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Barricades à Belgrade lors d’une deuxième nuit de manifestations

Des milliers de manifestants antigouvernementaux bloquent dans la nuit de dimanche à lundi plusieurs avenues de Belgrade, au lendemain d’un rassemblement géant pour réclamer des élections anticipées.Samedi, environ 140.000 personnes avaient défilé dans le centre de Belgrade, dernière manifestation antigouvernementale en date d’une série déclenchée par l’effondrement du toit d’une gare de la ville de Novi Sad en novembre. Une catastrophe qui avait fait 16 morts et qui a été largement attribuée à la corruption généralisée.Le mouvement anti-corruption a lancé un appel à de nouvelles mobilisations après l’arrestation d’un “grand nombre de citoyens” en marge de la manifestation de samedi. Des milliers de personnes y ont répondu en dressant des barricades à travers Belgrade et d’autres villes.Au carrefour névralgique d’Autokomanda, les manifestants ont installé des tentes, se préparant à passer la nuit sur place, selon un photographe de l’AFP.Les protestataires ont publié des images de barricades similaires dans plusieurs autres villes, dont Novi Sad, et ont annoncé des dizaines d’autres rassemblements dans tout le pays.Les médias locaux et les vidéos publiées par les manifestants ont montré des foules se dirigeant vers les principaux ponts, et des étudiants dressant des barricades avec des poubelles et des clôtures.- “Terreur” -Le ministre serbe de l’Intérieur, Ivica Dacic, a déclaré à la chaîne locale Pink TV que les autorités surveillaient la situation.Plus tôt dimanche, le président Aleksandar Vucic est resté défiant face aux demandes des manifestants pour des élections anticipées, accusant le mouvement dirigé par les étudiants de semer la “terreur”.”La Serbie a gagné, et vous ne pouvez pas vaincre la Serbie par la violence comme certains l’ont voulu”, a dit M. Vucic dans un discours télévisé.Samedi, les forces anti-émeutes ont fait usage de matraques et de gaz lacrymogènes pour disperser une foule qui leur lançait des bouteilles et des fusées éclairantes.Un total de 48 policiers ont été blessés, dont un grièvement, et 22 autres personnes ont été soignées pendant la manifestation, selon les autorités qui ont estimé la taille de la foule à 36.000 personnes, bien en dessous des 140.000 dénombrées par un organisme indépendant.La police a annoncé 77 arrestations à la suite du rassemblement de samedi, et 38 personnes se trouvaient toujours en garde à vue dimanche.Par ailleurs, huit autres personnes ont été arrêtées dimanche, accusées notamment de planifier le blocage de routes et d’attaquer des institutions “dans le but de modifier violemment l’ordre étatique”, a déclaré le Parquet dans un communiqué.”Ce n’est pas le moment de battre retraite”, ont réagi les organisateurs de la protestation sur Instagram, encourageant les Serbes à se rassembler devant le bureau du procureur et à demander la libération des prisonniers.Au moins 2.000 personnes avaient répondu dimanche soir à cet appel, selon un photographe de l’AFP sur place.- Vucic promet plus d’arrestations -“Il y aura beaucoup plus d’arrestations pour avoir attaqué la police… ce n’est pas la fin”, a prévenu M. Vucic, affirmant qu’il n’y aura “aucune négociation avec les terroristes et ceux qui voulaient détruire l’Etat”.”La vengeance ne doit pas être notre langage, mais la responsabilité doit faire partie de notre conscience”, a appelé le président.Avant la manifestation de samedi, les organisateurs avaient lancé un “ultimatum” à M. Vucic pour qu’il convoque des élections — une demande qu’il avait rejetée bien avant le début du rassemblement. Il a répété dimanche qu’il n’y aurait aucun scrutin avant fin 2026.L’indignation suscitée par la catastrophe de Novi Sad a déjà conduit à la démission du Premier ministre et à un remaniement de l’administration.M. Vucic a répété à plusieurs reprises que les manifestations faisaient partie d’un complot étranger visant à renverser son gouvernement.Plus d’une dizaine de personnes avaient déjà été arrêtées ces dernières semaines, une répression devenue routinière avant les grandes manifestations.Après le rassemblement de samedi, les organisateurs ont diffusé une déclaration à la foule appelant les Serbes à “prendre la liberté en main”.”Les autorités avaient tous les mécanismes et tout le temps pour répondre aux demandes et prévenir une escalade”, ont-ils affirmé dans un communiqué.

Barricades à Belgrade lors d’une deuxième nuit de manifestations

Des milliers de manifestants antigouvernementaux bloquent dans la nuit de dimanche à lundi plusieurs avenues de Belgrade, au lendemain d’un rassemblement géant pour réclamer des élections anticipées.Samedi, environ 140.000 personnes avaient défilé dans le centre de Belgrade, dernière manifestation antigouvernementale en date d’une série déclenchée par l’effondrement du toit d’une gare de la ville de …

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“Rien n’excuse” les propos de rappeurs contre Israël au festival de Glastonbury, dénonce Starmer

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a estimé dimanche que “rien” n’excusait les propos anti-israéliens  proférés sur la scène du festival de Glastonbury par le duo de rappeurs Bob Vylan, qui ont suscité une volée de critiques et sur lesquels la police enquête.”Rien n’excuse ce genre de discours haineux odieux”, a dit le chef du gouvernement travailliste au journal The Telegraph.”J’ai déclaré que (le trio de rappeurs) Kneecap ne devrait pas bénéficier d’une telle tribune et cela vaut également pour tout autre artiste proférant des menaces ou incitant à la violence. La BBC doit expliquer comment ces scènes ont pu être diffusées”, a-t-il ajouté.Samedi, tandis que Bob Vylan se produisait sur la scène West Holts du festival, l’un de ses deux membres a appelé la foule à scander “Mort, mort aux IDF !”, les forces de défense israéliennes. Le concert de ce duo était retransmis en direct par la BBC sur sa plateforme dédiée au festival.- “Consternés” -La police a déclaré sur X qu’elle examinait les vidéos de leur prestation “pour déterminer si des infractions ont pu être commises requérant l’ouverture d’une enquête criminelle”.Face à la polémique, les organisateurs du festival se sont dits “consternés” dimanche.”Leurs slogans ont largement dépassé les bornes (…). Il n’y a pas de place à Glastonbury pour l’antisémitisme, les discours de haine ou l’incitation à la violence”, a réagi le festival sur les réseaux sociaux.L’ambassade d’Israël avait plus tôt fustigé sur X “la rhétorique de haine et incendiaire” qui a pu être utilisée par certains artistes durant le festival, s’insurgeant contre “la normalisation d’un langage extrémiste et de glorification de la violence”.”Je ne suis pas sûr d’être d’accord”, avec les mots choisis par Bob Vylan “mais je pense sans aucun doute que remettre en cause ce qui se passe là-bas (dans la bande de Gaza) est juste”, a affirmé à l’AFP Joe McCabe, un festivalier de 31 ans rencontré dimanche.”Je pense qu’il y a une limite, on ne peut pas être aussi agressif”, a estimé Maria Philpott, une autre festivalière, âgée de 26 ans.- “Profondément offensants” -Cette édition du festival était scrutée du fait de la présence du groupe de rap nord-irlandais Kneecap, dont l’un des trois membres, Liam O’Hanna, a été inculpé d'”infraction terroriste” pour avoir arboré en concert un drapeau du Hezbollah.Montés sur scène peu après Bob Vylan, ces rappeurs ont accusé Israël d’être un Etat “criminel de guerre”, réitéré leur soutien aux Palestiniens et ont appelé la foule à reprendre des insultes à l’encontre de Keir Starmer.De nombreux spectateurs brandissaient des drapeaux palestiniens dans le public de ce festival particulièrement populaire, qui avait attiré plus de 200.000 personnes en 2024.Avant le concert de Kneecap, le chef du gouvernement britannique avait jugé qu’il n’était pas “approprié” que ce trio se produise au festival.  “Les personnes qui n’aiment pas la politique de l’événement peuvent aller ailleurs”, avait défendu Michael Eavis, cofondateur du festival du Somerset (sud-ouest de l’Angleterre), dans un article paru dans un journal gratuit destiné aux festivaliers.Face aux pressions, la BBC avait fait savoir que la prestation de Kneecap ne serait pas diffusée en direct. Un porte-parole du ministère de la Culture a souligné que la ministre, Lisa Nandy, avait parlé au directeur général de la BBC au sujet de la performance de Bob Vylan.De son côté, la BBC a reconnu que certains propos tenus par ce duo étaient “profondément offensants”.Interrogé sur les commentaires de l’ambassade israélienne, le ministre de la Santé Wes Streeting a appelé cette représentation diplomatique à “balayer devant sa porte” et à “prendre davantage au sérieux la violence de ses propres citoyens contre les Palestiniens”, évoquant notamment les exactions de colons israéliens en Cisjordanie.Il a en outre déploré la situation humanitaire dans la bande de Gaza, du fait des représailles militaires israéliennes à la suite de l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sud d’Israël. Le festival de Glastonbury s’est achevé dimanche soir, après une journée marquée notamment par le concert de l’octogénaire Rod Stewart et de la chanteuse américaine Olivia Rodrigo, qui a partagé un duo avec le leader de The Cure Robert Smith.

“Rien n’excuse” les propos de rappeurs contre Israël au festival de Glastonbury, dénonce Starmer

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a estimé dimanche que “rien” n’excusait les propos anti-israéliens  proférés sur la scène du festival de Glastonbury par le duo de rappeurs Bob Vylan, qui ont suscité une volée de critiques et sur lesquels la police enquête.”Rien n’excuse ce genre de discours haineux odieux”, a dit le chef du gouvernement travailliste au journal The Telegraph.”J’ai déclaré que (le trio de rappeurs) Kneecap ne devrait pas bénéficier d’une telle tribune et cela vaut également pour tout autre artiste proférant des menaces ou incitant à la violence. La BBC doit expliquer comment ces scènes ont pu être diffusées”, a-t-il ajouté.Samedi, tandis que Bob Vylan se produisait sur la scène West Holts du festival, l’un de ses deux membres a appelé la foule à scander “Mort, mort aux IDF !”, les forces de défense israéliennes. Le concert de ce duo était retransmis en direct par la BBC sur sa plateforme dédiée au festival.- “Consternés” -La police a déclaré sur X qu’elle examinait les vidéos de leur prestation “pour déterminer si des infractions ont pu être commises requérant l’ouverture d’une enquête criminelle”.Face à la polémique, les organisateurs du festival se sont dits “consternés” dimanche.”Leurs slogans ont largement dépassé les bornes (…). Il n’y a pas de place à Glastonbury pour l’antisémitisme, les discours de haine ou l’incitation à la violence”, a réagi le festival sur les réseaux sociaux.L’ambassade d’Israël avait plus tôt fustigé sur X “la rhétorique de haine et incendiaire” qui a pu être utilisée par certains artistes durant le festival, s’insurgeant contre “la normalisation d’un langage extrémiste et de glorification de la violence”.”Je ne suis pas sûr d’être d’accord”, avec les mots choisis par Bob Vylan “mais je pense sans aucun doute que remettre en cause ce qui se passe là-bas (dans la bande de Gaza) est juste”, a affirmé à l’AFP Joe McCabe, un festivalier de 31 ans rencontré dimanche.”Je pense qu’il y a une limite, on ne peut pas être aussi agressif”, a estimé Maria Philpott, une autre festivalière, âgée de 26 ans.- “Profondément offensants” -Cette édition du festival était scrutée du fait de la présence du groupe de rap nord-irlandais Kneecap, dont l’un des trois membres, Liam O’Hanna, a été inculpé d'”infraction terroriste” pour avoir arboré en concert un drapeau du Hezbollah.Montés sur scène peu après Bob Vylan, ces rappeurs ont accusé Israël d’être un Etat “criminel de guerre”, réitéré leur soutien aux Palestiniens et ont appelé la foule à reprendre des insultes à l’encontre de Keir Starmer.De nombreux spectateurs brandissaient des drapeaux palestiniens dans le public de ce festival particulièrement populaire, qui avait attiré plus de 200.000 personnes en 2024.Avant le concert de Kneecap, le chef du gouvernement britannique avait jugé qu’il n’était pas “approprié” que ce trio se produise au festival.  “Les personnes qui n’aiment pas la politique de l’événement peuvent aller ailleurs”, avait défendu Michael Eavis, cofondateur du festival du Somerset (sud-ouest de l’Angleterre), dans un article paru dans un journal gratuit destiné aux festivaliers.Face aux pressions, la BBC avait fait savoir que la prestation de Kneecap ne serait pas diffusée en direct. Un porte-parole du ministère de la Culture a souligné que la ministre, Lisa Nandy, avait parlé au directeur général de la BBC au sujet de la performance de Bob Vylan.De son côté, la BBC a reconnu que certains propos tenus par ce duo étaient “profondément offensants”.Interrogé sur les commentaires de l’ambassade israélienne, le ministre de la Santé Wes Streeting a appelé cette représentation diplomatique à “balayer devant sa porte” et à “prendre davantage au sérieux la violence de ses propres citoyens contre les Palestiniens”, évoquant notamment les exactions de colons israéliens en Cisjordanie.Il a en outre déploré la situation humanitaire dans la bande de Gaza, du fait des représailles militaires israéliennes à la suite de l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 sur le sud d’Israël. Le festival de Glastonbury s’est achevé dimanche soir, après une journée marquée notamment par le concert de l’octogénaire Rod Stewart et de la chanteuse américaine Olivia Rodrigo, qui a partagé un duo avec le leader de The Cure Robert Smith.

“Rien n’excuse” les propos de rappeurs contre Israël au festival de Glastonbury, dénonce Starmer

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a estimé dimanche que “rien” n’excusait les propos anti-israéliens  proférés sur la scène du festival de Glastonbury par le duo de rappeurs Bob Vylan, qui ont suscité une volée de critiques et sur lesquels la police enquête.”Rien n’excuse ce genre de discours haineux odieux”, a dit le chef du …

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Canicule dans les écoles: Borne demande pragmatisme et souplesse

Fermer éventuellement les écoles s’il fait vraiment trop chaud dans les classes, gérer les épreuves orales du bac, mais pas de vacances d’été anticipées: Elisabeth Borne a appelé dimanche au “pragmatisme” et à la “souplesse” pour permettre au système éducatif de passer l’épreuve de la canicule.”Pour l’accueil des élèves, notamment dans la maternelle et dans le primaire, il est essentiel qu’il y ait une bonne coordination (…) entre le rectorat, les maires et les préfets pour décider par exemple, de permettre aux parents qui le peuvent de garder les élèves des enfants à la maison ou, le cas échéant, d’une fermeture administrative d’école”, a indiqué dimanche soir la ministre de l’Education nationale à l’issue d’une réunion interminisitérielle sur la canicule, au ministère de l’Intérieur.Et dans le cas d’une fermeture, “il est impératif d’organiser des solutions alternatives d’accueil”, a-t-elle indiqué.Mais “on doit être pragmatique, prendre des décisions au cas par cas dans chaque territoire”, avait-elle souligné plus tôt dans la journée sur France 3.”Quand on a des écoles qui sont bien isolées naturellement, elles peuvent accueillir les élèves”, avait-elle souligné, en écartant l’idée d’une anticipation générale des vacances scolaires, qui commenceront à la fin de la semaine. A ce stade, 200 écoles publiques font l’objet d’une fermeture partielle ou totale en France lors des prochains jours, sur un total d’environ 45.000 dans le pays, a indiqué la ministre pour souligner que cela restait encore très exceptionnel.Mme Borne a adressé une petite pique au passage au maire écologiste de Tours, Emmanuel Denis. Sa municipalité a annoncé la fermeture lundi après-midi et mardi après-midi de toutes les écoles de la ville, où l’on attend des maximales de 37 et 38°C jusqu’en milieu de semaine.- “Salles à l’ombre” -Des décisions ont pu être “prises peut-être de façon unilatérale quelque part”, a estimé Mme Borne. “On peut s’étonner” de la situation à Tours (…) peut être qu’il (le maire de Tours) a voulu passer un message politique sur le dérèglement climatique. En tout cas, on va s’assurer qu’il y a bien des accueils qui sont prévus pour les familles qui en ont besoin”, a-t-elle prévenu.S’agissant des oraux du bac – français pour les élèves de première, grand oral pour les élèves de terminale -, Mme Borne a appelé à faire preuve de “souplesse” dans le déroulement des épreuves.”La règle c’est de faire preuve de souplesse à la fois vis à vis des personnels, des correcteurs et des élèves” par exemple en “permettre d’adapter l’heure de passage pour un élève qui a une situation de fragilité”.Selon les consignes rappelées dimanche par le ministère, les établissements scolaires doivent “adapter leur organisation et l’utilisation des lieux en fonction de l’exposition au soleil”.”Des aménagements spécifiques du fonctionnement des écoles et établissements scolaires pourront être mis en place en concertation avec les collectivités locales”, indique égalemnt le ministère. De la même manière, les instructions du ministère recommandent pour les épreuves orales  “d’utiliser, dans la mesure du possible, des salles à l’ombre”.Les établissements doivent également s’assurer que “les candidats disposent d’eau potable et/ou leur permettre de sortir de la salle pour se désaltérer”. La fédération de parents d’élèves FCPE avait demandé vendredi à Elisabeth Borne de donner “d’urgence” des “consignes claires” aux personnels pour adapter l’accueil des élèves. Une grande partie du bâti scolaire “est inadaptée” aux fortes chaleurs, avait-elle souligné.

L’incendie dans l’Aude, non maîtrisé à la tombée de la nuit, parcourt des centaines d’hectares

L’incendie déclenché dans l’Aude par un barbecue mal éteint transporté sur l’autoroute a consumé dimanche un total de près de 400 hectares et forcé l’évacuation d’une centaine de personnes, le feu n’étant pas encore maîtrisé à la tombée de la nuit.L’origine du sinistre provient “d’un barbecue, qui était transporté sur l’autoroute, derrière un véhicule, sur une remorque”, a indiqué depuis Beauvau le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau.Un suspect a été interpellé et placé en garde à vue pour “destruction involontaire par incendie de bois et forêt”, a indiqué à l’AFP le procureur de Narbonne, Eric Camous. Selon les premiers éléments de l’enquête, il s’agirait d’un commerçant qui, au retour d’un marché, ne s’est pas rendu compte que son brasero n’était pas éteint.Il reste à déterminer s’il s’agit d'”une erreur humaine” ou d'”un accident mécanique”, a poursuivi le procureur.- L’A61 coupée -La voracité des flammes et la rapidité avec laquelle elles se sont propagées dans le massif des Corbières ont conduit à l’évacuation d’une centaine de personnes, a précisé à l’AFP la directrice de cabinet du préfet de l’Aude, Amélie Trioux.Les personnes évacuées étaient dans le camping de Bizanet et l’abbaye de Fontfroide, a-t-elle ajouté, précisant qu’une cinquantaine de personnes se trouvaient alors au camping et 37 à l’abbaye.L’incendie le plus “préoccupant” a brûlé 180 ha à lui seul, dans le secteur de Bizanet, a détaillé Mme Trioux. Un énorme panache de fumée orange et noir se détachait dans l’après-midi sur le massif de Fontfroide, site Natura 2000 et zone sensible en raison de sa forêt couloir de migration majeur et de ses accès escarpés difficiles, a constaté l’AFP.Le feu a sauté l’autoroute A61 Toulouse-Narbonne, qui a dû être coupée dans les deux sens de circulation entre Narbonne et Lezignan-Corbières. Une distribution d’eau a été mise en place pour les automobilistes bloqués dans les bouchons par des températures caniculaires de l’épisode d’intense chaleur qui frappe la quasi-totalité du pays.La réouverture de cet axe n’était encore pas envisagée dans la soirée, selon Vinci Autoroute.- Feux “non fixés” -Huit aéronefs ont été mobilisés, ainsi que plus de 150 pompiers, a ajouté M. Retailleau, selon qui plusieurs renforts devraient faire passer le nombre de soldats du feu à environ 400.”Au moment où on se parle, les feux sont toujours non fixés”, a mis en garde le ministre.Si la tombée de la nuit a favorisé l’apaisement des bourrasques, elle a aussi interrompu les survols des aéronefs, a souligné Mme Trioux.Le risque d’incendie est très élevé dans l’Aude, en raison des températures caniculaires couplées à la sécheresse des broussailles qui ont poussé en surface à la faveur des pluies importantes au printemps.

La canicule s’intensifie dans le sud de l’Europe

Pics à 44 degrés, “refuges climatiques” installés dans les villes: de Rome à Lisbonne, et dans tout le sud de l’Europe, la canicule a encore gagné un cran dimanche, sans perspective de répit immédiat.A Madrid, où le mercure a frôlé les 40°C, “cette chaleur n’est pas normale à cette époque de l’année”, se désolait Diego Radamés, un photographe de 32 ans. Samedi déjà, l’Espagne avait enregistré un record, restant à confirmer, depuis le début des relevés, avec 46°C à Granado, en Andalousie (sud-ouest). Le précédent sommet était de 45,2°C à Séville en juin 1965. Record dans l’eau aussi: la Méditerranée dépasse les 26°C dans les Baléares, un seuil “typique de la mi-août”, selon l’agence nationale de météorologie Aemet.En Italie, 21 villes étaient en alerte maximale dimanche pour chaleur extrême, notamment Milan, Naples, Venise, Florence et Rome, où des ambulances stationnent près des sites touristiques. Visite annulée du Colisée, donc, pour la touriste britannique Anna Becker et sa mère…Les services d’urgence des hôpitaux italiens ont fait état d’une hausse de 10% des cas de coups de chaleur, selon Mario Guarino, vice-président de la Société italienne de médecine d’urgence, “principalement dans les villes qui, non seulement enregistrent des températures très élevées, mais aussi un taux d’humidité plus important”. Principales victimes: “les personnes âgées, les patients atteints de cancer ou les sans-abri souffrant de déshydratation, de coups de chaleur, de fatigue,” a-t-il déclaré à l’AFP.A Venise, les visites guidées sont gratuites pour les plus de 75 ans dans les musées climatisés et les bâtiments publics et à Rome la gratuité des piscines a été mise en place pour les plus de 70 ans.En Italie encore, des “refuges climatiques” ont été installés à Bologne et des déshumidificateurs distribués aux nécessiteux à Ancône. “Les vagues de chaleur dans la région méditerranéenne sont devenues plus fréquentes et plus intenses ces dernières années, avec des pics atteignant 37 degrés ou même plus dans les villes, où l’effet d’îlot de chaleur urbain augmente encore les températures,” relève Emanuel Piervitali, chercheur à l’Institut italien pour la protection et la recherche environnementales (ISPRA).Selon les scientifiques, les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du réchauffement de la planète et ces vagues de chaleur sont appelées à encore se multiplier, s’allonger et s’intensifier.Selon le Giec, le groupe d’experts mandaté par l’ONU sur le climat, il est “quasi certain” que la fréquence et l’intensité des chaleurs extrêmes et la durée des canicules ont augmenté depuis 1950 et vont continuer à augmenter avec le réchauffement.- Pic “autour de mardi ou mercredi” en France -Au Portugal, plusieurs zones de la moitié sud du pays, y compris la capitale Lisbonne, sont en alerte rouge jusqu’à lundi soir. Le risque d’incendie est également maximal, comme en Sicile où les pompiers en ont combattu 15 samedi.Dans les rues de Lisbonne, où les 41°C pourraient être atteints dimanche, habitants et touristes tentent de se protéger comme ils peuvent. “Nous conseillons aux gens de rester au frais, mais malgré cela nous avons déjà des cas de coups de chaleur et de brûlures”, explique à l’AFP-TV la pharmacienne Sofia Monnteiro. “C’est difficile à supporter. On s’arrête régulièrement, on boit, c’est l’occasion de boire un verre”, raconte aussi Cedric Gérard, un touriste français, biologiste-pharmacien.La France n’est pas épargnée. Sur les 95 départements que compte le pays (hors-Outre mer), 84 ont été placés en vigilance orange pour lundi, contre 73 dimanche. Ce chiffre de 84, “c’est du jamais vu”, a souligné auprès de l’AFP la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.Dans le sud méditerranéen, des pointes à 40°C ont été relevées, et même un peu plus, avec 40,9° en Ardèche.Dans l’Aude (sud), un feu de forêt déclenché par un barbecue mal éteint a dévoré près de 400 hectares, provoquant la coupure d’une autoroute et l’évacuation préventive d’un camping et de la célèbre abbaye de Fontfroide. Il n’était pas encore maîtrisé à la tombée de la nuit.Dans les écoles, “la règle, c’est de faire preuve de souplesse”, a lancé la ministre de l’Education nationale Elisabeth Borne à l’issue d’une réunion de crise interministérielle, précisant que 200 écoles, sur 45.000 au total, seraient totalement ou partiellement fermées de lundi à mercredi. Les entreprises ont également été appelées à “protéger” leurs salariés et à adapter leurs horaires.Lundi, Météo-France a déjà prévenu que les températures seront encore en hausse, excepté sur le pourtour méditerranéen. Le pic, avec des maximales de 39°C à 40°C “assez fréquentes”, serait atteint “autour de mardi ou mercredi selon les régions”.Une plage de Bretagne est interdite en raison du dépassement de seuil du gaz toxique dû aux algues vertes échouées en putréfaction. Quant à la bio-diversité, “avec cette chaleur étouffante, la température peut dépasser 40 degrés dans certains nids. Nous recueillons des oiseaux en difficulté partout. Nos sept centres de soin sont saturés”, s’alarme auprès de l’AFP Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).

La France assommée par une canicule “inédite”, 84 départements en vigilance orange lundi

L’épisode de canicule d’une “ampleur inédite” va encore gagner en intensité et s’étendre la semaine prochaine en France, où 84 départements ont été placés en vigilance orange à partir de lundi, plongeant au moins jusqu’à mercredi le pays dans une chaleur étouffante.”La France connait une période inédite de canicule” à la durée “assez longue”, a estimé le ministre de l’Interieur Bruno Retailleau à l’issue d’une réunion interministérielle de crise convoquée à Beauvau.Dimanche, la température est montée à 40,9 °C à Grospierres en Ardèche, 40,1 °C à Vinsobres dans la Drôme ou encore 39,9 °C à Cadenet dans le Vaucluse, a indiqué Météo France. A 16H00, la barre des 30°C avait été dépassée à Nice, à Rennes ou encore à Dijon. Cet “épisode caniculaire intense”, qui a débuté vendredi, s’étendra lundi à presque tout l’Hexagone: “les températures maximales seront stationnaires sur le pourtour méditerranéen, comprises entre 37 et 40°C. Sur le reste du pays, elles seront souvent comprises entre 34 et 38°C, très ponctuellement 39/40°C”, a ajouté Météo France.84 départements seront en vigilance orange, contre 73 dimanche, avant le “paroxysme” de l’épisode attendu pour mardi et mercredi, “avec des minimales très élevées, comprises entre 20 et 24°C et des maximales atteignant 36 à 40°C avec quelques pointes à 41°C”.”Quatre-vingt quatre départements en vigilance orange canicule”, “c’est du jamais vu”, a insisté la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, précisant que le précédent record datait de 2019.”Nous sommes prêts à l’affronter”, a-t-elle ajouté, estimant que cela pourrait “devenir le quotidien des Français” dans les prochaines années.- Feux dans l’Aude -Cette 50e vague de chaleur nationale depuis 1947, la 33e du XXIe siècle, conséquence du réchauffement climatique qui augmente l’intensité et la fréquence des canicules, qui frappe la France depuis le 19 juin, a aussi fait augmenter le risque d’incendie dans plusieurs massifs.Dans l’Aude, où la température a parfois dépassé 40°C, d’importants feux de forêt se sont déclenchés dimanche dans le massif des Corbières en raison d’un barbecue mal éteint et n’étaient pas fixés, a précisé M. Retailleau. Un camping et une abbaye ont été évacués par précaution.Dans les écoles, “la règle, c’est de faire preuve de souplesse”, a lancé la ministre de l’Education nationale Elisabeth Borne.La ville de Tours, comme d’autres communes en France, a tranché et annoncé fermer toutes ses écoles lundi et mardi après-midi pour “protéger les enfants et les personnels”.”200 écoles publiques feront l’objet d’une fermeture partielle ou totale lundi, mardi ou mercredi sur 45.000 écoles”, a précisé Mme Borne. “Nous allons nous assurer qu’il y a un bien un accueil pour les familles qui en ont besoin”.Les entreprises ont également été appelées à “protéger les salariés” et à adapter leurs horaires par la ministre du Travail Catherine Vautrin.Concernant la sécheresse, 25 départements sont ce dimanche en vigilance et 10 au niveau de crise, entraînant des restrictions importantes des usages.- Pollution de l’air -Cette vague de chaleur concerne tout le sud de l’Europe, au Portugal, où Lisbonne et plusieurs régions sont en alerte rouge et en Espagne, il a fait jusqu’à 46°C samedi à El Granado et des pics de 43 degrés dans le sud du pays ont été atteins.En Italie, où le mercure a parfois dépassé 40°C, les pouvoirs publics cherchent à s’adapter: les visites guidées étaient gratuites pour les plus de 75 ans dans les musées climatisés et les bâtiments publics de Venise. A Rome, la gratuité des piscines a été mise en place pour les plus de 70 ans.La cause de ce nouveau pic est un dôme de chaleur, un large et puissant anticyclone forme une sorte de couvercle qui vient bloquer l’air en basses couches, empêchant l’entrée de perturbations, tout en le réchauffant progressivement.Les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse ont été placés pour la journée de lundi en alerte de niveau 1 en raison d’un épisode de pollution de l’air à l’ozone a annoncé la préfecture, tandis qu’Airparif prévoit également un risque de dépassement en Ile-de-France.burs-tmn/jp