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Au Liban, un timide renouveau des transports publics

Pour se rendre à l’université où elle étudie, Fatima Fakih emprunte désormais un grand bus violet, qui dénote dans les rues chaotiques et embouteillées de Beyrouth, signe d’un possible renouveau des transports publics dans un pays en crise.Les bus publics, spacieux, sont “plus sûrs, meilleurs et plus confortables” que les véhicules des réseaux privés de bus et de minibus qui, depuis longtemps, tiennent lieu de transports en commun, constate la jeune femme de 19 ans.”Et j’ai ma carte de bus, je n’ai pas besoin d’avoir de l’argent sur moi”, ajoute-t-elle, une innovation majeure au Liban, où le liquide est la norme et où de nombreux bus et minibus privés n’ont même pas de tickets.La culture de la voiture a prospéré en l’absence d’un système de transport public complet depuis la guerre civile libanaise de 1975-1990.Mais le pays est à bout de souffle, enfoncé depuis 2019 dans une crise économique dévastatrice qui a plongé de nombreux Libanais dans la pauvreté.”La dépendance du Liban aux véhicules privés est de plus en plus intenable”, commente auprès de l’AFP le bureau de la Banque mondiale (BM) à Beyrouth, soulignant la hausse du taux de pauvreté et des coûts d’exploitation des voitures. – Le pays “ouvert à tout soutien” -Des bus publics équipés de GPS ont progressivement pris la route le long de onze itinéraires, principalement dans le Grand Beyrouth. Le prix d’un ticket commence à moins d’un dollar.Des passagers se félicitent auprès de l’AFP que ces transports en commun soient plus sûrs, permettent d’économiser de l’argent, de réduire la pollution et de s’éviter le stress des routes souvent anarchiques et en mauvais état du Liban.Le système, dont l’exploitation a été confiée à une société privée, a officiellement été lancé en juillet dernier, durant le conflit entre Israël et le mouvement islamiste Hezbollah, qui a paralysé les services sur certaines lignes.Ali Daoud, 76 ans, qui prend le bus pour la première fois, constate que la desserte est “ordonnée et bien organisée”, en se souvenant de l’époque d’avant la guerre civile, quand le Liban avait des trains et des tramways.Selon Ziad Nasr, directeur de l’autorité des transports publics du ministère des Transports, le nombre de passagers atteint désormais en moyenne 4.500 par jour, contre seulement quelques centaines lors du lancement.Les autorités, dit-il, prévoient d’étendre le réseau, notamment jusqu’à l’aéroport de Beyrouth. Il estime également nécessaire d’augmenter le nombre de bus.Le pays, à court d’argent, est “ouvert au soutien de n’importe quel pays”, lance-t-il. La France a fait don en 2022 d’environ la moitié des quelque 100 bus actuellement en circulation.Pour Tammam Nakkach, un consultant et expert en transports, la concurrence reste toutefois rude, avec le grand nombre de bus et minibus privés qui coûtent le même prix que les transports publics.Même s’ils sont souvent délabrés, bondés, et roulent à toute allure, ils permettent “d’aller où on veut pour pas cher”, relève l’étudiant Daniel Imad, 19 ans, en montant dans un minibus à un carrefour. Il juge positif le développement des bus publics, mais n’en a encore jamais emprunté.  – “Protéger l’environnement” –L’étudiante Fatima Fakih encourage tout le monde à prendre les transports publics, “aussi pour protéger l’environnement”, une question souvent reléguée au second plan au Liban.”On n’en parle pas beaucoup mais c’est très important”, dit-elle, soulignant combien les choses pourraient s’améliorer dans la ville où les habitants se plaignent de la mauvaise qualité de l’air “si nous prenions tous les transports publics”.Selon un rapport de la Banque Mondiale sur le climat et le développement publié l’an dernier, le secteur des transports est le deuxième contributeur aux émissions de gaz à effet de serre et à la pollution de l’air au Liban, représentant un quart des émissions, juste derrière le secteur de l’énergie.D’autres initiatives plus modestes ont également vu le jour, notamment la mise en circulation de quatre bus hybrides à Zahlé (est). Et selon Nabil Mneimneh, du Programme des Nations unies pour le développement, les premiers bus 100% électrique alimentés à l’énergie solaire du Liban doivent être lancés cette année.

La Corée du Sud élit son nouveau président pour tourner la page de la loi martiale

Les Sud-Coréens affluent mardi dans les bureaux de vote pour désigner leur nouveau président et mettre fin à six mois de chaos politique causé par la tentative ratée du précédent chef de l’Etat Yoon Suk Yeol d’imposer la loi martiale.Les bureaux fermeront à 20H00 (11H00 GMT mardi), moment où les premiers sondages réalisés à la sortie des urnes devraient dévoiler le probable vainqueur.”Nous étions les premiers à arriver avec l’espoir que notre candidat soit élu, et parce que l’élection présidentielle est la plus importante”, a indiqué à l’AFP Yu Bun-dol, 80 ans, qui a fait la queue pour voter très tôt dans le quartier de Munrae-dong à Séoul.Le chef de l’opposition de centre-gauche Lee Jae-myung, qui avait perdu d’extrême justesse face à Yoon Suk Yeol en 2022, est le grand favori de cette présidentielle à un seul tour.Le dernier sondage Gallup autorisé avant l’élection le crédite de 49% des suffrages, contre 35% pour le conservateur Kim Moon-soo, du Parti du pouvoir au peuple (PPP, droite) — l’ancienne formation de M. Yoon.S’agissant d’un vote anticipé destiné à combler le vide à la tête de l’Etat, le vainqueur prendra ses fonctions dès sa proclamation par l’autorité électorale.- Forte participation -Les Sud-Coréens espèrent que ce scrutin leur permettra de tourner la page après six mois de chaos politique marqué par des manifestations massives, des rebondissements judiciaires et une succession inédite de présidents intérimaires.Park Dong-shin, 79 ans, vote “pour créer un nouveau pays une fois de plus”, disant à l’AFP accorder sa voix au candidat qui, selon lui, “s’occupera comme il faut” des instigateurs de la loi martiale.Les milieux d’affaires, pour leur part, attendent avec impatience l’arrivée d’un président stable pour piloter la quatrième économie d’Asie, très dépendante de ses exportations, dans un environnement agité par les guerres commerciales du président américain Donald Trump.Sur les 44,3 millions d’électeurs, plus d’un tiers ont déjà voté de façon anticipée jeudi et vendredi. A 13H00 locales (04H00 GMT), la Commission électorale rapportait une participation de 62,1%, contre 61,3% au même moment en 2022.L’ex-président Yoon a voté mardi à Séoul, sans dire mot aux journalistes.- Droite fracturée -L’épisode de la loi martiale devrait peser considérablement sur le scrutin.Lee Woo-hyun, un professionnel du divertissement de Daegu (sud) et électeur conservateur de longue date, confie à l’AFP que le fiasco de la loi martiale l’a “vraiment bouleversé”.”Quand je discute avec mes parents et d’autres personnes âgées, je vois qu’ils s’éloignent des rouges”, explique cet homme de 45 ans, en faisant référence à la couleur emblématique du PPP.”Ils semblent profondément choqués”, poursuit-il, affirmant que les événements “semblent avoir ravivé des souvenirs traumatisants” chez la génération ayant connu les dictatures militaires du passé.Park Yeon-ok, 64 ans, qui travaille dans une entreprise sociale à Gwangju (sud-ouest), votera pour le candidat conservateur, qu’elle juge le plus capable de “combler” les divisions.Pour Kang Joo-hyun, professeure de sciences politiques à l’université féminine Sookmyung, “l’élection est largement perçue comme un référendum sur l’administration précédente, avec Lee Jae-myung bénéficiant du soutien le plus fort parmi les électeurs centristes”. “Ce qui est particulièrement frappant, c’est que la crise liée à la loi martiale et à la destitution a non seulement influencé les modérés, mais a aussi fracturé la base conservatrice”, dit-elle à l’AFP.Une analyse que partage Kang Won-taek, professeur de sciences politiques à l’Université nationale de Séoul. Pour lui, il est aujourd’hui “difficile” de continuer à associer “politique conservatrice” et “gouvernance compétente”, à un moment qui pourrait être “charnière” pour ce camp.- Défis intérieurs et extérieurs -Lee Jae-myung, un ancien ouvrier de 61 ans, s’était distingué le soir de la loi martiale en diffusant en direct sa course effrénée vers le Parlement cerné par l’armée, où il avait réussi à se faufiler avec près de 200 autres députés pour voter une motion mettant en échec le coup de force de M. Yoon.Kim Moon-soo, un ex-dirigeant syndical de 73 ans ayant changé de bord, a au contraire refusé de s’excuser pour son parti au lendemain de la débâcle.Le futur président du pays de 52 millions d’habitants devra faire face à une crise économique qui s’aggrave, l’un des taux de natalité parmi les plus bas au monde et à la hausse du coût de la vie.Il devra également répondre à la menace de son imprévisible voisin nord-coréen, et se positionner dans l’affrontement entre les Etats-Unis, garant traditionnel de la sécurité du pays, et la Chine, son principal partenaire commercial.

La Corée du Sud élit son nouveau président pour tourner la page de la loi martiale

Les Sud-Coréens affluent mardi dans les bureaux de vote pour désigner leur nouveau président et mettre fin à six mois de chaos politique causé par la tentative ratée du précédent chef de l’Etat Yoon Suk Yeol d’imposer la loi martiale.Les bureaux fermeront à 20H00 (11H00 GMT mardi), moment où les premiers sondages réalisés à la sortie des urnes devraient dévoiler le probable vainqueur.”Nous étions les premiers à arriver avec l’espoir que notre candidat soit élu, et parce que l’élection présidentielle est la plus importante”, a indiqué à l’AFP Yu Bun-dol, 80 ans, qui a fait la queue pour voter très tôt dans le quartier de Munrae-dong à Séoul.Le chef de l’opposition de centre-gauche Lee Jae-myung, qui avait perdu d’extrême justesse face à Yoon Suk Yeol en 2022, est le grand favori de cette présidentielle à un seul tour.Le dernier sondage Gallup autorisé avant l’élection le crédite de 49% des suffrages, contre 35% pour le conservateur Kim Moon-soo, du Parti du pouvoir au peuple (PPP, droite) — l’ancienne formation de M. Yoon.S’agissant d’un vote anticipé destiné à combler le vide à la tête de l’Etat, le vainqueur prendra ses fonctions dès sa proclamation par l’autorité électorale.- Forte participation -Les Sud-Coréens espèrent que ce scrutin leur permettra de tourner la page après six mois de chaos politique marqué par des manifestations massives, des rebondissements judiciaires et une succession inédite de présidents intérimaires.Park Dong-shin, 79 ans, vote “pour créer un nouveau pays une fois de plus”, disant à l’AFP accorder sa voix au candidat qui, selon lui, “s’occupera comme il faut” des instigateurs de la loi martiale.Les milieux d’affaires, pour leur part, attendent avec impatience l’arrivée d’un président stable pour piloter la quatrième économie d’Asie, très dépendante de ses exportations, dans un environnement agité par les guerres commerciales du président américain Donald Trump.Sur les 44,3 millions d’électeurs, plus d’un tiers ont déjà voté de façon anticipée jeudi et vendredi. A 13H00 locales (04H00 GMT), la Commission électorale rapportait une participation de 62,1%, contre 61,3% au même moment en 2022.L’ex-président Yoon a voté mardi à Séoul, sans dire mot aux journalistes.- Droite fracturée -L’épisode de la loi martiale devrait peser considérablement sur le scrutin.Lee Woo-hyun, un professionnel du divertissement de Daegu (sud) et électeur conservateur de longue date, confie à l’AFP que le fiasco de la loi martiale l’a “vraiment bouleversé”.”Quand je discute avec mes parents et d’autres personnes âgées, je vois qu’ils s’éloignent des rouges”, explique cet homme de 45 ans, en faisant référence à la couleur emblématique du PPP.”Ils semblent profondément choqués”, poursuit-il, affirmant que les événements “semblent avoir ravivé des souvenirs traumatisants” chez la génération ayant connu les dictatures militaires du passé.Park Yeon-ok, 64 ans, qui travaille dans une entreprise sociale à Gwangju (sud-ouest), votera pour le candidat conservateur, qu’elle juge le plus capable de “combler” les divisions.Pour Kang Joo-hyun, professeure de sciences politiques à l’université féminine Sookmyung, “l’élection est largement perçue comme un référendum sur l’administration précédente, avec Lee Jae-myung bénéficiant du soutien le plus fort parmi les électeurs centristes”. “Ce qui est particulièrement frappant, c’est que la crise liée à la loi martiale et à la destitution a non seulement influencé les modérés, mais a aussi fracturé la base conservatrice”, dit-elle à l’AFP.Une analyse que partage Kang Won-taek, professeur de sciences politiques à l’Université nationale de Séoul. Pour lui, il est aujourd’hui “difficile” de continuer à associer “politique conservatrice” et “gouvernance compétente”, à un moment qui pourrait être “charnière” pour ce camp.- Défis intérieurs et extérieurs -Lee Jae-myung, un ancien ouvrier de 61 ans, s’était distingué le soir de la loi martiale en diffusant en direct sa course effrénée vers le Parlement cerné par l’armée, où il avait réussi à se faufiler avec près de 200 autres députés pour voter une motion mettant en échec le coup de force de M. Yoon.Kim Moon-soo, un ex-dirigeant syndical de 73 ans ayant changé de bord, a au contraire refusé de s’excuser pour son parti au lendemain de la débâcle.Le futur président du pays de 52 millions d’habitants devra faire face à une crise économique qui s’aggrave, l’un des taux de natalité parmi les plus bas au monde et à la hausse du coût de la vie.Il devra également répondre à la menace de son imprévisible voisin nord-coréen, et se positionner dans l’affrontement entre les Etats-Unis, garant traditionnel de la sécurité du pays, et la Chine, son principal partenaire commercial.

Présidentielle en Corée du Sud: Kim Moon-soo, un caméléon sorti de l’ombre de Yoon

Quand son parti de droite a exprimé ses regrets aux Sud-Coréens pour la désastreuse tentative de l’ex-président Yoon Suk Yeol d’imposer la loi martiale fin 2024, Kim Moon-soo a tenu bon, seul, et a refusé de s’excuser.Cet entêtement a propulsé sous les projecteurs cet ancien militant de la gauche syndicale de 73 ans, emprisonné et …

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Présidentielle en Corée du Sud: Kim Moon-soo, un caméléon sorti de l’ombre de Yoon

Quand son parti de droite a exprimé ses regrets aux Sud-Coréens pour la désastreuse tentative de l’ex-président Yoon Suk Yeol d’imposer la loi martiale fin 2024, Kim Moon-soo a tenu bon, seul, et a refusé de s’excuser.Cet entêtement a propulsé sous les projecteurs cet ancien militant de la gauche syndicale de 73 ans, emprisonné et torturé sous la dictature militaire avant de rejoindre la droite de la droite. Il espère désormais exploiter cette notoriété pour devenir le prochain président de la Corée du Sud lors de l’élection du 3 juin.”C’est essentiellement un candidat présidentiel né des réseaux sociaux”, affirme à l’AFP Jeongmin Kim, directrice du Korea Risk Group, qui voit en lui un “homme politique caméléon doué pour la survie politique”.L’obstination de M. Kim lors de l’épisode de la loi martiale lui a valu sur internet le surnom bienveillant de “Moon-soo l’inflexible” et a offert à sa formation, le Parti du pouvoir au peuple (PPP), en pleine déconfiture après le coup de force raté de Yoon Suk Yeol, un léger rebond dans les sondages.Malgré cela, le PPP n’a pas toujours manifesté un fol enthousiasme pour la candidature à la présidentielle de cet ancien ministre du Travail. Au milieu de luttes intestines ultramédiatisées, le parti l’a d’abord désigné, puis déselectionné, puis redésigné à nouveau pour porter ses couleurs.Pendant sa campagne, cet homme aux manières rigides et au visage anguleux a cherché à prendre ses distances avec Yoon Suk Yeol, destitué en avril, et son héritage encombrant. Mi-mai, il a finalement présenté ses excuses “aux personnes qui souffrent des conséquences de la loi martiale”, ajoutant que celle-ci avait “mis en difficulté l’économie et la vie politique”.- Arrêté, torturé -Né le 27 août 1951 au sein d’une famille nombreuse et surendettée à Yeongcheon, à environ 300 km au sud-est de Séoul, Kim Moon-soo se lance très tôt en politique. Pendant sa dernière année de lycée, il est suspendu pour avoir manifesté contre le dictateur militaire Park Chung-hee.Il entre en 1970 à l’école de commerce de la prestigieuse Université nationale de Séoul dont il est expulsé à deux reprises pour activisme politique (il n’obtiendra son diplôme qu’à retardement, en 1994). Parallèlement à ses études, il travaille dans des usines où il organise des syndicats.Il est arrêté à deux reprises dans les années 1980, la première fois pour violation de la loi anticommuniste, et la seconde pour atteinte à la sécurité nationale. Dans sa biographie, il raconte avoir subi des électrochocs et des tortures par simulation de noyade lors de ses interrogatoires.Gracié en 1988 après plus de deux ans et demi de prison, il découvre avec stupéfaction, à sa sortie, une Corée du Sud transformée et en plein boom économique.- Changement de camp -“Ma prédiction selon laquelle le capitalisme sud-coréen finirait par échouer s’est révélée fausse”, écrit M. Kim dans son autobiographie.L’effondrement de l’Union soviétique achève de bouleverser sa vision du monde. Il rejoint les conservateurs, est élu en 1996 à l’Assemblée nationale, où il exercera trois mandats, puis gouverneur de la province de Gyeonggi, la plus peuplée du pays dans la banlieue de Séoul.Sa popularité au sein de la frange la plus radicale de la droite est confortée lorsqu’il écope d’une amende pour avoir assisté à un service religieux pendant la pandémie de Covid-19.Nommé ministre du Travail en 2024, il est alors largement considéré comme faisant partie du cercle rapproché du président Yoon.Selon les derniers sondages, M. Kim était distancé dans les intentions de vote d’au moins dix points par le chef de l’opposition de centre-gauche Lee Jae-myung. Il a par ailleurs échoué à convaincre le candidat en troisième position, Lee Jun-seok, de se désister en sa faveur pour constituer une union de la droite.Reste aussi à savoir s’il parviendra à rassembler les électeurs modérés.”La base conservatrice en Corée du Sud est idéologiquement large, et la personnalité politique de Kim Moon-soo est assez singulière”, explique Kang Joo-hyun, professeure à l’Université pour femmes Sookmyung.”Parmi les modérés ou les pragmatiques de droite, il y a des hésitations quant à leur soutien”, poursuit-elle, en soulignant “les limites de sa puissance d’attraction au-delà de sa base”.Face aux sceptiques, M. Kim rappelle sa capacité à surmonter des situations apparemment impossibles, comme son élection au Parlement pour la première fois contre toute attente en 1996, ou sa désignation comme candidat du PPP.”Vous ne pensiez pas que je deviendrais le candidat final, n’est-ce pas? Moi non plus”, a-t-il lancé aux journalistes lors de son premier jour de campagne. “Mais nous avons écrit un miracle”.

Lee Jae-myung, de l’usine jusqu’au seuil de la présidence sud-coréenne

Les poursuites, les scandales et même le coup de couteau d’un assaillant n’auront pas suffi à dissuader Lee Jae-myung, ancien ouvrier d’usine d’origine modeste, de briguer la présidence sud-coréenne.Battu d’un cheveu lors du scrutin de 2022 remporté par le conservateur Yoon Suk Yeol, le candidat du Parti démocrate (centre gauche) est donné favori des sondages pour succéder lors de l’élection de mardi à son ancien adversaire, destitué après avoir tenté d’imposer la loi martiale en décembre.Fait rarissime dans un pays où l’origine sociale est une obsession nationale, M. Lee, 61 ans, cultive son propre conte de fées d’enfant de la classe ouvrière devenu dirigeant politique pour persuader les Sud-Coréens qu’il saura résoudre leurs problèmes.Né à Andong, dans l’est de la Corée du Sud, Lee Jae-myung doit commencer à travailler dans une fabrique de gants à l’âge de 11 ans, faute d’argent pour entrer à l’école secondaire. Mais à 13 ans, son bras reste coincé dans une presse: il reste handicapé à vie. Après avoir songé au suicide, il commence à fréquenter les cours du soir, puis la faculté de droit, jusqu’à devenir avocat spécialiste de la défense des droits humains.Entré en politique en 2010, il milite contre les inégalités, dans un pays confronté à la flambée des prix du logement et à un fort taux de chômage des jeunes.”On peut s’inquiéter pour les gens qui tremblent dehors dans le froid pendant qu’on est assis au chaud dans notre salon”, disait M. Lee à l’AFP lors d’un entretien en 2022. “Mais on ne peut jamais vraiment comprendre leur douleur.”- “Course contre la montre” -La Corée du Sud est sans dirigeant stable depuis que les députés ont suspendu en décembre Yoon Suk Yeol pour sa tentative ratée d’instaurer la loi martiale dans la nuit du 3 au 4 décembre 2024.Lee Jae-myung s’est précipité avec d’autres députés pour voter contre la déclaration de la loi martiale malgré un barrage de l’armée envoyée par Yoon, et a retransmis en direct sur les réseaux sociaux son parcours vers le Parlement.”C’était une course contre la montre”, a-t-il décrit dans un entretien avec l’AFP.Doté d’une grande expérience politique, il a été maire de Seongnam, une ville de la périphérie de Séoul, pendant huit ans, contribuant notamment à la fermeture du plus grand marché de viande canine du pays. Il a ensuite été gouverneur de la province de Gyeonggi, la plus peuplée du pays, pendant plus de trois ans.En 2022, il se présente une première fois à la présidence sud-coréenne mais échoue d’extrême justesse face à Yoon Suk Yeol, un ancien procureur alors novice en politique.Il est hospitalisé en 2023 après 19 jours d’une grève de la faim entamée pour dénoncer les politiques “incompétentes et violentes” du gouvernement conservateur. Il apparaît alors comme un candidat de poids dans les sondages pour briguer à nouveau la présidence.En janvier 2024 un homme disant vouloir l’empêcher de devenir chef de l’Etat le poignarde au cou au cours d’un déplacement à Busan (sud): Lee Jae-myung frôle la mort et subit une opération chirurgicale d’urgence.S’il parvient au pouvoir, Lee Jae-myung dit vouloir renforcer le secteur de l’intelligence artificielle (IA) pour que son pays rejoigne le top 3 des pays les plus à la pointe dans ce domaine. Il souhaite aussi que les responsables de la tentative d’imposition de la loi martiale rendent des comptes.- Affaires -Mais Lee Jae-myung est aussi l’objet de nombreuses poursuites judiciaires, notamment pour abus de confiance et corruption. Le responsable politique nie toute faute et dit être la cible d’accusations politiquement motivées.Une des affaires les plus retentissantes dans laquelle il est cité concerne des liens supposés avec une entreprise soupçonnée d’avoir transféré illégalement huit millions de dollars en Corée du Nord.Le politicien est également au cœur de quatre affaires de corruption, dont la plupart sont liées à des contrats présumés douteux conclus lorsqu’il était maire de Seongnam.Particulièrement troublant, au moins cinq personnes liées aux différents scandales concernant M. Lee ont été retrouvées mortes, la plupart semblant s’être suicidées.Début mai, la Cour suprême sud-coréenne a annulé sa relaxe dans une affaire d’infraction à la loi électorale et ordonné un nouveau procès, qui pourrait ouvrir la voie à son inéligibilité à la fin de son éventuel mandat de président.Les opposants de M. Lee soutenaient que les accusations le visant sont suffisamment graves pour le disqualifier du scrutin.”Avec ce type d’accusations de corruption, comment peut-on solliciter un mandat public”, s’est interrogé Kim Moon-soo, son principal adversaire, lors d’un débat télévisé.

Accusé de corruption, le Premier ministre mongol perd un vote de confiance et démissionne

Le Premier ministre mongol Luvsannamsrain Oyun-Erdene a démissionné mardi, prenant acte d’une motion de censure approuvée par les députés mongols, après des semaines de manifestations dans la capitale contre la corruption présumée du dirigeant.”Ce fut un honneur de servir mon pays et mon peuple dans des périodes difficiles, (avec) notamment des pandémies, des guerres et des droits de douane”, a déclaré M. Oyun-Erdene après l’annonce du résultat du vote, en faisant référence à la pandémieCet ex-avocat de 44 ans restera Premier ministre intérimaire jusqu’à ce que son successeur soit nommé dans les 30 jours, indique un communiqué du Parlement.Lors de ce vote à bulletin secret, le dirigeant mongol n’a obtenu le soutien que de 44 députés, tandis que 38 ont voté contre lui. Il lui fallait une majorité de 64 voix pour l’emporter.La Mongolie, vaste pays de 3,4 millions d’habitants enclavé entre la Chine et la Russie, dispose de ressources naturelles abondantes mais est confrontée depuis des décennies à une corruption endémique qui gangrène ses institutions.Une partie de la population estime que les richesses issues de l’exploitation minière, notamment du charbon, sont accaparées par une élite politique et économique restreinte.Ces tensions ont ressurgi le mois dernier après des révélations sur les dépenses exubérantes du fils du Premier ministre, qui ont déclenché des manifestations dans la capitale, Oulan-Bator.Dans une déclaration à l’AFP, le bureau du Premier ministre avait affirmé en mai qu’il niait “avec véhémence” les allégations d’irrégularités, les qualifiant de “diffamation”.Sous la direction de M. Oyun-Erdene, au pouvoir depuis 2021, la Mongolie a dégringolé dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International.- Pression de la rue -La démission du Premier ministre mongol survient après plusieurs semaines de manifestations à Oulan-Bator qui réclamaient son départ.La veille du vote de confiance, des centaines de jeunes manifestants se sont réunis sur le parvis du Parlement en brandissant des pancartes clamant “Il est facile de démissionner”.”La raison pour laquelle je suis venu est que je souhaite une vie différente, une société différente”, a déclaré lundi à l’AFP Yroolt, un créateur de contenu âgé de 30 ans, n’acceptant de dévoiler que son prénom.”Nous savons tous que l’injustice est profondément ancrée dans notre société, mais il est temps que cela change”, a-t-il estimé.Ces soupçons de corruption font plus largement écho aux inquiétudes de la jeunesse quant à leurs perspectives économiques et à la hausse du coût de la vie.Le démission de M. Oyun-Erdene plonge le pays dans une grande incertitude.La Mongolie est dirigée depuis le scrutin de l’an dernier par un gouvernement de coalition à trois partis, mis en place après que le Parti du peuple mongol de Luvsannamsrain Oyun-Erdene a perdu une part importante de sa majorité.Mais le mois dernier, le PPM a exclu de la coalition la deuxième force politique, le Parti démocrate, après que certains de ses jeunes députés ont soutenu les appels à la démission du Premier ministre.Ce revirement avait accentué des divisions politiques déjà profondes.

Russes et Ukrainiens vont échanger tous leurs prisonniers jeunes ou blessés

Russes et Ukrainiens sont convenus lundi, à l’issue de nouveaux pourparlers à Istanbul, d’échanger tous leurs prisonniers de guerre de moins de 25 ans ou grièvement blessés, ainsi que des milliers de corps de soldats tués, sans parvenir à s’accorder sur un cessez-le-feu.Ces discussions sous médiation turque n’ont duré qu’une heure au palais Ciragan d’Istanbul, mais l’Ukraine a proposé une nouvelle rencontre à la Russie “entre le 20 et le 30 juin”, a précisé le négociateur en chef ukrainien, le ministre de la Défense Roustem Oumerov.Lundi soir, le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau proposé de réunir en sommet les présidents russe, ukrainien et américain, “à Istanbul ou Ankara”. Aucun représentant américain n’a participé aux discussions de lundi, a indiqué un porte-parole du département d’Etat. Mais le président Donald Trump reste “prêt” à se rendre en Turquie, selon Karoline Leavitt, sa porte-parole.Cette deuxième session de négociations directes entre Kiev et Moscou intervenait au lendemain d’une attaque ukrainienne de drones d’une ampleur inédite contre l’aviation militaire russe, et l’explosion de deux ponts en Russie, qui ont provoqué des accidents de trains, dont l’un a fait sept morts.Résultat des pourparlers: les deux belligérants sont convenus “d’échanger tous les prisonniers de guerre grièvement blessés et gravement malades”, ainsi que “les jeunes soldats âgés de 18 à 25 ans”, a-t-il ajouté.M. Oumerov a aussi indiqué que Moscou et Kiev échangeraient “6.000 contre 6.000” corps de soldats tués au combat, ce qui a été confirmé par le négociateur russe Vladimir Medinski, qui a cependant dit ne pas savoir combien de dépouilles détenaient les Ukrainiens.La Russie a en revanche une nouvelle fois rejeté la proposition d’un cessez-le-feu inconditionnel, selon Kiev. Moscou estime qu’une telle initiative permettrait à l’Ukraine de se réarmer grâce aux livraisons d’armes occidentales avant de nouvelles hostilités.- “Avoir du répit” -M. Medinski a toutefois indiqué avoir proposé à l’Ukraine un cessez-le-feu partiel de “deux-trois jours” sur certaines portions du front.Une proposition critiquée par Volodymyr Zelensky sur X, soulignant que “tout l’objectif d’un cessez-le-feu, c’est de faire en sorte que les gens cessent de mourir en premier lieu”. “Pour eux, il s’agit juste d’une courte pause dans la guerre”, a-t-il déploré.La délégation russe a par ailleurs remis aux Ukrainiens un mémorandum sur “les moyens d’instaurer une paix durable” et “les mesures à prendre pour parvenir à un cessez-le-feu complet”, a précisé le négociateur russe.Selon ce mémorandum, publié par les agences de presse russes, Moscou demande à Kiev de retirer ses troupes des quatre régions d’Ukraine dont la Russie revendique l’annexion avant tout cessez-le-feu global.Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a salué sur X une “atmosphère constructive” pendant la réunion d’Istanbul. Les parties vont “commencer à travailler au niveau technique sur ces textes dans les prochains jours”, a-t-il ajouté.Enfin, l’Ukraine a indiqué avoir transmis à Moscou une liste de centaines d’enfants ukrainiens qui, selon Kiev, ont été “déportés” par la Russie et dont elle exige le rapatriement.Une première séance de pourparlers en Turquie le 16 mai avait déjà mené à un échange de prisonniers de 1.000 personnes dans chaque camp, sans aboutir à un cessez-le-feu.Près du front dans l’est de l’Ukraine, à Dobropillia, les habitants interrogés par l’AFP avaient confié n’avoir aucun espoir que les négociations d’Istanbul aboutissent à la paix.Volodymyr, 53 ans, n’aurait de toute façon nulle part où aller, son village situé près de Tchassiv Iar – une ville au cœur des combats depuis des mois – ayant été “réduit en cendres”.A Kramatorsk, la grande ville de la région, un militaire ukrainien pense aussi que la guerre “va continuer encore et encore”.”Ce serait formidable s’ils pouvaient se mettre d’accord pour arrêter, pour avoir une sorte de répit, afin que nous puissions récupérer nos gars, ceux qui sont morts, et que les gars cessent de mourir”, ajoute ce soldat, sous couvert d’anonymat lui aussi.- Positions inconciliables -Ces pourparlers interviennent au lendemain d’une attaque inédite contre quatre aérodromes militaires russes, lors de laquelle les Ukrainiens ont lancé des drones explosifs introduits clandestinement en Russie, détruisant ou endommageant de nombreux avions, y compris à des milliers de kilomètres du front.Dans certains secteurs du front en revanche, Kiev est à la peine, les troupes de Moscou ayant progressé ces derniers jours, notamment dans la région ukrainienne de Soumy (nord).Les deux parties sont très loin d’un accord, que ce soit une trêve ou un règlement à plus long terme.Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a martelé lundi que Vladimir Poutine ne devait “rien obtenir” de son invasion. Il souhaite également une rencontre directe avec son homologue russe, perspective que le Kremlin a repoussée plusieurs fois.”Nous attendons avec impatience des mesures fortes de la part des Etats-Unis”, a par ailleurs réagi sur X le chef de l’Etat ukrainien. Il avait exhorté la semaine dernière Washington à imposer de nouvelles sanctions contre Moscou.La Russie insiste de son côté pour régler les “causes profondes” du conflit. Elle exige notamment que l’Ukraine renonce à rejoindre l’Otan.Ces conditions sont inacceptables pour Kiev, qui veut un retrait pur et simple des troupes russes de son territoire, ainsi que des garanties de sécurité concrètes, appuyées par les Occidentaux, comme la protection de l’Otan ou la présence de troupes occidentales sur le terrain, ce que Moscou exclut.

Russes et Ukrainiens vont échanger tous leurs prisonniers jeunes ou blessés

Russes et Ukrainiens sont convenus lundi, à l’issue de nouveaux pourparlers à Istanbul, d’échanger tous leurs prisonniers de guerre de moins de 25 ans ou grièvement blessés, ainsi que des milliers de corps de soldats tués, sans parvenir à s’accorder sur un cessez-le-feu.Ces discussions sous médiation turque n’ont duré qu’une heure au palais Ciragan d’Istanbul, mais l’Ukraine a proposé une nouvelle rencontre à la Russie “entre le 20 et le 30 juin”, a précisé le négociateur en chef ukrainien, le ministre de la Défense Roustem Oumerov.Lundi soir, le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau proposé de réunir en sommet les présidents russe, ukrainien et américain, “à Istanbul ou Ankara”. Aucun représentant américain n’a participé aux discussions de lundi, a indiqué un porte-parole du département d’Etat. Mais le président Donald Trump reste “prêt” à se rendre en Turquie, selon Karoline Leavitt, sa porte-parole.Cette deuxième session de négociations directes entre Kiev et Moscou intervenait au lendemain d’une attaque ukrainienne de drones d’une ampleur inédite contre l’aviation militaire russe, et l’explosion de deux ponts en Russie, qui ont provoqué des accidents de trains, dont l’un a fait sept morts.Résultat des pourparlers: les deux belligérants sont convenus “d’échanger tous les prisonniers de guerre grièvement blessés et gravement malades”, ainsi que “les jeunes soldats âgés de 18 à 25 ans”, a-t-il ajouté.M. Oumerov a aussi indiqué que Moscou et Kiev échangeraient “6.000 contre 6.000” corps de soldats tués au combat, ce qui a été confirmé par le négociateur russe Vladimir Medinski, qui a cependant dit ne pas savoir combien de dépouilles détenaient les Ukrainiens.La Russie a en revanche une nouvelle fois rejeté la proposition d’un cessez-le-feu inconditionnel, selon Kiev. Moscou estime qu’une telle initiative permettrait à l’Ukraine de se réarmer grâce aux livraisons d’armes occidentales avant de nouvelles hostilités.- “Avoir du répit” -M. Medinski a toutefois indiqué avoir proposé à l’Ukraine un cessez-le-feu partiel de “deux-trois jours” sur certaines portions du front.Une proposition critiquée par Volodymyr Zelensky sur X, soulignant que “tout l’objectif d’un cessez-le-feu, c’est de faire en sorte que les gens cessent de mourir en premier lieu”. “Pour eux, il s’agit juste d’une courte pause dans la guerre”, a-t-il déploré.La délégation russe a par ailleurs remis aux Ukrainiens un mémorandum sur “les moyens d’instaurer une paix durable” et “les mesures à prendre pour parvenir à un cessez-le-feu complet”, a précisé le négociateur russe.Selon ce mémorandum, publié par les agences de presse russes, Moscou demande à Kiev de retirer ses troupes des quatre régions d’Ukraine dont la Russie revendique l’annexion avant tout cessez-le-feu global.Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a salué sur X une “atmosphère constructive” pendant la réunion d’Istanbul. Les parties vont “commencer à travailler au niveau technique sur ces textes dans les prochains jours”, a-t-il ajouté.Enfin, l’Ukraine a indiqué avoir transmis à Moscou une liste de centaines d’enfants ukrainiens qui, selon Kiev, ont été “déportés” par la Russie et dont elle exige le rapatriement.Une première séance de pourparlers en Turquie le 16 mai avait déjà mené à un échange de prisonniers de 1.000 personnes dans chaque camp, sans aboutir à un cessez-le-feu.Près du front dans l’est de l’Ukraine, à Dobropillia, les habitants interrogés par l’AFP avaient confié n’avoir aucun espoir que les négociations d’Istanbul aboutissent à la paix.Volodymyr, 53 ans, n’aurait de toute façon nulle part où aller, son village situé près de Tchassiv Iar – une ville au cœur des combats depuis des mois – ayant été “réduit en cendres”.A Kramatorsk, la grande ville de la région, un militaire ukrainien pense aussi que la guerre “va continuer encore et encore”.”Ce serait formidable s’ils pouvaient se mettre d’accord pour arrêter, pour avoir une sorte de répit, afin que nous puissions récupérer nos gars, ceux qui sont morts, et que les gars cessent de mourir”, ajoute ce soldat, sous couvert d’anonymat lui aussi.- Positions inconciliables -Ces pourparlers interviennent au lendemain d’une attaque inédite contre quatre aérodromes militaires russes, lors de laquelle les Ukrainiens ont lancé des drones explosifs introduits clandestinement en Russie, détruisant ou endommageant de nombreux avions, y compris à des milliers de kilomètres du front.Dans certains secteurs du front en revanche, Kiev est à la peine, les troupes de Moscou ayant progressé ces derniers jours, notamment dans la région ukrainienne de Soumy (nord).Les deux parties sont très loin d’un accord, que ce soit une trêve ou un règlement à plus long terme.Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a martelé lundi que Vladimir Poutine ne devait “rien obtenir” de son invasion. Il souhaite également une rencontre directe avec son homologue russe, perspective que le Kremlin a repoussée plusieurs fois.”Nous attendons avec impatience des mesures fortes de la part des Etats-Unis”, a par ailleurs réagi sur X le chef de l’Etat ukrainien. Il avait exhorté la semaine dernière Washington à imposer de nouvelles sanctions contre Moscou.La Russie insiste de son côté pour régler les “causes profondes” du conflit. Elle exige notamment que l’Ukraine renonce à rejoindre l’Otan.Ces conditions sont inacceptables pour Kiev, qui veut un retrait pur et simple des troupes russes de son territoire, ainsi que des garanties de sécurité concrètes, appuyées par les Occidentaux, comme la protection de l’Otan ou la présence de troupes occidentales sur le terrain, ce que Moscou exclut.