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Les manifestants propalestiniens font définitivement dérailler la Vuelta

Soudain, les barrières tombent, et un flot de manifestants pénètrent sur Gran Via, en plein coeur de Madrid: brandissant drapeaux et pancartes fustigeant le “génocide sioniste” à Gaza, plus de 100.000 manifestants propalestiniens viennent de signer dimanche la fin prématurée du Tour d’Espagne cycliste.Peu après 18H00 (16H00 GMT), alors qu’ils bordent le parcours, trois ou quatre d’entre eux enlèvent une barrière et pénètrent sur cette avenue touristique, a constaté une journaliste de l’AFP.Des policiers, déployés en nombre après les incidents qui ont perturbé la Vuelta depuis son arrivée en Espagne en raison de la participation de l’équipe Israel-Premier Tech, s’approchent, mais bientôt toutes les barrières sont renversées sur plusieurs mètres, et une marée de personnes envahit la chaussée.Après un léger mouvement de panique, l’ambiance se calme, et la foule, dans laquelle se trouvent des familles avec pour certaines de jeunes enfants en poussette, ou des personnes âgées, défile tranquillement, encadrée par des policiers qui n’interviennent pas.Dans le même temps, des scènes similaires se répètent dans d’autres points de la ville. Près de la gare d’Atocha, les policiers répliquent dans un premier temps plus fermement, en chargeant et en lançant quelques grenades lacrymogènes, avant finalement, de laisser les manifestants défiler aux cris de “Boycott Israël”, “Ce n’est pas une guerre, c’est un génocide!” ou “Halte aux morts d’enfants innocents!”.- Renforts exceptionnels -A une cinquantaine de kilomètres, les coureurs, eux, mettent pied à terre. Quelques instants plus tard, la direction de la course annonce son arrêt définitif, épilogue d’une compétition qui aura été marquée quasi quotidiennement par des manifestations et des incidents.Dans le coeur de Madrid, les policiers ont empêché tout accès à la zone où devaient notamment avoir lieu les cérémonies protocolaires. Quelques incidents y ont éclaté toutefois en début de soirée, et les forces de l’ordre ont usé à nouveau de gaz lacrymogènes, avant une dispersion dans le calme en fin de soirée.Des renforts exceptionnels avaient été déployés dimanche – à un niveau jamais vu dans la ville depuis un sommet de l’Otan en 2022 selon les autorités – et des blindés avaient même été prépositionnés à certains carrefours en cas d’incidents graves.”La Vuelta, c’est une excuse pour venir montrer notre soutien” aux Palestiniens, a expliqué à l’AFP, avant l’irruption sur le parcours des manifestants, Rosa Mostaza Rodriguez, une enseignante de 54 ans, robe rouge et foulard vert sur la tête. “Je n’aime pas que nous soyons arrivés à ça parce que cette course n’aurait jamais dû avoir lieu. Israël commet un génocide à Gaza et ne devrait pas participer à ces événements internationaux”, a estimé pour sa part José Luis Fernández, 74 ans, professeur d’université à la retraite, défilant après l’interruption de l’épreuve. L’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils. L’offensive israélienne de représailles a fait au moins 64.871 morts dans la bande de Gaza, aujourd’hui en pleine crise humanitaire.- Réglement de compte politique -Depuis son arrivée sur le territoire espagnol, la course a été le théâtre de manifestations propalestiniennes qui ont fortement perturbé les coureurs, dont certains ont chuté lors d’incidents, et entraîné la modification de plusieurs étapes.Dans un pays où la cause palestinienne est très populaire, ces manifestations ont en outre lieu en période de grande tension entre le gouvernement du socialiste Pedro Sanchez et celui de Benjamin Netanyahu, après notamment l’annonce récente par le Premier ministre espagnol de mesures destinées à “mettre un terme au génocide à Gaza”.Dans la soirée, la fin chaotique de l’épreuve a tournée au règlement de compte politique entre le gouvernement et l’opposition de droite.”La société espagnole ne tolère pas que le génocide à Gaza soit normalisé dans des événements sportifs ou culturels”, a salué sur les réseaux sociaux la ministre du Travail Yolanda Diaz, issue de la plateforme d’extrême gauche Sumar et N.3 du gouvernement. Selon elle, “Israël ne peut participer à aucun événement tant qu’il continue de commettre un génocide”.Le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, l’une des voix les plus critiques en Europe sur l’action menée par Israël à Gaza, n’a pas réagi immédiatement, mais il avait fait part dimanche matin de son “admiration” pour les manifestants tout en disant son “respect” des sportifs.Le chef du Parti populaire (PP, opposition de droite), Alberto Nunez Feijoo a quant à lui fustigé dimanche sur X “une honte internationale relayée dans le monde entier”, due, selon lui, au gouvernement socialiste qui a “non seulement permis, mais aussi encouragé l’interruption de La Vuelta”. 

Lula répond à Trump: Le procès de Bolsonaro “n’était pas une chasse aux sorcières”

Le procès de l’ancien président d’extrême droite brésilien Jair Bolsonaro “n’était pas une chasse aux sorcières”, a assuré dimanche l’actuel chef de l’État brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, en réponse aux critiques de son homologue américain Donald Trump. Dans sa première réaction après la condamnation à 27 ans de prison de son opposant, Lula s’est dit “fier de la Cour suprême du Brésil pour sa décision historique” et a affirmé, dans une tribune publiée par le quotidien américain New York Times, que “ce n’était pas une chasse aux sorcières”. Le président Trump a qualifié cette semaine la condamnation de Jair Bolsonaro à 27 ans de prison de “très surprenante”.Lula a intitulé son texte : “La démocratie et la souveraineté du Brésil ne sont pas négociables”.Il est confronté à une crise diplomatique avec les États-Unis en raison du procès contre M. Bolsonaro, principal dirigeant de la droite et de l’extrême droite au Brésil et proche allié de Donald Trump.Le président américain a puni le Brésil en lui imposant des droits de douane de 50%, parmi les plus élevés au monde, sur une grande partie de ses produits.Plusieurs magistrats de la Cour suprême brésilienne font également l’objet de sanctions de la part de Washington pour leur gestion de l’affaire Bolsonaro.L’ancien président, âgé de 70 ans, a été condamné cette semaine pour avoir dirigé un complot infructueux visant à empêcher l’investiture de Lula, qui l’a devancé aux élections de 2022.”Le jugement est le résultat de procédures menées conformément à la Constitution brésilienne de 1988, promulguée après deux décennies de lutte contre une dictature militaire”, a poursuivi Lula dans ce texte publié en anglais.”Des mois d’enquête (…) ont révélé des plans visant à m’assassiner, ainsi que le vice-président et un juge de la Cour suprême”, a-t-il ajouté. “Les autorités ont également découvert un projet de décret qui aurait effectivement annulé les résultats des élections de 2022.”- Relation “de plus de 200 ans” -“Lorsque les Etats-Unis tournent le dos à une relation vieille de plus de 200 ans, comme celle qu’ils entretiennent avec le Brésil, tout le monde y perd”, a ajouté Lula. “Président Trump, nous restons ouverts à toute négociation susceptible d’apporter des avantages mutuels. Mais la démocratie et la souveraineté du Brésil ne sont pas négociables”. Donald Trump, pour sa part, a déclaré après la condamnation de M. Bolsonaro que ce procès rappelait “vraiment ce qu’ils ont essayé de me faire”, en référence à ses propres problèmes judiciaires après la prise du Capitole à Washington par ses partisans, le 6 janvier 2021.La justice brésilienne a tenu l’ancien président pour responsable d’avoir incité à l’émeute du 8 janvier 2023 contre les sièges des pouvoirs publics à Brasilia.Jair Bolsonaro se dit victime de “persécution” et sa défense a annoncé qu’il ferait appel du jugement de la Cour suprême, y compris devant les instances internationales.Dimanche, lors de sa première apparition publique après sa condamnation, il a quitté son domicile pendant quelques heures avec l’autorisation de la justice pour subir une biopsie cutanée.A sa sortie d’un hôpital de Brasilia, il ne s’est pas adressé à la presse et s’est contenté d’observer les dizaines de sympathisants qui l’attendaient avec des drapeaux brésiliens et en chantant l’hymne national.Jair Bolsonaro garde le silence depuis fin juillet, date à laquelle la Cour suprême lui a interdit de s’exprimer sur les réseaux sociaux, estimant qu’il les avait utilisés pour entraver la justice.”Huit lésions cutanées ont été retirées et envoyées en biopsie pour évaluation”, a déclaré le docteur Claudio Birolini à la presse. “En raison de toutes les interventions chirurgicales qu’il a subies et de la situation actuelle, (Bolsonaro) est assez affaibli”, a-t-il ajouté.L’ancien président a subi plusieurs opérations en raison de complications liées à un coup de couteau à l’abdomen reçu en 2018, alors qu’il était candidat.La Cour suprême doit examiner les recours déposés par la défense de M. Bolsonaro avant d’éventuellement l’envoyer en prison.L’ancien président pourrait demander à purger sa peine à domicile, invoquant son état de santé.

Le PS pose ses conditions, Lecornu sous un feu croisé politique et syndical

Les socialistes ont posé leurs conditions dimanche, en particulier sur la fiscalité des plus riches, face aux offres appuyées de dialogue du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui se retrouve sous les pressions conjuguées des oppositions, des mouvements sociaux, jusqu’aux agriculteurs et même aux patrons qui menacent de se mobiliser.Dans ses premiers actes, l’ancien ministre des Armées a annoncé samedi l’abandon de la mesure rejetée par les Français de suppression de deux jours fériés. Il a tendu la main à la gauche, hors LFI, et à l’appui de son changement de méthode, il a promis le lancement d’une nouvelle réforme de décentralisation et la suppression des avantages bénéficiant aux anciens ministres.Mais pour des raisons souvent contraires, ce sont des menaces de blocages, sur le terrain politique ou social, ou des avertissements qui ont déferlé dimanche au lendemain de sa prise de parole dans la presse régionale.Le Parti socialiste, qui sera crucial pour la survie du gouvernement et avec qui le Premier ministre souhaite engager une discussion “moderne et franche” sur le budget 2026, a rappelé ses lignes rouges.”Si le Premier ministre souhaite demeurer en poste, il doit comprendre qu’il y a une soif de changement dans le pays. (…) La rupture, c’est suspendre la réforme des retraites, c’est permettre l’augmentation des salaires”, a souligné le député PS Philippe Brun sur Franceinfo.- Pas de “fétichisme” -L’ex-président François Hollande, tenant de la ligne la plus conciliante au sein du PS, a soutenu l’exigence d’une plus grande taxation des plus riches, sans faire de “fétichisme” sur le dispositif qui sera retenu. La taxe sur les hauts patrimoines élaborée par l’économiste Gabriel Zucman, soutenue par le PS, n’est pas la seule formule, a-t-il insisté sur BFMTV.Il faut que Sébastien Lecornu “change l’orientation” de son gouvernement. Et les socialistes doivent savoir “à un moment nouer un compromis”, a ajouté l’ex-chef de l’Etat, hostile à une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale.”Il y a des questions de justice fiscale, de répartition de l’effort et il faut y travailler sans idéologie”, avait dit samedi Sébastien Lecornu, avant de mettre en garde: “Attention au patrimoine professionnel, car c’est ce qui permet de créer des emplois.”Probablement une façon d’évacuer la taxe Zucman. Pour les macronistes, ce n’est “pas une bonne piste”, a réaffirmé la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet sur LCI.Le patronat, de son côté, est monté au créneau dès samedi soir. Le président du Medef Patrick Martin a averti que le gouvernement ferait face à “une grande mobilisation patronale” si les impôts sur les sociétés augmentaient.Sébastien Lecornu compte sur les partenaires sociaux pour trouver par la négociation des économies supplémentaires, et compenser l’abandon de la mesure sur les jours fériés, qui devait rapporter 4,2 milliards d’euros au budget 2026. – “Il n’a rien à faire là” -Son prédécesseur François Bayrou tablait sur des économies de 44 milliards d’euros au total, un chiffre qui pourrait être revu en baisse dans la négociation qui va désormais s’ouvrir.Sans majorité à l’Assemblée, le nouveau Premier ministre devra cet automne espérer la non-censure des socialistes ou du Rassemblement national (RN) pour se maintenir. Mais il a clairement indiqué que c’est vers la gauche non-mélenchoniste qu’il se tournerait d’abord.Côté Ecologistes, la réponse est déjà négative. Marine Tondelier n’entend pas négocier avec un Premier ministre qui, a-t-elle dit sur RTL, “n’a rien à faire là” car elle considère qu’Emmanuel Macron aurait dû nommer une personnalité de gauche.Au sein de la coalition sortante, on cherche cependant des voies de passage. Yaël Braun-Pivet a appelé dimanche à un accord autour d’un chiffre de 35 à 36 milliards d’euros d’économies dans le budget 2026. La porte-parole des Républicains (LR) Agnès Evren a indiqué sur France 3 que le chiffre de 44 milliards “peut se négocier”.En déplacement en Alsace, le ministre de l’Intérieur et président de LR Bruno Retailleau a posé “les limites” de la participation de son parti au gouvernement et rejeté par avance une politique qui serait “faite pour satisfaire la gauche”.Quant au RN, réuni à Bordeaux, il voit déjà au-delà de Sébastien Lecornu. Marine Le Pen prépare ses troupes à de nouvelles élections “lorsque ce gouvernement déjà oublié sera censuré, probablement dans quelques semaines ou dans quelques mois”.Les syndicats préparent, eux, leurs mobilisations de jeudi prochain, qui devraient entraîner des grèves dans plusieurs secteurs, et être plus massives que la journée de blocage du 10 septembre. “Nous voulons battre le fer pendant qu’il est chaud, envoyer l’ensemble du musée des horreurs du budget Bayrou aux oubliettes de l’histoire”, a déclaré à l’AFP la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet.Et dimanche, c’est le président de la FNSEA Arnaud Rousseau qui a ajouté la voix des agriculteurs aux tensions politiques et sociales du moment. “Une grande journée d’action” aura lieu le 26 septembre autour des questions des échanges internationaux pour les produits agricoles, a-t-il annoncé.

A pied ou entassés dans des camionnettes, des milliers de Palestiniens fuient Gaza-ville

Sur une route poussiéreuse au milieu de décombres, un flot ininterrompu de familles fuyant la ville de Gaza avance vers le sud: certaines entassées dans des camionnettes ou des charrettes, d’autres à pied, les bras chargés de sacs ou d’enfants en bas âge. A l’heure où les forces israéliennes poursuivent leur offensive dans la plus grande ville du territoire palestinien, elles multiplient les ordres d’évacuation, affirmant vouloir prendre le contrôle de Gaza-ville, qu’elles présentent comme l’un des derniers bastions du mouvement islamiste palestinien Hamas.Les autorités israéliennes ont indiqué s’attendre à ce qu’un “million” de personnes fuient Gaza-ville dans le nord en direction du sud du territoire, où les quelque deux millions d’habitants ont été déplacés plusieurs fois par la guerre déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.Mais de nombreux habitants disent redouter de n’y trouver aucun refuge, Israël ayant frappé à plusieurs reprises des zones où il demandait aux civils de se rendre.Dans la longue file de personnes fuyant Gaza, on peut distinguer un homme en fauteuil roulant tenant un enfant et un autre marchant difficilement avec des béquilles.  Le long de la route côtière près de Nousseirat, dans le centre du territoire assiégé et dévasté par près de deux ans de guerre, des familles épuisées marchent péniblement, portant leurs affaires sur la tête ou sur les épaules, d’autres entassées au milieu de matelas dans des camionnettes.  Mohammed Ghazal, 32 ans, qui a fui le quartier de Choujaiya à Gaza, affirme que les frappes étaient incessantes dans son secteur.”Nous vivons dans un état de panique et de peur extrême. Les bombardements n’ont pas cessé depuis l’aube, les explosions sont intenses et les tirs continus”, raconte-t-il à l’AFP.L’armée israélienne a affirmé samedi que plus de 250.000 habitants avaient quitté la ville de Gaza depuis l’intensification des bombardements et raids israéliens.- Zone “dangereuse” -Mahmoud Bassal, le porte-parole de la Défense civile à Gaza, a de son côté affirmé qu’environ 68.000 personnes avaient réussi à partir.Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les informations des différentes parties.A Tel al-Hawa, au sud-ouest de la ville de Gaza, “les bombardements n’ont pas cessé depuis l’aube”, affirme Oum Alaa Chaaban, 45 ans, une habitante du quartier. “Nous n’avons pas dormi de la nuit (…) les bruits des bombardements et des explosions n’ont pas cessé jusqu’à présent”, dit-elle à l’AFP.Selon Mme Chaaban, l’armée de l’air israélienne “a bombardé de nombreuses maisons (…) Nous avions très peur, mes enfants hurlaient de terreur.”Les forces israéliennes ont détruit plusieurs tours d’habitation à Gaza-ville ces derniers jours, l’armée affirmant son intention d'”intensifier le rythme (de ses) frappes ciblées (…) afin de nuire aux infrastructures terroristes du Hamas (…) et réduire la menace pour (ses) troupes”.Dimanche, elle a déclaré avoir frappé une autre tour où le Hamas avait installé, selon elle, “des postes d’observation pour surveiller l’emplacement des (…) troupes dans la zone”.La Défense civile a indiqué qu’au moins 20 personnes avaient été tuées dans l’ensemble de la bande de Gaza depuis l’aube dimanche.Le porte-parole de l’armée en langue arabe, Avichay Adraee, a lancé un “avertissement urgent” aux habitants de la zone portuaire de Gaza et du quartier de Rimal, leur demandant d’évacuer immédiatement vers le sud.L’AFP a également vu des tracts israéliens avertissant de nouveau les habitants de Gaza-ville qu’ils se trouvaient dans une “zone de combat dangereuse”.ha-glp-jd-dms/ila

A pied ou entassés dans des camionnettes, des milliers de Palestiniens fuient Gaza-ville

Sur une route poussiéreuse au milieu de décombres, un flot ininterrompu de familles fuyant la ville de Gaza avance vers le sud: certaines entassées dans des camionnettes ou des charrettes, d’autres à pied, les bras chargés de sacs ou d’enfants en bas âge. A l’heure où les forces israéliennes poursuivent leur offensive dans la plus grande ville du territoire palestinien, elles multiplient les ordres d’évacuation, affirmant vouloir prendre le contrôle de Gaza-ville, qu’elles présentent comme l’un des derniers bastions du mouvement islamiste palestinien Hamas.Les autorités israéliennes ont indiqué s’attendre à ce qu’un “million” de personnes fuient Gaza-ville dans le nord en direction du sud du territoire, où les quelque deux millions d’habitants ont été déplacés plusieurs fois par la guerre déclenchée par l’attaque sans précédent du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.Mais de nombreux habitants disent redouter de n’y trouver aucun refuge, Israël ayant frappé à plusieurs reprises des zones où il demandait aux civils de se rendre.Dans la longue file de personnes fuyant Gaza, on peut distinguer un homme en fauteuil roulant tenant un enfant et un autre marchant difficilement avec des béquilles.  Le long de la route côtière près de Nousseirat, dans le centre du territoire assiégé et dévasté par près de deux ans de guerre, des familles épuisées marchent péniblement, portant leurs affaires sur la tête ou sur les épaules, d’autres entassées au milieu de matelas dans des camionnettes.  Mohammed Ghazal, 32 ans, qui a fui le quartier de Choujaiya à Gaza, affirme que les frappes étaient incessantes dans son secteur.”Nous vivons dans un état de panique et de peur extrême. Les bombardements n’ont pas cessé depuis l’aube, les explosions sont intenses et les tirs continus”, raconte-t-il à l’AFP.L’armée israélienne a affirmé samedi que plus de 250.000 habitants avaient quitté la ville de Gaza depuis l’intensification des bombardements et raids israéliens.- Zone “dangereuse” -Mahmoud Bassal, le porte-parole de la Défense civile à Gaza, a de son côté affirmé qu’environ 68.000 personnes avaient réussi à partir.Compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les informations des différentes parties.A Tel al-Hawa, au sud-ouest de la ville de Gaza, “les bombardements n’ont pas cessé depuis l’aube”, affirme Oum Alaa Chaaban, 45 ans, une habitante du quartier. “Nous n’avons pas dormi de la nuit (…) les bruits des bombardements et des explosions n’ont pas cessé jusqu’à présent”, dit-elle à l’AFP.Selon Mme Chaaban, l’armée de l’air israélienne “a bombardé de nombreuses maisons (…) Nous avions très peur, mes enfants hurlaient de terreur.”Les forces israéliennes ont détruit plusieurs tours d’habitation à Gaza-ville ces derniers jours, l’armée affirmant son intention d'”intensifier le rythme (de ses) frappes ciblées (…) afin de nuire aux infrastructures terroristes du Hamas (…) et réduire la menace pour (ses) troupes”.Dimanche, elle a déclaré avoir frappé une autre tour où le Hamas avait installé, selon elle, “des postes d’observation pour surveiller l’emplacement des (…) troupes dans la zone”.La Défense civile a indiqué qu’au moins 20 personnes avaient été tuées dans l’ensemble de la bande de Gaza depuis l’aube dimanche.Le porte-parole de l’armée en langue arabe, Avichay Adraee, a lancé un “avertissement urgent” aux habitants de la zone portuaire de Gaza et du quartier de Rimal, leur demandant d’évacuer immédiatement vers le sud.L’AFP a également vu des tracts israéliens avertissant de nouveau les habitants de Gaza-ville qu’ils se trouvaient dans une “zone de combat dangereuse”.ha-glp-jd-dms/ila

Népal : la nouvelle Première ministre promet de suivre les revendications des manifestants

La nouvelle Première ministre du Népal, Sushila Karki, s’est engagée dimanche à répondre aux revendications des jeunes protestataires qui réclament “la fin de la corruption”, après les émeutes du début de la semaine qui ont poussé son prédécesseur à la démission.”Nous devons travailler en accord avec la pensée de génération Z” qui à l’origine de la contestation, a déclaré Mme Karki, l’ancienne présidente de la Cour suprême âgée de 73 ans. “Ce qu’ils réclament, c’est la fin de la corruption, une bonne gouvernance et l’égalité économique”, a exposé la cheffe du gouvernement provisoire, déterminée “à atteindre cet objectif”.La capitale, Katmandou, a été le théâtre lundi et mardi de violentes manifestations antigouvernementales qui ont fait au moins 72 morts et 191 blessés, selon un nouveau bilan communiqué dimanche par le secrétaire en chef du gouvernement, Eaknarayan Arya, révisant à la hausse un précédent bilan de 51 personnes tuées.Mme Karki, chargée de rétablir l’ordre et de répondre aux revendications des manifestants qui demandent la fin de la corruption et du népotisme a observé une minute de silence dimanche à la mémoire des victimes. La crise – la plus meurtrière survenue au Népal depuis l’abolition de la monarchie en 2008 – a débuté lundi, lorsque la police a ouvert le feu sur les jeunes manifestants qui dénonçaient le blocage des réseaux.Elle s’est engagée à ne pas rester à la tête du pays “plus de six mois”. Des élections législatives sont prévues le 5 mars 2026, après la dissolution du Parlement.- Unité du pays -Conscients de l’ampleur de la tâche qui attend le gouvernement, les Népalais, rencontrés par l’AFP, ont dit espérer que ce gouvernement espérer des changements. “Les problèmes à traiter sont complexes”, reconnait Satya Narayan, un épicier de 69 ans, dans le village de Pharping, situé à environ une heure de la capitale. “Il doit également veiller à préserver l’unité du pays en fédérant la population”. L’agenda de la première femme chargée de diriger le Népal s’annonce chargé.La génération Z, durement frappée par le chômage et contrainte à l’exil pour trouver un emploi, avait fait exploser sa colère lundi dans les rues du pays contre un gouvernement jugé corrompu et incapable de répondre à ses besoins.Dimanche, Mme Karki a entamé une série de réunions dans le complexe gouvernemental de Singha Durbar de la capitale, Katmandou, dont plusieurs bâtiments avaient été incendiés lors des manifestations mardi.Son nom a émergé en début de semaine sur les réseaux sociaux, semblant faire l’objet d’un certain consensus parmi les jeunes contestataires pour diriger le gouvernement provisoire.- “Réussir les élections” de mars -Connue pour son indépendance et son franc parler, sa nomination a fait l’objet d’intenses négociations entre le chef de l’armée, Ashok Raj Sigdel, et le président, Ram Chandra Paudel.”La situation dans laquelle je me trouve, je ne l’ai pas souhaitée. Mon nom a émergé dans les rues,” a-t-elle affirmé. “Quelque soit la situation, nous ne resterons pas ici plus de six mois, nous assumerons nos responsabilités et promettrons de transmettre (le pourvoir) au prochain Parlement et aux ministres,” a-t-elle ajouté dans son allocution. Le président Paudel a affirmé samedi soir qu'”une solution pacifique avait été trouvée à l’issue d’un processus difficile”. Il qualifié la situation de “très difficile, compliquée et grave” dans ce pays himalayen de 30 millions d’habitants. “Je lance un appel sincère à chacun pour tirer le meilleur parti de cette opportunité (…) pour réussir les élections du 5 mars,” a-t-il déclaré. Les soldats étaient moins présents dimanche dans les rues de la capitale, où ils avaient été déployés en grand nombre après les manifestations. Environ 12.500 détenus, qui ont profité des troubles pour s’évader de leurs prisons, étaient toujours dans la nature dimanche. Des dirigeants asiatiques ont félicité Mme Karki, notamment ceux des deux grands voisins du Népal, l’Inde et la Chine. 

Léon XIV fête ses 70 ans, des fidèles lui souhaitent un joyeux anniversaire au Vatican

Le pape Léon XIV, qui a fêté dimanche ses 70 ans, a remercié à l’issue de la prière de l’Angélus les fidèles venus par milliers sur la place Saint-Pierre au Vatican avec des pancartes lui souhaitant un joyeux anniversaire.”Très chers, il semble que vous savez que j’ai 70 ans aujourd’hui”, a-t-il lancé souriant aux fidèles.”Je rends grâce au Seigneur, à mes parents et je remercie tous ceux qui ont eu une pensée pour moi dans la prière”, a sobrement conclu le souverain pontife, applaudissant la foule.Aucun événement n’est officiellement prévu par le Vatican pour fêter l’anniversaire du pape qui présidera dans l’après-midi une messe pour les martyrs du XXIe siècle.De nombreux messages de voeux sont cependant arrivés à Léon XIV de la part de personnalités politiques italiennes, notamment les présidents de la République, du Sénat et de la Chambre des députés.

Léon XIV fête ses 70 ans, des fidèles lui souhaitent un joyeux anniversaire au Vatican

Le pape Léon XIV, qui a fêté dimanche ses 70 ans, a remercié à l’issue de la prière de l’Angélus les fidèles venus par milliers sur la place Saint-Pierre au Vatican avec des pancartes lui souhaitant un joyeux anniversaire.”Très chers, il semble que vous savez que j’ai 70 ans aujourd’hui”, a-t-il lancé souriant aux fidèles.”Je rends grâce au Seigneur, à mes parents et je remercie tous ceux qui ont eu une pensée pour moi dans la prière”, a sobrement conclu le souverain pontife, applaudissant la foule.Aucun événement n’est officiellement prévu par le Vatican pour fêter l’anniversaire du pape qui présidera dans l’après-midi une messe pour les martyrs du XXIe siècle.De nombreux messages de voeux sont cependant arrivés à Léon XIV de la part de personnalités politiques italiennes, notamment les présidents de la République, du Sénat et de la Chambre des députés.

A close-up of a stack of newspapers resting on a desk, symbolizing information and media.

Au Népal, la Première ministre au chevet des victimes des émeutes, lent retour à la normale

La Première ministre du Népal Sushila Karki a réservé samedi sa première sortie aux blessés des émeutes meurtrières du début de semaine, au lendemain de sa nomination à la tête d’un gouvernement chargé d’organiser des élections en mars prochain.Dans une capitale Katmandou où la vie revient lentement à la normale, Mme Karki a visité plusieurs hôpitaux, au chevet des victimes de la répression ordonnée par son prédécesseur KP Sharma Oli, contraint à la démission.Au moins 51 personnes ont été tuées et des centaines d’autres blessés lors de ses troubles, les plus graves depuis l’abolition de la monarchie en 2008.Nommée vendredi soir après trois journées de tractations, l’ex-cheffe de la Cour suprême a entamé au pas de charge son mandat à la tête d’un gouvernement provisoire.Sitôt investie, le président Ramchandra Paudrel a ordonné la dissolution du Parlement et convoqué le 5 mars 2026 des élections législatives, une des revendications des jeunes contestataires réunis sous la bannière de la “Génération Z”.L’agenda de la première femme chargée de diriger le Népal s’annonce chargé et sa mission difficile, tant sont nombreuses les revendications des jeunes qui ont mis à bas l’ancien régime.Sa nomination a été accueillie comme un soulagement par de nombreux Népalais.”Ce gouvernement provisoire est une bonne chose”, s’est réjouie Durga Magar, une commerçante de 23 ans. “On ne sait pas ce qu’il va se passer à l’avenir mais on est satisfaits (…) et on espère que la situation va maintenant se calmer”.”La priorité, c’est de s’attaquer à la corruption”, a poursuivi la jeune femme. “On se moque de savoir si c’est la Génération Z ou des politiciens plus âgés qui s’en occupent, il faut juste que ça cesse”.”Je pense que cette femme Première ministre va (…) faire avancer la bonne gouvernance”, a pour sa part estimé Suraj Bhattarai, un travailleur social de 51 ans.Partie lundi de la colère suscitée par le blocage des réseaux sociaux, la fronde a débordé en révolte politique contre un gouvernement jugé corrompu et incapable de répondre à ses aspirations, notamment en matière d’emploi et de niveau de vie.- Couvre-feu allégé -Plus de 20% des jeunes népalais de 15 à 24 ans sont au chômage, selon les estimations de la Banque mondiale, et le produit intérieur brut (PIB) annuel par habitant frôle les 1.450 dollars.La répression meurtrière des cortèges de protestataires a précipité les événements.Mardi, les manifestants ont déferlé dans les rues de Katmandou et systématiquement incendié ou mis à sac tous les symboles du pouvoir: Parlement, bâtiments ministériels, résidences d’élus…Incarnation des élites, le Premier ministre KP Sharma Oli, 73 ans, quatre fois Premier ministre depuis 2015, n’a eu d’autre choix que de démissionner.Le chef du Parti communiste (maoïste) menait depuis 2024 une coalition avec un parti de centre gauche.Quelques heures après la prestation de serment de la nouvelle Première ministre, l’armée a allégé samedi matin le couvre-feu en vigueur dans la capitale et les autres villes du pays.A Katmandou, chars et blindés se sont faits plus discrets, les commerces et marchés ont retrouvé leurs clients et les temples leurs fidèles.Sushila Karki a travaillé samedi à la composition de son gouvernement, selon son entourage.Plusieurs ONG de défense des droits humains, dont Amnesty International ou Human Rights Watch, l’ont appelée samedi à mettre un terme à la culture de “l’impunité du passé”.L’une de ses tâches immédiates sera aussi d’assurer le retour à l’ordre dans tout le pays.A commencer par remettre la main sur 12.500 détenus qui ont profité des troubles pour s’évader de leurs prisons et étaient toujours en cavale samedi.