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Nouveaux affrontements à la frontière Thaïlande-Cambodge, 3 civils blessés

De nouveaux affrontements entre le Cambodge et la Thaïlande à leur frontière disputée ont fait au moins trois blessés civils jeudi côté thaïlandais, selon Bangkok, ce qui constitue l’escalade militaire la plus grave en près de 15 ans entre les deux pays.L’armée thaïlandaise a accusé le Cambodge d’avoir lancé deux roquettes BM-21 qui ont, selon elle, blessé trois civils dans un village frontalier de la province de Surin (sud-est).Des échanges de tirs ont éclaté jeudi matin autour de deux vieux temples datant de l’époque d’Angkor (IXème-XVème siècles), au niveau de la province thaïlandaise de Surin et celle cambodgienne d’Oddar Meanchey, a précisé à l’AFP une source gouvernementale cambodgienne.Les deux armées se sont mutuellement accusées d’avoir ouvert le feu en premier. “Vers 8H20 (01H20 GMT), les forces cambodgiennes ont ouvert vers le feu en direction du flanc est du temple Prasat Ta Muen Thom, à environ 200 mètres de la base thaïlandaise”, a annoncé l’armée thaïlandaise dans un communiqué.La Thaïlande a aussi accusé le Cambodge d’avoir utilisé un drone sur le site contesté, vers 07h35 (00h35 GMT). Six soldats cambodgiens armés, équipés notamment d’une lance-grenades, se sont par la suite approchés d’une clôture barbelée, a affirmé l’armée, assurant que les troupes thaïlandaises ont crié dans leur direction pour éviter un affrontement.”L’armée thaïlandaise a violé l’intégrité territoriale du Cambodge en lançant une attaque armée sur les forces cambodgiennes”, a indiqué de son côté Maly Socheata, la porte-parole du ministère cambodgien de la Défense.”Les forces armées cambodgiennes ont exercé leur droit de légitime défense, en pleine conformité avec le droit international, pour repousser l’incursion thaïlandaise”, a-t-elle poursuivi.L’ambassade thaïlandaise au Cambodge à appelé ses concitoyens à quitter le pays “le plus tôt possible.”- Accusations -Les deux royaumes d’Asie du Sud-Est s’opposent de longue date sur le tracé de leur frontière commune, définie du temps de l’Indochine française, mais la crise en cours est la plus grave depuis près de quinze ans.La mort d’un soldat cambodgien lors d’échanges de tirs en pleine nuit, fin mai, dans une autre zone disputée de la frontière, surnommée le “Triangle d’émeraude”, a mis le feu aux poudres entre Bangkok et Phnom Penh, qui ont drastiquement réduit leurs échanges économiques et diplomatiques.Le Cambodge a indiqué jeudi avoir rétrogradé au “plus bas niveau” les relations diplomatiques avec son voisin.La veille, Bangkok a rappelé son ambassadeur en place à Phnom Penh et expulsé celui cambodgien de son territoire, après qu’un soldat thaïlandais a perdu une jambe en marchant sur une mine à la frontière.Une enquête de l’armée thaïlandaise a permis de déterminer que le Cambodge avait posé de nouvelles mines terrestres à la frontière, ont indiqué les autorités thaïlandaises.Le Cambodge a rejeté ces accusations, et indiqué que des zones frontalières restent infestées de mines actives datant de “guerres du passé”.- Service militaire -Le Premier ministre thaïlandais par intérim, Phumtham Wechayachai, a déclaré jeudi que “la situation exigeait une gestion prudente” et “d’agir conformément au droit international”. “Nous ferons de notre mieux pour protéger notre souveraineté”, a-t-il déclaré.Les tensions ont conduit le Cambodge à suspendre l’importations de certains produits thaïlandais, et la Thaïlande à restreindre les déplacements aux points de passage à la frontière.Elles ont aussi provoqué de manière indirecte la suspension de la Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra, à la suite d’un scandale provoqué par la fuite, côté cambodgien, d’un appel avec Hun Sen, qui a gouverné le Cambodge pendant près de quarante ans.Accusée de manquements à l’éthique, Paetongtarn attend la décision de la Cour constitutionnelle qui peut la destituer.Côté cambodgien, le Premier ministre Hun Manet, le fils de Hun Sen, a récemment annoncé la mise en place à partir de 2026 d’un service militaire obligatoire qu’il souhaite de 24 mois, pour tous les jeunes âgés de 18 à 30 ans.L’épisode moderne le plus violent lié à la frontière remonte à des affrontements autour du temple de Preah Vihear entre 2008 et 2011, qui avaient fait au moins 28 morts et des dizaines de milliers de déplacés.

Sous pression de Trump, l’université Columbia annonce un accord financier

L’université américaine Columbia a annoncé mercredi un accord de 221 millions de dollars “pour mettre fin aux enquêtes menées” par l’administration de Donald Trump, en guerre contre plusieurs établissements accusés d’avoir toléré les manifestations pour la fin du conflit à Gaza.Depuis son retour au pouvoir en janvier, le président américain n’a cessé d’accentuer les pressions sur les universités, en gelant, dans le cas de Columbia, des centaines de millions de dollars de subventions versées par l’Etat fédéral pour la recherche.”Columbia versera à l’Etat fédéral 200 millions de dollars sur trois ans”, a fait savoir l’université dans un communiqué, ajoutant qu’elle paiera également 21 millions de dollars à un organisme consacré à l’égalité des chances. – Lutte contre la diversité -“En vertu de l’accord conclu aujourd’hui, la grande majorité des subventions fédérales qui ont été supprimées ou suspendues en mars 2025 seront rétablies”, a précisé le prestigieux établissement.La ministre de l’Education Linda McMahon n’a pas tardé à réagir en saluant un “tournant cataclysmique dans la lutte de notre pays pour que les institutions qui acceptent l’argent des contribuables américains rendent des comptes sur l’antisémitisme”.”Les conservateurs se battent depuis des décennies pour des réformes de bon sens dans l’enseignement supérieur”, a-t-elle déclaré sur X.Selon elle, “la fermeté du président Trump” va apporter des “changements structurels” au sein de Columbia, notamment dans ses programmes sur le Moyen-Orient. Elle permettra aussi d'”éliminer les préférences raciales” et de “mettre fin” à la promotion de la diversité, bête noire des conservateurs.Remerciant Columbia d’avoir “accepté de faire ce qui est juste”, M. Trump a averti dans un message sur les réseaux sociaux que “de nombreuses autres institutions d’enseignement supérieur qui ont fait du tort à tant de personnes et qui ont été si injustes et inéquitables ne perdent rien pour attendre”.Grand soutien d’Israël, Donald Trump accuse d’antisémitisme des universités de renom pour avoir laissé prospérer sur leurs campus les mouvements étudiants contre la guerre dévastatrice à Gaza, territoire palestinien assiégé, aujourd’hui au bord d’une famine à grande échelle.- Présidente de Columbia huée -Columbia, mais aussi Harvard, nient avoir toléré l’antisémitisme sur leurs campus et affirment avoir mis en place de nouvelles mesures destinées à s’assurer que les étudiants et le personnel juifs ou israéliens ne se sentent ni exclus, ni intimidés.Dans son communiqué, Columbia a assuré que l’accord financier avec le gouvernement “préserve l’autonomie et l’autorité de Columbia en ce qui concerne le recrutement des enseignants, les admissions et les décisions académiques”.Fin mai, la présidente de l’université, qui a notamment sanctionné des participants aux manifestations pour Gaza, avait été huée lors d’une cérémonie de remise de diplômes par des étudiants qui lui reprochaient d’avoir cédé aux pressions du gouvernement.A l’opposé, Harvard s’est illustrée dans un bras de fer contre Donald Trump, contestant en justice le retrait d’un peu plus de 2,6 milliards de dollars de subventions fédérales et la révocation de sa certification SEVIS, principal système par lequel les étudiants étrangers sont autorisés à étudier aux Etats-Unis.Lundi, un tribunal a demandé à l’administration Trump de justifier le gel de ces subventions.

La Cour internationale de justice ouvre la voie aux “réparations” climatiques

Les Etats qui violent leurs obligations climatiques commettent un acte “illicite” et pourraient se voir réclamer des réparations par les pays les plus affectés, a conclu mercredi la Cour internationale de justice dans un avis consultatif qui a dépassé les attentes des défenseurs du climat.La plus haute juridiction de l’ONU, dont le siège se trouve à La Haye, a établi à l’unanimité dans cet avis, initialement demandé par des étudiants sur l’archipel du Vanuatu, une interprétation juridique du droit international sur le climat. Les législateurs, avocats et juges du monde entier peuvent désormais s’en saisir pour changer les lois ou attaquer en justice les Etats pour leur inaction.”Il s’agit d’une victoire pour notre planète, pour la justice climatique et pour la capacité des jeunes à faire bouger les choses”, a réagi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans un communiqué.Radieux, le ministre du Climat du Vanuatu, Ralph Regenvanu, a confié à l’AFP sa surprise de voir “tant de choses inattendues” dans les conclusions des juges. “Nous utiliserons évidemment ces arguments dans nos discussions avec les pays qui émettent le plus” de gaz à effet de serre, prévient-il.Chef d’une île du Vanuatu, George Bumseng s’est dit “très impressionné” par l’avis de la CIJ. “Nous attendions cette décision depuis longtemps dans la mesure où nous sommes des victimes du changement climatique depuis une vingtaine d’années”, a-t-il expliqué.La France a salué une “décision historique” et une “victoire pour le climat”, par la voix de sa ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.Parmi les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre, les Etats-Unis ont été les premiers à réagir, dans une déclaration certes lapidaire. “Les Etats-Unis examineront l’avis consultatif de la Cour dans les jours et les semaines à venir”, a fait savoir à l’AFP le département d’Etat.La dégradation du climat, causée par les émissions de gaz à effet de serre, est une “menace urgente et existentielle”, a déclaré le juge Yuji Iwasawa, président de la Cour, lors d’une lecture solennelle de deux heures, saluée par des applaudissements des militants qui ont suivi l’audience sur un écran géant, à l’extérieur du Palais de la Paix.- “Fin parfaite” -La Cour a rejeté l’idée défendue par les grands pays pollueurs selon laquelle les traités climatiques existants – et notamment le processus de négociation des COP annuelles – étaient suffisants.Les Etats ont “des obligations strictes de protéger le système climatique”, arguent les juges. En accord avec les petits pays insulaires, la CIJ confirme que le climat doit être “protégé pour les générations présentes et futures” – alors que les pays pollueurs refusaient absolument de reconnaître les droits d’individus pas encore nés.La partie la plus conséquente de l’avis, qui suscitera le plus de résistance chez les pays riches, découle de ces obligations: les compensations dues aux pays ravagés par le climat.”Les conséquences juridiques résultant de la commission d’un fait internationalement illicite peuvent inclure (…) la réparation intégrale du préjudice subi par les Etats lésés sous forme de restitution, de compensation et de satisfaction”, estiment les 15 juges du tribunal.Mais la Cour place la barre haut: un lien de causalité direct et certain doit être établi “entre le fait illicite et le préjudice”, certes difficile à établir mais “pas impossible” pour autant, écrivent-ils.Il s’agit du cinquième avis unanime de la Cour en 80 ans, selon l’ONU. L’Assemblée générale des Nations unies avait voté pour le demander.Pour l’étudiant fidjien qui a mené la campagne depuis 2019, le jour restera mémorable.”Quelle fin parfaite pour une campagne qui a débuté dans une salle de cours”, dit à l’AFP Vishal Prasad, présent à La Haye. “Nous avons désormais un outil très, très puissant pour demander des comptes aux dirigeants”.- “Catalyseur” -Il faudra des jours pour que les juristes digèrent l’avis de 140 pages, et encore plus pour voir comment des tribunaux s’en emparent.Mais d’ores et déjà, de nombreuses voix interrogées par l’AFP, expertes et militantes, se réjouissent.L’interprétation par la Cour des obligations des Etats “sera un catalyseur pour accélérer l’action climatique”, a réagi l’ancien rapporteur spécial de l’ONU pour les droits humains et l’environnement, David Boyd.Les climatologues les plus déçus par l’action politique mondiale approuvent.”C’est une décision majeure”, dit à l’AFP Johan Rockström, directeur d’un des instituts européens les plus reconnus sur le climat, le Potsdam Institute for Climate Impact Research. Chaque pays peut “être tenu pour responsable” devant les tribunaux, même s’il n’est pas signataire des traités de l’ONU, ajoute-t-il.L’ancien émissaire pour le climat de Joe Biden, John Kerry, regrette qu’il faille “le poids du droit international pour inciter les pays à faire ce qui est profondément dans leur intérêt économique”.S’il est improbable que les Etats-Unis changent de voie sur le pétrole et les énergies fossiles, l’avis de la CIJ sera certainement “testé” devant les tribunaux du pays, prédit le professeur à l’école de droit du Vermont, Pat Parenteau. “Cela ne réussira pas avec la Cour suprême actuelle, mais ce n’est pas permanent”.Le Vanuatu, du reste, prévoit déjà la prochaine étape: demander à l’Assemblée générale de l’ONU de faire appliquer l’avis de la Cour.ric-ia-klm-np-dep-bl/rr/jnd

La Cour internationale de justice ouvre la voie aux “réparations” climatiques

Les Etats qui violent leurs obligations climatiques commettent un acte “illicite” et pourraient se voir réclamer des réparations par les pays les plus affectés, a conclu mercredi la Cour internationale de justice dans un avis consultatif qui a dépassé les attentes des défenseurs du climat.La plus haute juridiction de l’ONU, dont le siège se trouve à La Haye, a établi à l’unanimité dans cet avis, initialement demandé par des étudiants sur l’archipel du Vanuatu, une interprétation juridique du droit international sur le climat. Les législateurs, avocats et juges du monde entier peuvent désormais s’en saisir pour changer les lois ou attaquer en justice les Etats pour leur inaction.”Il s’agit d’une victoire pour notre planète, pour la justice climatique et pour la capacité des jeunes à faire bouger les choses”, a réagi le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans un communiqué.Radieux, le ministre du Climat du Vanuatu, Ralph Regenvanu, a confié à l’AFP sa surprise de voir “tant de choses inattendues” dans les conclusions des juges. “Nous utiliserons évidemment ces arguments dans nos discussions avec les pays qui émettent le plus” de gaz à effet de serre, prévient-il.Chef d’une île du Vanuatu, George Bumseng s’est dit “très impressionné” par l’avis de la CIJ. “Nous attendions cette décision depuis longtemps dans la mesure où nous sommes des victimes du changement climatique depuis une vingtaine d’années”, a-t-il expliqué.La France a salué une “décision historique” et une “victoire pour le climat”, par la voix de sa ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.Parmi les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre, les Etats-Unis ont été les premiers à réagir, dans une déclaration certes lapidaire. “Les Etats-Unis examineront l’avis consultatif de la Cour dans les jours et les semaines à venir”, a fait savoir à l’AFP le département d’Etat.La dégradation du climat, causée par les émissions de gaz à effet de serre, est une “menace urgente et existentielle”, a déclaré le juge Yuji Iwasawa, président de la Cour, lors d’une lecture solennelle de deux heures, saluée par des applaudissements des militants qui ont suivi l’audience sur un écran géant, à l’extérieur du Palais de la Paix.- “Fin parfaite” -La Cour a rejeté l’idée défendue par les grands pays pollueurs selon laquelle les traités climatiques existants – et notamment le processus de négociation des COP annuelles – étaient suffisants.Les Etats ont “des obligations strictes de protéger le système climatique”, arguent les juges. En accord avec les petits pays insulaires, la CIJ confirme que le climat doit être “protégé pour les générations présentes et futures” – alors que les pays pollueurs refusaient absolument de reconnaître les droits d’individus pas encore nés.La partie la plus conséquente de l’avis, qui suscitera le plus de résistance chez les pays riches, découle de ces obligations: les compensations dues aux pays ravagés par le climat.”Les conséquences juridiques résultant de la commission d’un fait internationalement illicite peuvent inclure (…) la réparation intégrale du préjudice subi par les Etats lésés sous forme de restitution, de compensation et de satisfaction”, estiment les 15 juges du tribunal.Mais la Cour place la barre haut: un lien de causalité direct et certain doit être établi “entre le fait illicite et le préjudice”, certes difficile à établir mais “pas impossible” pour autant, écrivent-ils.Il s’agit du cinquième avis unanime de la Cour en 80 ans, selon l’ONU. L’Assemblée générale des Nations unies avait voté pour le demander.Pour l’étudiant fidjien qui a mené la campagne depuis 2019, le jour restera mémorable.”Quelle fin parfaite pour une campagne qui a débuté dans une salle de cours”, dit à l’AFP Vishal Prasad, présent à La Haye. “Nous avons désormais un outil très, très puissant pour demander des comptes aux dirigeants”.- “Catalyseur” -Il faudra des jours pour que les juristes digèrent l’avis de 140 pages, et encore plus pour voir comment des tribunaux s’en emparent.Mais d’ores et déjà, de nombreuses voix interrogées par l’AFP, expertes et militantes, se réjouissent.L’interprétation par la Cour des obligations des Etats “sera un catalyseur pour accélérer l’action climatique”, a réagi l’ancien rapporteur spécial de l’ONU pour les droits humains et l’environnement, David Boyd.Les climatologues les plus déçus par l’action politique mondiale approuvent.”C’est une décision majeure”, dit à l’AFP Johan Rockström, directeur d’un des instituts européens les plus reconnus sur le climat, le Potsdam Institute for Climate Impact Research. Chaque pays peut “être tenu pour responsable” devant les tribunaux, même s’il n’est pas signataire des traités de l’ONU, ajoute-t-il.L’ancien émissaire pour le climat de Joe Biden, John Kerry, regrette qu’il faille “le poids du droit international pour inciter les pays à faire ce qui est profondément dans leur intérêt économique”.S’il est improbable que les Etats-Unis changent de voie sur le pétrole et les énergies fossiles, l’avis de la CIJ sera certainement “testé” devant les tribunaux du pays, prédit le professeur à l’école de droit du Vermont, Pat Parenteau. “Cela ne réussira pas avec la Cour suprême actuelle, mais ce n’est pas permanent”.Le Vanuatu, du reste, prévoit déjà la prochaine étape: demander à l’Assemblée générale de l’ONU de faire appliquer l’avis de la Cour.ric-ia-klm-np-dep-bl/rr/jnd

“Une Ukraine libre”: à Kiev, la rue se soulève contre la loi menaçant les agences anticorruption

Lors d’un rare rassemblement dans le centre de Kiev, des manifestants fustigent mercredi la loi qui limite les pouvoirs des agences anticorruption, avertissant que la lutte pour protéger la démocratie ukrainienne se déroule aussi bien sur le champ de bataille qu’à l’intérieur du pays.Cette loi, qui supprime l’indépendance de deux organismes anticorruption clés, a déclenché les premières manifestations d’importance en Ukraine depuis le début de l’invasion russe il y a trois ans et demi.Venu manifester, Viacheslav Bykov décrit une “lutte (qui) se déroule sur deux fronts. Notre principal ennemi est extérieur, mais nous menons également une bataille interne”.”Nous ne voulons pas que l’Ukraine fasse partie de la Russie, nous ne voulons pas d’une Ukraine corrompue ou autoritaire. Nous voulons une Ukraine libre”, ajoute-t-il.Plusieurs milliers de manifestants, pour la plupart jeunes, se sont rassemblés devant un théâtre à Kiev pour exhorter le président Volodymyr Zelensky à mettre son veto à la loi adoptée mardi par le Parlement ukrainien.Ce texte place le Bureau national anticorruption (Nabu) et le parquet spécialisé anticorruption (SAP) sous l’autorité directe du procureur général, nommé par le président.Les détracteurs de la loi considèrent qu’elle renforce de façon illégitime le pouvoir de la présidence et va permettre au gouvernement de s’immiscer dans les affaires de corruption.- “L’Ukraine, c’est l’Europe” – Volodymyr Zelensky a voulu calmer les inquiétudes mercredi soir en déclarant qu’il soumettrait un nouveau projet de loi garantissant “la mise en place de toutes les normes nécessaires à l’indépendance des institutions de lutte contre la corruption”.Les partenaires de Kiev ont manifesté leurs préoccupations, notamment la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui, selon un porte-parole de la Commission, a demandé des explications à M. Zelensky après la promulgation de la loi.Selon des groupes issus de la société civile, cette mesure s’inscrit dans un contexte de pressions gouvernementales croissantes sur les acteurs de la lutte anticorruption, dans ce pays fortement affecté par ce fléau.Certains alliés européens craignent que ces mesures ne compromettent les réformes anticorruption essentielles à la candidature de l’Ukraine à l’Union européenne, une crainte partagée par de nombreux manifestants mercredi.”Nous avons travaillé pendant des années pour nous rapprocher de l’Europe… pour être renvoyés 10 ans en arrière en une seule journée”, déplore la manifestante Anya Kutsevol.Les deux organismes anticorruption ukrainiens, Nabu et SAP, ont vu le jour il y a dix ans, à la suite de la révolution proeuropéenne de Maïdan en 2014.Les manifestations de Maïdan avaient mené à la destitution du président ukrainien Viktor Ianoukovitch, soutenu par le Kremlin, qui avait annulé un accord de partenariat crucial avec l’UE.Moscou, qui a refusé d’accepter le virage démocratique de l’Ukraine vers l’Europe, a alors lancé une première offensive contre l’Ukraine, conduisant les séparatistes soutenus par la Russie à occuper la Crimée et certaines parties de la région orientale du Donbass.”L’Ukraine fait partie de l’Europe”, clame Mme Kutsevol, “nous ne retournerons pas en Russie. Nous continuerons à nous battre pour l’Europe”.- “A notre tour d’agir” -Certains redoutent qu’une crise politique autour de cette loi ne profite à la Russie en sapant l’unité du pays.Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a saisi cette occasion pour déclarer qu’il y avait “beaucoup de corruption” en Ukraine. “Si j’étais la Russie, je ferais la même chose”, affirme un autre manifestant, Yevgen Popovychenko, convaincu que Moscou tenterait d’exploiter ces troubles.Il tient une banderole sur laquelle on peut lire: “Ne me ramenez pas” à l’époque de Maïdan, période pendant laquelle il était descendu dans la rue à l’âge de 21 ans.Mais beaucoup d’autres manifestants n’étaient encore que des enfants en 2014, notamment Anya Kutsevol, aujourd’hui âgée de 25 ans.”Quand les pneus brûlaient encore, j’avais 14 ans. A quoi pouvais-je bien servir?”, souffle-t-elle.Mercredi, elle participe à sa première manifestation politique et ses yeux se sont embués de larmes en voyant les gens rassemblés autour d’elle pour la deuxième journée consécutive, malgré la loi martiale interdisant les grands rassemblements. Elle s’est engagée à continuer de défendre la démocratie ukrainienne. “Nous sommes adultes maintenant. C’est à notre tour d’agir.”

Obama à nouveau ciblé par la Maison Blanche, enlisée dans la polémique Epstein

La Maison Blanche a redoublé d’efforts mercredi pour accuser l’ex-président démocrate Barack Obama de “complot” contre Donald Trump après la première élection de ce dernier en 2016, alors que le président républicain tente vigoureusement de détourner l’attention du public américain de l’affaire Epstein.Lors d’un point presse, la directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, a dénoncé “un coup d’Etat sur plusieurs années, un complot traître contre le peuple américain, notre République, ainsi qu’une tentative de saper l’administration du président Trump”.Cette ex-élue démocrate devenue trumpiste avait publié vendredi un rapport où Barack Obama était mis en cause, accusé d’avoir orchestré les accusations d’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016, remportée par Donald Trump.Dans la foulée, le ministère de la Justice a annoncé mercredi dans un communiqué la formation d’une unité spéciale afin d'”évaluer les preuves rendues publiques” par Tulsi Gabbard.”Quand vous n’avez rien à présenter de concret aux Américains, les républicains font porter le chapeau à Barack Obama. C’est ridicule”, a dénoncé devant la presse le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries.Car ces accusations répétées contre l’ancien président démocrate (2009-2017) interviennent au moment où Donald Trump essaie d’éteindre l’incendie autour de l’affaire Epstein, riche financier mort en cellule en 2019 avant son procès pour crimes sexuels.- “Détourner l’attention” -La colère gronde en effet depuis plusieurs semaines au sein d’une partie de la base électorale du président, qui n’accepte pas les conclusions d’un memorandum publié début juillet par son administration, selon lequel Jeffrey Epstein serait bien mort d’un suicide et ne tenait pas de liste de clients pour son réseau présumé d’exploitation sexuelle.Ces partisans de Donald Trump lui reprochent aujourd’hui de revenir sur ses promesses de campagne en faisant preuve d’un manque de transparence.Le président s’en est ouvertement agacé en qualifiant ces soutiens de “stupides”.Signe du malaise au sein du camp présidentiel, les démocrates ont réussi mercredi à convaincre plusieurs républicains d’une sous-commission de la Chambre des représentants de voter pour enjoindre le ministère de la Justice à publier les documents judiciaires du dossier Epstein.Interrogé sur l’affaire, Donald Trump a assuré mardi qu’il “ne suivait pas cela de très près”. Devant des journalistes dans le Bureau ovale, il s’est ensuite lancé dans des diatribes virulentes contre Barack Obama, selon lui un “chef de gang” coupable de “trahison”. Grande figure démocrate, le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis est une cible de choix pour le milliardaire républicain dans sa volonté de voir sa base délaisser la question Epstein.Cette stratégie de “détourner l’attention” s’appuie sur le fait que ses fervents partisans “aiment défendre leur président quand ils estiment qu’il est une victime”, a analysé auprès de l’AFP Todd Belt, professeur de science politique à l’université George Washington.- “Fausses informations” -La relation entre Donald Trump et Jeffrey Epstein, deux figures de la jet-set des années 1990 et 2000, a été éclairée par de nouveaux éléments la semaine dernière par le Wall Street Journal, attribuant à l’actuel président une lettre salace adressée au riche financier en 2003.Attaqué en diffamation par Donald Trump, le quotidien new-yorkais a publié de nouvelles révélations mercredi.Selon le “WSJ”, le président avait été prévenu en mai par sa ministre de la Justice, Pam Bondi, que son nom apparaissait à plusieurs reprises dans les dossiers de l’affaire Epstein, aux côtés de celui d’autres personnalités de premier plan.Le quotidien précise que “le fait d’être mentionné dans ces documents n’est pas un signe de comportement répréhensible”.”Ce n’est rien d’autre qu’un prolongement des fausses informations inventées par les démocrates et les médias de gauche, exactement comme dans le scandale du Russiagate d’Obama”, a réagi le directeur de la communication de la Maison Blanche, Steven Cheung, en référence aux soupçons de collusion entre Moscou et Donald Trump en 2016.La polémique Epstein continue également de paralyser la Chambre américaine des représentants.Le président républicain de la chambre basse, Mike Johnson, fait en sorte de bloquer tout vote sur une résolution soumise par un élu de son propre camp qui appelle à la publication des documents judiciaires sur Jeffrey Epstein.Avec ce blocage, les travaux des députés sont au point mort depuis plusieurs jours.

Obama à nouveau ciblé par la Maison Blanche, enlisée dans la polémique Epstein

La Maison Blanche a redoublé d’efforts mercredi pour accuser l’ex-président démocrate Barack Obama de “complot” contre Donald Trump après la première élection de ce dernier en 2016, alors que le président républicain tente vigoureusement de détourner l’attention du public américain de l’affaire Epstein.Lors d’un point presse, la directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, a dénoncé “un coup d’Etat sur plusieurs années, un complot traître contre le peuple américain, notre République, ainsi qu’une tentative de saper l’administration du président Trump”.Cette ex-élue démocrate devenue trumpiste avait publié vendredi un rapport où Barack Obama était mis en cause, accusé d’avoir orchestré les accusations d’ingérence russe dans l’élection présidentielle de 2016, remportée par Donald Trump.Dans la foulée, le ministère de la Justice a annoncé mercredi dans un communiqué la formation d’une unité spéciale afin d'”évaluer les preuves rendues publiques” par Tulsi Gabbard.”Quand vous n’avez rien à présenter de concret aux Américains, les républicains font porter le chapeau à Barack Obama. C’est ridicule”, a dénoncé devant la presse le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries.Car ces accusations répétées contre l’ancien président démocrate (2009-2017) interviennent au moment où Donald Trump essaie d’éteindre l’incendie autour de l’affaire Epstein, riche financier mort en cellule en 2019 avant son procès pour crimes sexuels.- “Détourner l’attention” -La colère gronde en effet depuis plusieurs semaines au sein d’une partie de la base électorale du président, qui n’accepte pas les conclusions d’un memorandum publié début juillet par son administration, selon lequel Jeffrey Epstein serait bien mort d’un suicide et ne tenait pas de liste de clients pour son réseau présumé d’exploitation sexuelle.Ces partisans de Donald Trump lui reprochent aujourd’hui de revenir sur ses promesses de campagne en faisant preuve d’un manque de transparence.Le président s’en est ouvertement agacé en qualifiant ces soutiens de “stupides”.Signe du malaise au sein du camp présidentiel, les démocrates ont réussi mercredi à convaincre plusieurs républicains d’une sous-commission de la Chambre des représentants de voter pour enjoindre le ministère de la Justice à publier les documents judiciaires du dossier Epstein.Interrogé sur l’affaire, Donald Trump a assuré mardi qu’il “ne suivait pas cela de très près”. Devant des journalistes dans le Bureau ovale, il s’est ensuite lancé dans des diatribes virulentes contre Barack Obama, selon lui un “chef de gang” coupable de “trahison”. Grande figure démocrate, le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis est une cible de choix pour le milliardaire républicain dans sa volonté de voir sa base délaisser la question Epstein.Cette stratégie de “détourner l’attention” s’appuie sur le fait que ses fervents partisans “aiment défendre leur président quand ils estiment qu’il est une victime”, a analysé auprès de l’AFP Todd Belt, professeur de science politique à l’université George Washington.- “Fausses informations” -La relation entre Donald Trump et Jeffrey Epstein, deux figures de la jet-set des années 1990 et 2000, a été éclairée par de nouveaux éléments la semaine dernière par le Wall Street Journal, attribuant à l’actuel président une lettre salace adressée au riche financier en 2003.Attaqué en diffamation par Donald Trump, le quotidien new-yorkais a publié de nouvelles révélations mercredi.Selon le “WSJ”, le président avait été prévenu en mai par sa ministre de la Justice, Pam Bondi, que son nom apparaissait à plusieurs reprises dans les dossiers de l’affaire Epstein, aux côtés de celui d’autres personnalités de premier plan.Le quotidien précise que “le fait d’être mentionné dans ces documents n’est pas un signe de comportement répréhensible”.”Ce n’est rien d’autre qu’un prolongement des fausses informations inventées par les démocrates et les médias de gauche, exactement comme dans le scandale du Russiagate d’Obama”, a réagi le directeur de la communication de la Maison Blanche, Steven Cheung, en référence aux soupçons de collusion entre Moscou et Donald Trump en 2016.La polémique Epstein continue également de paralyser la Chambre américaine des représentants.Le président républicain de la chambre basse, Mike Johnson, fait en sorte de bloquer tout vote sur une résolution soumise par un élu de son propre camp qui appelle à la publication des documents judiciaires sur Jeffrey Epstein.Avec ce blocage, les travaux des députés sont au point mort depuis plusieurs jours.

Macron et Merz s’affichent en duo uni malgré des dissonances sur la défense

Face au compte-à-rebours pour les exportations européennes menacées de surtaxes américaines, Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont affiché mercredi un front uni dans la réponse à Washington mais constaté de profondes divergences sur un important projet de défense européen.Les dirigeants des deux premières économies de l’UE se sont retrouvés pour un dîner de travail dans le nord de Berlin, une discussion de trois heures “très intense, très amicale et confiante”, selon la chancellerie allemande.Paris et Berlin mettent volontiers en avant le nouvel élan de leur relation liée à l’arrivée du conservateur Friedrich Merz à la chancellerie. C’était le premier déplacement du chef de l’Etat français en Allemagne depuis l’investiture de M. Merz début mai.Plat de résistance de la rencontre: les difficiles négociations commerciales avec l’administration de Donald Trump qui a fixé la date butoir du 1er août pour de possibles surtaxes de 30% sur les exportations européennes aux Etats-Unis.”Le moment ne saurait être mieux choisi” pour évoquer cette question, a souligné le chancelier selon qui “des décisions” imminentes pourraient être prises entre le négociateur en chef de l’Union européenne, Maros Sefcovic, qui défend la position des 27 membres de l’Union, et ses interlocuteurs américains. Alors que la France pousse Bruxelles à adopter une position ferme pour faire pression sur Washington, d’autres pays, comme l’Allemagne, insistent sur l’importance de la désescalade avec les Etats-Unis.Au final, le président français et le chancelier allemand “ont mis en évidence leur vision commune des négociations”, a affirmé le porte-parole de Friedrich Merz à l’issue de la rencontre.Tous deux “sont d’accord pour se réserver d’autres instruments de politique commerciale si les négociations n’aboutissent pas et sont également prêtes à élaborer de nouvelles mesures”, a-t-il ajouté.- Rendez-vous en août à Toulon -Constat de désaccord franco-allemand, en revanche, sur l’avion de combat du futur (Scaf), un projet phare pour la défense du continent, dont le développement patine, bien que Paris et Berlin veuillent être les moteurs du réarmement de l’Europe.Le groupe aéronautique Dassault, qui représente la France dans ce projet, a fait savoir qu’il doutait de l’avenir et de la viabilité du programme, qui est encore loin de toute phase de prototype.Dassaut réclame un “vrai leader” industriel, plutôt que l’architecture actuelle entre “trois +co-co-co+” partenaires, selon les propos cette semaine de Eric Trappier, le PDG du groupe. Côté allemand, le projet est porté par Airbus via sa branche Defense and Space. Le troisième partenaire est l’Espagne.Friedrich Merz insiste lui sur la nécessité de “respecter les accord conclus” sur le partage des tâches.Le Scaf a pour objectif de remplacer le Rafale en France et Eurofighter en Allemagne et en Espagne à l’horizon de 2040.Pour tenter d’éviter l’échec pur et simple du programme, les deux ministres de la Défense français et allemand ont été chargés “d’évaluer d’ici fin août les perspectives réalistes de poursuite de la coopération au sein du consortium et de soumettre des propositions pour le règlement des conflits existants”, a indiqué la chancellerie.Avec l’idée d’en tirer des conclusions lors du Conseil des ministres franco-allemand qui se déroulera les 28-29 août en France, à Toulon, dont la rade abrite une des deux grandes bases navales françaises.- Axe Berlin-Paris-Londres -Paris et Berlin n’ont pas non plus aplani toutes leurs divergences sur la politique énergétique, un sujet qui les divise de longue date, même si des rapprochements sont esquissés.La France insiste particulièrement sur le concept de “neutralité technologique” pour que le nucléaire fasse l’objet d’un traitement similaire à celui des énergies renouvelables dans la législation européenne. Le classement du nucléaire en énergie “verte” au niveau de l’UE a été par le passé un point de désaccord majeur entre Français et Allemands.En difficulté sur le plan intérieur, où sa coalition est confrontée à ses premières turbulences, le chancelier allemand continue de vouloir renforcer le poids de l’Allemagne sur la scène internationale.Très critique d’une Union européenne freinée par ses règles et ses querelles internes, il mise sur le renforcement d’un axe avec Paris et Londres, où il s’est rendu en juillet – comme Emmanuel Macron – pour faire avancer des initiatives communes.

Macron et Merz s’affichent en duo uni malgré des dissonances sur la défense

Face au compte-à-rebours pour les exportations européennes menacées de surtaxes américaines, Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont affiché mercredi un front uni dans la réponse à Washington mais constaté de profondes divergences sur un important projet de défense européen.Les dirigeants des deux premières économies de l’UE se sont retrouvés pour un dîner de travail dans …

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Russes et Ukrainiens s’accordent sur un échange de prisonniers et constatent l'”éloignement” de leurs positions

Russes et Ukrainiens ont conclu mercredi soir une troisième session de négociations directes à Istanbul en constatant l'”éloignement” de leurs positions pour mettre fin à la guerre déclenchée en 2022 et ne s’accordant au final que sur un nouvel échange de prisonniers.Après à peine une heure de discussions au palais de Çiragan, les négociateurs ont constaté que leurs “positions” respectives étaient “assez éloignées les unes des autres,” a dit Vladimir Medinski, le chef de la délégation russe, lors d’une déclaration à la presse.Dans la journée, le Kremlin avait déjà douché les espoirs d’avancées pour mettre fin au conflit lancé en février 2022 par Moscou chez son voisin et qui a fait des dizaines de milliers de morts et de blessés. “Personne ne s’attend à un chemin facile. Bien entendu, ce sera une discussion très compliquée”, avait ainsi indiqué le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, répétant que les propositions des belligérants pour arrêter le conflit étaient “diamétralement opposées”.Seule mesure concrète: les négociateurs se sont mis d’accord pour un nouvel échange de 1.200 prisonniers de chaque côté, selon Vladimir Medinski, comme cela a déjà été le cas à plusieurs reprises.Moscou a également proposé à Kiev de lui remettre 3.000 corps de soldats ukrainiens, ainsi que des trêves de “24 à 48 heures” sur le front pour que les deux armées puissent récupérer leurs tués et leurs blessés, a poursuivi M. Medinski.L’Ukraine a de son côté suggéré une rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky d’ici la fin du mois d’août, potentiellement en présence des présidents américain et turc, selon le négociateur de Kiev Roustem Oumerov.- “Mémorandums” et échanges de prisonniers -En préambule à ces négociations, une source au sein de la délégation envoyée par Kiev avait dit à l’AFP espérer une “position constructive” de la Russie et qu’elle renonce à “ses ultimatums”.Ces pourparlers directs intervenaient une nouvelle fois à la suite de pressions exercées par le président américain Donald Trump qui a donné à Moscou, mi-juillet, 50 jours pour parvenir à un accord avec l’Ukraine, sous peine de sanctions sévères.Kiev et ses alliés occidentaux accusent le Kremlin de bloquer les négociations en maintenant des demandes maximalistes, tandis que l’armée russe, plus nombreuse et mieux équipée, poursuit ses attaques sur le front, où elle grignote chaque jour du terrain.Mercredi, le ministère russe de la Défense a ainsi revendiqué la conquête d’un nouveau village, Varatchyné, dans la région ukrainienne de Soumy (nord-est) où, au cours de la nuit, des frappes de drones russes ont entraîné des coupures d’électricité chez plus de 220.000 clients, selon M. Zelensky.  Les positions des deux camps semblent actuellement irréconciliables. Comme mercredi soir, les discussions à Istanbul de mai et juin n’avaient débouché que sur des accords d’échanges de prisonniers et de corps de soldats tués.Selon le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov, les pourparlers devaient porter principalement sur les “mémorandums” échangés en juin par les deux camps et comprenant leurs propositions de paix.Kiev voulait de son côté se focaliser sur un nouvel échange de prisonniers, le rapatriement des enfants ukrainiens emmenés en Russie et la préparation d’une rencontre Poutine-Zelensky.Moscou réclame que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées de l’est et du sud de son territoire, en plus de la Crimée annexée en 2014, renonce aux livraisons d’armes occidentales et à toute adhésion à l’Otan.Des conditions inacceptables pour Kiev, qui veut le retrait des troupes russes et des garanties de sécurité occidentales dont la poursuite des livraisons d’armes et le déploiement d’un contingent européen, ce à quoi s’oppose la Russie.- Pression de Trump -L’Ukraine réclame aussi, de concert avec ses alliés européens, un cessez-le-feu de 30 jours, auquel se refusent les Russes, dont les forces ont l’avantage sur le terrain.Sur le terrain, les opérations militaires se poursuivent.Dans la nuit, 71 drones russes ont visé l’Ukraine, selon l’armée de l’air. Trois personnes ont été tuées dans la région de Kherson (sud), d’après les autorités locales qui ont également fait état de neuf blessés.Pour sa part, l’armée russe a affirmé avoir neutralisé pendant la nuit 33 drones ukrainiens et plusieurs dizaines au cours de la journée, lancés contre la Russie. Depuis son retour au pouvoir en janvier, Donald Trump a quant à lui repris le contact avec Moscou pour tenter, sans grands résultats, d’arrêter la guerre.Ces dernières semaines, le président américain a exprimé sa frustration à l’égard de la Russie et a affirmé que des équipements militaires américains, payés par des Etats européens membres de l’Otan, seraient envoyés à l’Ukraine.Washington a justement annoncé mercredi soir (en Europe) avoir approuvé une vente d’armements à l’Ukraine visant notamment à renforcer sa défense antiaérienne, pour un montant de 322 millions de dollars.au de