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“Super Mario Bros.”, jeu culte de fans devenus parents, fête ses 40 ans

“Sans Mario, ma vie serait complètement différente” : collectionneur d’objets liés à la mascotte du géant japonais du jeu vidéo Nintendo, Kikai fête cette année ses 40 ans, comme la première aventure du héros moustachu sur console.Sorti au Japon le 13 septembre 1985, “Super Mario Bros.” a révolutionné cette industrie, en étant notamment l’un des premiers titres à faire évoluer son personnage horizontalement dans un univers coloré.”Mon père avait acheté le jeu et j’y joue depuis aussi longtemps que je me souvienne”, raconte à l’AFP Kikai, un Japonais qui vit près de Tokyo et qui a réuni dans son bureau “20 à 30.000 objets” liés à Mario.Figurines, peluches, tapis… Chez ce collectionneur, le visage rond et jovial du plombier est partout.Comme lui, plusieurs générations de joueurs se sont pris de passion pour ce personnage créé par le Japonais Shigeru Miyamoto et apparu pour la première fois en 1981 sous le nom de “Jumpman” dans le jeu d’arcade “Donkey Kong”.Il devient officiellement Mario en 1983 avec la borne d’arcade “Mario Bros.” puis accède à la célébrité grâce à “Super Mario Bros.”, succès mondial sorti sur la console Famicom (NES en Europe) de Nintendo et vendu à plus de 40 millions d’exemplaires.- “Accident heureux” -“C’est un accident heureux parce qu’au départ, ce personnage n’est pas du tout destiné à devenir une icône du jeu vidéo”, souligne Alexis Bross, co-auteur du livre “Générations Mario”.Salopette bleue pour mieux le distinguer, casquette rouge pour éviter d’avoir à animer ses cheveux… Au départ, le personnage créé est “purement fonctionnel, avec des contraintes techniques très fortes”, puisque Mario n’est alors composé que de quelques pixels sur un écran.Cette esthétique initiale inspire d’ailleurs depuis plus de 15 ans un street-artiste de Lyon, en France, dont les mosaïques mélangeant le héros de Nintendo avec le magicien Gandalf ou Dark Vador fleurissent dans les villes du monde entier.”Retrouver des éléments de ma console de jeu dans la rue, c’est amener dans le réel des choses qui sont immatérielles. Je trouvais ça assez fou”, raconte à l’AFP celui qui se fait appeler In The Woup, 39 ans, un masque de Mario vissé sur le visage pour préserver son anonymat.”Mario Kart”, “Mario Golf”, “Mario Tennis” : le personnage a connu de nombreuses aventures et déclinaisons, avec son frère Luigi et son ennemi Bowser, incarnant même la transition de la 2D vers la 3D du jeu vidéo au moment de la sortie de la Nintendo 64 en 1996.Progressivement, il va s’imposer comme une figure “transgénérationnelle” et “rassurante”, affirme Alexis Bross. “C’est un homme moyen, très proche de nous, qui n’a pas de pouvoir à l’origine et est un peu figé dans le temps”.- Multi-casquettes -Face aux succès du moment comme “Fortnite” ou “Roblox”, jeux particulièrement populaires chez les jeunes joueurs, Mario bénéficie de la “nostalgie des parents”, qui continuent d’acheter et de jouer avec leurs enfants, explique Rhys Elliott, analyste au cabinet Alinea.Conscient de cette situation, Nintendo vient ainsi de lancer au Japon une gamme de vêtements et d’accessoires à destination des tout-petits.Cette vague de produits dérivés va des sacs à dos aux montres de luxe, en passant par les Lego. Mario est même décliné en parcs d’attractions au Japon et aux Etats-Unis. Au cinéma, “Super Mario Bros, le film”, sorti en 2023, a été l’un des succès les plus importants de ces dernières années et rapporté plus de 1,3 milliard de dollars. Une suite est prévue pour 2026.Mais à 40 ans passés, fini de jouer le héros délivrant la princesse dans son château en échange d’un baiser. Face à l’émancipation des personnages féminins de Nintendo, désormais héroïnes de leurs propres titres, Mario “s’adapte à de nouvelles audiences et suit un petit peu les mouvements de la société”, observe Alexis Bross.En attendant un nouvel opus en 3D des aventures du plombier – le dernier remontant à 2017 avec “Super Mario Odyssey” -, il espère voir germer “une idée absolument nouvelle qui poserait un nouveau jalon dans l’histoire du jeu vidéo”.

“Super Mario Bros.”, jeu culte de fans devenus parents, fête ses 40 ans

“Sans Mario, ma vie serait complètement différente” : collectionneur d’objets liés à la mascotte du géant japonais du jeu vidéo Nintendo, Kikai fête cette année ses 40 ans, comme la première aventure du héros moustachu sur console.Sorti au Japon le 13 septembre 1985, “Super Mario Bros.” a révolutionné cette industrie, en étant notamment l’un des premiers titres à faire évoluer son personnage horizontalement dans un univers coloré.”Mon père avait acheté le jeu et j’y joue depuis aussi longtemps que je me souvienne”, raconte à l’AFP Kikai, un Japonais qui vit près de Tokyo et qui a réuni dans son bureau “20 à 30.000 objets” liés à Mario.Figurines, peluches, tapis… Chez ce collectionneur, le visage rond et jovial du plombier est partout.Comme lui, plusieurs générations de joueurs se sont pris de passion pour ce personnage créé par le Japonais Shigeru Miyamoto et apparu pour la première fois en 1981 sous le nom de “Jumpman” dans le jeu d’arcade “Donkey Kong”.Il devient officiellement Mario en 1983 avec la borne d’arcade “Mario Bros.” puis accède à la célébrité grâce à “Super Mario Bros.”, succès mondial sorti sur la console Famicom (NES en Europe) de Nintendo et vendu à plus de 40 millions d’exemplaires.- “Accident heureux” -“C’est un accident heureux parce qu’au départ, ce personnage n’est pas du tout destiné à devenir une icône du jeu vidéo”, souligne Alexis Bross, co-auteur du livre “Générations Mario”.Salopette bleue pour mieux le distinguer, casquette rouge pour éviter d’avoir à animer ses cheveux… Au départ, le personnage créé est “purement fonctionnel, avec des contraintes techniques très fortes”, puisque Mario n’est alors composé que de quelques pixels sur un écran.Cette esthétique initiale inspire d’ailleurs depuis plus de 15 ans un street-artiste de Lyon, en France, dont les mosaïques mélangeant le héros de Nintendo avec le magicien Gandalf ou Dark Vador fleurissent dans les villes du monde entier.”Retrouver des éléments de ma console de jeu dans la rue, c’est amener dans le réel des choses qui sont immatérielles. Je trouvais ça assez fou”, raconte à l’AFP celui qui se fait appeler In The Woup, 39 ans, un masque de Mario vissé sur le visage pour préserver son anonymat.”Mario Kart”, “Mario Golf”, “Mario Tennis” : le personnage a connu de nombreuses aventures et déclinaisons, avec son frère Luigi et son ennemi Bowser, incarnant même la transition de la 2D vers la 3D du jeu vidéo au moment de la sortie de la Nintendo 64 en 1996.Progressivement, il va s’imposer comme une figure “transgénérationnelle” et “rassurante”, affirme Alexis Bross. “C’est un homme moyen, très proche de nous, qui n’a pas de pouvoir à l’origine et est un peu figé dans le temps”.- Multi-casquettes -Face aux succès du moment comme “Fortnite” ou “Roblox”, jeux particulièrement populaires chez les jeunes joueurs, Mario bénéficie de la “nostalgie des parents”, qui continuent d’acheter et de jouer avec leurs enfants, explique Rhys Elliott, analyste au cabinet Alinea.Conscient de cette situation, Nintendo vient ainsi de lancer au Japon une gamme de vêtements et d’accessoires à destination des tout-petits.Cette vague de produits dérivés va des sacs à dos aux montres de luxe, en passant par les Lego. Mario est même décliné en parcs d’attractions au Japon et aux Etats-Unis. Au cinéma, “Super Mario Bros, le film”, sorti en 2023, a été l’un des succès les plus importants de ces dernières années et rapporté plus de 1,3 milliard de dollars. Une suite est prévue pour 2026.Mais à 40 ans passés, fini de jouer le héros délivrant la princesse dans son château en échange d’un baiser. Face à l’émancipation des personnages féminins de Nintendo, désormais héroïnes de leurs propres titres, Mario “s’adapte à de nouvelles audiences et suit un petit peu les mouvements de la société”, observe Alexis Bross.En attendant un nouvel opus en 3D des aventures du plombier – le dernier remontant à 2017 avec “Super Mario Odyssey” -, il espère voir germer “une idée absolument nouvelle qui poserait un nouveau jalon dans l’histoire du jeu vidéo”.

La flottille vers Gaza affirme avoir été “frappée” par un drone au large de Tunis, la Tunisie dément

La flottille vers Gaza a affirmé dans la nuit de lundi à mardi qu’un de ses bateaux avait été “frappé” par un drone au large de Tunis, ce que les autorités tunisiennes ont démenti en disant n’avoir détecté “aucun” engin.Le bateau “a été frappé par un drone dans les eaux tunisiennes”, a écrit sur Instagram la “Global Sumud Flotilla”, qui a pris la mer avec des militants et de l’aide humanitaire pour le territoire palestinien assiégé. Elle a partagé une vidéo provenant d’une caméra de surveillance du bateau, sur laquelle on entend un vrombissement. Puis on peut voir un militant lever les yeux, s’exclamer et reculer avant qu’une explosion ne se fasse entendre. Un éclair de lumière illumine ensuite la zone.Un journaliste de l’AFP arrivé rapidement à Sidi Bou Saïd, près de Tunis, a pu voir le bateau entouré par d’autres embarcations mais le feu n’était plus visible.Des centaines de personnes ont afflué vers le port de Sidi Bou Saïd en criant “Free, Free Palestine”.Le port de Sidi Bou Saïd se trouve non loin du palais présidentiel de Carthage.La flottille a affirmé que les six personnes à bord étaient saines et sauves, faisant état de dégâts matériels et dénonçant “des actes d’agression visant à faire dérailler (sa) mission”.Mais la Garde nationale tunisienne a affirmé à l’AFP n’avoir détecté “aucun drone”.”Selon les constatations préliminaires, un incendie s’est déclaré dans les gilets de sauvetage”, a dit à l’AFP Houcem Eddine Jebabli, son porte-parole. Les informations faisant état de la présence d’un drone “sont dénuées de tout fondement”, a insisté la Garde nationale dans un communiqué sur sa page officielle sur Facebook, émettant l’hypothèse que le feu ait pu être déclenché par un mégot de cigarette.- “Agression” -M. Jebabli avait initialement indiqué que le bateau se trouvait à 50 milles du port de Sidi Bou Saïd.Le militant brésilien Thiago Avila a publié dans une vidéo sur Instagram le témoignage d’un autre membre de la flottille assurant avoir vu un drone. “C’était à 100% un drone qui a lâché une bombe”, a affirmé ce militant, Miguel.La rapporteure spéciale de l’ONU pour les Territoires palestiniens, Francesca Albanese, qui vit en Tunisie et s’est rendue dans la nuit au port de Sidi Bou Saïd, a partagé sur X une vidéo de la caméra de surveillance du bateau.”1. Bruit de ce que l’équipage a identifié comme étant un drone. 2. L’équipage déclenche l’alerte et appelle à l’aide. 3. Explosion. A vous d’en tirer les conclusions”, a-t-elle écrit.”S’il est confirmé qu’il s’agit d’une attaque de drone, ce serait (…) une agression contre la Tunisie et la souveraineté tunisienne”, avait plus tôt dit Mme Albanese devant des journalistes au port de Sidi Bou Saïd.L’AFP a sollicité l’armée israélienne pour un commentaire, mais n’a pas obtenu de réponse dans l’immédiat.La bande de Gaza est le théâtre d’une guerre dévastatrice, déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023.Les Nations Unies ont déclaré en août l’état de famine à Gaza, avertissant que 500.000 personnes se trouvent en situation “catastrophique”.Les navires de la Global Sumud Flotilla (“sumud” signifie “résilience” en arabe) ont prévu d’atteindre Gaza à la mi-septembre afin d’y acheminer de l’aide humanitaire, après deux tentatives bloquées par Israël en juin et juillet.  Le départ du convoi tunisien est prévu mercredi. Il a été reporté en raison des conditions météorologiques et du retard pris par la flottille partie de Barcelone, venue rejoindre les militants de Tunisie avant que tous les bateaux ne prennent la mer ensemble vers Gaza.ayj-ldf-bou-iba/vgu

La flottille vers Gaza affirme avoir été “frappée” par un drone au large de Tunis, la Tunisie dément

La flottille vers Gaza a affirmé dans la nuit de lundi à mardi qu’un de ses bateaux avait été “frappé” par un drone au large de Tunis, ce que les autorités tunisiennes ont démenti en disant n’avoir détecté “aucun” engin.Le bateau “a été frappé par un drone dans les eaux tunisiennes”, a écrit sur Instagram la “Global Sumud Flotilla”, qui a pris la mer avec des militants et de l’aide humanitaire pour le territoire palestinien assiégé. Elle a partagé une vidéo provenant d’une caméra de surveillance du bateau, sur laquelle on entend un vrombissement. Puis on peut voir un militant lever les yeux, s’exclamer et reculer avant qu’une explosion ne se fasse entendre. Un éclair de lumière illumine ensuite la zone.Un journaliste de l’AFP arrivé rapidement à Sidi Bou Saïd, près de Tunis, a pu voir le bateau entouré par d’autres embarcations mais le feu n’était plus visible.Des centaines de personnes ont afflué vers le port de Sidi Bou Saïd en criant “Free, Free Palestine”.Le port de Sidi Bou Saïd se trouve non loin du palais présidentiel de Carthage.La flottille a affirmé que les six personnes à bord étaient saines et sauves, faisant état de dégâts matériels et dénonçant “des actes d’agression visant à faire dérailler (sa) mission”.Mais la Garde nationale tunisienne a affirmé à l’AFP n’avoir détecté “aucun drone”.”Selon les constatations préliminaires, un incendie s’est déclaré dans les gilets de sauvetage”, a dit à l’AFP Houcem Eddine Jebabli, son porte-parole. Les informations faisant état de la présence d’un drone “sont dénuées de tout fondement”, a insisté la Garde nationale dans un communiqué sur sa page officielle sur Facebook, émettant l’hypothèse que le feu ait pu être déclenché par un mégot de cigarette.- “Agression” -M. Jebabli avait initialement indiqué que le bateau se trouvait à 50 milles du port de Sidi Bou Saïd.Le militant brésilien Thiago Avila a publié dans une vidéo sur Instagram le témoignage d’un autre membre de la flottille assurant avoir vu un drone. “C’était à 100% un drone qui a lâché une bombe”, a affirmé ce militant, Miguel.La rapporteure spéciale de l’ONU pour les Territoires palestiniens, Francesca Albanese, qui vit en Tunisie et s’est rendue dans la nuit au port de Sidi Bou Saïd, a partagé sur X une vidéo de la caméra de surveillance du bateau.”1. Bruit de ce que l’équipage a identifié comme étant un drone. 2. L’équipage déclenche l’alerte et appelle à l’aide. 3. Explosion. A vous d’en tirer les conclusions”, a-t-elle écrit.”S’il est confirmé qu’il s’agit d’une attaque de drone, ce serait (…) une agression contre la Tunisie et la souveraineté tunisienne”, avait plus tôt dit Mme Albanese devant des journalistes au port de Sidi Bou Saïd.L’AFP a sollicité l’armée israélienne pour un commentaire, mais n’a pas obtenu de réponse dans l’immédiat.La bande de Gaza est le théâtre d’une guerre dévastatrice, déclenchée par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023.Les Nations Unies ont déclaré en août l’état de famine à Gaza, avertissant que 500.000 personnes se trouvent en situation “catastrophique”.Les navires de la Global Sumud Flotilla (“sumud” signifie “résilience” en arabe) ont prévu d’atteindre Gaza à la mi-septembre afin d’y acheminer de l’aide humanitaire, après deux tentatives bloquées par Israël en juin et juillet.  Le départ du convoi tunisien est prévu mercredi. Il a été reporté en raison des conditions météorologiques et du retard pris par la flottille partie de Barcelone, venue rejoindre les militants de Tunisie avant que tous les bateaux ne prennent la mer ensemble vers Gaza.ayj-ldf-bou-iba/vgu

Népal: réseaux sociaux rouverts et enquête après des manifestations meurtrières

Le gouvernement népalais a rétabli mardi le fonctionnement des réseaux sociaux et ordonné une enquête au lendemain de la mort lundi de 19 personnes lors de manifestations contre leur blocage sévèrement réprimées par la police.A l’issue d’une réunion d’urgence, le Premier ministre KP Sharma Oli a promis dans la nuit qu’une commission chargée “d’analyser les événements (…) leur déroulement et leurs causes” rendrait des conclusions “sous quinze jours pour empêcher que de tels accidents se reproduisent”.Le chef du gouvernement s’est dit “profondément attristé” par ce qu’il a qualifié de “tragique incident”.Dès le petit matin mardi, la plupart des plateformes de réseaux sociaux étaient à nouveau opérationnelles, a constaté une journaliste de l’AFP.Cité par les médias locaux, le ministre de la Communication Prithvi Subba Gurung a confirmé que le gouvernement avait levé le blocage lors d’une réunion d’urgence qui s’est tenue lundi soir.La semaine dernière, son administration avait suspendu 26 plateformes, dont Facebook, Youtube, X et Linkedin, qui ne s’étaient pas enregistrées auprès de lui dans les délais, provoquant la colère et la frustration de millions de leurs usagers.Lundi matin, des milliers de jeunes se sont rassemblés dans les rues de Katmandou et d’autres villes pour exiger le rétablissement de leur réseau favori et dénoncer le fléau de la corruption qui, selon eux, mine le petit pays himalayen.- Tirs à balles réelles -A Katmandou, la situation a dérapé lorsque les forces de l’ordre ont empêché le cortège de s’approcher du parlement avec force gaz lacrymogènes, canons à eau, matraques, balles en caoutchouc et tirs à balles réelles, selon des journalistes de l’AFP et des témoins.Au moins 17 manifestants ont été tués et plus de 400 personnes, dont une centaine de policiers, blessées dans la capitale, selon un bilan du porte-parole de la police, Shekhar Khanal.”La situation a été causée par l’infiltration dans le cortège d’éléments animés par divers intérêts personnels”, a affirmé le Premier ministre.Deux autres personnes ont été tuées lors d’une manifestation dans le district de Sunsari, dans l’est du Népal, ont rapporté les médias locaux.”Les gens jetaient des pierres quand, soudain, j’ai été touché par une balle”, a raconté lundi à l’AFP Ronish Regmi, un étudiant de 20 ans hospitalisé dans la capitale. “Quand j’ai repris mes esprits, j’étais dans une ambulance”, a-t-il ajouté.”Le gouvernement n’a pas hésité à recourir à la force”, a rapporté un autre blessé, Iman Magar, 20 ans. “Ce n’était pas une balle en caoutchouc mais une balle en métal et elle a emporté une partie de ma main”, a-t-il poursuivi.Amnesty International a exigé “une enquête complète, indépendante et impartiale” sur les circonstances de l’intervention de la police.La porte-parole du bureau des droits de l’Homme de l’ONU, Ravina Shamdasani, a fait de même, se déclarant “choquée par les morts et les blessés”.- Protection -Le gouvernement avait annoncé jeudi le blocage des réseaux sociaux en application d’un arrêt rendu en 2023 par la Cour suprême exigeant qu’elles nomment un représentant local et une personne chargée de réguler leurs contenus.”Le gouvernement ne souhaitait pas bloquer l’usage des médias sociaux”, a répété le Premier ministre dans sa déclaration. “Il souhaite simplement protéger le cadre de leur utilisation”, a-t-il insisté, “ce n’était pas la peine de manifester pour ça”.Motivées initialement par le blocage, les manifestations de lundi ont largement viré à la dénonciation de la corruption des autorités.”Nous dénonçons aussi la corruption institutionnalisée au Népal”, a déclaré lundi à l’AFP un étudiant, Yujan Rajbhandari, 24 ans, qui défilait dans les rues de Katmandou.”Cette décision traduit les pratiques autoritaires du gouvernement et nous voulons que ça change”, a renchéri un autre, Ikshama Tumrok, 20 ans.Depuis l’entrée en vigueur du blocage, les plateformes encore en service, comme Tik Tok, sont inondées de vidéos mettant en cause la vie luxueuse des enfants de responsables politiques.Le blocage décrété la semaine dernière n’est pas inédit au Népal.En juillet dernier, le gouvernement avait déjà suspendu la messagerie Telegram en raison, selon lui, d’une hausse des fraudes en ligne.pm-pa/lgo   

La CPI entend les accusations contre le chef de guerre ougandais Joseph Kony

La Cour pénale internationale ouvre mardi une audience sur des accusations de crimes de guerre contre Joseph Kony, en l’absence de ce chef rebelle ougandais dont l’Armée de résistance du Seigneur a semé la mort et la terreur.Traqué sans succès depuis des décennies, Kony est le premier criminel de guerre présumé à avoir été inculpé par la CPI, en 2005.Joseph Kony est visé par 39 chefs d’accusation de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, dont meurtre, viol, torture, réduction en esclavage et esclavage sexuel, qui auraient été commis entre juillet 2002 et décembre 2005 dans le nord de l’Ouganda.L’audience le visant ne tiendra pas lieu de procès, mais elle sera la toute première jamais tenue par contumace devant la cour.Lors de cette audience dite de “confirmation des charges” qui s’ouvre mardi, et qui devrait durer trois jours, l’accusation exposera les qualifications retenues contre Joseph Kony, né en septembre 1961.Après cela, les juges décideront, dans un délai de deux mois, si les accusations sont suffisamment étayées pour ouvrir un procès.Or le règlement de la cour interdit tout procès par contumace. Un procès ne pourra donc avoir lieu que si Joseph Kony est retrouvé et transféré à La Haye.Les avocats de Kony ont qualifié la procédure de “dépense énorme en temps, en argent et en efforts, sans aucun bénéfice”.Mais les procureurs estiment que la tenue de cette audience accélérera tout procès potentiel en cas d’arrestation de Kony.L’ancien enfant de chœur catholique était à la tête de la redoutable Armée de résistance du Seigneur (LRA), qui a terrorisé pendant 30 ans de larges zones d’Afrique centrale. Elle est accusée d’être responsable de la mort de plus de 100.000 personnes et de l’enlèvement de quelque 60.000 enfants, convertis en soldats ou esclaves sexuels, selon les Nations unies.- “Tout ce sang”-Ceux qui ont pu s’échapper ont raconté avoir été forcés de mordre d’autres personnes à mort, à boire du sang et au cannibalisme.Everlyn Ayo avait cinq ou six ans lorsque la LRA a attaqué son école. Aujourd’hui âgée de 39 ans, elle compte suivre l’audience à la radio, à des milliers de kilomètres de La Haye.Ils ont “tué et cuit nos enseignants dans de grands bidons et nous ont forcé à manger leurs restes”, a-t-elle raconté à l’AFP.Pour échapper à cet horrible sort, de nombreux jeunes comme elle sont alors devenus malgré eux des “voyageurs de la nuit”, rejoignant des villes ou des abris la nuit pour échapper à la LRA.Chaque matin, les jeunes Ougandais retournaient dans leurs villages. “Très souvent, nous trouvions des cadavres imbibés de sang”, se souvient Mme Ayo.”Voir tout ce sang en tant qu’enfant a traumatisé mes yeux”, soupire-t-elle. “Depuis de nombreuses années maintenant, (…) tout ce que je vois, c’est du sang”.Chassé en 2006 du nord de l’Ouganda avec la LRA, Kony avait établi des bases notamment au Soudan, pays qu’il a dû quitter en raison de la guerre civile qui y sévissait. Il s’est ensuite installé dans une région reculée de la République centrafricaine, a établi un groupe d’experts de l’ONU en juin 2024.Sa dernière apparition connue remonte à 2006, lorsqu’il a déclaré à un journaliste occidental qu’il n’était “pas un terroriste” et que les témoignages relatant les horreurs de la LRA relevaient de la “propagande”.On ignore s’il est encore en vie.Stella Angel Lanam a été capturée par la LRA à l’âge de 10 ans et contrainte de devenir enfant soldat.”J’avais seulement 10 ans, et j’ai souffert pendant neuf ans”, déclare cette femme de 38 ans, devenue directrice exécutive d’une ONG de soutien aux victimes.Rien ne pourra réparer les souffrances, mais elle espère tout de même obtenir “justice” de la CPI, malgré l’absence de Joseph Kony à La Haye.burs-cvo/emp/roc