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Procès Jubillar: pour éviter un “désastre” ou une “erreur judiciaire”, la défense plaide l’acquittement

Le procès de Cédric Jubillar pour le meurtre de sa femme Delphine est un “tapis rouge” déroulé à une “erreur judiciaire”, a plaidé jeudi après-midi Me Alexandre Martin, à la suite de son associée de la défense qui, face aux assises du Tarn, a fustigé la “chronique d’un désastre”.La cour n’a désormais plus qu’à entendre l’accusé, vendredi matin, à qui sera donné, comme le prévoit le code de procédure pénale, la possibilité de s’exprimer une dernière fois, avant de partir délibérer pour rendre un verdict attendu dans la journée. “Ce procès est vicié, c’est dérouler un tapis rouge à l’erreur judiciaire d’accepter même qu’il se tienne”, a affirmé l’avocat de M. Jubillar, avant de conclure à l’adresse des jurés: “Votre devoir vous dicte de l’acquitter”.Me Martin a estimé que cette affaire était devenue un “cimetière de certitudes”, avec des “indices” qui ne sont pas ceux “d’un crime” ou “d’une scène de crime”, mais ceux “d’un coupable annoncé sans crime, ni scène de crime”.D’une voix forte au ton solennel, Me Martin a décrit son client, contre lequel une peine de 30 ans de réclusion a été requise mercredi, comme un “homme seul, détruit”, victime “d’une conviction des gendarmes figée depuis le début”, soumis à une “meute accusatrice” et à un “acharnement médiatique”.Alors que sa consoeur Emmanuelle Franck avait dans la matinée décortiqué l’enquête, Me Martin s’est attaché à défendre l’accusé en évoquant sa “vie sans aucune caricature, sans aucun travestissement”.Un homme qui “gueule pour exister”, “qui veut qu’on l’aime”, a décrit l’avocat. “Il est chiant oui, il sait tout sur tout, lui, le gamin agité, il veut qu’on le regarde”, a énuméré Me Martin qui, au passage, a dénoncé le comportement de la mère de l’accusé.- “Plus de mère” -“Cédric, tu n’as plus de mère”, a ainsi lancé le conseil toulousain, ajoutant: “Je n’avais jamais vu une mère abandonner son fils” pour attaquer avec force le témoignage de Nadine Jubillar, partie civile dans cette procédure et qui n’a pas caché à la barre qu’elle pensait son fils capable d’avoir tué son épouse.Dans une plaidoirie d’environ trois heures, Me Martin a retracé le parcours personnel de son client et l’évolution du couple qu’il formait avec Delphine jusqu’aux semaines ayant précédé la nuit de la disparition de l’infirmière, entre le 15 et le 16 décembre 2020, réfutant le scénario d’un crime commis par un homme “dévoré par la passion”.Cédric Jubillar acceptait la perspective d’un divorce, même si c’était difficile, a soutenu son avocat, ironisant sur la volonté de l’accusation de transformer son client en Othello ou en Don José, en référence au mari jaloux de la tragédie de Shakespeare et au meurtrier de Carmen.”Ce soir-là, il faudrait imaginer que Cédric Jubillar va exploser et commettre un crime passionnel qui ne lui correspond nullement”, un scénario impossible selon Me Martin, tout comme pour Me Franck qui avait le matin fait remarquer que le “pétage de plomb” imaginé par l’accusation “est ce qu’on appelle un crime pulsionnel, un crime passionnel, celui qui laisse le plus de traces, parce qu’on ne contrôle rien, on éclabousse tout”.- “Cauchemar” -Or, il n’y a aucune trace, a insisté l’avocate qui a conclu sa plaidoirie de trois heures également, la voix un moment voilée par l’émotion pour demander aux jurés de mettre “fin à ce cauchemar”.A la barre, elle a longuement dénoncé le travail des enquêteurs, assénant: “Rien de pire que des gendarmes qui ont des certitudes de bonne foi mais qui, pour combler les vides, font des choses de mauvaise foi”.L’avocate a repris tous les éléments du dossier: l’attitude de Cédric Jubillar, le cri d’effroi entendu par les voisines, la téléphonie… jetant le discrédit sur chacun d’entre eux, tentant d’introduire le doute dans l’esprit des jurés en ponctuant ses affirmations d’un “ça colle pas”.”On fabule, on raconte une histoire, on essaie de faire rentrer des ronds dans des carrés”, a-t-elle accusé. “C’est bien beau de parler d’indices mais encore faut-il qu’ils s’imbriquent entre eux.””Vous êtes les derniers remparts de ce cirque judiciaire”, a-t-elle dit aux jurés. Vendredi, les trois magistrats et les six jurés devront rendre leur verdict selon leur intime conviction. Sept sur neuf doivent déclarer Cédric Jubillar coupable pour qu’il soit condamné. Si trois votent non coupable, il sera acquitté.

“Un venin mortel”: en Tunisie, une ville asphyxiée par un complexe chimique “délabré”

Ikram Aioua est emplie d’une colère froide. Depuis début septembre, son fils a été hospitalisé trois fois après avoir inhalé des gaz toxiques imputés à un complexe chimique vieillissant à Gabès, dans le sud de la Tunisie. Comme les proches de dizaines d’autres personnes intoxiquées, elle exige la fermeture de l’usine.Le complexe “est un venin …

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Pédocriminalité: l’Eglise néglige trop les victimes, selon un rapport du Vatican

Représailles “troublantes”, négligence, manque de transparence, lenteur: l’Eglise catholique souffre encore de sévères maux dans l’accompagnement des victimes de violences sexuelles en son sein, malgré des années d’efforts pour lutter contre ce fléau mondial, a révélé jeudi une commission du Vatican.Dans son deuxième rapport annuel, la commission pontificale pour la protection des mineurs pointe aussi …

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Pédocriminalité: l’Eglise néglige trop les victimes, selon un rapport du Vatican

Représailles “troublantes”, négligence, manque de transparence, lenteur: l’Eglise catholique souffre encore de sévères maux dans l’accompagnement des victimes de violences sexuelles en son sein, malgré des années d’efforts pour lutter contre ce fléau mondial, a révélé jeudi une commission du Vatican.Dans son deuxième rapport annuel, la commission pontificale pour la protection des mineurs pointe aussi du doigt la “résistance culturelle” freinant la lutte contre les violences dans de nombreux diocèses du monde, ainsi que “de grandes disparités” entre les régions.Pour la première fois, 40 victimes ont contribué à l’élaboration du document, certaines faisant état de pressions de la part des responsables de l’institution deux fois millénaire, plus de 20 ans après les premières révélations d’ampleur aux Etats-Unis.”Mon frère était séminariste. L’évêque a dit à ma famille que ma plainte  pouvait compromettre son ordination”, a raconté l’une d’elles, tandis qu’une autre a rapporté avoir vu sa famille publiquement excommuniée après avoir fait un signalement.”C’est un véritable cri que les victimes lancent: elle ne se sentent pas écoutées, pas accompagnées, parfois il n’y a pas de relation empathique, ni même de respect”, a relevé Mgr Luis Manuel Alí Herrera, secrétaire de la commission, lors d’une conférence de presse jeudi.Le document de 103 pages, présenté en septembre au pape Léon XIV, insiste sur les réparations, y compris financières, à garantir aux victimes, à travers un soutien psychologique et des excuses publiques, mais aussi sur l’importance de “communiquer publiquement les raisons” de la révocation d’un prêtre.- “Culture du silence” -Face aux “lacunes systémiques persistantes” de l’Eglise, ce rapport annuel se veut “comme un outil”, a déclaré dans un entretien à l’AFP l’archevêque français Thibault Verny, nommé en juillet président de cette commission par Léon XIV.”Les figures d’autorité au sein de l’Eglise qui ont commis ou permis des abus se sont peut-être considérées comme trop essentielles et importantes pour être tenues responsables. La réponse de l’Eglise aux abus ne doit pas reproduire les mêmes erreurs”, fustige le rapport.La commission, qui s’est penchée en 2024 sur les cas spécifiques d’une vingtaine de pays, met en lumière les “tabous culturels” et la “culture du silence” entourant ces violences, de Malte à l’Ethiopie en passant par le Mozambique ou la Guinée.Particulièrement épinglée, l’Italie, qui entretient des liens historiques avec le Vatican, montre “une résistance culturelle considérable à la lutte contre les abus”, note le document, alors que la péninsule est pointée du doigt pour son retard en la matière.Il reproche également aux évêques du pays de ne pas avoir suffisamment collaboré, seuls 81 diocèses sur 226 ayant répondu à un questionnaire d’enquête.Le groupe de recherche américain BishopAccountability a salué un rapport “constructif” tout en regrettant que la commission n’ait pas le pouvoir de “retirer les délinquants sexuels de leur ministère”.Les témoignages des victimes “sont particulièrement inquiétants”, a réagi dans un communiqué sa co-directrice, Anne Barrett Doyle. “Les évêques continuent de rejeter les victimes et de protéger le clergé accusé en toute impunité.”- “Sur la défensive” -Le pape François avait créé au début de son pontificat, en 2014, cette commission composée d’experts religieux et laïcs dans divers domaines comme le droit, l’éducation, la psychologie ou la psychiatrie.Après les multiples critiques sur son fonctionnement et la démission de plusieurs de ses membres, le pontife argentin l’avait intégrée en 2022 à la Curie romaine, le gouvernement du Saint-Siège, tout en demandant un rapport annuel sur les progrès réalisés. Elu en mai, son successeur Léon XIV “s’est très tôt saisi de cette mission grave et importante”, a confié Mgr Verny.En septembre, le pape américain avait évoqué dans une interview l’importance de protéger les prêtres victimes de fausses accusations, provoquant l’inquiétude des associations de victimes.”Il peut y avoir de fausses allégations. Force est de constater que c’est dans des proportions très, très faibles”, a précisé Mgr Verny en soulignant l’importance, pour l’Eglise, “de ne pas être constamment sur la défensive”.De 2013 jusqu’à sa mort en avril 2025, François a multiplié les mesures contre la multiplication des violences sexuelles mais le secret de la confession demeure absolu, et le clergé n’est pas obligé de dénoncer d’éventuels crimes auprès de la justice civile, sauf si les lois du pays l’y obligent. 

Avec le retour des otages, le kibboutz Kfar Aza veut aller de l’avant

Le kibboutz Kfar Aza a été l’un des plus meurtris par l’attaque sanglante du Hamas palestinien il y a deux ans. Mais avec la libération d’otages cette semaine, la population peut commencer à panser ses plaies et entrevoir l’avenir.    “On peut enfin entamer le processus de reconstruction”, résume sobrement Avidor Schwartzman, habitant de ce kibboutz …

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Face à la Russie, l’UE défend son projet de “mur” antidrones

La mise en oeuvre d’une défense antidrones dans l’Union européenne face à la menace russe n’est “plus une option”, après les multiples incursions de drones dans le ciel européen, a jugé jeudi la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas.”Les drones redéfinissent déjà la guerre. Avoir des défenses contre les drones n’est plus une option pour quiconque”, a-t-elle déclaré devant la presse, en présentant une “feuille de route” visant à assurer une défense “crédible” de l’UE d’ici 2030 face à la Russie.Critiquée par plusieurs Etats membres, la Commission a défendu ce projet, jugé prioritaire et qu’elle entend rendre totalement opérationnel d’ici 2027. Elle veut également renforcer la défense de l’Europe dans l’espace, dans les airs et sur le flanc oriental.”Il est clair que nous devons renforcer nos défenses contre la Russie”, a affirmé Mme Kallas. “La Russie n’a pas la capacité de lancer une attaque contre l’UE aujourd’hui, mais elle pourrait se préparer dans les années à venir”, a-t-elle encore expliqué.La réponse de l’Otan à l’entrée d’une vingtaine de drones russes dans l’espace aérien de la Pologne avait mis en évidence les lacunes dans l’arsenal européen. Pour abattre trois de ces drones, l’Otan avait dû recourir à de coûteux missiles.Ce “mur” antidrones, rebaptisé Initiative européenne sur les drones, a suscité la perplexité de plusieurs Etats membres, dont l’Allemagne, qui ont exprimé des doutes sur la compétence de la commission européenne dans ce domaine.- “Aux commandes” -La Commission insiste désormais sur le rôle central des gouvernements pour mettre en oeuvre les différents projets identifiés par la Commission européenne.”Les États membres sont aux commandes. Ce sont eux qui décident quoi acheter ou développer, quand et auprès de qui”, a assuré Mme Kallas.La Commission se contentera d’un “rôle de facilitateur”, a expliqué de son coté le commissaire européen à la Défense Andrius Kubilius, lors d’une rencontre avec quelques journalistes.Elle favorisera par exemple le développement de contrats en commun auprès de l’industrie de défense pour favoriser ces projets, que la Commission juge hors de portée pour un seul pays.Leur mise en oeuvre nécessitera toutefois des “quantités énormes d’argent”, a reconnu un responsable européen.”Au cours des dix prochaines années, nous allons dépenser 6.800 milliards d’euros pour la défense”, a affirmé M. Kubilius.La plus grande partie de ce montant viendra des budgets nationaux, mais, selon M. Kubilius, il reste quelque 300 milliards d’euros non utilisés dans les caisses de l’UE.Les 27 peuvent également puiser dans les 150 milliards d’euros de prêts, mis à disposition par la Commission européenne dans le cadre de son programme Safe.Bruxelles avait calculé un montant nécessaire de quelque 800 milliards d’euros pour parvenir à l’objectif de disposer d’une défense “crédible” en 2030. “On reste sur (ce) chiffrage”, a assuré ce responsable européen.Les dirigeants de l’UE vont discuter la semaine prochaine de cette “feuille de route” lors d’un sommet européen à Bruxelles.Certains de leurs représentants n’ont toutefois pas caché leurs inquiétudes.”J’ai de sérieux doutes concernant les délais. Il y a aussi la question du financement. D’où vient l’argent ?’, s’est ainsi interrogé un diplomate européen.Evoquant un projet de défense antidrones lancé par la Pologne et les pays baltes, M. Kubilius a assuré que son coût n’avait pas dépassé le milliard d’euros.Plusieurs pays du sud se sont également inquiétés d’être mis à l’écart de projets concernant essentiellement les pays dits de la ligne de front, géographiquement proches de la Russie. Mais Mme Kallas a assuré que tous les projets, y compris l’initiative antidrones, seraient ouverts à tous les Etats membres.”C’est notre responsabilité commune de protéger la frontière du flanc oriental — tous ensemble”, a souligné de son côté auprès de l’AFP la ministre de la Défense lituanienne Dovile Sakaliene.

Face à la Russie, l’UE défend son projet de “mur” antidrones

La mise en oeuvre d’une défense antidrones dans l’Union européenne face à la menace russe n’est “plus une option”, après les multiples incursions de drones dans le ciel européen, a jugé jeudi la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas.”Les drones redéfinissent déjà la guerre. Avoir des défenses contre les drones n’est plus une …

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Netanyahu déterminé à obtenir le retour de toutes le dépouilles d’otages

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé jeudi sa détermination à obtenir le retour de toutes les dépouilles d’otages aux mains du Hamas, au lendemain de menaces de son ministre de la Défense de reprendre l’offensive dans la bande de Gaza.Israël a accusé le mouvement islamiste palestinien de violer l’accord de cessez-le-feu aux termes duquel il devait remettre tous les otages retenus à Gaza, les vivants et les morts, dans les 72 heures suivant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, soit au plus tard lundi à 09H00 GMT.Le Hamas a libéré dans les temps les 20 otages vivants mais il n’a remis depuis lundi que neuf dépouilles d’otages sur les 28 qu’il retient. Il affirme avoir remis les corps auxquels il a pu accéder et avoir besoin d’un “équipement spécial” pour récupérer les autres dépouilles.”Nous sommes déterminés à obtenir le retour de tous les otages”, a dit M. Netanyahu lors de la commémoration officielle du 2e anniversaire de l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sol israélien, qui avait déclenché la guerre.”Le combat n’est pas encore terminé, mais une chose est claire: quiconque lève la main sur nous sait qu’il paiera un prix très lourd”, a-t-il averti.La veille, son ministre de la Défense Israël Katz a prévenu que “si le Hamas refuse de respecter l’accord, Israël, en coordination avec les Etats‑Unis, reprendra les combats et agira pour une défaite totale” du mouvement.Le Forum des familles d’otages a appelé le gouvernement Netanyahu “à cesser immédiatement la mise en œuvre de toute autre étape de l’accord, tant que le Hamas continue de violer ouvertement ses obligations” sur le retour de toutes les dépouilles.- “Ils creusent” -Interrogé sur le respect de l’accord par le Hamas, le président américain Donald Trump a déclaré: “ils creusent. Ils trouvent beaucoup de corps.””Certains de ces corps sont là depuis longtemps, et certains sont sous les décombres. Ils doivent déblayer les décombres. Certains sont dans les tunnels”, a-t-il ajouté.Dimanche, la porte-parole du gouvernement israélien Shosh Bedrosian avait indiqué qu’un “organisme international”, convenu dans le cadre de l’accord, aiderait “à localiser les otages (morts) s’ils ne sont pas retrouvés et libérés” lundi.En échange du retour des dépouilles de captifs, Israël a remis au total 120 corps de Palestiniens, dont 30 jeudi à Gaza, selon le ministère de la Santé du Hamas. L’accord de cessez-le-feu a été conclu sur la base du plan de Donald Trump qui vise à mettre fin définitivement à la guerre dans la bande de Gaza.Il prévoit dans une première phase le cessez-le-feu, la libération des otages, un retrait israélien de secteurs de Gaza et l’acheminement de plus d’aides humanitaires au territoire palestinien dévasté.L’accord prévoit dans une étape ultérieure notamment le désarmement du Hamas et l’amnistie ou l’exil de ses combattants et la poursuite des retraits israéliens dans Gaza, des points qui restent sujet à discussion.Israël, qui contrôle tous les accès à la bande de Gaza, doit en principe ouvrir après le cessez-le-feu et la libération des otages, le point de passage crucial de Rafah, entre l’Egypte et le territoire palestinien, à l’aide humanitaire.Les autorités israéliennes ont affirmé que la date d’ouverture du passage de Rafah serait annoncée “ultérieurement” et que ce serait pour la “circulation des personnes uniquement”.- “Pas d’eau, pas de nourriture” -Le chef des opérations humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a prévu de se rendre jeudi au passage de Rafah, côté égyptien, après avoir appelé à ouvrir “tous les points de passage” à l’aide.Fin août, l’ONU a déclaré une famine dans plusieurs zones de Gaza, ce que conteste Israël.Israël autorise actuellement l’acheminement de l’aide humanitaire essentiellement via le passage de Kerem Shalom (sud), mais les organisations humanitaires se plaignent des lenteurs administratives et des contrôles de sécurité.De retour dans les ruines de leurs maisons à Gaza-ville, plusieurs habitants installent des tentes ou des abris de fortune au milieu des décombres, selon des images de l’AFP.”Nous sommes jetés à la rue. Il n’y a pas d’eau, pas de nourriture, pas d’électricité. Rien. Toute la ville de Gaza a été réduite en cendres”, déclare Mustafa Mahram.L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.221 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l’AFP à partir de données officielles.La campagne de représailles israélienne a fait 67.938 morts à Gaza, en majorité des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas.

L’avocate de Cédric Jubillar appelle à mettre fin au “cauchemar” de l’accusé

L’affaire Jubillar, c’est “la chronique d’un désastre judiciaire annoncé”, a fustigé jeudi l’avocate de la défense Emmanuelle Franck, appelant les jurés de la cour d’assises du Tarn à mettre fin au “cauchemar” de Cédric Jubillar, accusé du meurtre de son épouse, en l’acquittant.Mercredi soir, le ministère public a requis 30 ans de réclusion criminelle contre Cédric Jubillar, jugé depuis le 22 septembre pour le meurtre de Delphine, la mère de leurs deux enfants, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines, un village du Tarn.”C’est difficile d’arrêter de parler. Tant que je plaide je continue à le défendre (…) mais je vais me taire car c’est seulement dans le silence et le recueillement que vous pourrez mettre fin à ce cauchemar”, a dit aux jurés Emmanuel Franck, émue, pour conclure sa plaidoirie de plus de trois heures qui sera suivie dans l’après-midi par celle de son associé, Alexandre Martin.A la barre, elle a longuement dénoncé le travail des enquêteurs de la gendarmerie, assénant: “Rien de pire que des gendarmes qui ont des certitudes de bonne foi mais qui, pour combler les vides (de l’enquête), font des choses de mauvaise foi”.L’avocate toulousaine a même parfois qualifié de “honteux” ou de “dégoûtants” certains aspects de leur travail, dénonçant par exemple des contacts entre enquêteurs et témoins, hors procédure. “C’est tout ce que combat l’avocat, c’est tout ce que doit combattre la justice”, a-t-elle tonné.- “Pétage de plomb” -Alors que parties civiles et avocats généraux ont estimé qu’un “pétage de plomb” de l’accusé a pu conduire au meurtre de l’infirmière de 33 ans, Me Franck affirme: “Un pétage de plomb, c’est ce qu’on appelle un crime pulsionnel, un crime passionnel, celui qui laisse le plus de traces, parce qu’on ne contrôle rien, on éclabousse tout”. Or, fait-elle remarquer, il n’y a aucune trace.Cédric Jubillar, insiste-t-elle, “ne sait plus comment dire qu’il est innocent (…). Il a mis depuis quatre ans le pied dans une machine à broyer”.L’avocate reprend tous les éléments du dossier, l’attitude de Cédric Jubillar, le cri d’effroi entendu par les voisines, la téléphonie, jetant le discrédit sur chacun d’entre eux, tentant d’introduire le doute dans l’esprit des jurés en ponctuant ses affirmations d’un “ça colle pas”.”On fabule, on raconte une histoire, on essaie de faire rentrer des ronds dans des carrés”, accuse-t-elle. “C’est bien beau de parler d’indices mais encore faut-il qu’ils s’imbriquent entre eux.”Dans son box vitré, vêtu de noir, le peintre-plaquiste de 38 ans assiste, concentré et impassible, à la plaidoirie, affalé en avant, menton appuyé sur ses bras croisés, ou adossé à sa chaise, les mains jointes.Au sujet des enfants du couple Jubillar, Louis, 11 ans, et Elyah, six ans, Me Franck regrette l’utilisation par l’accusation de la parole de l’aîné, qui n’avait alors que six ans. “Derrière ce procès spectacle, il y a deux invisibles qui attendent, deux orphelins de mère”, à qui on dit “que papa a tué maman”, “il faut être sûr et certain pour leur dire cela, et peut-on l’être ?”, a questionné l’avocate.- “Derniers remparts” -“Vous êtes les derniers remparts de ce cirque judiciaire”, a-t-elle dit aux jurés, en haussant le ton. Au fil des audiences, des contradictions sont apparues dans les déclarations de Cédric Jubillar, pointées par l’accusation et les parties civiles.Mercredi, dans son réquisitoire, l’avocat général Pierre Aurignac avait déclaré: “Le crime parfait attendra, le crime parfait, ce n’est pas le crime sans cadavre mais celui pour lequel on n’est pas condamné, et vous allez être condamné M. Jubillar”.Selon lui, “pour défendre l’idée de l’innocence de M. Jubillar, il faut écarter quatre experts, faire taire 19 témoins et tuer le chien pisteur” qui a permis d’établir que la mère de famille n’a pas quitté son domicile vivante. Durant les quatre semaines du procès, les parties civiles ont espéré en vain des aveux dans cette affaire sans corps, ni scène de crime, ni preuves irréfutables.Vendredi, la parole sera donnée une dernière fois à l’accusé, avant que les trois magistrats et les six jurés se retirent pour délibérer et ensuite rendre leur verdict, selon leur intime conviction. Sept sur neuf doivent déclarer Cédric Jubillar coupable, pour qu’il soit condamné. Si trois votent “non coupable”, il sera acquitté.

Madagascar: Rajoelina confirme son départ, un colonel investi président vendredi

Madagascar se prépare à l’investiture à la tête du pays d’un militaire qui a assuré jeudi qu’il ne s’agissait “pas d’un coup d’État”, après trois semaines de manifestations qui ont chassé du pouvoir le président Andry Rajoelina, en fuite à l’étranger.Dans les rues d’Antananarivo, capitale de cette île pauvre et touristique de l’océan Indien, l’heure est la fête depuis mercredi, l’armée invisible, et la vie quotidienne a repris son cours, sans les barrages qui bloquaient la ville depuis le début des manifestations le 25 septembre.”Un coup d’État, c’est quand les soldats entrent dans le palais présidentiel avec des armes, qu’ils tirent, qu’il y a du sang… Ce n’est pas un coup d’État”, a déclaré à la presse le colonel Michaël Randrianirina, 51 ans, qui doit prêter serment vendredi en tant que “président de la refondation de la République de Madagascar”, selon un décret.Sa désignation à la présidence a été approuvée par la plus haute juridiction du pays, démontrant que la prise de fonction “suit la procédure légale”, a-t-il souligné. “Madagascar n’a pas choisi un régime miliaire. Le gouvernement appartient aux civils et le conseil présidentiel est aussi composé de militaires et de civils”.Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’entourage de l’ex-président Andry Rajoelina, destitué mardi par un vote de l’Assemblée nationale malgache, a confirmé pour la première fois que le président déchu avait “quitté le pays” entre le 11 et le 12 octobre. Ce départ est intervenu après que “des menaces explicites et extrêmement graves ont été proférées contre la vie du chef de l’État”, précise un communiqué de son entourage transmis à l’AFP dans la nuit.C’est la première fois qu’Andry Rajoelina reconnaît son départ depuis que la radio française RFI avait annoncé son exfiltration dimanche par un avion militaire français. Lors d’une allocution lundi, il avait dit s’être réfugié dans un “lieu sûr”, sans plus de précision.Le colonel Randrianirina a promis des élections dans un délai de 18 à 24 mois et assuré préparer un “processus de consultation pour trouver un Premier ministre le plus vite possible”.- L’ONU préoccupée -Sur l’emblématique place du 13-mai à Antananarivo, épicentre de la contestation, les véhicules blindés ont laissé place à une scène où la vedette locale Thiera Kougar a offert un concert mercredi. Des duels de danse ont remplacé le va-et-vient des pick-ups bondés de militaires.”Ils ont gagné le droit de s’exprimer, parce qu’avant on se faisait arrêter”, a jugé Fenitra Razafindramanga, 26 ans, capitaine de l’équipe de rugby de Madagascar, venue se joindre aux fêtards.Les manifestations, lancées par le collectif de jeunes Gen Z, visaient à dénoncer les coupures d’eau et d’électricité récurrentes mais avaient rapidement tourné à une contestation généralisée.La répression a été sanglante: au moins 22 personnes ont été tuées et une centaine blessées, d’après un bilan de l’ONU.L’Union africaine a suspendu Madagascar de ses instances “avec effet immédiat”. Le secrétaire général de l’ONU s’est dit “profondément préoccupé par le changement inconstitutionnel de pouvoir”. La France, ex-puissance coloniale, a jugé “essentiel que la démocratie, les libertés fondamentales et l’État de droit soient scrupuleusement préservés”.M. Rajoelina était lui-même arrivé au pouvoir en 2009 dans des conditions similaires, désigné par les militaires après un soulèvement populaire. Après un retrait de quatre ans, il s’était fait élire en 2018 et 2023 dans des conditions contestées.Critique de longue date du pouvoir, le colonel Randrianirina a été emprisonné plusieurs mois à partir de novembre 2023 pour incitation à la mutinerie en vue d’un coup d’État, selon des informations de presse. Madagascar, qui a une longue histoire de soulèvements populaires suivis par la mise en place de gouvernements militaires, reste l’un des pays les plus pauvres de la planète. Au moins 80% de ses 32 millions d’habitants vivent avec moins de 2,80 euros par jour, le seuil de pauvreté fixé par la Banque mondiale.