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Recyclage des navires: des règles, des morts et des déchets

Mizan Hossain découpait une pièce en métal sur le pont supérieur d’un bateau sur la plage de Chittagong quand les vibrations l’ont déséquilibré, l’entraînant dans une chute de dix mètres.C’était en novembre sur un chantier de démolition non conforme aux normes internationales, comme la plupart des sites de démantèlement de navires au Bangladesh où la majorité finissent leur parcours.Tombé sans harnais, Mizan Hossain, 31 ans, a eu le dos broyé. “Je ne peux pas me lever le matin”, raconte-t-il assis devant la modeste maison où il vit avec sa femme, ses trois enfants et ses parents. Celui qui avait commencé gamin à découper des pans de bateaux sans protection ni assurance ne peut plus subvenir aux besoins des siens ni se soigner. “Pour être honnête, on mange un repas sur deux et je ne vois pas d’issue à ma situation”, confie-t-il.Depuis son village, en retrait de la plage au nord de Chittagong, les grues géantes des chantiers se dessinent à l’horizon. Ici, beaucoup d’hommes travaillent dans le secteur et partagent le même destin: peu avant la rencontre avec l’AFP en février, un des voisins de Mizan Hossain a eu les doigts de pied écrasés sur un autre chantier.A Chittagong, ville portuaire du sud du Bangladesh, le secteur de la démolition et du recyclage des navires fait travailler 20.000 à 30.000 personnes, en comptant les emplois indirects. Au prix de trop nombreux dégâts humains et environnementaux.Pour réguler cette industrie, l’une des plus dangereuses et polluantes, la convention internationale de Hong Kong sur le démantèlement des bateaux doit entrer en vigueur le 26 juin.Les règles strictes qu’elle doit imposer sur la protection des ouvriers et le traitement des déchets toxiques suffiront-elles pour changer la donne ?Les armateurs occidentaux ne risquent-ils pas d’en profiter pour envoyer leurs rebuts en Asie du Sud avec bonne conscience ? La majorité de leurs bateaux sont basés en Asie, centre névralgique du commerce maritime mondial.- Sur le sable – Ces dernières années, sur plus de 100.000 navires en circulation, environ 500 sont partis annuellement à la casse, certains vieux de plus de 80 ans.Près d’un tiers des 409 démantelés dans le monde en 2024 ont fini à Chittagong, d’après la coalition d’ONG Shipbreaking Platform. Les autres ont en majorité terminé en Inde, au Pakistan, en Turquie.Les chantiers bangladais offrent le meilleur prix pour le rachat des bateaux en fin de vie en raison d’un coût du travail dérisoire (salaire minimum mensuel de 115 euros). Le long de la plage de 25 km, des carcasses géantes de pétroliers ou de méthaniers sont alignées dans la vase, sous un soleil de plomb, minutieusement démontées par des ouvriers au chalumeau-coupeur.Dans les années 2000, “quand j’ai commencé, c’était extrêmement dangereux, les accidents étaient courants, les morts et les blessés réguliers”, se rappelle Mohammad Ali, leader syndical, qui a longtemps œuvré sans protection à démembrer des blocs de bateaux qui s’écroulaient sur le sable.Lui-même a été frappé à la tête par un morceau de métal, laissé des mois en incapacité. “Quand il y a un accident, vous êtes soit mort, soit handicapé”, affirme l’homme de 48 ans.Depuis 2009, au Bangladesh, en Inde et au Pakistan, 470 ouvriers sont morts, 512 gravement blessés sur de tels chantiers, selon Shipbreaking Platform.Récemment, notamment depuis la ratification par Dacca de la convention de Hong Kong en 2023, il y a eu un mieux, relève Mohamed Ali Sahin, fondateur d’un centre d’assistance aux ouvriers du secteur.Entre 2018 et 2022, il a recensé entre 10 et 20 morts par an à Chittagong, avec un pic à 22 en 2019. En 2023, cinq ouvriers sont morts dans des accidents du travail, sept en 2024, d’après son décompte – les autorités ne communiquent pas de bilans officiels.”Je rencontre des ouvriers tous les jours et ils me disent que la sécurité s’est améliorée”, dit-il. Mais des progrès restent à faire tant dans ce domaine que dans l’environnement, admet-il.Cette industrie est accusée d’avoir provoqué d’importants dégâts au Bangladesh, notamment sur la mangrove, avec le rejet en mer directement depuis la plage de boules d’hydrocarbures et le déversement dans des décharges à ciel ouvert d’amiante, matériau couramment utilisé dans les salles des machines.D’après une étude parue en 2024 dans le Journal of Hazardous Materials, le démantèlement des bateaux est responsable de niveaux de pollution aux métalloïdes (silicium, arsenic…) anormalement élevés dans les sols, le riz et les légumes de la région.- Millions d’euros – Concrètement, les nouvelles règles prévoient de former les ouvriers, de les équiper (casques, harnais, combinaisons) et imposent un protocole précis pour la décontamination des navires (amiante, gaz, eau de cale contaminée…). Chaque chantier doit posséder des infrastructures pour stocker les déchets dangereux.A Chittagong, sur une trentaine de chantiers en activité, seuls sept répondent aux nouveaux critères.Parmi eux, PHP, le plus moderne avec ses quelque 250 ouvriers. Son patron, Mohammed Zahirul Islam, accueille avec bonhomie sur le site où l’odeur de métal brûlé contraste avec les parterres de fleurs.Un méthanier japonais de 8.000 tonnes, le Surya Aki, y est démantelé, la proue reposant sur une plateforme de cale fixe et sèche en béton coulé au bord du rivage, surplombée de grues modernes.Des ouvriers casqués découpent la ferraille au chalumeau, une visière en plastique sur le visage qui les protège des éclats de métal – mais pas d’en respirer les fibres. Les critiques des ONG sur les conditions de travail et la pollution au Bangladesh agacent Mohammed Zahirul Islam: “Simplement parce que nous sommes d’Asie du Sud, avec la peau foncée, nous ne sommes pas capables d’exceller dans un domaine ?””Les bateaux sont fabriqués dans les pays développés (…)  Ensuite, ils sont utilisés par les Européens, les Occidentaux pendant 20 ou 30 ans et nous on les récupère (à la fin) pour quatre mois. Mais tout est de notre faute ! Il devrait y avoir une responsabilité partagée”, s’indigne le volubile quarantenaire.Mettre un chantier aux normes coûte des millions d’euros – près de neuf pour moderniser PHP.Mais les investisseurs nationaux et étrangers sont frileux, relève John Alonso de l’Organisation maritime internationale (OMI). Le secteur est en crise, avec deux fois moins de bateaux envoyés à la casse qu’avant le Covid, et le pays en proie à l’instabilité depuis que l’ex-Première ministre Sheikh Hasina a été chassée du pouvoir par des manifestations en août.- Amiante solidifiée – En attendant, à Chittagong, il n’y a toujours pas d’usine de traitement et de stockage des matières dangereuses présentes dans les bateaux (amiante, plomb, gaz, hydrocarbures). A PHP, l’amiante est retirée puis stockée sur place. Liton Mamudzer, expert en matières dangereuses pour le chantier, montre les cartons d’amiante solidifiée avec du ciment entreposés dans une salle dédiée. “Je pense qu’on a à peu près six à sept ans de capacité de stockage devant nous”, anticipe-t-il grossièrement.Une affirmation qui laisse sceptiques des ONG spécialisées comme Shipbreaking Platform ou Robin des Bois: certains bateaux contiennent des dizaines de tonnes d’amiante à bord.Quand aux contrôles laissés à la charge des autorités de chaque pays et au maintien des standards une fois la certification obtenue, ils sont questionnés par Walton Pantland de la confédération de syndicats IndustriALL.En septembre, un accident sur le chantier SN Corporation, pourtant déclaré conforme à la convention de Hong Kong, a coûté la vie à six ouvriers qui découpaient de la tuyauterie avec des chalumeaux à oxygène. Comme souvent la présence de gaz a provoqué une explosion.C’est symptomatique du “manque de réglementations internationales et nationales adéquates, de supervision et de protection des travailleurs” au Bangladesh malgré la convention de Hong Kong, a alors réagi Shipbreaking Platform.- A bon prix – Pour la directrice de cette ONG, Ingvild Jenssen, “la convention de l’OMI est une tentative de plusieurs armateurs de se débarrasser de la convention de Bâle” qui interdit aux Etats membres de l’OCDE d’exporter leurs déchets toxiques vers les pays en développement. Il s’agit, d’après elle, de leur permettre de se défaire de leurs navires toxiques à bon prix dans des chantiers d’Asie du Sud sans craindre de poursuites, en utilisant si nécessaire un pavillon de complaisance ou un intermédiaire.En Europe, les chantiers doivent être certifiés selon les règles de la Ship Recycling Regulation (SRR), plus contraignante que la convention de Hong Kong. Les armateurs ont l’obligation d’y faire dépecer les bateaux basés sur le continent ou battant pavillon européen. En bordure du canal de Gand-Terneuzen en Belgique, le directeur de la démolition navale du chantier Galloo, Peter Wyntin, balaye du regard son site surplombé de montagnes de ferraille.Un ancien patrouilleur de la marine irlandaise s’y fait désosser en ce début mai. Ici, tout est mécanisé, avec système d’égout et tri des déchets. Seuls cinq à six ouvriers travaillent à la démolition des bateaux, avec casque, visière et masque pour filtrer l’air empli de particules de métal. Une éolienne fournit l’électricité.Galloo a investi une dizaine de millions d’euros juste pour le traitement des eaux, à base de charbon actif et de bactéries biologiques, au gré du relèvement des normes année après année.”Nous, si on a un mort, on a l’inspection du travail qui débarque aussitôt et on est bons pour mettre la clef sous la porte.”- “25.000 pages” – Peter Wyntin voit d’un mauvais œil l’entrée en vigueur de la convention de Hong Kong alors que les chantiers de démolition européens (6% du total en 2024) peinent à survivre.Déjà, la certification de chantiers turcs, à Aliaga, a fait perdre une part conséquente de son activité aux entreprises de l’UE.”Le document, pour être conforme à la SRR pour les pays tiers, il doit faire 25 pages, pas plus. Nous, en tant que chantier agréé dans l’UE, on a peut-être 25.000 pages de législation” à respecter, critique-t-il.”On peut agréer des chantiers en Turquie, en Asie, mais ça reste toujours du +beaching+. Et le +beaching+, c’est une activité qu’on n’accepterait jamais ici en Europe”, peste-t-il. Le “beaching” désigne une technique utilisée par les chantiers d’Asie du Sud pour démonter les navires à même la plage. En avril, le chantier Galloo a ainsi vu rafler par un chantier turc un ferry de 13.000 tonnes, le Moby Drea basé à Gènes en Italie, qu’il convoitait pour le recycler. “Les chantiers approuvés par l’UE en Turquie aspirent pour des raisons économiques beaucoup de navires battant un pavillon européen”, confirme Jacky Bonnemains, fondateur de Robin des bois.- Décharges sauvages – Et pourtant. L’Observatoire de la santé et de la sécurité au travail turc a recensé huit décès depuis 2020 dans les chantiers d’Aliaga, spécialisés dans le démantèlement des bateaux de croisière.En mai, la municipalité d’Aliaga a dit constater que “les déchets dangereux étaient stockés d’une manière nocive pour l’environnement et que, dans certaines zones, ils étaient recouverts de terre”.”On estime que 15.000 tonnes de déchets dangereux sont dispersées dans la région d’une manière qui met en danger la santé humaine et environnementale en raison de méthodes de stockage sauvages”, a-t-elle posté sur son compte X avec des photos de décharges sauvages.Au Bangladesh, “des matières toxiques provenant des navires, dont de l’amiante, sont (…) dans certains cas revendues sur le marché de l’occasion”, relevaient dans un rapport de 2023 Shipbreaking Platform et Human Rights Watch.Sur la route qui longe la plage de Chittagong, tout se recycle. Les magasins débordent de mobilier, toilettes, générateurs, escaliers… directement tirés des carcasses démantelées à quelques mètres de là. Pendant ce temps, Rekha Akter, 24 ans et deux petits orphelins, pleure son mari mort les voies respiratoires brûlées dans l’explosion de septembre sur le chantier de SN Corporation où il était responsable de la sécurité. 

TF1 débarque sur Netflix en 2026, une première mondiale

Regarder “Koh Lanta”, “HPI” ou le 20H sur Netflix sera possible l’an prochain: la plateforme américaine diffusera les chaînes du groupe TF1 et les contenus de TF1+ à partir de l’été 2026, en vertu d’un partenariat inédit annoncé mercredi.Cet accord de distribution, dont la durée et le montant n’ont pas été dévoilés, permettra d’accéder à la fois aux cinq chaînes en direct de TF1 (TF1, leader des audiences en France, LCI, TMC, TFX, TF1 Séries films) et aux programmes de sa plateforme TF1+, de la série “Brocéliande” avec Nolwenn Leroy au télé-crochet “The Voice” en passant par les rencontres sportives. Tout cela “sans jamais avoir à quitter l’environnement Netflix” et son système de recommandation, précise un communiqué.Ce partenariat constitue une première mondiale, le géant du streaming n’ayant jusqu’alors jamais ouvert sa plateforme à un autre opérateur. TF1 et Netflix ont multiplié les collaborations ces dernières années, en coproduisant des séries comme “Le bazar de la charité” en 2019 et dernièrement le feuilleton quotidien “Tout pour la lumière”.Leur succès a “montré qu’il y avait une demande évidente”, a justifié auprès de l’AFP le co-directeur général de Netflix, Greg Peters, heureux d’aller plus loin avec le “plus grand diffuseur (privé, ndlr) de France”.”On a senti qu’il y avait une opportunité” avec “un public qui, en France, considère Netflix comme leur moyen d’accéder à la télévision”, a-t-il ajouté.Mais la décision peut surprendre de la part de TF1 à l’heure où le groupe audiovisuel, l’un des plus puissants d’Europe, ambitionne de faire de TF1+, lancée début 2024, la première plateforme de streaming gratuite dans l’Hexagone et la francophonie.”TF1+ est et restera au centre de notre stratégie”, a assuré à l’AFP le PDG de TF1, Rodolphe Belmer, vantant un partenariat “vraiment complémentaire” dans un contexte de fragmentation des audiences et d’augmentation du visionnage à la demande.Toucher les abonnés de Netflix, “très nombreux” et attachés à ce service payant, doit permettre, selon lui, d’augmenter l’audience des programmes de TF1, “monétisés uniquement ou principalement par la publicité”, pour “financer la meilleure offre de programmes possible pour le public francophone”. – “Nouveau modèle” -“Nous nous sommes bien sûr posé la question de la cannibalisation de TF1+ et nous avons fait beaucoup d’analyses” qui laissent penser que l’opération “sera nettement positive pour nous en termes d’audience”, a fait valoir M. Belmer, qui met souvent en avant la concurrence de YouTube, plateforme gratuite.De son côté, Netflix, qui a franchi en 2022 le cap des 10 millions de foyers français abonnés et a augmenté ses tarifs en France en avril, profitera de nouveaux contenus “complémentaires” à son catalogue, selon Greg Peters. “TF1 est très bon dans le domaine du sport et des émissions en direct, où nous ne sommes pas très présents pour l’instant, même si nous sommes en train de les développer”, a ainsi expliqué le dirigeant à l’AFP.Le géant du streaming s’est notamment illustré fin 2024 en diffusant en direct deux matchs de la ligue professionnelle de football américain NFL et un match de boxe entre le YouTubeur Jake Paul et Mike Tyson.Greg Peters se réjouit également de pouvoir proposer les feuilletons quotidiens de TF1 comme “Demain nous appartient” et “Ici tout commence”, un genre apprécié des abonnés, selon lui.En témoigne la “bonne performance”, d’après M. Peters, de “Tout pour la lumière”, lancée vendredi sur Netflix, puis sur TF1 et TFX lundi, qui démontre “la puissance de ce modèle”.Interrogés sur la répartition des revenus publicitaires dans le cadre du nouvel accord, les deux dirigeants n’ont pas commenté. Quant à la potentielle extension de ce partenariat à d’autres acteurs en France et à l’étranger, rien n’est pour l’heure prévu chez Netflix comme TF1. “Nous avons, très franchement, beaucoup de travail à faire” avant de penser à la suite, a expliqué Greg Peters. “C’est un nouveau modèle (…) nous voulons que tout le monde soit satisfait”.”Nous sommes totalement concentrés” sur cet accord qu’il faudra concrétiser auprès des consommateurs “mais aussi auprès du marché publicitaire”, a abondé Rodolphe Belmer.

Ultime opération sauvetage pour le “conclave” des retraites, le Medef “très réservé”

Arrêt du match faute de joueurs? Pour éviter un échec cuisant après trois mois et demi de concertation, le “conclave” des retraites, qui devait s’achever mardi, a droit à une journée de plus, le 23 juin, mais les partenaires sociaux, Medef en tête, hésitent à s’y rendre.La fin de partie a-t-elle déjà été sifflée? Pour le Medef, première organisation patronale, cela y ressemble bien. Son N.1 Patrick Martin s’est dit mercredi matin sur France 2 “très réservé” sur la présence de l’organisation patronale à l’ultime réunion du “conclave” même s’il doit encore “consulter ses instances”.”Nous n’étions pas demandeurs que cette réforme soit réexaminée. A bas bruit, certains sont en train de la détricoter. Or, notre pays a besoin de travailler plus et notre pays est en grande difficulté financière”, a-t-il estimé s’opposant à des propositions syndicales qui vont “dans le sens d’une altération du financement de nos retraites”. Tard dans la nuit de mardi à mercredi, les représentants des salariés disaient aussi leur incertitude.   “On va réfléchir si on vient entièrement le 23, ou qu’au début, ou pas du tout”, a aussi précisé Pascale Coton, négociatrice de la CFTC, “en colère” devant la tournure prise par la concertation mardi.Christelle Thieffinne, négociatrice de la CFE-CGC doit elle aussi “en parler” à ses “instances, pour voir si nous venons lundi prochain”. “Mais le compte n’y est pas à mes yeux, car le but du conclave était d’équilibrer le système des retraites, et à mon avis, là, l’effort va reposer sur les retraités”, a développé cette responsable.- “Lignes écarlates” – La CPME (patronat des petites et moyennes entreprises) devrait s’installer lundi autour de la table des négociations, mais avec des “lignes rouges, voire écarlates”, a nuancé Eric Chevée, son représentant.”Dans la dernière ligne droite, tout ce qui a été impossible dans la journée – nous avons flirté avec l’échec – a été en partie ouvert”, grâce à la médiation de l’animateur de la concertation Jean-Jacques Marette (Jean-Jacques Marette, médiateur expérimenté dans les négociations entre patronat et syndicat, ndlr)”, a résumé Yvan Ricordeau, négociateur de la CFDT, pour revenir sur une journée de mardi longtemps bloquée avant le dénouement inattendu au coeur de la nuit.Parmi toutes les propositions retenues par Jean-Jacques Marette pour dégager un accord, les mesures en faveur des femmes semblent les plus consensuelles, selon les participants.Les femmes qui ont eu des enfants verraient leur retraite calculée sur les 24 meilleures années (1 enfant), ou 23 meilleures années (2 enfants), d’après les indications fournies par les participants. Sur la pénibilité, les termes de l’accord semblent plus confus. Pour répondre à une demande insistante de la CFDT, le patronat accepterait l’instauration d’un compte pénibilité — prenant en considération les manutentions manuelles de charge, les postures pénibles et les vibrations mécaniques — qui pourrait ouvrir, dans certains cas, à un départ anticipé en retraite.  Sur l’âge de départ sans décote, l’accord se ferait autour d’un âge abaissé à 66 ans et demi contre 67 ans et demi. L’âge de départ sans décote est l’âge auquel il est possible de partir sans pénalité, même si l’on n’a pas cotisé le nombre de trimestres exigés (172). Il semble acquis que le dispositif des carrières longues se voie alors restreint, et ne puisse plus bénéficier aux personnes ayant travaillé avant l’âge de 21 ans.- CSG, retraités -Pour parvenir à l’équilibre financier en 2030, la CSG serait augmentée pour les retraités aux revenus moyens ou supérieurs, et les retraites pourraient être sous-indexées de 0,8 point par rapport à l’inflation en 2026, et 0,4 point en 2027.La prime seniors, évoquée en début de semaine par François Bayrou, serait elle enterrée.La réussite ou non de ce “conclave” est un instant de vérité pour M. Bayrou, qui avait lancé ce nouveau format de discussions après un compromis noué avec les socialistes pour éviter une censure du gouvernement.”Le conclave est un processus mort-né”, a taclé Manuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise, mercredi matin sur RTL. “A partir du moment où ce conclave n’aboutit pas sur l’abrogation de la réforme des retraites, nous déposerons une motion de censure”, a-t-il promis.  L’idée de ce conclave était principalement de rendre moins impopulaire la réforme des retraites Borne de 2023, qui porte progressivement de 62 à 64 ans le départ à la retraite. Tout en visant l’équilibre financier, alors que le déficit du système est annoncé à 6,6 milliards d’euros en 2030.

Nucléaire: la Chine a minimisé l’essai d’un missile dans le Pacifique, révèlent des notes néo-zélandaises

La Chine a minimisé de manière trompeuse le tir d’essai d’un missile capable de transporter l’arme nucléaire, tombé en 2024 dans l’océan Pacifique, ont averti des diplomates néo-zélandais dans des documents confidentiels obtenus par l’AFP.Pékin a suscité l’émoi dans le Pacifique Sud en septembre, lorsqu’un missile balistique intercontinental lancé par son armée et équipé d’une ogive factice est retombé près de la Polynésie française.Des notes confidentielles à l’attention du gouvernement néo-zélandais, obtenues par l’AFP, témoignent de l’inquiétude de Wellington quant à ce tir.”Nous sommes préoccupés par le fait que la Chine le qualifie d’+essai de routine+”, ont écrit des hauts diplomates dans une note au ministre des Affaires étrangères Winston Peters. “Ce n’est pas la routine: la Chine n’a pas conduit d’essai de missile de longue portée de ce type en plus de 40 ans”.En vertu d’une loi sur l’information, l’AFP a accédé à ces documents rédigés entre septembre et octobre 2024, en grande partie censurés.La Chine a présenté à l’époque son tir comme “un exercice légitime et habituel”. Mais en coulisses, les diplomates néo-zélandais ont critiqué une “description erronée”.”Etant donné que c’est la première fois que la Chine entreprend une telle action dans le Pacifique en plusieurs années, il s’agit d’un fait nouveau significatif et préoccupant”, ont-ils écrit dans un des documents consultés par l’AFP.La Chine cherche à étendre son influence dans la région stratégique du Pacifique Sud, notamment à travers des programmes de développement dans plusieurs pays insulaires, en construisant routes, hôpitaux ou infrastructures sportives.Pékin s’est toutefois rarement livré à une telle démonstration de force dans cette zone où les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande constituent de longue date des partenaires privilégiés en matière de sécurité.- Essais nucléaires -L’armée chinoise a procédé au tir de ce missile balistique intercontinental le 25 septembre. Sur des photos diffusées par Pékin, un projectile fend le ciel depuis un lieu tenu secret, laissant derrière lui une colonne de fumée.D’après des analystes, il pourrait s’agir d’un missile chinois Dong Feng-31, capable d’être équipé de l’arme atomique.Les Etats du Pacifique sont fortement marqués par les essais nucléaires conduits dans la région pendant cinq décennies. Or, l’engin s’est écrasé dans une zone du Pacifique Sud considérée exempte d’armes nucléaires en vertu d’un traité international. “C’est la première fois que nous avons connaissance de l’essai d’un missile capable de transporter l’arme nucléaire au sein de la zone depuis son établissement en 1986”, ont écrit les diplomates néo-zélandais.La Chine a prévenu la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Australie avant son exercice, mais en restant vague quant à son contenu, selon des documents du gouvernement australien obtenus par l’AFP.- Rappel -Les pays du Pacifique, en revanche, “n’ont pas été prévenus du lancement”, selon les diplomates néo-zélandais.Après le tir, le Japon a fait part de sa “grave préoccupation”, l’Australie a regretté une action risquant de “déstabiliser” le Pacifique Sud, tandis que les Fidji ont exhorté au “respect vis-à-vis de (la) région”.Même les Kiribati, l’un des Etats entretenant les meilleures relations avec la Chine en Océanie, a donné de la voix, appelant “tous les pays impliqués dans des essais d’armement à cesser ces actions pour maintenir la paix et la stabilité du monde”.Nicholas Khoo, spécialiste de la politique étrangère chinoise à l’Université d’Otago, en Nouvelle-Zélande, estime auprès de l’AFP que la retombée du missile balistique intercontinental (ICBM) dans le Pacifique Sud ne constitue pas une coïncidence car “depuis 1980, les essais d’ICBM de la Chine ont lieu en territoire chinois”.”Cet essai est donc significatif” et il s’agit d'”un rappel aux Etats de la région du fait que la Chine est une puissance” dans les domaines aussi bien économique que militaire, comparable aux Etats-Unis, a ajouté M. Khoo.Le chercheur Hui Zhang, de l’Université Harvard, y voit une démonstration de la force de frappe nucléaire chinoise.”Cet essai montre que la Force des missiles (de l’armée chinoise) possède une force nucléaire opérationnelle et crédible qui peut aider à s’assurer de la capacité de la Chine à maintenir une dissuasion nucléaire solide”, a-t-il écrit l’an dernier dans la revue Bulletin of the Atomic Scientists.”Ce rare essai public d’ICBM semble avoir eu pour objectif spécifique de dissuader Washington d’utiliser des armes nucléaires lors d’un potentiel conflit de part et d’autre du détroit de Taïwan”.Le ministère chinois des Affaires étrangères a affirmé mardi soir que “les faits (étaient) clairs et que personne n'(avait) été induit en erreur”, selon un communiqué.

Nucléaire: la Chine a minimisé l’essai d’un missile dans le Pacifique, révèlent des notes néo-zélandaises

La Chine a minimisé de manière trompeuse le tir d’essai d’un missile capable de transporter l’arme nucléaire, tombé en 2024 dans l’océan Pacifique, ont averti des diplomates néo-zélandais dans des documents confidentiels obtenus par l’AFP.Pékin a suscité l’émoi dans le Pacifique Sud en septembre, lorsqu’un missile balistique intercontinental lancé par son armée et équipé d’une ogive factice est retombé près de la Polynésie française.Des notes confidentielles à l’attention du gouvernement néo-zélandais, obtenues par l’AFP, témoignent de l’inquiétude de Wellington quant à ce tir.”Nous sommes préoccupés par le fait que la Chine le qualifie d’+essai de routine+”, ont écrit des hauts diplomates dans une note au ministre des Affaires étrangères Winston Peters. “Ce n’est pas la routine: la Chine n’a pas conduit d’essai de missile de longue portée de ce type en plus de 40 ans”.En vertu d’une loi sur l’information, l’AFP a accédé à ces documents rédigés entre septembre et octobre 2024, en grande partie censurés.La Chine a présenté à l’époque son tir comme “un exercice légitime et habituel”. Mais en coulisses, les diplomates néo-zélandais ont critiqué une “description erronée”.”Etant donné que c’est la première fois que la Chine entreprend une telle action dans le Pacifique en plusieurs années, il s’agit d’un fait nouveau significatif et préoccupant”, ont-ils écrit dans un des documents consultés par l’AFP.La Chine cherche à étendre son influence dans la région stratégique du Pacifique Sud, notamment à travers des programmes de développement dans plusieurs pays insulaires, en construisant routes, hôpitaux ou infrastructures sportives.Pékin s’est toutefois rarement livré à une telle démonstration de force dans cette zone où les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande constituent de longue date des partenaires privilégiés en matière de sécurité.- Essais nucléaires -L’armée chinoise a procédé au tir de ce missile balistique intercontinental le 25 septembre. Sur des photos diffusées par Pékin, un projectile fend le ciel depuis un lieu tenu secret, laissant derrière lui une colonne de fumée.D’après des analystes, il pourrait s’agir d’un missile chinois Dong Feng-31, capable d’être équipé de l’arme atomique.Les Etats du Pacifique sont fortement marqués par les essais nucléaires conduits dans la région pendant cinq décennies. Or, l’engin s’est écrasé dans une zone du Pacifique Sud considérée exempte d’armes nucléaires en vertu d’un traité international. “C’est la première fois que nous avons connaissance de l’essai d’un missile capable de transporter l’arme nucléaire au sein de la zone depuis son établissement en 1986”, ont écrit les diplomates néo-zélandais.La Chine a prévenu la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Australie avant son exercice, mais en restant vague quant à son contenu, selon des documents du gouvernement australien obtenus par l’AFP.- Rappel -Les pays du Pacifique, en revanche, “n’ont pas été prévenus du lancement”, selon les diplomates néo-zélandais.Après le tir, le Japon a fait part de sa “grave préoccupation”, l’Australie a regretté une action risquant de “déstabiliser” le Pacifique Sud, tandis que les Fidji ont exhorté au “respect vis-à-vis de (la) région”.Même les Kiribati, l’un des Etats entretenant les meilleures relations avec la Chine en Océanie, a donné de la voix, appelant “tous les pays impliqués dans des essais d’armement à cesser ces actions pour maintenir la paix et la stabilité du monde”.Nicholas Khoo, spécialiste de la politique étrangère chinoise à l’Université d’Otago, en Nouvelle-Zélande, estime auprès de l’AFP que la retombée du missile balistique intercontinental (ICBM) dans le Pacifique Sud ne constitue pas une coïncidence car “depuis 1980, les essais d’ICBM de la Chine ont lieu en territoire chinois”.”Cet essai est donc significatif” et il s’agit d'”un rappel aux Etats de la région du fait que la Chine est une puissance” dans les domaines aussi bien économique que militaire, comparable aux Etats-Unis, a ajouté M. Khoo.Le chercheur Hui Zhang, de l’Université Harvard, y voit une démonstration de la force de frappe nucléaire chinoise.”Cet essai montre que la Force des missiles (de l’armée chinoise) possède une force nucléaire opérationnelle et crédible qui peut aider à s’assurer de la capacité de la Chine à maintenir une dissuasion nucléaire solide”, a-t-il écrit l’an dernier dans la revue Bulletin of the Atomic Scientists.”Ce rare essai public d’ICBM semble avoir eu pour objectif spécifique de dissuader Washington d’utiliser des armes nucléaires lors d’un potentiel conflit de part et d’autre du détroit de Taïwan”.Le ministère chinois des Affaires étrangères a affirmé mardi soir que “les faits (étaient) clairs et que personne n'(avait) été induit en erreur”, selon un communiqué.

Au Kosovo, le rare témoignage d’un homme victime de viol de guerre

Pendant 26 ans, Ramadan Nishori a gardé enfoui ce qu’il avait vécu, avant de parvenir à raconter ce que très peu d’hommes osent dire publiquement. Qu’il avait été violé par un policier serbe pendant la guerre au Kosovo.Dans son pays, c’est le premier homme à avoir pris la parole pour briser le silence, et tenter d’aller à l’encontre de la culture patriarcale qui voudrait que ces traumatismes soient tus. Pendant la guerre entre la rébellion albanaise et les forces armées (1998-1999), qui a fait environ 13.000 morts, principalement du côté albanais, nombreuses sont les victimes de crimes sexuels. Leur nombre est inconnu, mais “indépendamment du chiffre exact, des témoignages crédibles et suffisants sur des viols et d’autres crimes de violences sexuelles ont été recueillis par des ONG (…) laissant penser que les viols et autres formes de violences sexuelles étaient généralisés et systématiques”, écrivait Amnesty International en 2017.Selon plusieurs estimations gouvernementales, environ 20.000 personnes ont été violées par les forces serbes. Les témoignages, eux, sont souvent étouffés. “Le viol est perçu par notre société davantage comme une violation de l’honneur familial que comme une atteinte à l’intégrité physique des personnes”, explique Veprore Shehu, de l’ONG Medica Kosova, qui s’occupe de survivantes de viol en temps de guerre. Basée dans le sud-ouest du Kosovo, cette organisation a aidé environ 600 femmes.Prendre la parole en tant que victime de viol, être le premier à le faire, n’a donc pas été une évidence pour Ramadan Nishori, 48 ans. L’aide de ces associations et un suivi psychologique ont été déterminants dans sa prise de parole.”Cela n’a pas été une décision facile”, explique-t-il à l’AFP. Mais ma famille m’a “aidé à parler du crime que j’ai subi. Le soutien de ma famille a compté plus que tout. Cela m’a donné du courage, cela a joué un rôle immense”, ajoute-t-il, le ton grave. Pour le directeur du Centre de droit humanitaire, une ONG reconnue, être victime de viol en temps de guerre est encore au Kosovo synonyme “d’un stigmate profondément ancré” dans la société.Le gouvernement a bien instauré, en 2014, une loi accordant à chaque victime de violence sexuelle pendant la guerre une pension qui s’élève aujourd’hui à 270 euros par mois – environ 100 euros de moins que le salaire minimum.Plus d’une décennie plus tard, quelques centaines de victimes perçoivent cette pension. M. Nishori sera le premier homme.  En septembre 1998, avec plusieurs autres hommes, il est arrêté par les Serbes et emmené au poste de police de Drenas, quelques dizaines de kilomètres à l’ouest de Pristina. La police passera la nuit à les interroger sur leurs liens supposés avec la guérilla, raconte-t-il à l’AFP la voix lourde.”Quand ce fut mon tour, vers minuit, deux policiers m’ont emmené aux toilettes, et l’un d’eux m’a violé. Quand le deuxième a voulu me violer à son tour, un troisième est arrivé – peut-être avait-il entendu mes cris – m’a emporté loin des deux autres et m’a remis en cellule”.- Arme de guerre – Les viols et les agressions sexuelles pendant cette guerre, explique M. Blakaj, ont été en grande majorité perpétrés par les forces serbes, qui les ont utilisés “comme une arme de guerre, pour semer la terreur.”Les viols commis par la police, les paramilitaires et les forces armées était presque une routine” pendant la guerre écrivait déjà l’ONG Amnesty dans son rapport en 2017. Elle y cite un déserteur de l’armée serbe affirmant que “violer était devenu aussi normal que de prendre une douche ou son petit-déjeuner”. Mardi, un tribunal de Pristina a condamné à 15 ans de prison un Serbe du Kosovo pour viol de guerre – à l’issue d’un procès à huis clos dont très peu de détails ont filtré. Il s’agit de la deuxième condamnation seulement pour viol de guerre depuis la fin du conflit, en 1999.Après la guerre, selon Amnesty, des femmes serbes et roms du Kosovo ont à leur tour été victimes d’agressions sexuelles, par vengeance. Etouffé par le secret pendant 26 ans, Ramadan Nishori a souvent pensé au suicide. “Je suffoquais. Je sortais de chez moi la nuit, avec l’envie de hurler. Et je me mettais à marcher et à pleurer”.Aujourd’hui, il n’a pas l’intention d’aller en justice – son violeur, pense-t-il, est sûrement à l’étranger, et il ne souhaite pas entamer un processus douloureux.Après s’être ouvert à sa famille, sa fille aînée, Flutura, a tout fait pour que son histoire soit entendue. “Ce qui est arrivé à mon père doit être révélé, pour montrer que les hommes aussi ont été victimes de violence sexuelle”, explique cette étudiante en théâtre de 23 ans. “Rien n’a changé au sein de notre famille depuis qu’il a révélé son secret. Ça reste notre père, peut-être juste encore plus fort”.Depuis qu’il a pris la parole publiquement, on le reconnait dans la rue. Le plus souvent, on le félicite, et on l’invite à prendre un café.   

Sixième nuit de confrontation entre Israël et l’Iran, Trump appelle à la reddition de Téhéran

Israël a frappé l’Iran pour la sixième nuit consécutive mercredi, quelques heures après l’appel de Donald Trump à une “capitulation sans conditions” de Téhéran.Le dirigeant iranien Ali Khamenei a promis dans la nuit de mardi à mercredi sur X une “réponse forte au régime terroriste sioniste”, soulignant que celle-ci serait “sans pitié”.Dans un communiqué, l’armée israélienne a affirmé que “plus de 50 avions” avaient frappé dans la nuit “une installation de production de centrifugeuses à Téhéran” ainsi que “plusieurs sites de fabrication d’armes (…) notamment des installations de production de matières premières et de composants utilisés pour assembler des missiles sol-sol”.L’agence de presse iranienne Mehr a publié sur X une vidéo montrant de nombreuses traînées rouges et des explosions dans le ciel nocturne de la capitale.Pour sa part, l’Iran a annoncé mardi soir des attaques “punitives” imminentes contre Israël, appelant les habitants des grandes villes Haïfa et Tel-Aviv à évacuer.Aux premières heures de mercredi, les forces israéliennes ont déclenché temporairement une alerte aérienne après avoir détecté des projectiles iraniens en vol. Environ 10 missiles balistiques ont été lancés depuis l’Iran et la plupart ont été interceptés, a déclaré un responsable militaire.L’armée israélienne a aussi annoncé avoir intercepté deux drones dans la région de la mer Morte, tôt mercredi.Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont dit avoir tiré des missiles balistiques hypersoniques de portée intermédiaire Fattah-1, d’après la télévision d’Etat.Mardi, le président américain Donald Trump a assuré que son pays pouvait aisément tuer le guide suprême iranien, au moment où les spéculations s’intensifient sur une éventuelle participation directe des Etats-Unis au conflit, ouvert vendredi par Israël avec l’objectif affiché d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.- “Capitulation sans conditions” -M. Trump, qui avait relancé en avril des négociations avec Téhéran sur son programme nucléaire avant de hausser le ton, a réuni mardi son conseil de sécurité.Les Etats-Unis, alliés d’Israël, “savent exactement où se cache le soi-disant +guide suprême+” iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, mais ne comptent pas “l’éliminer (le tuer!), du moins pour le moment”, a-t-il écrit sur son réseau Truth Social, se prévalant du contrôle total de l’espace aérien iranien.”CAPITULATION SANS CONDITIONS”, a-t-il aussi lancé, dans un message télégraphiqueLe Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a assuré que tuer l’ayatollah Khamenei mettrait “fin au conflit”, et appelé les Iraniens à se soulever, quand le président français, Emmanuel Macron, a jugé qu’un “changement de régime” en Iran serait synonyme de “chaos”.Après le lancement de l’attaque israélienne, vendredi, les Etats-Unis ont dit renforcer leur “dispositif défensif” au Moyen-Orient, et y envoyer leur porte-avions Nimitz.Ils ont annoncé mardi la fermeture de leur ambassade de Jérusalem pour des raisons de sécurité jusqu’à vendredi, et demandé à tous les employés du gouvernement américain et leurs familles de se mettre à l’abri.Les Etats-Unis ont aussi dit mettre en place une “task force” pour aider les ressortissants américains au Moyen-Orient.- Autre commandant iranien tué -L’Iran a juré de bombarder Israël sans relâche pour mettre fin à l’attaque israélienne d’une ampleur sans précédent lancée vendredi.Israël et les Occidentaux accusent l’Iran de chercher à se doter de la bombe atomique, ce que Téhéran dément, défendant son droit à un programme nucléaire civil.Si Donald Trump choisissait d’engager son pays dans le conflit, une puissante bombe anti-bunker américaine, la GBU-57, la seule à même de détruire les installations nucléaires iraniennes profondément enfouies, pourrait constituer une arme stratégique de choix.Depuis vendredi, l’aviation israélienne a visé des centaines de sites militaires et nucléaires, tué les principaux hauts gradés iraniens et des scientifiques du nucléaire. Mardi, l’armée a annoncé avoir encore tué un important commandant militaire iranien, Ali Shadmani, à Téhéran.Les bombardements ont aussi tué des civils des deux côtés dans des zones urbaines: 224 en Iran, selon le dernier bilan officiel de dimanche, et 24 jusqu’à présent en Israël, selon le gouvernement. Mardi, de longues files d’attente s’étiraient devant les boulangeries et stations-service de la capitale iranienne, où les magasins de proximité restent ouverts, mais pas le Grand Bazar, le principal marché.”Je voulais quitter la ville, mais j’ai plusieurs chats et ne peux pas les abandonner”, confie à l’AFP Mina, une informaticienne de 37 ans habitant l’ouest de Téhéran.Une cyberattaque a paralysé mardi la banque Sepah, l’une des principales d’Iran, selon l’agence de presse Fars. Les médias iraniens ont ensuite fait état d’une perturbation généralisée d’internet, sans en préciser l’origine.

Sixième nuit de confrontation entre Israël et l’Iran, Trump appelle à la reddition de Téhéran

Israël a frappé l’Iran pour la sixième nuit consécutive mercredi, quelques heures après l’appel de Donald Trump à une “capitulation sans conditions” de Téhéran.Le dirigeant iranien Ali Khamenei a promis dans la nuit de mardi à mercredi sur X une “réponse forte au régime terroriste sioniste”, soulignant que celle-ci serait “sans pitié”.Dans un communiqué, l’armée israélienne a affirmé que “plus de 50 avions” avaient frappé dans la nuit “une installation de production de centrifugeuses à Téhéran” ainsi que “plusieurs sites de fabrication d’armes (…) notamment des installations de production de matières premières et de composants utilisés pour assembler des missiles sol-sol”.L’agence de presse iranienne Mehr a publié sur X une vidéo montrant de nombreuses traînées rouges et des explosions dans le ciel nocturne de la capitale.Pour sa part, l’Iran a annoncé mardi soir des attaques “punitives” imminentes contre Israël, appelant les habitants des grandes villes Haïfa et Tel-Aviv à évacuer.Aux premières heures de mercredi, les forces israéliennes ont déclenché temporairement une alerte aérienne après avoir détecté des projectiles iraniens en vol. Environ 10 missiles balistiques ont été lancés depuis l’Iran et la plupart ont été interceptés, a déclaré un responsable militaire.L’armée israélienne a aussi annoncé avoir intercepté deux drones dans la région de la mer Morte, tôt mercredi.Les Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique, ont dit avoir tiré des missiles balistiques hypersoniques de portée intermédiaire Fattah-1, d’après la télévision d’Etat.Mardi, le président américain Donald Trump a assuré que son pays pouvait aisément tuer le guide suprême iranien, au moment où les spéculations s’intensifient sur une éventuelle participation directe des Etats-Unis au conflit, ouvert vendredi par Israël avec l’objectif affiché d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.- “Capitulation sans conditions” -M. Trump, qui avait relancé en avril des négociations avec Téhéran sur son programme nucléaire avant de hausser le ton, a réuni mardi son conseil de sécurité.Les Etats-Unis, alliés d’Israël, “savent exactement où se cache le soi-disant +guide suprême+” iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, mais ne comptent pas “l’éliminer (le tuer!), du moins pour le moment”, a-t-il écrit sur son réseau Truth Social, se prévalant du contrôle total de l’espace aérien iranien.”CAPITULATION SANS CONDITIONS”, a-t-il aussi lancé, dans un message télégraphiqueLe Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a assuré que tuer l’ayatollah Khamenei mettrait “fin au conflit”, et appelé les Iraniens à se soulever, quand le président français, Emmanuel Macron, a jugé qu’un “changement de régime” en Iran serait synonyme de “chaos”.Après le lancement de l’attaque israélienne, vendredi, les Etats-Unis ont dit renforcer leur “dispositif défensif” au Moyen-Orient, et y envoyer leur porte-avions Nimitz.Ils ont annoncé mardi la fermeture de leur ambassade de Jérusalem pour des raisons de sécurité jusqu’à vendredi, et demandé à tous les employés du gouvernement américain et leurs familles de se mettre à l’abri.Les Etats-Unis ont aussi dit mettre en place une “task force” pour aider les ressortissants américains au Moyen-Orient.- Autre commandant iranien tué -L’Iran a juré de bombarder Israël sans relâche pour mettre fin à l’attaque israélienne d’une ampleur sans précédent lancée vendredi.Israël et les Occidentaux accusent l’Iran de chercher à se doter de la bombe atomique, ce que Téhéran dément, défendant son droit à un programme nucléaire civil.Si Donald Trump choisissait d’engager son pays dans le conflit, une puissante bombe anti-bunker américaine, la GBU-57, la seule à même de détruire les installations nucléaires iraniennes profondément enfouies, pourrait constituer une arme stratégique de choix.Depuis vendredi, l’aviation israélienne a visé des centaines de sites militaires et nucléaires, tué les principaux hauts gradés iraniens et des scientifiques du nucléaire. Mardi, l’armée a annoncé avoir encore tué un important commandant militaire iranien, Ali Shadmani, à Téhéran.Les bombardements ont aussi tué des civils des deux côtés dans des zones urbaines: 224 en Iran, selon le dernier bilan officiel de dimanche, et 24 jusqu’à présent en Israël, selon le gouvernement. Mardi, de longues files d’attente s’étiraient devant les boulangeries et stations-service de la capitale iranienne, où les magasins de proximité restent ouverts, mais pas le Grand Bazar, le principal marché.”Je voulais quitter la ville, mais j’ai plusieurs chats et ne peux pas les abandonner”, confie à l’AFP Mina, une informaticienne de 37 ans habitant l’ouest de Téhéran.Une cyberattaque a paralysé mardi la banque Sepah, l’une des principales d’Iran, selon l’agence de presse Fars. Les médias iraniens ont ensuite fait état d’une perturbation généralisée d’internet, sans en préciser l’origine.

Bali: une vingtaine de vols annulés après l’éruption du volcan Lewotobi Laki-Laki

Au moins une vingtaine de vols à destination et en partance de Bali, en Indonésie, ont été annulés après l’éruption d’un volcan situé à quelques centaines de kilomètres plus à l’est, a annoncé mercredi l’aéroport international de l’île.Le mont Lewotobi Laki-Laki, un volcan à deux sommets situé sur l’île touristique de Florès, a projeté mardi une énorme colonne de cendres dans le ciel, selon les autorités, qui ont élevé le niveau d’alerte à son maximum.Les compagnies aériennes Jetstar et Virgin Australia ont annulé leurs vols à destination de villes australiennes. Air India, Air New Zealand, TigerAir (Singapour) et Juneyao Airlines (Chine) ont également suspendu des liaisons “en raison du volcan”, peut-on lire sur le site internet de l’aéroport international de Bali.L’aéroport “fonctionne toujours normalement, mais “cela dépend de l’itinéraire et de la compagnie aérienne”, a déclaré à l’AFP un agent du service clientèle, qui ne souhaitait pas donner son identité.La compagnie Jetstar a confirmé les annulations à destination et en provenance de Bali dans un communiqué publié mercredi sur son site Internet, ajoutant que certains vols de l’après-midi seraient retardés jusqu’à ce que les cendres soient dissipées.”Selon les prévisions, le nuage de cendres devrait se dissiper plus tard dans la soirée (mercredi, ndlr). Par conséquent, les vols prévus cet après-midi seront reportés plus tard dans la soirée”, a indiqué la compagnie australienne à bas coût, filiale de Qantas et basée à Singapour.Plusieurs vols intérieurs de la compagnie AirAsia à destination de l’aéroport de Labuan Bajo, sur l’île de Florès, ont également été annulés.Mardi, il n’a été fait état d’aucun dégât ni aucune victime.Le porte-parole de l’Agence nationale de gestion des catastrophes (BNPB), Abdul Muhari, a néanmoins indiqué dans un communiqué mardi soir qu’au moins un village a dû être évacué, sans donner le nombre d’habitants, et que des pluies de cendres ont été signalées dans plusieurs villages hors de la zone d’exclusion.Les habitants et les touristes doivent éviter toute activité dans un rayon d’au moins sept kilomètres autour du cratère du volcan, a déclaré le directeur de l’agence géologique indonésienne, Muhammad Wafid.En novembre, le Lewotobi Laki-Laki était entré en éruption à plusieurs reprises, faisant neuf morts et forçant des milliers de personnes à évacuer, et provoquant l’annulation de nombreux vols internationaux vers Bali.Laki-Laki, qui signifie “homme” en indonésien et haut de 1.584 mètres, est accolé à un autre volcan plus calme mais plus grand, de 1.703 mètres, le Perempuan, ce qui signifie “femme”.L’Indonésie, un vaste archipel, connaît une activité sismique et volcanique fréquente en raison de sa position sur le “Cercle de feu” du Pacifique.

Le G7 se contente du mininum sur l’Ukraine après le départ de Trump

Le G7 a de nouveau apporté mardi son soutien à l’Ukraine mais sans durcir le ton face à la Russie lors d’un sommet au Canada chamboulé par le départ anticipé du président américain en raison du conflit entre l’Iran et Israël.Le conflit en Ukraine était l’un des axes majeurs de ce sommet dans les Rocheuses canadiennes auquel participait le président ukrainien Volodymyr Zelensky venu pour plaider sa cause.”Certains d’entre nous, y compris le Canada, auraient pu aller plus loin”, a reconnu le Premier ministre Mark Carney, hôte du G7, lors de sa conférence de presse finale évoquant les déclarations sur la guerre en Ukraine.Ce dernier a toutefois insisté sur le fait que tous restent d’accord pour continuer à exercer une pression sur la Russie, y compris par des sanctions financières.Mais le club des grandes démocraties industrialisées n’a pas cette fois publié de déclaration commune dénonçant l'”agression russe”, contrairement aux années précédentes quand Joe Biden était à la tête des Etats-Unis.Dans la journée, une source gouvernementale canadienne avait affirmé que les Etats-Unis s’étaient opposés à la publication d’un communiqué séparé au ton plus fort avant de finalement retirer ses déclarations. Une chose certaine: alors que les pourparlers engagés entre Moscou et Kiev sous pression de Donald Trump sont dans l’impasse, c’est une occasion manquée pour Volodymyr Zelensky. Il n’a pas eu la possibilité de s’entretenir avec le président américain, avec lequel il a des relations houleuses, parti de façon anticipée. C’est avec les autres dirigeants de ce club des grandes démocraties industrialisées (Italie, France, Allemagne, Royaume-Uni, Canada et Japon), qu’il a évoqué l’attaque meurtrière sur Kiev, signe pour lui que les alliés doivent renforcer leur soutien après plus de trois ans d’offensive russe à grande échelle.”Nous sommes prêts pour les négociations de paix, pour un cessez-le-feu inconditionnel. Pour cela, nous avons besoin de pression”, a déclaré Volodymyr Zelensky qui selon des médias canadiens a annulé en fin de journée des événements prévus au Canada après le G7.Il repart tout de même avec une nouvelle aide militaire de 1,27 milliard d’euros de la part du Canada, notamment pour des drones et des véhicules blindés.- “Machine de guerre russe” -Ottawa a également rejoint Londres pour renforcer les sanctions contre la “flotte fantôme” russe de navires utilisés pour contourner les sanctions internationales sur ses ventes de pétrole.”Ces sanctions frappent directement au cœur de la machine de guerre de Poutine, pour étouffer sa capacité à poursuivre sa guerre barbare en Ukraine”, a déclaré le Premier ministre britannique Keir Starmer.Mais Donald Trump, qui vante à chaque occasion sa relation privilégiée avec le président russe Vladimir Poutine, n’a pas caché lundi son scepticisme face à d’éventuelles nouvelles mesures contre Moscou.”Les sanctions, ce n’est pas si simple”, a-t-il lancé, soulignant que toute nouvelle mesure aurait un coût “colossal” également pour les Etats-Unis.”Évidemment, avec Trump absent, les discussions sont un peu plus fluides, mais elles ont également moins d’impact avec la nation la plus puissante absente”, a reconnu un diplomate d’une nation du G7 sous condition d’anonymat.- “Ils paieront” -De nombreux dirigeants présents espéraient pourtant profiter de ce sommet pour désamorcer l’offensive commerciale de Donald Trump, qui a imposé des droits de douane de 10% minimum sur la plupart des produits importés aux Etats-Unis et menace d’augmenter encore le niveau des taxes, déstabilisant le monde.Ses propos sur le chemin du retour ont douché une partie des espoirs, même si les échanges sont restés courtois pendant le sommet. Comme à son habitude, Donald Trump ne s’est pas privé pour décocher, dans l’avion du retour, plusieurs piques à l’adresse des dirigeants qu’il venait de quitter.Il a notamment regretté que les Européens “ne proposent pas un accord juste pour le moment” pour apaiser la guerre commerciale avec les Etats-Unis, alors que la pause annoncée se termine le 9 juillet.”Soit nous trouvons un bon accord, soit ils paieront ce que nous leur dirons de payer”, a ajouté le président américain.Il a aussi étrillé Emmanuel Macron, un “chic type” mais qui “ne comprend jamais rien”, visiblement agacé de voir ce dernier parler pour lui de ses projets de règlement du conflit entre Israël et l’Iran. Mardi de retour à Washington, Donald Trump a semblé durcir le ton sur ce dossier appelant à une “capitulation sans conditions” de l’Iran.  Emmanuel Macron a averti que toute tentative de “changement de régime” en Iran par la guerre entraînerait le “chaos” dans le pays.