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“S’il vous plaît, pour manger”: à Cuba, des mendiants toujours plus nombreux

William Abel montre le contenu d’un sac plastique qu’il vient de trouver dans une poubelle d’un quartier de La Havane et qui va lui servir de repas: un peu de riz aux légumes et un os de poulet déjà rongé. S’y délectent déjà des dizaines de mouches. A 62 ans, ce Cubain dort dans la rue depuis l’effondrement de sa maison dans les environs de capitale, un phénomène fréquent en raison du délabrement de nombreux immeubles. “La nourriture, c’est le plus difficile. Cela fait deux ans que je fais les poubelles pour (trouver) quelque chose à manger”, raconte-t-il à l’AFP, l’élocution rendue difficile par la perte de plusieurs dents.Sous son t-shirt crasseux, le corps est osseux. Il dit souffrir d’arthrite, d’hypertension et d’un problème au foie. Il reconnaît qu’avant, il buvait “pas mal”.”Vous savez, on passe un sale moment”, lance-t-il. Selon lui, les mendiants ont “toujours existé” à Cuba, mais “aujourd’hui, il y en a plus que jamais (…) qui dorment dans la rue comme moi”. Mi-juillet, la ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Marta Elena Feito, a démissionné après avoir suscité l’indignation de la population en affirmant qu’il n’y avait pas de mendiants à Cuba, seulement des “gens déguisés en mendiants” ou qui ont choisi une “vie facile”.Chantre d’un socialisme égalitariste, Cuba a longtemps fait reculer la pauvreté grâce à d’importants programmes sociaux, notamment un système de santé gratuit et une distribution de nourriture subventionnée à l’ensemble de la population, la fameuse “libreta”.Mais la sévère crise économique qui secoue l’île depuis quatre ans ne permet plus à l’État, en proie à un manque cruel de devises, d’assurer l’ensemble de ses programmes d’aide. En cause, les faiblesses structurelles de son économie centralisée, une réforme monétaire ratée et le renforcement de l’embargo américain. Dans le même temps, entre 2018 et 2023, les prix des aliments ont augmenté de 470%. De nombreux Cubains sont tombés dans une précarité sans précédent, et certains ont basculé dans l’indigence.Juan de La Cruz, 63 ans, s’est résolu à mendier dans la rue il y a une quinzaine de jours. Amputé d’une jambe en 2021 en raison d’un diabète, il s’est assis sous une colonnade d’un quartier passant du centre de La Havane. Sur un carton, il a écrit: “S’il vous plaît, pour manger”. “Ce que me donne la Sécurité sociale ne me suffit pas”, explique le sexagénaire qui reçoit 1.092 pesos mensuels d’allocation, soit moins de 3 dollars au marché informel. Insuffisant pour acheter un kilo de poulet, déplore-t-il, et la cantine sociale n’est pas un réconfort: “la nourriture est mauvaise, du riz, sans beurre, sans huile”.Cet ancien brancardier, fâché avec sa famille, se réjouit seulement d’avoir encore un toit, “une toute petite chambre”, mais “vide, vide, vide”. – Garage à moto -A Cuba, les autorités n’utilisent jamais le mot “pauvres”, lui préférant les termes de personnes “vulnérables” ou “vagabondes”. Selon le gouvernement, en 2024, 189.000 familles et 350.000 personnes seules vulnérables ont bénéficié de programmes d’aide sociale sur une île de 9,7 millions d’habitants.Mais aucune statistique officielle n’est rendue publique sur la pauvreté, devenue pourtant en deux ans un phénomène visible dans les rues de La Havane. Face au tollé provoqué par les propos de sa ministre, le président Miguel Diaz-Canel est rapidement monté au créneau. “Ces personnes, que nous décrivons parfois comme des mendiants (…) sont en réalité les expressions concrètes des inégalités sociales”, a déclaré le chef de l’État. Le Premier ministre, Manuel Marrero, a reconnu “un problème réel”. En l’absence de données officielles, les experts tentent des “estimations”. Dans une interview récente au site Joven Cuba, la sociologue Mayra Espina Prieto a évalué qu'”entre 40 et 45%” des Cubains se trouvent “en situation de pauvreté”, incapables avec leurs revenus de couvrir leurs besoins de base.Et 9% des enfants cubains souffrent d’une “situation de pauvreté alimentaire”, selon l’Unicef. Arnaldo Victores dort dans un garage à moto, sur des sacs plastique, dans un quartier périphérique de La Havane. L’absence d’adresse formelle dans la capitale l’empêche d’accéder à des prestations sociales.Tous les jours, ce non-voyant de 65 ans, ancien kinésithérapeute, se rend dans le centre de la capitale et se poste dans une rue passante pour mendier.Son rêve? “Avoir une petite chambre avec une salle de bain”, dit-il sans voir que devant lui se dresse un hôtel d’État flambant neuf de 42 étages, le plus haut de la capitale. Un investissement durement critiqué par les Cubains face à la crise sociale. 

“S’il vous plaît, pour manger”: à Cuba, des mendiants toujours plus nombreux

William Abel montre le contenu d’un sac plastique qu’il vient de trouver dans une poubelle d’un quartier de La Havane et qui va lui servir de repas: un peu de riz aux légumes et un os de poulet déjà rongé. S’y délectent déjà des dizaines de mouches. A 62 ans, ce Cubain dort dans la rue depuis l’effondrement de sa maison dans les environs de capitale, un phénomène fréquent en raison du délabrement de nombreux immeubles. “La nourriture, c’est le plus difficile. Cela fait deux ans que je fais les poubelles pour (trouver) quelque chose à manger”, raconte-t-il à l’AFP, l’élocution rendue difficile par la perte de plusieurs dents.Sous son t-shirt crasseux, le corps est osseux. Il dit souffrir d’arthrite, d’hypertension et d’un problème au foie. Il reconnaît qu’avant, il buvait “pas mal”.”Vous savez, on passe un sale moment”, lance-t-il. Selon lui, les mendiants ont “toujours existé” à Cuba, mais “aujourd’hui, il y en a plus que jamais (…) qui dorment dans la rue comme moi”. Mi-juillet, la ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Marta Elena Feito, a démissionné après avoir suscité l’indignation de la population en affirmant qu’il n’y avait pas de mendiants à Cuba, seulement des “gens déguisés en mendiants” ou qui ont choisi une “vie facile”.Chantre d’un socialisme égalitariste, Cuba a longtemps fait reculer la pauvreté grâce à d’importants programmes sociaux, notamment un système de santé gratuit et une distribution de nourriture subventionnée à l’ensemble de la population, la fameuse “libreta”.Mais la sévère crise économique qui secoue l’île depuis quatre ans ne permet plus à l’État, en proie à un manque cruel de devises, d’assurer l’ensemble de ses programmes d’aide. En cause, les faiblesses structurelles de son économie centralisée, une réforme monétaire ratée et le renforcement de l’embargo américain. Dans le même temps, entre 2018 et 2023, les prix des aliments ont augmenté de 470%. De nombreux Cubains sont tombés dans une précarité sans précédent, et certains ont basculé dans l’indigence.Juan de La Cruz, 63 ans, s’est résolu à mendier dans la rue il y a une quinzaine de jours. Amputé d’une jambe en 2021 en raison d’un diabète, il s’est assis sous une colonnade d’un quartier passant du centre de La Havane. Sur un carton, il a écrit: “S’il vous plaît, pour manger”. “Ce que me donne la Sécurité sociale ne me suffit pas”, explique le sexagénaire qui reçoit 1.092 pesos mensuels d’allocation, soit moins de 3 dollars au marché informel. Insuffisant pour acheter un kilo de poulet, déplore-t-il, et la cantine sociale n’est pas un réconfort: “la nourriture est mauvaise, du riz, sans beurre, sans huile”.Cet ancien brancardier, fâché avec sa famille, se réjouit seulement d’avoir encore un toit, “une toute petite chambre”, mais “vide, vide, vide”. – Garage à moto -A Cuba, les autorités n’utilisent jamais le mot “pauvres”, lui préférant les termes de personnes “vulnérables” ou “vagabondes”. Selon le gouvernement, en 2024, 189.000 familles et 350.000 personnes seules vulnérables ont bénéficié de programmes d’aide sociale sur une île de 9,7 millions d’habitants.Mais aucune statistique officielle n’est rendue publique sur la pauvreté, devenue pourtant en deux ans un phénomène visible dans les rues de La Havane. Face au tollé provoqué par les propos de sa ministre, le président Miguel Diaz-Canel est rapidement monté au créneau. “Ces personnes, que nous décrivons parfois comme des mendiants (…) sont en réalité les expressions concrètes des inégalités sociales”, a déclaré le chef de l’État. Le Premier ministre, Manuel Marrero, a reconnu “un problème réel”. En l’absence de données officielles, les experts tentent des “estimations”. Dans une interview récente au site Joven Cuba, la sociologue Mayra Espina Prieto a évalué qu'”entre 40 et 45%” des Cubains se trouvent “en situation de pauvreté”, incapables avec leurs revenus de couvrir leurs besoins de base.Et 9% des enfants cubains souffrent d’une “situation de pauvreté alimentaire”, selon l’Unicef. Arnaldo Victores dort dans un garage à moto, sur des sacs plastique, dans un quartier périphérique de La Havane. L’absence d’adresse formelle dans la capitale l’empêche d’accéder à des prestations sociales.Tous les jours, ce non-voyant de 65 ans, ancien kinésithérapeute, se rend dans le centre de la capitale et se poste dans une rue passante pour mendier.Son rêve? “Avoir une petite chambre avec une salle de bain”, dit-il sans voir que devant lui se dresse un hôtel d’État flambant neuf de 42 étages, le plus haut de la capitale. Un investissement durement critiqué par les Cubains face à la crise sociale. 

Dermatose des bovins: la ministre de l’Agriculture chez les éleveurs touchés

Près d’un mois après les premiers cas de dermatose des bovins, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, en déplacement en Savoie et Haute-Savoie où plus d’un millier de bêtes ont été euthanasiées et 310.000 doivent être vaccinées, a défendu la stratégie de lutte contre l’épizootie, contestée par des syndicats.”Il y a une stratégie qui a été parfaitement expliquée par les scientifiques, par les autorités”, a déclaré la ministre lors d’un point presse qui a suivi une “réunion de crise” avec des représentants des éleveurs, élus et autorités des deux départements. Elle a insisté sur la nécessité du protocole mis en place, “sur lequel personne n’a émis de réserve scientifique, en tout cas pas dans les organismes de référence”.A son arrivée en début de matinée, la ministre n’a pas croisé la cinquantaine de manifestant tenus à distance de la préfecture de Chambéry, rassemblés pour manifester leur colère dans la gestion de cette épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), la première en France.”Genevard, t’arrives trop tard!” ont-ils scandé, emmenés par deux syndicats, la Confédération paysanne et la Coordination rurale.Le premier cas a été signalé le 29 juin et, en date du 23 juillet, 34 foyers ont été détectés en Savoie et Haute-Savoie, selon le ministère.Les mesures d’euthanasie des troupeaux concernés, destinées à stopper la propagation de la maladie, ont suscité une vive émotion dans les zones touchées où certains éleveurs ont tenté plusieurs jours durant de bloquer l’accès à leurs exploitations pour empêcher l’abattage.Quelque 1.500 bêtes, pour 33 troupeaux, ont été euthanasiés, selon Christian Convers, secrétaire général de la Coordination rurale et éleveur en Savoie.- “Héros” -“On est plus pertinent à être ici (dans la rue, ndlr) que d’être à l’intérieur pour cautionner un cirque qui encore une fois va amener juste à valider quelque chose qui a été décidé dans les bureaux parisiens”, a réagi Stéphane Galais, porte-parole de la Confédération paysanne.La ministre a également signé une charte d’accompagnement destinée à “soutenir financièrement et psychologiquement les éleveurs” concernés. Elle a rendu “hommage aux éleveurs qui ont accepté, dans un esprit citoyen et pour protéger l’ensemble des élevages”, que leurs troupeaux, où des cas avaient été détectés, soient abattus.”Je veux saluer et remercier” les exploitants “qui ont accepté ce sacrifice pour sauver l’élevage. Ce sont des héros”, a déclaré la ministre.Elle a assuré que l’indemnisation “se déploiera rapidement” pour les éleveurs d’animaux euthanasiés, “à la hauteur du préjudice qui a été consenti”.Dehors, Christian Convers a déploré un “non-sens, de perdre une, deux, trois bêtes sur un troupeau et de tuer tout le troupeau”. Il a aussi dénoncé “une faute de l’Etat” qui a selon lui tardé à obtenir les vaccins malgré les avertissements “que la maladie arrivait”. “On a perdu du temps”.”Etre courageuse, c’est venir (…) rencontrer ceux qui ont eu des élevages abattus, ceux qui souffrent en fait, et discuter avec eux de quelles alternatives on peut avoir, quelles projections on va avoir. Parce que là il y a la vaccination: est-ce qu’elle va continuer à tuer les vaches ? C’est ça la question”, s’interroge Stéphane Galais.”Là où il y a eu des abattages partiels, à l’évidence, la maladie s’est installée durablement”, a répondu la ministre devant la presse. “Tout obstacle fait à l’éradication de la maladie retarde d’autant la reprise d’une vie normale”, a-t-elle ajouté.La ministre était ensuite attendue dans une exploitation de Hauteville-sur-Fier, près d’Annecy, pour assister à des opérations de vaccination, qui ont débuté le week-end dernier et concernent environ 310.000 bovins.La DNC, qui affecte bovins, buffles et zébus, se transmet par piqûres d’insectes comme le stomoxe (une mouche piquante) ou le taon, mais n’est pas transmissible à l’humain, ni par contact avec des bovins infectés, ni par l’alimentation, ni par piqûres d’insectes.La campagne de vaccination, “obligatoire et entièrement financée par l’État”, est effectuée dans une zone réglementée de 50 km autour des foyers, couvrant la majorité du territoire de Savoie et Haute-Savoie, ainsi qu’une partie de l’Ain et de l’Isère, indique le ministère sur son site.Un “maximum de doses de vaccins disponibles” a été commandé auprès de l’Union européenne “moins de 48 heures après le premier foyer confirmé le 29 juin”, souligne-t-il. Selon la ministre, la campagne se déroule de façon “intensive”, avec “près de 20.000 vaccinations par jour”.

Xi Jinping appelle l’UE à renforcer la confiance, Von der Leyen veut de “vraies solutions”

Xi Jinping a affirmé jeudi lors d’une rencontre avec les dirigeants de l’UE que Pékin et Bruxelles devaient renforcer leur confiance mutuelle, la présidente de la Commission européenne appelant à de “vraies solutions” pour des relations bilatérales qui sont à un “moment charnière”.La Chine cherche à resserrer ses liens avec le Vieux continent, et se présente comme un partenaire stable et plus fiable que les Etats-Unis de Donald Trump.Mais Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, et Antonio Costa, le président du Conseil européen, sont arrivés avec une longue liste de contentieux.Parmi eux: un important déséquilibre commercial en défaveur de l’UE, des craintes d’inondation du marché européen par des produits chinois bon marché et subventionnés, ou le rapprochement Pékin-Moscou, vu avec suspicion sur fond d’invasion russe de l’Ukraine.”Plus la situation internationale est grave et complexe, plus la Chine et l’UE doivent intensifier la communication, renforcer la confiance mutuelle et approfondir la coopération”, a déclaré Xi Jinping dans l’immense Palais du peuple, lieu traditionnel de réceptions diplomatiques au coeur de Pékin.Face aux “instabilités” dans le monde, “les dirigeants chinois et européens doivent encore une fois faire preuve de clairvoyance et d’engagement, et faire le bon choix stratégique”, a-t-il souligné selon un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères.- “Pas de conflit d’intérêts” -“Les défis actuels auxquels l’Europe est confrontée ne viennent pas de la Chine”, a insisté Xi Jinping, cité par l’agence étatique Chine nouvelle.”Il n’existe entre la Chine et l’UE pas de conflit d’intérêts ni de désaccord géopolitique fondamentaux”, a-t-il ajouté.En réponse, Ursula von der Leyen a déclaré qu’il était “essentiel que la Chine et l’Europe reconnaissent leurs préoccupations respectives et proposent des solutions concrètes”. Elle a averti que les relations se trouvaient à un “moment charnière”.De son côté, Antonio Costa a déclaré à Xi Jinping que l’UE souhaitait voir des “progrès concrets sur les questions liées au commerce et à l’économie”. “Nous voulons tous les deux que notre relation soit (…) mutuellement bénéfique”, a-t-il souligné.Lors d’une réunion distincte jeudi, le Premier ministre chinois Li Qiang a lui déclaré aux deux dirigeants de l’UE qu’une “coopération étroite” entre Pékin et Bruxelles était un “choix naturel”.”Tant que la Chine et l’UE défendront sincèrement le libre-échange, alors l’économie et le commerce internationaux resteront dynamiques”, a-t-il affirmé.Bruxelles a reconnu avant la visite que les discussions avec Xi Jinping et le Premier ministre Li Qiang pourraient être tendues.”Nous savons que nous ne sommes pas d’accord avec la Chine sur de nombreux sujets”, a confié la semaine dernière un haut responsable européen à l’AFP.”Mais nous pensons qu’il est essentiel d’avoir ce type d’échange très direct, ouvert et constructif, au plus haut niveau”.En tête des préoccupations européennes: le déficit commercial abyssal avec Pékin, qui a atteint l’an dernier 357 milliards de dollars (304 milliards d’euros). – Appel sur l’Ukraine -Avant sa visite, Ursula von der Leyen a également assuré que Bruxelles demanderait à Pékin d’ouvrir davantage son marché aux entreprises européennes et d’assouplir ses restrictions à l’exportation de terres rares – stratégiques pour les technologies modernes.L’UE a imposé de lourds droits de douane sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, accusant les subventions étatiques chinoises de fausser la concurrence, au détriment des constructeurs européens. Pékin a répondu par des enquêtes ciblées sur les importations de porc, de cognac et de produits laitiers européens.Sur la guerre en Ukraine, les Européens voient avec méfiance le rapprochement économique et politique Chine-Russie depuis l’invasion de 2022, estimant qu’il fournit un soutien clé à Moscou.Antonio Costa a encore exhorté jeudi la Chine, devant Xi Jinping, à “user de son influence sur la Russie” pour mettre fin à la guerre.La semaine dernière, l’UE a adopté de nouvelles sanctions contre la Russie – ciblant notamment deux banques chinoises. “Nous ne sommes pas naïfs”, avait déclaré à l’AFP le haut responsable européen. “Nous ne demandons pas à la Chine de couper ses liens avec la Russie mais de renforcer ses contrôles douaniers et financiers”.

Xi Jinping appelle l’UE à renforcer la confiance, Von der Leyen veut de “vraies solutions”

Xi Jinping a affirmé jeudi lors d’une rencontre avec les dirigeants de l’UE que Pékin et Bruxelles devaient renforcer leur confiance mutuelle, la présidente de la Commission européenne appelant à de “vraies solutions” pour des relations bilatérales qui sont à un “moment charnière”.La Chine cherche à resserrer ses liens avec le Vieux continent, et se présente comme un partenaire stable et plus fiable que les Etats-Unis de Donald Trump.Mais Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, et Antonio Costa, le président du Conseil européen, sont arrivés avec une longue liste de contentieux.Parmi eux: un important déséquilibre commercial en défaveur de l’UE, des craintes d’inondation du marché européen par des produits chinois bon marché et subventionnés, ou le rapprochement Pékin-Moscou, vu avec suspicion sur fond d’invasion russe de l’Ukraine.”Plus la situation internationale est grave et complexe, plus la Chine et l’UE doivent intensifier la communication, renforcer la confiance mutuelle et approfondir la coopération”, a déclaré Xi Jinping dans l’immense Palais du peuple, lieu traditionnel de réceptions diplomatiques au coeur de Pékin.Face aux “instabilités” dans le monde, “les dirigeants chinois et européens doivent encore une fois faire preuve de clairvoyance et d’engagement, et faire le bon choix stratégique”, a-t-il souligné selon un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères.- “Pas de conflit d’intérêts” -“Les défis actuels auxquels l’Europe est confrontée ne viennent pas de la Chine”, a insisté Xi Jinping, cité par l’agence étatique Chine nouvelle.”Il n’existe entre la Chine et l’UE pas de conflit d’intérêts ni de désaccord géopolitique fondamentaux”, a-t-il ajouté.En réponse, Ursula von der Leyen a déclaré qu’il était “essentiel que la Chine et l’Europe reconnaissent leurs préoccupations respectives et proposent des solutions concrètes”. Elle a averti que les relations se trouvaient à un “moment charnière”.De son côté, Antonio Costa a déclaré à Xi Jinping que l’UE souhaitait voir des “progrès concrets sur les questions liées au commerce et à l’économie”. “Nous voulons tous les deux que notre relation soit (…) mutuellement bénéfique”, a-t-il souligné.Lors d’une réunion distincte jeudi, le Premier ministre chinois Li Qiang a lui déclaré aux deux dirigeants de l’UE qu’une “coopération étroite” entre Pékin et Bruxelles était un “choix naturel”.”Tant que la Chine et l’UE défendront sincèrement le libre-échange, alors l’économie et le commerce internationaux resteront dynamiques”, a-t-il affirmé.Bruxelles a reconnu avant la visite que les discussions avec Xi Jinping et le Premier ministre Li Qiang pourraient être tendues.”Nous savons que nous ne sommes pas d’accord avec la Chine sur de nombreux sujets”, a confié la semaine dernière un haut responsable européen à l’AFP.”Mais nous pensons qu’il est essentiel d’avoir ce type d’échange très direct, ouvert et constructif, au plus haut niveau”.En tête des préoccupations européennes: le déficit commercial abyssal avec Pékin, qui a atteint l’an dernier 357 milliards de dollars (304 milliards d’euros). – Appel sur l’Ukraine -Avant sa visite, Ursula von der Leyen a également assuré que Bruxelles demanderait à Pékin d’ouvrir davantage son marché aux entreprises européennes et d’assouplir ses restrictions à l’exportation de terres rares – stratégiques pour les technologies modernes.L’UE a imposé de lourds droits de douane sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, accusant les subventions étatiques chinoises de fausser la concurrence, au détriment des constructeurs européens. Pékin a répondu par des enquêtes ciblées sur les importations de porc, de cognac et de produits laitiers européens.Sur la guerre en Ukraine, les Européens voient avec méfiance le rapprochement économique et politique Chine-Russie depuis l’invasion de 2022, estimant qu’il fournit un soutien clé à Moscou.Antonio Costa a encore exhorté jeudi la Chine, devant Xi Jinping, à “user de son influence sur la Russie” pour mettre fin à la guerre.La semaine dernière, l’UE a adopté de nouvelles sanctions contre la Russie – ciblant notamment deux banques chinoises. “Nous ne sommes pas naïfs”, avait déclaré à l’AFP le haut responsable européen. “Nous ne demandons pas à la Chine de couper ses liens avec la Russie mais de renforcer ses contrôles douaniers et financiers”.

Affrontements frontaliers meurtriers entre la Thaïlande et le Cambodge

Des affrontements frontaliers d’une intensité rare ont opposé jeudi la Thaïlande et le Cambodge: des avions de combat thaïlandais ont frappé des cibles militaires cambodgiennes et des tirs d’artillerie attribués au camp opposé ont tué un civil selon Bangkok.Les deux royaumes d’Asie du Sud-Est se déchirent de longue date sur le tracé de leur frontière commune, définie durant l’Indochine française, mais des affrontements à ce niveau de violence n’ont pas secoué la région depuis presque quinze ans.Bangkok et Phnom Penh sont engagés dans un bras-de-fer depuis la mort d’un soldat khmer fin mai, lors d’un échange de tirs nocturne dans une zone contestée surnommée le “Triangle d’émeraude”.Les tensions accumulées durant des semaines de provocations et de représailles, qui ont affecté l’économie et le sort de nombreux habitants des régions concernées, ont culminé jeudi matin, après un nouvel échange de coups de feu près de vieux temples disputés, au niveau de la province thaïlandaise de Surin (nord-est) et celle cambodgienne d’Oddar Meanchey (nord-ouest).Les deux armées se sont mutuellement accusées d’avoir fait feu en premier. L’armée thaïlandaise a affirmé que ses adversaires avaient tiré en premier vers 08H20 (01H20 GMT) à environ 200 mètres de la base thaïlandaise, après qu’un drone avait survolé la zone contestée et que six soldats cambodgiens armés s’étaient approchés d’une clôture barbelée.De son côté, la porte-parole du ministère cambodgien de la Défense, Maly Socheata, a accusé l’armée thaïlandaise d’avoir “violé l’intégrité territoriale du Cambodge en lançant une attaque armée sur les forces cambodgiennes”.”Les forces armées cambodgiennes ont exercé leur droit de légitime défense, en pleine conformité avec le droit international, pour repousser l’incursion thaïlandaise”, a-t-elle assuré.- “Agression militaire” -Une personne civile a ensuite été tuée dans une “frappe d’artillerie cambodgienne” contre une maison dans le district de Kap Choeng, dans la province de Surin, a indiqué le Bureau du Premier ministre thaïlandais.Trois autres civils ont été blessés, dont un enfant de cinq ans. L’armée thaïlandaise a aussi accusé le Cambodge d’avoir lancé des roquettes dans la province.La Thaïlande a également déployé six avions de combat F-16 pour frapper “deux cibles militaires cambodgiennes au sol”, a déclaré le porte-parole adjoint des forces armées, Ritcha Suksuwanon.L’ambassade thaïlandaise au Cambodge à appelé ses concitoyens à quitter le pays “le plus tôt possible”.Le Premier ministre thaïlandais par intérim, Phumtham Wechayachai, a déclaré jeudi que “la situation exigeait une gestion prudente” et “d’agir conformément au droit international”. “Nous ferons de notre mieux pour protéger notre souveraineté”, a-t-il déclaré.Le ministère cambodgien des Affaires étrangères a condamné de son côté l'”agression militaire” thaïlandaise.Le Premier ministre Hun Manet a partagé sur Facebook une lettre qu’il a adressée au président du Conseil de sécurité de l’ONU dans laquelle il dénonce les attaques “non-provoquées, préméditées et délibérées” de la Thaïlande, réclamant une réunion “d’urgence” du Conseil de sécurité.- “guerres du passé” -Le Cambodge a indiqué jeudi avoir rétrogradé au “plus bas niveau” les relations diplomatiques avec son voisin.La veille, Bangkok a rappelé son ambassadeur en place à Phnom Penh et expulsé de son territoire l’ambassadeur cambodgien, après qu’un soldat thaïlandais a perdu une jambe en marchant sur une mine à la frontière.Une enquête de l’armée thaïlandaise a permis de déterminer que le Cambodge avait posé de nouvelles mines terrestres à la frontière, ont indiqué les autorités thaïlandaises.Le Cambodge a rejeté ces accusations, et indiqué que des zones frontalières restent infestées de mines actives datant de “guerres du passé”.Les tensions ont conduit le Cambodge à suspendre l’importations de certains produits thaïlandais, et la Thaïlande à restreindre les déplacements aux points de passage à la frontière.Elles ont aussi provoqué de manière indirecte la suspension de la Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra, à la suite d’un scandale provoqué par la fuite, côté cambodgien, d’un appel téléphonique passé à Hun Sen, qui a gouverné le Cambodge pendant près de quarante ans.Accusée de manquements à l’éthique, Paetongtarn attend la décision de la Cour constitutionnelle qui peut la destituer.L’épisode moderne le plus violent lié à la frontière remonte à des affrontements autour du temple de Preah Vihear entre 2008 et 2011, qui avaient fait au moins 28 morts et des dizaines de milliers de déplacés.

Affrontements frontaliers meurtriers entre la Thaïlande et le Cambodge

Des affrontements frontaliers d’une intensité rare ont opposé jeudi la Thaïlande et le Cambodge: des avions de combat thaïlandais ont frappé des cibles militaires cambodgiennes et des tirs d’artillerie attribués au camp opposé ont tué un civil selon Bangkok.Les deux royaumes d’Asie du Sud-Est se déchirent de longue date sur le tracé de leur frontière commune, définie durant l’Indochine française, mais des affrontements à ce niveau de violence n’ont pas secoué la région depuis presque quinze ans.Bangkok et Phnom Penh sont engagés dans un bras-de-fer depuis la mort d’un soldat khmer fin mai, lors d’un échange de tirs nocturne dans une zone contestée surnommée le “Triangle d’émeraude”.Les tensions accumulées durant des semaines de provocations et de représailles, qui ont affecté l’économie et le sort de nombreux habitants des régions concernées, ont culminé jeudi matin, après un nouvel échange de coups de feu près de vieux temples disputés, au niveau de la province thaïlandaise de Surin (nord-est) et celle cambodgienne d’Oddar Meanchey (nord-ouest).Les deux armées se sont mutuellement accusées d’avoir fait feu en premier. L’armée thaïlandaise a affirmé que ses adversaires avaient tiré en premier vers 08H20 (01H20 GMT) à environ 200 mètres de la base thaïlandaise, après qu’un drone avait survolé la zone contestée et que six soldats cambodgiens armés s’étaient approchés d’une clôture barbelée.De son côté, la porte-parole du ministère cambodgien de la Défense, Maly Socheata, a accusé l’armée thaïlandaise d’avoir “violé l’intégrité territoriale du Cambodge en lançant une attaque armée sur les forces cambodgiennes”.”Les forces armées cambodgiennes ont exercé leur droit de légitime défense, en pleine conformité avec le droit international, pour repousser l’incursion thaïlandaise”, a-t-elle assuré.- “Agression militaire” -Une personne civile a ensuite été tuée dans une “frappe d’artillerie cambodgienne” contre une maison dans le district de Kap Choeng, dans la province de Surin, a indiqué le Bureau du Premier ministre thaïlandais.Trois autres civils ont été blessés, dont un enfant de cinq ans. L’armée thaïlandaise a aussi accusé le Cambodge d’avoir lancé des roquettes dans la province.La Thaïlande a également déployé six avions de combat F-16 pour frapper “deux cibles militaires cambodgiennes au sol”, a déclaré le porte-parole adjoint des forces armées, Ritcha Suksuwanon.L’ambassade thaïlandaise au Cambodge à appelé ses concitoyens à quitter le pays “le plus tôt possible”.Le Premier ministre thaïlandais par intérim, Phumtham Wechayachai, a déclaré jeudi que “la situation exigeait une gestion prudente” et “d’agir conformément au droit international”. “Nous ferons de notre mieux pour protéger notre souveraineté”, a-t-il déclaré.Le ministère cambodgien des Affaires étrangères a condamné de son côté l'”agression militaire” thaïlandaise.Le Premier ministre Hun Manet a partagé sur Facebook une lettre qu’il a adressée au président du Conseil de sécurité de l’ONU dans laquelle il dénonce les attaques “non-provoquées, préméditées et délibérées” de la Thaïlande, réclamant une réunion “d’urgence” du Conseil de sécurité.- “guerres du passé” -Le Cambodge a indiqué jeudi avoir rétrogradé au “plus bas niveau” les relations diplomatiques avec son voisin.La veille, Bangkok a rappelé son ambassadeur en place à Phnom Penh et expulsé de son territoire l’ambassadeur cambodgien, après qu’un soldat thaïlandais a perdu une jambe en marchant sur une mine à la frontière.Une enquête de l’armée thaïlandaise a permis de déterminer que le Cambodge avait posé de nouvelles mines terrestres à la frontière, ont indiqué les autorités thaïlandaises.Le Cambodge a rejeté ces accusations, et indiqué que des zones frontalières restent infestées de mines actives datant de “guerres du passé”.Les tensions ont conduit le Cambodge à suspendre l’importations de certains produits thaïlandais, et la Thaïlande à restreindre les déplacements aux points de passage à la frontière.Elles ont aussi provoqué de manière indirecte la suspension de la Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra, à la suite d’un scandale provoqué par la fuite, côté cambodgien, d’un appel téléphonique passé à Hun Sen, qui a gouverné le Cambodge pendant près de quarante ans.Accusée de manquements à l’éthique, Paetongtarn attend la décision de la Cour constitutionnelle qui peut la destituer.L’épisode moderne le plus violent lié à la frontière remonte à des affrontements autour du temple de Preah Vihear entre 2008 et 2011, qui avaient fait au moins 28 morts et des dizaines de milliers de déplacés.

Donald Trump en Ecosse, terre natale de sa mère

Donald Trump arrive vendredi en visite privée en Ecosse, la terre natale de sa mère: Mary Anne MacLeod a grandi sur une île pauvre avant d’émigrer à 18 ans aux Etats-Unis, où elle a connu une ascension sociale fulgurante.Pendant son séjour, le président américain va inaugurer son troisième parcours de golf écossais, dans le nord-est de cette nation du Royaume-Uni.”C’est bon d’être à la maison”, avait-il proclamé en atterrissant en Ecosse lors d’une précédente visite, en 2023. “C’était la patrie de ma mère”, avait-il souligné.Si Donald Trump parle volontiers de son père, Fred Trump, un self-made man, fils d’un immigré allemand et promoteur immobilier, il est plus discret sur sa mère, décédée en 2000 à 88 ans.Mary Anne MacLeod est née en 1912 sur l’île de Lewis, dans les Hébrides extérieures, dans le nord-ouest de l’Ecosse, où une équipe de l’AFP s’était rendue en reportage en avril.Elle a grandi dans le petit village de Tong. Donald Trump y était passé en coup de vent en 2008, le temps d’une photo devant la maison familiale.Des cousins du président vivent toujours dans la bâtisse, modernisée depuis l’époque où Mary Anne MacLeod y vivait mais qui reste extrêmement simple, en crépis gris clair, avec un toit d’ardoise, à environ 200 mètres de la mer. Difficile de faire plus différent de la luxueuse résidence de Mar-a-Lago en Floride du président ou de la Trump Tower à New York.Le grand-père maternel du président américain était pêcheur, selon la presse britannique qui s’appuie sur des documents locaux.Mary Anne MacLeod a été le dixième et dernier enfant de la famille. Sa langue maternelle était le gaélique et c’est à l’école qu’elle a appris l’anglais.La vie était rude sur Lewis, surtout après la Première guerre mondiale, qui avait emporté de nombreux jeunes hommes de l’île. Suivant l’exemple d’une soeur ainée et de tant d’autres Ecossais, Mary Anne a embarqué à Glasgow en 1930 à bord du SS Transylvania direction New York.- Rolls Royce rose -“Domestique”, a-t-elle écrit sur les papiers d’immigration dans la case profession. Une soeur du président a raconté qu’elle avait en fait travaillé comme nourrice dans une famille fortunée.Le destin de Mary Anne MacLeod bascule quelques années plus tard, quand elle rencontre Fred Trump dans une soirée, selon l’histoire racontée par la famille. Le couple se marie en janvier 1936 dans le quartier riche de l’Upper East Side à Manhattan. Mary Anne Trump devient citoyenne américaine en 1942.Alors que Fred Trump bâtit un empire immobilier à New York en construisant des immeubles pour la classe moyenne dans les quartiers populaires du Queens et de Brooklyn, elle s’implique dans des oeuvres caritatives.”Même à un âge avancé, riche et respectée, elle allait en Rolls-Royce rose récupérer les pièces des machines à laver dans les immeubles appartenant aux Trump”, raconte le Times de Londres dans un article.Des photos la montrent dans la haute société new-yorkaise, ses cheveux blonds remontés dans un grand chignon faisant penser à la chevelure de son fils.Elle était d'”une grande beauté”, “l’une des personnes les plus justes et charitables que j’aie rencontrées”, a dit Donald Trump, dans de rares confidences au sujet de sa mère. Sur Twitter, devenu X, il a souvent partagé “un excellent conseil” de sa mère: “Aie confiance en Dieu et sois fidèle à toi-même”.En 2018, Theresa May, alors Première ministre britannique, avait offert à Donald Trump l’arbre généalogique de ses ancêtres écossais.Sur l’île de Lewis, où vivent moins de 20.000 personnes, le nom de MacLeod est extrêmement courant.Les habitants évoquent volontiers Mary Anne MacLeod, racontant qu’elle est revenue régulièrement sur l’île jusqu’à sa mort. Une soeur du président a elle conquis les locaux en donnant une importante somme d’argent à une maison de retraite. Par contre, beaucoup ne portent pas le président américain dans leur coeur.En avril, une banderole trônait devant un magasin sur le port de Stornoway, la plus grande ville de l’île: “Honte à vous, Donald John! #démocratie”, était-il écrit en grosses lettres noires.Depuis, les autorités locales ont demandé à ce que la banderole soit retirée. Mais elle doit faire le tour de l’île cet été et les habitants sont invités à y apposer leur signature.

Kim Jong Un appelle ses soldats à se préparer “à la vraie guerre”

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a appelé ses soldats à se préparer “à la vraie guerre” lors d’un exercice de tirs d’artillerie auquel il assistait, a rapporté jeudi l’agence officielle KCNA.Des photos diffusées par KCNA montrent M. Kim, vêtu d’un costume noir, s’adressant à des soldats en treillis. D’autres images le montrent observant attentivement un exercice de tirs d’artillerie, aux côtés de plusieurs chefs de l’armée nord-coréenne.Cette séance de tir s’est déroulée mercredi en un lieu qui n’a pas été révélé. Des images diffusées par l’agence d’Etat ont également montré des tirs d’obus en direction de la mer.Au cours de sa visite, Kim Jong Un s’est adressé à des soldats nord-coréens à qui il a demandé de se préparer “à la vraie guerre” et d’être capables de “détruire l’ennemi dans chaque bataille”, selon KCNA.Cette visite survient après qu’un contingent nord-coréen a participé aux combats contre les forces ukrainiennes dans la région russe de Koursk, en partie occupée par les troupes de Kiev depuis l’été 2024 et dont la Russie a annoncé avoir entièrement repris le contrôle fin avril.La Corée du Nord fournit par ailleurs la Russie en obus et en missiles.

Nouveaux affrontements à la frontière Thaïlande-Cambodge, 3 civils blessés

De nouveaux affrontements entre le Cambodge et la Thaïlande à leur frontière disputée ont fait au moins trois blessés civils jeudi côté thaïlandais, selon Bangkok, ce qui constitue l’escalade militaire la plus grave en près de 15 ans entre les deux pays.L’armée thaïlandaise a accusé le Cambodge d’avoir lancé deux roquettes BM-21 qui ont, selon elle, blessé trois civils dans un village frontalier de la province de Surin (sud-est).Des échanges de tirs ont éclaté jeudi matin autour de deux vieux temples datant de l’époque d’Angkor (IXème-XVème siècles), au niveau de la province thaïlandaise de Surin et celle cambodgienne d’Oddar Meanchey, a précisé à l’AFP une source gouvernementale cambodgienne.Les deux armées se sont mutuellement accusées d’avoir ouvert le feu en premier. “Vers 8H20 (01H20 GMT), les forces cambodgiennes ont ouvert vers le feu en direction du flanc est du temple Prasat Ta Muen Thom, à environ 200 mètres de la base thaïlandaise”, a annoncé l’armée thaïlandaise dans un communiqué.La Thaïlande a aussi accusé le Cambodge d’avoir utilisé un drone sur le site contesté, vers 07h35 (00h35 GMT). Six soldats cambodgiens armés, équipés notamment d’une lance-grenades, se sont par la suite approchés d’une clôture barbelée, a affirmé l’armée, assurant que les troupes thaïlandaises ont crié dans leur direction pour éviter un affrontement.”L’armée thaïlandaise a violé l’intégrité territoriale du Cambodge en lançant une attaque armée sur les forces cambodgiennes”, a indiqué de son côté Maly Socheata, la porte-parole du ministère cambodgien de la Défense.”Les forces armées cambodgiennes ont exercé leur droit de légitime défense, en pleine conformité avec le droit international, pour repousser l’incursion thaïlandaise”, a-t-elle poursuivi.L’ambassade thaïlandaise au Cambodge à appelé ses concitoyens à quitter le pays “le plus tôt possible.”- Accusations -Les deux royaumes d’Asie du Sud-Est s’opposent de longue date sur le tracé de leur frontière commune, définie du temps de l’Indochine française, mais la crise en cours est la plus grave depuis près de quinze ans.La mort d’un soldat cambodgien lors d’échanges de tirs en pleine nuit, fin mai, dans une autre zone disputée de la frontière, surnommée le “Triangle d’émeraude”, a mis le feu aux poudres entre Bangkok et Phnom Penh, qui ont drastiquement réduit leurs échanges économiques et diplomatiques.Le Cambodge a indiqué jeudi avoir rétrogradé au “plus bas niveau” les relations diplomatiques avec son voisin.La veille, Bangkok a rappelé son ambassadeur en place à Phnom Penh et expulsé celui cambodgien de son territoire, après qu’un soldat thaïlandais a perdu une jambe en marchant sur une mine à la frontière.Une enquête de l’armée thaïlandaise a permis de déterminer que le Cambodge avait posé de nouvelles mines terrestres à la frontière, ont indiqué les autorités thaïlandaises.Le Cambodge a rejeté ces accusations, et indiqué que des zones frontalières restent infestées de mines actives datant de “guerres du passé”.- Service militaire -Le Premier ministre thaïlandais par intérim, Phumtham Wechayachai, a déclaré jeudi que “la situation exigeait une gestion prudente” et “d’agir conformément au droit international”. “Nous ferons de notre mieux pour protéger notre souveraineté”, a-t-il déclaré.Les tensions ont conduit le Cambodge à suspendre l’importations de certains produits thaïlandais, et la Thaïlande à restreindre les déplacements aux points de passage à la frontière.Elles ont aussi provoqué de manière indirecte la suspension de la Première ministre thaïlandaise Paetongtarn Shinawatra, à la suite d’un scandale provoqué par la fuite, côté cambodgien, d’un appel avec Hun Sen, qui a gouverné le Cambodge pendant près de quarante ans.Accusée de manquements à l’éthique, Paetongtarn attend la décision de la Cour constitutionnelle qui peut la destituer.Côté cambodgien, le Premier ministre Hun Manet, le fils de Hun Sen, a récemment annoncé la mise en place à partir de 2026 d’un service militaire obligatoire qu’il souhaite de 24 mois, pour tous les jeunes âgés de 18 à 30 ans.L’épisode moderne le plus violent lié à la frontière remonte à des affrontements autour du temple de Preah Vihear entre 2008 et 2011, qui avaient fait au moins 28 morts et des dizaines de milliers de déplacés.