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Rubio promet à l’Asie de “meilleurs” droits de douane qu’ailleurs

Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a assuré jeudi en Malaisie que les pays d’Asie du Sud-Est bénéficieront potentiellement de “meilleurs” droits de douane que le reste du monde, défendant la guerre commerciale menée par Donald Trump.Il s’exprimait devant la presse en marge des réunions des ministres des Affaires étrangères de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean), qui se tiennent jusqu’à vendredi à Kuala Lumpur, la capitale malaisienne.La visite de M. Rubio, sa première en Asie depuis sa prise de fonctions, coïncide avec les menaces adressées cette semaine par Donald Trump à une vingtaine de pays – notamment asiatiques. Faute d’accord avec Washington, ils seront visés dès début août par de fortes surtaxes punitives.”Je dirais qu’au final, de nombreux pays d’Asie du Sud-Est auront de meilleurs taux de droits de douane que ceux d’autres régions du monde”, a assuré jeudi Marco Rubio, sous-entendant que cela pourrait leur donner un avantage comparatif.”Mais les discussions se poursuivent. Il y en aura la semaine prochaine avec le Japon. Des échanges sont en cours avec pratiquement tous les pays représentés ici” lors de la réunion de l’Asean, a-t-il souligné. Donald Trump a annoncé lundi que les droits de douane suspendus en avril seraient rétablis à compter du 1er août – avec parfois des hausses encore plus marquées.- Pas d’abandon -Il a menacé cette semaine plus de 20 pays de surtaxes allant de 20 à 50%. Parmi les nations visées figurent certains des principaux alliés de Washington, comme le Japon et la Corée du Sud avec des droits de douane punitifs de 25%.Membres de l’Asean, l’Indonésie, le Laos, la Thaïlande, la Malaisie, les Philippines, Brunei et la Birmanie risquent des droits de douane de 20% à 40%.Le Vietnam est le seul pays, avec le Royaume-Uni, à avoir conclu un accord de principe avec les Etats-Unis, qui lui permet d’être frappé sensiblement moins fort que prévu.Avant la visite de Marco Rubio en Malaisie, des responsables américains ont affirmé que Washington faisait de l’Asie de l’Est et du Sud-Est une priorité. Le chef de la diplomatie américaine a encore une fois assuré jeudi que les Etats-Unis n’ont “aucunement l’intention d’abandonner” leurs partenariats dans la région, “mais plutôt de les renforcer et de les développer”.Outre la guerre commerciale, Marco Rubio a également évoqué le conflit en Ukraine.Lors d’un entretien jeudi à Kuala Lumpur avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, il a exprimé à son interlocuteur sa “frustration” face à l’absence de progrès vers un potentiel accord de paix.Rubi- “Impact néfaste” -Marco Rubio a par ailleurs participé à des discussions trilatérales avec les Philippines et le Japon, ainsi qu’à un entretien avec le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim sur les droits de douane américains.”La Malaisie estime que de telles actions unilatérales sapent la libre circulation du commerce et pourraient avoir un impact néfaste sur la croissance économique régionale, en particulier pour les nations tournées vers le commerce international comme la Malaisie”, a déclaré Anwar dans un communiqué.”J’ai exprimé ma position selon laquelle l’espace pour les négociations doit rester ouvert afin de garantir des résultats commerciaux justes, équitables et non oppressifs pour les pays en développement”, a-t-il souligné.Sur le front diplomatique, Marco Rubio a indiqué jeudi qu’il pourrait “peut-être” rencontrer son homologue chinois Wang Yi, également présent à Kuala Lumpur à la réunion de l’Asean.Les contentieux entre Pékin et Washington restent nombreux, du commerce au fentanyl, en passant par Taïwan ou la rivalité dans les technologies de pointe.De son côté, sans nommer les Etats-Unis, Wang Yi a appelé jeudi les pays de l’Asean à faire front commun avec la Chine pour promouvoir un ordre international “plus juste et plus rationnel”.lb-amj-jhe-ehl/nth

Öcalan, l’icône kurde prête à embrasser la paix

“L’oncle” de la cause kurde dépose les armes. Vingt-six ans après son arrestation, Abdullah Öcalan, fondateur et figure historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) renonce au combat en évoquant “l’impasse” de la lutte armée.”Je crois au pouvoir de la politique et de la paix sociale et non des armes” professe à 76 ans le chef historique de la guérilla kurde depuis sa prison au large d’Istanbul, exhortant ses forces à le suivre sur ce nouveau chemin tracé depuis l’hiver.Malgré l’éloignement et le silence qui lui étaient imposés, “Apo” (l’oncle en kurde) comme l’appellent affectueusement ses partisans, a continué d’incarner la cause kurde en Turquie, où quatre décennies de violences ont fait au moins 45.000 morts.La communauté kurde représente un cinquième des 85 millions d’habitants de Turquie, selon les estimations.Arrêté en 1999 au Kenya, emprisonné depuis sur l’île d’Imrali, le vieux leader a officiellement tourné une page en appelant fin février son parti à se dissoudre.Réunis en mai en congrès, les commandants du PKK, repliés dans les montagnes d’Irak, ont répondu favorablement à cet appel et procéderont comme il le souhaite, vendredi, à un premier dépôt d’armes symbolique.A deux reprises au moins par le passé, Abdullah Öcalan a tenté de conclure un cessez-le-feu.Répondant favorablement à l’offre de dialogue initiée à l’automne dernier par Ankara, par l’intermédiaire du parti prokurde DEM, il s’est employé à ramener la question kurde “du terrain de la violence au terrain de la politique”, se disant “prêt à prendre les mesures nécessaires”.- Perpétuité -Né le 4 avril 1949 dans une famille paysanne du village d’Ömerli, à la frontière syrienne, Abdullah Öcalan a rejoint l’extrême gauche pendant ses études en sciences politiques à Ankara.En 1978, il fonde le PKK, d’obédience marxiste-léniniste et, deux ans plus tard, rejoint la Syrie, puis la plaine libanaise de la Bekaa alors sous contrôle syrien, où il installe son quartier général.L’idée est d’arracher la création d’un Etat kurde les armes à la main.Aux attaques du PKK répond la répression féroce d’Ankara qui le qualifie de groupe “terroriste”. Le sud-est du pays plonge progressivement dans un état de quasi guerre civile, des villages sont incendiés et rasés.Contraint en 1998 de quitter la Syrie sous la pression turque, il erre en Europe avant d’échouer au Kenya où il est capturé par les services secrets turcs.Ramené en Turquie, condamné à mort, il voit sa peine commuée en détention à perpétuité et à l’isolement quand la peine capitale est supprimée en 2002.- “il incarne la cause” – Ankara pensait en l’arrêtant avoir décapité le PKK mais son enfermement a renforcé son aura auprès de ses fidèles. Même si le commandement militaire, réfugié en Irak, lui a échappé de fait.”Öcalan est resté l’acteur de référence”, a estimé Hamit Bozarslan, directeur d’études à l’EHESS, à Paris. “Pour une grande partie des Kurdes, (…) c’est l’oncle qui incarne non seulement la cause, mais la nation kurde dans sa totalité”.Après plusieurs tentatives avortées de cessez-le-feu, il commande dans les années 2000 au mouvement de renoncer à l’idée d’un Etat kurde indépendant au profit d’une autonomie politique au sein de la Turquie.Mais en 2015, après deux ans d’apaisement et de négociation avec Ankara sur les droits culturels des Kurdes et leur représentation politique, le conflit flambe à nouveau dans le sud-est du pays, à majorité kurde, dévastant notamment la vieille ville de Diyarbakir.Abdullah Öcalan déplorera l’année suivante que “tant de gens (soient) morts” dans “une guerre où aucun camp ne peut l’emporter”, selon des propos rapportés par son frère Mehmet.Mercredi, dans un message vidéo en turc, il a confirmé avoir tourné la page: “Le mouvement PKK, dans sa quête d’un État séparé et sa stratégie de guerre de libération nationale, est terminé”, évoquant “une impasse”.Pour l’heure le vieux chef est toujours en prison et ne réclame pas d’en sortir. En ce sens, note l’historien des mouvements kurdes Boris James, “il contredit les conditions posées par le PKK qui demandait son élargissement afin qu’il puisse mener à bien le processus de paix.”Il reste le +Serok+, le chef, mais il n’est plus le coordinateur d’une action: il se positionne en tant que guide du mouvement, mais pas comme un leader organisationnel” estime le chercheur.

La Russie propose aux Américains une “nouvelle idée” sur l’Ukraine après une salve de drones sur Kiev

Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a annoncé jeudi s’être vu proposer par son homologue russe Sergueï Lavrov une “nouvelle idée” sur l’Ukraine lors de leur rencontre “franche” en Malaisie, après un nouveau barrage de drones russes qui a fait deux morts à Kiev.La Russie a multiplié ces dernières semaines les frappes nocturnes sur l’Ukraine, et notamment sur la capitale, battant chaque semaine des records en nombre d’engins tirés, appuyé par une industrie de défense qui tourne à plein régime. Les négociations en vue d’une issue diplomatique au conflit sont, elles, dans l’impasse.Dans ce contexte, Marco Rubio a rapporté jeudi que Sergueï Lavrov lui a présenté “une nouvelle idée ou un concept nouveau” qu’il va désormais “rapporter au président (Donald Trump) pour en discuter”.Selon lui, il ne s’agit pas d’une “nouvelle approche”, ni d’une initiative menant “automatiquement à la paix” mais d’une “nouvelle idée” qui “pourrait potentiellement permettre d’ouvrir la porte” vers une issue possible.M. Rubio a aussi assuré avoir signifié à son homologue, lors de cet “échange franc” à Kuala Lumpur, la “déception” et la “frustration” de M. Trump face au “manque de progrès” pour mettre fin à l’invasion russe de l’Ukraine lancée en 2022.Après deux rounds de négociations directes entre Russes et Ukrainiens à Istanbul, le Kremlin continue de rejeter l’idée d’un cessez-le-feu. Il réclame que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées et renonce à intégrer l’Otan, des conditions inacceptables pour Kiev.- “Tout a brûlé” -L’entretien Rubio-Lavrov se déroulait quelques heures après une nouvelle attaque aérienne russe d’ampleur contre l’Ukraine, qui a causé la mort de deux personnes et en a blessé 22 autres, selon les secours.Depuis Rome, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé ses alliés occidentaux, comme les jours précédents, à imposer “plus rapidement” de nouvelles sanctions envers Moscou.Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a tiré 415 drones et missiles, dont 382 ont été interceptés, détruits ou perdus. Des journalistes de l’AFP présents à Kiev ont entendu pendant plusieurs heures pendant la nuit de puissantes déflagrations et vu les explosions de projectiles interceptés dans le ciel par la défense antiaérienne.Rencontrée près d’un des lieux sinistrés, Nadia Voïtsekhivska, une habitante, a raconté que sa soeur était en état de choc après avoir réussi à échapper à un incendie dans son immeuble. “Dieu merci, tout le monde a survécu. Mais son mari a été emmené par une ambulance”, dit-elle. “Tout a brûlé”.”Agissez dès maintenant pour priver la machine de guerre russe de ses moyens financiers”, a imploré les Occidentaux sur X le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga.Dans la nuit de mardi à mercredi, la Russie avait lancé sa plus grande attaque aérienne depuis le début de l’invasion en février 2022, avec 728 drones et 13 missiles dont la majorité ont été interceptés, selon Kiev.Signe de l’intensification récente des frappes russes, une mission de l’ONU a annoncé jeudi avoir recensé pour le seul mois de juin un nombre record de morts (232) et de blessés (1.343) civils depuis trois ans, dans une guerre qui a déjà fait au moins des dizaines de milliers de morts des deux côtés.- Moscou veut “des signaux” -Malgré l’absence d’avancées diplomatiques significatives, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réfuté jeudi que les discussions de paix étaient au point mort.Il a assuré que Moscou attendait “des signaux de Kiev” pour convenir d’une date pour un troisième cycle de pourparlers bilatéraux, après deux réunions peu fructueuses mi-mai et début juin.Les hostilités se poursuivront “tant que” Moscou considèrera impossible de “réaliser ses objectifs” par la seule voie diplomatique, a-t-il répété.Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé vouloir envoyer “plus d’armes” à Kiev, provoquant le mécontentement du Kremlin, et accusé le lendemain Vladimir Poutine de dire des “conneries” sur l’Ukraine.Le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron doivent, quant à eux, participer jeudi à une réunion en visioconférence sur l’Ukraine, avec notamment Volodymyr Zelensky.Les forces russes, qui occupent près de 20% du territoire ukrainien, continuent de progresser sur le front. Elles ont même revendiqué en début de semaine la prise d’une première localité dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est).Enfin, les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont annoncé jeudi qu’un de leurs agents avait été tué à Kiev, une affaire relativement rare dans le pays. Ce meurtre a été “salué” par des chaînes Telegram russes pro-Kremlin.

Difficiles négociations sur une trêve à Gaza, frappes israéliennes meurtrières

Le Hamas s’est dit opposé jeudi à un accord de trêve qui maintiendrait une présence militaire israélienne à Gaza, tout en acceptant de libérer dix otages retenus dans le territoire palestinien où des bombardements ont fait des dizaines de morts, selon les secours.Après 21 mois de guerre, les difficiles négociations entre Israël et le mouvement islamiste palestinien, menées par le Qatar, les Etats-Unis et l’Egypte, se sont poursuivies pour le cinquième jour d’affilée à Doha.Le projet d’accord, selon Washington, prévoit une trêve de 60 jours associée à la libération de dix otages vivants et au retour en Israël des dépouilles de neuf otages morts.Le Hamas a affirmé mercredi que les négociations demeuraient “difficiles en raison de l’intransigeance” d’Israël mais qu’il avait néanmoins accepté “de libérer dix prisonniers”, sans donner de calendrier ni d’indication sur la restitution des dépouilles.Sur 251 personnes enlevées durant l’attaque du Hamas en Israël, qui a déclenché la guerre le 7 octobre 2023, 49 sont toujours retenues à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l’armée israélienne.Un haut responsable politique du Hamas, Bassem Naïm, a assuré jeudi que le mouvement était engagé dans les discussions, afin de mettre fin à la guerre “le plus vite possible”.Mais, a-t-il ajouté, “nous ne pouvons accepter que se perpétue l’occupation de notre terre et la réduction de notre peuple à des enclaves isolées sous le contrôle de l’armée d’occupation (Israël, ndlr)”.Il a souligné que le Hamas était opposé en particulier au contrôle israélien sur la ville de Rafah, frontalière avec l’Egypte, et sur le couloir militarisé de Morag, mis en place par Israël entre cette ville et Khan Younès, dans le sud du territoire.- “Questions essentielles” -Le Hamas a répété à de nombreuses reprises qu’il exigeait le retrait israélien de Gaza ainsi que des “garanties” sur le caractère permanent du cessez-le-feu et sur une reprise en main de l’aide humanitaire par l’ONU et des organisations internationales reconnues.Le mouvement a souligné mercredi que ces “questions essentielles” restaient en suspens.De son côté, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a jusqu’à présent refusé de transiger en affirmant que ses objectifs étaient la libération de tous les otages, “les vivants et les morts”, et l’élimination du Hamas.Sous très forte pression de son opinion publique pour mettre fin à la guerre, il a cependant affirmé qu’un accord pourrait être proche, après deux rencontres lundi et mardi à Washington avec le président américain, Donald Trump, qui insiste pour qu’une trêve soit conclue au plus vite.  L’attaque du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.219 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.Au moins 57.680 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans l’offensive militaire lancée en représailles par Israël sur Gaza, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.- “Quelle faute?” -A Gaza, la Défense civile a annoncé jeudi la mort de 52 personnes parmi lesquelles au moins huit enfants dans des bombardements israéliens.Parmi elles figurent “trois personnes qui attendaient pour recevoir de l’aide” humanitaire, a déclaré à l’AFP Mohammad al-Moughayyir, un responsable de cette organisation de secouristes. Selon la Défense civile, 17 personnes ont notamment été tuées dans des frappes aériennes qui ont visé “un rassemblement de citoyens devant un centre médical” à Deir el-Balah, dans le centre de Gaza.Contactée par l’AFP, l’armée israélienne a répondu qu’elle allait se renseigner.A Khan Younès, une famille pleurait la mort de trois enfants, dont le plus âgé avait cinq ans et le plus jeune était né après le début de la guerre, tués avec leur mère par un bombardement. “Quelle est la faute de ces enfants? Comme si le manque de nourriture, d’eau potable, la faim, ne suffisaient pas”, s’interrogeait leur tante, Magdalene Jadallah.Dans le camp de Bureij, dans le centre du territoire, des images de l’AFP ont montré des rescapés errant parmi des amas de décombres, après une frappe nocturne. “Il nous semble qu’ils n’ont aucune intention d’arrêter la guerre”, a lancé Marwan Al-Hourani, un habitant du camp.Compte tenu des restrictions imposées aux médias par Israël à Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans et affirmations des différentes parties.

Difficiles négociations sur une trêve à Gaza, frappes israéliennes meurtrières

Le Hamas s’est dit opposé jeudi à un accord de trêve qui maintiendrait une présence militaire israélienne à Gaza, tout en acceptant de libérer dix otages retenus dans le territoire palestinien où des bombardements ont fait des dizaines de morts, selon les secours.Après 21 mois de guerre, les difficiles négociations entre Israël et le mouvement islamiste palestinien, menées par le Qatar, les Etats-Unis et l’Egypte, se sont poursuivies pour le cinquième jour d’affilée à Doha.Le projet d’accord, selon Washington, prévoit une trêve de 60 jours associée à la libération de dix otages vivants et au retour en Israël des dépouilles de neuf otages morts.Le Hamas a affirmé mercredi que les négociations demeuraient “difficiles en raison de l’intransigeance” d’Israël mais qu’il avait néanmoins accepté “de libérer dix prisonniers”, sans donner de calendrier ni d’indication sur la restitution des dépouilles.Sur 251 personnes enlevées durant l’attaque du Hamas en Israël, qui a déclenché la guerre le 7 octobre 2023, 49 sont toujours retenues à Gaza, dont 27 ont été déclarées mortes par l’armée israélienne.Un haut responsable politique du Hamas, Bassem Naïm, a assuré jeudi que le mouvement était engagé dans les discussions, afin de mettre fin à la guerre “le plus vite possible”.Mais, a-t-il ajouté, “nous ne pouvons accepter que se perpétue l’occupation de notre terre et la réduction de notre peuple à des enclaves isolées sous le contrôle de l’armée d’occupation (Israël, ndlr)”.Il a souligné que le Hamas était opposé en particulier au contrôle israélien sur la ville de Rafah, frontalière avec l’Egypte, et sur le couloir militarisé de Morag, mis en place par Israël entre cette ville et Khan Younès, dans le sud du territoire.- “Questions essentielles” -Le Hamas a répété à de nombreuses reprises qu’il exigeait le retrait israélien de Gaza ainsi que des “garanties” sur le caractère permanent du cessez-le-feu et sur une reprise en main de l’aide humanitaire par l’ONU et des organisations internationales reconnues.Le mouvement a souligné mercredi que ces “questions essentielles” restaient en suspens.De son côté, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a jusqu’à présent refusé de transiger en affirmant que ses objectifs étaient la libération de tous les otages, “les vivants et les morts”, et l’élimination du Hamas.Sous très forte pression de son opinion publique pour mettre fin à la guerre, il a cependant affirmé qu’un accord pourrait être proche, après deux rencontres lundi et mardi à Washington avec le président américain, Donald Trump, qui insiste pour qu’une trêve soit conclue au plus vite.  L’attaque du 7 octobre 2023 a entraîné la mort de 1.219 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.Au moins 57.680 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans l’offensive militaire lancée en représailles par Israël sur Gaza, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU.- “Quelle faute?” -A Gaza, la Défense civile a annoncé jeudi la mort de 52 personnes parmi lesquelles au moins huit enfants dans des bombardements israéliens.Parmi elles figurent “trois personnes qui attendaient pour recevoir de l’aide” humanitaire, a déclaré à l’AFP Mohammad al-Moughayyir, un responsable de cette organisation de secouristes. Selon la Défense civile, 17 personnes ont notamment été tuées dans des frappes aériennes qui ont visé “un rassemblement de citoyens devant un centre médical” à Deir el-Balah, dans le centre de Gaza.Contactée par l’AFP, l’armée israélienne a répondu qu’elle allait se renseigner.A Khan Younès, une famille pleurait la mort de trois enfants, dont le plus âgé avait cinq ans et le plus jeune était né après le début de la guerre, tués avec leur mère par un bombardement. “Quelle est la faute de ces enfants? Comme si le manque de nourriture, d’eau potable, la faim, ne suffisaient pas”, s’interrogeait leur tante, Magdalene Jadallah.Dans le camp de Bureij, dans le centre du territoire, des images de l’AFP ont montré des rescapés errant parmi des amas de décombres, après une frappe nocturne. “Il nous semble qu’ils n’ont aucune intention d’arrêter la guerre”, a lancé Marwan Al-Hourani, un habitant du camp.Compte tenu des restrictions imposées aux médias par Israël à Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans et affirmations des différentes parties.

Arabie saoudite: plus de 100 étrangers exécutés depuis le début de l’année

L’Arabie saoudite a exécuté deux ressortissants éthiopiens pour trafic de drogue, a annoncé jeudi le ministère de l’Intérieur, portant à au moins 101 le nombre total d’étrangers exécutés dans le royaume depuis le début de l’année, selon un décompte de l’AFP. Les Ethiopiens Khalil Qasim Mohammed Omar et Murad Yaqoub Adam Siyo ont été exécutés après avoir été “reconnus coupables de contrebande de cannabis”, indique un communiqué du ministère publié par l’agence de presse saoudienne (SPA).Au total, 189 personnes ont été exécutées depuis début 2025, d’après un décompte de l’AFP, parmi elles 88 Saoudiens.En 2024, le cap des 100 exécutions d’étrangers n’avait été franchi qu’en novembre dans le royaume du Golfe, l’un des pays au monde où la peine de mort est la plus appliquée.  Selon un précédent décompte de l’AFP, au moins 338 personnes ont été exécutées l’an dernier, contre 170 en 2023, bien plus que le précédent record connu de 196 en 2022.   Le fait d’atteindre ce nombre avant la fin juillet marque, selon Amnesty International, une “escalade alarmante dans les exécutions, y compris de ressortissants étrangers condamnés pour des crimes liés à la drogue”.Dans un rapport publié lundi, l’ONG de défense des droits humains a précisé que de “janvier 2014 à juin 2025, l’Arabie saoudite avait exécuté 1.816 personnes, selon les dépêches de l’agence SPA, environ un tiers d’entre elles l’ont été pour des infractions liées à la drogue”.Or, rappelle Amnesty, “le droit international et les normes internationales en matière de droits humains n’autorisent pas la peine de mort pour de tels crimes”.Toujours selon Amnesty, “sur cette période de dix ans, 597 personnes ont été exécutées pour des infractions liées aux drogues, dont environ 75% étaient des étrangers”.Après un moratoire d’environ trois ans, les autorités saoudiennes ont repris fin 2022 les exécutions pour crimes liés aux stupéfiants. Kristyan Benedict, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty, a dénoncé “une tendance réellement terrifiante, où la peine de mort est appliquée à un rythme effréné contre des étrangers pour des infractions qui ne devraient jamais entraîner une telle sentence”.Amnesty souligne également que les étrangers font face à des obstacles supplémentaires pour bénéficier d’un procès équitable en Arabie saoudite, notamment en raison du manque de transparence du système judiciaire et de leur statut de non-ressortissants.- “Etat autoritaire” -L’organisation Reprieve, basée à Londres, a elle aussi dénoncé la semaine dernière “une hausse préoccupante” des exécutions liées à la drogue, soulignant que les étrangers représentaient plus de la moitié des exécutions recensées en 2025, et que 93% d’entre eux avaient été condamnés pour des infractions en lien avec les stupéfiants.”Dans l’Arabie saoudite de Mohammed ben Salmane, vous pouvez assister à une rave dans le désert, mais vous pouvez aussi être exécuté pour avoir fumé du haschisch”, a affirmé Jeed Basyouni, responsable des projets relatifs à la peine de mort au Moyen-Orient pour Reprieve, en faisant référence au prince héritier et dirigeant de facto du pays.”Les milliards dépensés pour promouvoir un royaume plus tolérant et inclusif sous le règne du prince héritier masquent un Etat autoritaire où les exécutions quotidiennes pour des délits liés à la drogue sont désormais la norme”, a-t-il ajouté.Les militants des droits humains estiment que le maintien de la peine capitale ternit l’image du royaume, engagé dans un vaste programme de réformes baptisé Vision 2030. Les autorités affirment quant à elles que la peine de mort est nécessaire au maintien de l’ordre public et qu’elle n’est appliquée que lorsque toutes les voies de recours ont été épuisées. 

Arabie saoudite: plus de 100 étrangers exécutés depuis le début de l’année

L’Arabie saoudite a exécuté deux ressortissants éthiopiens pour trafic de drogue, a annoncé jeudi le ministère de l’Intérieur, portant à au moins 101 le nombre total d’étrangers exécutés dans le royaume depuis le début de l’année, selon un décompte de l’AFP. Les Ethiopiens Khalil Qasim Mohammed Omar et Murad Yaqoub Adam Siyo ont été exécutés après …

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Von der Leyen échappe largement à la censure, mais pas aux critiques

La motion de censure visant Ursula von der Leyen a été largement rejetée jeudi au Parlement européen à Strasbourg, mais la présidente de la Commission n’a pas échappé aux critiques de ses alliés de gauche et du centre quant à sa méthode.Initiée par l’extrême droite, la tentative de censure a été soutenue par 175 députés – loin du minimum requis de 361 voix –  et repoussée par 360 élus.Issue de la droite, Ursula von der Leyen conserve le soutien des alliés sociaux-démocrates, centristes et d’une partie des Verts, malgré les tensions en interne.”Merci”, a-t-elle réagi sur les réseaux sociaux. “À l’heure où la situation mondiale est instable et imprévisible, l’Union européenne a besoin de force”.Un an après les élections européennes, l’épisode a permis de faire le point sur les équilibres politiques à Strasbourg. Répartie dans trois groupes, l’extrême droite n’a pas unanimement censuré la cheffe de l’exécutif. Les Italiens du parti de Giorgia Meloni, plus conciliants avec Mme von der Leyen, n’ont pas pris part au scrutin.Au sein de la gauche radicale, une douzaine d’eurodéputés ont soutenu la motion, mais la majorité du groupe était absente pour éviter d’être associée à une initiative d’extrême droite.Première force dans l’hémicycle, la droite (PPE) a quant à elle fait bloc autour de la présidente de la Commission. “Nous constituons le facteur de stabilité du projet européen. Nous avons donné à la Commission européenne la force dont elle a besoin”, a revendiqué le président du groupe conservateur Manfred Weber.- Un “soutien pas acquis” -L’hémicycle n’a pas fait le plein, signe du peu de suspense autour de cette initiative vouée à l’échec, mais aussi, peut-être, des crispations au sein du camp dit “pro-européen”. Cette tentative de censure avait en effet donné lieu à un débat agité dans l’hémicycle lundi. Ursula von der Leyen avait essuyé les critiques de la gauche et du centre, qui lui reprochent sa gestion trop verticale et accusent le PPE de cultiver l’ambiguïté avec l’extrême droite pour mieux remettre en cause des lois environnementales.”Notre soutien à Ursula von der Leyen n’est pas acquis”, a répété la présidente des centristes, Valérie Hayer, jeudi. “Nous demandons la reprise en main de sa famille politique pour cesser les alliances avec l’extrême droite”.En votant contre la censure, les sociaux-démocrates ont eux aussi voulu dire “NON à l’extrême droite et à ses initiatives destructrices”, a réagi leur cheffe Iratxe Garcia Perez. Mais “nous exigeons un engagement réel du PPE en faveur d’une Europe sociale, juste et verte”, a-t-elle réclaméC’est un eurodéputé roumain d’extrême droite, Gheorghe Piperea (ECR), qui a initié la motion de censure pour fustiger notamment le manque de transparence de la cheffe de la Commission dans le “Pfizergate”.La dirigeante allemande n’a jamais rendu public un échange de SMS avec le PDG de Pfizer Albert Bourla pendant la pandémie de Covid, quand l’Union européenne négociait l’achat de vaccins auprès de ce laboratoire américain.L’affaire a valu à la Commission des plaintes de diverses associations et personnalités opposées aux vaccins, ainsi que du New York Times qui a cherché en vain à accéder aux messages en question.Gheorghe Piperea avait plus largement reproché à la Commission “d’ignorer le Parlement”, en raison d’une “concentration non démocratique des décisions entre les mains” de Mme von der Leyen.Absent lors du débat lundi, le président du groupe des Patriotes, le Français Jordan Bardella, était présent lors du vote et a fait signe à ses troupes d’extrême droite de soutenir la censure, afin de contester “abus de pouvoir”, “écologie punitive” et “ruine des agriculteurs”.Combative lors du débat, Ursula von der Leyen était montée au créneau contre les initiateurs de la motion de censure, des “extrémistes”, “antivaccins” et admirateurs “de Poutine”, avait-elle lancé.

Von der Leyen échappe largement à la censure, mais pas aux critiques

La motion de censure visant Ursula von der Leyen a été largement rejetée jeudi au Parlement européen à Strasbourg, mais la présidente de la Commission n’a pas échappé aux critiques de ses alliés de gauche et du centre quant à sa méthode.Initiée par l’extrême droite, la tentative de censure a été soutenue par 175 députés …

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