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Pologne: Tusk va demander la confiance au Parlement, après la victoire de Nawrocki

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a annoncé lundi qu’il allait demander prochainement la confiance au Parlement, après la victoire du candidat d’opposition nationaliste, Karol Nawrocki, à l’élection présidentielle.Selon les résultats officiels publiés lundi, Karol Nawrocki, soutenu par le parti d’opposition nationaliste PiS, a remporté 50,89% des voix contre 49,11% pour le pro-européen Rafal Trzaskowski au second tour du scrutin présidentiel de dimanche dont les résultats ont confirmé la polarisation profonde dans ce pays membre de l’Otan et de l’UE.Le succès du candidat nationaliste vient à contre-courant de l’engagement pro-européen et du soutien à l’Ukraine impulsés par le gouvernement actuel.Le chef du PiS, Jaroslaw Kaczynski, a estimé que ce résultat était “un carton rouge” pour le gouvernement et appelé à la création d’un “gouvernement apolitique et technique” composé d’experts, alors que les prochaines élections législatives sont prévues en Pologne en 2027.Mais Donald Tusk a promis de poursuivre sa gouvernance du pays. “Le premier test (pour le gouvernement, ndlr) sera un vote de confiance que je demanderai prochainement à la chambre basse”, a déclaré M. Tusk dans une allocution télévisée, sans préciser la date de sa démarche.”Je ne m’arrêterai pas un instant, en tant que Premier ministre, dans mon travail et dans notre lutte commune pour la Pologne de nos rêves (…): libre, souveraine, sûre et prospère”, a déclaré M. Tusk en exprimant l’espoir de pouvoir coopérer avec le nouveau président élu.En Pologne, le chef de l’Etat, dont le mandat est de cinq ans, exerce une influence sur la politique étrangère et de défense. Il dispose surtout d’un pouvoir de veto au niveau législatif.Plusieurs réformes prévues par Donald Tusk, ancien président du Conseil européen arrivé au pouvoir en 2023, ont ainsi été bloquées en raison d’une impasse avec le président sortant Andrzej Duda.”La présidence de Nawrocki sera une période difficile pour le gouvernement Tusk”, a déclaré l’analyste Piotr Buras à l’AFP. Selon lui, le résultat des élections pourrait conduire à des “élections parlementaires anticipées, peut-être pas cette année, mais l’année prochaine”.- “Etat de droit” -Le président américain Donald Trump a félicité mardi la Pologne, qui s’est choisi “un GAGNANT”, dans un message sur son réseau Truth Social accompagné d’un titre de média présentant M. Nawrocki comme “un allié de Trump”. Admirateur du dirigeant américain, M. Nawrocki l’avait rencontré à la Maison Blanche avant le premier tour.Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a, lui, qualifié la Pologne d'”alliée modèle” et de “contributrice clé au renforcement de l’OTAN”, dont le peuple “soutient une armée plus forte et la sécurisation de ses frontières”.La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s’est dite, sur X, “confiante” dans la poursuite d’une “très bonne coopération” avec Varsovie, tandis que le chef de l’Otan s’est réjoui “de travailler ensemble” avec le nouveau président.Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a, quant à lui, appelé la Pologne et l’Allemagne à “coopérer étroitement sur la base de la démocratie et de l’Etat de droit”.Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui partage la même vision souverainiste face à Bruxelles que M. Nawrocki, a qualifié sa victoire de “fantastique”.De son côté, le président français Emmanuel Macron a exhorté M. Nawrocki, à continuer à bâtir une Europe “forte”, “indépendante” et “respectueuse de l’Etat de droit”, alors que la présidente des députés d’extrême droite, Marine Le Pen, a vu une “bonne nouvelle” dans la victoire de M. Nawrocki et “un désaveu pour l’oligarchie de Bruxelles”.La cheffe du gouvernement en Italie, Giorgia Meloni, a quant à elle félicité M. Nawrocki en évoquant des “valeurs communes” entre les deux pays.- Ukraine -Cette victoire pourrait compromettre les liens étroits avec l’Ukraine voisine car M. Nawrocki critique les plans d’adhésion de son voisin au sein de l’UE et de l’Otan et souhaite réduire les avantages accordés aux réfugiés ukrainiens.Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a cependant dit espérer “poursuivre une coopération fructueuse avec la Pologne et avec le président Nawrocki personnellement”, dans un message sur X.La Pologne joue un rôle de premier plan dans la diplomatie internationale autour de l’Ukraine. La majorité des armes occidentales et de l’aide destinées à Kiev transitent par son territoire.Durant les dernières heures de sa campagne électorale, Karol Nawrocki a déposé des fleurs au pied d’un monument dédié aux Polonais tués par des nationalistes ukrainiens pendant la Seconde Guerre mondiale. “C’était un génocide commis contre le peuple polonais”, a-t-il déclaré.Le leader d’extrême droite polonais, Slawomir Mentzen, lui a également adressé ses félicitations, en soulignant que les électeurs de son parti Confédération s’attendaient à ce qu’il ne place “pas les intérêts de l’Ukraine au même niveau que les nôtres”.

Affaire Maddie: nouvelles investigations près du lieu de la disparition de la fillette

Dix-huit ans après la disparition de Maddie McCann et deux ans après de précédentes recherches infructueuses, des enquêteurs portugais et allemands ont repris mardi leurs investigations près du lieu de la disparition en 2007 de la fillette britannique, dans le sud du Portugal.Dans cette zone proche de la station balnéaire de Praia da Luz, sur la commune de Lagos, plusieurs véhicules se sont engagés mardi matin sur un chemin de terre gardé par des policiers, ont constaté des journalistes de l’AFP.Une porte-parole de la police a confirmé à l’AFP que les investigations avaient bien repris mardi, avec la présence notamment d’environ 25 enquêteurs allemands.Ces recherches, qui doivent durer jusqu’à vendredi, sont en effet menées dans le cadre d’un mandat émis par le ministère public de Brunswick (nord de l’Allemagne), qui dirige une enquête préliminaire contre Christian Brückner, soupçonné par la justice allemande d’avoir tué Madeleine McCann, avait précisé une source policière lundi à l’AFP.Selon le quotidien britannique The Sun, les enquêteurs sont équipés mardi d’un radar qui peut scanner le sol jusqu’à 4,5 mètres de profondeur, et leur zone de recherche comprend un chalet utilisé par Christian Brückner, situé près du lieu de la disparition de Maddie ainsi que les broussailles à proximité.Interrogée par l’AFP, une porte-parole de la police portugaise n’a pas souhaité confirmer ces derniers éléments.Les dernières fouilles — menées en vain — dans cette enquête avaient eu lieu en mai 2023, près d’un lac situé à Silves,  dans l’arrière-pays de la région touristique de l’Algarve, à une cinquantaine de kilomètres du lieu de la disparition de Maddie.Christian Brückner, qui purge une peine de prison pour viol, a été acquitté en octobre 2024 en Allemagne dans un procès pour deux agressions sexuelles et trois viols commis entre 2000 et 2017 au Portugal.Autant d’affaires distinctes du dossier Maddie, disparue en 2007 dans le même pays, et pour lequel Christian Brückner n’a à ce stade toujours pas été inculpé.  La justice allemande avait fait sensation en 2020 en disant être convaincue de l’implication de Christian Brückner dans la disparition de la fillette, une énigme criminelle au retentissement mondial où les fausses pistes et les rebondissements ont été nombreux.En 2007, Maddie, trois ans, avait disparu de l’appartement où elle passait des vacances avec ses parents pendant que ceux-ci dînaient à proximité. Sa disparition a donné lieu à une campagne internationale et une mobilisation médiatique hors du commun.- Long passé judiciaire -A l’époque des faits, Christian Brückner vivait sur la côte portugaise de l’Algarve, à proximité du lieu de villégiature des McCann, et un téléphone portable à son nom a borné près de leur logement le soir de la disparition. Christian Brückner purge actuellement une condamnation à sept ans de prison pour le viol en 2005 d’une Américaine âgée à l’époque de 72 ans, à Praia da Luz, où a disparu Madeleine McCann. Sa peine court théoriquement jusqu’en septembre 2025.Né en décembre 1976 en Bavière (Sud), près de Wurtzbourg, il a un long passé judiciaire.Élevé dans une famille d’accueil où il a souffert de maltraitances et violences répétées, il a été pour la première fois été mis en cause pour des violences sexuelles sur des mineurs alors qu’il était encore adolescent.En 2020, son casier judiciaire contenait déjà 17 mentions, selon le magazine allemand Spiegel, notamment pour agressions et crimes sexuels, vol, conduite en état d’ébriété et sans permis.Il a 17 ans lorsqu’un tribunal de Bavière le condamne, en 1994, à deux ans de prison pour violences sur un enfant et “actes sexuels devant un enfant”.L’année suivante, sa peine partiellement exécutée, il part au Portugal, vivant plus de 10 ans dans l’Algarve, la région du sud du Portugal où Maddie a disparu lors de vacances en famille.Il faisait des petits boulots dans la région, cambriolait chambres d’hôtel et appartements de vacances. Au moment de l’enlèvement de Maddie, il vivait dans un camping-car.Il était “toujours un peu en colère, conduisait vite, et puis un jour… il a disparu sans un mot”, a raconté à la chaîne Sky News en 2020 un ancien voisin au Portugal.C’était en 2007, l’année de la disparition de Maddie. Christian Brückner est revenu s’installer en Allemagne, à Hanovre, alternant ensuite avec des séjours au Portugal.

Affaire Maddie: nouvelles investigations près du lieu de la disparition de la fillette

Dix-huit ans après la disparition de Maddie McCann et deux ans après de précédentes recherches infructueuses, des enquêteurs portugais et allemands ont repris mardi leurs investigations près du lieu de la disparition en 2007 de la fillette britannique, dans le sud du Portugal.Dans cette zone proche de la station balnéaire de Praia da Luz, sur la commune de Lagos, plusieurs véhicules se sont engagés mardi matin sur un chemin de terre gardé par des policiers, ont constaté des journalistes de l’AFP.Une porte-parole de la police a confirmé à l’AFP que les investigations avaient bien repris mardi, avec la présence notamment d’environ 25 enquêteurs allemands.Ces recherches, qui doivent durer jusqu’à vendredi, sont en effet menées dans le cadre d’un mandat émis par le ministère public de Brunswick (nord de l’Allemagne), qui dirige une enquête préliminaire contre Christian Brückner, soupçonné par la justice allemande d’avoir tué Madeleine McCann, avait précisé une source policière lundi à l’AFP.Selon le quotidien britannique The Sun, les enquêteurs sont équipés mardi d’un radar qui peut scanner le sol jusqu’à 4,5 mètres de profondeur, et leur zone de recherche comprend un chalet utilisé par Christian Brückner, situé près du lieu de la disparition de Maddie ainsi que les broussailles à proximité.Interrogée par l’AFP, une porte-parole de la police portugaise n’a pas souhaité confirmer ces derniers éléments.Les dernières fouilles — menées en vain — dans cette enquête avaient eu lieu en mai 2023, près d’un lac situé à Silves,  dans l’arrière-pays de la région touristique de l’Algarve, à une cinquantaine de kilomètres du lieu de la disparition de Maddie.Christian Brückner, qui purge une peine de prison pour viol, a été acquitté en octobre 2024 en Allemagne dans un procès pour deux agressions sexuelles et trois viols commis entre 2000 et 2017 au Portugal.Autant d’affaires distinctes du dossier Maddie, disparue en 2007 dans le même pays, et pour lequel Christian Brückner n’a à ce stade toujours pas été inculpé.  La justice allemande avait fait sensation en 2020 en disant être convaincue de l’implication de Christian Brückner dans la disparition de la fillette, une énigme criminelle au retentissement mondial où les fausses pistes et les rebondissements ont été nombreux.En 2007, Maddie, trois ans, avait disparu de l’appartement où elle passait des vacances avec ses parents pendant que ceux-ci dînaient à proximité. Sa disparition a donné lieu à une campagne internationale et une mobilisation médiatique hors du commun.- Long passé judiciaire -A l’époque des faits, Christian Brückner vivait sur la côte portugaise de l’Algarve, à proximité du lieu de villégiature des McCann, et un téléphone portable à son nom a borné près de leur logement le soir de la disparition. Christian Brückner purge actuellement une condamnation à sept ans de prison pour le viol en 2005 d’une Américaine âgée à l’époque de 72 ans, à Praia da Luz, où a disparu Madeleine McCann. Sa peine court théoriquement jusqu’en septembre 2025.Né en décembre 1976 en Bavière (Sud), près de Wurtzbourg, il a un long passé judiciaire.Élevé dans une famille d’accueil où il a souffert de maltraitances et violences répétées, il a été pour la première fois été mis en cause pour des violences sexuelles sur des mineurs alors qu’il était encore adolescent.En 2020, son casier judiciaire contenait déjà 17 mentions, selon le magazine allemand Spiegel, notamment pour agressions et crimes sexuels, vol, conduite en état d’ébriété et sans permis.Il a 17 ans lorsqu’un tribunal de Bavière le condamne, en 1994, à deux ans de prison pour violences sur un enfant et “actes sexuels devant un enfant”.L’année suivante, sa peine partiellement exécutée, il part au Portugal, vivant plus de 10 ans dans l’Algarve, la région du sud du Portugal où Maddie a disparu lors de vacances en famille.Il faisait des petits boulots dans la région, cambriolait chambres d’hôtel et appartements de vacances. Au moment de l’enlèvement de Maddie, il vivait dans un camping-car.Il était “toujours un peu en colère, conduisait vite, et puis un jour… il a disparu sans un mot”, a raconté à la chaîne Sky News en 2020 un ancien voisin au Portugal.C’était en 2007, l’année de la disparition de Maddie. Christian Brückner est revenu s’installer en Allemagne, à Hanovre, alternant ensuite avec des séjours au Portugal.

Chaleur extrême: l’Arabie saoudite se prépare au “pire scénario” pour le hajj

A Mina, ville éphémère de tentes près de La Mecque, les équipes d’un hôpital saoudien sont prêtes à prendre en charge un raz-de-marée de pèlerins, à la veille du hajj, le grand pèlerinage musulman, qui se tiendra cette année encore sous des chaleurs extrêmes.L’hôpital Mina Emergency est l’un des 15 établissements de santé qui ne …

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Chaleur extrême: l’Arabie saoudite se prépare au “pire scénario” pour le hajj

A Mina, ville éphémère de tentes près de La Mecque, les équipes d’un hôpital saoudien sont prêtes à prendre en charge un raz-de-marée de pèlerins, à la veille du hajj, le grand pèlerinage musulman, qui se tiendra cette année encore sous des chaleurs extrêmes.L’hôpital Mina Emergency est l’un des 15 établissements de santé qui ne fonctionnent que quelques semaines par an, quand plus d’un million de fidèles du monde entier convergent vers La Mecque. En 2024, le thermomètre avait atteint 51,8 degrés, et plus de 1.300 pèlerins avaient péri, selon les autorités. Cette semaine, la météo n’annonce pas de tels pics, mais les températures devraient encore dépasser les 40 degrés.  Lundi, le ministère de la Santé a annoncé avoir déjà pris en charge 44 cas de coup de chaleur, alors que plus de 1,4 million de fidèles sont déjà arrivés dans le royaume pour le hajj, qui commence officiellement mercredi.                  Si à l’hôpital de Mina les patients sont encore rares, le pays ne s’en est pas moins préparé au “pire scénario”, souligne depuis l’établissement Abdullah Asiri, vice-ministre de la Santé. “L’accent est mis sur les pathologies liées à la chaleur car le hajj coïncide avec des températures extrêmes”, déclare-t-il à l’AFP. La Grande Mosquée, qui abrite la Kaaba, structure noire vers laquelle se tournent les musulmans pour prier, est rafraîchie par un des système de climatisation les plus puissants du monde, selon la télévision d’Etat saoudienne, tandis que d’immenses ventilateurs et des systèmes de refroidissement des sols contribuent à maintenir la fraîcheur.  Mais à l’extérieur, se prémunir des effets de la chaleur peut s’avérer ardu. – Capacité augmentée -Certains pèlerins sont munis de casquettes ou ombrelles, mais beaucoup n’ont aucune protection contre le soleil, comme Rabah Mansour, Palestinien de 70 ans, qui affirme “ne pas être indisposé par la chaleur”. “Je travaille dans les champs depuis l’enfance”, explique-t-il, le visage ruisselant de sueur.Emportés par la ferveur religieuse, nombreux sont les pèlerins qui s’exposent inutilement à des conditions extrêmes, alerte M. Asiri.Parmi eux, Badr Chreïté, un autre Palestinien. “Comme vous pouvez le voir, nous sommes trempés de sueur”, mais, dit-il à l’AFP, “plus nous endurons d’épreuves, plus la récompense sera grande”.D’après M. Asiri, un total de 50.000 soignants et personnels administratifs ont été mobilisés pour le hajj, bien plus que les années précédentes.Plus de 700 lits d’hôpital sont prêts, équipés de ventilateurs pour les cas graves. “Cette année, la capacité a été augmentée de plus de 60 %”, indique-t-il. L’an dernier, le personnel médical a soigné 2.764 pèlerins souffrant de coups de chaleur ou d’autres affections liées aux fortes températures, selon le ministère de la Santé.- “En plein soleil” -Pour prévenir les hospitalisations, 71 unités mobiles d’urgence ont aussi été déployées autour des lieux saints, pour “soigner les patients sur place avant que leur état ne se détériore”, explique M. Asiri.Il anticipe déjà l’étape du deuxième jour du hajj, quand les pèlerins se rendent au mont Arafat, qu’ils gravissent avant de réciter des prières jusqu’à la nuit tombée.”La majorité des problèmes liés à la chaleur à Arafat surviennent parce que les gens pensent qu’ils doivent absolument être en plein soleil”, dit-il.Or, souligne-t-il, “il n’est pas nécessaire de sortir de sa tente à Arafat”. Et “il n’est pas obligatoire non plus de gravir la montagne”, ce qui “comporte un grand risque”.Le ministre du Hajj, Tawfiq al-Rabiah, a précisé à l’AFP que des milliers de brumisateurs et plus de 400 points d’eau fraîche avaient été déployés pour l’accueil de la foule.Les autorités ont aussi aménagé des allées ombragées, ainsi qu’une nouvelle voie recouverte de pavés refroidissants de quatre kilomètres menant jusqu’à Arafat.Les décès de l’an dernier illustrent la vulnérabilité des fidèles face aux extrêmes climatiques, 2024 ayant été l’année la plus chaude jamais enregistrée, selon l’observatoire climatique européen Copernicus.  “Il fait une chaleur extrême, mais il arrive aussi qu’à l’intérieur de la Grande Mosquée, on ait très froid à cause du carrelage et de la climatisation”, note M. Asiri.   Mais “nous vivons cela comme une épreuve, un test pour notre force morale”.

Gaza: les secours annoncent 15 morts dans des tirs israéliens près d’un centre d’aide

La Défense civile de Gaza a annoncé mardi la mort d’au moins 15 personnes dans des tirs israéliens dans le sud du territoire palestinien, l’armée indiquant avoir ouvert le feu en direction de “suspects”.Ce nouveau drame est similaire à celui survenu dimanche au même endroit, au cours duquel 31 personnes ont été tuées et 176 blessées par des tirs israéliens selon les secours, au moment où ils étaient en route pour aller chercher de l’aide, d’après le témoignages.En guerre depuis près de 20 mois dans la bande de Gaza contre le Hamas après l’attaque du mouvement islamiste palestinien le 7 octobre 2023 sur son sol, Israël fait face à une pression internationale croissante pour mettre fin au conflit.La situation humanitaire est désastreuse dans le territoire palestinien, où Israël a imposé un blocus complet pendant plus de deux mois, partiellement assoupli fin mai.Mardi à l’aube, “au moins 15 personnes ont été tuées et des dizaines blessées quand les forces d’occupation israéliennes ont ouvert le feu à l’aide de chars et de drones sur des milliers de civils qui s’étaient rassemblés près du rond-point Al-Alam, dans la région d’Al-Mawassi, au nord-ouest de Rafah”, a déclaré à l’AFP le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal.Le rond-point est situé à environ un kilomètre d’un centre d’aide géré par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une organisation au financement opaque soutenue par les Etats-Unis et Israël, qui a débuté ses opérations il y a un peu plus d’une semaine et avec laquelle l’ONU refuse de travailler en raison de préoccupations concernant ses procédés et sa neutralité.- “Tirer sur la foule” -L’armée israélienne a indiqué avoir été confrontée à des “suspects” lors d’un mouvement de foule le long des routes menant au site de distribution d’aide.A environ un demi-kilomètre de là, “des soldats ont effectué des tirs d’avertissement et, alors que les suspects ne reculaient pas, ils ont de nouveau tiré en direction de quelques suspects qui s’approchaient d’eux”, a-t-elle ajouté dans un communiqué.Rania al-Astal, une déplacée de 30 ans, a déclaré à l’AFP qu’elle était partie avec son mari pour essayer de récupérer de la nourriture au centre GHF, laissant leurs enfants avec sa mère dans leur tente.”Les tirs ont commencé par intermittence vers 05H00 du matin. Chaque fois que les gens s’approchaient du rond-point d’Al-Alam, ils étaient la cible de tirs”, a-t-elle raconté. “Mais les gens ne s’en souciaient pas et se précipitaient tous en même temps. C’est à ce moment-là que l’armée a commencé à tirer lourdement.”Mohammed al-Chaer, 44 ans, également présent sur les lieux, a déclaré que la foule venait de se mettre en route vers le centre d’aide quand “soudain, l’armée israélienne a tiré en l’air, puis a commencé à tirer directement sur les gens”.”Un hélicoptère et des drones ont commencé à tirer sur la foule pour l’empêcher de s’approcher des chars. Il y a eu des blessés et des morts”, a-t-il raconté à l’AFP.”Je n’ai pas atteint le centre et nous n’avons pas reçu de nourriture.”- Soldats tués -Dans son communiqué, l’armée a affirmé “n’avoir pas empêché l’arrivée de civils gazaouis sur les sites de distribution d’aide humanitaire”.La Fondation GHF a indiqué dans un communiqué que les opérations sur son site s’étaient déroulées en toute sécurité mardi.Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé lundi à une enquête indépendante après le drame de dimanche près du même rond-point d’Al-Alam, non loin d’un centre d’aide humanitaire géré par GHF.L’armée a nié avoir, ce jour-là, “tiré sur des civils pendant qu’ils se trouvaient à proximité ou à l’intérieur” du centre de GHF. Mais une source militaire israélienne a reconnu “des tirs de sommation (…) en direction de plusieurs suspects”.L’armée israélienne a par ailleurs annoncé mardi la mort de trois soldats tués dans le nord de Gaza, portant à 424 le nombre de militaires israéliens tués depuis le début de l’offensive terrestre à Gaza le 27 octobre 2023.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles. Plus de 54.470 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne militaire israélienne de représailles, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Gaza: les secours annoncent 15 morts dans des tirs israéliens près d’un centre d’aide

La Défense civile de Gaza a annoncé mardi la mort d’au moins 15 personnes dans des tirs israéliens dans le sud du territoire palestinien, l’armée indiquant avoir ouvert le feu en direction de “suspects”.Ce nouveau drame est similaire à celui survenu dimanche au même endroit, au cours duquel 31 personnes ont été tuées et 176 blessées par des tirs israéliens selon les secours, au moment où ils étaient en route pour aller chercher de l’aide, d’après le témoignages.En guerre depuis près de 20 mois dans la bande de Gaza contre le Hamas après l’attaque du mouvement islamiste palestinien le 7 octobre 2023 sur son sol, Israël fait face à une pression internationale croissante pour mettre fin au conflit.La situation humanitaire est désastreuse dans le territoire palestinien, où Israël a imposé un blocus complet pendant plus de deux mois, partiellement assoupli fin mai.Mardi à l’aube, “au moins 15 personnes ont été tuées et des dizaines blessées quand les forces d’occupation israéliennes ont ouvert le feu à l’aide de chars et de drones sur des milliers de civils qui s’étaient rassemblés près du rond-point Al-Alam, dans la région d’Al-Mawassi, au nord-ouest de Rafah”, a déclaré à l’AFP le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Bassal.Le rond-point est situé à environ un kilomètre d’un centre d’aide géré par la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), une organisation au financement opaque soutenue par les Etats-Unis et Israël, qui a débuté ses opérations il y a un peu plus d’une semaine et avec laquelle l’ONU refuse de travailler en raison de préoccupations concernant ses procédés et sa neutralité.- “Tirer sur la foule” -L’armée israélienne a indiqué avoir été confrontée à des “suspects” lors d’un mouvement de foule le long des routes menant au site de distribution d’aide.A environ un demi-kilomètre de là, “des soldats ont effectué des tirs d’avertissement et, alors que les suspects ne reculaient pas, ils ont de nouveau tiré en direction de quelques suspects qui s’approchaient d’eux”, a-t-elle ajouté dans un communiqué.Rania al-Astal, une déplacée de 30 ans, a déclaré à l’AFP qu’elle était partie avec son mari pour essayer de récupérer de la nourriture au centre GHF, laissant leurs enfants avec sa mère dans leur tente.”Les tirs ont commencé par intermittence vers 05H00 du matin. Chaque fois que les gens s’approchaient du rond-point d’Al-Alam, ils étaient la cible de tirs”, a-t-elle raconté. “Mais les gens ne s’en souciaient pas et se précipitaient tous en même temps. C’est à ce moment-là que l’armée a commencé à tirer lourdement.”Mohammed al-Chaer, 44 ans, également présent sur les lieux, a déclaré que la foule venait de se mettre en route vers le centre d’aide quand “soudain, l’armée israélienne a tiré en l’air, puis a commencé à tirer directement sur les gens”.”Un hélicoptère et des drones ont commencé à tirer sur la foule pour l’empêcher de s’approcher des chars. Il y a eu des blessés et des morts”, a-t-il raconté à l’AFP.”Je n’ai pas atteint le centre et nous n’avons pas reçu de nourriture.”- Soldats tués -Dans son communiqué, l’armée a affirmé “n’avoir pas empêché l’arrivée de civils gazaouis sur les sites de distribution d’aide humanitaire”.La Fondation GHF a indiqué dans un communiqué que les opérations sur son site s’étaient déroulées en toute sécurité mardi.Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé lundi à une enquête indépendante après le drame de dimanche près du même rond-point d’Al-Alam, non loin d’un centre d’aide humanitaire géré par GHF.L’armée a nié avoir, ce jour-là, “tiré sur des civils pendant qu’ils se trouvaient à proximité ou à l’intérieur” du centre de GHF. Mais une source militaire israélienne a reconnu “des tirs de sommation (…) en direction de plusieurs suspects”.L’armée israélienne a par ailleurs annoncé mardi la mort de trois soldats tués dans le nord de Gaza, portant à 424 le nombre de militaires israéliens tués depuis le début de l’offensive terrestre à Gaza le 27 octobre 2023.L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.218 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP établi à partir de données officielles. Plus de 54.470 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne militaire israélienne de représailles, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Au Caire, le grand écran de Zawya défend le cinéma indépendant

À contre-courant des multiplexes du Caire saturés de superproductions et de comédies locales, Zawya défend dans la capitale égyptienne un cinéma alternatif, tremplin pour les jeunes réalisateurs. Né dans l’élan artistique qui a suivi la révolution de 2011 ayant renversé l’autocrate Hosni Moubarak, Zawya reste l’un des derniers bastions de la scène underground de cette époque. Ailleurs, elle recule face aux pelleteuses qui remodèlent le centre-ville. Adossé à Misr International Films – la société fondée par le célébrissime réalisateur Youssef Chahine en 1972 -, Zawya bénéficie d’un financement pérenne, qui lui permet de tenir bon, dans un pays longtemps considéré comme l'”Hollywood du monde arabe”. “On dit souvent que l’Égypte a de la chance d’avoir une grande industrie cinématographique”, explique Maged Nader, un réalisateur indépendant. “Mais la vérité est que cette industrie ne fonctionne que selon des logiques commerciales”.Alors, Zawya préfère les chemins de traverse.”C’est un cinéma pour les films qui ne trouvent pas leur place dans les salles traditionnelles”, résume son fondateur, Youssef Shazly, fils de la cinéaste Marianne Khoury et petit-neveu de M. Chahine.- Un écran pour devenir cinéaste -Depuis 2014, la programmation annuelle, mêlant courts-métrages, documentaires, films internationaux et productions locales underground, a fidélisé une petite communauté passionnée.”Ici, c’est comme notre maison”, lance Lujain, une jeune comédienne de 24 ans, dans la longue file d’attente qui serpente devant le guichet. Les tarifs y sont fixes, 100 livres égyptiennes (environ 2 euros). Ce soir, c’est “My Name is Dahab” qui est à l’affiche. Un court-métrage tourné au Kenya, où l’on suit un adolescent qui s’efforce d’honorer le dernier voeu de son petit frère emporté par la faim.Le festival du court-métrage, organisé par Zawya chaque printemps, est aujourd’hui l’un des rares tremplins pour les cinéastes émergents, souvent écartés des circuits classiques.”Je ne me pensais pas réalisateur jusqu’à ce que Zawya projette mon film sur grand écran”, confie à l’AFP Michael Samuel, 24 ans, replié vers la publicité malgré son amour pour le cinéma.Pour beaucoup, cette reconnaissance – de leurs pairs, mentors et du public – est essentielle. “Zawya a poussé davantage de personnes à réaliser leurs films, car il y avait enfin un endroit pour les projeter”, souligne Mohamed Said, manager du lieu.Le réalisateur autodidacte Mostafa Gerbeii, 26 ans, se souvient encore de son premier tournage. Il n’avait ni studio, ni moyens.”Les équipes de Zawya ont été extrêmement généreuses et nous ont prêté leur salle gratuitement pour une journée entière” de tournage.Le tarif aurait pu atteindre les 100.000 livres égyptiennes (environ 1.850 euros), “ils l’ont fait passer à zéro”, sourit M. Gerbeii. – Censure -Comme toutes les salles de cinéma en Égypte, Zawya doit toutefois composer avec la censure: une phrase trop audacieuse, une scène trop explicite, et le couperet tombe. “Avec le temps, on apprend à deviner ce qui passera ou non”, à négocier chaque plan pour qu’il puisse être vu, confie Youssef Shazly. “Il y a tellement de talent autour de Zawya”, dit-il. “Mais existe-t-il autant d’opportunités que de talents?”Installé au 15 de la rue Emad-el-Din, Zawya perpétue dans tous les cas la riche tradition artistique développée autour de la place Tahrir.”C’est un quartier particulier avec une saveur tout aussi particulière de vie artistique et intellectuelle”, observe Chihab Al-Khachab, professeur à Oxford et auteur de l’essai “Making Film in Egypt”.Dès la fin du XIXe siècle, le centre-ville abritait les plus grands théâtres, cinémas et cabarets du pays, berceaux des grandes figures du cinéma et de la musique arabes. Et tout au long du XXe siècle, écrivains, artistes et militants s’y sont retrouvés dans les bars, librairies ou cafés littéraires. 

Soupçonné de corruption, le Premier ministre mongol perd un vote de confiance et démissionne

Le Premier ministre mongol Luvsannamsrain Oyun-Erdene a démissionné mardi, prenant acte d’une motion de censure approuvée par les députés après des semaines de manifestations dans la capitale contre la corruption présumée du dirigeant.Vaste pays de seulement 3,4 millions d’habitants enclavé entre la Chine et la Russie, la Mongolie dispose de ressources naturelles abondantes mais est confrontée depuis des décennies à une corruption endémique qui gangrène ses institutions.Une partie de la population estime que les richesses issues de l’exploitation minière, notamment du charbon, sont accaparées par une élite politique et économique restreinte.Ces tensions ont ressurgi le mois dernier après des révélations sur les dépenses exubérantes du fils du Premier ministre, qui ont déclenché des manifestations dans la capitale, Oulan-Bator.Mardi, le Premier ministre a annoncé sa résignation après un vote à bulletin secret lors duquel il a obtenu le soutien de seulement 44 députés, tandis que 38 ont voté contre lui. Il lui fallait une majorité de 64 voix pour rester en poste.”Ce fut un honneur de servir mon pays et mon peuple dans des périodes difficiles, (avec) notamment des pandémies, des guerres et des droits de douane”, a déclaré M. Oyun-Erdene après l’annonce du résultat du vote.Cet ex-avocat de 44 ans restera Premier ministre intérimaire jusqu’à ce que son successeur soit nommé dans les 30 jours, indique un communiqué du Parlement.- “Injustices” -La démission du Premier ministre mongol survient après plusieurs semaines de manifestations à Oulan-Bator qui réclamaient son départ, sur fond d’inquiétudes quant aux perspectives économiques et de hausse du coût de la vie.Mardi, des dizaines de jeunes manifestants se sont à nouveau réunis sur le parvis du Parlement en brandissant des pancartes clamant “Il est facile de démissionner”.”La mobilisation des jeunes a porté ses fruits. Je suis très fier pour l’avenir de la Mongolie”, a déclaré à l’AFP Unur Sukhbaatar, chercheur en économie politique de 37 ans.”La population aspire à une gouvernance plus stable, avec des dirigeants intègres… Le fait de manifester et d’unir nos voix en faveur d’un changement en profondeur prouve que la démocratie mongole est bien vivante”, a-t-il ajouté.La Mongolie est dirigée depuis le scrutin de l’an dernier par un gouvernement de coalition à trois partis, mis en place après que le Parti du peuple mongol de Luvsannamsrain Oyun-Erdene a perdu une part importante de sa majorité.Mais le mois dernier, le PPM a exclu de la coalition la deuxième force politique, le Parti démocrate, après que certains de ses jeunes députés ont soutenu les appels à la démission du Premier ministre.Le départ du Premier ministre pourrait marquer le retour d’une politique factionnelle au sein du PPM après des années de relative stabilité, estime Julian Dierkes, de l’Université de Mannheim en Allemagne.Selon lui, il y a toutefois peu de chances que le nouveau Premier ministre adopte des politiques très différentes, notamment en matière de lutte contre la corruption.- “Diffamation” -Dans un discours prononcé devant le Parlement avant le vote, M. Oyun-Erdene a lui dénoncé “de puissants intérêts visibles et occultes” menant une “campagne organisée” pour faire tomber son gouvernement.En mai, le bureau du Premier ministre avait affirmé à l’AFP qu’il niait “avec véhémence” les allégations de corruption, les qualifiant de “diffamation”.Sous son mandat, débuté en 2021, la Mongolie a pourtant dégringolé dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International.Les manifestants ont fait pression pour un vote sur “la légitimité du système politique”, affirme à l’AFP Munkhnaran Bayarlkhagva, analyste politique et ancien membre du Conseil de sécurité nationale de Mongolie.”La Génération Z mongole a prouvé qu’elle était prête et capable de s’engager activement en politique, de façon responsable et déterminée”, poursuit-il.”Face à cela, l’establishment politique n’a eu d’autre choix que de céder pour conserver le soutien populaire.”Erchissaran Ganbold, 28 ans, responsable d’un petit commerce interrogé par l’AFP lors de la manifestation de mardi, estime que le Parlement est parvenu à faire “passer l’intérêt général avant les calculs partisants”.”Cette mobilisation est un avertissement fort aux responsables politiques: à l’avenir, ils devront rendre des comptes et faire preuve de transparence.”

Au CEA, une machine à remonter le temps grâce au carbone 14

Démasquer un faussaire, dater les agrafes en fer de Notre-Dame ou établir une chronologie du climat: dans un laboratoire du CEA, un accélérateur de particules remonte le temps grâce au carbone 14.La technique de datation, qui a valu un prix Nobel à son découvreur Willard Frank Libby en 1960, a “révolutionné l’archéologie”, rappelle à l’AFP Lucile Beck devant l’imposante machine qui occupe une pièce entière dans le complexe du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Saclay (Essonne).La directrice du laboratoire de mesure du C14 (LMC14) raconte “la surprise” des préhistoriens quand, dans les années 1990, ses collègues sont parvenus à dater les foyers des artistes de la grotte Chauvet. Le chef d’œuvre de l’art pariétal, qui ne pouvait être que postérieur à Lascaux selon les experts, était en fait vieux de 36.000 ans!- 50.000 ans -Le laboratoire date chaque année 3.000 à 4.000 échantillons pour ses propres recherches et celles de la “communauté scientifique nationale”: CNRS, ministère de la Culture, CEA, Institut de recherche pour le développement (IRD) et Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR).Chaque prélèvement est d’abord examiné pour éliminer toute trace de contamination. “Typiquement, des fibres de pull-over” de l’archéologue qui a manipulé l’objet, s’amuse Mme Beck.Il est nettoyé dans des bains d’acide et de base et brûlé à 800°C pour en récupérer le dioxyde de carbone (CO2). Un gaz réduit ensuite en graphite et inséré dans de minuscules capsules. Direction l’accélérateur de particules, qui va séparer et mesurer les isotopes du carbone.Un isotope est une variante d’un même élément chimique, possédant un nombre différent de neutrons, ce qui change sa masse atomique.Certains isotopes sont stables, comme le carbone 12. D’autres sont radioactifs et se désintègrent avec le temps, comme le carbone 14.Celui-ci est créé dans la haute atmosphère par le bombardement des rayonnements cosmiques et solaires sur l’azote. Dans l’atmosphère, ce carbone s’oxyde et devient du CO2 qui est absorbé par les végétaux lors de la photosynthèse, puis par les animaux qui consomment ces plantes. Tous les organismes vivants contiennent du carbone 14. À leur mort, il se désintègre de façon exponentielle. Il n’en reste que la moitié au bout de 5.730 ans. Et quasiment rien après 50.000 ans, limite de la technique. En comparant le nombre de particules de carbone 12 et 14 à la sortie de l’accélérateur, on obtient un âge relatif.”Si la production de carbone 14 ne fluctuait pas au cours du temps, on pourrait transformer directement en date le taux qui reste dans l’échantillon”, explique Mme Beck. Mais les rayonnements cosmiques “ne sont pas constants”. Tout comme l’intensité du champ magnétique qui nous en protège. Les scientifiques ont dû mettre au point des courbes de calibration, basées sur des échantillons dont l’âge est connu avec certitude.Ce qui permet in fine d’identifier un faux tableau, en déterminant que le lin de la toile a été récolté après la mort du peintre supposé.Ou d’établir une chronologie du climat, en analysant le squelette en calcite du plancton au fond des océans.  – Blanc de plomb -Si le carbone 14 permet de dater ossements, bois ou tissus, le LMC14 a développé des techniques de pointe pour analyser des matériaux qui ne sont pas directement issus du vivant. Par exemple, en datant le carbone “piégé” dans le fer, lorsque le minerai a été chauffé avec du charbon de bois. Et montrer ainsi que les agrafes en fer de Notre-Dame de Paris ne dataient pas de sa restauration, mais bien de sa construction.Ou en utilisant le blanc de plomb, un pigment synthétisé depuis le 4e siècle avant J.-C., que l’on retrouve sur de nombreux bâtiments et œuvres d’art.Pour le fabriquer, on “mettait du plomb à corroder avec du vinaigre et du crottin de cheval, qui produit du CO2 par fermentation”, raconte Mme Beck. Le pigment contient ainsi du carbone organique.”Je dis toujours aux archéologues: ne nettoyez pas les traces de corrosion, elles racontent aussi notre passé!”, poursuit-elle.C’est ce qui a permis de dater les tombes d’une abbaye médiévale dans lesquelles n’avaient été retrouvées que de petites bouteilles en plomb. En se décomposant, les corps avaient dégagé du CO2 qui les avaient corrodées.”Cette corrosion, c’était finalement le seul témoin qui restait de l’esprit du moine”, songe la chercheuse.