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Brésil: Bolsonaro commence à purger ses 27 ans de prison pour tentative de coup d’Etat

L’ex-président brésilien d’extrême droite Jair Bolsonaro a commencé mardi à purger une peine de 27 ans de prison, moins de trois mois après sa condamnation historique pour tentative de coup d’Etat contre son rival Lula.L’ancien chef de l’Etat (2019-2022), 70 ans, avait durant son mandat défié les institutions de la plus grande démocratie d’Amérique latine.Hors-jeu politiquement à moins d’un an de la présidentielle de 2026, il se retrouve incarcéré dans une petite cellule équipée d’un climatiseur, d’une télévision et d’un mini-réfrigérateur.La Cour suprême a considéré que tous ses recours étaient épuisés, une thèse contestée par la défense.L’avocat Paulo Cunha Bueno a annoncé sur le réseau social X que la défense allait “présenter dans les délais prévus le recours qu’elle juge approprié”, après le rejet d’un premier appel courant novembre.M. Bolsonaro était assigné à résidence depuis début août, mais a été placé en détention provisoire samedi pour “risque élevé de fuite” après avoir tenté de brûler son bracelet électronique avec un fer à souder.Pour purger sa peine, il va demeurer dans le même complexe de la police fédérale de Brasilia où il se trouve depuis ce week-end, selon la décision rendue mardi par le juge Alexandre de Moraes, chargé du dossier.Il échappe donc à l’opprobre et aux rigueurs d’un centre pénitentiaire comme celui de Papuda, également dans la capitale, où de nombreuses personnalités politiques ont été incarcérées.En septembre, la Cour suprême l’a déclaré coupable d’avoir été le chef d’une “organisation criminelle” ayant conspiré pour assurer son “maintien autoritaire au pouvoir” après la victoire du président actuel de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, lors du scrutin d’octobre 2022.Selon l’accusation, ce projet de coup d’Etat, qui prévoyait jusqu’à l’assassinat de Lula, n’a pas été concrétisé en raison du manque de soutien du haut commandement militaire.- “Dévasté psychologiquement” -Selon le juge Moraes, M. Bolsonaro a tenté samedi de brûler son bracelet électronique dans l’espoir de s’échapper à la faveur d’une manifestation prévue par ses partisans près de chez lui.Le magistrat soulignait la proximité de l’ambassade des Etats-Unis, suggérant qu’il aurait pu chercher à s’y réfugier.Jair Bolsonaro est un allié de Donald Trump. Dénonçant une “chasse aux sorcières” contre lui, le président américain a infligé en représailles une surtaxe punitive au Brésil. Mais il l’a allégée considérablement après une rencontre avec Lula en octobre.Le député Eduardo Bolsonaro, troisième fils de l’ex-président, a été inculpé mardi pour obstruction à la justice après avoir promu les mesures prises par Donald Trump visant à interférer dans le procès de son père.Pour expliquer l’épisode du bracelet électronique, la défense de l’ancien chef d’Etat a décrit un “état de confusion mentale” dû à la prise de médicaments. L’intéressé a nié toute intention de fuir.”Il est indigné (…) face à la persécution dont il fait l’objet. S’il lui arrive quelque chose, on sait qui est responsable”, a lancé mardi matin son fils aîné, le sénateur Flavio Bolsonaro, après une visite à son père.Il est “dévasté psychologiquement” et “mange peu”, a raconté Carlos Bolsonaro, son fils cadet.Sa famille estime que l’ex-président n’est pas en mesure de supporter la détention: il souffre notamment de graves séquelles d’un attentat à l’arme blanche subi en 2018. Sa défense souhaite qu’il retourne en résidence surveillée.- Droite sans champion -Cinq de ses anciens collaborateurs, parmi lesquels plusieurs généraux et ex-ministres, ont également commencé mardi à purger leurs peines de 19 à 26 ans de prison.L’ex-chef des renseignements, Alexandre Ramagem, condamné à 16 ans de prison, a été déclaré “fugitif” après avoir récemment fui aux États-Unis.Jair Bolsonaro est le quatrième ancien président brésilien à se retrouver incarcéré depuis la fin de la dictature militaire (1964-1985).Le cas le plus récent est Fernando Collor (1990-1992). En mai, la Cour suprême l’a autorisé à purger à domicile sa peine de plus de huit ans de réclusion pour corruption, pour raisons de santé.Condamné pour corruption, Lula est resté pour sa part 580 jours incarcéré en 2018-2019. En 2021, ses condamnations ont été annulées pour vice de forme.La chute du leader incontesté du camp conservateur laisse les siens sans champion désigné pour la présidentielle de 2026 face à Lula, qui à 80 ans a déjà dit qu’il briguerait un quatrième mandat.

Bygmalion: la Cour de cassation va dire si la condamnation de Sarkozy est définitive

La Cour de cassation se prononce mercredi sur le pourvoi de Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bygmalion, faisant peser le couperet d’une deuxième condamnation pénale définitive au-dessus de l’ex-président, qui affrontera au printemps le procès libyen en appel.Passée au second plan avec l’incarcération de l’ancien chef de l’État à la prison parisienne de la Santé, cette procédure en cassation, qui a suspendu la peine prononcée à son encontre, est l’ultime recours en droit français dans ce dossier.Si la Cour de cassation rejette le pourvoi, comme l’a préconisé l’avocate générale à l’audience du 8 octobre, l’affaire Bygmalion deviendra la deuxième condamnation pénale définitive au casier judiciaire de Nicolas Sarkozy, après celle de l’affaire des écoutes.En revanche, si elle reconnaît le bien-fondé de la requête, la plus haute juridiction française, qui juge le seul respect du droit et non le fond des dossiers, pourrait ordonner un nouveau procès.Dans l’affaire Bygmalion, Nicolas Sarkozy a été condamné le 14 février 2024 par la cour d’appel de Paris à un an d’emprisonnement dont six mois ferme pour le financement illégal de sa campagne présidentielle perdue de 2012.Dans ce dossier, les investigations ont révélé que, pour masquer l’explosion des dépenses de sa campagne – près de 43 millions d’euros pour un maximum autorisé de 22,5 millions -, un système de double facturation avait été mis en place imputant à l’UMP (devenue LR), sous couvert de conventions fictives, une grosse partie du coût des meetings.Contrairement à ses coprévenus, l’ex-chef de l’État n’était pas mis en cause pour ce système de fausses factures mais comme bénéficiaire, en tant que candidat, d’un financement politique illégal.En première instance comme en appel, Nicolas Sarkozy a contesté “vigoureusement toute responsabilité pénale”, dénonçant “fables” et “mensonges”.Sa peine en appel, dont la cour avait ordonné l’aménagement pour la partie ferme (bracelet électronique, semi-liberté…), était légèrement inférieure à celle d’un an d’emprisonnement ferme prononcée en première instance en 2021.- Perspectives judiciaires -Trois des dix condamnés en appel du procès Bygmalion se sont joints au pourvoi: le directeur de campagne, Guillaume Lambert, et les ex-cadres de l’UMP Eric Cesari et Pierre Chassat.En décembre 2024, la Cour de cassation avait déjà rendu définitive la condamnation de Nicolas Sarkozy à un an d’emprisonnement ferme sous bracelet électronique pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire des écoutes, également appelée Bismuth.L’ancien champion de la droite, aujourd’hui âgé de 70 ans, l’a porté entre février et mai, avant l’obtention d’une libération conditionnelle avant mi-peine, notamment en raison de son âge.Une nouvelle condamnation définitive pourrait compliquer encore davantage les perspectives judiciaires de Nicolas Sarkzoy, qui se prépare pour le procès en appel du dossier libyen prévu du 16 mars au 3 juin.Le 25 septembre, le tribunal correctionnel de Paris l’a condamné à cinq ans de prison pour avoir sciemment laissé ses collaborateurs démarcher la Libye du dictateur Mouammar Kadhafi pour solliciter un financement occulte de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.Pour déterminer sa peine, le tribunal de Paris avait tenu compte de l’affaire des écoutes, reprochant dans son jugement à M. Sarkozy d’avoir “relativisé cette condamnation” en “minimisant la gravité des faits”, mais avait en revanche écarté la condamnation Bygmalion en raison de son caractère non-définitif.Nicolas Sarkozy, qui clame son innocence, a été incarcéré pendant trois semaines à la Santé, une détention inédite pour un ex-président dans l’histoire de la République française et qui a suscité de vifs débats.La cour d’appel de Paris l’a remis en liberté sous contrôle judiciaire le 10 novembre. L’ex-président va relater cette expérience carcérale dans un livre, “Le Journal d’un prisonnier”, qui paraîtra un mois exactement après sa sortie de prison.

Syrie: manifestations dans les régions alaouites après des violences contre cette communauté

Des milliers de personnes ont manifesté mardi dans plusieurs villes de la côte syrienne pour dénoncer de récentes violences contre les alaouites, fortement implantés dans cette région, ont rapporté des correspondants de l’AFP sur place.Il s’agit du plus important mouvement de protestation de cette communauté, une branche de l’islam chiite dont est issu le président …

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Ligue des Champions: Signé Aubameyang !

Bien mal embarqué après dix premières minutes cauchemardesques, l’OM a obtenu un important succès mardi face à Newcastle (2-1), grâce à un superbe doublé de Pierre-Emerick Aubameyang, et a ainsi préservé ses chances de qualification pour la suite de la Ligue des champions.L’avant-centre de l’OM est décidément un drôle de joueur. Avant la pause, il a eu quatre occasions nettes, dont au moins deux où il aurait pu et sans doute dû faire mieux.Marseille était alors mené 1-0 et son avenir en Ligue des Champions semblait plus que compromis. Puis, en cinq minutes au retour des vestiaires, le Gabonais a renversé la partie de deux gestes parfaits, plus difficiles sans doute que ceux qu’il avait manqués en première période.A peine 30 secondes après la reprise, c’est même toute l’action marseillaise qui a été parfaite (ce n’est pas le cas de la sortie du gardien Nick Pope…), de la passe dans le bon tempo de Darryl Bakola, titularisé à 17 ans dans un surprenant pari de Roberto De Zerbi, au ballon enroulé au millimètre par Aubameyang, enfin précis (1-1, 46e).- terrible entame -Moins de cinq minutes plus tard, “Auba” a ensuite repris parfaitement, dans un geste de pur attaquant de pointe, le centre tout aussi parfait de Timothy Weah (2-1, 49e) et l’OM avait renversé le match.Ensuite, au bout d’une deuxième période intense, incertaine et brûlante, Marseille a beaucoup défendu et, pour une fois, l’a très bien fait. Cette fois, les Olympiens n’ont pas craqué et n’ont pas abandonné de points en fin de match, comme ils l’ont fait trop souvent cette saison en Ligue des Champions.Cette victoire courageuse vaut de l’or, vraiment, car elle permet à l’OM de repasser du bon côté de la barrière au classement. Au coup d’envoi, Leonardo Balerdi et les siens étaient en effet 25e et virtuellement éliminés. Mardi soir, en attendant les matchs de mercredi, ils sont 19e et barragistes, une position plus confortable avant d’aller dans deux semaines en Belgique défier l’Union Saint-Gilloise.Le coup, tout de même, n’est pas passé très loin. Car on a longtemps pensé que les Marseillais allaient regretter leur épouvantable début de match, qui n’a pas rendu justice à la formidable ambiance qui a précédé la rencontre au Vélodrome.Dès la 3e minute, Balerdi avait ainsi déjà pris un carton jaune et à la 5e, Pierre-Emile Hojbjerg avait dû dégager un ballon sur sa ligne, deux signes parmi d’autres de la très grande fébrilité des Marseillais.- Comme Drogba ? -Un troisième est arrivé dans la minute suivante, avec un alignement tardif et défectueux de Weah, qui a permis à Sandro Tonali de rester en jeu au moment de centrer pour Harvey Barnes, auteur de l’inévitable ouverture du score (1-0, 6e).Après cette entame ratée dans les grandes largeurs, l’OM a pourtant repris le contrôle du match. Mais l’équipe de De Zerbi s’est alors heurtée au savoir-faire de Newcastle, capable à la fois d’être féroce au pressing en position haute et remarquablement regroupé en position basse.Les Marseillais, pourtant, auraient donc dû égaliser, par l’une ou l’autre des quatre opportunités offertes à Aubameyang, un total énorme à ce niveau. Aux 17e et 18e minutes, il a buté sur Pope. Mais aux 37e et 40e minutes, sur deux services parfaits de Mason Greenwood, le Gabonais n’a pas cadré, de la tête puis du pied.Mais l’attaquant de 36 ans s’est racheté, et un peu plus que ça, lors de ses cinq minutes de haut vol en deuxième période. Plus de 20 ans après le OM-Newcastle de 2004, on parle encore à Marseille des exploits de Didier Drogba dans ce match. Pour Aubameyang, ça ne sera peut-être pas le cas. Mais son match de mardi vaut très cher quand même.

Casse du Louvre: quatre nouvelles interpellations, les bijoux toujours introuvables

Quatre nouveaux suspects ont été interpellés un mois après le casse spectaculaire au musée du Louvre et vont être interrogés par les enquêteurs qui n’ont pas réussi jusqu’ici à retrouver la trace des précieux bijoux.Ces deux hommes, âgés de 38 et 39 ans, et deux femmes, de 31 et 40 ans, originaires de région parisienne, ont été placés en garde à vue, a annoncé mardi la procureure de Paris, Laure Beccuau. Cette mesure peut être reconduite pendant 96 heures, soit jusqu’au début du weekend.D’ici là, ces personnes “n’ont pas accès aux éléments de la procédure, raison pour laquelle je ne communiquerai pas davantage sur ce dont elles sont soupçonnées”, a ajouté la magistrate dans un communiqué.L’un des interpellés est suspecté d’être le quatrième homme du casse, a précisé une source proche du dossier à l’AFP, confirmant une information du Parisien.Malgré les moyens importants mis en œuvre depuis le début de cette enquête, les bijoux dérobés le 19 octobre, huit joyaux du XIXe siècle, trésors nationaux, n’ont eux toujours pas été retrouvés.Le butin comprenant notamment le diadème de l’impératrice Eugénie (épouse de Napoléon III) qui compte près de 2.000 diamants est estimé à 88 millions d’euros mais est invendable en l’état.Jusqu’ici les enquêteurs de la Brigade de répression du banditisme (BRB) de la police judiciaire parisienne et l’Office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC) avaient pu interpeller, en deux coups de filet, trois des quatre membres présumés de l’équipe de cambrioleurs. Mais pas le ou les commanditaires.- Sous les verrous -Parmi les suspects déjà sous les verrous, trois hommes âgés de 35, 37 et 39 ans sont suspectés d’avoir fait partie de l’équipe de quatre malfaiteurs, dont deux ont pénétré le 19 octobre dans la galerie d’Apollon tandis que les deux autres étaient restés à l’extérieur, avant de prendre la fuite tous ensemble.Une quatrième personne, une femme de 38 ans, compagne de l’un des suspects, est soupçonnée de complicité mais a pu obtenir sa libération sous contrôle judiciaire.Les malfaiteurs avaient agi en plein jour, encagoulés, munis d’un monte-charge de déménageurs et armés de disqueuses. Leur casse, retentissant, n’a duré que huit minutes.Deux d’entre eux ont laissé des traces ADN derrière eux, sur l’un des scooters ayant servi à la fuite, sur l’une des vitrines fracturées et sur des objets abandonnés au Louvre. L’ADN du couple a été retrouvé dans la nacelle du monte-charge utilisé.Les profils de ces malfaiteurs ne correspondent pas à ceux “que généralement on associe au haut du spectre de la criminalité organisée”, avait indiqué la procureure.Deux d’entre eux, habitants d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), étaient pour l’un sans activité, après avoir été livreur ou ripeur (ramassage d’ordures), pour l’autre chauffeur de taxi clandestin, connu pour des vols aggravés. L’homme du couple, lui, a un casier chargé de onze condamnations, dont une dizaine pour des vols.Ils ont été mis en examen par les juges d’instruction de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris pour vol en bande organisée et association de malfaiteurs.- “Vulnérabilité” du balcon -Parallèlement à l’enquête judiciaire, la controverse ne faiblit pas sur la sécurité du Louvre.Selon des informations du Monde publiées mardi soir, un audit de sûreté faisait état dès 2018 de la “vulnérabilité” que représentait le balcon par lequel sont entrés les cambrioleurs et notait son accès possible à l’aide d’une nacelle, des similitudes troublantes avec le mode opératoire utilisé. La direction actuelle a indiqué au journal n’avoir eu ce document en sa possession qu’après le casse. Début novembre, la Cour des comptes avait estimé que le musée le plus visité au monde avait “privilégié les opérations visibles et attractives” au détriment de la sécurité.La directrice du Louvre, Laurence des Cars, qui avait déjà reconnu des failles dans la sécurité, a annoncé la semaine dernière l’installation prochaine d’un “poste avancé mobile de la police nationale” pour protéger le musée pendant les périodes d’affluence touristique.Confronté à une vétusté alarmante, le Louvre avait fait l’objet en début d’année de l’annonce par le président Emmanuel Macron d’un projet “colossal” pour le désengorger et le moderniser, avec un nouvel accès, une salle dédiée à la Joconde et des billets d’entrée plus chers pour les non-Européens.