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Procès Le Scouarnec: les derniers mots de la défense avant le verdict

Après trois mois de procès, la défense de l’ex-chirurgien pédocriminel Joël Le Scouarnec plaide lundi devant la cour criminelle du Morbihan à Vannes avant d’entendre les derniers mots de l’accusé, qualifié de “diable” par l’avocat général qui a requis 20 ans de réclusion.”Mon client est archi-coupable”, a d’ores et déjà annoncé Me Maxime Tessier, l’un des deux avocats du médecin accusé de violences sexuelles sur 299 personnes, pour la plupart des patients mineurs au moment des faits.L’avocat général Stéphane Kellenberger a requis vendredi la peine maximale de 20 ans assortie d’une série de mesures de sûreté.Il a notamment requis une mesure spéciale de “rétention de sûreté”, s’appliquant après qu’un condamné a purgé sa peine, “du fait des troubles graves de sa personnalité et de la dangerosité induites par ces troubles en termes de risques très élevés de récidive”.Le magistrat a également demandé que l’accusé soit interdit définitivement d’exercer la médecine ou une autre profession dans le domaine de la santé, et n’ait plus le droit d’exercer auprès de mineurs ni de posséder un animal, en raison de sa zoophilie.Me Maxime Tessier et Me Thibaud Kurzawa, dont la “bienveillance” a été louée par plusieurs avocats, auront la difficile tâche de mettre en valeur l’humanité de Joël Le Scouarnec, 74 ans, étant les défenseurs “d’un homme et non d’une cause perdue”.Interrogé vendredi sur la façon dont lui et son collègue comptaient défendre leur client, Me Tessier est resté prudent.Tout au long du procès, Joël Le Scouarnec “s’est montré respectueux de la justice, il est un accusé que l’on souhaiterait plus souvent, je parle ici par l’attitude, certainement pas par rapport à la gravité des faits qu’il reconnaît”, a expliqué l’avocat vendredi à la presse. “Et c’est dans cet esprit, encore une fois de respect, d’humanité, que nous, nous plaiderons.”Ils devront démontrer que la reconnaissance de l’intégralité des faits dont il est accusé, moment fort de l’audience du 20 mars, “n’est pas une posture” mais une réelle “évolution” de leur client.- “Concentré” de perversion -Ainsi, les deux avocats plaideront peut-être que Joël Le Scouarnec était aussi un “bon père” selon ses enfants et un “excellent chirurgien” selon ses collègues.Ils évoqueront éventuellement les affirmations de leur client, qui assure ne plus être pédophile, malgré l’avis contraire des sept psychiatres et psychologues qui ont défilé à la barre.”Vous êtes le diable”, a lancé l’avocat général dans son réquisitoire, estimant que malgré une défense au “travail véritablement extraordinaire”, Joël Le Scouarnec était, lui, “resté au milieu du gué”, tenant “en suspens (les victimes) par sa parole”, croyant “qu’il les contrôle encore”.Masque lisse, traits figés, l’accusé a habitué la cour à n’exprimer que peu d’émotions au cours de ce procès débuté le 24 février.Lorsqu’il prenait la parole, il a souvent répété les mêmes mots, avec les mêmes intonations, des phrases atones que l’avocat général a imitées vendredi d’un air agacé.”Je ne suis pas un comédien”, s’est défendu Joël Le Scouarnec lorsque l’avocat d’une partie civile lui en faisait le reproche.Maigre est donc l’espoir qu’il révèle lundi un nouvel aspect de sa personnalité, qualifiée de “concentré” de perversion par un expert psychologue devant la cour.Avant de rendre son verdict mercredi, la cour devra répondre à 841 questions concernant les 111 viols et 189 agressions sexuelles, a rappelé M. Kellenberger.”Vous devrez déclarer coupable M. Le Scouarnec”, a-t-il demandé. Toute peine en deçà des 20 ans requis “n’aurait aucun sens (…) pour les victimes et l’accusé lui-même”.Arrêté en juin 2017, Joël Le Scouarnec purge actuellement une première peine de 15 ans de prison pour des violences sexuelles sur quatre enfants.

Elections au Venezuela: écrasante victoire de Maduro, en l’absence de l’opposition

Le parti du président vénézuélien Nicolas Maduro a remporté dimanche une écrasante victoire aux élections législatives et régionales, marquées par l’arrestation de 70 personnes et un boycott par la majorité de l’opposition, dix mois après une présidentielle entachée de fraudes selon elle.D’après les chiffres officiels du Conseil national électoral (CNE) diffusés dans la soirée, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) a remporté 23 des 24 postes de gouverneur, ne laissant que l’Etat de Cojedes (centre-ouest) à l’opposition. La coalition de M. Maduro a obtenu 82,68% des suffrages au niveau des listes nationales du scrutin législatif, dans l’attente du dépouillement des résultats de chaque circonscription, a indiqué le CNE.La participation a été d’un peu plus de 42% alors que l’opposition assure que les bureaux de vote ont été peu fréquentés.Des journalistes de l’AFP à Caracas et en province ont observé une faible fréquentation des bureaux de vote. Un sondage Delphos avant le scrutin situait la participation autour 16% des 21 millions d’électeurs. Parmi les 70 personnes arrêtées avant le scrutin figure Juan Pablo Guanipa, dirigeant de l’opposition proche de la leader Maria Corina Machado, interpellé vendredi et accusé d’appartenir à un “réseau terroriste” qui cherchait à “saboter” les élections de dimanche. Plus de 400.000 membres des forces de l’ordre ont été déployés pendant la journée. Les troubles post-électoraux de la présidentielle du 28 juillet s’étaient soldés par 28 morts et 2.400 arrestations. Seules 1.900 personnes ont été libérées depuis.”Cette victoire est la victoire de la paix et de la stabilité de tout le Venezuela”, a exulté M. Maduro devant ses partisans.Et d’ajouter: “Aujourd’hui, la Révolution bolivarienne a démontré qu’elle est plus actuelle et plus forte que jamais. Aujourd’hui, nous avons démontré le pouvoir du chavisme”, le mouvement fondé par Hugo Chavez dont il est l’héritier. – “Déclaration silencieuse” -“C’est un processus de participation citoyenne important”, a estimé Samadi Romero, universitaire de 32 ans qui a voté pour Nicolas Maduro Guerra, le fils du président, tête de liste à Caracas.  “Je ne vais pas voter parce que j’ai voté le 28 juillet et ils ont volé les élections. C’est vraiment une farce”, a affirmé à San Cristobal Candelaria Rojas Sierra, fonctionnaire retraitée de 78 ans, en allant à la messe “prier pour le Venezuela”.”Ce que le monde a vu aujourd’hui, c’est (…) une déclaration silencieuse, mais percutante, que le désir de changement, de dignité et d’avenir reste intact”, a écrit sur les réseaux sociaux depuis son exil Edmundo Gonzalez Urrutia, qui revendique la victoire à la présidentielle de juillet.Pendant la soirée, Mme Machado a estimé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux que l’opposition avait “démasqué cette grande farce” et a, comme par le passé, lancé un appel à l’armée, clé de voûte du pouvoir de M. Maduro: “Le pays exige (des militaires) qu’ils remplissent leur devoir constitutionnel et soient garants de la souveraineté populaire, c’est le moment d’agir”.L’opposant Henrique Capriles, qui a été élu sur la liste nationale, a lui défendu sa participation au scrutin: “Qu’est-ce qui est mieux? Avoir une voix et lutter au sein du l’Assemblée nationale ou, comme nous l’avons fait à d’autres occasions, se retirer du processus électoral et laisser entièrement l’Assemblée au gouvernement?”. – Représentants pour l’Essequibo -Le pouvoir a revu le découpage électoral pour faire élire un gouverneur et huit députés pour l’Essequibo, région riche en pétrole que Caracas dispute au Guyana dans le cadre d’un différend datant de l’époque coloniale. Le représentant du pouvoir l’amiral Neil Villamizar a été élu gouverneur.Le vote a eu lieu dans un micro-circonscription de 21.000 votants à la frontière guyanienne. Il n’y a pas de bureaux de vote sur le territoire de 160.000 km2 administré par Georgetown.Le président du Guyana Irfaan Ali a affirmé mercredi à l’AFP qu’il s’agissait “d’une menace”.”Irfaan Ali, président du Guyana (…) plus tôt que tard devra s’asseoir avec moi pour discuter et accepter la souveraineté vénézuélienne”, a déclaré dimanche M. Maduro, promettant de “récupérer” l’Essequibo.

Elections au Venezuela: écrasante victoire de Maduro, en l’absence de l’opposition

Le parti du président vénézuélien Nicolas Maduro a remporté dimanche une écrasante victoire aux élections législatives et régionales, marquées par l’arrestation de 70 personnes et un boycott par la majorité de l’opposition, dix mois après une présidentielle entachée de fraudes selon elle.D’après les chiffres officiels du Conseil national électoral (CNE) diffusés dans la soirée, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) a remporté 23 des 24 postes de gouverneur, ne laissant que l’Etat de Cojedes (centre-ouest) à l’opposition. La coalition de M. Maduro a obtenu 82,68% des suffrages au niveau des listes nationales du scrutin législatif, dans l’attente du dépouillement des résultats de chaque circonscription, a indiqué le CNE.La participation a été d’un peu plus de 42% alors que l’opposition assure que les bureaux de vote ont été peu fréquentés.Des journalistes de l’AFP à Caracas et en province ont observé une faible fréquentation des bureaux de vote. Un sondage Delphos avant le scrutin situait la participation autour 16% des 21 millions d’électeurs. Parmi les 70 personnes arrêtées avant le scrutin figure Juan Pablo Guanipa, dirigeant de l’opposition proche de la leader Maria Corina Machado, interpellé vendredi et accusé d’appartenir à un “réseau terroriste” qui cherchait à “saboter” les élections de dimanche. Plus de 400.000 membres des forces de l’ordre ont été déployés pendant la journée. Les troubles post-électoraux de la présidentielle du 28 juillet s’étaient soldés par 28 morts et 2.400 arrestations. Seules 1.900 personnes ont été libérées depuis.”Cette victoire est la victoire de la paix et de la stabilité de tout le Venezuela”, a exulté M. Maduro devant ses partisans.Et d’ajouter: “Aujourd’hui, la Révolution bolivarienne a démontré qu’elle est plus actuelle et plus forte que jamais. Aujourd’hui, nous avons démontré le pouvoir du chavisme”, le mouvement fondé par Hugo Chavez dont il est l’héritier. – “Déclaration silencieuse” -“C’est un processus de participation citoyenne important”, a estimé Samadi Romero, universitaire de 32 ans qui a voté pour Nicolas Maduro Guerra, le fils du président, tête de liste à Caracas.  “Je ne vais pas voter parce que j’ai voté le 28 juillet et ils ont volé les élections. C’est vraiment une farce”, a affirmé à San Cristobal Candelaria Rojas Sierra, fonctionnaire retraitée de 78 ans, en allant à la messe “prier pour le Venezuela”.”Ce que le monde a vu aujourd’hui, c’est (…) une déclaration silencieuse, mais percutante, que le désir de changement, de dignité et d’avenir reste intact”, a écrit sur les réseaux sociaux depuis son exil Edmundo Gonzalez Urrutia, qui revendique la victoire à la présidentielle de juillet.Pendant la soirée, Mme Machado a estimé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux que l’opposition avait “démasqué cette grande farce” et a, comme par le passé, lancé un appel à l’armée, clé de voûte du pouvoir de M. Maduro: “Le pays exige (des militaires) qu’ils remplissent leur devoir constitutionnel et soient garants de la souveraineté populaire, c’est le moment d’agir”.L’opposant Henrique Capriles, qui a été élu sur la liste nationale, a lui défendu sa participation au scrutin: “Qu’est-ce qui est mieux? Avoir une voix et lutter au sein du l’Assemblée nationale ou, comme nous l’avons fait à d’autres occasions, se retirer du processus électoral et laisser entièrement l’Assemblée au gouvernement?”. – Représentants pour l’Essequibo -Le pouvoir a revu le découpage électoral pour faire élire un gouverneur et huit députés pour l’Essequibo, région riche en pétrole que Caracas dispute au Guyana dans le cadre d’un différend datant de l’époque coloniale. Le représentant du pouvoir l’amiral Neil Villamizar a été élu gouverneur.Le vote a eu lieu dans un micro-circonscription de 21.000 votants à la frontière guyanienne. Il n’y a pas de bureaux de vote sur le territoire de 160.000 km2 administré par Georgetown.Le président du Guyana Irfaan Ali a affirmé mercredi à l’AFP qu’il s’agissait “d’une menace”.”Irfaan Ali, président du Guyana (…) plus tôt que tard devra s’asseoir avec moi pour discuter et accepter la souveraineté vénézuélienne”, a déclaré dimanche M. Maduro, promettant de “récupérer” l’Essequibo.

Trump estime que Poutine “est devenu complètement fou” après des attaques meurtrières en Ukraine

Donald Trump a affirmé dimanche que Vladimir Poutine était “devenu complètement fou”, durcissant le ton contre Moscou après un week-end d’attaques russes meurtrières contre l’Ukraine malgré les appels au cessez-le-feu.Le président américain dit vouloir une fin rapide de la guerre entre l’Ukraine mais, malgré son optimisme affiché encore lundi dernier après un appel de près de deux heures avec son homologue russe, les bombardements se sont intensifiés avec 13 morts côté ukrainien dimanche matin.”J’ai toujours eu de très bonnes relations avec (le président) russe Vladimir Poutine mais quelque chose lui est arrivé. Il est devenu complètement FOU!”, a écrit M. Trump sur le réseau social Truth Social.”J’ai toujours dit qu’il voulait TOUTE l’Ukraine, pas seulement une partie, et peut-être que cela se révèle juste mais s’il le fait, cela mènera à la chute de la Russie!”, a-t-il ajouté.Dans la nuit de dimanche à lundi, les autorités ukrainiennes ont encore fait état de deux blessés – une femme de 60 ans et un homme de 52 ans – dans une “attaque russe” dans la région de Zaporijjia, ainsi que de frappes dans les régions de Khmelnytski (ouest) et de “puissantes explosions” dans la ville de Kharkiv (nord-est).A Kiev, le maire Vitali Klitschko a indiqué que la défense antiaérienne avait été activée face à une attaque de drones.Des alertes aériennes ont été déclenchées sur l’ensemble du territoire national dans la nuit, mais les bombardements rapportés semblaient selon les premières informations moins massifs que lors des deux nuits précédentes.Selon l’armée de l’air, l’Ukraine avait subi dimanche à l’aube une attaque combinée de 367 projectiles: 69 missiles et 298 drones. Les autorités ukrainiennes ont fait état de 13 morts, dont quatre dans la région de Kiev ainsi que trois enfants dans la région de Jytomyr (nord-ouest).Dans la nuit de vendredi à samedi, quelque 250 drones et 14 missiles balistiques avaient été détectés, ciblant en majorité la capitale.- “Pression” -L’armée russe a déclaré avoir frappé lors de ces deux nuits des entreprises du “complexe militaro-industriel” ukrainien.Côté russe, le fonctionnement de plusieurs aéroports moscovites a une nouvelle fois été perturbé dans la nuit, alors que différentes régions russes dont la capitale ont fait état de drones interceptés par la défense anti-aérienne.Les bombardements russes du week-end ont poussé Kiev et ses alliés européens à appeler à punir Moscou, la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas réclamant “la plus forte pression internationale sur la Russie”, tandis que Berlin dénonçait “un affront, y compris envers le président américain Donald Trump, qui a tant fait pour amener Poutine à la table des négociations”.Dans un autre appel du pied à Washington, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé que “le silence de l’Amérique et des autres ne font qu’encourager Poutine”.Mais Donald Trump reste évasif sur toute action concrète visant la Russie, répondant simplement dimanche soir “absolument” quand il a été interrogé sur la possibilité de renforcer les sanctions américaines.Et il n’a pas caché sa frustration envers M. Zelensky: “Tout ce qui sort de sa bouche crée des problèmes, je n’aime pas ça et il ferait mieux d’arrêter”.- Echange de prisonniers -La Russie a lancé une offensive militaire à grande échelle en Ukraine en février 2022 et contrôle à l’heure actuelle environ 20% de ce pays voisin, dont la Crimée, péninsule annexée en 2014.Les combats ont tué et blessé des dizaines de milliers de militaires et de civils des deux côtés et obligé des millions de personnes à fuir. Des villes et villages entiers ont été détruits dans l’est et le sud de l’Ukraine.Depuis mi-février, l’administration américaine de Donald Trump multiplie les appels à un cessez-le-feu et s’est rapprochée pour cela de Moscou, sans résultat probant pour l’heure.En l’état, les positions de l’Ukraine et de la Russie s’opposent: Kiev demande un cessez-le-feu “inconditionnel” de 30 jours pour permettre des discussions de paix, tandis que Moscou part du principe que les négociations doivent se faire “simultanément” aux combats.Seul résultat tangible des pourparlers directs entre Russes et Ukrainiens mi-mai à Istanbul: Kiev et Moscou ont procédé ces derniers jours à un vaste échange de prisonniers au format 1.000 pour 1.000, qui s’est achevé avec la remise par chaque camp de 303 prisonniers.La diplomatie russe avait indiqué vendredi que Moscou travaillait sur un document exposant “les conditions d’un accord durable” pour régler le conflit, qui doit être transmis à Kiev une fois l’échange de prisonniers finalisé.

Trump estime que Poutine “est devenu complètement fou” après des attaques meurtrières en Ukraine

Donald Trump a affirmé dimanche que Vladimir Poutine était “devenu complètement fou”, durcissant le ton contre Moscou après un week-end d’attaques russes meurtrières contre l’Ukraine malgré les appels au cessez-le-feu.Le président américain dit vouloir une fin rapide de la guerre entre l’Ukraine mais, malgré son optimisme affiché encore lundi dernier après un appel de près de deux heures avec son homologue russe, les bombardements se sont intensifiés avec 13 morts côté ukrainien dimanche matin.”J’ai toujours eu de très bonnes relations avec (le président) russe Vladimir Poutine mais quelque chose lui est arrivé. Il est devenu complètement FOU!”, a écrit M. Trump sur le réseau social Truth Social.”J’ai toujours dit qu’il voulait TOUTE l’Ukraine, pas seulement une partie, et peut-être que cela se révèle juste mais s’il le fait, cela mènera à la chute de la Russie!”, a-t-il ajouté.Dans la nuit de dimanche à lundi, les autorités ukrainiennes ont encore fait état de deux blessés – une femme de 60 ans et un homme de 52 ans – dans une “attaque russe” dans la région de Zaporijjia, ainsi que de frappes dans les régions de Khmelnytski (ouest) et de “puissantes explosions” dans la ville de Kharkiv (nord-est).A Kiev, le maire Vitali Klitschko a indiqué que la défense antiaérienne avait été activée face à une attaque de drones.Des alertes aériennes ont été déclenchées sur l’ensemble du territoire national dans la nuit, mais les bombardements rapportés semblaient selon les premières informations moins massifs que lors des deux nuits précédentes.Selon l’armée de l’air, l’Ukraine avait subi dimanche à l’aube une attaque combinée de 367 projectiles: 69 missiles et 298 drones. Les autorités ukrainiennes ont fait état de 13 morts, dont quatre dans la région de Kiev ainsi que trois enfants dans la région de Jytomyr (nord-ouest).Dans la nuit de vendredi à samedi, quelque 250 drones et 14 missiles balistiques avaient été détectés, ciblant en majorité la capitale.- “Pression” -L’armée russe a déclaré avoir frappé lors de ces deux nuits des entreprises du “complexe militaro-industriel” ukrainien.Côté russe, le fonctionnement de plusieurs aéroports moscovites a une nouvelle fois été perturbé dans la nuit, alors que différentes régions russes dont la capitale ont fait état de drones interceptés par la défense anti-aérienne.Les bombardements russes du week-end ont poussé Kiev et ses alliés européens à appeler à punir Moscou, la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas réclamant “la plus forte pression internationale sur la Russie”, tandis que Berlin dénonçait “un affront, y compris envers le président américain Donald Trump, qui a tant fait pour amener Poutine à la table des négociations”.Dans un autre appel du pied à Washington, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé que “le silence de l’Amérique et des autres ne font qu’encourager Poutine”.Mais Donald Trump reste évasif sur toute action concrète visant la Russie, répondant simplement dimanche soir “absolument” quand il a été interrogé sur la possibilité de renforcer les sanctions américaines.Et il n’a pas caché sa frustration envers M. Zelensky: “Tout ce qui sort de sa bouche crée des problèmes, je n’aime pas ça et il ferait mieux d’arrêter”.- Echange de prisonniers -La Russie a lancé une offensive militaire à grande échelle en Ukraine en février 2022 et contrôle à l’heure actuelle environ 20% de ce pays voisin, dont la Crimée, péninsule annexée en 2014.Les combats ont tué et blessé des dizaines de milliers de militaires et de civils des deux côtés et obligé des millions de personnes à fuir. Des villes et villages entiers ont été détruits dans l’est et le sud de l’Ukraine.Depuis mi-février, l’administration américaine de Donald Trump multiplie les appels à un cessez-le-feu et s’est rapprochée pour cela de Moscou, sans résultat probant pour l’heure.En l’état, les positions de l’Ukraine et de la Russie s’opposent: Kiev demande un cessez-le-feu “inconditionnel” de 30 jours pour permettre des discussions de paix, tandis que Moscou part du principe que les négociations doivent se faire “simultanément” aux combats.Seul résultat tangible des pourparlers directs entre Russes et Ukrainiens mi-mai à Istanbul: Kiev et Moscou ont procédé ces derniers jours à un vaste échange de prisonniers au format 1.000 pour 1.000, qui s’est achevé avec la remise par chaque camp de 303 prisonniers.La diplomatie russe avait indiqué vendredi que Moscou travaillait sur un document exposant “les conditions d’un accord durable” pour régler le conflit, qui doit être transmis à Kiev une fois l’échange de prisonniers finalisé.

Le bombardement d’une école à Gaza fait au moins 13 morts

Au moins 13 personnes ont été tuées et 21 blessées lundi, selon la Défense civile palestinienne, dans le bombardement d’une école de la ville de Gaza par Israël, qui intensifie son offensive malgré les pressions internationales croissantes.La Défense civile de Gaza a annoncé sur Telegram avoir “récupéré 13 martyrs et 21 blessés à l’intérieur de l’école Fahmi Aljarjaoui, dans le quartier d’Aldaraj, après que les forces d’occupation israéliennes l’ont ciblée à l’aube”.Dimanche, la Défense civile avait dénombré 22 morts dans la bande de Gaza, dont une femme enceinte et des enfants, dans une série de frappes aériennes.Rompant une trêve de deux mois, Israël a repris son offensive à la mi-mars sur Gaza et a intensifié ses opérations militaires le 17 mai, dans le but affiché d’anéantir le Hamas, libérer les derniers otages et prendre le contrôle du territoire.L’attaque des commandos du Hamas en Israël le 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles.Sur 251 personnes enlevées ce jour-là, 57 restent retenues dans Gaza, dont au moins 34 sont mortes, selon les autorités israéliennes. Plus de 53.939 Gazaouis, majoritairement des civils, ont été tués par la campagne de représailles militaires israéliennes, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l’ONU.- “Guerre qui n’a plus de but” -L’offensive israélienne s’accompagne d’un blocus qui a aggravé les pénuries de nourriture, d’eau, de carburant et de médicaments dans le petit territoire palestinien, faisant craindre une famine. Les organisations humanitaires affirment que le peu d’aide qu’Israël a laissé entrer ces derniers jours est loin de répondre aux besoins.Cette catastrophe humanitaire entraîne une indignation internationale croissante, y compris parmi les alliés historiques d’Israël. L’Union européenne s’est prononcée la semaine dernière en faveur d’un réexamen de son accord d’association avec le pays.”A très court terme, pour arrêter cette guerre qui n’a plus de but et faire rentrer l’aide humanitaire de façon massive, sans entrave, de façon neutre, que ce ne soit pas Israël qui décide qui peut manger et qui ne peut pas, (…) on doit envisager des sanctions”, a souligné le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, à la radio publique française France Info.M. Albares s’exprimait à l’occasion d’une réunion dimanche à Madrid entre responsables de pays européens et arabes pour discuter du sujet. Devant la presse, il a souligné que l’Espagne allait demander la “suspension immédiate” de l’accord d’association entre l’UE et Israël, ainsi qu’un embargo sur les armes et des sanctions individuelles.Le président américain Donald Trump, dont l’administration est le principal soutien du gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu, a déclaré dimanche qu’il espérait “arrêter toute cette situation le plus vite possible”.Au même moment, le chef de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), organisation créée de toutes pièces et soutenue par les Etats-Unis pour distribuer de l’aide dans la bande de Gaza, a annoncé dimanche sa démission, se disant incapable de remplir sa mission “tout en respectant strictement les principes humanitaires d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance”.L’organisation, créée il y a quelques mois et dont le siège se situe à Genève, a annoncé le 14 mai vouloir distribuer près de 300 millions de repas pour une période initiale de 90 jours.L’ONU et des ONG ont affirmé qu’elles ne participeraient pas à la distribution d’aide par cette fondation, accusée de travailler avec Israël.

Le bombardement d’une école à Gaza fait au moins 13 morts

Au moins 13 personnes ont été tuées et 21 blessées lundi, selon la Défense civile palestinienne, dans le bombardement d’une école de la ville de Gaza par Israël, qui intensifie son offensive malgré les pressions internationales croissantes.La Défense civile de Gaza a annoncé sur Telegram avoir “récupéré 13 martyrs et 21 blessés à l’intérieur de l’école Fahmi Aljarjaoui, dans le quartier d’Aldaraj, après que les forces d’occupation israéliennes l’ont ciblée à l’aube”.Dimanche, la Défense civile avait dénombré 22 morts dans la bande de Gaza, dont une femme enceinte et des enfants, dans une série de frappes aériennes.Rompant une trêve de deux mois, Israël a repris son offensive à la mi-mars sur Gaza et a intensifié ses opérations militaires le 17 mai, dans le but affiché d’anéantir le Hamas, libérer les derniers otages et prendre le contrôle du territoire.L’attaque des commandos du Hamas en Israël le 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles.Sur 251 personnes enlevées ce jour-là, 57 restent retenues dans Gaza, dont au moins 34 sont mortes, selon les autorités israéliennes. Plus de 53.939 Gazaouis, majoritairement des civils, ont été tués par la campagne de représailles militaires israéliennes, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas pour Gaza, jugées fiables par l’ONU.- “Guerre qui n’a plus de but” -L’offensive israélienne s’accompagne d’un blocus qui a aggravé les pénuries de nourriture, d’eau, de carburant et de médicaments dans le petit territoire palestinien, faisant craindre une famine. Les organisations humanitaires affirment que le peu d’aide qu’Israël a laissé entrer ces derniers jours est loin de répondre aux besoins.Cette catastrophe humanitaire entraîne une indignation internationale croissante, y compris parmi les alliés historiques d’Israël. L’Union européenne s’est prononcée la semaine dernière en faveur d’un réexamen de son accord d’association avec le pays.”A très court terme, pour arrêter cette guerre qui n’a plus de but et faire rentrer l’aide humanitaire de façon massive, sans entrave, de façon neutre, que ce ne soit pas Israël qui décide qui peut manger et qui ne peut pas, (…) on doit envisager des sanctions”, a souligné le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, à la radio publique française France Info.M. Albares s’exprimait à l’occasion d’une réunion dimanche à Madrid entre responsables de pays européens et arabes pour discuter du sujet. Devant la presse, il a souligné que l’Espagne allait demander la “suspension immédiate” de l’accord d’association entre l’UE et Israël, ainsi qu’un embargo sur les armes et des sanctions individuelles.Le président américain Donald Trump, dont l’administration est le principal soutien du gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu, a déclaré dimanche qu’il espérait “arrêter toute cette situation le plus vite possible”.Au même moment, le chef de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), organisation créée de toutes pièces et soutenue par les Etats-Unis pour distribuer de l’aide dans la bande de Gaza, a annoncé dimanche sa démission, se disant incapable de remplir sa mission “tout en respectant strictement les principes humanitaires d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance”.L’organisation, créée il y a quelques mois et dont le siège se situe à Genève, a annoncé le 14 mai vouloir distribuer près de 300 millions de repas pour une période initiale de 90 jours.L’ONU et des ONG ont affirmé qu’elles ne participeraient pas à la distribution d’aide par cette fondation, accusée de travailler avec Israël.

Charles III arrive au Canada, en pleines tensions avec le voisin américain

Le roi Charles III doit atterrir lundi à Ottawa pour une visite historique où il prononcera le discours du trône pour la réouverture du Parlement canadien, une brève visite interprétée comme une claire marque de soutien après les menaces d’annexion de Donald Trump.Le souverain de 76 ans est aussi chef d’Etat du Canada, pays membre du Commonwealth. Tenu à une stricte neutralité politique, il n’a jamais fait le moindre commentaire public sur les velléités du président américain qui rêve de faire du Canada le 51e Etat américain. Donald Trump est par ailleurs grand admirateur de la famille royale.Le discours du trône est habituellement prononcé par le représentant de la couronne britannique au Canada, le gouverneur général. Mais Charles III a cette fois été invité par le nouveau Premier ministre Mark Carney: cette allocution, point fort de la visite royale de 24 heures dans la capitale Ottawa, détaillera les priorités du nouveau gouvernement de centre-gauche.Ce discours sera particulièrement scruté, notamment sur les questions de souveraineté et de relations commerciales, face à un Donald Trump qui rêve d’annexer le pays de 41 millions d’habitants, auquel il a en outre récemment imposé un relèvement de taxes douanières.- “Un honneur historique” -Elizabeth II, la mère du roi Charles, n’est venue prononcer que deux fois le discours du trône lors de son long règne, en 1957 et la dernière fois en 1977.Mark Carney, Premier ministre depuis mi-mars, a remporté les législatives du 28 avril en plaçant la défense de la souveraineté du Canada au cœur de sa campagne.Il a déclaré à Donald Trump le 6 mai à la Maison Blanche que le Canada “ne sera jamais à vendre”, en réponse au président américain qui lui faisait la liste des “formidables avantages” pour les Canadiens d’un “merveilleux mariage”.Charles III “présentera le plan de notre gouvernement pour rendre le Canada plus fort”, a déclaré mercredi le Premier ministre canadien. Il avait auparavant salué son déplacement “comme un honneur historique qui reflète la gravité de notre époque”.L’envoyé de Donald Trump au Canada, l’ambassadeur Pete Hoekstra, a rejeté l’idée que l’invitation de Charles au Parlement était un moyen efficace de faire passer un message sur l’annexion du pays: “S’il y a un message à faire passer, il y a des moyens plus simples de le faire. Il suffit de m’appeler ! M. Carney peut appeler le président à tout moment”, a déclaré le diplomate la semaine dernière à la chaîne publique CBC.M. Hoekstra a ajouté qu’il considérait la question de l’annexion comme “close”. “Il faut passer à autre chose. Si les Canadiens veulent continuer à en parler, c’est leur affaire.”- Carrosse tiré par 28 chevaux -La visite de Charles, qui sera accompagné par la reine Camilla, est sa vingtième au Canada, mais la première depuis qu’il est devenu roi en septembre 2022. C’est la sixième pour Camilla, sa première en tant que reine.Le couple royal doit atterrir lundi en début d’après-midi et ils commenceront par une rencontre communautaire célébrant en musique et à travers son artisanat la diversité et le patrimoine culturel du Canada.Le roi s’entretiendra également avec la gouverneure générale Mary Simon et le Premier ministre.A Rideau Hall, résidence officielle de la gouverneure générale, le roi participera à la plantation d’un arbre, avant une courte réception prévue avec les lieutenants-gouverneurs des dix provinces canadiennes et commissaires territoriaux des trois territoires.Mardi, le roi et la reine se rendront en carrosse tiré par 28 chevaux jusqu’au Sénat pour le discours du trône prévu vers 15h00 GMT. Charles III y recevra les honneurs militaires. La visite royale se terminera par le dépôt d’une couronne devant le tombeau du Soldat inconnu.Un médecin canadien a été mis à disposition du roi, traité chaque semaine pour un cancer dont le type n’a jamais été précisé.

Macron au Vietnam, pays test pour sa “stratégie indopacifique” face à Trump et Xi

Emmanuel Macron rencontre lundi les dirigeants du Vietnam au démarrage d’une tournée en Asie du Sud-Est, l’occasion de tester sa “stratégie indopacifique” dans une région prise en tenailles dans la confrontation entre les Etats-Unis et la Chine.Arrivé dimanche soir à Hanoï avec son épouse Brigitte Macron, le président français va enchaîner jusqu’à vendredi trois visites d’Etat, dans ce pays au passé colonial souvent douloureux avec la France, puis en Indonésie et à Singapour.”Partout, je dirai une chose simple: la France est une puissance de paix et d’équilibres. Elle est un partenaire fiable, qui croit au dialogue et à la coopération. Quand certains choisissent le repli, la France choisit de bâtir des ponts”, a-t-il dit sur le réseau X à son arrivée.Lundi, après un hommage à la mémoire des combattants de la guerre d’Indochine qui se battirent de 1946 à 1954 contre la France, pour l’indépendance, c’est la journée des entretiens officiels.Le chef de l’Etat, dont c’est la première visite au Vietnam, doit être reçu par son homologue vietnamien Luong Cuong puis par le secrétaire général du Parti communiste To Lam, qu’il avait lui-même accueilli à Paris en octobre.Le chef du parti, avec lequel il déjeunera au temple de la Littérature, monument dédié à Confucius et lieu emblématique de la culture vietnamienne, est considéré comme le dirigeant le plus puissant du pays, où les organisations de défense des droits dénoncent une répression accrue de toute voix critique du pouvoir.Human Rights Watch a alerté Emmanuel Macron dans une lettre la semaine dernière, lui demandant de “faire pression” publiquement sur le gouvernement vietnamien pour qu’il “libère sans condition toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, d’association, de religion et de réunion”.- Des “règles” plutôt que la “jungle” -Une telle interpellation n’est pas dans les usages du président français qui assure régulièrement préférer évoquer ces sujets sensibles à huis clos. D’autant qu’au Vietnam, l’Elysée espère “renforcer les coopérations dans les secteurs stratégiques tels que l’énergie, les transports et la défense”. Et le chef de l’Etat entend marteler son offre de “troisième voie” à ce pays d’Asie-Pacifique particulièrement exposé à la concurrence sino-américaine.”Le Vietnam est vraiment sur la première ligne de toutes les tensions qui croissent en mer de Chine méridionale”, où Pékin se fait de plus en plus offensif dans ses revendications territoriales, glisse un haut responsable de la diplomatie française.Mais il est aussi en pleines négociations pour tenter d’échapper à la forte taxe douanière de 46% imposée puis suspendue par Donald Trump, alors que les Etats-Unis sont le plus grand marché des exportations de l’industrie manufacturière vietnamienne.Enoncée dès 2018, déjà vantée dans de multiples déplacements en Inde, dans l’océan Pacifique ou dans l’océan Indien, la “stratégie indopacifique” d’Emmanuel Macron consiste à proposer une troisième voie aux pays de la région. Et elle trouve selon Paris toute sa pertinence depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche avec ses menaces de guerre commerciale.De manière plus ou moins subliminale, le président français devrait avoir un message pour chacun.Pour le président américain, en défendant les “règles du commerce international” plutôt que la loi de la “jungle”, selon un de ses conseillers. Pour son homologue chinois Xi Jinping, qu’il a appelé avant son départ à garantir une “concurrence équitable”, en martelant que la France est un partenaire “respectueux” de “la souveraineté” des pays de la région.Et aussi pour le président russe Vladimir Poutine, en affirmant aux pays comme le Vietnam ou l’Indonésie, longtemps tournés vers Moscou notamment pour leurs armements, mais qui cherchent à diversifier leurs fournisseurs, que la Russie, par la guerre qu’elle mène en Ukraine avec le soutien de soldats nord-coréens, “déstabilise l’Asie” et non seulement l’Europe.Au Vietnam, cette posture de “puissance d’équilibre” peut trouver un écho: le pays veille lui-même à garder un certain équilibre dans ses relations avec la Chine et les Etats-Unis, afin de maximiser ses intérêts commerciaux, dans la lignée de sa “diplomatie du bambou”.

Macron au Vietnam, pays test pour sa “stratégie indopacifique” face à Trump et Xi

Emmanuel Macron rencontre lundi les dirigeants du Vietnam au démarrage d’une tournée en Asie du Sud-Est, l’occasion de tester sa “stratégie indopacifique” dans une région prise en tenailles dans la confrontation entre les Etats-Unis et la Chine.Arrivé dimanche soir à Hanoï avec son épouse Brigitte Macron, le président français va enchaîner jusqu’à vendredi trois visites d’Etat, dans ce pays au passé colonial souvent douloureux avec la France, puis en Indonésie et à Singapour.”Partout, je dirai une chose simple: la France est une puissance de paix et d’équilibres. Elle est un partenaire fiable, qui croit au dialogue et à la coopération. Quand certains choisissent le repli, la France choisit de bâtir des ponts”, a-t-il dit sur le réseau X à son arrivée.Lundi, après un hommage à la mémoire des combattants de la guerre d’Indochine qui se battirent de 1946 à 1954 contre la France, pour l’indépendance, c’est la journée des entretiens officiels.Le chef de l’Etat, dont c’est la première visite au Vietnam, doit être reçu par son homologue vietnamien Luong Cuong puis par le secrétaire général du Parti communiste To Lam, qu’il avait lui-même accueilli à Paris en octobre.Le chef du parti, avec lequel il déjeunera au temple de la Littérature, monument dédié à Confucius et lieu emblématique de la culture vietnamienne, est considéré comme le dirigeant le plus puissant du pays, où les organisations de défense des droits dénoncent une répression accrue de toute voix critique du pouvoir.Human Rights Watch a alerté Emmanuel Macron dans une lettre la semaine dernière, lui demandant de “faire pression” publiquement sur le gouvernement vietnamien pour qu’il “libère sans condition toutes les personnes détenues pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, d’association, de religion et de réunion”.- Des “règles” plutôt que la “jungle” -Une telle interpellation n’est pas dans les usages du président français qui assure régulièrement préférer évoquer ces sujets sensibles à huis clos. D’autant qu’au Vietnam, l’Elysée espère “renforcer les coopérations dans les secteurs stratégiques tels que l’énergie, les transports et la défense”. Et le chef de l’Etat entend marteler son offre de “troisième voie” à ce pays d’Asie-Pacifique particulièrement exposé à la concurrence sino-américaine.”Le Vietnam est vraiment sur la première ligne de toutes les tensions qui croissent en mer de Chine méridionale”, où Pékin se fait de plus en plus offensif dans ses revendications territoriales, glisse un haut responsable de la diplomatie française.Mais il est aussi en pleines négociations pour tenter d’échapper à la forte taxe douanière de 46% imposée puis suspendue par Donald Trump, alors que les Etats-Unis sont le plus grand marché des exportations de l’industrie manufacturière vietnamienne.Enoncée dès 2018, déjà vantée dans de multiples déplacements en Inde, dans l’océan Pacifique ou dans l’océan Indien, la “stratégie indopacifique” d’Emmanuel Macron consiste à proposer une troisième voie aux pays de la région. Et elle trouve selon Paris toute sa pertinence depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche avec ses menaces de guerre commerciale.De manière plus ou moins subliminale, le président français devrait avoir un message pour chacun.Pour le président américain, en défendant les “règles du commerce international” plutôt que la loi de la “jungle”, selon un de ses conseillers. Pour son homologue chinois Xi Jinping, qu’il a appelé avant son départ à garantir une “concurrence équitable”, en martelant que la France est un partenaire “respectueux” de “la souveraineté” des pays de la région.Et aussi pour le président russe Vladimir Poutine, en affirmant aux pays comme le Vietnam ou l’Indonésie, longtemps tournés vers Moscou notamment pour leurs armements, mais qui cherchent à diversifier leurs fournisseurs, que la Russie, par la guerre qu’elle mène en Ukraine avec le soutien de soldats nord-coréens, “déstabilise l’Asie” et non seulement l’Europe.Au Vietnam, cette posture de “puissance d’équilibre” peut trouver un écho: le pays veille lui-même à garder un certain équilibre dans ses relations avec la Chine et les Etats-Unis, afin de maximiser ses intérêts commerciaux, dans la lignée de sa “diplomatie du bambou”.