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Ukraine : Trump veut que Kiev cède des territoires, le sommet avec Poutine s’éloigne

Le président américain Donald Trump a fait pression vendredi à Washington sur son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky pour que l’Ukraine cède la région orientale du Donbass, afin de mettre fin à la guerre déclenchée en 2022 par la Russie, selon un haut responsable ukrainien. S’exprimant sous le couvert de l’anonymat, ce dernier a expliqué mardi que M. Trump avait exhorté M. Zelensky à retirer les troupes ukrainiennes des territoires qu’elles contrôlent encore dans cette région industrielle, l’une des principales exigences du chef de l’Etat russe Vladimir Poutine. La rencontre entre les deux hommes à la Maison blanche a été “tendue et difficile”, a ajouté le responsable, soulignant que la diplomatie de Donald Trump sur ce dossier donnait à Kiev l’impression de “tourner en rond”. M. Zelensky espérait alors tirer parti de la frustration croissante du président américain face à la réticence de son homologue russe à accepter un cessez-le-feu.Mais il est reparti les mains vides après que M. Trump, qui s’était entretenu avec M. Poutine la veille, avait rejeté sa demande de missiles de longue portée Tomahawk et l’avait incité à conclure un accord.A la suite de sa réunion avec Volodymyr Zelensky, Donald Trump a déclaré sur les réseaux sociaux que leurs discussions avaient été “très intéressantes et cordiales mais je lui ai dit, comme je l’avais également fortement suggéré au président Poutine, qu’il était temps d’arrêter les tueries et de conclure un ACCORD !”Le président américain a ultérieurement estimé qu’il était nécessaire que toute négociation parte de la situation actuelle sur la ligne de front, pour arrêter enfin “les massacres” en Ukraine. “Ils devraient s’arrêter immédiatement sur les lignes de front”, a-t-il affirmé dimanche à bord d’Air Force One.Face à Donald Trump, les dirigeants européens entendent rappeler certains des principes qui les guident depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, à commencer par celui de l’intangibilité des frontières en Europe.- Rencontre à Budapest ? -“Nous soutenons fermement la position du président Trump selon laquelle les combats doivent cesser immédiatement”, ont ainsi plaidé mardi plusieurs d’entre eux, dont ceux de la France, du Royaume-Uni ou de l’Allemagne, ainsi que Volodymyr Zelensky, tout en considérant que “la ligne de contact actuelle doit servir de base pour les négociations”.Mais, ont-ils aussitôt ajouté, “nous restons attachés au principe selon lequel les frontières internationales ne doivent pas être modifiées par la force”.D’éventuelles concessions territoriales en Ukraine “ne peuvent être négociées” que par son président, a martelé mardi à Ljubljana Emmanuel Macron.”Nul autre ne saurait le faire et donc c’est à l’Ukraine de décider pour elle-même et son territoire et aux Européens de décider pour eux-mêmes et leur sécurité”, a jugé le chef de l’Etat français, dans une allusion au sommet russo-américain prévu prochainement à Budapest.Mais cette rencontre pourrait ne pas avoir lieu de sitôt.Donald Trump n’a en effet pas l’intention de rencontrer son homologue Vladimir Poutine dans un “avenir proche”, selon un responsable américain.Cette mise au point concernant une éventuelle prochaine réunion Trump-Poutine à Budapest est intervenue mardi après que le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio s’est entretenu la veille au téléphone avec son homologue russe Sergueï Lavrov. – Sommet à Bruxelles -Ceux-ci devaient, avait déclaré le président américain, se voir cette semaine pour organiser un tel sommet avant novembre pour la première fois évoquée le 16 octobre par les deux présidents.”Une rencontre supplémentaire en personne entre le secrétaire d’Etat et le ministre des Affaires étrangères n’est pas nécessaire et il n’est pas prévu que le président Trump rencontre le président Poutine dans un avenir proche”, a dit un responsable du gouvernement américain.Il a toutefois qualifié la conversation entre MM. Rubio et Lavrov de “productive”.La Russie a de son côté relativisé mardi les chances qu’un sommet ait rapidement lieu, soulignant qu'”aucun délai précis” n’était fixé, insistant sur la nécessité d’un “sérieux” travail préparatoire entre Moscou et Washington.Les Européens doivent se retrouver jeudi à Bruxelles – à l’exception du Premier ministre britannique Keir Starmer – pour un sommet européen au cours duquel ils espèrent se mettre d’accord sur un soutien financier pérenne à l’Ukraine. Une réunion de la “coalition des volontaires”, qui rassemble les soutiens de Kiev, est en outre prévue pour vendredi.”Nous élaborons des mesures pour utiliser pleinement la valeur des actifs souverains immobilisés de la Russie, afin que l’Ukraine dispose des ressources nécessaires”, écrivent aussi ces dirigeants.La cheffe de la politique étrangère européenne, Kaja Kallas, a assuré lundi qu’il y avait un “large soutien” au sein de l’Union européenne à la proposition de mobiliser ces avoirs russes gelés, afin d’accorder à Kiev un prêt de 140 milliards d’euros.Sur le terrain, une attaque de drones russes contre une ville de la région de Tcherniguiv, dans le nord de l’Ukraine, a fait quatre morts mardi, selon les services d’urgence. 

Les alpinistes à l’assaut des sommets méconnus du Népal

L’ascension de l’Everest ou de l’Annapurna reste le Graal pour la plupart des alpinistes, mais ils sont de plus en plus nombreux à partir de manière autonome, sans sherpa ni oxygène, à la conquête des sommets moins connus du Népal.”C’est un immense défi. Le style alpin est totalement différent, que ce soit en termes de compétences ou de passion. L’aventure est bien plus intense”, confie à l’AFP Benjamin Védrines, 33 ans, un des plus grands alpinistes français, après sa première ascension du Jannu Est (7.468 mètres) réussie la semaine dernière. Le Népal, qui compte huit des 10 plus hauts sommets du monde, accueille chaque année des centaines d’alpinistes pendant les saisons d’escalade du printemps et de l’automne. Les expéditions sont une industrie lucrative pour le pays himalayen, notamment pour l’ascension des sommets de plus de 8.000 m. Mais partir à la conquête de montagnes de 6.000 et 7.000 m est de plus en plus tendance. “Si vous ne vous intéressez qu’à l’altitude, le nombre de sommets à gravir est limité. Mais si vous élargissez votre horizon à des montagnes moins élevées, le potentiel est immense”, affirme Paulo Grobel, alpiniste français et chef d’expédition.Le Népal a délivré 1.323 permis pour cette saison automnale, en majorité pour les sommets les plus célèbres.Mais les adeptes du style alpin – sans cordes fixes, sans sherpas ni bouteilles d’oxygène – notamment des Français, des Japonais et des Suisses, sont de plus en plus attirés par les montagnes plus méconnues. “Bien qu’ils culminent juste en dessous des 8.000 m, ils restent largement méconnus et sous-estimés”, observe Benjamin Védrines, lui-même guide de haute montagne. “Mais il reste encore tant à explorer.”- “Possibilités infinies” -Le Népal a ouvert 462 montagnes aux expéditions commerciales mais une centaine n’ont jamais été gravies. “Voir de jeunes alpinistes techniquement aguerris s’intéresser à d’autres montagnes, souvent plus intéressantes, est une évolution positive”, se félicite l’Allemande Billi Bierling, directrice de l’Himalayan Database, qui recense les ascensions sur les hauts sommets népalais.Elle “espère que cela se fera en toute sécurité, car c’est la priorité à venir”. Ce phénomène intervient au moment où certaines expéditions suscitent les critiques des puristes, qui s’élèvent contre la surpopulation et la marchandisation des sommets et leurs méfaits sur l’environnement. Si les expéditions plus modestes permettent de répartir les alpinistes sur un territoire plus vaste, ce qui représente une source de revenus dans les vallées longtemps restées en marge de ce secteur, les défis logistiques restent de taille. “Il est difficile de (les) atteindre. Voyager coûte cher et puis il faut marcher vers des zones où il n’y a pas beaucoup d’hôtels. Les secours sont difficiles”, souligne Vinayak Malla, alpiniste et guide népalais. En août, le Népal a supprimé les frais d’ascension pour 97 montagnes afin d’attirer les visiteurs vers des sommets moins connus que l’Everest ou l’Annapurna et de stimuler l’économie locale. “Nous constatons un intérêt croissant pour les montagnes de moins de 8.000 m. Peu à peu, nous mettons en avant de nouvelles régions afin que, parallèlement à cet engouement, les infrastructures et la main-d’œuvre nécessaires puissent se développer”, dit Himal Gautam, chef de la section alpinisme au département du tourisme du Népal.Pour Paulo Grobel, c’est un nouveau chapitre de l’histoire des ascensions au Népal qui s’ouvre. “Il faut aller vers d’autres sommets, affirme-t-il, les possibilités sont infinies.”

Des milliers d’Israéliens fêtent l’arrivée d’un ex-otage de Gaza dans une colonie de Cisjordanie

Souriant mais amaigri, Avinatan Or sort du van qui le ramène de l’hôpital au domicile de ses parents dans la colonie de Shilo en Cisjordanie. Ils sont des milliers à l’acclamer, une semaine après sa libération de Gaza.Avinatan Or, 30 ans, a été libéré la semaine dernière avec 19 autres otages vivants, dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu à Gaza entré en vigueur le 10 octobre, sous la pression des Etats-Unis.Les images de son enlèvement avec sa compagne Noa Argamani au festival Nova, près de la frontière avec Gaza, diffusées en direct le 7 octobre 2023 sont devenues iconiques. Tandis que Noa Argamani est emmenée de force sur une moto, criant et les mains tendues vers lui, on le voit debout les mains attachées dans le dos entouré de plusieurs hommes.Si Noa Argamani a été libérée après 248 jours dans une opération militaire à Nusseirat, dans le centre de la bande de Gaza, Avinatan Or n’est revenu de captivité qu’à la faveur du dernier cessez-le-feu le 13 octobre.En contrebas de la colonie, sur le rond point renommé à son nom, il franchit une porte jaune de la couleur symbole du soutien aux otages. La foule scande son nom et il prend alors la parole pour leur adresser quelques mots. “J’espère qu’on pourra prendre tout l’amour que vous nous avez donné pour les années à venir, on ne gagnera qu’avec cet amour”, lance-t-il sous les applaudissements, après avoir remercié la foule et les “soldats, les héros, sans qui ne je ne serais pas parmi vous aujourd’hui”.Second d’une fratrie de sept enfants, Avinatan Or, a grandi dans la colonie de Shilo, dans le nord de la Cisjordanie occupée.-“C’est merveilleux”-Après l’accueil à l’entrée de la colonie, des danses traditionnelles sont organisées devant la synagogue pour fêter son retour.Pour Yehoudit Nitzan, une habitante de la colonie, cette journée à un goût particulier car son fils Gilad, qui connaissait Avinatan depuis son enfance est tombé au combat au début de la guerre à Gaza.”Gilad est parti à la guerre le 7-Octobre pour notamment ramener Avinatan à la maison (…),  deux ans après, Avinatan revient, je boucle la boucle”, dit-elle à l’AFP, visiblement émue.Pour Shani Strenger, une des responsables de la colonie, cette journée est “merveilleuse”.”Ca fait deux ans qu’on attend tous ce moment, c’est merveilleux, c’est un sentiment magnifique”, dit-elle, sur fond de musique folklorique assourdissante.Ingénieur travaillant pour une société de high-tech, Avinatan Or, qui vivait à Tel-Aviv au moment de son enlèvement, a été mis à l’isolement dans un tunnel par ses geôliers pendant ses deux ans de captivité selon les témoignages de ses parents depuis sa libération.Amaigri et affaibli, il lève son poing en signe de victoire, alors que la foule continue de scander son nom.Aux abords de la colonie, des affichettes sont présentes en nombre avec sa photo et une inscription “Avinatan, que c’est bon que tu sois revenu”.Aux termes de l’accord de cessez-le-feu, le Hamas a libéré au 13 octobre les derniers 20 otages vivants qu’il détenait depuis le 7-Octobre. Mais 15 dépouilles d’otages se trouvent encore à Gaza, où le Hamas évoque des difficultés pour les exhumer dans le territoire dévasté.

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Le prince Andrew à nouveau dans la tourmente avec les mémoires de Virginia Giuffre

Les mémoires posthumes de l’Américaine Virginia Giuffre, la principale accusatrice du prince Andrew dans le cadre de l’affaire Epstein, ont été mises en vente mardi, accentuant encore la pression sur le frère du roi Charles déjà tombé en disgrâce. Dans “Nobody’s girl”, Virginia Giuffre, qui a mis fin à ses jours en avril, raconte avec force détails avoir été utilisée comme esclave sexuelle par l’ancien financier et pédocriminel américain Jeffrey Epstein, et avoir notamment été contrainte à des relations sexuelles avec Andrew à trois reprises, dont au moins deux quand elle avait 17 ans.Le livre s’est rapidement hissé en tête des ventes sur le site britannique d’Amazon.Peu après la publication de premiers extraits dans la presse britannique, Andrew avait annoncé vendredi renoncer à son titre de duc de York, sous la pression de son frère, le roi Charles III. Des députés appellent à lui retirer formellement ses titres. Le prince de 65 ans a été mis à l’écart de la famille royale depuis 2019 à cause de ses liens avec Epstein.Une source au palais de Buckingham a qualifié ces nouvelles allégations d'”extrêmement préoccupantes”, estimant qu’elles devaient être “examinées de manière appropriée”.- “Victoire” -Virginia Giuffre “considérerait comme une victoire” le renoncement d’Andrew à ses titres, affirme Amy Wallace, sa prête-plume pour ces mémoires, qui estime désormais que le prince doit se mettre à la disposition de la justice américaine.Ce dernier avait évité un procès à New York en versant des millions de dollars à Virginia Giuffre, qui avait engagé des poursuites en 2021 contre lui. Il a toujours rejeté ces accusations.Andrew “a vu tout ce qu’il se passait. S’il se soucie tant que ça de cette affaire, il pourrait partager ces informations avec les enquêteurs, dire +voilà ce qui s’est passé+.”, a-t-elle encore déclaré mardi sur Times Radio.Même tonalité pour le député américain Pete Sessions, qui siège à la commission de surveillance du Congrès qui enquête sur Epstein: “Il serait intéressant de savoir ce qu’il savait, ce qu’il a vu”, a-t-il déclaré mardi sur BBC Radio 4.Dans ses mémoires, Virginia Giuffre raconte avoir été livrée à une “multitude d’hommes de pouvoir” pour des relations sexuelles, et anonymise un certain nombre d’entre eux. Elle dépeint notamment un rapport extrêmement violent avec celui qu’elle décrit comme “un ancien ministre”, sans révéler son identité.A propos d’Andrew, elle affirme qu’il a tenté de salir son image. La police de Londres enquête sur une information de presse selon laquelle Andrew a chargé un officier de chercher des informations pour discréditer Mme Giuffre.Englué par ailleurs dans une affaire d’espionnage chinois, Andrew ne cesse d’être une source d’embarras pour sa famille. La publication de ce livre intervient à la veille d’une visite d’État de deux jours du roi Charles et de son épouse Camilla au Vatican.- Royal Lodge -Ces derniers développements remettent aussi au centre de l’attention le train de vie et la situation financière d’Andrew: dans son édition de mardi, le Times révèle que le prince, qui vit dans une demeure royale de 30 pièces, Royal Lodge, n’a pas payé de loyer depuis 2003. Et que le bail court jusqu’en 2078.Cette propriété, située sur le domaine royal de Windsor, fait partie du Crown Estate, un organisme qui gère les biens immobiliers de la Couronne pour le compte des contribuables britanniques.Au total, Andrew se serait acquitté de la somme d’un million de livres (1,1 million d’euros) pour en acquérir le bail et aurait réalisé plus de 7,5 millions de livres (8.6 millions d’euros) de travaux. Mais depuis, le loyer s’est résumé à une somme symbolique, selon le contrat dont le journal a obtenu copie.Le Times s’interroge sur les sources de revenus du prince, qui a été privé par son frère Charles III d’une allocation annuelle de plus d’un million de livres (1,2 million d’euros), alors que le coût de sa sécurité, que le roi ne paye plus, est estimé à 3 millions de livres (3,6 millions d’euros) par an. La presse britannique a rapporté ces derniers mois que le roi Charles avait tenté de convaincre son frère de renoncer à cette propriété, pour une autre, plus modeste, sur le domaine. En vain. En attendant, le site internet de la famille royale a actualisé le statut du prince Andrew, en enlevant son titre de duc de York.

Une femme pour la première fois à la tête du gouvernement japonais, la conservatrice Sanae Takaichi

Une femme a pour la première fois mardi été nommée à la tête du gouvernement japonais, la nationaliste Sanae Takaichi. Elle a aussitôt annoncé un “programme économique” pour faire face à la hausse des prix et dit vouloir des “discussions franches” avec Donald Trump.Peu après sa désignation par les deux chambres du Parlement pour succéder à Shigeru Ishiba, elle a assuré que sa priorité serait de lutter contre l’inflation, une source majeure de mécontentement chez ses compatriotes, et que, dans ce but, elle préparerait prochainement un “programme économique”. Au plan international, le premier défi de Sanae Takaichi sera la visite, la semaine prochaine, dans son pays de Donald Trump, l’occasion, a-t-elle souligné, d’évoquer, outre les questions bilatérales, la situation dans la région Asie-Pacifique, au Moyen-Orient et en Ukraine. “Je souhaite établir des relations de confiance” avec lui, a-t-elle confié aux journalistes. Parmi les possibles points de friction, les contours encore flous des 550 milliards de dollars d’investissements sur le sol américain envisagés par le Japon dans le cadre de son accord commercial avec les Etats-Unis. Et ce, en contrepartie d’un accord conclu en juillet, qui abaissait les surtaxes douanières imposées à l’archipel nippon. Le président américain souhaite par ailleurs que ce pays cesse d’importer de l’énergie russe et augmente ses dépenses de défense.- Minoritaire -En l’absence de majorité absolue au Parlement, la nouvelle coalition aura besoin du soutien d’autres partis pour faire voter des lois. Sanae Takaichi avait remporté début octobre la présidence du Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice), au pouvoir quasiment sans interruption depuis 1955 mais qui ne dispose désormais que d’une majorité relative dans les deux chambres, notamment en raison d’un scandale financier.Son allié traditionnel, le parti centriste Komeito, a claqué la porte de leur coalition en place depuis 1999, mal à l’aise avec cette affaire et les opinions conservatrices de Mme Takaichi.Cette dernière a assuré sa nomination en concluant lundi une alliance avec le Parti japonais pour l’innovation (Ishin), une petite formation réformatrice de centre droit.La longévité à son poste de celle qui est devenue le cinquième Premier ministre du Japon en autant d’années dépendra de “la stabilité de cette coalition”, estime Yu Uchiyama, professeur de sciences politiques à l’université de Tokyo.”Un autre facteur déterminant sera sa décision de convoquer ou non” des élections législatives : “si elle le faisait et perdait (des sièges), cela aurait un impact extrêmement négatif sur son image”.- Deux femmes au gouvernement – En accédant aux responsabilités, Sanae Takaichi, 64 ans, “entre dans l’histoire”, a salué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.Mais elle qui avait promis un gouvernement avec un nombre de femmes “à la scandinave”, n’en a finalement nommé que deux, le même nombre que dans celui de M. Ishiba. Il s’agit de l’ultra-conservatrice Satsuki Katayama, qui prend le portefeuille des Finances, et de Kimi Onoda, à la Sécurité économique.Le Japon est classé 118e sur 148 dans le rapport 2025 du Forum économique mondial sur l’écart entre les sexes et la chambre basse du Parlement ne compte que 15% de femmes. Les positions sur l’égalité hommes/femmes de Mme Takaichi la placent à droite d’un PLD déjà conservateur : elle s’oppose ainsi à la révision d’une loi obligeant les couples mariés à porter le même nom de famille et soutient une succession impériale réservée aux hommes. A Nara (ouest), la ville dont elle est originaire, on salue son ascension : “Elle a vraiment gravi les échelons. Elle a travaillé dur pour en arriver là”, a ainsi confié à l’AFP Satoshi Sakamoto, un retraité de 73 ans.Il espère en outre qu’elle “soit capable de dire clairement +non+ quand il le faut” à Donald Trump.”Les prix ont augmenté et c’est difficile”, a de son côté insisté Satoe Tominaga, une habitante de 77 ans de Nara.- Discours sur la Chine tempéré -Sanae Takaichi sera aussi confrontée à la lutte contre le déclin démographique du Japon et à la relance de la quatrième économie mondiale. Pour y parvenir, elle s’est exprimée en faveur de l’augmentation des dépenses publiques, à l’instar de son mentor, l’ancien Premier ministre Shinzo Abe. Concernant la Chine, elle a jugé par le passé que le Japon devait “faire face à la menace sécuritaire” créée par Pékin, tout en appelant à une plus grande coopération en matière de sécurité avec Taïwan.Mme Takaichi a cependant récemment tempéré son discours sur la Chine et s’est prudemment abstenue la semaine dernière de se rendre au sanctuaire Yasukuni, un symbole pour les voisins du Japon du passé militariste nippon.Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré espérer que le Japon ferait “progresser pleinement les relations stratégiques et mutuellement avantageuses” avec la Chine.

Une femme pour la première fois à la tête du gouvernement japonais, la conservatrice Sanae Takaichi

Une femme a pour la première fois mardi été nommée à la tête du gouvernement japonais, la nationaliste Sanae Takaichi. Elle a aussitôt annoncé un “programme économique” pour faire face à la hausse des prix et dit vouloir des “discussions franches” avec Donald Trump.Peu après sa désignation par les deux chambres du Parlement pour succéder …

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Une femme pour la première fois à la tête du gouvernement japonais, la conservatrice Sanae Takaichi

Une femme a pour la première fois mardi été nommée à la tête du gouvernement japonais, la nationaliste Sanae Takaichi. Elle a aussitôt annoncé un “programme économique” pour faire face à la hausse des prix et dit vouloir des “discussions franches” avec Donald Trump.Peu après sa désignation par les deux chambres du Parlement pour succéder à Shigeru Ishiba, elle a assuré que sa priorité serait de lutter contre l’inflation, une source majeure de mécontentement chez ses compatriotes, et que, dans ce but, elle préparerait prochainement un “programme économique”. Au plan international, le premier défi de Sanae Takaichi sera la visite, la semaine prochaine, dans son pays de Donald Trump, l’occasion, a-t-elle souligné, d’évoquer, outre les questions bilatérales, la situation dans la région Asie-Pacifique, au Moyen-Orient et en Ukraine. “Je souhaite établir des relations de confiance” avec lui, a-t-elle confié aux journalistes. Parmi les possibles points de friction, les contours encore flous des 550 milliards de dollars d’investissements sur le sol américain envisagés par le Japon dans le cadre de son accord commercial avec les Etats-Unis. Et ce, en contrepartie d’un accord conclu en juillet, qui abaissait les surtaxes douanières imposées à l’archipel nippon. Le président américain souhaite par ailleurs que ce pays cesse d’importer de l’énergie russe et augmente ses dépenses de défense.- Minoritaire -En l’absence de majorité absolue au Parlement, la nouvelle coalition aura besoin du soutien d’autres partis pour faire voter des lois. Sanae Takaichi avait remporté début octobre la présidence du Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice), au pouvoir quasiment sans interruption depuis 1955 mais qui ne dispose désormais que d’une majorité relative dans les deux chambres, notamment en raison d’un scandale financier.Son allié traditionnel, le parti centriste Komeito, a claqué la porte de leur coalition en place depuis 1999, mal à l’aise avec cette affaire et les opinions conservatrices de Mme Takaichi.Cette dernière a assuré sa nomination en concluant lundi une alliance avec le Parti japonais pour l’innovation (Ishin), une petite formation réformatrice de centre droit.La longévité à son poste de celle qui est devenue le cinquième Premier ministre du Japon en autant d’années dépendra de “la stabilité de cette coalition”, estime Yu Uchiyama, professeur de sciences politiques à l’université de Tokyo.”Un autre facteur déterminant sera sa décision de convoquer ou non” des élections législatives : “si elle le faisait et perdait (des sièges), cela aurait un impact extrêmement négatif sur son image”.- Deux femmes au gouvernement – En accédant aux responsabilités, Sanae Takaichi, 64 ans, “entre dans l’histoire”, a salué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.Mais elle qui avait promis un gouvernement avec un nombre de femmes “à la scandinave”, n’en a finalement nommé que deux, le même nombre que dans celui de M. Ishiba. Il s’agit de l’ultra-conservatrice Satsuki Katayama, qui prend le portefeuille des Finances, et de Kimi Onoda, à la Sécurité économique.Le Japon est classé 118e sur 148 dans le rapport 2025 du Forum économique mondial sur l’écart entre les sexes et la chambre basse du Parlement ne compte que 15% de femmes. Les positions sur l’égalité hommes/femmes de Mme Takaichi la placent à droite d’un PLD déjà conservateur : elle s’oppose ainsi à la révision d’une loi obligeant les couples mariés à porter le même nom de famille et soutient une succession impériale réservée aux hommes. A Nara (ouest), la ville dont elle est originaire, on salue son ascension : “Elle a vraiment gravi les échelons. Elle a travaillé dur pour en arriver là”, a ainsi confié à l’AFP Satoshi Sakamoto, un retraité de 73 ans.Il espère en outre qu’elle “soit capable de dire clairement +non+ quand il le faut” à Donald Trump.”Les prix ont augmenté et c’est difficile”, a de son côté insisté Satoe Tominaga, une habitante de 77 ans de Nara.- Discours sur la Chine tempéré -Sanae Takaichi sera aussi confrontée à la lutte contre le déclin démographique du Japon et à la relance de la quatrième économie mondiale. Pour y parvenir, elle s’est exprimée en faveur de l’augmentation des dépenses publiques, à l’instar de son mentor, l’ancien Premier ministre Shinzo Abe. Concernant la Chine, elle a jugé par le passé que le Japon devait “faire face à la menace sécuritaire” créée par Pékin, tout en appelant à une plus grande coopération en matière de sécurité avec Taïwan.Mme Takaichi a cependant récemment tempéré son discours sur la Chine et s’est prudemment abstenue la semaine dernière de se rendre au sanctuaire Yasukuni, un symbole pour les voisins du Japon du passé militariste nippon.Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré espérer que le Japon ferait “progresser pleinement les relations stratégiques et mutuellement avantageuses” avec la Chine.