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Le Royaume-Uni appelé à en faire plus pour ses ressortissants arbitrairement détenus à l’étranger

Le Royaume-Uni, appelé à en faire davantage pour la libération de ses ressortissants arbitrairement détenus à l’étranger, s’apprête à imiter les Etats-Unis en nommant un émissaire chargé de cette question.Le défenseur des droits humains égypto-britannique Alaa Abdel Fattah et le magnat des médias hongkongais Jimmy Lai, également citoyen britannique, incarcérés respectivement en Egypte et à Hong Kong, sont les deux cas les plus médiatiques.Le ministère britannique des Affaires étrangères assure qu’il continue à faire pression pour obtenir leur libération mais des proches de ces détenus et des organisations des droits humains accusent les autorités de manquer d’empressement et de transparence.”Le gouvernement est engagé à renforcer son soutien aux ressortissants britanniques, notamment par la nomination d’un nouvel émissaire”, a déclaré un porte-parole du Foreign Office à l’AFP.Le ministre pour le Moyen-Orient, Hamish Falconer, a précisé que cet émissaire pour les détentions “complexes” devrait être nommé “avant l’été”.- “Chose évidente” -Le gouvernement n’a pas donné davantage de précisions sur ce poste mais il pourrait être comparable à celui d’envoyé présidentiel spécial pour les affaires d’otages créé aux Etats-Unis en 2015.A la différence de ce pays toutefois, le Royaume-Uni n’effectue pas d’échanges de prisonniers.La professeure Carla Ferstman, une experte des détentions arbitraires au Centre des droits de l’homme de la faculté de droit d’Essex, estime qu’une telle nomination serait “la chose la plus évidente à faire pour le Royaume-Uni”.”Quand vous avez affaire à quelqu’un au plus haut niveau, cela impose un certain respect”, explique-t-elle à l’AFP.Alaa Abdel Fattah a été arrêté en septembre 2019 en Egypte et condamné à cinq ans de prison pour “diffusion de fausses informations”, après avoir partagé une publication Facebook dénonçant des violences policières.Il est toujours emprisonné malgré sa grève de la faim, celle observée par sa mère et les déclarations de Londres assurant faire pression “au plus haut niveau du gouvernement égyptien” pour obtenir sa libération.Sa soeur, Sanaa Seif, a dit à l’AFP qu’un envoyé spécial permettrait “un véritable suivi” et une meilleure coordination au niveau gouvernemental pour la libération des détenus.- “Stratégie claire” – Elle plaide par ailleurs pour que le gouvernement révise ses conseils aux voyageurs concernant l’Égypte, une demande également exprimée par des parlementaires qui suggèrent en outre de sanctionner des responsables égyptiens.”N’est-il pas évident que les paroles ne suffisent plus ?”, a récemment lancé devant les membres de la Chambre des lords le conservateur Guy Black.Durcir les conseils aux voyageurs est un outil non négligeable, souligne Carla Ferstman. “C’est important, car tout à coup les touristes ne peuvent plus souscrire d’assurance et les voyages d’affaires deviennent plus difficiles”, juge-t-elle.Amnesty International a récemment appelé le gouvernement à définir une “stratégie claire” pour soutenir les Britanniques arbitrairement détenus, notamment en exigeant la présence de représentants britanniques aux procès.Le gouvernement travailliste, mis en place en juillet 2024, s’était engagé pendant la campagne électorale à instaurer “un nouveau droit à l’assistance consulaire en cas de violations des droits humains”.- Réaction rapide -Amnesty souhaite également qu’il réclame la “libération immédiate” des personnes concernées, y compris publiquement lorsque la famille en fait la demande.Cette ONG souligne que Londres a attendu trois ans pour demander publiquement la libération de Jimmy Lai. Un retard qui, selon son fils Sebastian, “envoie un mauvais message” aux “Etats autocratiques”.”Plus vite le gouvernement s’exprime après une arrestation, plus la fenêtre pour obtenir une libération est grande”, explique à l’AFP Eilidh Macpherson, d’Amnesty.Jagtar Singh Johal, un blogueur sikh écossais, a été arrêté en Inde en novembre 2017 où il se trouvait pour son mariage. Il a été accusé d’être impliqué dans un complot terroriste contre des dirigeants hindous d’extrême droite.Il n’a jamais été reconnu coupable de crime et, en mars dernier, il a été acquitté dans l’une des neuf affaires retenues contre lui.Le ministre des Affaires étrangères, David Lammy, “continue de faire part de ses préoccupations” auprès du gouvernement indien “à chaque occasion appropriée”, assure le Foreign Office.Toutefois, le frère du blogueur, Gurpreet Singh Johal, regrette un manque de transparence. “Nous ne savons pas ce qui est réellement dit”, confie-t-il à l’AFP. La nomination d’un émissaire serait, selon lui, “une bonne chose” mais, tant que le poste n’est pas officiellement pourvu, “nous ne saurons pas exactement ce que cela implique”, relève-t-il.

Le Royaume-Uni appelé à en faire plus pour ses ressortissants arbitrairement détenus à l’étranger

Le Royaume-Uni, appelé à en faire davantage pour la libération de ses ressortissants arbitrairement détenus à l’étranger, s’apprête à imiter les Etats-Unis en nommant un émissaire chargé de cette question.Le défenseur des droits humains égypto-britannique Alaa Abdel Fattah et le magnat des médias hongkongais Jimmy Lai, également citoyen britannique, incarcérés respectivement en Egypte et à Hong Kong, sont les deux cas les plus médiatiques.Le ministère britannique des Affaires étrangères assure qu’il continue à faire pression pour obtenir leur libération mais des proches de ces détenus et des organisations des droits humains accusent les autorités de manquer d’empressement et de transparence.”Le gouvernement est engagé à renforcer son soutien aux ressortissants britanniques, notamment par la nomination d’un nouvel émissaire”, a déclaré un porte-parole du Foreign Office à l’AFP.Le ministre pour le Moyen-Orient, Hamish Falconer, a précisé que cet émissaire pour les détentions “complexes” devrait être nommé “avant l’été”.- “Chose évidente” -Le gouvernement n’a pas donné davantage de précisions sur ce poste mais il pourrait être comparable à celui d’envoyé présidentiel spécial pour les affaires d’otages créé aux Etats-Unis en 2015.A la différence de ce pays toutefois, le Royaume-Uni n’effectue pas d’échanges de prisonniers.La professeure Carla Ferstman, une experte des détentions arbitraires au Centre des droits de l’homme de la faculté de droit d’Essex, estime qu’une telle nomination serait “la chose la plus évidente à faire pour le Royaume-Uni”.”Quand vous avez affaire à quelqu’un au plus haut niveau, cela impose un certain respect”, explique-t-elle à l’AFP.Alaa Abdel Fattah a été arrêté en septembre 2019 en Egypte et condamné à cinq ans de prison pour “diffusion de fausses informations”, après avoir partagé une publication Facebook dénonçant des violences policières.Il est toujours emprisonné malgré sa grève de la faim, celle observée par sa mère et les déclarations de Londres assurant faire pression “au plus haut niveau du gouvernement égyptien” pour obtenir sa libération.Sa soeur, Sanaa Seif, a dit à l’AFP qu’un envoyé spécial permettrait “un véritable suivi” et une meilleure coordination au niveau gouvernemental pour la libération des détenus.- “Stratégie claire” – Elle plaide par ailleurs pour que le gouvernement révise ses conseils aux voyageurs concernant l’Égypte, une demande également exprimée par des parlementaires qui suggèrent en outre de sanctionner des responsables égyptiens.”N’est-il pas évident que les paroles ne suffisent plus ?”, a récemment lancé devant les membres de la Chambre des lords le conservateur Guy Black.Durcir les conseils aux voyageurs est un outil non négligeable, souligne Carla Ferstman. “C’est important, car tout à coup les touristes ne peuvent plus souscrire d’assurance et les voyages d’affaires deviennent plus difficiles”, juge-t-elle.Amnesty International a récemment appelé le gouvernement à définir une “stratégie claire” pour soutenir les Britanniques arbitrairement détenus, notamment en exigeant la présence de représentants britanniques aux procès.Le gouvernement travailliste, mis en place en juillet 2024, s’était engagé pendant la campagne électorale à instaurer “un nouveau droit à l’assistance consulaire en cas de violations des droits humains”.- Réaction rapide -Amnesty souhaite également qu’il réclame la “libération immédiate” des personnes concernées, y compris publiquement lorsque la famille en fait la demande.Cette ONG souligne que Londres a attendu trois ans pour demander publiquement la libération de Jimmy Lai. Un retard qui, selon son fils Sebastian, “envoie un mauvais message” aux “Etats autocratiques”.”Plus vite le gouvernement s’exprime après une arrestation, plus la fenêtre pour obtenir une libération est grande”, explique à l’AFP Eilidh Macpherson, d’Amnesty.Jagtar Singh Johal, un blogueur sikh écossais, a été arrêté en Inde en novembre 2017 où il se trouvait pour son mariage. Il a été accusé d’être impliqué dans un complot terroriste contre des dirigeants hindous d’extrême droite.Il n’a jamais été reconnu coupable de crime et, en mars dernier, il a été acquitté dans l’une des neuf affaires retenues contre lui.Le ministre des Affaires étrangères, David Lammy, “continue de faire part de ses préoccupations” auprès du gouvernement indien “à chaque occasion appropriée”, assure le Foreign Office.Toutefois, le frère du blogueur, Gurpreet Singh Johal, regrette un manque de transparence. “Nous ne savons pas ce qui est réellement dit”, confie-t-il à l’AFP. La nomination d’un émissaire serait, selon lui, “une bonne chose” mais, tant que le poste n’est pas officiellement pourvu, “nous ne saurons pas exactement ce que cela implique”, relève-t-il.

Le Royaume-Uni appelé à en faire plus pour ses ressortissants arbitrairement détenus à l’étranger

Le Royaume-Uni, appelé à en faire davantage pour la libération de ses ressortissants arbitrairement détenus à l’étranger, s’apprête à imiter les Etats-Unis en nommant un émissaire chargé de cette question.Le défenseur des droits humains égypto-britannique Alaa Abdel Fattah et le magnat des médias hongkongais Jimmy Lai, également citoyen britannique, incarcérés respectivement en Egypte et à …

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Pavel Talankin, “Monsieur Personne” qui a filmé la propagande dans les écoles russes

Quand la Russie a lancé son invasion de l’Ukraine en 2022, le Kremlin a lancé un programme d'”éducation patriotique” dans les écoles. Dans sa petite ville de Karabach, au coeur de l’Oural, Pavel Talankin a filmé ces séances de propagande durant plus de deux ans.A la demande des autorités souhaitant s’assurer que ces enseignements étaient bien dispensés, ce coordinateur des activités de l’école et vidéaste a enregistré avec sa caméra des élèves apprenant à marcher au pas, la remise de prix d’un concours de lancer de grenades, les enseignements dans lesquels les Ukrainiens sont qualifiés de “néo-nazis”, les démonstrations de mercenaires du groupe Wagner expliquant aux enfants les différents types d’armes et de mines antipersonnel… Lui-même ancien élève de l’école de cette petite ville industrielle à 1.600 kilomètres à l’est de Moscou, Pavel Talankin vit mal cette “militarisation” de l’enseignement.”J’aime mon travail mais je ne veux pas être un pion du régime”, expliquait alors le trentenaire à sa caméra, n’ayant personne d’autre à qui se confier. Déprimé, il décide de démissionner. Un jour, il répond à un appel à témoignages lancé sur internet par une société russe recherchant des personnes dont le travail était affecté par la guerre.Plus tard, il recevra “le plus étrange message de (sa) vie”: un réalisateur lui propose de participer à un documentaire sur la propagande militaire dans les écoles russes, dans le sillage de l'”opération spéciale” en Ukraine. Après une nuit sans dormir, il accepte de collaborer au projet.Il échange avec le réalisateur, l’Américain David Borenstein, basé au Danemark, revient sur sa démission et continue de filmer, trouvant enfin un sens à son travail.A l’été 2024, il quitte la Russie avec sept disques durs contenant des heures de tournage.Elles sont devenues “Monsieur Personne contre Poutine”, un documentaire de 90 minutes, présenté pour la première fois en janvier au festival de Sundance où il a reçu un prix.- “Persona non grata” – Pour ce projet, Pavel Talankin a abandonné sa vie russe, laissant derrière lui sa mère, bibliothécaire de l’école, ses frères et soeurs, sa ville natale où il est désormais largement conspué.”Je suis devenu persona non grata,” raconte à l’AFP le jeune homme de 34 ans depuis Prague, où il vit désormais.Mais il n’a aucun regret. “Je le referais”, dit-il sans hésiter.Il dit avoir reçu soutien et encouragements de nombre de personnes qui apparaissent dans le film. Une de ses anciennes collègues lui a avoué avoir honte de “faire partie du système” de propagande de Moscou.Le succès du film, bien accueilli par la critique, a également constitué un “soulagement” pour David Borenstein.”Je savais dès le départ que Pasha (diminutif de Pavel, ndlr) devrait quitter la Russie pour que ce projet voie le jour”, explique-t-il à l’AFP: “C’est un énorme sacrifice pour lui”.Pour l’instant, Talankin ne peut pas accompagner l’équipe dans les festivals où est projeté le film, pour des raisons administratives.Mais il mesure l’impact de son travail même en Tchéquie. Un spectateur lui a confié avoir reconsidéré sa haine des Russes après avoir le film. “Nous ne savions pas ce qui vous arrive”, a-t-il dit à Talankin.- “Comme des mousquetaires” -Au-delà des images rares qu’il contient, le documentaire a été salué pour son ton empathique, jouant également de l’absurde.Comme lorsqu’un enseignant d’histoire, représentant local du parti au pouvoir, explique à ses élèves que la hausse des prix causée par le conflit et les sanctions contre Moscou allaient entraîner des pénuries de gaz en Europe.”Les Français seront bientôt comme des mousquetaires, se déplaçant à cheval”, annonce-t-il avec conviction.”C’est un véritable objet cinématographique, fort et poétique”, estime Alexandra Fechner, qui promeut le documentaire en France: “Ce film montre la face cachée de la propagande en Russie qui vise les plus jeunes, des enfants à qui on réinvente l’histoire et à qui l’on donne des fusils”.Le réalisateur David Borenstein confie avoir lui-même ressenti la puissance insidieuse de la propagande.A force de visionner quotidiennement les images envoyées par Pavel Talankin, il dit s’y être habitué, et raconte comment voir des mercenaires de Wagner expliquer la guerre à des enfants ne lui a plus semblé anormal: “Regarder cette propagande chaque jour m’a montré à quel point on pouvait devenir totalement insensible”.Pavel Talankin affirme avoir encore des heures de bandes inexploitées. “J’ai des projets pour ces images”, dit-t-il: “Tôt ou tard, je les diffuserai”.

Pavel Talankin, “Monsieur Personne” qui a filmé la propagande dans les écoles russes

Quand la Russie a lancé son invasion de l’Ukraine en 2022, le Kremlin a lancé un programme d’”éducation patriotique” dans les écoles. Dans sa petite ville de Karabach, au coeur de l’Oural, Pavel Talankin a filmé ces séances de propagande durant plus de deux ans.A la demande des autorités souhaitant s’assurer que ces enseignements étaient …

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Environ 140.000 manifestants en Serbie pour réclamer des élections

Environ 140.000 personnes, selon un organisme indépendant, ont manifesté samedi en Serbie pour réclamer des législatives anticipées, maintenant la pression sur le gouvernement après plus de sept mois d’un mouvement de contestation mené par les étudiants qui secoue tout le pays. “Nous voulons des élections!”, a scandé la foule, qui a envahi à partir de 18H00 (16H00 GMT) la plus grande place de la capitale Belgrade et plusieurs rues alentour, brandissant des drapeaux serbes et des banderoles avec les noms de villes et de villages de Serbie, ont constaté plusieurs journalistes de l’AFP dans le cortège.En fin de soirée, des heurts ont éclatés entre des grappes de manifestants dont certains avec des fumigènes et les forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes. Les heurts sont rares depuis le début du mouvement. Dans un communiqué la police a affirmé que le rassemblement avait réuni 36.000 manifestants, mais les journalistes de l’AFP ainsi que plusieurs images aériennes du rassemblement montrent une foule bien plus importante. Selon le décompte provisoire d’un organisme indépendant en fin de soirée, environ 140.000 personnes ont manifesté – ce qui en ferait l’une des plus importantes manifestations depuis le début du mouvement, après celle du 15 mars qui avait rassemblé 300.000 personnes.”Nous démontrons une fois de plus que nous ne nous arrêterons pas”, a expliqué à l’AFP Stefan Ivakovic, un étudiant en droit. “Nous nous mobiliserons aussi longtemps qu’il le faudra jusqu’à ce que nos revendications soient satisfaites.” – Ultimatum -Le mouvement est né de l’effondrement le 1er novembre 2024 de l’auvent en béton de la gare de Novi Sad (nord), qui a coûté la vie à 16 personnes dont deux enfants. Les étudiants en ont rapidement pris la tête. Frustrés par l’inaction du gouvernement populiste face à cette tragédie largement imputée à une corruption enracinée, ils ont établi plusieurs revendications ces derniers mois, notamment une enquête indépendante, et exigent depuis mai des législatives anticipées.Le mouvement avait semblé marquer le pas après l’immense manifestation de mars, mais les étudiants espèrent que cette nouvelle démonstration de force lui donnera un nouvel élan. Ils ont dans la semaine présenté deux demandes au président: la dissolution du Parlement, et le départ de ses partisans qui campent devant la présidence depuis le 12 avril.Aleksandar Vucic (droite nationaliste) avait, selon l’ultimatum des étudiants, jusqu’à ce samedi 21H00 (19H00 GMT) pour y répondre.  Le délai expiré, des étudiants ont lu un communiqué aux manifestants: “Peuple de Serbie! Le temps est écoulé, mais pas pour nous (…). Cette lutte n’est pas seulement celle des étudiants. Aujourd’hui, nous exigeons tous des élections. Nous nous lèverons tous et nous gagnerons tous”. Dans un texte posté plus tard sur Instagram, les étudiants ont rejeté la responsabilité de toute radicalisation sur les autorités, “qui avaient tous les moyens de satisfaire les revendications et ont préféré choisir la violence et la répression”.- Arrestations -Alimentant les craintes de heurts entre les deux camps, M. Vucic avait prévenu dans la matinée qu’il y aurait “de la violence” vers la fin de la manifestation des étudiants.Ces derniers, dont les rassemblements ont toujours été pacifiques, ont de leur côté menacé d’une “radicalisation” si leurs demandes n’étaient pas satisfaites appelant à une “désobéissance civile pacifique”.Vendredi soir, le président Vucic leur avait répondu, rejetant leurs revendications et les accusant, comme il l’avait déjà fait, d’être à la solde de “puissances étrangères”.”A la fin, la Serbie gagne toujours” a-t-il posté sur Instagram tard samedi.Face à un mouvement de contestation de cette ampleur, le président serbe s’est séparé du chef du gouvernement et de certains ministres en janvier, tout en accusant régulièrement les manifestants de vouloir fomenter un coup d’Etat, d’être payés par d’autres pays ou de vouloir attenter à sa vie.Le pouvoir a également maintenu la pression sur un certain nombre de militants: plus de dix personnes ont été arrêtées ces derniers jours. Samedi soir, un journaliste de l’AFP a vu au moins deux manifestants se faire arrêter.

Environ 140.000 manifestants en Serbie pour réclamer des élections

Environ 140.000 personnes, selon un organisme indépendant, ont manifesté samedi en Serbie pour réclamer des législatives anticipées, maintenant la pression sur le gouvernement après plus de sept mois d’un mouvement de contestation mené par les étudiants qui secoue tout le pays. “Nous voulons des élections!”, a scandé la foule, qui a envahi à partir de 18H00 (16H00 GMT) la plus grande place de la capitale Belgrade et plusieurs rues alentour, brandissant des drapeaux serbes et des banderoles avec les noms de villes et de villages de Serbie, ont constaté plusieurs journalistes de l’AFP dans le cortège.En fin de soirée, des heurts ont éclatés entre des grappes de manifestants dont certains avec des fumigènes et les forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes. Les heurts sont rares depuis le début du mouvement. Dans un communiqué la police a affirmé que le rassemblement avait réuni 36.000 manifestants, mais les journalistes de l’AFP ainsi que plusieurs images aériennes du rassemblement montrent une foule bien plus importante. Selon le décompte provisoire d’un organisme indépendant en fin de soirée, environ 140.000 personnes ont manifesté – ce qui en ferait l’une des plus importantes manifestations depuis le début du mouvement, après celle du 15 mars qui avait rassemblé 300.000 personnes.”Nous démontrons une fois de plus que nous ne nous arrêterons pas”, a expliqué à l’AFP Stefan Ivakovic, un étudiant en droit. “Nous nous mobiliserons aussi longtemps qu’il le faudra jusqu’à ce que nos revendications soient satisfaites.” – Ultimatum -Le mouvement est né de l’effondrement le 1er novembre 2024 de l’auvent en béton de la gare de Novi Sad (nord), qui a coûté la vie à 16 personnes dont deux enfants. Les étudiants en ont rapidement pris la tête. Frustrés par l’inaction du gouvernement populiste face à cette tragédie largement imputée à une corruption enracinée, ils ont établi plusieurs revendications ces derniers mois, notamment une enquête indépendante, et exigent depuis mai des législatives anticipées.Le mouvement avait semblé marquer le pas après l’immense manifestation de mars, mais les étudiants espèrent que cette nouvelle démonstration de force lui donnera un nouvel élan. Ils ont dans la semaine présenté deux demandes au président: la dissolution du Parlement, et le départ de ses partisans qui campent devant la présidence depuis le 12 avril.Aleksandar Vucic (droite nationaliste) avait, selon l’ultimatum des étudiants, jusqu’à ce samedi 21H00 (19H00 GMT) pour y répondre.  Le délai expiré, des étudiants ont lu un communiqué aux manifestants: “Peuple de Serbie! Le temps est écoulé, mais pas pour nous (…). Cette lutte n’est pas seulement celle des étudiants. Aujourd’hui, nous exigeons tous des élections. Nous nous lèverons tous et nous gagnerons tous”. Dans un texte posté plus tard sur Instagram, les étudiants ont rejeté la responsabilité de toute radicalisation sur les autorités, “qui avaient tous les moyens de satisfaire les revendications et ont préféré choisir la violence et la répression”.- Arrestations -Alimentant les craintes de heurts entre les deux camps, M. Vucic avait prévenu dans la matinée qu’il y aurait “de la violence” vers la fin de la manifestation des étudiants.Ces derniers, dont les rassemblements ont toujours été pacifiques, ont de leur côté menacé d’une “radicalisation” si leurs demandes n’étaient pas satisfaites appelant à une “désobéissance civile pacifique”.Vendredi soir, le président Vucic leur avait répondu, rejetant leurs revendications et les accusant, comme il l’avait déjà fait, d’être à la solde de “puissances étrangères”.”A la fin, la Serbie gagne toujours” a-t-il posté sur Instagram tard samedi.Face à un mouvement de contestation de cette ampleur, le président serbe s’est séparé du chef du gouvernement et de certains ministres en janvier, tout en accusant régulièrement les manifestants de vouloir fomenter un coup d’Etat, d’être payés par d’autres pays ou de vouloir attenter à sa vie.Le pouvoir a également maintenu la pression sur un certain nombre de militants: plus de dix personnes ont été arrêtées ces derniers jours. Samedi soir, un journaliste de l’AFP a vu au moins deux manifestants se faire arrêter.

Environ 140.000 manifestants en Serbie pour réclamer des élections

Environ 140.000 personnes, selon un organisme indépendant, ont manifesté samedi en Serbie pour réclamer des législatives anticipées, maintenant la pression sur le gouvernement après plus de sept mois d’un mouvement de contestation mené par les étudiants qui secoue tout le pays. “Nous voulons des élections!”, a scandé la foule, qui a envahi à partir de 18H00 …

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Top 14: Toulouse vient à bout de Bordeaux-Bègles et s’offre un triplé

Au bout de la dramaturgie et de la prolongation, le Stade Toulousain a remporté un troisième titre de champion de France consécutif en venant à bout de Bordeaux-Bègles 39-33 samedi. Cette génération toulousaine ne sait décidément pas perdre une finale. Elle a remporté un cinquième titre de champion de France sur les six derniers mis en jeu, le 24e en tout dans l’histoire du club. Même amoindris, même bousculés, et même poussés en prolongation par une pénalité de Maxime Lucu à la sirène, Toulouse a répondu présent pour ajouter un 30e trophée à son palmarès, championnat et Coupe d’Europe confondus.Les Rouge et Noir, vexés par la claque reçue à Bordeaux début mai en demi-finale de Champions Cup, n’avaient pas utilisé le mot de “revanche” en public avant la rencontre. Mais dans les attitudes, ils avaient bien un message à faire passer, bien décidés à conserver la suprématie nationale après les titres de 2023 et 2024.L’UBB, sur le toit de l’Europe depuis son premier titre glané à Cardiff fin mai, avait elle encore le souvenir douloureux du cauchemar vécu en finale la saison dernière face à ces mêmes Toulousains, vainqueurs par K.O. 59-3.Ils ont pu croire que leur heure était venue lorsque Maxime Lucu a placé, à la sirène, une pénalité entre les perches, envoyant les deux équipes en prolongation pour la première fois depuis 2005. – Ramos impérial -Mais Toulouse a peu à peu repris le dessus, offrant à la 95e une pénalité au pied sûr de Ramos, synonyme de sacre, avant que l’arrière n’ajoute un dernier coup de pied à la dernière seconde. En s’imposant, les hommes d’Ugo Mola ont ajouté un nouveau chapitre à la rivalité qui voit le jour entre les deux clubs et prouvent qu’ils savent gagner malgré la cascade de blessures qui s’est abattue sur la Ville Rose en cette fin de saison. Toulouse a dû composer sans son maître à jouer Antoine Dupont ni Peato Mauvaka, Ange Capuozzo et Alexandre Roumat, tous blessés et rejoints samedi soir à l’infirmerie par Romain Ntamack.Après un printemps délicat, le champion en titre a su répondre présent et priver Bordeaux-Bègles d’un doublé historique. La génération incarnée par Thomas Ramos, encore une fois à 100% au pied samedi, se rapproche des plus illustres de ses aînées: le dernier triplé date des années 1990, lorsque Toulouse avait décroché quatre Brennus d’affilée en 1994 et 1997. Les Toulousains ont rapidement montré qu’ils avaient bien activé leur mode “finale”, le même qui a permis à cette génération des Rouge et Noir de remporter les six finales auxquelles elle a pris part.Au-dessus en mêlée, les Hauts-Garonnais ont toutefois eu du mal à concrétiser leur ascendant, alors que Bordeaux-Bègles a saisi chaque occasion de marquer pour laisser planer le danger (9-6, 26e).- Chassé-croisé -Les Toulousains ont poursuivi leur pilonnage en règle de la défense bordelo-béglaise malgré la sortie de Romain Ntamack, qui a définitivement cédé sa place à la pause, touché au coude.Ses partenaires ont fini par être récompensés grâce à un essai d’Anthony Jelonch, consécutif au carton jaune reçu par le deuxième ligne des Girondins Guido Petti (13-9, 31e).La réplique de l’UBB n’a pas tardé, grâce à un jeu au pied rasant et précis de Maxime Lucu, atterrissant dans les bras de Damian Penaud, qui a redonné l’avantage à son équipe (16-13, 35e).Le troisième ligne anglais Jack Willis, au diapason d’un pack impressionnant, a répondu avant la pause, puis récidivé après. Toulouse a ainsi pu rester en tête, alors que l’ouvreur bordelo-béglais Matthieu Jalibert avait trouvé la faille (27-23, 45e).Et face à la sortie sur blessure de Romain Ntamack pour Toulouse, l’UBB a elle perdu Louis Bielle-Biarrey, sorti à la mi-temps après un premier acte vécu dans la souffrance, alors que l’ailier revenait à la compétition après trois semaines d’absence et un choc subi à Vannes lors de la dernière journée de la saison régulière.Lors d’une fin de match irrespirable, Bordeaux-Bègles a su revenir, faisant parler son caractère et poussant Toulouse dans ses retranchements.Mais le savoir-faire toulousain, qui relève de l’expertise lorsqu’il s’agit d’une finale, a parlé en prolongation. Et Toulouse a exulté.

La quasi-totalité de la France en vigilance orange canicule dimanche

A l’exception des Hautes-Alpes, de la Corse-du-Sud et d’une bande allant du Finistère à la Moselle, la France entière a été placée en vigilance orange canicule pour la journée de dimanche, alors que la vague de chaleur intense qui a débuté vendredi dans le Sud-Est devrait durer au moins jusqu’en milieu de semaine prochaine.Samedi en milieu d’après-midi des températures comprises entre 36 et 38°C ont été enregistrées dans les 14 départements du quart sud-est déjà en vigilance orange canicule avec des pics localement à 40,7°c à Cadenet, dans le Vaucluse ou encore 40°c à Villevieille, dans le Gard.Météo-France a étendu pour dimanche la vigilance orange canicule à 73 départements au total, soit la quasi-totalité du territoire métropolitain, anticipant un “épisode caniculaire intense et étendu”.Seuls le Finistère, les Côtes-d’Armor, la Manche, le Calvados, la Seine-Maritime, la Somme, le Pas-de-Calais, les Ardennes et la Marne seront épargnés par la chaleur, tandis que Morbihan, Orne, Eure, Oise, Aisne, Nord, Aube, Haute-Marne, Vosges, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Moselle, Hautes-Alpes et Corse-du-Sud ne seront qu’en vigilance jaune canicule.- 39 à 40°C près de la Méditerranée -Il faudra s’attendre à des “températures maximales entre 30°C et 34°C sur un axe allant du sud de la Bretagne à la région Centre-Val de Loire, à l’Ile-de-France et à la Bourgogne” tandis que “plus au sud, on atteindra généralement 34°C à 38°C” et “régulièrement” 39°C à 40°C “près de la Méditerranée”, anticipe Météo-France.”La canicule se poursuivra en début de semaine prochaine, avec des températures encore en hausse, excepté sur le pourtour méditerranéen où elles seront stationnaires”, ajoute l’institut, qui prévoit que le pic -avec des maximales de 39°C à 40°C “assez fréquentes”- survienne “autour de mardi ou mercredi selon les régions”. “Les prévisions actuelles laissent penser à une fin progressive de cet épisode caniculaire intense et étendu entre mercredi et jeudi, d’ouest en est, mais cela reste encore à confirmer”, note Météo-France.A Nice, où vers midi samedi il faisait déjà 33° C, pour un ressenti de 37°C, les habitants venaient chercher un peu de fraîcheur sous les brumisateurs et jets d’eau disposés le long de la coulée verte aménagée par la municipalité.”On habite en centre-ville dans un appartement, on n’a pas de piscine et ici la mer, c’est difficile avec un enfant de deux ans”, a raconté à l’AFP Florence Oleari, 35 ans, médecin généraliste venue se mouiller avec sa fille. Dans la ville des Alpes-Maritimes, le thermomètre a peiné à descendre sous les 27°C durant la nuit.La situation ne devrait pas s’arranger dans la nuit de samedi à dimanche, qui s’annonce “étouffante”, selon Météo-France, “avec plus de 20 degrés sur une large moitié sud du pays, 22 à 25 degrés sur le quart sud-est” et jusqu’à 27 degrés, voire un peu plus ponctuellement, près de la Méditerranée.- record possible en Espagne -Tout le sud de l’Europe est concerné par cette vague de chaleur. En Espagne, selon un message sur X publié dans la soirée par l’Agence de météorologie, la température à El Granado, au sud-ouest du pays, aurait atteint les 46 °C. “Ce chiffre, en attente de validation, représenterait la température la plus élevée enregistrée en Espagne en juin depuis le début des relevés”, a ajouté l’agence.En Italie, 17 villes sont placées en alerte rouge (niveau 3) samedi et 21 dimanche, aussi bien dans le nord, comme à Milan, Bologne et Turin, que dans le sud, notamment à Naples et Palerme, avec des pics attendus à 39°C.Au Portugal, les deux tiers du pays seront en alerte orange dimanche, avec 42°C prévus à Lisbonne et un risque maximal d’incendie. En France, le numéro vert canicule, pour obtenir des conseils “pour se protéger et protéger son entourage”, a été réactivé depuis samedi 08H00.Depuis le 19 juin, la France traverse sa 50e vague de chaleur nationale depuis 1947, et sa 33e du XXIe siècle, conséquence du réchauffement climatique qui augmente l’intensité et la fréquence des canicules. Pour y faire face, mairies, préfectures et pompiers multiplient mises en garde et recommandations.L’interdiction partielle de travaux dans les massifs forestiers par crainte d’incendies est prolongée dimanche, des locaux climatisés restent ouverts tout le weekend, les personnes les plus vulnérables sont appelées régulièrement, des distributions d’eau sont organisées…A Marseille, la mairie a annoncé la gratuité des piscines municipales et publié une cartographie des lieux publics disposant de la climatisation tandis que Bordeaux a étendu les horaires d’ouverture des parcs et jardins jusqu’à 23H00.jra-mer-vxm-vid/jp/