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Le pro-européen Nicusor Dan investi président de la Roumanie

Une semaine après sa victoire contre son rival nationaliste, le maire pro-européen de Bucarest, Nicusor Dan, a prêté serment lundi pour devenir le nouveau président de la Roumanie et un rempart face à “l’influence russe”.A 55 ans, ce mathématicien formé à Normale Sup et à la Sorbonne, une grande école et une université parisiennes, accède au poste suprême dans un pays meurtri par des mois de bataille politique et confronté au déficit le plus lourd de l’UE.”Je jure de consacrer toute ma force et toute ma compétence au progrès spirituel et matériel du peuple roumain, (…) de défendre la démocratie, les droits et les libertés fondamentales des citoyens”, a déclaré le nouveau chef d’État de 55 ans dans l’enceinte de l’imposant Parlement, devant un parterre de personnalités du monde politique, judiciaire et religieux.Dans un discours, il a appelé “les partis politiques à agir dans l’intérêt national” alors que “l’État roumain a besoin d’un changement fondamental”.- “Résister” -Signe du climat tendu, les députés du parti nationaliste AUR ont boycotté la cérémonie, estimant qu’elle visait à “légitimer une trahison nationale”.Leur chef vaincu dans les urnes, George Simion, avait appelé la veille sur le réseau social X à “résister”.S’il n’a pas lancé d’appel à manifester, la gendarmerie se tenait en alerte après des messages envoyés par ses partisans sur la plateforme TikTok, sans toutefois s’attendre à de grands rassemblements en raison du temps pluvieux.Fort d’un score de plus de 40% au premier tour, M. Simion, 38 ans, avait la victoire à portée de main mais la forte mobilisation des électeurs attachés aux valeurs européennes a changé la donne.”Chaque jour, nous sommes de plus en plus nombreux”, a assuré le souverainiste, promettant de ne pas baisser les bras après l’échec de son recours en justice au motif “d’ingérences extérieures” dans l’élection, notamment de la France.Deux poids deux mesures, selon lui, car un premier scrutin le 24 novembre avait été annulé, les autorités évoquant des suspicions d’influence russe après l’arrivée en tête surprise d’un ex-haut fonctionnaire du même bord que George Simion, Calin Georgescu.Face à ces accusations de “coup d’État”, Nicusor Dan a insisté au soir de sa victoire sur la nécessité de réconcilier les “deux Roumanie”.Après la cérémonie, il doit se rendre au palais Cotroceni pour une passation de pouvoirs avec le président par intérim Ilie Bolojan, possible futur Premier ministre.Car Nicusor Dan a désormais la rude tâche de mener des négociations pour nommer un chef du gouvernement après l’éclatement dans l’entre-deux tours de la coalition au pouvoir, composée notamment des sociaux-démocrates et des libéraux.- Contre “l’isolationnisme” -Ce fervent Européen et soutien de l’Ukraine voisine, qui va siéger aux sommets de l’UE et de l’Otan, compte aussi peser sur la scène internationale. Il s’est rendu dimanche à Varsovie pour soutenir son alter ego polonais, le maire Rafal Trzaskowski, qui aspire à la présidence dimanche prochain.”La semaine dernière, nous avons remporté les élections roumaines. La population a rejeté l’isolationnisme et l’influence russe”, a-t-il déclaré sur scène devant des milliers de personnes, souhaitant le même dénouement en Pologne.Au programme également, la lutte contre la corruption, qui mine l’État de 19 millions d’habitants et a motivé le vote protestataire de nombreux habitants des campagnes.Cet ancien militant anti-corruption a fait campagne sur le slogan d’une Roumanie “honnête”. Soucieux d’offrir une autre image après des décennies de gestion “arrogante”,  il continue à accompagner à pied sa fille de neuf ans à l’école, symbole du “nouveau chapitre” qu’il veut construire. Il joue sur son naturel réservé qui lui a valu des critiques pendant la campagne, mais qui s’est révélé être un atout face aux invectives de l’ex-hooligan George Simion.

Procès Le Scouarnec: l’accusé veut “réparer”, plaide la défense

“Réparer”, c’est l’objectif que s’est fixé Joël Le Scouarnec, a plaidé lundi la défense de l’ex-chirurgien pédocriminel, jugé à Vannes depuis fin février et qui prendra une dernière fois la parole dans la journée avant que la cour ne se retire pour délibérer.Accusé de viols et agressions sexuelles sur 299 personnes, pour la plupart des patients mineurs au moment des faits, il a été qualifié vendredi de “diable” en blouse blanche par l’avocat général. Ce dernier a requis à son encontre la peine maximale, 20 ans de réclusion, et toute une série de mesures de sûreté en raison “de risques très élevés de récidive”.”C’est durant sa carrière qu’il va commettre l’impensable en tant que chirurgien, mais il va aussi soigner, guérir, sauver, soulager des milliers de personnes”, a relevé l’un de ses avocats, Me Thibaut Kurzawa.”Réduire Joël Le Scouarnec à ce qu’il a fait de mal, durant une période aussi importante soit-elle, avec un nombre de victimes aussi important soit-il, ce serait inévitablement nier l’autre visage d’un homme”, a plaidé l’avocat.La défense de Joël Le Scouarnec, 74 ans, a déjà admis devant la cour criminelle du Morbihan qu’il est “archi coupable” mais elle a constamment insisté sur l’évolution accomplie depuis son arrestation à Jonzac (Charente-Maritime) en 2007 après le viol d’une voisine de six ans.”Ce travail sur lui-même a fini par être fructueux et s’est traduit par un fait majeur: la reconnaissance pleine et entière de l’ensemble des faits qui lui sont reprochés”, le 20 mars, a réaffirmé Me Kurzawa lundi.Joël Le Scouarnec a même avoué des violences sexuelles déjà prescrites et d’autres encore inconnues, comme celles commises sur sa propre petite-fille, qui font l’objet d’une nouvelle procédure au parquet de Lorient.Pour Me Kurzawa, l’accusé après son arrestation, voici huit ans, “a formulé un voeu: celui d’avancer et de réparer” et “c’est cette réparation qui l’anime”, “seule boussole dans sa cellule”.Depuis le début du procès, la défense répète qu’elle ne cherche pas à “déresponsabiliser” ou à “victimiser” Joël Le Scouarnec, mais il est important de “chercher à comprendre comment il est devenu” pédophile, a ajouté Me Kurzawa.- Rétention de sûreté? -Plus que sur l’origine de ses multiples perversions, c’est sur leur “dangerosité” que l’avocat général Stéphane Kellenberger a insisté vendredi. Il a notamment requis une mesure spéciale de “rétention de sûreté”, s’appliquant après qu’un condamné a purgé sa peine, “du fait des troubles graves de sa personnalité”.Le magistrat a également demandé que l’accusé soit interdit définitivement d’exercer la médecine ou une autre profession dans le domaine de la santé, et n’ait plus le droit d’exercer auprès de mineurs ni de posséder un animal, en raison de sa zoophilie.- “Au milieu du gué” -Joël Le Scouarnec a affirmé à plusieurs reprises à la cour ne plus avoir d’attirance sexuelles pour des enfants, malgré l’avis contraire des psychiatres et psychologues qui ont défilé à la barre.”Vous êtes le diable”, a lancé l’avocat général dans son réquisitoire, estimant que malgré le “travail véritablement extraordinaire” de sa défense, Joël Le Scouarnec était, lui, “resté au milieu du gué”, tenant “en suspens (les victimes) par sa parole”, croyant “qu’il les contrôle encore”.Masque lisse, traits figés, l’accusé a habitué la cour à n’exprimer que peu d’émotions au cours de ce procès débuté le 24 février.Lorsqu’il prenait la parole, il a souvent répété les mêmes mots, avec les mêmes intonations, des phrases atones que l’avocat général a imitées vendredi d’un air agacé.”Je ne suis pas un comédien”, s’était défendu Joël Le Scouarnec lorsque l’avocat d’une partie civile lui en faisait le reproche.Il sera invité à prendre la parole une dernière fois lundi, après la plaidoirie de ses avocats et avant que les cinq magistrats de la cour ne se retirent pour délibérer.Pour établir son verdict, attendu mercredi, la cour devra répondre à 841 questions concernant les 111 viols et 189 agressions sexuelles.Arrêté en juin 2017, Joël Le Scouarnec purge actuellement une première peine de 15 ans de prison pour des violences sexuelles sur quatre enfants.

Inde: des inondations à Bombay en raison d’une mousson précoce

De fortes précipitations ont entraîné des inondations lundi à Bombay, la capitale financière de l’Inde, frappée deux semaines plus tôt que d’habitude par des pluies de mousson, selon le service météorologique du pays. Vitales pour l’approvisionnement en eau du pays, les pluies de mousson s’abattent généralement sur une grande partie de l’Inde de juin à septembre. Elles entraînent des inondations et des glissements de terrain qui font de nombreuses victimes et d’importants dégâts.Le service météorologique indien (IMD) a placé en alerte rouge la mégapole située dans l’Etat du Maharashtra (ouest), jusqu’à mardi en raison de  “précipitations extrêmement fortes”.”Tous les habitants sont invités à rester chez eux et à éviter les déplacements sauf en cas d’extrême nécessité”, ont déclaré les autorités municipales dans un communiqué.Les pluies ont atteint Bombay lundi, soit “16 jours plus tôt que d’habitude”, a indiqué l’IMD, rappelant qu’elles s’abattent généralement sur Bombay autour du 11 juin.”C’est la date la plus précoce (enregistrée) sur une période allant de 2001 à 2025″, a-t-il précisé.Concernant le vaste Etat du Maharashtra, c’est la première fois en 14 ans que les pluies de mousson arrivent aussi tôt, a affirmé la responsable météorologique de l’IMD dans la région, Shubhangi Bhute.L’Asie du Sud a enregistré des températures plus élevées au cours des dernières années et une évolution des conditions météorologiques. Il est cependant difficile pour les scientifiques d’établir la manière dont le changement climatique à des conséquences sur la mousson, un phénomène très complexe.La mousson du sud-ouest ou mousson d’été asiatique est essentiellement une brise marine colossale qui apporte à l’Asie du Sud, chaque année entre juin et septembre, de 70 à 80% de ses précipitations annuelles.Vitale pour l’agriculture et la sécurité alimentaire, elle se produit lorsque la chaleur de l’été réchauffe la masse continentale de la sous-région, provoquant une élévation de l’air et aspirant les vents plus frais de l’océan Indien qui produisent alors d’énormes volumes de pluie.En Inde, la mousson commence généralement par frapper l’Etat du Kerala (sud) début juin avant de toucher le reste du pays au cours de la première semaine de juillet et atteint généralement le Maharashtra vers le 7 juin. 

Macron au Vietnam pour promouvoir un ordre mondial “fondé sur le droit”, face à Trump et Xi

Emmanuel Macron a rappelé lundi son engagement pour un ordre mondial “fondé sur le droit” depuis le Vietnam, première étape de sa tournée en Asie du Sud-Est, une région vulnérable à la montée des frictions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.Le président français a évoqué “le retour de discours de puissances ou d’intimidations”, qui imposent d’agir “ensemble” pour “préserver un ordre fondé sur le droit”, devant son homologue vietnamien Luong Cuong.La France défend une stratégie dite de la “troisième voie” dans une région exposée au regain de tensions entre Pékin et Washington, depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump. Paris espère trouver une oreille attentive auprès des dirigeants vietnamiens.”Avec la France vous avez un ami connu, sûr et fiable (…) et dans la période que nous vivons, ceci seul a beaucoup de valeur”, a insisté Emmanuel Macron, au cours d’une rencontre avec To Lam, le secrétaire général du parti communiste, figure politique la plus influente du Vietnam.La France et le Vietnam partagent une proximité liée à l’histoire coloniale, souvent douloureuse pour Hanoï, mais le poids commercial de Paris demeure marginal dans ce pays à forte croissance, qui tire son dynamisme des exportations, principalement dans le textile et l’électronique.Plus d’une douzaine d’accords ont été signés lundi, notamment dans les transports, les satellites et sur l’énergie nucléaire, à un moment où ce pays asiatique, dépendant des énergies fossiles, cherche à répondre aux besoins croissants de ses 100 millions d’habitants.La compagnie low-cost Vietjet Air a aussi annoncé passer commande pour 20 avions gros porteurs Airbus A330-900, qui s’ajoutent à un premier contrat similaire de 20 appareils passé l’an dernier avec le géant européen de l’aéronautique.”C’est bien une nouvelle page qui s’écrit entre nos deux pays (…) Une volonté d’écrire une page encore plus ambitieuse de la relation entre le Vietnam et la France, entre l’Asean et l’Union européenne”, a insisté M. Macron.Arrivé dimanche soir à Hanoï avec son épouse Brigitte Macron, Emmanuel Macron poursuit sa tournée cette semaine en Indonésie et à Singapour. – Nouvelle commande d’Airbus -M. Macron a aussi déjeuné avec To Lam, qu’il avait accueilli à Paris en octobre, au temple de la Littérature, un monument dédié à Confucius et emblématique de la culture vietnamienne, où ils ont assisté à une représentation de musique et de danse traditionnels.To Lam est critiqué par les groupes de défense des droits pour avoir orchestré une campagne de répression de grande échelle contre toutes les voix critiques de son pouvoir. Human Rights Watch a recensé plus de 170 prisonniers politiques dans le pays, dont des bloggueurs et des militants pour l’environnement.Le président français assure régulièrement préférer évoquer ces sujets sensibles à huis clos. D’autant qu’au Vietnam, l’Elysée espère “renforcer les coopérations dans les secteurs stratégiques tels que l’énergie, les transports et la défense”. “Le Vietnam est vraiment sur la première ligne de toutes les tensions qui croissent en mer de Chine méridionale”, glisse un haut responsable de la diplomatie française. Hanoï est aussi en pleines négociations pour échapper à la forte taxe douanière de 46% imposée puis suspendue par Donald Trump. Les Etats-Unis représentent près d’un tiers des exportations vietnamiennes.- Des “règles” plutôt que la “jungle” -Enoncée dès 2018, déjà vantée dans de multiples déplacements en Inde, dans l’océan Pacifique ou dans l’océan Indien, la “stratégie indopacifique” d’Emmanuel Macron trouve, selon Paris, toute sa pertinence depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche avec ses menaces de guerre commerciale.De manière indirecte, le président français devrait avoir un message pour chacun.A l’adresse du président américain, en défendant les “règles du commerce international” plutôt que la loi de la “jungle”, selon un de ses conseillers. Pour son homologue chinois Xi Jinping, qu’il a appelé avant son départ à garantir une “concurrence équitable”, en martelant que la France est un partenaire “respectueux” de “la souveraineté” des pays de la région.Et aussi pour le président russe Vladimir Poutine, en affirmant aux pays comme le Vietnam ou l’Indonésie, longtemps tournés vers Moscou notamment pour leur armement mais qui cherchent à diversifier leurs fournisseurs, que la Russie, par la guerre qu’elle mène en Ukraine avec le soutien de soldats nord-coréens, “déstabilise l’Asie” et pas seulement l’Europe.Au Vietnam, cette posture de “puissance d’équilibre” peut trouver un écho: le pays veille lui-même à garder un certain équilibre dans ses relations avec la Chine et les Etats-Unis, afin de maximiser ses intérêts commerciaux, dans la lignée de sa “diplomatie du bambou”.

Macron au Vietnam pour promouvoir un ordre mondial “fondé sur le droit”, face à Trump et Xi

Emmanuel Macron a rappelé lundi son engagement pour un ordre mondial “fondé sur le droit” depuis le Vietnam, première étape de sa tournée en Asie du Sud-Est, une région vulnérable à la montée des frictions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.Le président français a évoqué “le retour de discours de puissances ou d’intimidations”, qui imposent d’agir “ensemble” pour “préserver un ordre fondé sur le droit”, devant son homologue vietnamien Luong Cuong.La France défend une stratégie dite de la “troisième voie” dans une région exposée au regain de tensions entre Pékin et Washington, depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump. Paris espère trouver une oreille attentive auprès des dirigeants vietnamiens.”Avec la France vous avez un ami connu, sûr et fiable (…) et dans la période que nous vivons, ceci seul a beaucoup de valeur”, a insisté Emmanuel Macron, au cours d’une rencontre avec To Lam, le secrétaire général du parti communiste, figure politique la plus influente du Vietnam.La France et le Vietnam partagent une proximité liée à l’histoire coloniale, souvent douloureuse pour Hanoï, mais le poids commercial de Paris demeure marginal dans ce pays à forte croissance, qui tire son dynamisme des exportations, principalement dans le textile et l’électronique.Plus d’une douzaine d’accords ont été signés lundi, notamment dans les transports, les satellites et sur l’énergie nucléaire, à un moment où ce pays asiatique, dépendant des énergies fossiles, cherche à répondre aux besoins croissants de ses 100 millions d’habitants.La compagnie low-cost Vietjet Air a aussi annoncé passer commande pour 20 avions gros porteurs Airbus A330-900, qui s’ajoutent à un premier contrat similaire de 20 appareils passé l’an dernier avec le géant européen de l’aéronautique.”C’est bien une nouvelle page qui s’écrit entre nos deux pays (…) Une volonté d’écrire une page encore plus ambitieuse de la relation entre le Vietnam et la France, entre l’Asean et l’Union européenne”, a insisté M. Macron.Arrivé dimanche soir à Hanoï avec son épouse Brigitte Macron, Emmanuel Macron poursuit sa tournée cette semaine en Indonésie et à Singapour. – Nouvelle commande d’Airbus -M. Macron a aussi déjeuné avec To Lam, qu’il avait accueilli à Paris en octobre, au temple de la Littérature, un monument dédié à Confucius et emblématique de la culture vietnamienne, où ils ont assisté à une représentation de musique et de danse traditionnels.To Lam est critiqué par les groupes de défense des droits pour avoir orchestré une campagne de répression de grande échelle contre toutes les voix critiques de son pouvoir. Human Rights Watch a recensé plus de 170 prisonniers politiques dans le pays, dont des bloggueurs et des militants pour l’environnement.Le président français assure régulièrement préférer évoquer ces sujets sensibles à huis clos. D’autant qu’au Vietnam, l’Elysée espère “renforcer les coopérations dans les secteurs stratégiques tels que l’énergie, les transports et la défense”. “Le Vietnam est vraiment sur la première ligne de toutes les tensions qui croissent en mer de Chine méridionale”, glisse un haut responsable de la diplomatie française. Hanoï est aussi en pleines négociations pour échapper à la forte taxe douanière de 46% imposée puis suspendue par Donald Trump. Les Etats-Unis représentent près d’un tiers des exportations vietnamiennes.- Des “règles” plutôt que la “jungle” -Enoncée dès 2018, déjà vantée dans de multiples déplacements en Inde, dans l’océan Pacifique ou dans l’océan Indien, la “stratégie indopacifique” d’Emmanuel Macron trouve, selon Paris, toute sa pertinence depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche avec ses menaces de guerre commerciale.De manière indirecte, le président français devrait avoir un message pour chacun.A l’adresse du président américain, en défendant les “règles du commerce international” plutôt que la loi de la “jungle”, selon un de ses conseillers. Pour son homologue chinois Xi Jinping, qu’il a appelé avant son départ à garantir une “concurrence équitable”, en martelant que la France est un partenaire “respectueux” de “la souveraineté” des pays de la région.Et aussi pour le président russe Vladimir Poutine, en affirmant aux pays comme le Vietnam ou l’Indonésie, longtemps tournés vers Moscou notamment pour leur armement mais qui cherchent à diversifier leurs fournisseurs, que la Russie, par la guerre qu’elle mène en Ukraine avec le soutien de soldats nord-coréens, “déstabilise l’Asie” et pas seulement l’Europe.Au Vietnam, cette posture de “puissance d’équilibre” peut trouver un écho: le pays veille lui-même à garder un certain équilibre dans ses relations avec la Chine et les Etats-Unis, afin de maximiser ses intérêts commerciaux, dans la lignée de sa “diplomatie du bambou”.

Gaza: au moins 52 morts dans des bombardements israéliens, dont 33 dans une école

Au moins 52 personnes ont été tuées lundi par des bombardements israéliens à Gaza, selon la Défense civile palestinienne, dont 33 dans une école abritant des déplacés, où l’armée israélienne a dit avoir visé des “terroristes”. Ces nouvelles frappes meurtrières interviennent alors qu’Israël intensifie son offensive dans le territoire palestinien dévasté et en proie à une catastrophe humanitaire, malgré les pressions internationales croissantes.Le bilan du “massacre de l’école Fahmi AlJarjaoui” de Gaza-ville (nord) est “d’au moins 33” morts “avec des dizaines de blessés, principalement des enfants”, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal. Des images de l’AFP montrent dans la matinée des résidents de l’établissement, à la cour occupée par des tentes dont de nombreuses détruites, inspecter les dégâts. L’armée israélienne a dit avoir visé “des terroristes de premier plan qui opéraient dans un centre de commandement et de contrôle (…) dans une zone qui servait auparavant d’école”. Elle accuse régulièrement le Hamas d’opérer à partir d’écoles ou hôpitaux – qu’elle a visés à plusieurs reprises – ce que ce dernier nie.  La Défense civile a ensuite fait état de 19 personnes tuées dans un bombardement israélien sur une maison de Jabalia, également dans le nord de la bande de Gaza. L’armée a aussi fait part du tir de trois “projectiles” depuis le sud de la bande de Gaza, affirmant avoir intercepté l’un deux et que les deux autres sont tombés dans le territoire palestinien. Rompant une trêve de deux mois, Israël a repris son offensive mi-mars, et intensifié ses opérations militaires le 17 mai, dans le but affiché d’anéantir le Hamas – dont l’attaque en Israël le 7 octobre 2023 a déclenché la guerre – , libérer les derniers otages et prendre le contrôle de la bande de Gaza.- “Guerre qui n’a plus de but” -L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles.Sur 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues dans Gaza, dont au moins 34 mortes, selon les autorités israéliennes. Plus de 53.939 Gazaouis, majoritairement des civils, ont été tués par la campagne de représailles israéliennes, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Les Gazaouis sont aussi confrontés à des pénuries de nourriture, d’eau, de carburant et de médicaments, après plus de deux mois d’un total blocage par Israël des entrées d’aide humanitaire, qui n’a été que partiellement levé lundi dernier. Les organisations humanitaires affirment que le peu d’aide qu’Israël a laissé entrer depuis est loin de répondre aux besoins.L’escalade militaire et cette catastrophe humanitaire nourrissent une indignation internationale croissante, y compris parmi les alliés historiques d’Israël. L’Union européenne a décidé la semaine dernière d’un réexamen de son accord d’association avec le pays.”A très court terme, pour arrêter cette guerre qui n’a plus de but et faire rentrer l’aide humanitaire de façon massive, sans entrave, de façon neutre, que ce ne soit pas Israël qui décide qui peut manger et qui ne peut pas, (…) on doit envisager des sanctions”, a affirmé dimanche le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares. Madrid, a-t-il affirmé, va demander la “suspension immédiate” de l’accord d’association entre l’UE et Israël, ainsi qu’un embargo sur les armes et des sanctions individuelles.- “Arrêter le plus vite possible” -Le président américain Donald Trump, dont l’administration est le principal soutien du gouvernement de Benjamin Netanyahu, a déclaré dimanche espérer “arrêter toute cette situation le plus vite possible”.Au même moment, le chef de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), organisation créée de toutes pièces et soutenue par les Etats-Unis pour distribuer de l’aide dans la bande de Gaza, a annoncé dimanche sa démission.Jake Wood s’est dit incapable de remplir sa mission “tout en respectant strictement les principes humanitaires d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance”.L’organisation, qui siège à Genève, avait annoncé le 14 mai vouloir distribuer près de 300 millions de repas pour une période initiale de 90 jours. Dans un communiqué lundi, le conseil d’administration de la GHF a confirmé que l’aide commencerait à être distribuée: “nos camions sont chargés et prêts à partir. A partir du lundi 26 mai, la GHF commencera à livrer directement de l’aide à Gaza, ce qui permettra d’atteindre plus d’un million de Palestiniens d’ici la fin de la semaine”. Il n’y avait toutefois aucune confirmation immédiate que GHF serait en mesure de lancer ses opérations lundi, ni sur la manière dont l’aide serait distribuée dans un territoire ravagé par la guerre.L’ONU et des ONG ont affirmé qu’elles ne participeraient pas à la distribution d’aide par cette fondation, accusée de travailler avec Israël.

Gaza: au moins 52 morts dans des bombardements israéliens, dont 33 dans une école

Au moins 52 personnes ont été tuées lundi par des bombardements israéliens à Gaza, selon la Défense civile palestinienne, dont 33 dans une école abritant des déplacés, où l’armée israélienne a dit avoir visé des “terroristes”. Ces nouvelles frappes meurtrières interviennent alors qu’Israël intensifie son offensive dans le territoire palestinien dévasté et en proie à une catastrophe humanitaire, malgré les pressions internationales croissantes.Le bilan du “massacre de l’école Fahmi AlJarjaoui” de Gaza-ville (nord) est “d’au moins 33” morts “avec des dizaines de blessés, principalement des enfants”, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal. Des images de l’AFP montrent dans la matinée des résidents de l’établissement, à la cour occupée par des tentes dont de nombreuses détruites, inspecter les dégâts. L’armée israélienne a dit avoir visé “des terroristes de premier plan qui opéraient dans un centre de commandement et de contrôle (…) dans une zone qui servait auparavant d’école”. Elle accuse régulièrement le Hamas d’opérer à partir d’écoles ou hôpitaux – qu’elle a visés à plusieurs reprises – ce que ce dernier nie.  La Défense civile a ensuite fait état de 19 personnes tuées dans un bombardement israélien sur une maison de Jabalia, également dans le nord de la bande de Gaza. L’armée a aussi fait part du tir de trois “projectiles” depuis le sud de la bande de Gaza, affirmant avoir intercepté l’un deux et que les deux autres sont tombés dans le territoire palestinien. Rompant une trêve de deux mois, Israël a repris son offensive mi-mars, et intensifié ses opérations militaires le 17 mai, dans le but affiché d’anéantir le Hamas – dont l’attaque en Israël le 7 octobre 2023 a déclenché la guerre – , libérer les derniers otages et prendre le contrôle de la bande de Gaza.- “Guerre qui n’a plus de but” -L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP à partir de données officielles.Sur 251 personnes alors enlevées, 57 restent retenues dans Gaza, dont au moins 34 mortes, selon les autorités israéliennes. Plus de 53.939 Gazaouis, majoritairement des civils, ont été tués par la campagne de représailles israéliennes, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.Les Gazaouis sont aussi confrontés à des pénuries de nourriture, d’eau, de carburant et de médicaments, après plus de deux mois d’un total blocage par Israël des entrées d’aide humanitaire, qui n’a été que partiellement levé lundi dernier. Les organisations humanitaires affirment que le peu d’aide qu’Israël a laissé entrer depuis est loin de répondre aux besoins.L’escalade militaire et cette catastrophe humanitaire nourrissent une indignation internationale croissante, y compris parmi les alliés historiques d’Israël. L’Union européenne a décidé la semaine dernière d’un réexamen de son accord d’association avec le pays.”A très court terme, pour arrêter cette guerre qui n’a plus de but et faire rentrer l’aide humanitaire de façon massive, sans entrave, de façon neutre, que ce ne soit pas Israël qui décide qui peut manger et qui ne peut pas, (…) on doit envisager des sanctions”, a affirmé dimanche le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares. Madrid, a-t-il affirmé, va demander la “suspension immédiate” de l’accord d’association entre l’UE et Israël, ainsi qu’un embargo sur les armes et des sanctions individuelles.- “Arrêter le plus vite possible” -Le président américain Donald Trump, dont l’administration est le principal soutien du gouvernement de Benjamin Netanyahu, a déclaré dimanche espérer “arrêter toute cette situation le plus vite possible”.Au même moment, le chef de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), organisation créée de toutes pièces et soutenue par les Etats-Unis pour distribuer de l’aide dans la bande de Gaza, a annoncé dimanche sa démission.Jake Wood s’est dit incapable de remplir sa mission “tout en respectant strictement les principes humanitaires d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance”.L’organisation, qui siège à Genève, avait annoncé le 14 mai vouloir distribuer près de 300 millions de repas pour une période initiale de 90 jours. Dans un communiqué lundi, le conseil d’administration de la GHF a confirmé que l’aide commencerait à être distribuée: “nos camions sont chargés et prêts à partir. A partir du lundi 26 mai, la GHF commencera à livrer directement de l’aide à Gaza, ce qui permettra d’atteindre plus d’un million de Palestiniens d’ici la fin de la semaine”. Il n’y avait toutefois aucune confirmation immédiate que GHF serait en mesure de lancer ses opérations lundi, ni sur la manière dont l’aide serait distribuée dans un territoire ravagé par la guerre.L’ONU et des ONG ont affirmé qu’elles ne participeraient pas à la distribution d’aide par cette fondation, accusée de travailler avec Israël.

L’Autriche expulse des Tchétchènes, niant le risque d’enrôlement en Ukraine

L’Autriche extrade des Tchétchènes menacés d’un recrutement forcé sur le front ukrainien au motif du danger qu’ils représentent pour la sûreté de l’Etat, selon des documents de justice consultés par l’AFP, en “violation du droit international” selon Amnesty.Deux citoyens russes originaires de Tchétchénie, qui avaient reçu l’ordre de se présenter aux services russes de mobilisation et avaient déposé une demande d’asile, ont été expulsés cette année, les autorités considérant qu’ils n’étaient pas menacés de manière “vraisemblable”. Selon le gouvernement autrichien, ces demandeurs sont trop âgés pour être affectés par la conscription, qui concerne les hommes âgés de 18 à 30 ans, et peuvent de toute façon y “échapper en s’établissant à Moscou”.Il estime que le maintien sur son territoire de ces Tchétchènes “menacerait sans aucun doute la sûreté nationale”, en se basant sur “des résultats d’enquête policière portant sur le terrorisme” et l’extrémisme religieux, sans en préciser la nature.- “Approbation silencieuse” -En raison de l’arrêt des liaisons aériennes entre les pays de l’Union européenne et la Russie, les expulsions se font “en avion par la Serbie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie”.Vienne ne publie pas les statistiques détaillées des expulsions concernant spécifiquement les Tchétchènes, qui sont citoyens russes ou apatrides. Le ministère de l’Intérieur n’a pas répondu à l’AFP.S’il n’y a plus de coopération depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Autriche dit “prendre comme une approbation silencieuse l’absence de réaction de Moscou à ses avis d’expulsion”, d’après les documents consultés.L’activiste Rosa Dounaïeva, qui vit à Vienne, s’insurge “qu’automatiquement, Tchétchène veuille dire terroriste” aux yeux de l’opinion publique comme des élus. Selon elle, les Tchétchènes seraient ciblés car ils ont “rarement les moyens de payer un avocat” pour se défendre.Or “les autorités savent bien, dans toute l’Europe, que les personnes expulsées peuvent être recrutées pour combattre en Ukraine” si leurs familles ne payent pas une grosse somme d’argent, affirme-t-elle, “qu’elles aient 18 ou 60 ans”. En 2006, l’UE a conclu un accord de réadmission avec le gouvernement russe facilitant le retour des personnes condamnées en justice, qui n’a jamais été remis en cause par l’Autriche, malgré l’opposition de Bruxelles à l’invasion de l’Ukraine.Après l’assassinat en France de l’enseignant Samuel Paty par un Tchétchène en 2020, l’Autriche a mis en place une cellule policière chargée de surveiller cette communauté. Les extraditions se sont accélérées et la notion de prévention des risques s’est installée.Frappée pour la première fois la même année par un attentat jihadiste et accusée de négligence, elle redouble depuis de prudence.- “Nouvelle menace de mobilisation” -En janvier 2024, l’ONG de défense des droits humains Amnesty International a demandé à l’Europe de “cesser de renvoyer des personnes du Nord-Caucase”, en raison de “la nouvelle menace de mobilisation dans les forces armées”.”La répression est telle en Tchétchénie que les familles ont peur de rendre ces affaires publiques”, explique à l’AFP Natalia Prilutskaya, spécialiste de la Russie au sein de cette ONG. “Il n’y a pas d’espace sûr où que ce soit”.Et la mobilisation concerne “tous les hommes considérés comme en réserve”, “âgés de 70 ans ou moins”.Pour elle, “les autorités autrichiennes violent leurs obligations internationales” en matière de droits humains.En 2022, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) avait condamné la France pour l’expulsion de Tchétchènes vers la Russie, en vertu de l’article 3 de la Convention européenne qui interdit la torture.”La protection ne souffre nulle dérogation, même en cas de danger public” et de “liens avec une organisation terroriste”, avait-elle précisé.Quelque 250.000 personnes d’origine tchétchène vivent en Europe et l’Autriche, un pays de 9,2 millions d’habitants, en accueille selon les statistiques officielles entre 30.000 et 40.000, la plus grande communauté en diaspora par habitant. Elles sont arrivées après avoir fui la république russe à majorité musulmane ravagée par deux guerres meurtrières et contrôlée depuis par Ramzan Kadyrov, fidèle du Kremlin réprimant toute dissidence.

Le Venezuela fait élire des représentants pour l’Essequibo, zone disputée avec le Guyana

Le Venezuela a organisé pour la première fois un vote pour désigner des représentants de l’Essequibo, territoire riche en pétrole dont il dispute la souveraineté au Guyana voisin dans le cadre d’un différend centenaire.Le scrutin, dénoncé par Georgetown, n’a pas eu lieu dans l’Essequibo, territoire administré par le Guyana mais dans une micro-circonscription que Caracas a spécialement créée à la frontière guyanienne.Un gouverneur, huit députés et des conseillers régionaux ont donc été élus. Le poste de gouverneur, remporté par Neil Villamizar, est symbolique puisque l’Essequibo et ses 160.000 km2 sont administrés par le Guyana. Il n’y avait aucun bureau de vote côté guyanien.”Aujourd’hui, l’Essequibo a un gouverneur, l’amiral (Neil) Villamizar. Et cet amiral, gouverneur élu par le peuple, va recevoir tout le soutien pour sa tâche, car le peuple de l’Essequibo s’est battu pour (…) avoir tous les droits en tant que peuple du Venezuela”, a lancé le président vénézuélien Nicolas Maduro à ses partisans à Caracas dimanche soir, après la proclamation des résultats donnant une victoire écrasante à son parti aux législatives et régionales.Le scrutin pour l’Essequibo pour lequel il y avait 21.403 inscrits côté vénézuélien, est une étape supplémentaire vers la “souveraineté pleine” de ce territoire, s’est pour sa part félicité auprès de l’AFP Neil Villamizar avant les résultats. La participation a été de 31,58% et M. Villamizar a finalement obtenu 4.720 voix soit 97,40% des suffrages exprimés. Il devient le premier gouverneur ce 24e Etat vénézuélien, la Guayana Esequiba, créée en 2024 par les autorités de Caracas mais qui se situe au Guyana. Il n’aura aucun pouvoir sur le territoire. “Nous nous concentrons sur cette tâche : obtenir par la voie pacifique (…) la récupération de la pleine souveraineté de la Guayana Esequiba, en paix, avec harmonie, en pratiquant la diplomatie”, a assuré M. Villamiza. Parmi ses promesses faites aux Essequibanos, des pièces d’identité vénézuéliennes, et l’accès à des services de santé et d’éducation.A El Dorado, un des quatre villages de l’Etat de Bolivar (sud-est) où l’on a voté pour les élus de l’Essequibo, une maison communale accessible par une route de terre a fait office de bureau de vote, a constaté une journaliste de l’AFP.Pour Adolfo Torrealba, un commerçant de 62 ans, cette élection “aurait dû avoir lieu il y a longtemps”. “Grâce à Dieu, ils l’ont pris en compte et enfin nous allons avoir ici un gouverneur et quelqu’un qui nous représentera”, a-t-il dit après avoir voté. – “Envahisseur de métier” -Le Guyana a dénoncé cette élection comme une “menace”, tandis que la Cour internationale de justice (CIJ), qui traite le différend territorial, a vainement demandé au Venezuela de s’abstenir d’organiser le scrutin.Dimanche après-midi, après avoir voté, M. Maduro a lancé à l’adresse de son homologue guyanien Irfaan Ali : “Tôt ou tard, et le plus vite sera le mieux, il devra s’asseoir avec moi pour discuter et accepter la souveraineté vénézuélienne”.”Avec un gouverneur, des ressources, un budget et tout le soutien que je vais apporter, nous allons récupérer” l’Essequibo “pour le peuple”, a-t-il également lancé.En 2023, Caracas avait organisé un référendum demandant notamment aux Vénézuéliens s’ils étaient favorables à la création d’un Etat de l’Essequibo faisant partie du Venezuela.Georgetown, qui assure que Caracas cherche à annexer les deux tiers de la superficie du Guyana, souligne que le tracé de sa frontière, datant de l’époque coloniale anglaise, a été entériné en 1899 par une Cour d’arbitrage à Paris. Georgetown demande à la CIJ de le ratifier.Le Venezuela estime pour sa part qu’un accord signé en 1966 avec les Britanniques à Genève, avant l’indépendance du Guyana, jette les bases d’un règlement négocié hors de la Cour internationale de justice. Il soutient que le fleuve Essequibo doit être la frontière naturelle, comme en 1777 à l’époque de la colonisation espagnole.Si Caracas n’a jamais abandonné ses prétentions sur le territoire, le différend a été ravivé lorsque le groupe ExxonMobil a découvert d’immenses réserves de pétrole en 2015.”Le Guyana est un envahisseur de métier” qui maintenant “prétend nous enlever l’Essequibo parce qu’il a le soutien de certaines multinationales (pétrolières) et de certains pays puissants (Etats-Unis)”, avait accusé Alexis Duarte, le candidat qui a fait campagne dans l’opposition.

En Mauritanie, une ville médiévale et ses manuscrits centenaires à l’épreuve du désert

Du toit de sa maison, Sidi Mohamed Lemine Sidiya contemple la cité médiévale de Oualata, en plein coeur du désert mauritanien: “C’est une ville magnifique, extraordinaire”. Ce trésor architectural lutte pourtant pour ne pas disparaître.Surnommée “le rivage de l’éternité”, Oualata fait partie des quatre ksour de Mauritanie avec ses contemporaines Chingetti, Tichit et Ouadane. Grâce à leurs positions incontournables sur les chemins caravaniers du Sahara, ces villes fondées entre le XIe et le XIIe siècles ont prospéré jusqu’à devenir d’importants centres d’érudition de la culture islamique.Dans les rues dépeuplées de la ville, sous une chaleur harassante, des amas de pierre et les murs éventrés témoignent des ravages de la dernière saison des pluies, particulièrement violente.”Beaucoup de maisons sont tombées à cause des pluies”, déplore une habitante, Khady, devant la maison écroulée qu’elle a héritée de ses grands-parents.”Les maisons sont devenues des ruines parce que leurs propriétaires les ont quittées”, raconte M. Sidiya, représentant de la Fondation nationale pour la sauvegarde des villes anciennes à Oualata.- Exode -Depuis des décennies, Oualata subit l’exode de ses habitants à la recherche d’opportunités économiques, qui rend compliqué l’entretien des bâtisses historiques. Sa population a largement baissé: on y dénombre aujourd’hui quelque 2.000 habitants en comptant les alentours.Ces constructions traditionnelles recouvertes de banco, un enduit de terre rouge caractéristique de la région, sont conçues pour s’adapter à cet environnement extrême. Mais elles doivent être entretenues après les pluies.Sur les 293 parcelles de la vieille ville, seules une centaine sont encore occupées.”Notre plus grand problème, c’est la désertification. Oualata est ensablée partout”, explique M. Sidiya.Le phénomène de désertification touche 80% du territoire national, causé notamment par “les changements climatiques, les pratiques d’exploitation inadaptée”, selon le ministère mauritanien de l’Environnement.”Le désert a connu une période verdoyante avant la grande désertification des années 70″ qui a vu “l’installation de dunes de sable”, note Boubacar Diop, directeur de la Protection de la Nature en Mauritanie.Dans les années 80, l’intérieur de la mosquée de Oualata était tellement ensablé que “les gens priaient sur la mosquée”, rappelle Béchir Barick, géographe à l’université de Nouakchott. Elle a depuis été désensablée.Battue par le vent et les sables, Oualata a conservé de sa gloire passée les superbes portes d’acacia peintes par les femmes selon des motifs traditionnels, et quelques milliers de manuscrits centenaires transmis de générations en générations dans 16 bibliothèques familiales.Assis en tailleur sur un tapis, Mohamed Ben Baty tourne les pages d’un manuscrit vieux de trois siècles. “Nous avons hérité cette bibliothèque de nos ancêtres, fondateurs de la ville”, souligne-t-il. Comme ses aïeux avant lui, cet imam est le dépositaire d’un savoir presque millénaire, descendant d’une longue lignée d’érudits du Coran.Dehors, l’air matinal du Sahara est déjà brûlant mais le bâtiment en banco conserve une certaine fraîcheur.- 223 manuscrits -Le fonds familial compte 223 manuscrits, dont le plus vieux date du XIVème siècle, selon M. Ben Baty.Dans une minuscule pièce encombrée, il entrouvre un placard et dévoile son trésor: des écrits centenaires dont la préservation tient parfois du miracle.”Ces livres, il fut un temps, étaient très mal entretenus et exposés à la destruction”, raconte M. Ben Baty, montrant des tâches d’eau sur des feuillets glissés dans des pochettes en plastique.Autrefois, les ouvrages étaient rangés dans des malles, “mais quand il pleut, l’eau s’infiltre et peut gâter les livres”.Une partie du toit de la petite pièce s’est effondré il y a huit ans pendant la saison des pluies.Dans les années 90, la coopération espagnole a permis de financer une bibliothèque contenant plus de 2.000 ouvrages qui ont été restaurés et numérisés. Faute de financements, la préservation des écrits dépend de la bonne volonté de quelques passionnés comme M. Ben Baty, qui ne vit pas à Oualata toute l’année.”La bibliothèque a besoin d’un expert qualifié pour assurer sa gestion et garantir sa pérennité car elle renferme une richesse documentaire précieuse pour les chercheurs dans divers domaines: langues, sciences du Coran, histoire, astronomie”, résume-t-il. Les revenus touristiques sont quasi inexistants. Oualata, située à deux heures de piste de la prochaine ville, ne compte aucune auberge et elle se situe en zone “formellement déconseillée” par de nombreux pays en raison de la menace jihadiste.Face à l’avancée inexorable du désert, des arbres ont été plantés autour de la ville en 1994. Insuffisant, constate M. Sidiya. Quelques initiatives ont permis de sauver Oualata et ses contemporaines d’une disparition certaine. Un festival des villes anciennes est ainsi organisé chaque année dans l’une des quatre villes, permettant de financer des rénovations et des investissements dans le développement afin de maintenir les populations sur place.En fin de journée, le soleil disparaît derrière la chaîne de montagnes du Dhaar et dans la fraîcheur retrouvée, des centaines d’enfants envahissent les rues: Oualata reprend vie.