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La commission TikTok presse pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans
Un “océan de contenus néfastes”, de la violence “sous toutes ses formes” : la commission d’enquête parlementaire sur TikTok préconise jeudi d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans et un “couvre-feu numérique” pour les 15-18 ans pour tenter d’endiguer un “piège algorithmique” dangereux pour les plus jeunes.Une telle interdiction, déjà souhaitée par l’Elysée, permettrait “de donner un signal à la fois aux enfants et aux parents qu’avant 15 ans”, les réseaux sociaux, “ce n’est pas anodin”, a résumé auprès de l’AFP la députée Laure Miller (EPR), rapporteure de cette commission d’enquête parlementaire.Lancée en mars, la commission a auditionné pendant plusieurs mois des familles de victimes, des responsables de réseaux sociaux et des influenceurs pour décortiquer l’algorithme de TikTok, dont le design “a été copié par d’autres réseaux sociaux”, a rappelé Mme Miller.En se plongeant dans cette application ultrapopulaire chez les jeunes, les députés ont constaté “un océan de contenus néfastes”, mêlant des vidéos de “promotion du suicide, d’automutilation” et “une exposition à la violence sous toutes ses formes”, dopé par les programmes de recommandations puissants qui enferment les jeunes dans des bulles nocives, a-t-elle détaillé lors d’une conférence de presse.Pour le président de la commission d’enquête, Arthur Delaporte (PS), “TikTok a délibérément mis en danger la santé, la vie de ses utilisateurs”. Le député a saisi la procureure de la République de Paris pour ces possibles “infractions de nature pénale” et également pour “parjure” des dirigeants de l’application.Dans une réaction à l’AFP, TikTok a “catégoriquement” rejeté jeudi “la présentation trompeuse” de la commission, “qui cherche à faire de notre entreprise un bouc émissaire face à des enjeux qui concernent l’ensemble du secteur et de la société”. – “Soulagement” -L’avocate Laure Boutron-Marmion, fondatrice du collectif Algos Victima qui représente plusieurs familles ayant assigné TikTok en justice fin 2024, l’accusant d’avoir exposé leurs enfants à des contenus pouvant les pousser au suicide, a elle “salué” l’initiative.”C’est compliqué pour nous, parents, de modérer tout ça”, a expliqué à l’AFP Géraldine, 52 ans, qui fait partie des plaignants et souhaite rester anonyme.En février 2024, cette mère de famille a perdu sa fille, Pénélope, qui s’est suicidée à l’âge de 18 ans.Après son décès, elle avait découvert les vidéos de scarification que sa fille publiait et consultait sur TikTok.”Ce n’est pas TikTok qui a tué notre fille, parce que de toute façon, elle n’allait pas bien”, explique Géraldine à l’AFP, mais le réseau a “enfoncé” sa fille dans son mal-être.”C’est un soulagement pour les parents de se rendre compte qu’ils ne sont plus seuls à lutter contre ces phénomènes envahissants dans leur foyer”, a commenté Justine Atlan, directrice générale de l’association e-Enfance. TikTok assure pourtant mener “une politique exigeante en matière de sécurité et de protection de ses utilisateurs” avec “plus de 70 fonctionnalités et paramètres spécifiquement” conçus pour veiller au bien-être des adolescents et des familles, a ajouté le porte-parole de TikTok. Néanmoins, pour Laure Miller, l’application provoque aussi chez les mineurs: perte de l’attention et de la concentration, perturbation du sommeil ou problèmes d’estime de soi, en particulier pour les adolescentes. – Proposition de loi -Pour y remédier, le rapport propose l’instauration d’un “couvre-feu numérique” pour les 15-18 ans, rendant les réseaux sociaux inaccessibles de 22H00 à 08H00, ainsi qu’une vaste campagne d’information sur leurs risques, suivie de la création d’un “délit de négligence numérique” pour “les parents irresponsables”. L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans est un cheval de bataille du président Emmanuel Macron.De récentes lignes directrices de la Commission européenne ont “ouvert la porte à une réglementation nationale”, dont “la clé est la mise en place d’un dispositif de vérification de l’âge à l’inscription”, selon Laure Miller.La France fait partie des pays testeront au printemps un outil européen de vérification de l’âge “labellisé et fiable”, a-t-elle souligné jeudi. Les députés de la commission souhaitent désormais porter “rapidement” une proposition de loi “transpartisane”, espérant qu’elle obtiendra un large soutien “quels que soient les gouvernements qui arrivent”. “La France peut être un exemple” et “pourquoi pas, le premier pays européen à légiférer sur ces sujets”, a espéré Me Boutron-Marmion.
En Finlande, l’interdiction des portables à l’école ranime les discussions et améliore la concentration
Les élèves se rassemblent dans le couloir, bavardant bruyamment pendant la pause entre deux cours dans un collège finlandais où les téléphones portables sont interdits depuis la rentrée scolaire en août.À la Kungsvägens skola, qui accueille des élèves âgés de 13 à 15 ans à Sipoo, au nord-est d’Helsinki, les enseignants ont collecté les téléphones des élèves le matin et les ont enfermés jusqu’à la fin de la journée scolaire.La transition vers une école sans téléphone a “dépassé les attentes” de sa principale Maria Tallberg.”Bien sûr, ils ont un peu râlé au début, surtout parce qu’ils ne peuvent pas les utiliser pendant les pauses, mais ils comprennent aussi pourquoi, au fond d’eux-mêmes”, dit-elle à l’AFP lors d’une récente visite.”Beaucoup ont dit qu’ils n’avaient pas réalisé à quel point ils étaient accros à leur téléphone”.La loi interdisant les téléphones pendant les cours est entrée en vigueur le 1er août dans toute la Finlande, un pays longtemps réputé pour la qualité de son enseignement.Auparavant, l’Agence nationale pour l’éducation recommandait aux écoles de restreindre l’utilisation des portables en classe.Plusieurs municipalités ont choisi d’étendre cette interdiction aux récréations.Cette mesure intervient au moment où nombre de pays s’inquiètent de l’impact de l’utilisation des smartphones sur la santé mentale et l’apprentissage. La Corée du Sud, l’Italie, et la France ont déjà introduit des restrictions similaires à la Finlande.- “Très différent” -Les classes sont désormais plus calmes et les élèves moins distraits, confirme Annika Railila, professeure de chimie à la Kungsvägens skola.”Avant, nous devions leur rappeler presque à chaque cours que leur téléphone devait rester dans leur sac et qu’ils ne devaient pas l’utiliser pendant les cours”.Les élèves socialisent également davantage pendant les pauses, selon elle.”On peut enfin voir leurs yeux et leurs visages, ce qui est beaucoup plus agréable que de dire bonjour à quelqu’un qui regarde son écran”, ajoute l’enseignante.L’environnement scolaire est devenu “très différent”, abonde Kie Lindfors, 15 ans.”Je parle davantage avec les autres et il y a une salle dans l’école avec des jeux de société (…) ce qui est très sympa”, dit-il.Sa camarade Lotta Knapas trouve que l’école est devenue “beaucoup plus bruyante” et “agitée”. “Je comprends qu’on ne puisse pas les utiliser en cours, mais je trouve un peu idiot qu’on nous les confisque toute la journée”, juge-t-elle.Oscar Ingman, 14 ans, craignait lui que certains élèves se sentent plus seuls.”Je vois plus de gens qui sont plus sociables, qui parlent davantage. Mais je vois aussi parfois des gens assis seuls dans un couloir”, dit-il.L’école entend organiser des activités afin d’éviter que les enfants n’aient rien à faire, a assuré la principale, soulignant que le cyberharcèlement à l’école avait déjà diminué.”Les élèves prenaient des photos et filmaient pendant les cours, souvent pendant les récréations, et nous devions à plusieurs reprises mener des enquêtes lorsque des clips vidéo étaient partagés partout”.- “Enseigner la lenteur” -La loi a été adoptée après la chute des résultats scolaires, explique à l’AFP le ministre de l’Education, Anders Adlercreutz.”L’approche finlandaise consiste à réfléchir à la manière dont nous pouvons créer plus d’espace pour l’apprentissage et l’enseignement”, ajoute-t-il. Les derniers résultats des études PISA de l’OCDE pour 2022 ont montré que les compétences des Finlandais de 15 ans en mathématiques, en compréhension écrite et en sciences avaient baissé.La Finlande se classe néanmoins toujours au-dessus de la moyenne de l’OCDE pour toutes les matières.”Il est important pour les enfants d’avoir des livres papier, mais ils doivent également avoir des compétences numériques”, souligne M. Adlercreutz.”Cependant, dans un monde qui évolue si vite, le rôle des écoles est peut-être aussi d’enseigner la lenteur, d’être un lieu où l’on doit se forcer à lire des textes plus longs, à se concentrer sur une seule chose et à travailler de manière ciblée vers un objectif à long terme”.
La BCE maintient ses taux pendant la tourmente politique en France
La Banque centrale européenne a maintenu jeudi ses taux directeurs, reflétant sa confiance dans une inflation contenue, alors que les turbulences politiques françaises devaient planer sur les débats entre gardiens de l’euro.La dernière modification des taux remonte à juin, lorsque la BCE avait abaissé son principal taux sur les dépôts à 2%, marquant la première détente monétaire après une longue série de hausses pour contenir la flambée des prix post-Covid et liée à la guerre en Ukraine.L’inflation “se situe actuellement autour de l’objectif à moyen terme de 2 %” et la BCE voit les perspectives d’inflation “globalement inchangées”, selon un communiqué. La réunion de la BCE s’est aussi déroulée au moment où la France traverse une période d’incertitude politique. Emmanuel Macron a nommé mardi son fidèle ministre des Armées, Sébastien Lecornu, Premier ministre, mais celui-ci doit encore bâtir une coalition et présenter un budget, sous la menace constante d’une motion de censure.- Responsabilité budgétaire – Lors de la conférence de presse commentant les décisions du jour, sa présidente Christine Lagarde, ancienne ministre française des Finances (2007-2011), sera inévitablement interrogée sur le sujet. Quel que soit le gouvernement mis en place, il devra piloter un pays dont la dette publique atteint environ 3.300 milliards d’euros, soit plus de 115% du PIB, record de la zone euro. Les investisseurs exigent déjà une prime de risque plus élevée pour financer Paris : le taux de l’emprunt français à dix ans a du reste brièvement dépassé cette semaine celui de l’Italie à maturité comparable, une première depuis le début des années 2000.La France reste par ailleurs sous la menace d’une dégradation de sa note par l’agence Fitch vendredi.Mme Lagarde devrait certes éviter tout commentaire politique, mais “pourrait rappeler l’appel de la BCE à la responsabilité budgétaire”, estime Felix Schmidt, chez Berenberg.La question pourrait aussi porter sur l’éventuel recours à un mécanisme spécial au sein de l’institut francfortois destiné à stabiliser les marchés obligataires en cas de turbulence.Cet outil, l'”Instrument de protection de la transmission”(IPT), permet à la BCE de racheter les obligations de pays empêchés de se financer à coût raisonnable à cause d’attaques de marché injustifiées, mais pas de ceux confrontés à des difficultés liées à un mauvais pilotage budgétaire. Créé en 2022, lors d’une période de forte instabilité politique en Italie, il n’a encore jamais été utilisé. Les analystes estiment qu’il ne serait déclenché que si la crise française se propageait à d’autres pays. Or, les marchés restent calmes et “il y a peu de raisons de penser que l’aggravation des problèmes en France provoquerait des difficultés ailleurs”, note Jack Allen-Reynolds, de Capital Economics. – Croissance revue en baisse -L’institut monétaire a appuyé ses décisions du jour sur un jeu de nouvelles projections économiques : l’inflation devrait s’établir à 2,1% en 2025, contre la cible de 2% encore espérée en juin, avant de descendre à 1,7% en 2026, contre 1,6% auparavant. La croissance devrait atteindre 1,2% cette année, 0,3 point de pourcentage de mieux que dans les projections de juin du fait d’une première partie d’année meilleure que prévu, mais redescendre à 1,0% en 2026, corrigeant à la baisse le chiffrage précédent. Ces prévisions reflètent en partie la morosité économique en Allemagne, première économie de la zone euro, où les dernières données ont douché les attentes de reprise rapide.Elles tiennent aussi compte de l’accord conclu début août avec les Etats-Unis, fixant des droits de douane de 15% sur la plupart des produits européens, un peu supérieurs au scénario de base imaginé par la BCE en juin.Cela reste un choc pour l’économie européenne mais la déviation anticipée sur les données économiques pourrait s’avérer trop modeste pour justifier rapidement un nouvel assouplissement monétaire, selon les observateurs.
Corruption en lien avec la Chine: l’enquête visant un député allemand d’extrême droite s’accélère
Immunité levée, perquisitions simultanées dans trois villes dans deux pays: la justice allemande a accéléré jeudi l’enquête visant le député allemand d’extrême droite Maximilian Krah, soupçonné de corruption et de blanchiment d’argent en lien avec la Chine.Agé de 48 ans, ce membre de l’aile radicale de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), le principal parti d’opposition au Bundestag, connu pour ses déclarations sulfureuses et ses liens présumés avec Moscou et Pékin, a dénoncé des accusations “absurdes” et une “tentative d’intimidation”.L’accélération de l’enquête survient en plein procès de son ex-collaborateur au Parlement européen, accusé d’espionnage au profit de la Chine. Appelé à témoigner le 3 septembre devant le tribunal à Dresde, Maximilan Krah avait assuré avoir appris par voie de presse les soupçons d’espionnage pesant contre son assistant.- Débat interrompu -Jeudi matin, la présidente du Bundestag, Julia Klöckner, a interrompu un débat en séance plénière pour faire voter en urgence la levée de l’immunité parlementaire de l’élu.Ceci a permis les perquisitions de jeudi, voulues par le parquet de Dresde, dans les locaux professionnels et personnels du suspect.Contacté par l’AFP, le parquet a fait état de perquisitions dans “des bureaux du suspect au Bundestag à Berlin, ainsi que des locaux résidentiels et commerciaux à Dresde, et, avec le soutien d’Eurojust (une agence de coopération judiciaire européenne, ndlr) et de la justice belge, à Bruxelles”.Le parquet a aussi confirmé que l’enquête ouverte début mai contre M. Krah visait des sommes perçues alors qu’il était député européen.Ces soupçons de corruption et de blanchiment d’argent sont “en lien avec des versements en provenance de Chine”, a aussi indiqué le parquet de Dresde à l’AFP.Selon le Spiegel, l’élu allemand aurait reçu entre 2019 et 2023 plus de 50.000 euros de fonds venus de Chine, émanant de sociétés proches de son ex-collaborateur, celui jugé à Dresde.Au procès, lorsqu’on a demandé à M. Krah pourquoi avoir recruté l’accusé, le député a mis en avant les compétences linguistiques et les “connaissances pratiques” de Jian Guo, liées à sa société d’import-export, qu’il avait précédemment représentée en tant qu’avocat. Selon l’accusation, Jian Guo, de nationalité allemande, aurait également livré à Pékin des informations d’ordre militaire grâce notamment à une complice présumée, jugée avec lui à Dresde.- Habitué des dérapages -Maximilian Krah a abandonné son mandat de député européen après avoir été élu député de Chemnitz, en Saxe, bastion de l’AfD dans l’ex-RDA, lors des dernières législatives de février 2025.L’arrestation, en avril 2024, de Jian Guo avait fait grand bruit, car M. Krah était alors la tête de liste de l’AfD pour les élections européennes.Pendant la même campagne, il avait fait scandale en estimant qu’un SS n’était “pas automatiquement un criminel”, ce qui avait conduit à une rupture au Parlement européen avec le parti d’extrême droite français Rassemblement national.Habitué des dérapages, l’avocat avait ensuite été banni des instances dirigeantes de l’AfD.Jeudi, le parti a semblé prendre ses distances. Dans un communiqué succinct, il a réclamé une enquête transparente et rapide, et n’a pas apporté de soutien explicite à son élu. “La levée de l’immunité et en particulier la perquisition des bureaux et des espaces privés de M. Krah sont des événements graves”, ont déclaré les chefs de la formation, Alice Weidel et Tino Chrupalla.Depuis son score record aux législatives (20%), le parti anti-immigration est la principale force d’opposition à la coalition menée par le conservateur Friedrich Merz.
Népal: le président promet une issue à la crise “aussi vite que possible”
Le président du Népal, Ramchandra Paudel, a promis jeudi de trouver “aussi vite que possible” une solution à la crise causée par la chute du Premier ministre après les émeutes meurtrières qui ont ébranlé le pays.Ouvertes dès mercredi autour du chef de l’armée, les discussions pour organiser la transition ouverte ont fait émerger le nom de l’ancienne cheffe de la Cour suprême, Sushila Karki, 73 ans, qui pourrait être nommée à la tête d’un gouvernement provisoire.”Le nom de Sushila Karki arrive en tête de ceux cités pour diriger le gouvernement provisoire”, a déclaré à l’AFP Rakshya Bam, une représentante des manifestants qui a participé aux premières tractations.”Nous attendons que le président (du pays) prenne une décision”, a-t-elle poursuivie.Chargé par la Constitution de nommer le Premier ministre, le chef de l’Etat a justement assuré jeudi faire “tous les efforts” pour “trouver une issue à la situation difficile que connaît le pays (…) pour protéger la démocratie et maintenir l’ordre”.M. Paudel, 80 ans, a promis que cette solution serait trouvée “aussi vite que possible” afin “de satisfaire les exigences des citoyens qui ont protesté”.Les troubles, les plus meurtriers survenus au Népal depuis l’abolition de la monarchie en 2008, ont débuté lundi, lorsque la police a ouvert le feu sur des manifestants qui dénonçaient un blocage des réseaux sociaux et la corruption des élites, faisant au moins 19 morts et des centaines de blessés.Malgré le rétablissement de Facebook, X et YouTube, la promesse d’une enquête sur les violences policières et le départ de M. Oli, des jeunes réunis sous une bannière “Génération Z” ont mis à sac mardi de nombreux bâtiments publics, résidences de dirigeants et autres symboles du pouvoir dans la capitale Katmandou.- “Des vraies réformes” -Le Parlement a été incendié, ainsi que le domicile du Premier ministre démissionnaire.L’armée a repris mardi soir le contrôle des rues de Katmandou et y fait depuis respecter un strict couvre-feu, jusqu’à nouvel ordre.Mercredi, le chef d’état-major de l’armée, le général Ashok Raj Sigdel, a convié à sa table diverses personnalités, dont des représentants des manifestants, pour former un gouvernement provisoire.”S’il vous plaît, ne nous proposez pas les mêmes vieux dirigeants”, a exhorté une des figures de la contestation, Sudan Gurung.”Nous avons besoin de vraies réformes, pas de postes au gouvernement”, a-t-il poursuivi devant la presse. “Nous voulons que ça change (…) notre première exigence, c’est la dissolution du Parlement. Et la fin de la corruption doit être une priorité absolue”.Les discussions autour du chef d’état-major de l’armée ont continué jeudi.Présenté comme l’un des acteurs clé de la transition, Balendra Shah, l’ancien rappeur élu maire de Katmandou en 2022, a exprimé publiquement son soutien à la magistrate Sushila Karki.”Je soutiens totalement votre candidature pour prendre la tête d’un gouvernement provisoire”, a assuré M. Shah sur Facebook.Son nom ne semble toutefois pas encore faire l’unanimité.- Couvre-feu -“Il y a des divisions, ce qui est naturel dans un mouvement décentralisé comme celui-là”, a commenté pour l’AFP la journaliste Pranaya Rana. “L’important pour eux est de se réunir (…) pour empêcher que leur mouvement soit détourné par des opportunistes”.Revenu au pouvoir en 2024, KP Sharma Oli a expliqué mardi qu’il démissionnait “afin que des mesures puissent être prises en vue d’une solution politique”.Agé de 73 ans, le chef du Parti communiste népalais, qui a dirigé quatre fois le gouvernement depuis 2015, incarne ces dirigeants dont la jeunesse du pays, privée d’emploi et lassée de la corruption, exige le départ.Dans la capitale Katmandou, l’armée a brièvement levé jeudi le couvre-feu pour permettre aux habitants de se ravitailler, ont constaté des journalistes de l’AFP.Largement vides, les rues et les principaux carrefours du centre-ville restent quadrillés par de nombreux soldats en armes, escortés de véhicules blindés ou de chars.Le bilan des émeutes de mardi reste très parcellaire. L’armée a annoncé une trentaine d’arrestations et la police fait état de trois morts dans ses rangs.Plus de 13.500 détenus se sont également évadés des prisons du pays à la faveur des troubles. Selon des sources militaires, plus de 200 à peine avaient été repris jeudi, dont une soixantaine sur le sol indien.
Népal: le président promet une issue à la crise “aussi vite que possible”
Le président du Népal, Ramchandra Paudel, a promis jeudi de trouver “aussi vite que possible” une solution à la crise causée par la chute du Premier ministre après les émeutes meurtrières qui ont ébranlé le pays.Ouvertes dès mercredi autour du chef de l’armée, les discussions pour organiser la transition ouverte ont fait émerger le nom de l’ancienne cheffe de la Cour suprême, Sushila Karki, 73 ans, qui pourrait être nommée à la tête d’un gouvernement provisoire.”Le nom de Sushila Karki arrive en tête de ceux cités pour diriger le gouvernement provisoire”, a déclaré à l’AFP Rakshya Bam, une représentante des manifestants qui a participé aux premières tractations.”Nous attendons que le président (du pays) prenne une décision”, a-t-elle poursuivie.Chargé par la Constitution de nommer le Premier ministre, le chef de l’Etat a justement assuré jeudi faire “tous les efforts” pour “trouver une issue à la situation difficile que connaît le pays (…) pour protéger la démocratie et maintenir l’ordre”.M. Paudel, 80 ans, a promis que cette solution serait trouvée “aussi vite que possible” afin “de satisfaire les exigences des citoyens qui ont protesté”.Les troubles, les plus meurtriers survenus au Népal depuis l’abolition de la monarchie en 2008, ont débuté lundi, lorsque la police a ouvert le feu sur des manifestants qui dénonçaient un blocage des réseaux sociaux et la corruption des élites, faisant au moins 19 morts et des centaines de blessés.Malgré le rétablissement de Facebook, X et YouTube, la promesse d’une enquête sur les violences policières et le départ de M. Oli, des jeunes réunis sous une bannière “Génération Z” ont mis à sac mardi de nombreux bâtiments publics, résidences de dirigeants et autres symboles du pouvoir dans la capitale Katmandou.- “Des vraies réformes” -Le Parlement a été incendié, ainsi que le domicile du Premier ministre démissionnaire.L’armée a repris mardi soir le contrôle des rues de Katmandou et y fait depuis respecter un strict couvre-feu, jusqu’à nouvel ordre.Mercredi, le chef d’état-major de l’armée, le général Ashok Raj Sigdel, a convié à sa table diverses personnalités, dont des représentants des manifestants, pour former un gouvernement provisoire.”S’il vous plaît, ne nous proposez pas les mêmes vieux dirigeants”, a exhorté une des figures de la contestation, Sudan Gurung.”Nous avons besoin de vraies réformes, pas de postes au gouvernement”, a-t-il poursuivi devant la presse. “Nous voulons que ça change (…) notre première exigence, c’est la dissolution du Parlement. Et la fin de la corruption doit être une priorité absolue”.Les discussions autour du chef d’état-major de l’armée ont continué jeudi.Présenté comme l’un des acteurs clé de la transition, Balendra Shah, l’ancien rappeur élu maire de Katmandou en 2022, a exprimé publiquement son soutien à la magistrate Sushila Karki.”Je soutiens totalement votre candidature pour prendre la tête d’un gouvernement provisoire”, a assuré M. Shah sur Facebook.Son nom ne semble toutefois pas encore faire l’unanimité.- Couvre-feu -“Il y a des divisions, ce qui est naturel dans un mouvement décentralisé comme celui-là”, a commenté pour l’AFP la journaliste Pranaya Rana. “L’important pour eux est de se réunir (…) pour empêcher que leur mouvement soit détourné par des opportunistes”.Revenu au pouvoir en 2024, KP Sharma Oli a expliqué mardi qu’il démissionnait “afin que des mesures puissent être prises en vue d’une solution politique”.Agé de 73 ans, le chef du Parti communiste népalais, qui a dirigé quatre fois le gouvernement depuis 2015, incarne ces dirigeants dont la jeunesse du pays, privée d’emploi et lassée de la corruption, exige le départ.Dans la capitale Katmandou, l’armée a brièvement levé jeudi le couvre-feu pour permettre aux habitants de se ravitailler, ont constaté des journalistes de l’AFP.Largement vides, les rues et les principaux carrefours du centre-ville restent quadrillés par de nombreux soldats en armes, escortés de véhicules blindés ou de chars.Le bilan des émeutes de mardi reste très parcellaire. L’armée a annoncé une trentaine d’arrestations et la police fait état de trois morts dans ses rangs.Plus de 13.500 détenus se sont également évadés des prisons du pays à la faveur des troubles. Selon des sources militaires, plus de 200 à peine avaient été repris jeudi, dont une soixantaine sur le sol indien.
Népal: le président promet une issue à la crise “aussi vite que possible”
Le président du Népal, Ramchandra Paudel, a promis jeudi de trouver “aussi vite que possible” une solution à la crise causée par la chute du Premier ministre après les émeutes meurtrières qui ont ébranlé le pays.Ouvertes dès mercredi autour du chef de l’armée, les discussions pour organiser la transition ouverte ont fait émerger le nom …
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