AFP World

A Paris, une marche des fiertés remontée “contre l’internationale réactionnaire”

En écho à des inquiétudes grandissantes pour les droits des personnes LGBT+ à Washington ou Budapest, les milliers de participants de la Marche des fiertés parisienne ont fait entendre leur voix samedi contre “l’internationale réactionnaire”.Si les chars bariolés, les maquillages inventifs et les tenues colorées rappellent le caractère convivial de ce défilé annuel, parti du Louvre vers Nation par une température caniculaire, les organisateurs avaient moins le cœur à la fête lors de leur prise de parole initiale.”Nous sommes dans un contexte menaçant, politiquement terrible. Pour la première fois depuis des années nos droits sont réellement en danger”, a affirmé au micro la présidente de SOS Homophobie, Julia Torlet, micro à la main.”Il est nécessaire de nous rassembler, tous, lesbiennes, queers, intersexe, trans, gay…”, a-t-elle ajouté. “Le danger est là. Une internationale réactionnaire arrive sous nos yeux, aux États-Unis, en Hongrie, en Italie, en Russie”, a lancé un représentant de l’association Aides, avant que ne démarre le cortège coloré de drapeaux arc-en-ciel, de ballons dorés et de pancartes revendicatives comme: “Mon clito déteste les fachos”.L’Inter-LGT, collectif organisateur qui comprend une cinquantaine d’associations membres, a revendiqué en soirée un demi-million de participants, parmi lesquels de nombreux jeunes.”C’est une réussite totale”, a déclaré à l’AFP Clara Privé, sa vice-présidente, attribuant ce succès à la “médiatisation” de la marche et au fait que “la jeunesse est touchée par ce sujet et se revendique LGBTQIA+”.- Collectif identitaire à l’écart -Au-delà des thématiques de cette année (migrants, personnes transgenres, santé), la marche parisienne a été rattrapée par des tensions liées au contexte international – déclarations de Donald Trump aux États-Unis, interdiction de la “Pride” à Budapest. Tensions liées aussi à une affiche jugée “clivante” par certains ou la venue non souhaitée par les organisateurs d’un collectif identitaire, Eros, se présentant comme un organe de lutte “contre les dérives idéologiques woke et LGBT”.”Le contexte est difficile, car il y a une remontée de la transphobie au niveau international. On tente d’interdire, la marche à Budapest, un collectif d’extrême droite tente de manifester avec nous à Paris”, déplore ainsi auprès de l’AFP “Vivi” Strobel, porte-parole de l’association Bi’Cause.Une quinzaine de membres de ce collectif Eros se sont rassemblés à l’écart du cortège, a constaté une journaliste de l’AFPTV. Plusieurs dizaines de forces de l’ordre étaient positionnées pour empêcher tout contact direct avec la marche, au-delà d’invectives.”Notre présence n’est pas la bienvenue, mais c’est une marche de la fierté. Nous, on est fiers d’être homosexuels et fiers d’être Français”, a indiqué à la presse le responsable de ce groupe, Yohan Pawer, ex-candidat du parti d’Eric Zemmour. “Nous sommes très heureux qu’ils aient été empêchés d’approcher de nos cortèges”, a commenté Clara Privé.- “Ça fait peur” – En Hongrie, une foule immense a défilé samedi à Budapest, malgré l’interdiction par la police de la marche des fiertés, comme en défi au Premier ministre Victor Orban. Si aucun chiffre officiel n’est disponible, les organisateurs ont estimé à près de 200.000 le nombre de participants, les places et avenues le long du parcours étant noires de monde.Aux États-Unis, c’est l’offensive de Donald Trump contre les programmes de promotion de la diversité qui inquiète notamment Romaric, 40 ans, aux côtés de son compagnon Florent, 38 ans: “C’est un acte militant de venir quand on voit ce qui se passe dans le monde, aux USA. Perdre les droits pour lesquels on s’est battu pendant des années, ça fait peur”, dit-il. Piyie, 18 ans, venue manifester avec un groupe d’amies juge pour sa part “important de montrer qu’il peut y avoir une manifestation politique pour des causes importantes dans une ambiance de fête”. Les marches des fiertés sont organisées localement par des associations partout en France, souvent en juin, en lien avec les émeutes de Stonewall, mobilisation fondatrice du mouvement LGBT+, qui ont éclaté dans la nuit du 27 au 28 juin 1969, à New York.

Ligue 1: Paul Pogba signe à Monaco pour rebondir après les ennuis

Paul Pogba s’est engagé samedi pour deux ans avec l’AS Monaco pour relancer sa carrière après trois saisons quasi blanches en raison d’une suspension de 18 mois pour dopage, de blessures et d’une affaire de séquestration dont il a été victime.Annoncée par des sources proches du dossier à l’AFP, l’information a été officialisée par l’AS Monaco samedi en fin d’après-midi, via une courte vidéo qui montre une… pioche (le surnom du joueur) surplombant le centre d’entraînement de la Turbie.Le club a aussi diffusé sur ses réseaux sociaux une vidéo de Pogba en pleurs au moment de signer son contrat sous les yeux du directeur sportif Thiago Scuro.Il sera présenté à la presse le 3 juillet avec les autres recrues Eric Dier et Ansu Fati.Cadre des Bleus champions du monde en 2018, dont il incarnait la solidité au milieu de terrain, Pogba (32 ans, 91 sélections) va évoluer pour la première fois en L1. Formé au Havre, il avait en effet rejoint dès l’âge de 16 ans Manchester United avant d’alterner entre 2011 et 2024 les passages au sein du club mancunien et de la Juventus Turin.Son dernier match, disputé avec le club italien, remonte à la fin de l’été 2023. Quelques jours plus tard, l’international français avait été suspendu pour quatre ans après un contrôle positif aux métabolites non endogènes de la testostérone (DHEA) à l’issue du match contre l’Udinese le 20 août 2023. Une sanction réduite à 18 mois par le Tribunal arbitral du sport (TAS), estimant que l’ingestion de la substance “n’était pas intentionnelle et résultait d’une prise de complément alimentaire prescrite par un médecin en Floride”.Depuis mars 2025 et la fin de sa suspension, Pogba était autorisé à rejouer, mais il était sans club après la résiliation de son contrat avec la Juventus en novembre 2024.Fin avril des médias américains avaient annoncé qu’il était en négociations avec le D.C. United de Washington, club de MLS. Son nom avait aussi été régulièrement associé à l’Olympique de Marseille.C’est finalement dans un autre club de Ligue 1, Monaco, troisième du dernier championnat et qualifié pour la Ligue des champions, que le milieu de terrain va tenter de rebondir.- “Retour au football professionnel”- Le pari est relevé. Car outre sa suspension pour dopage, ces trois dernières années ont été un long tunnel pour le Français, régulièrement blessé et très touché moralement par l’affaire d’extorsion et de séquestration dont il a été victime et pour laquelle son frère Mathias et cinq de ses amis d’enfance ont été condamnés fin 2024 à des peines allant jusqu’à huit ans de prison.”Je peux enfin tourner la page sur cette période extrêmement pénible. Maintenant que le jugement a été rendu, je peux me concentrer pleinement sur mon retour au football professionnel”, avait-il écrit à l’AFP après la décision.Le nouveau chapitre qui s’ouvre est toutefois entouré de nombreuses interrogations sur la forme physique du Français. Installé à Miami, il a multiplié les photos d’entraînement intensif sur ses réseaux sociaux, mais sa dernière véritable saison remonte à 2021-2022. Lors de cet exercice, il avait disputé 34 matches (1 but) avec Manchester United, mais le club anglais n’avait pas renouvelé le contrat du Français, régulièrement blessé. Il était alors retourné à la Juventus après un premier passage (2012-2016).Vainqueur de la Ligue Europa et d’une Coupe de la Ligue anglaise avec United en 2017, Pogba compte également quatre titres en serie A, deux Coupes d’Italie, et deux Supercoupes d’Italie avec la Juve.La Pioche poursuit le rêve de retrouver les Bleus pour participer au Mondial-2026. “Qu’il puisse retrouver le plaisir de jouer sur un terrain, c’est tout le mal que je lui souhaite parce que humainement c’est vraiment quelqu’un de bien”, avait déclaré le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps en 2024.Sur le chemin du retour, Pogba va pouvoir suivre la (quasi) totalité de la préparation physique et technique de l’AS Monaco, qui a repris l’entraînement samedi, six semaines avant le début de la Ligue 1, programmé durant le week-end du 15 août.Le premier match amical de l’ASM est programmé contre le Cercle Bruges au centre de performances de La Turbie le 11 juillet.

Gaza: la Défense civile annonce 37 morts dans des frappes ou tirs israéliens

La Défense civile de la bande de Gaza a annoncé samedi la mort de 37 personnes, dont neuf mineurs, tuées par des frappes ou des tirs de l’armée israélienne à travers le petit territoire palestinien.”Au moins 37 morts et des dizaines de blessés ont été transportés (vers des hôpitaux) à la suite de tirs et de raids israéliens”, a affirmé à l’AFP Mahmoud Bassal, porte-parole de cette organisation de premiers secours.Compte tenu des restrictions imposées aux médias dans la bande de Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans des morts communiqués par la Défense civile.M. Bassal a détaillé sept frappes aériennes menées selon lui par des drones ou des avions de chasse ayant fait un total de 35 morts, dont neuf enfants (trois à Jabalia, dans le nord du territoire, et six à Gaza-ville).Outre Jabalia et Gaza-ville, M. Bassal, qui a communiqué les noms de 15 personnes sur les 37 ayant selon lui péri samedi, a fait état de frappes meurtrières à Khan Younès, dans le sud du territoire, et à Deir el-Balah, dans le centre. Deux autres personnes ont été tuées par des tirs israéliens alors qu’elles attendaient une distribution de nourriture dans le secteur dit de Netzarim, dans le centre de la bande de Gaza, a-t-il ajouté.Interrogée par l’AFP sur les propos de M. Bassal, l’armée israélienne n’avait pas répondu en début de soirée.Des images vidéo tournées par l’AFP pendant la journée à partir du sud d’Israël  montrent des panaches de fumée provoqués par des explosions dans le nord de la bande de Gaza.- Linceuls blancs -Des images d’un photographe et un vidéaste de l’AFP montrent des proches éplorées aux funérailles de sept personnes, dont au moins deux enfants, dont les corps sont enveloppés dans des linceuls blancs ou des couvertures à l’hôpital Chifa de Gaza-ville.D’autres images de l’AFP dans Gaza-ville montrent un panache de fumée consécutif à une explosion au mileu d’immeubles et, à Jabalia, un autre photographe de l’AFP a vu des secouristes de la Défense civile évacuer un homme blessé, le tee-shirt maculé de sang au niveau du dos.Après le cessez-le-feu entré en vigueur avec l’Iran mardi, le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d’état-major de l’armée israélienne, a annoncé que celle-ci se concentrait “de nouveau sur Gaza, pour ramener les otages à la maison et démanteler le régime du Hamas”.La guerre a été déclenchée par l’attaque sans précédent de ce mouvement islamiste palestinien sur le sud d’Israël le 7 octobre 2023.L’attaque a entraîné côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles, et 49 personnes enlevées ce jour-là sont toujours otages à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l’armée israélienne.  Plus de 56.412 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne de représailles militaires israéliennes sur la bande de Gaza, selon des données du ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, jugées fiables par l’ONU.

Funérailles nationales en Iran pour les hauts gradés tués par Israël

Une foule immense a assisté samedi à Téhéran aux funérailles nationales d’une soixantaine de hauts gradés et scientifiques du nucléaire tués pendant la récente guerre avec Israël, au cinquième jour d’un cessez-le-feu toujours incertain après de nouvelles menaces de Donald Trump.Des milliers d’Iraniens, criant “Mort à l’Amérique” et “Mort à Israël”, se sont rassemblés dès …

Funérailles nationales en Iran pour les hauts gradés tués par Israël Read More »

Funérailles nationales en Iran pour les hauts gradés tués par Israël

Une foule immense a assisté samedi à Téhéran aux funérailles nationales d’une soixantaine de hauts gradés et scientifiques du nucléaire tués pendant la récente guerre avec Israël, au cinquième jour d’un cessez-le-feu toujours incertain après de nouvelles menaces de Donald Trump.Des milliers d’Iraniens, criant “Mort à l’Amérique” et “Mort à Israël”, se sont rassemblés dès le lever du jour dans le centre de Téhéran, autour des cercueils recouverts de drapeaux iraniens et portant des portraits des commandants tués en uniforme. Le cortège parti de la place Enghelab (Révolution) s’est rendu place Azadi (Liberté), distante de 11 kilomètres, sur fond de musique pop iranienne accompagnant l’éloge funèbre. Après avoir participé aux cérémonies, le président Massoud Pezeshkian a remercié les Iraniens pour s’être associés à cet hommage. “Je vous remercie, chers compatriotes, du fond du coeur, vous avez accompagné les martyrs de la patrie avec amour et la voix de notre unité a atteint les oreilles du monde”, a-t-il déclaré sur X. “Servir une nation aussi libre est l’honneur de ma vie. Pour toujours, Iran!”, a-t-il ajouté.La présence du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, n’a pas été confirmée. Au pouvoir depuis 1989, il a dans le passé présidé les funérailles nationales, notamment l’an dernier après la mort dans un accident d’hélicoptère du président d’alors, Ebrahim Raïssi.Un de ses conseillers, Ali Shamkhani, blessé durant la guerre, a lui été aperçu avec une canne.La télévision d’Etat a également montré le général Esmaïl Qaani, responsable de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique.Dans la rue, des milliers d’Iraniens ont brandi des drapeaux de la République islamique, le poing levé.”Boom boom Tel-Aviv”, proclamait une banderole, en référence aux missiles iraniens tirés sur Israël durant le conflit en représailles à des attaques contre l’Iran. Des répliques de missiles étaient exposées dans le cortège. Des drapeaux israéliens et américains ont été piétinés par la foule.- “Historique” -Israël a déclenché le 13 juin une guerre dans le but affiché d’empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique. La République islamique dément avoir une telle ambition mais revendique un droit au nucléaire civil. “Les Iraniens ont donné de leur sang, pas leur terre; ils ont donné leurs proches, pas leur honneur; ils ont résisté à une pluie de bombes de mille tonnes, mais ils ne se sont pas rendus”, a écrit le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, sur Instagram.Samedi “sera un jour historique pour l’Iran islamique et l’histoire de la révolution”, avait assuré vendredi Mohsen Mahmoudi, un responsable religieux pour la province de Téhéran.Les administrations et de nombreux commerces sont restés fermés.L’Iran a ainsi rendu hommage à une soixantaine de militaires de haut rang et des Gardiens de la Révolution, ainsi que des scientifiques liés au programme nucléaire tués par les bombardements israéliens. Mohammad Bagheri, puissant général des forces armées iraniennes, tué au premier jour de la guerre, devait être enterré avec sa femme et sa fille.M. Bagheri était le plus haut gradé des forces iraniennes, responsable à la fois de l’armée, du Corps des Gardiens de la Révolution et du programme balistique du pays. Il travaillait directement sous l’autorité du guide suprême, ultime décisionnaire et commandant en chef des forces armées.- “Une raclée” -Selon le ministère iranien de la Santé, au moins 627 personnes ont été tuées et près de 4.900 blessées parmi la population civile durant les 12 jours de guerre.Les tirs iraniens de représailles vers Israël ont fait 28 morts, selon les autorités israéliennes.Les Etats-Unis ont bombardé trois sites nucléaires en Iran dans la nuit du 21 au 22 juin, se joignant à l’offensive d’Israël.Vendredi, le président américain a affirmé que les Etats-Unis mèneraient “sans aucun doute” de nouvelles frappes en Iran si le pays enrichissait l’uranium à des niveaux lui permettant de fabriquer des armes nucléaires. Il a aussi accusé l’ayatollah Khamenei de manquer de reconnaissance, affirmant lui avoir évité “une mort affreuse et ignominieuse”.”Je savais exactement où il s’abritait”, a déclaré Donald Trump, se vantant d’avoir infligé “une raclée” à l’Iran.Téhéran a démenti reprendre des négociations avec les Etats-Unis sur son programme nucléaire, comme l’avait affirmé cette semaine Donald Trump. “Si le président Trump souhaite réellement conclure un accord, il devrait mettre de côté son ton irrespectueux et inacceptable à l’égard du guide suprême iranien”, a écrit Abbas Araghchi sur X.

Funérailles nationales en Iran pour les hauts gradés tués par Israël

Une foule immense a assisté samedi à Téhéran aux funérailles nationales d’une soixantaine de hauts gradés et scientifiques du nucléaire tués pendant la récente guerre avec Israël, au cinquième jour d’un cessez-le-feu toujours incertain après de nouvelles menaces de Donald Trump.Des milliers d’Iraniens, criant “Mort à l’Amérique” et “Mort à Israël”, se sont rassemblés dès le lever du jour dans le centre de Téhéran, autour des cercueils recouverts de drapeaux iraniens et portant des portraits des commandants tués en uniforme. Le cortège parti de la place Enghelab (Révolution) s’est rendu place Azadi (Liberté), distante de 11 kilomètres, sur fond de musique pop iranienne accompagnant l’éloge funèbre. Après avoir participé aux cérémonies, le président Massoud Pezeshkian a remercié les Iraniens pour s’être associés à cet hommage. “Je vous remercie, chers compatriotes, du fond du coeur, vous avez accompagné les martyrs de la patrie avec amour et la voix de notre unité a atteint les oreilles du monde”, a-t-il déclaré sur X. “Servir une nation aussi libre est l’honneur de ma vie. Pour toujours, Iran!”, a-t-il ajouté.La présence du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, n’a pas été confirmée. Au pouvoir depuis 1989, il a dans le passé présidé les funérailles nationales, notamment l’an dernier après la mort dans un accident d’hélicoptère du président d’alors, Ebrahim Raïssi.Un de ses conseillers, Ali Shamkhani, blessé durant la guerre, a lui été aperçu avec une canne.La télévision d’Etat a également montré le général Esmaïl Qaani, responsable de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique.Dans la rue, des milliers d’Iraniens ont brandi des drapeaux de la République islamique, le poing levé.”Boom boom Tel-Aviv”, proclamait une banderole, en référence aux missiles iraniens tirés sur Israël durant le conflit en représailles à des attaques contre l’Iran. Des répliques de missiles étaient exposées dans le cortège. Des drapeaux israéliens et américains ont été piétinés par la foule.- “Historique” -Israël a déclenché le 13 juin une guerre dans le but affiché d’empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique. La République islamique dément avoir une telle ambition mais revendique un droit au nucléaire civil. “Les Iraniens ont donné de leur sang, pas leur terre; ils ont donné leurs proches, pas leur honneur; ils ont résisté à une pluie de bombes de mille tonnes, mais ils ne se sont pas rendus”, a écrit le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, sur Instagram.Samedi “sera un jour historique pour l’Iran islamique et l’histoire de la révolution”, avait assuré vendredi Mohsen Mahmoudi, un responsable religieux pour la province de Téhéran.Les administrations et de nombreux commerces sont restés fermés.L’Iran a ainsi rendu hommage à une soixantaine de militaires de haut rang et des Gardiens de la Révolution, ainsi que des scientifiques liés au programme nucléaire tués par les bombardements israéliens. Mohammad Bagheri, puissant général des forces armées iraniennes, tué au premier jour de la guerre, devait être enterré avec sa femme et sa fille.M. Bagheri était le plus haut gradé des forces iraniennes, responsable à la fois de l’armée, du Corps des Gardiens de la Révolution et du programme balistique du pays. Il travaillait directement sous l’autorité du guide suprême, ultime décisionnaire et commandant en chef des forces armées.- “Une raclée” -Selon le ministère iranien de la Santé, au moins 627 personnes ont été tuées et près de 4.900 blessées parmi la population civile durant les 12 jours de guerre.Les tirs iraniens de représailles vers Israël ont fait 28 morts, selon les autorités israéliennes.Les Etats-Unis ont bombardé trois sites nucléaires en Iran dans la nuit du 21 au 22 juin, se joignant à l’offensive d’Israël.Vendredi, le président américain a affirmé que les Etats-Unis mèneraient “sans aucun doute” de nouvelles frappes en Iran si le pays enrichissait l’uranium à des niveaux lui permettant de fabriquer des armes nucléaires. Il a aussi accusé l’ayatollah Khamenei de manquer de reconnaissance, affirmant lui avoir évité “une mort affreuse et ignominieuse”.”Je savais exactement où il s’abritait”, a déclaré Donald Trump, se vantant d’avoir infligé “une raclée” à l’Iran.Téhéran a démenti reprendre des négociations avec les Etats-Unis sur son programme nucléaire, comme l’avait affirmé cette semaine Donald Trump. “Si le président Trump souhaite réellement conclure un accord, il devrait mettre de côté son ton irrespectueux et inacceptable à l’égard du guide suprême iranien”, a écrit Abbas Araghchi sur X.

La cigarette bannie à la plage et au parc mais pas en terrasse

Fumer à la plage, dans un parc, sous un abribus ou devant un lycée, cela devient officiellement interdit partout en France. Cette interdiction visant à protéger les enfants ne concerne pas les terrasses de cafés et restaurants, au grand dam des associations anti-tabac.Promise fin 2023 et annoncée fin mai par Catherine Vautrin, cette mesure, actée dans un décret samedi au Journal officiel entrant en vigueur dès dimanche, s’applique notamment aux plages “pendant la saison balnéaire”, aux parcs et jardins publics, aux “zones affectées à l’attente des voyageurs” dans les transports. Il concerne aussi les abords immédiats des bibliothèques, équipements sportifs (stades, piscines…), établissements scolaires ou accueillant des mineurs, où il sera interdit de griller une cigarette “dans un périmètre d’au moins 10 mètres”, a précisé le ministère de la Santé dans un communiqué. Un nouveau texte doit, “dans les prochains jours”, fixer formellement ce périmètre et la nouvelle signalisation – un pictogramme – de ces nouveaux “espaces sans tabac”, selon le ministère. Les cigarettes électroniques ne sont pas concernées par cette interdiction, qui ne s’applique pas aux terrasses de cafés et de restaurants.Toute infraction “pourra être sanctionnée par une contravention de quatrième classe, soit une amende forfaitaire de 135 euros, pouvant aller jusqu’à 750 euros”, précise le ministère qui avait toutefois promis fin mai une période de “pédagogie”.”Là, où il y a des enfants, le tabac doit disparaître. Un parc, une plage, une école, ce sont des lieux pour jouer, apprendre, respirer. Pas pour fumer”, soulignent Catherine Vautrin, ministre de la Santé, et Yannick Neuder, ministre délégué chargé de la Santé, y voyant “un pas de plus vers une génération sans tabac”.- Cohabitation en terrasse -L’élargissement des espaces sans tabac faisait partie des mesures prévues par le Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) 2023-2027, avec l’ambition de “relever le défi d’une génération débarrassée du tabac dès 2032”. Désireuses d’agir, 1.600 communes volontaires ont déjà élargi l’interdiction de fumer dans les lieux publics à des parcs, plages, pistes de ski, abords d’écoles… soit 7.000 espaces sans tabac, dans des expérimentations locales accompagnées par la Ligue contre le cancer.Très attendue par les organisations de lutte contre le tabagisme, l’interdiction permettant de “dénormaliser” l’usage du tabac dans l’espace public “va dans le bon sens, mais reste insuffisante”, déclare à l’AFP Yves Martinet, le président du Comité National Contre le Tabagisme (CNCT).”La ministre s’appuie sur la protection des enfants” mais ces derniers “vont aussi sur les terrasses”, souligne ce pneumologue.Franck Delvau, président de l’Umih (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) d’Ile-de-France, se satisfait pour sa part que les terrasses ne soient pas concernés: une telle interdiction ne ferait selon lui que déplacer le problème car “les gens en terrasse iraient fumer à côté des établissements”.”Fumeurs et non-fumeurs peuvent cohabiter” en terrasse, les “derniers lieux de convivialité et de liberté”, abonde Franck Trouet, délégué général du Groupement des Hôtelleries et Restaurations de France (GHR).- “Hameçonner les jeunes” -En France, l’exposition passive à la fumée du tabac fait 3.000 à 5.000 morts par an, selon les chiffres officiels.Le CNCT regrette l’absence dans le texte des cigarettes électroniques, dont les arômes servent à “hameçonner les jeunes”. Or, “pour qu’une mesure soit efficace, il faut qu’elle soit claire : pas de consommation de produits contenant du tabac ou de la nicotine en public”, martèle Yves Martinet. Près de neuf Français sur dix (89%) iraient autant ou plus souvent sur des terrasses de cafés et restaurants non-fumeurs, et plus d’un tiers (35%) des fumeurs et vapoteurs souhaitent réduire leur exposition, dans un sondage publié en juin par l’association Demain Sera Non-Fumeur (DNF). Le tabagisme est en baisse constante en France avec “la prévalence la plus faible jamais enregistrée depuis 2000”, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). Moins d’un quart des adultes de 18 à 75 ans déclaraient fumer quotidiennement en 2023, observe l’OFDT. Le tabagisme fait 75.000 morts par an et, selon l’OFDT, coûte 156 milliards d’euros par an à la société (vies, qualité de vie et productivité perdues, prévention, répression, soins…).Le nouveau décret renforce aussi les sanctions en cas de vente de produits du tabac et du vapotage aux mineurs, qui constitue désormais une contravention de cinquième classe. 

Le sud-est suffoque, la canicule va gagner plus de la moitié de la France

Aux 14 départements du sud de la France en vigilance orange samedi vont s’ajouter dimanche 39 autres, plongeant plus de la moitié de la France dans une chaleur étouffante partie pour durer au moins jusqu’en début de semaine prochaine.De 34 à 38°C sont attendus dans l’après-midi de samedi dans l’Aude, le Vaucluse, le Var, les Alpes-Maritimes, la Haute-Corse, les Alpes-de-Haute-Provence, l’Ardèche, la Drôme, l’Isère et le Rhône, auxquels s’étend la vigilance orange canicule déjà en vigueur depuis vendredi dans les Bouches-du-Rhône, le Gard, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales.Les températures pourront approcher “ponctuellement les 40°C près de la Méditerranée”, prévient Météo-France, qui prévoit une “nuit de samedi à dimanche étouffante, avec autour de 20 degrés sur une large moitié sud du pays, 22 à 25 degrés sur le quart sud-est de la France”, et jusqu’à 26 degrés près de la Méditerranée, “voire un peu plus ponctuellement”.A partir de dimanche, la canicule gagnera “les deux-tiers sud du pays, jusqu’en Ile-de-France” avec 53 départements – sur les 96 que compte au total la France métropolitaine – placés en vigilance orange, de l’Ile-de-France à l’Arc méditerranéen, et de la Vendée au Doubs, a annoncé Météo-France samedi matin.L’institut météorologique prévoit des températures pouvant atteindre entre 30 et 35°C degrés en région Ile-de-France, 34 à 38°C sur les deux-tiers sud du pays, voire localement plus, notamment dans le Sud-Ouest, tandis que 39 à 40°C seront “régulièrement atteints près de la Méditerranée”.Mais le pire reste sans doute à venir, le pic étant attendu en début de semaine prochaine, sans que Météo-France ne puisse encore se prononcer sur la fin de l’épisode. Il va durer “au moins jusqu’à mardi”, mais pour la fin, “est-ce que ce sera mercredi, jeudi ou vendredi, c’est trop tôt pour le dire”, estime Tristan Amm, prévisionniste chez Météo-France.Cette vague de chaleur concerne tout le sud de l’Europe, avec une vingtaine de villes d’Italie, dont Rome et Venise, placées en alerte. Au Portugal, les deux tiers du pays seront en alerte orange dimanche, avec 42°C prévus à Lisbonne et un risque maximal d’incendie. En Espagne, le pic de chaleur est attendu à partir de dimanche avec un mercure au-delà des 40°C sur une grande partie du territoire.- Numéro vert activé -En France, le numéro vert canicule, qui permet d’obtenir des conseils “pour se protéger et protéger son entourage”, a été réactivé depuis samedi 08H00.La cause de ce nouveau pic est un “dôme de chaleur”: un large et puissant anticyclone forme une sorte de couvercle qui vient bloquer l’air en basses couches, empêchant l’entrée de perturbations, tout en le réchauffant progressivement.Depuis le 19 juin, la France traverse sa 50e vague de chaleur nationale depuis 1947, et sa 33e du XXIe siècle, conséquence du réchauffement climatique qui augmente l’intensité et la fréquence des canicules. Pour y faire face, mairies, préfectures et pompiers multiplient mises en garde et recommandations.Les travaux dans les massifs forestiers sont partiellement interdits par crainte d’incendies, des locaux climatisés restent ouverts malgré le weekend, les personnes les plus vulnérables sont appelées régulièrement, des distributions d’eau sont organisées…A Marseille, où certains habitants ont trouvé refuge vendredi dans les centres commerciaux climatisés, la mairie a annoncé la gratuité des piscines municipales et publié une cartographie des lieux publics disposant de la climatisation.Dans la deuxième ville de France, au bâti scolaire souvent ancien, la chaleur a mis ces derniers jours les écoliers à rude épreuve, obligeant parfois parents et enseignants à fournir eux-mêmes des ventilateurs.Alors qu’il reste une semaine de cours, l’association de parents FCPE a demandé vendredi à la ministre de l’Education nationale Elisabeth Borne de donner, d'”urgence”, “des consignes claires” aux personnels des établissements scolaires afin d’adapter l’accueil des élèves.La ville de Nice, qui a annulé samedi un tournoi de football interquartiers en raison de la canicule, assure pour sa part que près de 250 ventilateurs portables d’appoint “ont été livrés ces deux dernières semaines” à la demande des chefs d’établissement et qu’une distribution de ventilateurs aux personnes âgées isolées a également été mise en place.

Thaïlande: une manifestation réclame la démission de la première ministre

Des milliers de manifestants anti-gouvernement se sont rassemblés à Bangkok samedi pour réclamer la démission de la première ministre Paetongtarn Shinawatra après qu’un appel téléphonique avec l’ancien dirigeant cambodgien Hun Sen a suscité la colère de la population et remis en question sa capacité à diriger.La deuxième économie d’Asie du Sud-Est se prépare pour un énième cycle de troubles politiques et de contestations populaires, sur fond de querelles tenaces entre la dynastie Shinawatra et l’establishment conservateur alignée avec le roi et l’armée.Samedi, environ 4.000 manifestants ont rempli les rues qui font le tour du Monument de la Victoire dans la capitale thaïlandaise, brandissant des drapeaux thaïlandais et applaudissant des discours entremêlés de performances musicales.La foule était composée principalement de personnes âgées et menée par d’anciens militants des “chemises jaunes” impliqués dans les grandes manifestations de rue qui ont contribué à faire tomber le gouvernement de son père Thaksin Shinawatra dans les années 2000, mais aussi par l’un de ses anciens alliés devenu l’un de ses plus grands détracteurs.”Je suis ici pour protéger la souveraineté de la Thaïlande et pour dire que la Première ministre est inapte”, a déclaré Seri Sawangmue, un manifestant de 70 ans qui a voyagé toute la nuit en bus depuis le nord du pays pour assister à l’événement.”Après avoir entendu l’appel qui a fuité, j’ai su que je ne pouvais pas lui faire confiance”, a-t-il déclaré à l’AFP. “J’ai vécu de nombreuses crises politiques et je sais où cela nous mène. Elle est prête à renoncer à notre souveraineté”.La Thaïlande connaît depuis des décennies des affrontements entre les “Chemises jaunes”, qui défendent la monarchie et l’armée et considèrent Thaksin comme une menace pour l’ordre social traditionnel du pays, et les “Chemises rouges”, qui soutiennent Thaksin.Jamnong Kalana, 64 ans, a déclaré qu’elle avait été par le passé une “Chemise rouge”, mais qu’elle avait changé de couleur et demandait désormais la démission de Paetongtarn. “Je ressens beaucoup de douleur lorsque je vois une compatriote thaïlandaise qui n’aime pas le pays comme moi”, a-t-elle déclaré.- Le clan Shinawatra sous tension -Les autorités ont indiqué que plus d’un millier de policiers et d’agents municipaux avaient été déployés pour l’événement qui se déroule pour le moment sans violence.”C’est leur droit de protester, du moment que les choses se font sans violence” a déclaré aux journalistes Paetongtarn Shinawatra avant un déplacement dans le nord de la Thaïlande frappé par des inondations.Novice en politique, la première ministre est l’objet de controverses et a été abandonnée par le Bhumjaithai, deuxième plus grand parti de sa coalition, suite à un appel téléphonique avec l’ancien Premier ministre cambodgien Hun Sen.Dans la conversation qui a fuité, elle a comparé un général thaïlandais à un “opposant”, puis utilisé un ton jugé trop familier, par ses adversaires traditionalistes en appelant l’ancien dirigeant cambodgien “oncle”.L’appel entre Paetongtarn et Hun Sen, qui a dirigé le Cambodge durant environ 40 ans, visait à apaiser les tensions, après la mort d’un soldat cambodgien, fin mai, lors d’un échange de tirs dans une zone disputée à la frontière.En poste depuis moins d’un an, Paetongtarn est la quatrième personnalité du clan Shinawatra à devenir Premier ministre de la Thaïlande après son père, sa tante et le mari de sa tante.La semaine prochaine la dirigeante et son père Thaksin vont faire face à des batailles judiciaires qui pourraient rebattre les carte du paysage politique thaïlandais.Mardi, la Cour constitutionnelle décidera si elle doit se saisir d’une pétition de sénateurs demandant sa destitution pour manque de professionnalisme. Le même jour, son père sera jugé pour des accusations de lèse-majesté liées à des remarques faites il y a dix ans à des médias sud-coréens.Une douzaine de putschs réussis depuis la fin de la monarchie absolue en 1932 a cimenté la place de l’armée dans le cœur de la vie politique thaïlandaise, laissant planer en permanence l’hypothèse d’une intervention si le gouvernement en place allait contre ses intérêts.