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Syrie: Israël bombarde les forces gouvernementales dans une ville druze

L’aviation israélienne a bombardé mardi les forces gouvernementales syriennes à Soueïda après leur entrée dans cette ville à majorité druze du sud de la Syrie où Israël dit défendre cette communauté.Les forces gouvernementales étaient entrées dans la ville dans la matinée, affirmant vouloir restaurer la stabilité après deux jours d’affrontements entre combattants druzes et bédouins ayant fait une centaine de morts.Leur entrée a déclenché des affrontements avec des combattants druzes, et l’agence officielle syrienne Sana a fait état ensuite de bombardements aériens israéliens sur cette ville tenue par les forces druzes. Ces violences illustrent les défis auxquels fait face le pouvoir intérimaire d’Ahmad al-Chareh depuis qu’il a renversé avec une coalition de groupes rebelles sunnites le président Bachar al-Assad en décembre, dans un pays meurtri par près de 14 ans de guerre civile.”L’armée israélienne a commencé il y a peu à attaquer des véhicules militaires des forces du régime syrien à Soueïda”, a annoncé un communiqué militaire israélien. “Nous agissons pour empêcher le régime syrien de leur nuire (aux Druzes, ndlr) et pour garantir la démilitarisation de la zone adjacente à notre frontière avec la Syrie”, ont déclaré dans un communiqué commun le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et le ministre de la Défense, Israel Katz.La province de Soueïda abrite la plus importante communauté druze du pays, une minorité ésotérique issue de l’islam qui comptait quelque 700.000 membres en Syrie avant la guerre civile, et est aussi implantée au Liban et en Israël.- “Coup de feu” -Les autorités syriennes avaient annoncé mardi matin un “cessez-le-feu total” après deux jours de combats meurtriers.La situation semblait cependant confuse sur place.”On entend toujours des coups de feu. L’un de mes amis dans l’ouest de la ville m’a dit que des inconnus sont entrés dans sa maison, ont chassé les membres de sa famille après avoir confisqué leurs téléphones portables et ont mis le feu à la maison”, a indiqué un habitant de Soueïda dans le centre-ville, qui a requis l’anonymat. La Syrie, techniquement en guerre avec Israël, n’a pas fait dans l’immédiat de commentaire sur les frappes.”Nous annonçons un cessez-le-feu total, après un accord avec les notables de la ville”, a annoncé le ministre syrien de la Défense, Mourhaf Abou Qasra, sur son compte X. Les affrontements de mardi ont eu lieu au milieu d’appels contradictoires des chefs religieux druzes, la plupart demandant aux combattants locaux de remettre leurs armes mais l’un d’eux leur demandant de combattre.Les autorités avaient proclamé plus tôt un couvre-feu dans la ville et appelé ses habitants “à rester chez eux et l’informer de tous les mouvements des groupes hors la loi”, en référence aux groupes druzes armés.Les affrontements avaient éclaté dimanche entre des combattants druzes et des tribus bédouines, aux relations tendues depuis des décennies. Les forces gouvernementales étaient intervenues, affirmant vouloir pacifier la région, mais ont pris part aux combats contre les factions druzes aux côtés des bédouins, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), des témoins et des groupes druzes.Selon l’OSDH, les affrontements ont fait 99 morts, parmi lesquels 60 druzes, pour la plupart des combattants mais également deux femmes et deux enfants, 18 bédouins, 14 membres de forces de sécurité et sept hommes armés non identifiés.Le ministère de la Défense a fait état de 18 morts dans les rangs des forces armées.Lundi, Israël avait annoncé avoir frappé dans cette région plusieurs chars des forces gouvernementales et ajouté qu’il ne permettrait pas de présence militaire dans le sud de la Syrie.  – “Avertissement clair” -Les forces gouvernementales avaient dépêché lundi d’importants renforts dans la région et avaient pris le contrôle de plusieurs localités druzes aux abords de Soueïda, selon un correspondant de l’AFP.Les tensions couvaient depuis des heurts interconfessionnels en avril entre combattants druzes et forces de sécurité dans les zones druzes proches de Damas et à Soueïda, qui avaient fait plus de 100 morts.Après la chute de Bachar al-Assad, les violences meurtrières contre la communauté alaouite –dont est issu Assad– puis contre les druzes, ainsi qu’un attentat contre une église à Damas en juin, ont ébranlé la confiance dans la capacité du nouveau pouvoir à protéger les minorités.

Syrie: les forces gouvernementales entrent dans une ville druze après des combats meurtriers

Les forces gouvernementales syriennes ont commencé à entrer à Soueïda, ville à majorité druze du sud de la Syrie, ont annoncé mardi les autorités après deux jours de combats meurtriers entre combattants druzes et bédouins ayant fait une centaine de morts.Un correspondant de l’AFP a entendu des explosions et des tirs après l’annonce de l’entrée des forces gouvernementales dans la ville.Ces nouvelles violences intercommunautaires illustrent les défis auxquels fait face le pouvoir intérimaire d’Ahmad al-Chareh depuis qu’il a renversé le président Bachar al-Assad en décembre, dans un pays meurtri par près de 14 ans de guerre civile.- Couvre-feu -Les chefs spirituels druzes ont indiqué dans un communiqué approuver l’entrée des forces gouvernementales à Soueïda et appelé les factions druzes à leur remettre leurs armes, après l’annonce du ministère de l’Intérieur qui a proclamé un couvre-feu dans la cité.Le ministère de la Défense a ensuite indiqué que les forces gouvernementales avaient commencé à entrer dans la ville et a appelé ses habitants “à rester chez eux et l’informer de tous les mouvements des groupes hors la loi”, en référence aux groupes druzes armés.”Les obus continuent de tomber autour de ma maison”, a déclaré à l’AFP un habitant de Soueïda, terré chez lui, qui a requis l’anonymat: “Nous entendons des explosions mais il n’y a plus de tirs d’armes automatiques”.Les affrontements avaient éclaté dimanche entre des combattants druzes et des tribus bédouines, aux relations tendues depuis des décennies. Les forces gouvernementales étaient intervenues, affirmant vouloir pacifier la région, mais ont pris part aux combats contre les factions druzes aux côtés des bédouins, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), des témoins et des groupes druzes.Des négociations avaient été lancées lundi entre les autorités syriennes et des représentants des druzes pour parvenir à un arrêt des combats dans cette région à majorité druze.Lundi, Israël avait annoncé avoir frappé dans cette région plusieurs chars des forces gouvernementales et ajouté qu’il ne permettrait pas de présence militaire dans le sud de la Syrie. Israël était déjà intervenu ces derniers mois en Syrie sous prétexte de protéger les druzes. – “Avertissement clair” -Ces frappes constituent “un avertissement clair au régime syrien. Nous ne permettrons pas que du mal soit fait aux druzes en Syrie”, a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz. Les forces gouvernementales avaient dépêché lundi d’importants renforts dans la région et avaient pris le contrôle de plusieurs localités druzes aux abords de Soueïda, selon un correspondant de l’AFP.La province de Soueïda abrite la plus importante communauté druze du pays, une minorité ésotérique issue de l’islam qui comptait quelque 700.000 membres en Syrie avant la guerre civile, et est aussi implantée au Liban et en Israël.Selon l’OSDH, les affrontements ont fait 99 morts, parmi lesquels 60 druzes, pour la plupart des combattants mais également deux femmes et deux enfants, 18 bédouins, 14 membres de forces de sécurité et sept hommes armés non identifiés.Le ministère de la Défense a fait état de 18 morts dans les rangs des forces armées.Les tensions couvaient depuis des heurts interconfessionnels en avril entre combattants druzes et forces de sécurité dans les zones druzes proches de Damas et à Soueïda, qui avaient fait plus de 100 morts.Des membres de tribus bédouines sunnites de Soueïda avaient participé aux affrontements au côté des forces de sécurité, selon l’OSDH.A l’époque, des chefs locaux et religieux avaient conclu des accords, en vertu desquels des combattants druzes assurent depuis mai la sécurité dans la province.Après la chute de Bachar al-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes sunnites, les violences contre la communauté alaouite, qui ont fait plus de 1.700 morts, puis contre les druzes, ainsi qu’un attentat contre une église à Damas en juin, ont ébranlé la confiance dans la capacité du nouveau pouvoir à protéger les minorités.

Drones américains au Yémen: décision judiciaire sur une plainte contre Berlin

La justice doit dire mardi si le gouvernement allemand peut être tenu responsable de missions de drones armés américains menées au Yémen en utilisant la base américaine de Ramstein, dans l’ouest de l’Allemagne.La Cour constitutionnelle allemande rendra à 10H00 (08H00 GMT) sa décision concernant la plainte de deux Yéménites de la région d’Hadramout (est) qui ont perdu des proches lors d’une de ces attaques de drones à l’été 2012.”Il a fallu des heures” pour pouvoir identifier “des morceaux de corps carbonisés” comme étant ceux de deux membres de cette famille qui s’apprêtait à célébrer un mariage, rappelle l’organisation de défense des droits humains ECCHR qui soutient les plaignants.Ahmed et Khalid bin Ali Jaber veulent obtenir du gouvernement allemand qu’il intervienne auprès des Etats-Unis afin qu’ils respectent le droit international.Les drones ne décollent certes pas de Ramstein et ne sont pas non plus pilotés depuis ce lieu. Mais les signaux sont transmis par câble depuis les Etats-Unis jusqu’à Ramstein, d’où ils sont retransmis via une station relais satellite.Les plaignants ont notamment invoqué “une violation de leur droit à la vie et à l’intégrité physique”, avait résumé la plus haute juridiction du pays lors de l’examen de la plainte en décembre 2024.Il s’agit de savoir si ce droit fondamental impose à Berlin “des obligations de protection extraterritoriales”, y compris au Yémen, lorsque des drones armés y sont envoyés en utilisant le territoire allemand, avait alors exposé la vice-présidente du tribunal Doris König.- Longue saga judiciaire -Le dossier a connu un long parcours judiciaire avant d’arriver entre les mains des juges suprêmes.La plainte remonte à 2014 lorsqu’Angela Merkel était chancelière. Washington menait alors régulièrement des attaques de drones au Yémen, notamment pour combattre Al-Qaïda.Si le tribunal de Münster (ouest) n’avait alors pas donné raison aux plaignants, il avait toutefois enjoint Berlin à prendre des “mesures appropriées” pour s’assurer que les Etats-Unis respectaient le droit international en menant ces missions, qui doivent en particulier épargner les civils.Les autorités allemandes avaient fait appel auprès du tribunal administratif fédéral de Leipzig (est) qui avait rejeté la demande des plaignants en 2020.Ce tribunal estimait les efforts diplomatiques de Berlin suffisants pour garantir que Washington respecte le droit international.Les plaignants, soutenus par les organisations de défense des droits humains ECCHR et Reprieve, se sont alors tournés vers la Cour constitutionnelle.Pour le gouvernement, la plainte des Yéménites va trop loin.Si Berlin devait “intervenir auprès d’alliés en raison de leur comportement à l’étranger, cela pèserait durablement sur la capacité de l’Allemagne à nouer des alliances”, avait argumenté à l’audience le secrétaire d’Etat parlementaire au ministère de la Défense.Malgré le fait que leurs attaques de drones “violent souvent le droit international”, les Etats-Unis “reçoivent le soutien de plusieurs gouvernements européens”, dont Berlin, qui appliquent “des doubles standards en matière de droits de l’homme”, déplore l’ECCHR dans son dossier consacré à l’affaire.Alors que les pays développés “condamneront et, dans certains cas, poursuivront les crimes” commis par des Etats moins proches, ils montrent “peu d’enthousiasme” quand ces crimes sont commis par “des responsables politiques, militaires ou entreprises occidentales”, ajoute l’organisation.

Drones américains au Yémen: décision judiciaire sur une plainte contre Berlin

La justice doit dire mardi si le gouvernement allemand peut être tenu responsable de missions de drones armés américains menées au Yémen en utilisant la base américaine de Ramstein, dans l’ouest de l’Allemagne.La Cour constitutionnelle allemande rendra à 10H00 (08H00 GMT) sa décision concernant la plainte de deux Yéménites de la région d’Hadramout (est) qui ont perdu des proches lors d’une de ces attaques de drones à l’été 2012.”Il a fallu des heures” pour pouvoir identifier “des morceaux de corps carbonisés” comme étant ceux de deux membres de cette famille qui s’apprêtait à célébrer un mariage, rappelle l’organisation de défense des droits humains ECCHR qui soutient les plaignants.Ahmed et Khalid bin Ali Jaber veulent obtenir du gouvernement allemand qu’il intervienne auprès des Etats-Unis afin qu’ils respectent le droit international.Les drones ne décollent certes pas de Ramstein et ne sont pas non plus pilotés depuis ce lieu. Mais les signaux sont transmis par câble depuis les Etats-Unis jusqu’à Ramstein, d’où ils sont retransmis via une station relais satellite.Les plaignants ont notamment invoqué “une violation de leur droit à la vie et à l’intégrité physique”, avait résumé la plus haute juridiction du pays lors de l’examen de la plainte en décembre 2024.Il s’agit de savoir si ce droit fondamental impose à Berlin “des obligations de protection extraterritoriales”, y compris au Yémen, lorsque des drones armés y sont envoyés en utilisant le territoire allemand, avait alors exposé la vice-présidente du tribunal Doris König.- Longue saga judiciaire -Le dossier a connu un long parcours judiciaire avant d’arriver entre les mains des juges suprêmes.La plainte remonte à 2014 lorsqu’Angela Merkel était chancelière. Washington menait alors régulièrement des attaques de drones au Yémen, notamment pour combattre Al-Qaïda.Si le tribunal de Münster (ouest) n’avait alors pas donné raison aux plaignants, il avait toutefois enjoint Berlin à prendre des “mesures appropriées” pour s’assurer que les Etats-Unis respectaient le droit international en menant ces missions, qui doivent en particulier épargner les civils.Les autorités allemandes avaient fait appel auprès du tribunal administratif fédéral de Leipzig (est) qui avait rejeté la demande des plaignants en 2020.Ce tribunal estimait les efforts diplomatiques de Berlin suffisants pour garantir que Washington respecte le droit international.Les plaignants, soutenus par les organisations de défense des droits humains ECCHR et Reprieve, se sont alors tournés vers la Cour constitutionnelle.Pour le gouvernement, la plainte des Yéménites va trop loin.Si Berlin devait “intervenir auprès d’alliés en raison de leur comportement à l’étranger, cela pèserait durablement sur la capacité de l’Allemagne à nouer des alliances”, avait argumenté à l’audience le secrétaire d’Etat parlementaire au ministère de la Défense.Malgré le fait que leurs attaques de drones “violent souvent le droit international”, les Etats-Unis “reçoivent le soutien de plusieurs gouvernements européens”, dont Berlin, qui appliquent “des doubles standards en matière de droits de l’homme”, déplore l’ECCHR dans son dossier consacré à l’affaire.Alors que les pays développés “condamneront et, dans certains cas, poursuivront les crimes” commis par des Etats moins proches, ils montrent “peu d’enthousiasme” quand ces crimes sont commis par “des responsables politiques, militaires ou entreprises occidentales”, ajoute l’organisation.

Annonce de la peine pour deux hommes qui ont abattu l’arbre le plus célèbre d’Angleterre

Deux hommes qui ont tronçonné à la base un érable extrêmement célèbre près du mur d’Hadrien en Angleterre, connaîtront leur peine mardi, presque deux ans après cet acte de vandalisme qui avait bouleversé au-delà des frontières.Actuellement incarcérés, Daniel Graham et Adam Carruthers risquent jusqu’à 10 ans de prison.Le “Sycamore Gap Tree”, un érable sycomore majestueux, niché depuis plus de 100 ans entre deux collines dans un paysage spectaculaire du Northumberland (nord) était l’un des arbres les plus photographiés d’Angleterre. Il était connu dans le monde entier depuis son apparition dans “Robin des Bois: Prince des voleurs” avec Kevin Costner en 1991. Dans la nuit du 27 au 28 septembre 2023, les deux amis, armés d’une tronçonneuse, avaient conduit pendant 40 minutes jusqu’à un parking, marché 20 minutes dans l’obscurité et l’un d’eux avait filmé l’autre pendant qu’il abattait l’arbre, lui envoyant ensuite la vidéo. Ils avaient également emporté un morceau du tronc comme trophée.- C’était “juste un arbre” -Le lendemain, Daniel Graham et Adam Carruthers s’étaient délectés de la couverture médiatique de cette affaire, se félicitant mutuellement d’une histoire devenue “virale”, envoi de messages vocaux et d’articles de presse à l’appui.Ces hommes, désormais ennemis, se sont ensuite rejeté la responsabilité du tronçonnage, Carruthers affirmant qu’il était resté chez lui ce soir-là, Graham affirmant à l’inverse que Carruthers avait emprunté sa voiture et agi avec quelqu’un d’autre.Pendant leur procès en mai à Newcastle (nord-est), où ils ont tous les deux été jugés coupables, Carruthers a expliqué qu’il ne comprenait pas l’émotion provoquée par la destruction de l’érable. C’était “juste un arbre”, a-t-il dit.Les deux hommes n’ont jamais expliqué pourquoi ils s’en étaient pris à ce célèbre sycomore.Sa chute avait aussi endommagé le mur d’Hadrien, une fortification romaine de 135 km de long construite entre 122 et 127 apr. J.-C. et inscrite sur la liste du patrimoine mondial par l’Unesco.Les jurés ont pu voir une vidéo tournée de nuit, dans laquelle l’on entend le bruit d’une tronçonneuse, puis de la chute d’un arbre.Le téléphone portable de Daniel Graham et sa voiture avaient été localisés près du site.- Renaissance -Cet acte de vandalisme a provoqué chagrin et colère au Royaume-Uni “mais aussi à l’échelle internationale”, souligne l’agence gouvernementale Historic England.Lieu de mariage et de souvenirs familiaux, extrêmement photogénique, l’érable avait été élu arbre anglais de l’année en 2016.L’an dernier, le National Trust, l’organisme gérant de nombreux lieux du patrimoine britannique, dont le site où il se trouvait, a annoncé que de nouvelles pousses étaient apparues sur la souche.Le National Trust a également récupéré des graines et obtenu 49 jeunes plants, objets de tous les soins, qui doivent être replantés l’hiver prochain dans des espaces accessibles au public, notamment des parcs, hôpitaux et écoles.Une partie du tronc a par ailleurs été transformée en œuvre d’art, que les visiteurs peuvent désormais étreindre, au centre d’accueil du parc national du Northumberland.Dans cette exposition permanente, conçue par l’artiste Charlie Whinney, le tronc de plus de deux mètres de hauteur est entouré de trois bancs en chêne d’où les visiteurs peuvent lire des mots poétiques montant du sol, liés au chagrin initial créé par sa destruction, mis en scène comme une sculpture ramifiée. 

Budget: après le jeu de pistes, Bayrou à l’heure des choix impossibles

Le Premier ministre François Bayrou dévoile mardi les grandes orientations du budget 2026, un casse-tête financier et politique puisqu’il prévoit un important tour de vis de 40 milliards d’économies, en plus d’augmenter le budget des armées.Qu’importe dans quel sens on s’y prend, résoudre l’équation paraît relever de l’exploit mathématique, tant les marges de manœuvre financières sont réduites.Objectif: ramener le déficit à 4,6% du PIB l’an prochain, contre 5,8% en 2024. Le tout dans un contexte international inflammable et incertain, entre tensions commerciales – Donald Trump a annoncé samedi que les produits l’UE seraient taxés de 30% – et militaires, ce qui a conduit Emmanuel Macron à demander dimanche un effort additionnel de 3,5 milliards d’euros pour la défense. Une enveloppe supplémentaire que le Premier ministre a dû intégrer, promettant auprès de l’AFP de ne “laisser aucune dépense flottante”: “Je ne laisse pas la poussière sous le tapis, surtout des poussières qui se comptent en milliards”.Politiquement, le socle de soutiens du Premier ministre paraît plus friable que jamais. Et chacun sur l’échiquier, à commencer par le Rassemblement national qui se pose en arbitre de la censure, dresse ses lignes rouges, après avoir renversé le gouvernement Barnier à l’automne dernier sur le budget.Autant dire que M. Bayrou, qui s’exprimera à partir de 16H00 entourés de quelques ministres (Eric Lombard, Catherine Vautrin, Amélie de Montchalin, François Rebsamen et Astrid Panosyan-Bouvet), avec des infographies à l’appui, marche sur un fil. Cela revient à “prendre l’Himalaya par la face nord en hiver, et on est en short”, métaphorise un membre du gouvernement.Le Premier ministre, qui concentre son énergie à l’élaboration de ces projets de loi de finances, décline sur tous les registres le “piège mortel” qui guette le pays, face au mur de la dette qui a atteint 114% du PIB en mars. Un combat dont il a fait son ADN politique. – “Plan cohérent” -“Ne pas proposer une réponse de la nation, ça serait une lâcheté vouée aux plus graves accidents”, dit-il à l’AFP.Une dramatisation des enjeux destinée à améliorer l’acceptabilité d’une note qui s’annonce salée, avec 40 milliards d’euros d’effort budgétaire demandés. Mardi, il proposera donc “un plan cohérent, suffisamment précis, même s’il restera à finaliser avec le Parlement, pour que tout le monde mesure la part que chacun doit prendre à cet effort”, appuie-t-il. Avec “deux volets”: l’un tourné vers “un retour à un équilibre supportable des finances publiques”. Et l’autre de “soutien à la production”.L’exécutif a tenté de déminer le terrain en recevant en amont les groupes politiques à Bercy, un travail qui sera réédité en septembre.Surtout, la foire aux idées a été particulièrement florissante. Au point que Bercy a rendu à Matignon “une copie à 45 milliards”, pour “se donner du choix entre des options”, selon un conseiller de l’exécutif.Marmoréen, François Bayrou, qui a présenté vendredi ses intentions à Emmanuel Macron, a promis “des efforts ici ou là” en matière de fiscalité mais pas de hausse d’impôts généralisée. Par exemple, la contribution pour les hauts revenus instaurée l’an dernier devrait être remodelée et reconduite, selon une source ministérielle.- Gisements -L’Etat dans son ensemble devra se serrer la ceinture, engendrant d’importantes baisses de crédits dans les ministères, ainsi que les collectivités.Parmi les pistes tenant la corde, la reconduction à l’identique de certaines dépenses entre 2025 et 2026, sans tenir compte de l’inflation. Une “année blanche” dont le rendement varie selon le périmètre retenu. Ce gel pourrait par exemple s’étendre au barème de l’impôt sur le revenu. Et, suivant de larges appels à mettre à contribution les retraités, les pensions pourraient aussi être désindexées de l’inflation.Des coups de rabot sont aussi évoqués dans différents maquis: les niches fiscales, les aides publiques aux entreprises ou encore dans les agences et opérateurs de l’Etat, dont certains sont voués à la suppression. Suscitant déjà la controverse, un nouveau durcissement des règles de l’assurance chômage se profile, alors qu’Emmanuel Macron a affirmé dimanche qu’il comptait financer l’effort militaire par “plus de production et plus d’activité”. De quoi raviver les spéculations autour d’un relèvement du temps de travail ou la suppression de jours fériés.D’autres gisements d’économies ont été identifiés sur la facture des transports médicalisés, des affections longue durée ou des arrêts maladie.La gauche rêve elle d’obtenir une taxe inspirée par l’économiste français Gabriel Zucman sur les “ultra-riches”, en prélevant 2% par an de leur patrimoine, pour un rendement annuel de 20 milliards d’euros. Une ligne rouge pour le camp macroniste.

Désenchanté par Poutine, Trump fait volte-face sur l’Ukraine

En menaçant la Russie lundi de sanctions douanières “très sévères” et en réarmant l’Ukraine, Donald Trump semble avoir opéré une énième volte-face, se disant désenchanté par Vladimir Poutine.Reste à savoir s’il s’agit d’un véritable changement de stratégie, alors que le président américain souffle le chaud et le froid sur la guerre en Ukraine.Le fait est que, malgré son impatience affichée, le président américain accorde un nouveau délai — de 50 jours — au président russe, qui, trois ans après l’avoir lancée, refuse toujours de mettre fin à l’invasion de l’Ukraine.Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump s’est rapproché de Vladimir Poutine, alors qu’il cherche à honorer sa promesse électorale de mettre fin à la guerre en Ukraine — un objectif qu’il s’était dit, pendant la campagne, capable d’atteindre en seulement 24 heures.Cela a fait craindre à Kiev d’être lâchée en rase campagne, en particulier après la virulente altercation avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale en février.A l’époque, M. Trump qualifiait ce dernier de “dictateur sans élections”, soulignant que l’Ukraine n’avait “aucune carte en main” face à la Russie.Mais le ton a changé ces dernières semaines, après une série de pourparlers infructueux, Donald Trump affichant clairement son mécontentement avec le président russe.Vladimir Poutine “parle bien” en journée et se met “à bombarder tout le monde le soir”, a-t-il relevé lundi.Les frappes aériennes russes en Ukraine se sont intensifiées récemment. Moscou bat chaque semaine des records en nombre d’engins tirés, fournis par une industrie de défense qui tourne à plein régime.- “Dur à cuire” -Donald Trump, qui ne cache pas son admiration pour le dirigeant russe avec qui il dit entretenir depuis “toujours de très bonnes relations”, l’avait qualifié récemment de “complètement fou”.Et dans une rare introspection, il a suggéré que la Première dame, Melania Trump, avait pu peser sur sa façon de penser.”Je rentre chez moi et je dis à la Première dame: +J’ai parlé à Vladimir aujourd’hui, nous avons eu une merveilleuse conversation+. Et elle me répond: +Oh vraiment? Une autre ville vient d’être frappée+.””Je ne veux pas dire que c’est un assassin, mais c’est un dur à cuire”, a-t-il encore dit à propos du président russe, refusant par ailleurs toute notion selon laquelle il serait mené en bateau par son homologue.Les deux dirigeants se sont parlé à six reprises depuis janvier mais, contrairement à ce qu’avait laissé entrevoir Donald Trump, aucune rencontre n’a encore été programmée entre les deux hommes.Le président américain avait “promis qu’il pourrait amener M. Poutine à la table des négociations, et il n’y est pas parvenu”, souligne Heather Conley, de l’American Enterprise Institute, un cercle de réflexion conservateur à Washington.Sa menace d’infliger des droits de douane “secondaires” de 100% aux alliés de Moscou, si aucun accord n’est trouvé d’ici 50 jours, “montre qu’il est frustré de ne pas y être parvenu, mais je ne la considère pas comme un grand changement de politique”, ajoute-t-elle.L’opposition démocrate a vite fait de saluer le revirement de M. Trump, se disant à l’instar de la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen, “heureuse qu’il semble enfin se rendre à l’évidence quant à la responsabilité de Poutine dans ce massacre insensé et barbare d’innocents”.Mais “il est maintenant temps de joindre le geste à la parole et de mettre fin à cette guerre”, a-t-elle ajouté dans un communiqué.M. Trump n’a pas ouvertement apporté son soutien lundi à une proposition de loi qui fait l’objet d’un large accord au Congrès et qui préconise des droits de douane de 500% imposés aux pays, comme la Chine, l’Inde et le Brésil, qui appuient la machine de guerre russe en achetant du pétrole et du gaz russes bon marché.Mais pour Heather Conley, “le Kremlin a jeté toutes ses forces dans cette bataille” et “mise sur une lente érosion de la position de l’Ukraine et de l’Occident, voulant gagner ce conflit selon ses propres termes”.

Désenchanté par Poutine, Trump fait volte-face sur l’Ukraine

En menaçant la Russie lundi de sanctions douanières “très sévères” et en réarmant l’Ukraine, Donald Trump semble avoir opéré une énième volte-face, se disant désenchanté par Vladimir Poutine.Reste à savoir s’il s’agit d’un véritable changement de stratégie, alors que le président américain souffle le chaud et le froid sur la guerre en Ukraine.Le fait est …

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Rhône: fin de cavale pour un détenu qui s’était évadé caché dans un sac à linge

Fin de cavale après une évasion rocambolesque: le détenu qui avait réussi à s’évader vendredi, caché dans le sac à linge de son codétenu libérable de la prison de Lyon-Corbas, a été interpellé lundi dans la métropole lyonnaise.L’homme âgé de 20 ans a été cueilli vers 06H00 alors qu’il sortait d’une cave à Sathonay-Camp, au nord de Lyon, par les policiers de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO) et de la Division la criminalité organisée du Rhône (DCOS), selon le parquet de Lyon.”Personne n’a été blessé” lors de son arrestation. Son codétenu complice a été interpellé bien plus tard, à 22h à Marseille. Ce dernier, placé en garde à vue, sera ramené sur Lyon mardi “dans la journée”, a-t-on précisé.Le détenu repris a été placé en garde à vue pour “évasion en bande organisée et participation à une association de malfaiteurs”, selon le parquet. Le jeune homme, natif de Mayotte, était en détention provisoire à la maison d’arrêt de Lyon-Corbas, suspecté du “meurtre en bande organisée” d’un trafiquant de drogue et d'”infraction à la législation sur les armes”, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte à la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris.Il a pu s’évader vendredi matin selon un procédé “extrêmement rare, que nous n’avons jamais connu dans cette administration”, a commenté à BFMTV Sébastien Cauwel, directeur de l’administration pénitentiaire.”Ils étaient trois en cellule, l’un de ses cocellulaires était libérable vendredi matin et il a profité de la complicité de ce cocellulaire pour se cacher dans un gros sac de linge”, et sortir en même temps que ce complice, aux yeux et à la barbe des surveillants, a-t-il précisé.C’est seulement samedi matin que son absence en cellule a été constatée.- “Dysfonctionnements graves” -Il y a eu “manifestement toute une série de dysfonctionnements” “graves” et “inadmissibles”, a estimé M. Cauwel, précisant avoir lancé une enquête interne et l’ouverture d’une inspection de l’inspection générale de la justice demandée par le garde des Sceaux.L’enquête interne devra “faire toute la lumière sur les circonstances de cette évasion” et l’administration pénitentiaire “prendra toutes les mesures disciplinaires qui s’imposent”, avait indiqué samedi l’AP.A la suite de son évasion, le détenu, qui mesure 1,70m, avait fait l’objet d’une notice rouge d’Interpol émise dimanche. Selon la fiche, consultée par l’AFP, le jeune homme est poursuivi notamment dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Djalal Chaabi. Ce dernier était un trafiquant de drogue abattu de plusieurs balles le 15 janvier aux Ulis (Essonne) par deux tueurs à gages, selon le Parisien.La maison d’arrêt de Lyon-Corbas, qui dispose de 660 places, dont 60 pour les femmes, a été mise en service en 2009. Son taux d’occupation actuel “est d’environ 170% et donc ça rend les conditions de travail de nos agents plus compliquées”, selon M. Cauwel.

Négociations pour un cessez-le-feu dans le sud de la Syrie, après des combats meurtriers

Des négociations étaient en cours lundi soir entre les autorités syriennes et des représentants des druzes dans le sud de la Syrie pour parvenir à un arrêt des combats qui ont fait une centaine de morts, a annoncé l’un des principaux groupes armés druzes.Les forces gouvernementales syriennes progressaient lundi vers la ville à majorité druze de Soueïda, malgré l’opposition d’Israël, qui a visé le secteur où ces affrontements entre combattants druzes et bédouins avaient éclaté la veille.Ces nouvelles violences intercommunautaires illustrent les défis auxquels fait face le pouvoir intérimaire d’Ahmad al-Chareh depuis qu’il a renversé le président Bachar al-Assad en décembre, dans un pays meurtri par près de 14 ans de guerre civile.”Des négociations sont en cours entre les notables de Soueïda et des représentants du ministère de la Défense et des forces de la sécurité générale pour parvenir à une solution”, a déclaré lundi soir à l’AFP Bassem Fakhr, porte-parole du Mouvement des hommes de la dignité, l’un des principaux groupes armés druzes.Israël, qui était déjà intervenu ces derniers mois en Syrie sous prétexte de protéger les druzes, a annoncé avoir frappé dans cette région plusieurs chars des forces gouvernementales et ajouté qu’il ne permettrait pas de présence militaire dans le sud de la Syrie.Ces frappes constituent “un avertissement clair au régime syrien. Nous ne permettrons pas que du mal soit fait aux druzes en Syrie”, a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz. Lundi après-midi, les forces gouvernementales qui avaient dépêché d’importants renforts dans la région ont pris le contrôle d’Al-Mazraah, un village druze aux abords de Soueïda, a constaté un correspondant de l’AFP.Ces forces, appuyées par des chars, se sont déployées dans le village, où se trouvaient également des combattants tribaux bédouins, a-t-il ajouté. “Les forces du ministère de la Défense se dirigent vers Soueïda”, a déclaré à l’AFP un commandant de ces forces, Ezzeddine al-Chamayer.Le ministère de l’Intérieur a affirmé que “les forces de l’armée et de la sécurité intérieure se sont rapprochées du centre” de Soueïda.Les chefs religieux druzes ont appelé au calme et l’un des plus influents, cheikh Hikmat al-Hejri, a réclamé une “protection internationale immédiate” pour sa communauté, affirmant refuser l’entrée des forces gouvernementales dans les zones contrôlées par les druzes.La province de Soueïda abrite la plus importante communauté druze du pays, une minorité ésotérique issue de l’islam qui compte quelque 700.000 membres en Syrie et est aussi implantée au Liban et en Israël.- Craintes de massacres -“Nous avons très peur, les obus nous tombent dessus. La circulation est paralysée dans les rues et les magasins sont fermés”, a affirmé à l’AFP un père de famille de 51 ans, Abou Taym, à Soueïda.”Nous craignons que le scénario du littoral se répète”, a déclaré à l’AFP Amal, une femme de 46 ans, en référence aux massacres de centaines de membres de la minorité alaouite en mars, imputés à des groupes alliés aux forces de sécurité.Le ministre de la Défense Mourhaf Abou Qasra a appelé sur X les soldats à “protéger les citoyens” contre “les bandes qui échappent à la loi”.Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), les affrontements ont fait 99 morts, parmi lesquels 60 druzes, pour la plupart des combattants mais également deux femmes et deux enfants, 18 bédouins, 14 membres de forces de sécurité et sept hommes armés non identifiés.Le ministère de la Défense a fait état de 18 morts dans les rangs des forces armées.- Autoroute fermée -L’autoroute reliant Damas à Soueïda était fermée lundi, selon le correspondant de l’AFP.Les tensions couvaient depuis des heurts interconfessionnels en avril entre combattants druzes et forces de sécurité dans les zones druzes proches de Damas et à Soueïda, qui avaient fait plus de 100 morts.Des membres de tribus bédouines sunnites de Soueïda avaient participé aux affrontements au côté des forces de sécurité, selon l’OSDH.A l’époque, des chefs locaux et religieux avaient conclu des accords, en vertu desquels des combattants druzes assurent depuis mai la sécurité dans la province.Après la chute de Bachar al-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes sunnites, les violences contre la communauté alaouite -plus de 1.700 morts- puis contre les druzes, ainsi qu’un attentat contre une église à Damas en juin, ont ébranlé la confiance dans la capacité du nouveau pouvoir à protéger les minorités.