors que des responsables gouvernementaux du monde entier sont rassemblés cette semaine à Washington pour les réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale.”Cela devrait clairement montrer à nos alliés que nous devons travailler ensemble, et c’est ce que nous ferons”, a encore dit M. Bessent aux journalistes mercredi.- “Réponse coordonnée” -Premier producteur mondial de terres rares, la Chine a annoncé la semaine dernière de nouveaux contrôles sur les technologies liées à ces matériaux essentiels pour le numérique, l’automobile, l’énergie ou encore l’armement.Cela a provoqué la colère de Donald Trump qui a menacé d’imposer de nouveaux droits de douane sur les produits chinois et d’annuler une rencontre avec son homologue Xi Jinping.”Bien que nous puissions prendre des mesures importantes” en représailles, “nous préférons ne pas le faire”, a assuré mercredi Scott Bessent.Selon lui, “la Chine est ouverte à la discussion”. “Je suis optimiste quant à la possibilité d’apaiser la situation”, a-t-il ajouté.Pékin a défendu mercredi les contrôles qu’elle impose sur les exportations de terres rares en assurant qu’ils étaient conformes aux pratiques internationales.Ces nouvelles règles sont “source d’inquiétude”, a jugé mercredi auprès de l’AFP le Commissaire européen à l’Economie Valdis Dombrovskis, assurant que l’UE “prête mener une réponse coordonnée, notamment dans le cadre du G7″.Le président Trump a, lui, semblé souffler le chaud et le froid la veille, vantant une nouvelle fois sa relation personnelle avec Xi, et menaçant de stopper les achats par les Etats-Unis d’huile de cuisson en provenance de Chine.Scott Bessent a affirmé mercredi que, selon ses informations, le président Donald Trump comptait toujours rencontrer prochainement son homologue Xi Jinping.”Autant que je sache, le président Trump est pour”, a-t-il dit.Donald Trump avait annoncé qu’une rencontre était programmée en marge du sommet de l’APEC (Coopération économique Asie-Pacifique), prévu le 31 octobre et le 1er novembre en Corée du Sud, avant de dire qu’il songeait à se raviser.

Testée par la Russie, l’Otan veut muscler sa riposte antidrones

L’Otan va tester de nouveaux systèmes de détection et de neutralisation de drones, après de multiples incursions russes dans le ciel européen, a annoncé mercredi son secrétaire général Mark Rutte.L’Alliance atlantique et l’Union européenne s’efforcent de combler des lacunes dans la défense du continent, à la suite de plusieurs violations de l’espace aérien par la Russie au mois de septembre, au-dessus de la Pologne et de l’Estonie.L’Otan va “mettre en œuvre un certain nombre de mesures supplémentaires antidrones qui renforceront, élargiront et accélèreront notre capacité à (les) contrer”, a déclaré Mark Rutte devant la presse, à l’issue d’une réunion des ministres de la Défense de l’Otan à Bruxelles.Concrètement, l’Alliance veut tester des “systèmes intégrés” capables de mieux “détecter, suivre et neutraliser les menaces aériennes”.Les ministres ont également discuté de leur soutien militaire à l’Ukraine. Dès son arrivée au siège de l’Otan, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a encouragé les pays européens et le Canada à en faire plus, dans le cadre du programme Purl. Cette initiative, lancée par Washington, permet à Kiev d’acheter des armes américaines financées par les Européens.- Paix par la force -“On obtient la paix quand on est fort, pas quand on use de grandes phrases ou qu’on fait la leçon. On l’obtient lorsqu’on dispose de capacités réelles et solides que les adversaires respectent”, a-t-il déclaré.Dans le cadre du programme Purl, Kiev a déjà reçu deux tranches d’aide pour environ deux milliards de dollars, financés par les Pays-Bas, et plusieurs pays scandinaves.L’Allemagne et le Canada se sont engagés à en financer deux autres, à hauteur de 500 millions de dollars chacun, et Kiev espère que deux autres tranches seront rapidement finalisées.M. Rutte a assuré que plus de la moitié des 32 pays de l’Otan avaient déjà répondu à l’appel, sans toutefois préciser pour quels montants.Pressée de contribuer elle aussi à ce programme, la France s’y refuse pour l’instant. La nouvelle ministre de la Défense Catherine Vautrin, qui participait mercredi pour la première fois à une réunion de l’Otan, n’a pas évoqué le sujet à son arrivée à Bruxelles. En début d’après-midi, le ministre ukrainien de la Défense Denys Chmygal a lui aussi appelé les alliés européens à participer à cette initiative, et de manière générale à renforcer leur soutien militaire.L’Ukraine aura besoin de pas moins de 120 milliards de dollars l’an prochain pour son effort de guerre, dont la moitié qu’elle sera en mesure de financer elle-même. Mais Kiev a aussi besoin “urgemment” de 4 milliards de dollars en 2026. “Nous serons en mesure de construire jusqu’à 10 millions de drones si nos partenaires s’engagent à fournir les fonds nécessaires”, a assuré Denys Chmygal.- 5.600 drones -Pour le seul mois de septembre, l’Ukraine a été frappée par quelque 5.600 drones et 180 missiles, a-t-il encore souligné, alors que les pays de l’Otan entendent profiter de l’expérience de l’Ukraine dans la guerre antidrones.L’intrusion d’une vingtaine de drones russes en septembre dans l’espace aérien polonais avait contraint l’Otan à en abattre trois, une première depuis sa création en 1949. Quelques jours plus tard, les chasseurs de l’Otan avaient escorté trois MiG russes hors du ciel estonien, après une intrusion ayant duré 12 minutes, un record.Cette réponse dans l’urgence avait été suivie par le lancement de l’opération “Eastern Sentry” (sentinelle orientale) pour renforcer la surveillance du flanc est de l’Alliance.L’Otan envisage aussi d’affiner ses règles d’engagement en donnant davantage de flexibilité à son commandement militaire. L’idée est de simplifier les règles qui reposent sur des systèmes différents et qui limitent parfois la capacité d’agir du commandement militaire de l’Alliance.”Lorsque les choses se compliquent, lorsque les F-35 sont en vol, vous devez vous assurer que tout le monde comprend clairement quelles sont les règles”, a expliqué le ministre néerlandais de la Défense Ruben Brekelmans.L’Union européenne, dont les ministres de la Défense se réuniront dans la soirée mercredi après l’Otan, a proposé un “mur” antidrones pour y faire face et voudrait qu’il soit pleinement opérationnel d’ici à 2027.Interrogé sur le risque de doublon avec l’Otan, son secrétaire général Mark Rutte a assuré du contraire. “Il n’y a pas de double emploi. Je tiens à le dire une fois pour toutes, l’UE et l’Otan travaillent en étroite collaboration, et nous connaissons tous deux nos forces respectives”, a-t-il affirmé.

Testée par la Russie, l’Otan veut muscler sa riposte antidrones

L’Otan va tester de nouveaux systèmes de détection et de neutralisation de drones, après de multiples incursions russes dans le ciel européen, a annoncé mercredi son secrétaire général Mark Rutte.L’Alliance atlantique et l’Union européenne s’efforcent de combler des lacunes dans la défense du continent, à la suite de plusieurs violations de l’espace aérien par la Russie au mois de septembre, au-dessus de la Pologne et de l’Estonie.L’Otan va “mettre en œuvre un certain nombre de mesures supplémentaires antidrones qui renforceront, élargiront et accélèreront notre capacité à (les) contrer”, a déclaré Mark Rutte devant la presse, à l’issue d’une réunion des ministres de la Défense de l’Otan à Bruxelles.Concrètement, l’Alliance veut tester des “systèmes intégrés” capables de mieux “détecter, suivre et neutraliser les menaces aériennes”.Les ministres ont également discuté de leur soutien militaire à l’Ukraine. Dès son arrivée au siège de l’Otan, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a encouragé les pays européens et le Canada à en faire plus, dans le cadre du programme Purl. Cette initiative, lancée par Washington, permet à Kiev d’acheter des armes américaines financées par les Européens.- Paix par la force -“On obtient la paix quand on est fort, pas quand on use de grandes phrases ou qu’on fait la leçon. On l’obtient lorsqu’on dispose de capacités réelles et solides que les adversaires respectent”, a-t-il déclaré.Dans le cadre du programme Purl, Kiev a déjà reçu deux tranches d’aide pour environ deux milliards de dollars, financés par les Pays-Bas, et plusieurs pays scandinaves.L’Allemagne et le Canada se sont engagés à en financer deux autres, à hauteur de 500 millions de dollars chacun, et Kiev espère que deux autres tranches seront rapidement finalisées.M. Rutte a assuré que plus de la moitié des 32 pays de l’Otan avaient déjà répondu à l’appel, sans toutefois préciser pour quels montants.Pressée de contribuer elle aussi à ce programme, la France s’y refuse pour l’instant. La nouvelle ministre de la Défense Catherine Vautrin, qui participait mercredi pour la première fois à une réunion de l’Otan, n’a pas évoqué le sujet à son arrivée à Bruxelles. En début d’après-midi, le ministre ukrainien de la Défense Denys Chmygal a lui aussi appelé les alliés européens à participer à cette initiative, et de manière générale à renforcer leur soutien militaire.L’Ukraine aura besoin de pas moins de 120 milliards de dollars l’an prochain pour son effort de guerre, dont la moitié qu’elle sera en mesure de financer elle-même. Mais Kiev a aussi besoin “urgemment” de 4 milliards de dollars en 2026. “Nous serons en mesure de construire jusqu’à 10 millions de drones si nos partenaires s’engagent à fournir les fonds nécessaires”, a assuré Denys Chmygal.- 5.600 drones -Pour le seul mois de septembre, l’Ukraine a été frappée par quelque 5.600 drones et 180 missiles, a-t-il encore souligné, alors que les pays de l’Otan entendent profiter de l’expérience de l’Ukraine dans la guerre antidrones.L’intrusion d’une vingtaine de drones russes en septembre dans l’espace aérien polonais avait contraint l’Otan à en abattre trois, une première depuis sa création en 1949. Quelques jours plus tard, les chasseurs de l’Otan avaient escorté trois MiG russes hors du ciel estonien, après une intrusion ayant duré 12 minutes, un record.Cette réponse dans l’urgence avait été suivie par le lancement de l’opération “Eastern Sentry” (sentinelle orientale) pour renforcer la surveillance du flanc est de l’Alliance.L’Otan envisage aussi d’affiner ses règles d’engagement en donnant davantage de flexibilité à son commandement militaire. L’idée est de simplifier les règles qui reposent sur des systèmes différents et qui limitent parfois la capacité d’agir du commandement militaire de l’Alliance.”Lorsque les choses se compliquent, lorsque les F-35 sont en vol, vous devez vous assurer que tout le monde comprend clairement quelles sont les règles”, a expliqué le ministre néerlandais de la Défense Ruben Brekelmans.L’Union européenne, dont les ministres de la Défense se réuniront dans la soirée mercredi après l’Otan, a proposé un “mur” antidrones pour y faire face et voudrait qu’il soit pleinement opérationnel d’ici à 2027.Interrogé sur le risque de doublon avec l’Otan, son secrétaire général Mark Rutte a assuré du contraire. “Il n’y a pas de double emploi. Je tiens à le dire une fois pour toutes, l’UE et l’Otan travaillent en étroite collaboration, et nous connaissons tous deux nos forces respectives”, a-t-il affirmé.

Deuil et incertitudes au Kenya après le décès du chef de l’opposition Raila Odinga

Le chef de l’opposition kényane Raila Odinga est décédé mercredi matin à 80 ans dans le sud de l’Inde après un malaise, endeuillant le pays d’Afrique de l’Est et suscitant un séisme politique alors que se profile l’élection présidentielle de 2027. Longtemps député, cinq fois candidat malheureux à la présidentielle – notamment en 2022, “Baba” (“papa” en swahili, son surnom) – a été Premier ministre de 2008 à 2013.La disparition de cette figure incontournable de la communauté Luo, l’une des plus importantes du pays, laisse un grand vide dans l’opposition kényane et rebat les cartes de la campagne vers la présidentielle de 2027.Le président William Ruto, qui a décrété sept jours de deuil national, est arrivé dans la matinée au domicile familial de M. Odinga à Nairobi, où une foule de partisans s’étaient rassemblés, effondrés, des femmes en larmes criant “Baba”, d’autres agitant des branches selon une tradition funéraire luo.Dans une allocation à la nation en début d’après-midi depuis le palais présidentiel, le chef de l’Etat, qui avait battu de peu M. Odinga lors de la dernière présidentielle de 2022, a rendu hommage à “l’un des plus grands hommes d’État du Kenya et l’un des plus grands fils de l’Afrique”.L’ancien Premier ministre kényan est mort en Inde, a annoncé la police indienne, qui a affirmé qu’il marchait avec sa sœur, sa fille et son médecin lors d’une promenade matinale “lorsqu’il s’est soudainement effondré”, et a été conduit dans un hôpital où il a été déclaré mort.Tous les magasins étaient fermés dans le bidonville de Kibera à Nairobi, un bastion de M. Odinga, tandis que des personnes en deuil bloquaient les routes dans de nombreuses zones, dont son État d’origine, Kisumu (Ouest).”C’est un mercredi sombre pour le Kenya, et pour le monde entier”, a déclaré depuis le bastion de M. Odinga à Kisumu (ouest) Pablo Gila, leader de la jeunesse du parti de l’opposant. “Nous pleurons la mort d’une personne qui a combattu pour toutes les luttes politiques que nous avons menées dans ce pays”, a-t-il ajouté auprès de l’AFP.Né le 7 janvier 1945, Raila Odinga était issu d’une dynastie politique. Son père Jaramogi Oginga Odinga, fut le grand perdant de la lutte pour le pouvoir après l’indépendance du Kenya en 1963, au profit du premier président Jomo Kenyatta.Cette figure de l’opposition kényane a plusieurs fois été emprisonnée pour avoir combattu le régime à parti unique ou contraint à l’exil sous la présidence autocratique de Daniel Arap Moi (1978-2002).  En 2007, sa contestation de la victoire de Mwai Kibaki dégénère en sanglantes violences ethniques, faisant plus de 1.100 morts et des centaines de milliers de déplacés.- Influent -Opposant à William Ruto, à l’origine de rassemblements contre la politique économique du gouvernement en 2024, il s’était depuis plusieurs mois rapproché du président, qui l’avait d’ailleurs soutenu en février pour le poste de président de la Commission de l’Union africaine, élection également perdue. Un peu moins de deux ans avant la présidentielle, le Kenya “perd l’un de ses acteurs politiques les plus influents. Un grand homme qui a accompli de grandes choses”, laissant le pays sur une voie incertaine, a déclaré l’analyste politique Barrack Muluka.”Il jouissait d’une large audience nationale. On ne peut en dire autant de personne d’autre”, a-t-il ajouté à l’AFP.Puisque M. Odinga a mené presque seul l’alliance politique avec M. Ruto, qui l’avait battu lors du scrutin de 2022, celle-ci est désormais “morte et enterrée”, a-t-il aussi estimé. – “Panafricaniste” -Réputé pour ses talents d’orateur, M. Odinga avait cependant vu son charisme s’éteindre quelque peu avec l’âge. Son décès suscite une vive émotion au Kenya et dans le reste de la région où de nombreux dirigeants, ainsi que l’Union africaine, ont rendu hommage au leader “panafricaniste” et “visionnaire”.Martha Karua, qui avait participé comme colistière à la campagne de M. Odinga en 2022 et est d’ores et déjà aussi candidate à la présidentielle de 2027, a salué dans un communiqué “un camarade inébranlable dans la lutte pour la seconde libération”.Son adversaire aux présidentielles de 2013 et 2017, l’ex-président Uhuru Kenyatta, a salué sur X “un adversaire redoutable, mais un allié encore plus précieux pour la cause de la réconciliation”. burs-er-jcp/dyg/djb