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Lecornu échappe de peu à la censure, et va pouvoir s’atteler au budget

Sébastien Lecornu a échappé à quelques voix près jeudi à la censure, le Parti socialiste laissant sa chance au Premier ministre en échange de sa promesse de suspendre la réforme des retraites. Les débats budgétaires vont désormais pouvoir commencer à l’Assemblée dès la semaine prochaine.Au total, 271 députés ont voté pour, insuffisant pour atteindre les 289 voix nécessaires pour renverser le gouvernement. LFI, les communistes, les écologistes et l’extrême droite avaient annoncé leur volonté de censurer le gouvernement, Les Républicains et surtout le PS faisant le choix inverse.Une deuxième motion déposée par le Rassemblement national devrait elle être rejetée largement un peu plus tard dans la matinée, la gauche refusant d’y mêler ses voix.Lors des débats à la tribune de l’Assemblée, le député socialiste Laurent Baumel a défendu cette décision du PS d’épargner le gouvernement de Sébastien Lecornu, à rebours du reste de la gauche. Ce n’est “en aucun cas un pacte de non-censure” pour l’avenir, a-t-il averti. “La pérennité même de votre gouvernement” est suspendue à l’effectivité de la suspension de la réforme des retraites promise, et “il n’y aura pas d’entourloupe ou de ruse procédurale”, a-t-il aussi prévenu.Chacune leur tour, Aurélie Trouvé (LFI) puis la cheffe des députés RN, Marine Le Pen, ont tenté de convaincre les possibles hésitants, notamment chez LR et au PS, de voter leur motion respective. La suspension de la réforme des retraites, “n’est qu’un leurre, une tromperie, un subterfuge”, a dénoncé la députée insoumise en lançant les débats. “Vous tous qui avez été élus pour abroger la réforme des retraites, allez-vous vraiment vous laisser abuser par cette aumône en trompe-l’oeil ?”, a-t-elle lancé aux socialistes, alors que doutes émergent sur le fait qu’elle soit effectivement votée. Marine Le Pen a elle tancé la droite, qui après “après avoir fait campagne pendant des mois sur son refus de se dissoudre dans le macronisme”, a préféré “se dissoudre dans le socialisme”. Elle a attaqué les “partis unis par la terreur de l’élection” et a dit attendre la dissolution “avec une impatience croissante”.- “Moment de vérité” – En réponse, Sébastien Lecornu, dont le gouvernement a été nommé dimanche, a appelé à “un moment de vérité entre ordre républicain et désordre”, demandant aux censeurs de ne pas “prendre en otage” le budget. Pour donner des gages aux députés, le Premier ministre a renoncé à utiliser l’arme du 49.3 dans les débats budgétaires, permettant habituellement au gouvernement d’imposer son texte.Chez les socialistes, le chef des députés Boris Vallaud avait appelé ses troupes à s’en tenir à la ligne décidée de façon “quasi-unanime”. Mais certains s’inquiètent notamment que la suspension de la réforme des retraites n’aboutisse pas. Celle-ci doit passer par un amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale, ce qui implique que ce texte budgétaire soit adopté, possiblement avec les voix des socialistes, pourtant dans l’opposition.Or, argumentent Insoumis, écologistes et communistes, ce projet de loi comprend des mesures d’économies “inacceptables” comme le gel des prestations sociales ou le doublement des franchises médicales. Les socialistes font “le pari” que celles-ci évolueront lors du débat parlementaire.En cas de censure, le patron du PS Olivier Faure a également fait valoir jeudi que le budget passerait par “une loi spéciale”.Les LR ont eux décidé de ne pas censurer “au nom de l’intérêt national de doter la France d’un budget” malgré des “désaccords importants” selon leur orateur Jean-Didier Berger.Le patron des députés LR, Laurent Wauquiez, avait appelé ses troupes à suivre cette ligne — contrairement à l’eurodéputé François-Xavier Bellamy, proche du chef du parti Bruno Retailleau. – Bataille du budget -Les débats autour du budget, dont le texte a été présenté en Conseil des ministres mardi et qui prévoit un effort d’une trentaine de milliards d’euros, doivent enfin commencer à l’Assemblée la semaine prochaine.La commission des Finances s’en emparera lundi, et il devrait arriver dans l’hémicycle vendredi. La bataille entre une gauche traversée de tensions, un socle commun fracturé et l’extrême droite s’annonce dantesque, dans des délais très contraints.Le socialiste Laurent Baumel a d’ores et déjà appelé M. Lecornu à faire de “nouvelles concessions” sur “la trajectoire financière, sur la justice sociale, sur le pouvoir d’achat” lors des discussions. Même au sein du bloc central, le chef des députés Horizons Paul Christophe, qui a jugé jeudi la suspension de la réforme des retraites “déconnectée de toute réalité démographique et financière” a prévenu: “nous ne voterons pas n’importe quoi. Nous n’avons aucunement l’intention de renier nos valeurs”. 

L’affaire Jubillar, “chronique d’un désastre judiciaire annoncé”, fustige la défense

L’affaire Jubillar, c’est “la chronique d’un désastre judiciaire annoncé”, a fustigé jeudi l’avocate Emmanuelle Franck, première des deux défenseurs de l’accusé à prendre la parole devant la cour d’assises du Tarn, dont le verdict est attendu vendredi.Mercredi soir, le ministère public a requis 30 ans de réclusion criminelle et le retrait de l’autorité parentale contre Cédric Jubillar, jugé depuis le 22 septembre pour le meurtre de Delphine, son épouse et mère de leurs deux enfants, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, un village du Tarn.”Nous sommes les dernières voix d’un homme écrasé”, a estimé l’avocate, affirmant faire “face à une armée d’accusateurs, dans une ambiance de chasse à courre”. Cédric Jubillar “ne sait plus comment dire qu’il est innocent, il peut dire ce qu’il veut, personne n’a envie de le croire. Il a mis depuis quatre ans le pied dans une machine à broyer où la mauvaise foi côtoie parfois l’incompétence”, a-t-elle affirmé.A la barre, Me Franck a dénoncé le travail des enquêteurs de la gendarmerie qui n’ont “pas de preuves”, des juges qui ont instruit le dossier “à charge”. Elle a aussi regretté une deuxième partie de procès au cours de laquelle la défense a dû faire face à des “ressentis”.”Comment combattre des ressentis ?”, s’est-elle interrogée alors que les témoignages ont parlé de “Cédric Jubillar le sale type, le mauvais type”: “on a fait de celui-ci un criminel pour mieux expliquer qu’il a commis un crime”, a-t-elle déploré.- “Ca colle pas” -L’avocate a ensuite repris les faits, heure par heure, l’attitude de Cédric Jubillar, le cri d’effroi entendu par les voisines, la téléphonie, jetant le discrédit sur l’enquête, tentant d’introduire le doute dans l’esprit des jurés en ponctuant ses affirmations d’un “ça colle pas”.”On fabule, on raconte une histoire, on essaie de faire rentrer des ronds dans des carrés”, accuse-t-elle. “C’est bien beau de parler d’indices mais encore faut-il qu’ils s’imbriquent entre eux”.Dans son box vitré, vêtu de noir, le peintre-plaquiste de 38 ans assiste, concentré et impassible, à la plaidoirie, affalé en avant, menton appuyé sur ses bras croisés, ou adossé à sa chaise, les mains jointes.Au sujet des enfants du couple Jubillar, Louis, 11 ans, et Elyah, 6 ans, Me Franck regrette l’utilisation par l’accusation de la parole de l’aîné, âgé de 6 ans au moment de la disparition de sa mère. “Derrière ce procès spectacle, il y a deux invisibles qui attendent, deux orphelins de mère”, à qui on dit “que papa a tué maman”, “il faut être sûr et certain pour leur dire cela, et peut-on l’être?”, a questionné l’avocate.Au fil des audiences, des contradictions sont apparues dans les déclarations de Cédric Jubillar, pointées par les avocats généraux et les avocats des parties civiles, qui ont successivement pris la parole cette dernière semaine du procès.”Tu n’as pas toujours été brillant dans tes déclarations”, admet Me Franck en se tournant vers son client.- “Le crime parfait attendra” -Mercredi, dans son réquisitoire, l’avocat général Pierre Aurignac a déclaré: “Le crime parfait attendra, le crime parfait, ce n’est pas le crime sans cadavre mais celui pour lequel on n’est pas condamné, et vous allez être condamné M. Jubillar”.Selon M. Aurignac, “pour défendre l’idée de l’innocence de M. Jubillar, il faut écarter quatre experts, faire taire 19 témoins et tuer le chien pisteur” qui a permis d’établir que l’infirmière de 33 ans n’a pas quitté son domicile vivante, la nuit de la disparition. “On a beau prendre ce dossier par tous les bouts, on arrive au même résultat: la culpabilité”, a-t-il martelé.Il a critiqué une défense “tombée dans les travers” qu’elle dénonçait, à savoir un “battage médiatique féroce”, tout comme son obsession d’un “complot” contre leur client.Durant les quatre semaines du procès, les parties civiles ont espéré en vain des aveux dans cette affaire sans corps, ni scène de crime, ni preuves irréfutables.Vendredi, la parole sera donnée une dernière fois à l’accusé, avant que les trois magistrats et les six jurés se retirent pour délibérer et ensuite rendre leur verdict.

Kanchha Sherpa, le dernier survivant des pionniers de l’Everest

Il était le dernier survivant de l’expédition qui a mené pour la première fois l’homme au sommet de l’Everest en 1953. Héros célébré par toute la profession, le Népalais Kanchha Sherpa est décédé jeudi à l’âge de 92 ans.Son voyage vers la notoriété a débuté quand, adolescent, il a fui son village de Namche Bazar, aujourd’hui le plus grand pôle touristique sur la route du camp de base de l’Everest, et rejoint les montagnes de Darjeeling.Le jeune homme de 19 ans retrouve dans la ville indienne, à l’époque point de départ des expéditions himalayennes, son compatriote Tenzing Norgay Sherpa, qui l’emploie comme homme à tout faire.Quelques mois plus tard, il le retrouve au Népal, enrôlé dans l’expédition emmenée par le Néo-Zélandais Edmund Hillary en échange de quelques roupies (quelques centimes d’euros).Réunis à Katmandou, les grimpeurs gagnent le camp de base au prix de plusieurs jours de marche, faute de route praticable ou de liaison aérienne. Aujourd’hui, les alpinistes suivent un itinéraire tout tracé par des guides népalais. Sans avoir jamais été entraîné à l’alpinisme, Kanchha Sherpa est monté à plus de 8.000 m d’altitude sur l’Everest.Lors d’un échange il y a deux ans avec l’AFP, le nonagénaire, fatigué, s’est dit “le plus heureux (des hommes), quand Tenzing et Hillary ont atteint le sommet”, a-t-il affirmé, cité par son petit-fils Tenzing Chogyal Sherpa.Avec des vêtements trop grands pour eux, le dos chargé des tentes, du matériel et des vivres, les sherpas népalais grimpaient alors les pentes de la montagne en chantant, s’était-il souvenu.- “Gagner sa vie” -Sept décennies plus tard, des centaines de personnes atteignent chaque année le sommet de l’Everest (8.849 m) et des milliers d’autres voyagent au Népal pour admirer les sites himalayens. L’industrie de l’alpinisme, pesant aujourd’hui plusieurs millions de dollars, repose sur l’expérience des “sherpas”, qui paient chaque année un lourd tribut pour accompagner des centaines d’alpinistes au sommet. Un tiers des morts dans l’Everest sont des grimpeurs népalais.”Tenzing et Hillary nous ont ouvert les yeux et rendu le développement possible ici”, avait déclaré Kanchha Sherpa à la chaîne locale YOHO TV en 2019, “la vie était très dure avant. Il n’y avait aucun moyen de gagner sa vie”.Témoin direct de la transformation de la région de l’Everest, Kanchha Sherpa a continué ses ascensions pendant deux décennies, jusqu’à ce que sa femme lui demande d’arrêter ses dangereux périples.L’éducation des enfants sherpas est le bénéfice le plus significatif, a souligné l’ancien alpiniste. “Ils ont désormais la possibilité d’étudier et peuvent devenir ce qu’ils veulent, médecin, ingénieur ou scientifique comme mon petit-fils”, avait-il poursuivi.”Je n’aurais jamais imaginé qu’une telle chose soit possible de mon temps”, avait ajouté le montagnard.Après avoir quitté les sommets, Kanchha Sherpa a créé une fondation à son nom, dédiée à l’aide aux familles qui n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école.Pendant ses derniers jours, il redoutait que “la jeunesse soit influencée par la culture occidentale et oublie lentement la culture et la langue sherpa”.

A peine installé, Lecornu affronte deux motions de censure

Un dernier obstacle avant d’entamer l’examen du budget: deux motions de censure contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, l’une de LFI et l’autre du RN, ont commencé à être débattues par les députés jeudi matin, et devraient être rejetées, dans un scrutin serré, faute de soutien du PS.Le Parti socialiste a pris sa décision après avoir obtenu mardi satisfaction sur plusieurs revendications clés, dont l’annonce par le Premier ministre, dans sa déclaration de politique générale, de la suspension de la réforme des retraites.Cette suspension “n’est qu’un leurre, une tromperie, un subterfuge”, a dénoncé la députée de la France insoumise (LFI) Aurélie Trouvé, en lançant le débat commun aux deux motions à 09H00. “Vous tous qui avez été élus pour abroger la réforme des retraites, allez-vous vraiment vous laisser abuser par cette aumône en trompe-l’œil ?”, a-t-elle lancé aux députés socialistes… absents de l’hémicycle, tout comme la plupart des élus de la droite et du camp présidentiel.Seuls votent en effet ceux qui sont pour la censure. A l’issue des débats, prévus pour durer deux heures et demie, le scrutin sera ensuite ouvert pour trente minutes sur une motion, puis l’autre.Si la gauche ne soutiendra pas la motion du RN, celle de la France insoumise devrait recueillir les voix de l’extrême droite, ainsi que des députés écologistes et communistes.Manqueraient alors environ une vingtaine de députés pour atteindre la majorité (289 voix) qui ferait tomber le gouvernement, tout juste nommé dimanche.Marine Le Pen, qui a défendu dans la foulée la motion de son groupe et de ses alliés ciottistes, s’en est pris “aux partis unis par la terreur de la dissolution” que le RN réclame pour “sortir” le pays “de l’impasse”. Elle a prédit que l’année blanche prévue dans le projet de budget serait “une année noire”.En réponse, Sébastien Lecornu a appelé à “un moment de vérité entre ordre républicain et désordre”, demandant aux censeurs de ne pas “prendre en otage” le budget. – “Quasi-unanime -Combien de députés franchiront le pas en s’affranchissant de la consigne de leur parti?Chez les LR “deux ou trois” devraient voter la censure, selon une source interne.”Quelques votes pour” sont également possibles chez les indépendants Liot, selon une source au sein du groupe centriste.Chez les socialistes, le patron du parti Olivier Faure et le chef des députés Boris Vallaud ont appelé leurs troupes à s’en tenir à la ligne décidée de façon “quasi-unanime”. Mais le député Paul Christophle a fait savoir qu’il censurerait malgré tout: “mon sujet, c’est la justice fiscale et le pouvoir d’achat, il n’y a pas d’engagement du gouvernement sur ces sujets”, a-t-il dit à l’AFP. Cinq députés ultramarins du groupe PS ont également annoncé censurer.Le socialiste Pierrick Courbon dit lui hésiter. Il s’inquiète que la suspension de la réforme des retraites, qui passera selon M. Lecornu par un amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale, implique que les socialistes soutiennent ce texte dans son ensemble pour qu’il soit adopté. Or “le PLFSS du budget Macron” n’obtiendra “jamais ma voix”, confie-t-il à l’AFP.Un argument d’ailleurs repris en chœur par La France insoumise, les écologistes et les communistes. – Gouvernement “très fragile” -Ces mesures font partie de l’effort budgétaire prévu par le gouvernement d’une trentaine de milliards d’euros, dont 14 milliards de nouveaux prélèvements obligatoires.Si le gouvernement de Sébastien Lecornu survit, les débats autour du budget, dont le texte a été présenté en Conseil des ministres mardi, pourront enfin commencer à l’Assemblée.La commission des Finances s’en emparera lundi, et il devrait arriver dans l’hémicycle vendredi. Sans recours au 49.3, que M. Lecornu s’est engagé à ne pas utiliser, la bataille entre une gauche désunie, un socle commun fracturé et l’extrême droite s’annonce dantesque, dans des délais très contraints.Les socialistes se réservent d’ailleurs la possibilité de censurer le gouvernement au cours des discussions. Un député Horizons résume: “Je ne pense pas que le gouvernement sera censuré demain, mais il sera très fragile.”

Migrations : un an après leur ouverture, les camps italiens en Albanie sont vides

Un an après l’ouverture en Albanie de camps censés accueillir les migrants arrêtés dans les eaux italiennes, les lieux sont presque vides, les conditions de vie y sont dénoncées par de nombreuses ONG et la justice italienne a annulé des dizaines de décisions d’expulsions.Le 16 octobre 2024, en vertu d’un accord conclu entre Tirana et Rome, deux centres de rétention, gérés par Rome, ouvrent dans le port de Shengjin et dans le village de Gjader, dans le nord de l’Albanie. Le jour même, devant des dizaines de caméras, un premier navire de la marine italienne arrive avec à son bord 16 hommes originaires d’Égypte et du Bangladesh, arrêtés en mer alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Union européenne.Comme le prévoit l’accord, leur identité est d’abord vérifiée dans des préfabriqués bâtis sur le port, puis ils sont envoyés dans le camp de Gjader, où ils peuvent déposer une demande d’asile et en attendre la réponse.Mais très vite, quatre d’entre eux sont identifiés comme “vulnérables” et renvoyés en Italie. 48 heures plus tard, la justice italienne invalide la rétention des 12 hommes restants, invoquant un désaccord entre l’UE et l’Italie, qui a établi une liste des pays d’origine “sûrs” de 22 pays dont certains ne le sont pas au regard du droit européen. Les 12 hommes repartent eux aussi.Un an plus tard, la justice italienne a désavoué plusieurs fois l’application de l’accord, dont le bilan est loin des promesses du gouvernement, qui évoquait jusqu’à 3.000 migrants accueillis dans les camps. Selon le juriste Gianfranco Schiavone, se fondant sur un rapport d’ONG italiennes, 132 personnes ont été emmenées dans les centres albanais, dont 32 ont été rapatriées après des décisions de la justice italienne. “Comme on peut le constater, l’échec est déconcertant”, assène-t-il.”La situation est très préoccupante en raison de l’extrême difficulté pour les personnes détenues d’exercer leurs droits fondamentaux en général”, alerte M. Schiavone, évoquant, toujours selon le rapport “Blessures aux frontières” rédigé par plusieurs ONG italiennes, “21 cas d’automutilation et de tentatives de suicides par au moins neuf détenues”.Savoir ce qui se passe précisément derrière les grilles est presque impossible : les autorités albanaises se refusent à tout commentaire, renvoyant vers les Italiens.Interrogé par l’AFP pour savoir combien de personnes se trouvent dans les camps, quelles sont leurs conditions de vie et quel est l’avenir de ces installations, le ministère italien de l’Intérieur a expliqué que le ministre avait “répondu à plusieurs reprises sur ces points”.- CPR  -Face à cet échec, l’Italie voudrait transformer ces camps en centres de rétention pour migrants en situation irrégulière (CPR). Une évolution qui risquerait d’être retoquée par la justice européenne, estime M. Schiavone.”L’échec du protocole signé avec l’Albanie a poussé le gouvernement (italien) à le transformer en autre chose qui – comme l’a déjà réaffirmé la magistrature italienne – contredit la directive européenne sur les retours : à savoir qu’il n’est en aucun cas prévu que la détention administrative d’étrangers en attente d’expulsion en Italie puisse être effectuée sans un pays non membre de l’Union européenne”, explique-t-il.Quelque chose qui pourrait évoluer dans quelques mois si le “règlement retour”, actuellement en débat au Parlement européen, est adopté : il ouvrirait la voie à la création de centres pour migrants en dehors des frontières de l’UE. Arrivée au pouvoir en 2022, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, cheffe du parti post-fasciste Fratelli d’Italia (FDI) qui a fait de la lutte contre l’immigration l’un des piliers de sa communication, espère “obtenir ce qu’elle n’a pas obtenu du pacte (avec l’Albanie), en particulier la possibilité de recourir à des expulsions expéditives”, analyse Filippo Furri, de l’ONG ARCI.”L’espoir est que ces pratiques soient jugées illégales, ou économiquement insoutenables, et que l’UE revoit son approche”, ajoute cet anthropologue. Mais le risque pour les migrants est que “cette expérimentation italienne se propage à d’autres pays”.En visite en Albanie au printemps, le Premier ministre britannique Keir Starmer avait évoqué son souhait de créer des “hubs de retour”. Edi rama, son homologue albanais, avait alors été très clair : “Le modèle que nous avons apporté en Albanie en coopération avec l’Italie (…) est un modèle qui prend du temps pour être testé. S’il fonctionne, il pourra être reproduit. Mais pas en Albanie, dans d’autres pays de la région”.

Pérou: au moins 75 blessés lors d’une manifestation à Lima après l’arrivée du nouveau gouvernement

Au moins 75 personnes ont été blessées dans une manifestation à Lima mercredi, dont une majorité de policiers, a indiqué le président du Pérou José Jeri, fraîchement arrivé à la tête d’un pays secoué depuis plusieurs semaines par des mobilisations contre la classe politique et l’insécurité. “55 policiers” et “20 civils blessés”, a indiqué le président par intérim José Jeri sur X, réévaluant très régulièrement le bilan à la hausse, et précisant citer le Défenseur des droits en ce qui concerne les données sur les civils. Des milliers de personnes ont défilé mercredi à Lima, Arequipa, Cusco, ou Puno, face à une vague sans précédent d’extorsions et d’assassinats, visant des chauffeurs, des artistes, et d’autres milieux. Cette crise sécuritaire a précipité la destitution expresse de la présidente Dina Boluarte vendredi. Le président du Parlement péruvien, José Jeri, a repris la présidence du pays par intérim jusqu’en juillet 2026.Dans la lignée des précédentes, la mobilisation de mercredi, prévue avant le changement inattendu de gouvernant, répond notamment à l’appel notamment de la “Gen Z”, un mouvement de jeunes manifestants qui se répand à l’international, identifiables au drapeau One Piece qu’ils brandissent – le manga le plus vendu de l’histoire, dans lequel le héros Luffy s’oppose à des groupes dominants. “Je pense qu’il y a un mécontentement général parce que rien n’a été fait (…) de la part de l’Etat”, a indiqué mercredi à l’AFP Amanda Meza, travailleuse indépendante de 49 ans, en marche vers le Congrès.”L’insécurité des citoyens, l’extorsion, les assassinats commandités (…) ont considérablement augmenté”, énumère-t-elle, tandis que la foule scande: “Pas un mort de plus!”- “Manque d’attention” -La nuit tombée, certains manifestants ont tenté de renverser les barrières de sécurité installées à l’extérieur du Congrès, a constaté un journaliste de l’AFP.La police les a dispersés à l’aide de gaz lacrymogènes et a chargé avec boucliers et matraques les groupes qui lançaient des pierres et des feux d’artifice en leur direction.Le général Oscar Arriola, porte-parole de la police, a fait état de quatre agents blessés évacués, déplorant “un degré élevé de violence, de dommages (…) et d’agressions contre les policiers”, à la radio RPP.”Les caméras de la police et de la ville de Lima serviront à identifier les délinquants qui se sont infiltrés dans une manifestation pacifique pour semer le chaos”, a assuré le président José Jeri sur X. “Toute la rigueur de la loi s’appliquera à leur encontre.”M. Jeri a également fait état de 10 arrestations pour l’heure. “L’expression citoyenne dans les rues est un droit face au manque d’attention de l’État depuis de nombreuses années; cependant, nous ne permettrons pas (…) la violence comme moyen d’action”, a-t-il également écrit. Mercredi, les organisations féministes faisaient aussi partie du cortège, mobilisées contre le nouveau président qui a fait l’objet d’une plainte pour viol classée sans suite.Les militantes ont déployé un grand drapeau péruvien sur lequel était inscrit en lettres noires “José Jeri, président du Pérou, violeur”.Les heurts de jeudi portent à près de 150 personnes le nombre de blessés dans les manifestations de ces dernières semaines, parmi lesquelles des policiers, des manifestants et des journalistes, selon les autorités et des sources indépendantes.

Donald Trump organise un dîner pour les riches donateurs de sa salle de bal

Le président américain Donald Trump a organisé mercredi un dîner fastueux pour remercier des milliardaires et grandes entreprises d’avoir fait des dons pour une nouvelle salle de bal, en cours de construction à la Maison Blanche pour 250 millions de dollars. Parmi les invités figuraient des représentants d’entreprises de la “tech” comme Amazon, Apple, Meta, Google, Microsoft et Palantir, ou encore le géant de la défense Lockheed Martin, selon les médias américains, citant la liste des invités de la Maison Blanche. Les jumeaux Cameron et Tyler Winklevoss, fondateurs de la plateforme Gemini, étaient également sur place, a constaté un journaliste de l’AFP présent dans la salle. “Nombre d’entre vous se sont montrés très, très généreux”, a déclaré M. Trump à ses invités. “Je veux dire, certains d’entre vous assis ici devant moi me demandent +Monsieur, est-ce que 25 millions de dollars conviendraient?+ J’ai répondu: +Je prends+”.Selon Donald Trump, la nouvelle salle de bal sera entièrement financée par des fonds privés. Parmi eux, 22 millions de dollars proviennent d’un accord avec YouTube en septembre, après que la société a suspendu le compte de Donald Trump à la suite de l’attaque du Capitole le 6 janvier 2021. Au cours de la soirée, le président a ouvert les rideaux de la salle Est, dévoilant aux invités les travaux en cours pour construire la gigantesque salle de bal, le plus grand ajout à la Maison Blanche depuis plus d’un siècle. Selon lui, la pièce comptera quatre murs en verre pare-balles, pourra accueillir 1.000 personnes et sera en mesure d’abriter une cérémonie d’investiture présidentielle.C’est la plus importante des transformations lancées par Donald Trump à la Maison Blanche depuis son retour au pouvoir en janvier. Il a déjà chargé le Bureau Ovale de décorations en or, et changé la roseraie en patio par exemple.M. Trump a également montré des plans pour son projet d’arche près du mémorial de Lincoln à Washington, dont une option aux dimensions plus imposantes que l’Arc de Triomphe français. Il a soulevé un modèle réduit de la construction, surnommée “Arc de Trump” après la publication des premières photos par l’AFP. “Ce sera vraiment beau”, a commenté le président américain.

Pérou: plusieurs blessés dans une manifestation à Lima, après l’arrivée du nouveau gouvernement

Au moins quatre policiers ont été blessés lors d’affrontements qui ont éclaté mercredi soir près du siège du Congrès péruvien à Lima, selon la police, en marge d’une manifestation organisée moins d’une semaine après l’installation du nouveau gouvernement.Des milliers de personnes ont défilé à Lima, Arequipa, Cusco, ou Puno, pour protester contre la classe politique et dénoncer le crime organisé, face à une vague sans précédent d’extorsions et d’assassinats.Cette crise sécuritaire a précipité la destitution expresse de la présidente Dina Boluarte vendredi. Le président du Parlement péruvien, José Jeri, a repris la présidence du pays par intérim jusqu’en juillet 2026.Les manifestations s’intensifient depuis un mois, à l’appel notamment de la “Gen Z”, un mouvement de jeunes manifestants qui se répand à l’international, identifiables au drapeau One Piece qu’ils brandissent – le manga le plus vendu de l’histoire, dans lequel le héros Luffy s’oppose à des groupes dominants. “Je pense qu’il y a un mécontentement général parce que rien n’a été fait (…) de la part de l’Etat”, a indiqué mercredi à l’AFP Amanda Meza, travailleuse indépendante de 49 ans, en marche vers le Congrès.”L’insécurité des citoyens, l’extorsion, les assassinats commandités (…) ont considérablement augmenté”, énumère-t-elle, tandis que la foule scande: “Pas un mort de plus!”La nuit tombée, certains manifestants ont tenté de renverser les barrières de sécurité installées à l’extérieur du Congrès, a constaté un journaliste de l’AFP.La police les a dispersés à l’aide de gaz lacrymogènes et a chargé avec boucliers et matraques les groupes qui lançaient des pierres et des feux d’artifice en leur direction.Le général Oscar Arriola, porte-parole de la police, a fait état de quatre agents blessés évacués, déplorant “un degré élevé de violence, de dommages (…) et d’agressions contre les policiers”, à la radio RPP.Il n’y a pour l’heure pas de bilan disponible sur d’éventuels manifestants blessés.Mercredi, les organisations féministes faisaient aussi partie du cortège, mobilisées contre le nouveau président qui a fait l’objet d’une plainte pour viol classée sans suite.A ce jour, au moins 78 personnes ont été blessées dans ces manifestations, parmi lesquelles des policiers, des manifestants et des journalistes, selon les autorités et des sources indépendantes.

Trump approuve des opérations de la CIA contre le Venezuela qui proteste

Le président américain Donald Trump a indiqué mercredi avoir autorisé des actions clandestines de la CIA contre le Venezuela et envisagé des frappes sur le territoire vénézuelien, déclenchant la colère de Caracas qui s’est insurgé contre “les coups d’Etats fomentés par la CIA”.Trump a refusé de commenter en détail des informations du New York Times selon lequel il aurait secrètement autorisé la CIA à mener une action clandestine au Venezuela contre Maduro. “Mais j’ai autorisé pour deux raisons vraiment”, a-t-il déclaré, avant d’énumérer des arguments familiers accusant Maduro de diriger un régime de “narco-terrorisme” et de libérer des prisonniers pour les envoyer aux États-Unis.Interrogé sur s’il avait donné à la CIA l’autorisation de “neutraliser” Maduro, Trump a répondu: “C’est une question ridicule qu’on me pose là. Enfin, ce n’est pas vraiment une question ridicule, mais ne serait-ce pas ridicule de ma part d’y répondre?”, a-t-il dit.L’administration Trump a dernièrement frappé en mer au moins cinq embarcations présentées comme celles de narcotrafiquants dans les eaux internationales, pour un bilan d’au moins 27 morts, après avoir déployé en août huit navires de guerre et un sous-marin à propulsion nucléaire au large des côtes du Venezuela, officiellement dans le cadre d’une opération antidrogue. “Je ne veux pas vous en dire plus, mais nous regardons du côté du sol à présent, car nous contrôlons très bien la mer”, a répondu Donald Trump à une question d’un journaliste portant sur de potentielles frappes terrestres. Washington accuse le président vénézuélien et son gouvernement d’être à la tête d’une vaste organisation de trafic de drogue vers les Etats-Unis, ce que Caracas dément vigoureusement et, en réponse au déploiement américain considéré comme une “menace militaire”, a lancé des exercices militaires et la mobilisation de réservistes. – Manœuvres militaires – “Non à la guerre dans les Caraïbes (…)”, a lancé Nicolas Maduro mercredi soir. “Non au changement de régime qui nous rappelle tant les guerres éternelles ratées d’Afghanistan, d’Iran, d’Irak (…). Non aux coups d’État fomentés par la CIA.”Des coups “qui nous rappellent les 30.000 disparus causés par la CIA lors des coups d’État en Argentine. Le coup d’État de Pinochet et les 5.000 jeunes assassinés et disparus. Jusqu’à quand les coups d’État de la CIA? L’Amérique latine ne les veut pas, n’en a pas besoin et les rejette”, a-t-il encore accusé devant le Conseil national pour la souveraineté et la paix, organe créé en septembre spécialement pour cette crise.Les Etats-Unis “admettent publiquement avoir autorisé des opérations visant à agir contre la paix et la stabilité du Venezuela. Cette affirmation sans précédent constitue une violation grave du droit international”, a réagi en soirée le minsitère des Affaires étrangères dans un communiqué.”Nous observons avec une extrême inquiétude l’utilisation de la CIA, ainsi que les déploiements militaires annoncés dans les Caraïbes, qui configurent une politique d’agression, de menace et de harcèlement contre le Venezuela”, précise le texte.Le président Maduro avait auparavant dans la journée poursuivi un programme de manœuvres militaires à travers le pays, faisant notamment déployer des forces dans Petare et Catia, les deux plus grands quartiers populaires de Caracas.Dans ce cadre, il a ordonné jeudi des manoeuvres militaires à la frontière avec la Colombie, dans les Etats de Tachira, Apure et Amazonas.C’est justement par cette zone très poreuse que transite une partie de la cocaïne colombienne, premier producteur mondial. Elle fait partie des cibles possibles évoquées par des sources proches de la Maison Blanche.”Nous allons activer toute la force militaire de défense intégrale, populaire, policière”, a annoncé M. Maduro dans un message audio sur Telegram.Cette mobilisation vise à “gagner la paix” en défendant “les montagnes, les côtes, les écoles, les hôpitaux, les usines, les marchés” du pays, a encore déclaré le chef de l’Etat. Pour Nicolas Maduro, Washington utilise le trafic de drogue comme prétexte “pour imposer un changement de régime” et s’emparer des importantes réserves de pétrole du pays.

Ultimes plaidoiries, la défense plaide l’acquittement de Cédric Jubillar

Après neuf avocats des parties civiles et un double réquisitoire demandant 30 ans de réclusion, les avocats de la défense, pugnaces depuis le début du procès mais silencieux dans le prétoire depuis vendredi, reprennent jeudi la parole pour plaider l’acquittement de Cédric Jubillar, à la veille du verdict.Depuis le début de cette dernière semaine d’un procès qui aura duré presque un mois, Mes Emmanuelle Franck et Alexandre Martin, assis devant le box de leur client accusé du meurtre de sa femme Delphine, dodelinent de la tête, lèvent les yeux au ciel, haussent ou froncent les sourcils mais ne disent plus rien.Lundi, au soir de la dernière partie d’un interrogatoire récapitulatif de Cédric Jubillar au cours duquel il avait multiplié les dénégations, ils ont expliqué à la presse qu’ils réservaient désormais leurs propos à leurs plaidoiries.”Cédric Jubillar s’est exprimé, comme il le fait depuis le début de cette procédure, pour dire et répéter qu’il est innocent de ce qu’on lui reproche”, avait déclaré ce soir-là Alexandre Martin.Les contradictions de leur client, pointées par les avocats généraux et les avocats des parties civiles, n’ont porté que sur des “points de détail” alors que “sur les éléments essentiels du dossier (…) il ne s’est jamais contredit”, disait encore l’avocat.- “Subterfuges cruels” -Depuis, deux jours d’audience se sont écoulés et les critiques vis-à-vis de leur travail, de leur stratégie tant à l’audience que devant la presse se sont accumulées.Ainsi, à la veille de leurs plaidoiries, l’avocat général Pierre Aurignac a certes indiqué jeudi comprendre qu’ils se soient élevés contre le “battage médiatique féroce” dont était victime leur client au moment de sa mise en examen en juin 2021.Il a également salué “toute la grandeur du rôle de l’avocat de la défense de se dresser” quand tout le monde accable celui qui est accusé. Mais pour autant, a-t-il rapidement tempéré, Mes Franck et Martin ont, selon lui, “largement succombé aux errements” médiatiques qu’ils dénonçaient, voyant “partout des complots” contre leur client.”La défense s’est fait plaisir à l’audience”, a en outre déploré l’avocat général, regrettant par exemple une convocation à ses yeux inutile à la barre de l’ancien procureur de Toulouse, Dominique Alzéari, ou les attaques contre le directeur d’enquête du dossier, le major de gendarmerie Bernard Lorvellec.Côté parties civiles, Laurent de Caunes, l’un des avocats des frères et soeur de Delphine Jubillar, tout en saluant le talent de ses adversaires, a lui-aussi dénoncé leurs “subterfuges cruels” qui “font un certain mal” aux membres de la famille de la disparue. – “Cartes à jouer” -Lundi, Me Martin défendait encore la stratégie choisie par la défense: “on n’est pas là pour démontrer l’innocence. On est là pour combattre des charges que l’on nous avance comme des preuves de culpabilité”.A l’avant-dernier jour du procès de cette affaire Cédric Jubillar qu’ils savent “exceptionnelle”, notamment “par la pression qui pèse sur ses avocats”, comme le confiait à l’AFP avant le procès Alexandre Martin, ils entendent plaider l’acquittement du peintre-plaquiste de 38 ans parce qu’ils restent “convaincus qu’on ne peut pas condamner un homme sur la base de ce dossier”.”La défense va se battre, la défense est efficace, elle est compétente et connait le dossier à fond”, soulignait jeudi soir Me de Caunes, tout en saluant “deux réquisitoires complémentaires et redoutables”, prononcés par M. Aurignac et son collègue du ministère public, Nicolas Ruff.”Malgré l’impression que peuvent laisser ces réquisitoires, (la défense) aura des cartes à jouer mais ce sera difficile”, anticipait encore ce connaisseur des assises.Toute la journée de jeudi sera consacrée aux plaidoiries de Mes Franck et Martin. L’accusé aura ensuite la possibilité de s’exprimer une dernière fois, vendredi matin, avant que la cour, présidée par Hélène Ratinaud, et les jurés, ne se retirent et délibèrent, pour un verdict attendu dans la journée.