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Des centaines de milliers de passagers affectés par une grève des aiguilleurs du ciel français

Plus de 1.500 vols annulés et d’importants retards pour les autres, des centaines de milliers de passagers affectés en Europe: une grève des contrôleurs aériens français, jeudi et vendredi, perturbe gravement le début des vacances d’été, faisant perdre “des millions d’euros” aux compagnies.La Direction générale de l’aviation civile a chiffré à 933 le nombre de vols supprimés jeudi au départ ou à l’arrivée de la France, soit environ 10% des vols initialement prévus. Localement, ces taux ont été bien plus élevés: 50% à Nice, troisième aéroport français, et 25% à Paris-Charles-de-Gaulle et Orly, où transitent 350.000 personnes par jour au total en période estivale.Le Premier ministre François Bayrou a jugé cette grève “choquante”. “C’est prendre en otage les Français que de choisir le jour où tout le monde part en vacances pour faire une grève du contrôle aérien”, a-t-il déclaré jeudi soir sur BFMTV.Les effets du mouvement se font sentir au-delà des frontières, la principale association européenne de compagnies aériennes, Airlines for Europe (A4E) ayant estimé qu’en Europe, 1.500 vols seraient annulés jeudi et vendredi, deuxième jour de la grève, “affectant presque 300.000 passagers” sur le Vieux Continent.”Cette grève est intolérable. Le contrôle aérien français est déjà responsable des retards parmi les pires en Europe, et maintenant, les agissements d’une minorité d’aiguilleurs du ciel français vont perturber les projets de vacances de milliers de personnes en France et en Europe”, a affirmé la directrice générale d’A4E, Ourania Georgoutsakou.Selon la DGAC, le taux de grévistes s’est établi à 26,2%, 272 aiguilleurs du ciel ayant pris part au mouvement sur le millier de personnels de service.- “Agaçant” -“On essaie de positiver, il y a plus grave mais c’est agaçant”, témoigne à l’AFP Nadia Rivet, 51 ans. Le vol de cette employée de banque entre Pau et Paris prévu jeudi matin a été supprimé, alors qu’elle voulait passer six jours de congés dans la capitale pour y voir sa sœur et se rendre à l’anniversaire d’un ami.  Le deuxième syndicat d’aiguilleurs du ciel, l’Unsa-Icna (17% des voix aux dernières élections professionnelles) a lancé ce mouvement pour réclamer de meilleures conditions de travail et des effectifs plus importants. Il a été rejoint par la troisième force syndicale de la profession, l’Usac-CGT (16%).Toute la journée, des vols maintenus ont accusé d’importants retards, allant jusqu’à une heure trente à Nice selon le tableau de bord de la DGAC. A4E a chiffré à “quasiment 500.000 minutes” cumulées jeudi les retards en Europe, sur près de 33.000 trajets. “Je venais pour des vacances, pour l’anniversaire de ma femme, pour ses 40 ans, et je me retrouve bloqué” à Charles-de-Gaulle, raconte Julien Barthélémy, 45 ans, arrivant de New York et espérant rejoindre Marseille. “Là, j’ai trois vols sur lesquels je suis sur la +waiting list+ et j’attends que le prochain se libère”.Vendredi, veille des vacances scolaires, la situation sera encore plus tendue dans les aéroports parisiens et à Beauvais, place forte du “low cost”, la DGAC y ayant ordonné une réduction du nombre de vols de 40%.La première compagnie aérienne européenne, Ryanair, a annoncé jeudi avoir dû annuler 400 vols, affectant 70.000 passagers, dans un nouveau bilan. Son patron Michael O’Leary, familier des coups d’éclat, a dénoncé une situation provoquée “par un faible nombre de contrôleurs aériens français participant à des grèves récréatives” et exhorté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à réformer le contrôle aérien en Europe, où à démissionner si elle n’y était “pas prête”.- Pointage contesté -Air France a confirmé avoir été “contrainte d’adapter son programme de vols”, sans préciser le nombre d’annulations, mais souligné que son réseau long-courrier n’était pas affecté.La grève fait perdre “des millions d’euros” aux compagnies aériennes, a prévenu jeudi le ministre des Transports Philippe Tabarot, en répétant ne pas vouloir céder aux demandes “inacceptables” des syndicats.Une réforme contestée est en cours pour établir un pointage des contrôleurs à la prise de poste, à la suite d’un “incident grave” à l’aéroport de Bordeaux fin 2022, quand deux avions avaient failli entrer en collision. Une enquête en avait fait peser la responsabilité sur une organisation défaillante du travail des aiguilleurs.Parmi les griefs de l’Unsa-Icna: “un sous-effectif entretenu et responsable des retards une bonne partie de l’été”, des outils obsolètes et “un management toxique, incompatible avec les impératifs de sérénité et de sécurité exigés”.

Français détenus en Iran : Paris brandit la menace de “mesures de rétorsion”

Le président français Emmanuel Macron a menacé jeudi l’Iran de “mesures de rétorsion”, s’il maintient l’inculpation d’espionnage pour Israël à l’encontre des deux Français détenus depuis plus de trois ans par Téhéran et qui encourent la peine de mort.”La réponse ne se fera pas attendre”, a-t-il prévenu, annonçant son intention d’en parler prochainement avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian.Arrêtés en mai 2022 au dernier jour d’un voyage touristique, Cécile Kohler et Jacques Paris sont visés par des accusations d'”espionnage pour le Mossad”, le service de renseignement extérieur israélien, de “complot pour renverser le régime” et de “corruption sur Terre”, a appris mercredi l’AFP auprès d’une source diplomatique occidentale et de l’entourage des détenus.Jusqu’à présent, l’Iran indiquait seulement que les deux Français étaient accusés d’espionnage, sans jamais préciser pour quel pays. Téhéran n’a pas encore confirmé si de nouvelles accusations ont été portées contre eux.De tels chefs d’accusation sont une “provocation à l’égard de la France” et un “choix inacceptable d’agressivité”, a fustigé Emmanuel Macron. “Je pourrais dire simplement que c’est fantaisiste si ce n’était pas criminel”. M. Macron n’a pas précisé la nature des “mesures de rétorsion” envisagées.Plus tôt, le ministre français des Affaires étrangères avait rappelé l’existence d’un levier que Paris pouvait activer.”Nous l’avons toujours dit à nos interlocuteurs du régime iranien: la question de décisions éventuelles sur des sanctions sera conditionnée au règlement de ce problème, de ce différend majeur”, a déclaré Jean-Noël Barrot.- “Snapback” -Face à la politique iranienne d’enrichissement d’uranium, les pays occidentaux menacent régulièrement Téhéran d’un “snapback”, mécanisme qui permet de réimposer des sanctions internationales, allégées dans le cadre d’un accord conclu en 2015. Cet accord signé à Vienne avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (France, Allemagne, Royaume-Uni, Chine, Russie, Etats-Unis) prévoyait d’encadrer le programme nucléaire iranien, en contrepartie d’un allègement des sanctions internationales.En 2018, Donald Trump avait retiré unilatéralement les Etats-Unis de l’accord – auquel se conformait Téhéran, selon l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA).En représailles, Téhéran a considérablement augmenté ses réserves de matières enrichies et porté le seuil à 60%, inférieur aux 90% nécessaires à la fabrication de l’arme atomique, mais très loin du plafond de 3,67% fixé par l’accord de Vienne.La résolution 2231 du Conseil de sécurité, qui endosse cet accord, prévoit une clause appelée “snapback” permettant de réimposer les sanctions en cas de violation de l’accord. Ce texte expire le 18 octobre 2025.Selon cette résolution, tout “État participant” à l’accord peut déclencher ce mécanisme s’il juge qu’il y un cas de “non-respect notable d’engagements d’un autre participant”.Dans les 30 jours suivants, le Conseil doit se prononcer par vote sur un projet de résolution visant à confirmer la levée des sanctions: si l’État plaignant veut au contraire les rétablir, il peut opposer son veto à cette résolution, rendant le “snapback” automatique.L’option est de nouveau évoquée par Paris au lendemain de la décision iranienne de suspendre sa coopération avec l’AIEA.- “Double péril” -Le sort de Cécile Kohler, professeure de lettres de 40 ans originaire de l’est de la France, et de son compagnon Jacques Paris, 72 ans, inquiète.Ils étaient encore récemment détenus dans la prison d’Evine, touchée le 23 juin par des frappes israéliennes. La Française a été transférée à la hâte avec d’autres prisonniers, sans pouvoir emmener d’affaires personnelles, à la prison de Qarchak, où elle est restée 24 heures, a indiqué mercredi à l’AFP sa soeur Noémie, en se basant sur le compte-rendu d’une visite consulaire d’un diplomate français mardi au pénitencier de Bozorg, dans le sud de Téhéran.Puis, “on lui a bandé les yeux et on l’a emmenée dans un autre lieu de détention qu’on ne connaît pas”.”Cécile ne dort plus depuis les bombardements”, a poursuivi Noémie Kohler, dont le dernier contact téléphonique avec sa sœur remonte au 28 mai.Jacques Paris a, lui, été transféré dans un lieu également inconnu, “tout seul dans une cellule”. “Il n’a pas de meubles. Donc il continue à dormir à même le sol”, a ajouté Noémie Kohler.La jeune femme s’est dite “extrêmement inquiète sur leur état psychique”, sur “ce double péril de mort (…) la reprise des bombardements et cette condamnation à mort qui leur pend au-dessus de la tête”.

Français détenus en Iran : Paris brandit la menace de “mesures de rétorsion”

Le président français Emmanuel Macron a menacé jeudi l’Iran de “mesures de rétorsion”, s’il maintient l’inculpation d’espionnage pour Israël à l’encontre des deux Français détenus depuis plus de trois ans par Téhéran et qui encourent la peine de mort.”La réponse ne se fera pas attendre”, a-t-il prévenu, annonçant son intention d’en parler prochainement avec son …

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Français détenus en Iran : Paris brandit la menace de “mesures de rétorsion”

Le président français Emmanuel Macron a menacé jeudi l’Iran de “mesures de rétorsion”, s’il maintient l’inculpation d’espionnage pour Israël à l’encontre des deux Français détenus depuis plus de trois ans par Téhéran et qui encourent la peine de mort.”La réponse ne se fera pas attendre”, a-t-il prévenu, annonçant son intention d’en parler prochainement avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian.Arrêtés en mai 2022 au dernier jour d’un voyage touristique, Cécile Kohler et Jacques Paris sont visés par des accusations d'”espionnage pour le Mossad”, le service de renseignement extérieur israélien, de “complot pour renverser le régime” et de “corruption sur Terre”, a appris mercredi l’AFP auprès d’une source diplomatique occidentale et de l’entourage des détenus.Jusqu’à présent, l’Iran indiquait seulement que les deux Français étaient accusés d’espionnage, sans jamais préciser pour quel pays. Téhéran n’a pas encore confirmé si de nouvelles accusations ont été portées contre eux.De tels chefs d’accusation sont une “provocation à l’égard de la France” et un “choix inacceptable d’agressivité”, a fustigé Emmanuel Macron. “Je pourrais dire simplement que c’est fantaisiste si ce n’était pas criminel”. M. Macron n’a pas précisé la nature des “mesures de rétorsion” envisagées.Plus tôt, le ministre français des Affaires étrangères avait rappelé l’existence d’un levier que Paris pouvait activer.”Nous l’avons toujours dit à nos interlocuteurs du régime iranien: la question de décisions éventuelles sur des sanctions sera conditionnée au règlement de ce problème, de ce différend majeur”, a déclaré Jean-Noël Barrot.- “Snapback” -Face à la politique iranienne d’enrichissement d’uranium, les pays occidentaux menacent régulièrement Téhéran d’un “snapback”, mécanisme qui permet de réimposer des sanctions internationales, allégées dans le cadre d’un accord conclu en 2015. Cet accord signé à Vienne avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (France, Allemagne, Royaume-Uni, Chine, Russie, Etats-Unis) prévoyait d’encadrer le programme nucléaire iranien, en contrepartie d’un allègement des sanctions internationales.En 2018, Donald Trump avait retiré unilatéralement les Etats-Unis de l’accord – auquel se conformait Téhéran, selon l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA).En représailles, Téhéran a considérablement augmenté ses réserves de matières enrichies et porté le seuil à 60%, inférieur aux 90% nécessaires à la fabrication de l’arme atomique, mais très loin du plafond de 3,67% fixé par l’accord de Vienne.La résolution 2231 du Conseil de sécurité, qui endosse cet accord, prévoit une clause appelée “snapback” permettant de réimposer les sanctions en cas de violation de l’accord. Ce texte expire le 18 octobre 2025.Selon cette résolution, tout “État participant” à l’accord peut déclencher ce mécanisme s’il juge qu’il y un cas de “non-respect notable d’engagements d’un autre participant”.Dans les 30 jours suivants, le Conseil doit se prononcer par vote sur un projet de résolution visant à confirmer la levée des sanctions: si l’État plaignant veut au contraire les rétablir, il peut opposer son veto à cette résolution, rendant le “snapback” automatique.L’option est de nouveau évoquée par Paris au lendemain de la décision iranienne de suspendre sa coopération avec l’AIEA.- “Double péril” -Le sort de Cécile Kohler, professeure de lettres de 40 ans originaire de l’est de la France, et de son compagnon Jacques Paris, 72 ans, inquiète.Ils étaient encore récemment détenus dans la prison d’Evine, touchée le 23 juin par des frappes israéliennes. La Française a été transférée à la hâte avec d’autres prisonniers, sans pouvoir emmener d’affaires personnelles, à la prison de Qarchak, où elle est restée 24 heures, a indiqué mercredi à l’AFP sa soeur Noémie, en se basant sur le compte-rendu d’une visite consulaire d’un diplomate français mardi au pénitencier de Bozorg, dans le sud de Téhéran.Puis, “on lui a bandé les yeux et on l’a emmenée dans un autre lieu de détention qu’on ne connaît pas”.”Cécile ne dort plus depuis les bombardements”, a poursuivi Noémie Kohler, dont le dernier contact téléphonique avec sa sœur remonte au 28 mai.Jacques Paris a, lui, été transféré dans un lieu également inconnu, “tout seul dans une cellule”. “Il n’a pas de meubles. Donc il continue à dormir à même le sol”, a ajouté Noémie Kohler.La jeune femme s’est dite “extrêmement inquiète sur leur état psychique”, sur “ce double péril de mort (…) la reprise des bombardements et cette condamnation à mort qui leur pend au-dessus de la tête”.

Alcool et mineurs: près de neuf supermarchés sur dix enfreignent la loi, selon une association

Près de neuf supermarchés sur dix enfreignent la loi en vendant de l’alcool aux mineurs dénonce, au vu de tests menés à Nantes, Angers et Rennes, l’association Addictions France, qui réclame jeudi des “sanctions réellement dissuasives” et des contrôles fréquents par l’État.Sur 90 établissements des enseignes Auchan, Lidl, Leclerc, Diagonal, U Express, Intermarché, Carrefour (City, Market et Express), Monoprix, Franprix et G20 testés en avril et en mai, 86% ont vendu de l’alcool à des mineurs, selon l’association. Contre 93% lors d’une opération similaire en 2021.”Malgré l’interdiction formelle de vente d’alcool aux mineurs et l’engagement de l’État à mieux la faire respecter, l’accès à l’alcool reste en 2025 très aisé pour les mineurs”, déplore auprès de l’AFP Myriam Savy, responsable du plaidoyer chez Addictions France.Pour ces tests, des mineurs se sont rendus, accompagnés d’un huissier, dans des supermarchés dont certains avaient “déjà fait l’objet de constatations”. Seuls 8% des établissements ont demandé une pièce d’identité.Or l’article L.3342-1 du Code de la santé publique précise que “la personne qui délivre la boisson exige du client qu’il établisse la preuve de sa majorité” via un “acte systématique”, “non conditionné par le simple doute sur l’apparence physique du client”, rappelle Addictions France.Ces achats tests “ont systématiquement été réalisés en pleine journée, en semaine”, souvent “avec peu voire aucun client à la caisse”, précise l’association pour devancer l’argument d’une “pression liée à l’affluence” pour justifier le non-contrôle de l’âge. Sur les 25 magasins Carrefour testés, seuls deux ont refusé la vente, deux également chez les 11 Lidl testés, comme au sein des sept magasins du groupe Coopérative U visités. Parmi les autres enseignes: un seul magasin E.Leclerc sur six a refusé la vente au mineur, un seul Intermarché sur sept, aucun Monoprix sur les six testés et aucun Auchan (sur deux).À l’été 2023, l’association avait testé en Loire-Atlantique 42 bars, cafés et points de restauration rapide: un seul avait refusé la vente au mineur.Ses constatations en 2023-2024 ont donné lieu à l’ouverture de 37 procédures judiciaires, dont les premières “ne seront plaidées que le 9 décembre 2025”: ces deux ans de délai “renforcent un sentiment d’impunité et banalise la transgression de la loi”, juge Addictions France.- Sanctions “réellement dissuasives” -Face à “l’inefficacité générale du dispositif réglementaire actuel” et de la “Charte d’engagements responsables” signée par la grande distribution en 2019, en partenariat avec la Fédération du commerce et de la distribution, l’association demande des contrôles aléatoires systématiques par l’État, et des sanctions “réellement dissuasives”. Avec des amendes atteignant 2% du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise si celui-ci est inférieur à 100.000 euros, et 10% à partir de 500.000 euros, avec un recours aux sanctions administratives systématisé (avertissement, suspension, retrait de la licence après deux récidives). Des moyens dédiés permettraient de juger ces délits sous six semaines. Car si vendre de l’alcool à un mineur est un délit passible d’une amende de 7.500 euros, le double en cas de récidive avant cinq ans, aujourd’hui “les contrôles sont rares, les poursuites peu fréquentes et les condamnations à hauteur de la peine maximale quasiment inexistantes”, affirme Addictions France.Jeudi, un porte-parole de Carrefour a assuré à l’AFP que “la majorité de (ses) magasins respectent” cette interdiction, ajoutant qu’il allait la “rappeler une nouvelle fois” à ses employés, tandis que Casino a promis de diffuser dans ses magasins “un message ferme de respect de cette interdiction”.”La re-sensibilisation va être extrêmement forte”, a affirmé le PDG de Coopérative U Dominique Schelcher sur BFMTV/RMC. “Nos hôtes, nos hôtesses de caisse doivent être exemplaires sur ce sujet-là, on n’a pas droit à l’erreur.”En comparaison, en Suisse, qui allie prévention, contrôles aléatoires fréquents et sanctions dissuasives, 65% des vendeurs ont contrôlé l’âge des acheteurs en 2023, contre 54% en 2014, selon l’association.En juillet 2024, la cour d’appel de Pau a confirmé la condamnation de l’enseigne Lidl à 5.000 euros d’amende pour avoir vendu de l’alcool à un mineur de 16 ans, Kilian, qui s’était tué à Urrugne (Pyrénées atlantiques) en 2021 en heurtant un pylône à scooter après avoir été percuté par un ami circulant, lui aussi alcoolisé, sur son scooter.Lidl s’est pourvu en cassation.

Dix ans après la rupture d’un barrage au Brésil, les riverains dénoncent la pollution tenace

Près de 10 ans après la rupture d’un barrage minier au Brésil, qui a fait 19 morts et causé un désastre écologique, les sols et l’eau toujours pollués empoisonnent la vie des riverains, raconte à l’AFP un chef coutumier en marge d’une procédure en réparation à Londres.Le 5 novembre 2015, la rupture du barrage minier de Fundao, près de la ville de Mariana, dans l’Etat du Minas Gerais (sud-est), avait entraîné une gigantesque coulée de boue de déchets toxiques qui s’était répandue sur 650 kilomètres le long d’un fleuve, le Rio Doce, jusqu’à l’océan Atlantique.”Mon peuple, ma culture ont toujours été liés au fleuve” mais “tout l’écosystème autour de la rivière a été détruit”, raconte Marcelo Krenak, arborant une coiffe traditionnelle de plumes bleues qui attire les regards en plein centre de la capitale britannique.Ce chef du peuple autochtone Krenak s’est déplacé pour assister à une audience qui se déroulait mercredi et jeudi à Londres, dans le cadre d’une vaste procédure pour obtenir réparation auprès du géant minier australien BHP – qui avait à l’époque des faits l’un de ses sièges mondiaux au Royaume-Uni.”Les plantes médicinales qui n’existaient que dans la rivière sont contaminées, le sol est contaminé, donc on ne peut pas planter, on ne peut pas utiliser l’eau de la rivière pour les animaux ou pour les plantes”, dénonce Marcelo Krenak.- “Terrible tragédie” -Après un méga-procès achevé en mars, il attend dans les semaines qui viennent la décision de la justice britannique sur la responsabilité de BHP, qui possédait avec la compagnie brésilienne Vale ce barrage dont la rupture avait emporté les maisons de plus de 600 personnes.La Haute Cour de Londres organise déjà, en parallèle, la deuxième phase de cette procédure, pour déterminer les éventuels dommages et intérêts. Elle pourrait s’ouvrir en octobre 2026 si la responsabilité de BHP était reconnue.L’organisation de ce second volet était au coeur de l’audience de cette semaine. La juge Finola O’Farrell, chargée du dossier, a annoncé jeudi en clôture des débats qu’elle rendrait ses décisions à une date ultérieure, selon une porte-parole du cabinet d’avocats des plaignants.L’entreprise assure, auprès de l’AFP, que la remise en état du Rio Doce dont la qualité de l’eau est selon elle “déjà revenue aux niveaux d’avant la rupture du barrage, reste une priorité”.Reconnaissant “une terrible tragédie”, elle affirme avoir été “toujours engagée à soutenir Samarco”, sa co-entreprise avec Vale, en vue de “faire ce qui est juste” pour les riverains et l’environnement – elle considère que la solution passe par un accord de réparation et de compensation à 170 milliards de reais (27 milliards d’euros) signé l’an dernier au Brésil.La majorité des 620.000 plaignants au procès de Londres (dont 46 municipalités) pensent pourtant ne pas être couverts par cet accord et espèrent obtenir quelque 36 milliards de livres (42 milliards d’euros) supplémentaires devant la justice britannique.- “Nous faisons l’histoire” -Marcelo Krenak promet que les plaignants apporteront “des preuves visuelles, des photos et des vidéos de ce qui a été fait, des dégâts que (la rupture du barrage) cause encore aujourd’hui” et met en avant des études qui prouvent que le fleuve mais aussi les poissons “sont contaminés”.”Ici, en Angleterre, nous faisons l’histoire parce qu’une grande entreprise, l’une des plus grandes sociétés minières du monde, est traduite en justice et cela pourrait créer un précédent, pour garantir que de tels crimes ne se reproduisent pas ailleurs sur la planète”, lance le chef coutumier.La ville de Mariana, l’une des plus touchées par le sinistre, espère obtenir grâce au procès britannique 28 milliards de reais (plus de quatre milliards d’euros).”Notre espoir est qu’ici, à Londres, la municipalité soit entendue car, au Brésil, nous n’avons pas été entendus”, explique à l’AFP son maire Juliano Duarte, présent lui aussi pour assister à l’audience préparatoire mercredi et jeudi.Selon lui, la justice britannique s’apprête à reconnaître la responsabilité de BHP, ce qui pourrait pousser cette entreprise à vouloir négocier directement avec les plaignants. “La municipalité est ouverte aux discussions et aux négociations mais nous n’accepterons pas des miettes comme celles proposées au Brésil.”

Dix ans après la rupture d’un barrage au Brésil, les riverains dénoncent la pollution tenace

Près de 10 ans après la rupture d’un barrage minier au Brésil, qui a fait 19 morts et causé un désastre écologique, les sols et l’eau toujours pollués empoisonnent la vie des riverains, raconte à l’AFP un chef coutumier en marge d’une procédure en réparation à Londres.Le 5 novembre 2015, la rupture du barrage minier …

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La Grèce en lutte contre des incendies en Crète et près d’Athènes

Les pompiers grecs luttaient contre les flammes jeudi dans le sud-est de l’île de Crète, qui ont entraîné l’évacuation par précaution de quelque 5.000 personnes, mais aussi près d’Athènes, selon les autorités. Dans la Turquie voisine, deux incendies faisaient également rage dans la province touristique d’Izmir.A une trentaine de kilomètres à l’est d’Athènes, près du port de Rafina, actif notamment pour les ferries à destination de certaines îles touristiques, un feu s’est déclaré jeudi après-midi, attisé par les vents importants qui soufflent dans cette zone périurbaine. “D’importants moyens terrestres et aériens luttent pour contenir l’incendie”, a annoncé Vassilios Vathrakoyannis, porte-parole des pompiers lors d’un point-presse, avec 170 pompiers déployés, 48 véhicules, 17 avions et 7 hélicoptères.Quelque 300 personnes ont été évacuées et 51 secourues, a-t-il indiqué.Il a également prévenu que les prochains jours “s’annoncent difficiles” en Grèce en raison d’une hausse des températures attendue associée à des vents violents, notamment dans la région d’Athènes.En Crète, l’une des principales destinations touristiques de Grèce, l’incendie qui s’est déclenché mercredi dans des broussailles a poussé les autorités à évacuer “3.000 touristes et 2.000 habitants dans la nuit de mercredi à jeudi”, a assuré le président de l’Union des hôteliers de la région, Yorgos Tzarakis, à l’AFP.”Six hôtels et de nombreuses chambres louées par des touristes ont été évacués” dans la région autour de la ville côtière de Iérapetra, selon lui.”La plupart des touristes ont été transférés dans le nord de l’île”, la plus grande de Grèce, a-t-il ajouté, joint par téléphone.- Message d’urgence -Près de Rafina, les fumées se sont répandues jusqu’aux abords de l’aéroport international d’Athènes sans toutefois perturber le trafic aérien.La télévision publique ERT a diffusé des images de maisons brûlées tandis que Dimitris Markou, le maire des communes de Spata-Artemis touchées par le feu avançait le chiffre de “5 à 6 maisons incendiées et des véhicules”.”La situation est très difficile”, a également assuré l’élu de ces communes proches de l’aéroport, à l’agence de presse ANA. “Le front de feu est vaste. Les vents changent de direction”, a-t-il ajouté. “Nous livrons une grande bataille avec toutes nos forces pour que l’incendie soit maîtrisé avant la tombée de la nuit”.La route principale en direction d’Athènes a été bloquée à la circulation, et selon ERT, les autorités portuaires ont interdit à un ferry d’accoster.Dans la Turquie voisine, deux incendies ravagent les forêts depuis mercredi soir de part et d’autre de la ville d’Izmir, poussés par des vents changeants de plus de 85 km/h qui compliquent le travail des pompiers, selon les responsables locaux.En Crète, des renforts ont été envoyés d’Athènes pour aider les pompiers locaux dont la tâche est rendue difficile par l’intensité des vents qui soufflent sur la région. Quelque 270 pompiers, 10 hélicoptères et des drones luttent contre les flammes, selon les pompiers.- Terrain accidenté -La lutte contre le feu est rendue particulièrement difficile par le terrain accidenté et aride dans cette partie de la plus grande île de Grèce.Selon des médias, des maisons et des cultures, en particulier des serres, ont été endommagées dans cette région productrice de légumes et de fruits.Outre l’agriculture, Iérapetra qui compte 23.000 d’habitants, est une station balnéaire. Comme sur le reste de l’île, la saison touristique bat son plein.Le mois de juillet est chaque année “le plus chaud de l’été et le risque d’incendie est toujours très fort”, a souligné le porte-parole des pompiers grecs.Au cours des dernières 24 heures, 40 incendies de végétation et de forêt se sont déclarés, selon M. Vathrakoyannis.La Grèce a jusqu’ici été épargnée par la canicule qui frappe une partie de l’Europe, en particulier l’Espagne, le Portugal et la France.Mais à partir de ce weekend, les températures vont grimper et atteindre jusqu’à 43°C dans certaines régions, selon les prévisions météorologiques de la chaîne ERT.  Le risque d’incendies reste lui aussi très élevé vendredi dans plusieurs régions, dont celle d’Athènes, l’Attique.Située dans le sud-est de l’Europe sur la Méditerranée, la Grèce est particulièrement vulnérable aux incendies chaque été, alimentés par des vents violents, la sécheresse et des températures élevées. Quelque 45.000 hectares avaient été brûlés, selon le WWF Grèce et l’Observatoire national d’Athènes.Mais 2023 reste l’année la plus destructrice en terme de superficie brûlée avec près de 175.000 hectares partis en fumée et 20 morts. 

Etats-Unis: un migrant expulsé par erreur vers le Salvador dit y avoir été torturé

Un immigré salvadorien expulsé par erreur puis ramené aux Etats-Unis après des mois de guérilla judiciaire assure avoir été battu et soumis à des tortures psychologiques lors de son incarcération dans son pays, selon des documents judiciaires déposés par ses avocats.Kilmar Abrego Garcia, 30 ans, actuellement écroué aux Etats-Unis où il est accusé d’avoir transporté des …

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Etats-Unis: un migrant expulsé par erreur vers le Salvador dit y avoir été torturé

Un immigré salvadorien expulsé par erreur puis ramené aux Etats-Unis après des mois de guérilla judiciaire assure avoir été battu et soumis à des tortures psychologiques lors de son incarcération dans son pays, selon des documents judiciaires déposés par ses avocats.Kilmar Abrego Garcia, 30 ans, actuellement écroué aux Etats-Unis où il est accusé d’avoir transporté des migrants clandestins, a passé plusieurs mois dans une prison de haute sécurité au Salvador après son expulsion avec plus de 250 hommes, la plupart soupçonnés d’appartenir à un gang vénézuélien.Son cas est devenu emblématique de l’opposition entre la justice fédérale et l’administration de Donald Trump au sujet de sa politique d’expulsions massives.Le président américain a érigé la lutte contre l’immigration clandestine en priorité absolue et communique abondamment sur les expulsions d’immigrés.M. Abrego Garcia “a été soumis à d’importants mauvais traitements à son arrivée au CECOT (Centre de confinement du terrorisme, ndlr), dont des coups violents, de la privation de sommeil, une alimentation inadaptée et la torture psychologique”, ont indiqué ses avocats dans un document remis à un tribunal du Maryland (est) où ce Salvadorien, marié à une Américaine, résidait habituellement.Ils assurent qu’à leur arrivée “lui et 20 autres Salvadoriens ont été contraints de rester à genoux d’environ 21h00 et à 06h00, avec des surveillants frappant ceux qui tombaient de fatigue”. Pendant ce temps, “il n’a pas été autorisé à aller aux toilettes et s’est souillé”.Les prisonniers étaient gardés dans des cellules surpeuplées sans fenêtre et avec de l’éclairage artificiel 24 heures sur 24, selon les avocats qui disent que leur client a perdu 14 kilos durant les deux premières semaines de son incarcération.Actuellement en détention dans le Tennessee (sud), où il est poursuivi pour trafic de migrants, Kilmar Abrego Garcia avait demandé fin juin à rester en prison par crainte d’être de nouveau expulsé dès sa libération.