AFP World

Transformer en calcaire le CO2 des cargos: le pari audacieux d’une startup britannique

Elles sont deux amies, tout juste trentenaires, à la tête d’une startup britannique qui entend capturer le carbone directement à bord des navires. Un projet audacieux face au réchauffement climatique, retenu pour le prix du “jeune inventeur de l’année”.Dans la cour d’un atelier du nord de Londres, le prototype conçu par Alisha Fredriksson et son amie d’université Roujia Wen, co-fondatrices de Seabound, a des airs d’usine miniature.”Ici, nous simulons ce qui se passe sur un navire”, explique Mme Fredriksson, 30 ans. Comme un moteur de bateau, un générateur “brûle du fioul qui sert de source de carbone”. Le gaz d’échappement est ensuite acheminé à travers un système complexe de tuyaux dans différents conteneurs.L’air pollué est capté, le reliquat relâché dans l’atmosphère.Le CO2 ne disparaît pas, explique-t-elle, mais il est capturé par des galets de chaux: des granulés blancs que l’entreprise perfectionne pour en maximiser l’efficacité.La chaux est “facilement disponible” et “bon marché”, relève Glexer Corrales, ingénieur chimiste, vêtu de sa blouse bleue marine dans le laboratoire où il teste la qualité.- “Eponge à CO2” -Ces granulés agissent “comme une éponge à CO2”. Une fois absorbé, le carbone se transforme en calcaire par un processus chimique de carbonatation, explique le chimiste.A échelle réelle, le dispositif de Seabound peut s’adapter à de nombreux types de navires avec un minimum de personnalisation. Rompue à la vulgarisation scientifique, Alisha Fredriksson connaît bien les énergies renouvelables, une passion transmise par son père ingénieur.Jusqu’à présent, les technologies de capture du carbone –les CCUS selon l’acronyme anglais– sont essentiellement utilisées à terre dans des industries lourdes comme les cimenteries, la sidérurgie ou la production de verre.  Mais en mer, les contraintes de sécurité sont beaucoup plus difficiles à respecter.Et pour que le procédé soit réellement bénéfique, il faut “que le carbone capturé soit supérieur au carbone produit par l’énergie supplémentaire” liée à l’installation, explique à l’AFP Camille Bourgeon, administrateur à l’Organisation maritime internationale (OMI).Un objectif largement atteint lors d’un premier test en 2023: selon l’entreprise Lomarlabs, qui a mené l’expérience à bord d’un de ses navires, le système de Seabound a permis de capter 78% du CO2. C’est là que la startup fait la différence.- Revendre le carbone -L’intérêt du secteur maritime pour ces technologies s’est renforcé avec l’introduction prochaine, par l’OMI, d’un système mondial de tarification du carbone. Le transport maritime représente à lui seul 3% des émissions mondiales.Concrètement, à partir de 2028, au-delà d’un certain seuil, les navires devront s’acquitter d’une taxe de 380 dollars par tonne de CO2 excédentaire. “Cela a créé un net avantage pour notre système”, se félicite la dirigeante de Seabound, qui ambitionne de facturer à ses clients 150 dollars par tonne captée. Mais de nombreuses questions se posent désormais pour l’OMI, à commencer par le devenir du calcaire généré.Outre son enfouissement, une autre piste consiste à “revendre le carbone capturé à des entreprises qui créent des carburants à partir de CO2”. Il suffit pour cela d’inverser le procédé, en relâchant le gaz par calcination.Alisha Fredriksson connaît bien ce marché encore émergent: l’idée de Seabound lui est venue alors qu’elle travaillait pour une entreprise productrice de carburants à base de CO2, mais qui “peinait à trouver des vendeurs”.Remporter avec son amie le prix du jeune inventeur de l’année de l’Office européen des brevets (OEB) “serait un coup de pouce supplémentaire” et une reconnaissance de l’enjeu que représente la décarbonation du transport maritime, conclut-elle. Verdict mercredi.

Toujours plus de vêtements neufs achetés en France en 2024

Les Français consomment toujours de plus en plus de vêtements neufs, avec un record en 2024, alors qu’une loi visant la mode éphémère vient d’être adoptée au Sénat et que les associations ne cessent d’alerter sur le coût environnemental de l’industrie textile.L’année dernière, 42 articles d’habillement neufs ont rejoint en moyenne le placard de chaque Français, soit un de plus qu’en 2023.Au total, un record de 3,5 milliards de pièces ont été achetées en habillement, chaussures et linge de maison.Cela représente 10 millions d’articles par jour, souligne pour l’AFP Vanessa Gutierrez, responsable d’études chez Refashion, chargé par le gouvernement d’accompagner l’industrie de la mode vers une économie plus circulaire.Cet éco-organisme a dévoilé mardi ces chiffres qu’il est le seul à pouvoir agréger, les quelque 10.000 marques vendant des vêtements, chaussures et linge de maison en France étant dans l’obligation de lui déclarer leurs volumes de vente. Plateformes asiatiques type Shein et Temu y compris.Parmi ces 3,5 milliards de pièces neuves, 2,9 milliards sont des articles d’habillement, 259 millions des paires de chaussure et 362 millions des articles de linge de maison.L’habillement femmes et hommes augmentent (de 5% et 3,6%) mais la catégorie connaissant la plus forte hausse est le linge de maison (+9,3%), s’expliquant par “l’arrivée sur le marché d’acteurs aux prix accessibles”, selon Vanessa Gutierrez.Les rayons enfant et bébé reculent (respectivement de -0,6% et -5,4%) en raison de la baisse de la natalité et certainement du report des consommateurs sur la seconde main dans ce secteur.Dans l’ensemble, les consommateurs plébiscitent les entreprises vendant exclusivement en ligne (Zalando, Shein, Temu, etc.) qui enregistrent +29,9% de ventes en volumes ainsi que les soldeurs et destockeurs (+10,3%).”Si on excluait ces deux catégories, le marché serait relativement stable”, a temporisé Mme Gutierrez, preuve du poids de l’importance de l’essor de l’e-commerce.Les grandes surfaces alimentaires souffrent d’une baisse de 5,1% de leurs ventes de textiles mais les chaînes de centre-ville et centres commerciaux tirent leur épingle du jeu avec +2,8%.- Catastrophe environnementale -Autre enseignement de ce baromètre: les prix accessibles sont privilégiés avec 71% des articles achetés qui sont d’entrée de gamme.En moyenne, un Français a dépensé 15,6 euros par article neuf.Selon le ministère de la Transition écologique, l’industrie textile est l’une des plus polluantes au monde. Elle génère près de 10% des émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales – soit davantage que les vols internationaux et le trafic maritime réunis – et consomme 4% de l’eau potable du monde.Ces dernières années, son impact environnemental a encore pris de l’ampleur avec l’arrivée d’acteurs de l’ultra fast fashion ou mode ultra express, proposant une profusion de références à des prix extrêmement bas.Fondée en Chine en 2012 et désormais basée à Singapour, Shein en est devenu le symbole, avec son catalogue pléthorique – 470.000 modèles disponibles en temps réel, selon l’ONG Les Amis de la Terre – et le transport de ses produits à 99,8% par avion.Ainsi les ONG ne cessent-elles d’alerter sur le coût environnemental et social de la mode, à grands renforts d’actions coups de poing et de campagnes de sensibilisation en montrant les symptômes – des décharges géantes des vêtements occidentaux polluant le désert d’Atacama au Chili à l’effondrement du Rana Plaza, un atelier de confection au Bangladesh, qui causa la mort de plus d’un millier d’ouvriers.Les parlementaires français se sont également saisis du sujet, une proposition de loi pour freiner l’essor de la “fast fashion” ayant été adoptée en juin par le Sénat.

El Dorado, la fièvre de l’or toujours présente au Venezuela

Un commerçant pèse sur une balance numérique l’or en poudre d’un client. Comme dans de nombreux villages miniers du Venezuela, à El Dorado l’or sert de monnaie pour les achats banals du quotidien mais continue de susciter fièvre et convoitises.Le bien nommé village d’El Dorado fait partie d’une région, baptisée l’Arc Minier de l’Orénoque, qui possède de grandes réserves minérales. L’exploitation minière illégale est généralisée, les gangs criminels et guérillas qui pratiquent l’extorsion voire exploitent directement certains sites sont omniprésents.Syndicats gérés par le crime organisé ou gangs indigènes y prélèvent le “vaccin”, une sorte d’impôt obligatoire garantissant la “protection”. Il est le théâtre de massacres: environ 217 personnes tuées entre 2016 et 2020.Un sujet dont on parle peu à El Dorado. Dans ses rues en terre, un essaim de motos bruyantes bourdonne en permanence, soulevant des nuages de poussière. Les 35 “grammes” affichés sur la balance équivalent à environ 3.000 dollars, explique le commerçant. Un gramme se vend entre 85 et 100 dollars. “L’or est une bénédiction qui nous permet d’acheter ce que l’on veut, mais il faut travailler dur”, déclare à l’AFP José Tobias Tranquini, un mineur de 48 ans.”Un jour à la mine peut ne rien te rapporter. Il y a des chanceux qui trouvent jusqu’à un kilo, mais depuis que je suis ici, je n’ai pas eu cette bénédiction”, poursuit-il, espérant toujours tomber sur le gros coup. El Dorado se situe sur la rivière Cuyuni, qui plus loin devient la frontière naturelle avec le Guyana voisin et l’Essequibo, le territoire que le Venezuela réclame au Guyana depuis plus d’un siècle. El Dorado a été créé pour être un fort militaire visant à contrer une attaque anglaise en 1895. Son nom s’inspire du mythe qui n’est finalement pas si éloigné de la réalité: les habitants les plus âgés racontent que lorsqu’il pleuvait, on pouvait voir des particules d’or émerger sur les chemins argileux du village.- Une tonne, un gramme -Hilda Carrero est arrivée à El Dorado il y a un demi-siècle, attirée comme beaucoup d’autres par la fièvre de l’or. À l’époque, le village était “de la jungle et des serpents”. Aujourd’hui, la population avoisine 5.000 habitants. “C’était moche”, se souvient cette femme de 73 ans dans sa petite épicerie où elle vend des bonbonnes d’eau pour trois millièmes de gramme d’or. Le bidon d’eau vaut l’équivalent d’un dollar et demi. “La vie du village, ce sont les mineurs”, souligne Carrero, qui explique qu’il y a des hauts et des bas entre les périodes de calme ou celles de découvertes de nouvelles mines, les “bullitas” ou petites ruées.”Il y a des jours où je ne vends même pas une bouteille”, dit-elle.L’Arc Minier a une superficie de 112.000 km². On y trouve aussi diamants, fer, bauxite, quartz et même coltan.Les écologistes dénoncent un “écocide” dans cette zone et l’effondrement des mines illégales avec des dizaines de morts.La route pour rallier El Dorado depuis Tumeremo, un centre régional, est parsemée de camps où des “moulins” traitent le sable pour y découvrir de l’or. Le configuration se répète: un grand hangar avec des toits en tôle, des terrains dégagés avec une énorme fosse où tombe le sable lavé dans les moulins. La terre extraite des mines est stockée dans des sacs pour la transporter jusqu’aux moulins, qui fonctionnent avec des moteurs modifiés de voiture. Là, le sable est fragmenté et mis sur des rampes de bronze, enduites de mercure, et sur lesquelles ruisselle de l’eau. Des particules presque imperceptibles à l’œil nu restent coincées dans un tapis vert. Une famille de cinq personnes travaille dans l’un de ces camps. Quatre heures sont nécessaires pour “traiter” une tonne de sable. Résultat du jour: un peu plus d’un “gramme”, soit environ 100 dollars. “Nous l’utiliserons pour acheter de la nourriture et ce dont on a besoin pour le moulin”, explique l’un des travailleurs, qui tient dans ses mains rudes, la minuscule pierre obtenue. D’un aspect irrégulier, elle est chauffée au chalumeau pour retirer les impuretés. “Le danger, c’est la fumée” qui se dégage en brûlant le mercure, explique le propriétaire du moulin tout en fumant une cigarette.

El Dorado, la fièvre de l’or toujours présente au Venezuela

Un commerçant pèse sur une balance numérique l’or en poudre d’un client. Comme dans de nombreux villages miniers du Venezuela, à El Dorado l’or sert de monnaie pour les achats banals du quotidien mais continue de susciter fièvre et convoitises.Le bien nommé village d’El Dorado fait partie d’une région, baptisée l’Arc Minier de l’Orénoque, qui possède de grandes réserves minérales. L’exploitation minière illégale est généralisée, les gangs criminels et guérillas qui pratiquent l’extorsion voire exploitent directement certains sites sont omniprésents.Syndicats gérés par le crime organisé ou gangs indigènes y prélèvent le “vaccin”, une sorte d’impôt obligatoire garantissant la “protection”. Il est le théâtre de massacres: environ 217 personnes tuées entre 2016 et 2020.Un sujet dont on parle peu à El Dorado. Dans ses rues en terre, un essaim de motos bruyantes bourdonne en permanence, soulevant des nuages de poussière. Les 35 “grammes” affichés sur la balance équivalent à environ 3.000 dollars, explique le commerçant. Un gramme se vend entre 85 et 100 dollars. “L’or est une bénédiction qui nous permet d’acheter ce que l’on veut, mais il faut travailler dur”, déclare à l’AFP José Tobias Tranquini, un mineur de 48 ans.”Un jour à la mine peut ne rien te rapporter. Il y a des chanceux qui trouvent jusqu’à un kilo, mais depuis que je suis ici, je n’ai pas eu cette bénédiction”, poursuit-il, espérant toujours tomber sur le gros coup. El Dorado se situe sur la rivière Cuyuni, qui plus loin devient la frontière naturelle avec le Guyana voisin et l’Essequibo, le territoire que le Venezuela réclame au Guyana depuis plus d’un siècle. El Dorado a été créé pour être un fort militaire visant à contrer une attaque anglaise en 1895. Son nom s’inspire du mythe qui n’est finalement pas si éloigné de la réalité: les habitants les plus âgés racontent que lorsqu’il pleuvait, on pouvait voir des particules d’or émerger sur les chemins argileux du village.- Une tonne, un gramme -Hilda Carrero est arrivée à El Dorado il y a un demi-siècle, attirée comme beaucoup d’autres par la fièvre de l’or. À l’époque, le village était “de la jungle et des serpents”. Aujourd’hui, la population avoisine 5.000 habitants. “C’était moche”, se souvient cette femme de 73 ans dans sa petite épicerie où elle vend des bonbonnes d’eau pour trois millièmes de gramme d’or. Le bidon d’eau vaut l’équivalent d’un dollar et demi. “La vie du village, ce sont les mineurs”, souligne Carrero, qui explique qu’il y a des hauts et des bas entre les périodes de calme ou celles de découvertes de nouvelles mines, les “bullitas” ou petites ruées.”Il y a des jours où je ne vends même pas une bouteille”, dit-elle.L’Arc Minier a une superficie de 112.000 km². On y trouve aussi diamants, fer, bauxite, quartz et même coltan.Les écologistes dénoncent un “écocide” dans cette zone et l’effondrement des mines illégales avec des dizaines de morts.La route pour rallier El Dorado depuis Tumeremo, un centre régional, est parsemée de camps où des “moulins” traitent le sable pour y découvrir de l’or. Le configuration se répète: un grand hangar avec des toits en tôle, des terrains dégagés avec une énorme fosse où tombe le sable lavé dans les moulins. La terre extraite des mines est stockée dans des sacs pour la transporter jusqu’aux moulins, qui fonctionnent avec des moteurs modifiés de voiture. Là, le sable est fragmenté et mis sur des rampes de bronze, enduites de mercure, et sur lesquelles ruisselle de l’eau. Des particules presque imperceptibles à l’œil nu restent coincées dans un tapis vert. Une famille de cinq personnes travaille dans l’un de ces camps. Quatre heures sont nécessaires pour “traiter” une tonne de sable. Résultat du jour: un peu plus d’un “gramme”, soit environ 100 dollars. “Nous l’utiliserons pour acheter de la nourriture et ce dont on a besoin pour le moulin”, explique l’un des travailleurs, qui tient dans ses mains rudes, la minuscule pierre obtenue. D’un aspect irrégulier, elle est chauffée au chalumeau pour retirer les impuretés. “Le danger, c’est la fumée” qui se dégage en brûlant le mercure, explique le propriétaire du moulin tout en fumant une cigarette.

Cinquième jour d’escalade militaire entre Israël et l’Iran

Israël a affirmé mardi avoir visé des sites militaires en Iran et tué un haut gradé lors de nouvelles frappes aériennes, auxquelles Téhéran a riposté par des tirs de missiles au cinquième jour de confrontation entre les deux pays ennemis. Des missiles et des éclats d’obus sont tombés dans la région de Tel-Aviv, dans le centre d’Israël, sans faire de blessés, selon la police. Les secouristes étaient au travail dans plusieurs régions du pays après “la chute de projectiles”, a indiqué l’armée.L’armée israélienne a annoncé avoir tué un important commandant militaire iranien, Ali Shadmani, dans une frappe nocturne menée sur “un centre de commandement au coeur de Téhéran”.L’Iran de son côté a affirmé avoir détruit dans la nuit des “cibles stratégiques” à l’aide de drones à Tel-Aviv et à Haïfa, la grande ville du nord d’Israël.”Des attaques massives de drones, utilisant des armes nouvelles et avancées, ont commencé et s’intensifieront dans les heures à venir”, a averti le général Kioumars Heidari, commandant des forces terrestres de l’armée, cité par la télévision d’Etat. Téhéran a promis de bombarder Israël sans relâche pour mettre fin à l’attaque aérienne israélienne d’une ampleur sans précédent menée depuis le 13 juin avec l’objectif affiché d’empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique.Depuis vendredi, l’aviation israélienne a visé des centaines de sites militaires et nucléaires et tué plusieurs hauts gradés. Des civils ont aussi été tués dans les deux pays par des frappes qui ont atteint des zones urbaines et détruit des immeubles.En Iran, les frappes israéliennes ont fait au moins 224 morts et plus d’un millier de blessés, selon un bilan officiel établi dimanche. La télévision d’Etat a fait état mardi de trois morts lors de frappes la veille sur son siège à Téhéran.Selon le bureau de Benjamin Netanyahu, les salves de missiles et de drones tirées en représailles par l’Iran ont fait au moins 24 morts en Israël.- Appel à la désescalade -L’armée israélienne a déclaré mardi avoir mené dans la nuit dans l’ouest de l’Iran “plusieurs frappes de grande envergure” lors desquelles “des dizaines d’infrastructures de stockage et de lancement de missiles sol-sol ont été touchées”, tout comme “des lanceurs de missiles sol-air et des sites de stockage de drones”.Le conflit s’est invité à la réunion des pays du G7 lundi au Canada, que le président américain Donald Trump, premier allié d’Israël, a quittée prématurément après avoir conseillé aux habitants de Téhéran d’évacuer “immédiatement”.”L’Iran aurait dû signer l’+accord+ (sur le nucléaire, ndlr) quand je leur ai dit de signer”, a-t-il déclaré sur son réseau Truth Social.M. Trump avait relancé récemment les négociations avec Téhéran sur le programme nucléaire iranien mais l’Iran a affirmé qu’il ne signerait pas d’accord tant que dureraient les attaques israéliennes.Accusée par les Occidentaux et par Israël de vouloir fabriquer l’arme atomique, la République islamique dément et défend son droit à enrichir de l’uranium afin de développer un programme nucléaire civil.Sans appeler à la fin immédiate des hostilités, les dirigeants du G7 ont appelé à “protéger les civils”, affirmant le droit d’Israël à “se défendre” et qualifiant “l’Iran de “principale source d’instabilité et de terrorisme dans la région”. “Nous demandons instamment que la résolution de la crise en Iran aboutisse à une désescalade plus vaste des hostilités au Moyen-Orient, y compris à un cessez-le-feu à Gaza”, ont-ils écrit.Face à cet embrasement, la Chine a accusé Donald Trump de “jeter de l’huile sur le feu” et pressé ses ressortissants de quitter Israël tandis que les Etats-Unis ont annoncé déployer des “ressources supplémentaires” au Moyen-Orient pour y renforcer leur “dispositif défensif”, selon le ministre de la Défense Peter Hegseth.Le porte-avions américain Nimitz, qui croisait en mer de Chine méridionale, a pris la direction du Moyen-Orient, selon le Pentagone.- Rues désertes -Lundi, les émissions de la télévision publique iranienne ont été brièvement interrompues par une attaque israélienne, qui s’est produite alors qu’une présentatrice critiquait vivement Israël à l’antenne. Elle a été vue quittant précipitamment le plateau dans un nuage de poussière, tandis que des débris du plafond tombaient autour d’elle.Téhéran a condamné “la lâcheté” de ces frappes et a appelé deux chaînes de télévision israéliennes a évacuer leurs locaux.Depuis les début des frappes israéliennes, qui ont visé notamment Téhéran, les rues de la capitale sont restées pour la plupart désertes et de nombreux magasins ont fermé.Israël affirme avoir détruit “la principale installation” du site d’enrichissement d’uranium de Natanz, dans le centre de l’Iran. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a cependant affirmé lundi qu’il n’y a “pas d’indication d’attaque” contre la partie souterraine du site, qui abrite la principale usine d’enrichissement.Au-delà du programme nucléaire, Benjamin Netanyahu, dans plusieurs interviews à des médias internationaux, a lancé un appel au peuple iranien pour qu’il se soulève contre la “tyrannie” et estimé qu’assassiner le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, mettrait “fin au conflit”.Selon un responsable américain, Donald Trump s’est opposé à un plan israélien visant à éliminer l’ayatollah Khamenei, à la tête de l’Iran depuis 1989.

Cinquième jour d’escalade militaire entre Israël et l’Iran

Israël a affirmé mardi avoir visé des sites militaires en Iran et tué un haut gradé lors de nouvelles frappes aériennes, auxquelles Téhéran a riposté par des tirs de missiles au cinquième jour de confrontation entre les deux pays ennemis. Des missiles et des éclats d’obus sont tombés dans la région de Tel-Aviv, dans le centre d’Israël, sans faire de blessés, selon la police. Les secouristes étaient au travail dans plusieurs régions du pays après “la chute de projectiles”, a indiqué l’armée.L’armée israélienne a annoncé avoir tué un important commandant militaire iranien, Ali Shadmani, dans une frappe nocturne menée sur “un centre de commandement au coeur de Téhéran”.L’Iran de son côté a affirmé avoir détruit dans la nuit des “cibles stratégiques” à l’aide de drones à Tel-Aviv et à Haïfa, la grande ville du nord d’Israël.”Des attaques massives de drones, utilisant des armes nouvelles et avancées, ont commencé et s’intensifieront dans les heures à venir”, a averti le général Kioumars Heidari, commandant des forces terrestres de l’armée, cité par la télévision d’Etat. Téhéran a promis de bombarder Israël sans relâche pour mettre fin à l’attaque aérienne israélienne d’une ampleur sans précédent menée depuis le 13 juin avec l’objectif affiché d’empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique.Depuis vendredi, l’aviation israélienne a visé des centaines de sites militaires et nucléaires et tué plusieurs hauts gradés. Des civils ont aussi été tués dans les deux pays par des frappes qui ont atteint des zones urbaines et détruit des immeubles.En Iran, les frappes israéliennes ont fait au moins 224 morts et plus d’un millier de blessés, selon un bilan officiel établi dimanche. La télévision d’Etat a fait état mardi de trois morts lors de frappes la veille sur son siège à Téhéran.Selon le bureau de Benjamin Netanyahu, les salves de missiles et de drones tirées en représailles par l’Iran ont fait au moins 24 morts en Israël.- Appel à la désescalade -L’armée israélienne a déclaré mardi avoir mené dans la nuit dans l’ouest de l’Iran “plusieurs frappes de grande envergure” lors desquelles “des dizaines d’infrastructures de stockage et de lancement de missiles sol-sol ont été touchées”, tout comme “des lanceurs de missiles sol-air et des sites de stockage de drones”.Le conflit s’est invité à la réunion des pays du G7 lundi au Canada, que le président américain Donald Trump, premier allié d’Israël, a quittée prématurément après avoir conseillé aux habitants de Téhéran d’évacuer “immédiatement”.”L’Iran aurait dû signer l’+accord+ (sur le nucléaire, ndlr) quand je leur ai dit de signer”, a-t-il déclaré sur son réseau Truth Social.M. Trump avait relancé récemment les négociations avec Téhéran sur le programme nucléaire iranien mais l’Iran a affirmé qu’il ne signerait pas d’accord tant que dureraient les attaques israéliennes.Accusée par les Occidentaux et par Israël de vouloir fabriquer l’arme atomique, la République islamique dément et défend son droit à enrichir de l’uranium afin de développer un programme nucléaire civil.Sans appeler à la fin immédiate des hostilités, les dirigeants du G7 ont appelé à “protéger les civils”, affirmant le droit d’Israël à “se défendre” et qualifiant “l’Iran de “principale source d’instabilité et de terrorisme dans la région”. “Nous demandons instamment que la résolution de la crise en Iran aboutisse à une désescalade plus vaste des hostilités au Moyen-Orient, y compris à un cessez-le-feu à Gaza”, ont-ils écrit.Face à cet embrasement, la Chine a accusé Donald Trump de “jeter de l’huile sur le feu” et pressé ses ressortissants de quitter Israël tandis que les Etats-Unis ont annoncé déployer des “ressources supplémentaires” au Moyen-Orient pour y renforcer leur “dispositif défensif”, selon le ministre de la Défense Peter Hegseth.Le porte-avions américain Nimitz, qui croisait en mer de Chine méridionale, a pris la direction du Moyen-Orient, selon le Pentagone.- Rues désertes -Lundi, les émissions de la télévision publique iranienne ont été brièvement interrompues par une attaque israélienne, qui s’est produite alors qu’une présentatrice critiquait vivement Israël à l’antenne. Elle a été vue quittant précipitamment le plateau dans un nuage de poussière, tandis que des débris du plafond tombaient autour d’elle.Téhéran a condamné “la lâcheté” de ces frappes et a appelé deux chaînes de télévision israéliennes a évacuer leurs locaux.Depuis les début des frappes israéliennes, qui ont visé notamment Téhéran, les rues de la capitale sont restées pour la plupart désertes et de nombreux magasins ont fermé.Israël affirme avoir détruit “la principale installation” du site d’enrichissement d’uranium de Natanz, dans le centre de l’Iran. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a cependant affirmé lundi qu’il n’y a “pas d’indication d’attaque” contre la partie souterraine du site, qui abrite la principale usine d’enrichissement.Au-delà du programme nucléaire, Benjamin Netanyahu, dans plusieurs interviews à des médias internationaux, a lancé un appel au peuple iranien pour qu’il se soulève contre la “tyrannie” et estimé qu’assassiner le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, mettrait “fin au conflit”.Selon un responsable américain, Donald Trump s’est opposé à un plan israélien visant à éliminer l’ayatollah Khamenei, à la tête de l’Iran depuis 1989.

“Conclave” sur les retraites: fumée blanche ou pas ?

Accord ou positions irréconciliables: impulsé par François Bayrou, le “conclave” des partenaires sociaux sur les retraites est entrée mardi matin dans sa dernière journée, avec la prise en compte de la pénibilité en point central des discussions.Le Premier ministre s’est dit prêt lundi à accorder “quelques jours de plus”, au-delà de la date butoir de mardi, aux cinq participants encore présents – CFDT, CFTC, CFE-CGC côté syndical, Medef et CPME côté patronal. Mais “on n’a pas besoin de plus de temps”, “il faut que ça se termine ce soir”, a plaidé sur RTL mardi matin, la numéro un de la CFDT Marylise Léon. Selon elle, “la balle est dans le camp des organisations patronales”, notamment sur le sujet de la pénibilité sur lequel il y a “blocage”.En arrivant au conclave mardi matin, le négociateur de la CPME (patronat des petites et moyennes entreprises) Eric Chevée a qualifié d'”insupportable pour nous” la proposition de la CFDT, qui consiste à donner un coup de fouet au compte pénibilité déjà existant pour arriver à faire partir plus tôt les personnes ayant eu un travail pénible.”Notre proposition est la seule voie de passage”, a-t-il dit, en allusion à un dispositif proposé par la CPME, qui consisterait à créer des “points d’usure” pour les personnes “qui doivent porter des charges lourdes, subir des postures pénibles ou des vibrations mécaniques”, ouvrant “droit à des formations, des aides à la reconversion”.- “A côté du sujet” -La question à discuter mardi est de savoir “combien de personnes” pourront “partir plus tôt” du fait qu’ils ont fait un travail usant, a-t-il expliqué.La négociatrice de la CFTC, Pascale Coton a redit de son côté à son arrivée que le passage à 66 ans de l’âge de départ sans décote (contre 67 ans) était également “vraiment une ligne rouge” pour son organisation. “C’est un mandat que j’ai de mon organisation, on ne peut pas faire autrement”.Lundi, François Bayrou a manifestement pris de court les participants en lançant une proposition de dernière minute: accorder une “prime” aux salariés seniors.Sur RTL, Mme Léon s’est dite “sceptique”, en notant que “ça arrive un peu tard”, que “ce n’est pas chiffré”, ajoutant ne pas être “sûre que ça soit le problème du régime des retraites en fait”.Pour le président de la CPME, Amir Reza-Tofighi, “ce n’est pas là le sujet”. Cette prime “ne permettra pas d’avoir un accord avec les syndicats”, a-t-il jugé sur RMC.”C’est complètement à côté du sujet”, a tranché Sophie Binet (CGT, syndicat parti du conclave en mars) sur franceinfo, en notant que globalement, “la stratégie du patronat, c’est de concéder quelques miettes pour graver dans le marbre les 64 ans”.- “50/50” -Pour le Premier ministre, qui avait lancé ce nouveau format de discussions après un compromis noué avec les socialistes pour éviter une censure du gouvernement, la fin du conclave est un instant de vérité.François Bayrou s’était alors engagé à présenter un éventuel accord des partenaires sociaux devant le Parlement.Dimanche, tant Marylise Léon que Patrick Martin, le président du Medef, ont estimé à 50/50 la probabilité que le conclave arrive à un accord.Même si ça ne faisait pas grand mystère depuis le début, le Medef a entériné depuis mardi dernier qu’il ne bougerait pas sur l’âge de départ à 64 ans. Cela ne signifie pas forcément une fin de non-recevoir pour les syndicats. Tout dépendra de ce que le patronat lâchera en termes de carrière des femmes, de pénibilité, ou d’augmentation de cotisation.  Car au-delà des aménagements qui pourraient être apportés à la réforme Borne, les partenaires sociaux doivent aussi parvenir à trouver les recettes financières pour permettre le retour à l’équilibre du système des retraites en 2030, alors que la prévision de déficit pour cette échéance est aujourd’hui de 6,6 milliards d’euros.Pour les sources de financement, les syndicats ne rejettent pas l’idée que les retraités puissent être mis à contribution. Les scénarios envisagés tournent autour d’une sous-indexation des retraites sur l’inflation – comme c’est déjà le cas pour les retraites complémentaires Agirc-Arrco – ou d’une augmentation des taux de CSG susceptible d’épargner les retraités modestes.Mais “Medef et CPME ne veulent pas participer à l’effort financier”, grince Pascale Coton pour la CFTC: les organisations patronales refusent en effet d’augmenter les cotisations salariales ou patronales.

Ukraine: 14 morts à Kiev, Zelensky dénonce “l’une des pires attaques” russes

Au moins 14 personnes, dont un Américain, ont péri à Kiev dans la nuit de lundi à mardi dans “l’une des pires attaques” russes contre la capitale ukrainienne, selon le président Volodymyr Zelensky, au moment où les pourparlers entre Kiev et Moscou sont dans l’impasse.Cette nouvelle salve d’attaques menées par l’armée russe, qui bombarde quotidiennement le territoire ukrainien depuis le lancement de son invasion en 2022, intervient en plein sommet du G7 au Canada, où la guerre en Ukraine est éclipsée par les hostilités entre Israël et l’Iran.”Kiev a subi l’une des pires attaques” russes avec “plus de 440 drones et 32 missiles”, a dénoncé M. Zelensky sur X, affirmant que plusieurs autres régions du pays, outre celle de la capitale, avaient été visées.Dans la capitale ukrainienne, “ce fut probablement la nuit la plus infernale dont je me souvienne dans notre quartier”, raconte à l’AFP Alina Chtompel, une étudiante de 20 ans.”Il est très difficile d’imaginer ce que vivent actuellement les habitants dont les maisons ont été endommagées”, ajoute-t-elle.Un autre habitant, Serguiï, explique que l’attaque russe l’a sorti brutalement de son sommeil: “Je dormais. Il y a eu une forte détonation. La fenêtre a volé en éclats et j’ai été recouvert de bris de verre”.Selon Igor Klymenko, le ministre de l’Intérieur, “27 sites” ont été pris pour cibles à Kiev, faisant au moins 14 morts, M. Zelensky évoquant, pour sa part, un bilan provisoire de 75 blessés dans les attaques nocturnes sur l’Ukraine.Des journalistes de l’AFP ont entendu le survol de drones et des explosions alors que les systèmes de défense aérienne étaient activés.Plusieurs dizaines d’habitants se sont réfugiés dans une station de métro du centre-ville servant d’abri, et ont dormi sur des matelas.”Dans le district de Solomianski, un citoyen américain de 62 ans est décédé dans une maison située en face de l’endroit où les médecins portaient assistance aux blessés”, a annoncé, pour sa part, le maire de Kiev, Vitali Klitschko, sur Telegram.- Attaque “délibérée” -Des photos de Kiev au petit matin publiées par l’AFP montraient des pans d’immeubles détruits, des sauveteurs en train de rechercher des victimes parmi les décombres et des pompiers combattant des incendies.Plus de 1.000 domiciles sont coupés du réseau électrique, selon DTEK, le principal opérateur énergétique ukrainien.Une personne a été tuée également dans une attaque contre la ville portuaire d’Odessa (sud) et une autre dans la région de Soumy (nord), selon les autorités.Le président Volodymyr Zelensky a dénoncé des attaques révélant du “pur terrorisme”, estimant que son homologue russe Vladimir “Poutine agit ainsi uniquement parce qu’il a les moyens de poursuivre la guerre”. “Il veut que la guerre continue”, a-t-il accusé, après que le maître du Kremlin eut refusé à plusieurs reprises la demande de Kiev – appuyée par les Etats-Unis et les Européens – de cessez-le-feu inconditionnel préalable à des discussions de paix.Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a accusé M. Poutine d'”agir ainsi délibérément, en plein G7″, avec un “objectif très simple: faire passer les dirigeants du Groupe des sept pour des faibles”.Le chef de l’administration présidentielle ukrainienne, Andriï Iermak, a déploré le manque de “réaction adéquate” du “monde civilisé”. De son côté, le ministère russe de la Défense a fait état de 198 drones ukrainiens “interceptés et détruits” entre lundi soir et mardi matin.- Pas de rencontre Zelensky-Trump -Les récents pourparlers de paix entre Moscou et Kiev sont bloqués, alors que les deux camps campent sur leurs positions, très éloignées. Moscou a rejeté la trêve “inconditionnelle” voulue par Kiev, tandis que l’Ukraine a qualifié d'”ultimatums” les demandes russes.Si Volodymyr Zelensky souhaitait échanger avec son homologue américain Donald Trump de l’achat par Kiev de matériel militaire à Washington, en marge du G7 au Canada, la rencontre n’aura pas lieu.Le président américain a quitté lundi le sommet prématurément, afin de se consacrer au conflit entre Israël et l’Iran, selon la Maison Blanche.Sur le terrain, les forces russes, qui occupent toujours près de 20% de l’Ukraine, poursuivent leur avancée sur le front oriental face à une armée ukrainienne moins nombreuse et en difficulté. 

Ukraine: 14 morts à Kiev, Zelensky dénonce “l’une des pires attaques” russes

Au moins 14 personnes, dont un Américain, ont péri à Kiev dans la nuit de lundi à mardi dans “l’une des pires attaques” russes contre la capitale ukrainienne, selon le président Volodymyr Zelensky, au moment où les pourparlers entre Kiev et Moscou sont dans l’impasse.Cette nouvelle salve d’attaques menées par l’armée russe, qui bombarde quotidiennement le territoire ukrainien depuis le lancement de son invasion en 2022, intervient en plein sommet du G7 au Canada, où la guerre en Ukraine est éclipsée par les hostilités entre Israël et l’Iran.”Kiev a subi l’une des pires attaques” russes avec “plus de 440 drones et 32 missiles”, a dénoncé M. Zelensky sur X, affirmant que plusieurs autres régions du pays, outre celle de la capitale, avaient été visées.Dans la capitale ukrainienne, “ce fut probablement la nuit la plus infernale dont je me souvienne dans notre quartier”, raconte à l’AFP Alina Chtompel, une étudiante de 20 ans.”Il est très difficile d’imaginer ce que vivent actuellement les habitants dont les maisons ont été endommagées”, ajoute-t-elle.Un autre habitant, Serguiï, explique que l’attaque russe l’a sorti brutalement de son sommeil: “Je dormais. Il y a eu une forte détonation. La fenêtre a volé en éclats et j’ai été recouvert de bris de verre”.Selon Igor Klymenko, le ministre de l’Intérieur, “27 sites” ont été pris pour cibles à Kiev, faisant au moins 14 morts, M. Zelensky évoquant, pour sa part, un bilan provisoire de 75 blessés dans les attaques nocturnes sur l’Ukraine.Des journalistes de l’AFP ont entendu le survol de drones et des explosions alors que les systèmes de défense aérienne étaient activés.Plusieurs dizaines d’habitants se sont réfugiés dans une station de métro du centre-ville servant d’abri, et ont dormi sur des matelas.”Dans le district de Solomianski, un citoyen américain de 62 ans est décédé dans une maison située en face de l’endroit où les médecins portaient assistance aux blessés”, a annoncé, pour sa part, le maire de Kiev, Vitali Klitschko, sur Telegram.- Attaque “délibérée” -Des photos de Kiev au petit matin publiées par l’AFP montraient des pans d’immeubles détruits, des sauveteurs en train de rechercher des victimes parmi les décombres et des pompiers combattant des incendies.Plus de 1.000 domiciles sont coupés du réseau électrique, selon DTEK, le principal opérateur énergétique ukrainien.Une personne a été tuée également dans une attaque contre la ville portuaire d’Odessa (sud) et une autre dans la région de Soumy (nord), selon les autorités.Le président Volodymyr Zelensky a dénoncé des attaques révélant du “pur terrorisme”, estimant que son homologue russe Vladimir “Poutine agit ainsi uniquement parce qu’il a les moyens de poursuivre la guerre”. “Il veut que la guerre continue”, a-t-il accusé, après que le maître du Kremlin eut refusé à plusieurs reprises la demande de Kiev – appuyée par les Etats-Unis et les Européens – de cessez-le-feu inconditionnel préalable à des discussions de paix.Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a accusé M. Poutine d'”agir ainsi délibérément, en plein G7″, avec un “objectif très simple: faire passer les dirigeants du Groupe des sept pour des faibles”.Le chef de l’administration présidentielle ukrainienne, Andriï Iermak, a déploré le manque de “réaction adéquate” du “monde civilisé”. De son côté, le ministère russe de la Défense a fait état de 198 drones ukrainiens “interceptés et détruits” entre lundi soir et mardi matin.- Pas de rencontre Zelensky-Trump -Les récents pourparlers de paix entre Moscou et Kiev sont bloqués, alors que les deux camps campent sur leurs positions, très éloignées. Moscou a rejeté la trêve “inconditionnelle” voulue par Kiev, tandis que l’Ukraine a qualifié d'”ultimatums” les demandes russes.Si Volodymyr Zelensky souhaitait échanger avec son homologue américain Donald Trump de l’achat par Kiev de matériel militaire à Washington, en marge du G7 au Canada, la rencontre n’aura pas lieu.Le président américain a quitté lundi le sommet prématurément, afin de se consacrer au conflit entre Israël et l’Iran, selon la Maison Blanche.Sur le terrain, les forces russes, qui occupent toujours près de 20% de l’Ukraine, poursuivent leur avancée sur le front oriental face à une armée ukrainienne moins nombreuse et en difficulté. 

La Chine veut affirmer son emprise sur l’Asie centrale à l’occasion d’un sommet régional

Le président chinois Xi Jinping a rencontré mardi lors d’un sommet au Kazakhstan les dirigeants des cinq ex-républiques soviétiques d’Asie centrale, une région où Pékin s’affirme comme la principale puissance aux dépens de la Russie et de son influence historique.Ce sommet dans la capitale kazakhe Astana a lieu deux ans après le premier, en Chine, et réunit Xi Jinping – arrivé lundi – avec les dirigeants du Kazakhstan, du Kirghizstan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan et du Turkménistan.Sous influence russe entre le milieu du XIXe siècle et la chute de l’URSS en 1991, l’Asie centrale, dont la situation géographique entre Asie et Europe est stratégique et qui est riche en ressources naturelles, est convoitée par les grandes puissances tentant d’y concurrencer Moscou.Avant la session plénière du sommet, Xi Jinping a tenu des entretiens bilatéraux, appelant à multiplier la coopération tous azimuts.Selon le média étatique Chine nouvelle, il a notamment souligné mardi la nécessité de “faire progresser la construction du chemin de fer Chine-Kirghizistan-Ouzbékistan”, l’un des projets phares de Pékin dans la région.- Sommets “5+1” -Si les dirigeants centrasiatiques maintiennent de forts liens avec la Russie, le recul de l’influence de ce pays s’accentue depuis la guerre en Ukraine.Les cinq anciennes républiques soviétiques de la région profitent de cet intérêt croissant et coordonnent leurs politiques étrangères, comme en témoigne la multiplication des sommets “5+1”.Ces formats “5+1″ sont régulièrement organisés avec la Chine et la Russie mais aussi l’Union européenne (UE), les Etats-Unis, voire la Turquie et d’autres Etats occidentaux.”Les pays centrasiatiques oscillent entre différents centres de pouvoir, souhaitant se protéger d’une dépendance excessive à l’égard d’un seul partenaire”, note pour l’AFP Narguiza Mouratalieva, une politologue kirghize.Lundi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a assuré “ne pas craindre” ce rapprochement entre la Chine, un “partenaire stratégique privilégié”, et les pays centrasiatiques, des “partenaires historiques naturels”.- Premier partenaire commercial -Symbole de cette concurrence, le Kazakhstan a annoncé samedi que les Russes construiraient la première centrale nucléaire dont il disposera sur son territoire et les Chinois probablement une deuxième.Mais la Chine s’est désormais imposée comme le premier partenaire commercial de l’Asie centrale, avec des échanges évalués à 95 milliards de dollars en 2024, selon les douanes chinoises, loin devant l’Union européenne (64 milliards d’après le Conseil de l’UE en 2023) et la Russie, avec 44 milliards.Car l’Asie centrale occupe une place majeure dans les grands projets d’infrastructures chinois des “Nouvelles routes de la soie”.”Ni la Russie, ni les institutions occidentales ne sont capables d’allouer des ressources financières aux infrastructures aussi rapidement et à une telle échelle, parfois en contournant des procédures transparentes”, explique Narguiza Mouratalieva.Par ailleurs, les entreprises chinoises multiplient les accords dans le domaine énergétique, à la recherche par exemple de gaz au Turkménistan, d’uranium au Kazakhstan et de terres rares au Tadjikistan.”L’Asie centrale est riche en ressources naturelles, dont l’économie chinoise en plein essor a besoin. Pour Pékin, s’assurer d’un approvisionnement ininterrompu en ces ressources en contournant les voies maritimes instables est un objectif important”, souligne la politologue kirghize.- “Sécurité” -La Chine se pose également en soutien des régimes centrasiatiques, majoritairement autoritaires.Au précédent sommet “Asie centrale-Chine”, Xi Jinping avait appelé à “résister aux ingérences extérieures” pouvant provoquer des “révolutions” renversant les pouvoirs en place.”L’Asie centrale borde la région autonome ouïghoure du Xinjiang (et) Pékin considère la stabilité des Etats centrasiatiques comme une garantie de la sécurité des frontières occidentales” chinoises, explique Mme Mouratalieva.  Car la Chine est accusée d’avoir placé en détention plus d’un million de Ouïghours, une minorité musulmane, dans sa région du nord-ouest dans le cadre d’une politique qui, selon l’ONU, pourrait s’accompagner de “crimes contre l’humanité”.De plus, l’Asie centrale reste avec ses 80 millions d’habitants peu peuplée au regard de sa superficie, comparable à celle de l’Union européenne. Et ce face aux 1,4 milliard de Chinois, désormais exemptés de visas dans certains pays de la région.Cela alimente la méfiance d’une partie des populations locales envers Pékin, tout comme la dette grandissante et les enjeux fonciers, suscitant chez elles la crainte d’une perte de souveraineté.