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Des ONG dénoncent une législation israélienne les empêchant d’intervenir à Gaza

Une législation israélienne réglementant les ONG étrangères a été de plus en plus utilisée pour refuser leurs demandes d’apporter de l’aide dans la bande de Gaza, selon une lettre signée par plus de cent ONG publiée jeudi.Les relations entre les ONG soutenues par l’étranger et le gouvernement israélien ont longtemps été marquées par des tensions, les autorités accusant souvent ces ONG de partialité. Ces rapports difficiles se sont encore tendus après l’attaque du Hamas contre Israël qui a déclenché la guerre en octobre 2023.”Les autorités israéliennes ont rejeté les demandes de dizaines d’ONG pour apporter des biens de première nécessité (à Gaza), affirmant que ces organisations +ne sont pas autorisées à fournir de l’aide+”, indique la déclaration.Le Cogat, un organisme israélien en charge des Affaires civiles, a rejeté des “allégations mensongères”.”Israël agit pour permettre et faciliter l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, tandis que le Hamas cherche à exploiter cette aide pour renforcer ses capacités militaires et consolider son contrôle sur la population. Cela se fait parfois sous couvert de certaines organisations d’aide internationale, que ce soit sciemment ou non”, assure le Cogat, selon lequel 380 camions sont entrés mercredi dans Gaza par les accès de Kerem Shalom et Zikim.Le directeur du réseau des ONG palestiniennes à Gaza, Amjad Al-Shawa, a au contraire affirmé à l’AFP que “le nombre de camions entrant dans Gaza (chaque jour) est seulement compris entre 70 et 90 au mieux”. Israël “continue d’empêcher les ONG internationales d’y faire rentrer leurs camions”, a-t-il ajouté. – “Millions de dollars” en attente -Selon la lettre, signée notamment d’Oxfam et Médecins Sans Frontières (MSF), au moins 60 demandes d’aide pour le territoire palestinien assiégé ont été rejetées en juillet.Elle cite l’exemple de l’ONG Anera qui “dispose de plus de 7 millions de dollars de fournitures vitales prêtes à entrer à Gaza, y compris 744 tonnes de riz, suffisantes pour six millions de repas, bloquées à Ashdod (Israël) à seulement quelques kilomètres” de Gaza.Idem pour Care et Oxfam, dans l’impossibilité de livrer respectivement pour 1,5 million de dollars et 2,5 millions de dollars de diverses fournitures.Le gouvernement israélien a approuvé en mars un nouvel ensemble de règles encadrant les ONG étrangères qui travaillent avec les Palestiniens.Leur enregistrement peut être refusé si les autorités estiment qu’un groupe nie le caractère démocratique d’Israël ou “promeut des campagnes de délégitimation” contre le pays.”Malheureusement, de nombreuses organisations d’aide servent de couverture pour des activités hostiles et parfois violentes”, a déclaré à l’AFP le ministre de la Diaspora Amichai Chikli, dont le ministère a été chargé de l’enregistrement des ONG.Les organisations “n’ayant aucun lien avec des activités hostiles ou violentes et aucune connexion avec le mouvement de boycott se verront accorder l’autorisation d’opérer”, a-t-il ajouté.- “Sauver des vies” -Les ONG affirment que ces nouvelles règles laissent les Palestiniens à Gaza sans aide.”Notre mandat est de sauver des vies, mais en raison des restrictions liées à l’enregistrement, les civils se retrouvent sans la nourriture, ni les médicaments et la protection dont ils ont un besoin urgent”, a déclaré Jolien Veldwijk, directeur de Care dans les Territoires palestiniens.”Le système d’enregistrement est désormais utilisé pour bloquer davantage l’aide et refuser nourriture et médicaments au milieu du pire scénario possible de famine”, accuse la lettre.Israël accuse le Hamas de détourner l’aide entrant à Gaza, et depuis mai, le gouvernement s’appuie sur la Fondation humanitaire de Gaza (GHF) soutenue par les Etats-Unis pour gérer les centres de distribution alimentaireCes opérations se déroulent souvent dans le plus grand désordre, voire le chaos, et sous les tirs israéliens pour tenter d’y contrôler les foules.Au moins 1.373 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le 27 mai, la plupart par des tirs israéliens, “alors qu’ils cherchaient de la nourriture”, avait rapporté fin juillet l’ONU.Des ONG étrangères et l’ONU ont refusé de coopérer avec la GHF, qu’elles accusent de servir les besoins militaires d’Israël. Surtout, ces ONG redoutent d’être interdites d’activité en Israël et dans les Territoires palestiniens si elles ne transmettent pas au gouvernement israélien des informations sensibles sur leur personnel palestinien. La date limite pour soumettre ces données est fixée à septembre, après quoi “nombre d’entre elles pourraient être contraintes de cesser leurs opérations à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, et de retirer tout leur personnel international sous 60 jours”.

Des ONG dénoncent une législation israélienne les empêchant d’intervenir à Gaza

Une législation israélienne réglementant les ONG étrangères a été de plus en plus utilisée pour refuser leurs demandes d’apporter de l’aide dans la bande de Gaza, selon une lettre signée par plus de cent ONG publiée jeudi.Les relations entre les ONG soutenues par l’étranger et le gouvernement israélien ont longtemps été marquées par des tensions, …

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Pollution plastique: quelques heures pour un impossible traité

Les diplomates de 184 pays n’ont plus que quelques heures jeudi à Genève pour tenter de forger à l’arrachée un texte commun qui établirait un premier traité international de lutte contre la pollution plastique, après le rejet massif d’un projet de texte de synthèse.Une nouvelle séance plénière réunissant tous les délégués est prévue en milieu d’après midi, après l’échec retentissant d’une tentative de synthèse maladroite mercredi après-midi, et des débats d’une grande confusion.Mais les chances de trouver un accord, après trois ans de négociations, semblent très minces, étant donné les profondes divisions qui demeurent entre les deux camps qui se sont affrontés sur le sujet.D’un côté, un groupe de pays majoritaire dit “ambitieux”, dont l’Union européenne, le Canada, l’Australie, beaucoup de pays d’Amerique latine, d’Afrique et d’îles, désireux de nettoyer la planète du plastique qui commence à la gangréner et affecte la santé humaine.De l’autre, un groupe de pays essentiellement pétroliers, qui refusent toute contrainte sur la production de plastique et toute interdiction de molécules ou additifs dangereux.Pour la coalition dite de grande ambition, le texte présenté mercredi était un document vide de toute ambition, sans obligation aucune sur les pays, ni sur leur volume de production de plastique ni sur l’élimination des produits chimiques problématiques. Il s’agissait uniquement d’un accord portant sur la gestion et l’élimination des déchets plastique déjà existants.Pour le camp d’en face, surnommé “ceux qui pensent la même chose”, mené par l’Arabie saoudite et les États du Golfe, le texte dépassait plusieurs de leurs “lignes rouges”, et surtout ne définissait pas de “scope” c’est-à-dire de champs d’action exact pour le texte.La fin des pourparlers est prévue jeudi à minuit et pourrait déborder dans la nuit si les diplomates étaient en mesure de présenter encore un nouveau texte remanié d’ici là.Poussés par une résolution des Nations unies de 2022, cela fait près de trois ans qu’ils tentent de forger un texte “juridiquement contraignant” pour les États qui s’attaque à la pollution plastique, y compris en milieu marin. Mais sous l’œil des représentants des industries pétrochimiques présents dans les couloirs et opposés à toute coercition, ils ont déjà échoué une fois à produire un texte commun lors de la dernière séquence de négociations, à Busan en Corée du Sud fin 2024.- Moins de 10% recyclé -Cette nouvelle séquence diplomatique, entamée à Genève le 5 août, était censée permettre d’aboutir enfin à un texte commun.Le sujet est d’autant plus important que la planète a produit plus de plastique depuis 2000 que durant les 50 ans précédents, en majorité des produits à usage unique et des emballages et la tendance s’accélère: si rien n’est fait, la production actuelle, de quelque 450 millions de tonnes par an, devrait tripler d’ici 2060, selon les prévisions de l’OCDE. Or moins de 10% est recyclé.Jeudi matin, des réunions régionales ont eu lieu, ainsi que des réunions des groupes coalisés.Pour Aleksandar Rankovic du groupe de réflexion The Common Initiative, le texte présenté mercredi a supprimé tous les points favorables aux ambitieux et a ôté de ce fait aux pays leur pouvoir de négociation.”Il reste deux scénarios: il y a le mauvais et le très mauvais, et beaucoup de choses pas très belles entre entre les deux” a-t-il dit à l’AFP.”Le mauvais scenario, c’est si les pays adoptent un mauvais traité, un texte comme celui qui a été présenté mercredi”.”Le très mauvais scénario, c’est s’ils ne sont d’accord sur rien, et s’ils prévoient de se réunir de nouveau pour trouver encore une nouvelle synthèse, ou si le texte reste à l’abandon pendant longtemps et soit pratiquement abandonné”.Pour le WWF, les pays ambitieux “ont désormais reconnu qu’il n’y avait aucun texte possible qui soit acceptable par tous les membres de l’ONU”.Leurs ministres ont désormais la possibilité d’avancer “leur propre texte” a indiqué Zaynab Sadan, cheffe de la délégation plastique de l’ONG environnementale WWF. “Ils doivent se préparer à faire adopter leur texte par vote. Il n’y a aucun autre moyen d’obtenir un traité qui ait du sens” a-t-elle estimé.Le ministre suisse chargé de l’Environnement, Albert Rösti a estimé pour sa part auprès de l’agence ATS qu’une absence de résultats dans les pourparlers de Genève serait “une fin grave” et “inacceptable”.La Suisse, pays hôte des négociations, souhaite désormais un texte recentré sur trois grandes questions: une amélioration de la production, sans objectif de réduction, une diminution ou au moins une surveillance des produits plastiques problématiques et un mécanisme de financement pour les pays en développement doivent figurer dans un accord.

“Tout bloquer” le 10 septembre: sur les réseaux, une mobilisation à plusieurs inconnues

Des appels à “tout bloquer” en France le 10 septembre, venus d’horizons très divers, se multiplient sur les réseaux sociaux, en se cristallisant autour des coupes budgétaires voulues par François Bayrou. Leur possible concrétisation dans la rue reste une inconnue.Les premières références à cette date, dont le choix ne semble pas avoir de justification particulière, remontent à mai, au moins. Mais c’est en juillet, à la faveur des mesures d’économies annoncées par le Premier ministre, qu’elles ont gagné en visibilité.Lancé à l’origine par une chaîne Telegram plutôt confidentielle, décliné sur un site nommé “Les essentiels France”, ce mot d’ordre est relayé par divers groupes de discussion. Avec un canal principal d’organisation, “Indignons-nous”, réunissant plusieurs milliers d’internautes.Sur de nombreux comptes (TikTok, Facebook, X, Telegram), déjà établis ou spécialement créés, les messages de ce mouvement à l’état gazeux peuvent mentionner le RIC (referendum d’initiative citoyenne), réclamer des hausses de salaires et des retraites ou appeler à la “résistance”, au confinement volontaire ou la grève générale. Près de sept ans après le mouvement des Gilets jaunes, qui avait interpellé par son ampleur, “les ingrédients de la colère (sentiment de déclassement du bas de la classe moyenne, fin de mois difficiles pour les catégories populaires et ras-le-bol fiscal généralisé) n’ont pas disparu”, relève le directeur du département Opinion à l’Ifop Jérôme Fourquet dans Le Point.- “Allume-feu” -“Et c’est sur ces braises encore rougeoyantes que le gouvernement a versé un bidon d’essence avec son plan de rigueur (…), l’allume-feu étant, pour filer la métaphore du barbecue, la suppression de deux jours fériés”, selon lui.”Depuis les Gilets jaunes, il apparaît désormais envisageable de construire des mobilisations hors champ politique ou syndical traditionnel, en faisant usage des réseaux sociaux”, observe pour l’AFP l’historien Stéphane Sirot.Ce spécialiste des mouvements sociaux note toutefois que le 10 septembre tombe un mercredi, alors que les Gilets jaunes manifestaient le samedi, jour chômé pour la majorité des salariés.Les actions prévues sont tantôt classiques, de “type grève”, et “moins classiques, comme ne vous servez plus de votre carte bancaire à partir du 10 septembre” ou “n’allez plus faire vos courses dans les supermarchés”, relève M. Sirot.Sur le terrain, fin juillet, quelques dizaines de personnes se sont réunies pour débattre dans des parcs, à Paris ou Strasbourg, selon Franceinfo et Mediapart.Comment ce mouvement peut-il résonner ou pas avec la stratégie des syndicats? Les confédérations ont rendez-vous le 1er septembre pour discuter des actions à mener, après avoir dénoncé notamment le projet de suppression de deux jours fériés.Sans attendre, plusieurs unions départementales et fédérations de la CGT, dont celles de la chimie et du commerce, ont d’ores et déjà prévu de mobiliser le 10 septembre.”Il y a de quoi être en colère, il faut des mobilisations, elles seront nombreuses comme celle du 10 septembre, et il y en aura d’autres”, a déclaré à l’AFP Thomas Vacheron, secrétaire confédéral du syndicat.- “Début de la lutte” -La fédération Mines-Energies de la CGT appelle elle à faire grève à partir du 2 septembre.Contre les mesures budgétaires, Force ouvrière a aussi annoncé un préavis de grève à compter du 1er septembre et une grève est envisagée dans les hôpitaux parisiens.Quelques responsables politiques soutiennent l’appel du 10 septembre, comme les députés Clémentine Autain et Alexis Corbiere, ex-LFI siégeant dans le groupe Ecologiste. Ils sont signataires d’une tribune publiée par la revue Regards appelant à faire de cette date “le début de la lutte” pour “une vie digne et heureuse”.Le leader de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a assuré sur son blog se reconnaître dans les “motifs de cette action”, tout en soulignant l’importance de son “indépendance” comme “condition de son succès”.”On suit, on regarde ce qui se passe sur les réseaux, on est vigilants”, indique à l’AFP le député PS Arthur Delaporte. “Quand on appelle à rejoindre un mouvement, c’est dans le cadre d’une intersyndicale, là ce n’est pas le cas.”Même réserve, à l’extrême-droite, chez la députée RN Edwige Diaz. Son parti “par principe ne s’improvise pas instigateur de manifestations”, a-t-elle souligné sur France Inter, tout en “compren(ant) la détresse de ces Français”. “Je n’ai pas l’impression que ça marche très fort”, confie pour sa part une source gouvernementale à l’AFP. Tout en restant prudente: “On peut se tromper, il y avait beaucoup qui ne ressentaient pas les Gilets jaunes et ils sont arrivés…”pim-cln-caz-bpa-boc/alu/pcl/cbn

Val-de-Marne: quatre corps découverts dans la Seine à Choisy-le-Roi

Quatre corps d’hommes ont été repêchés mercredi dans la Seine à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), a-t-on appris jeudi auprès de la police et des pompiers, sans piste criminelle évoquée à ce stade.Les corps, retrouvés vêtus, sont ceux de quatre hommes majeurs, trois de “type africain” et un de “type nord-africain”, a indiqué une source policière à l’AFP, confirmant des informations du média en ligne Actu17.Les sapeurs-pompiers de Paris sont intervenus aux alentours de 13h30 à proximité de la rue Fauler, non loin du Pont de Choisy qui relie cette ville de banlieue sud parisienne à Créteil, ont-ils indiqué à l’AFP.L’alerte avait été donnée peu avant par un passager voyageant dans le RER C, qui disait avoir aperçu un corps flottant dans la Seine, selon la source policière.Prenant le relais des pompiers, les policiers locaux puis ceux de la brigade fluviale ont découvert les corps dans le fleuve: un immergé, un flottant en bordure de quai, un troisième coincé dans des branchages et un dernier emporté par le courant, détaille cette source.Ils ont vraisemblablement été immergés pendant plusieurs jours avant d’être découverts, selon la police, qui précise que le commissariat de Choisy-le-Roi a été saisi de l’enquête.Sollicité par l’AFP, le parquet de Créteil n’avait pas répondu dans l’immédiat.

Naufrage à Lampedusa: les secours cherchent des migrants disparus

Les secours continuent jeudi de rechercher des migrants portés disparus après le naufrage la veille de deux embarcations au large de la petite île italienne de Lampedusa ayant fait au moins 27 morts. “23 corps ont été récupérés, les survivants sont au nombre de 60” et sont “tous en bonne santé”, a déclaré jeudi un porte-parole de la Croix-Rouge italienne, Marco Ottaviano, interrogé par l’AFP.Des sacs mortuaires en plastique contenant des corps de victimes sont arrivés sur l’île, où des opérations d’identification sont en cours.”Au moins 27 personnes se sont noyées lors d’un tragique naufrage près de Lampedusa. Plus de 700 réfugiés et migrants sont morts en 2025 en Méditerranée centrale”, a déploré sur X le chef du haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi. Un premier bilan établi mercredi avait fait état de 26 morts.La route maritime du centre de la Méditerranée est la plus dangereuse du monde, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).Le porte-parole de l’OIM, Flavio di Giacomo, avait fait état mercredi sur X d'”environ 95 personnes parties de Libye sur deux bateaux”. Ces migrants seraient partis des environs de Tripoli à l’aube, mais après que “l’un a pris l’eau”, les passagers “ont grimpé sur l’autre qui a chaviré sous la surcharge”, a-t-il expliqué.Mercredi vers midi, l’un des petits bateaux à moitié submergé a été repéré par les forces de l’ordre. Un hélicoptère et deux avions ont été dépêchés sur place, ainsi que cinq navires, dont un de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes Frontex.Parmi les rescapés, la Croix Rouge a dénombré 56 hommes et 4 femmes. Les personnes qui tentent de rejoindre l’Italie par Lampedusa, située à seulement 145 km des côtes nord-africaines, font souvent la traversée à bord de bateaux surchargés ou en mauvais état.Le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni a passé des accords avec des pays d’Afrique du Nord, leur apportant des financements et des formations contre une aide pour lutter contre le départ d’embarcations vers l’Italie.D’après le ministère italien de l’Intérieur, 38.263 personnes sont arrivées en Italie cette année par la voie maritime, quasi-stable sur un an mais marquant une forte baisse par rapport à 2023.

Zelensky à Londres, à la veille du sommet Trump-Poutine en Alaska

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été reçu jeudi matin à Londres par le Premier ministre britannique Keir Starmer, nouvelle démonstration du soutien européen à la veille d’un sommet jugé décisif en Alaska entre Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine.M. Starmer a chaleureusement accueilli le dirigeant ukrainien sur le perron de Downing Street avec une embrassade et une poignée de main devant les caméras, avant que les deux hommes entrent dans la résidence.M. Zelensky et ses alliés européens ont accentué la pression diplomatique pour mettre fin à la guerre en Ukraine, chaque camp cherchant à affirmer sa position avant la rencontre d’Anchorage.Pression sur le terrain également: répondant à une forte poussée militaire russe ces derniers jours, l’Ukraine a tiré des dizaines de drones dans la nuit de mercredi à jeudi près de 500 km à l’intérieur du territoire russe, incendiant une raffinerie et faisant trois blessés près de Volgograd (sud), selon des responsables russes.Donald Trump a dit vouloir “tâter le terrain” en Alaska avec Vladimir Poutine. Il a jugé mercredi que deux issues étaient possibles.Si l’entretien se passe bien, il débouchera “presque immédiatement” sur une rencontre à trois entre le président russe, Volodymyr Zelensky et lui-même, pour mettre un terme à la guerre déclenchée en février 2022 par l’invasion russe.Mais si sa première réunion en personne avec le maître du Kremlin depuis 2019 tourne mal, Donald Trump a assuré qu’il n’y aurait pas de “seconde rencontre” pour mettre fin au plus sanglant conflit en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.Piqué à vif par des commentaires de presse présentant la tenue du sommet comme une victoire diplomatique pour Vladimir Poutine, le président américain a assuré que la Russie ferait face à des “conséquences très graves” si elle n’acceptait pas de mettre fin à la guerre, sans toutefois préciser cette menace.MM. Trump et Poutine se rencontreront sur la base militaire d’Elmendorf-Richardson, dont l’importance stratégique a culminé pendant la Guerre froide.Mercredi, dans le centre d’Anchorage, pas de rues bouclées, de quartiers barricadés, ni même de présence policière visible.Rien ne laisse deviner, à première vue, que se prépare un sommet de la plus haute importance.Mais à l’aéroport, les journalistes encombrés de caméras se mêlent aux touristes chargés de cannes à pêche. Les hôtels affichent complets, les loueurs de voiture sont dévalisés.- “Très bon appel” -Jusqu’au bout, chaque partie s’est efforcée de consolider sa position: sur le front pour les Russes, par la voie diplomatique pour Kiev et les Européens.Donald Trump a assuré avoir eu un “très bon appel” mercredi avec le président ukrainien et des dirigeants des pays européens, de l’UE et de l’Otan.M. Zelensky s’était rendu à Berlin pour suivre ces réunions virtuelles, où il a été reçu par le chancelier allemand Friedrich Merz.”Nous espérons que le thème central de la réunion” vendredi sera “un cessez-le-feu immédiat”, avait alors déclaré le dirigeant ukrainien. Keir Starmer, a pour sa part évoqué une chance “réelle” de cessez-le-feu.Vladimir Poutine se rend en Alaska au moment où les forces russes ont gagné beaucoup de terrain en territoire ukrainien.Les troupes russes ont dit avoir conquis plus de 110 km2 supplémentaires au 12 août par rapport à la veille, ce qui n’était plus arrivé depuis fin mai 2024. L’Ukraine a ordonné mercredi l’évacuation de familles dans une dizaine de localités dans l’est du pays.La Russie réclame que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées (Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson), en plus de la Crimée annexée en 2014, et qu’elle renonce aux livraisons d’armes occidentales et à toute adhésion à l’Otan.Pour Kiev, ces exigences sont inacceptables.

Zelensky à Londres, à la veille du sommet Trump-Poutine en Alaska

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été reçu jeudi matin à Londres par le Premier ministre britannique Keir Starmer, nouvelle démonstration du soutien européen à la veille d’un sommet jugé décisif en Alaska entre Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine.M. Starmer a chaleureusement accueilli le dirigeant ukrainien sur le perron de Downing Street avec une embrassade et une poignée de main devant les caméras, avant que les deux hommes entrent dans la résidence.M. Zelensky et ses alliés européens ont accentué la pression diplomatique pour mettre fin à la guerre en Ukraine, chaque camp cherchant à affirmer sa position avant la rencontre d’Anchorage.Pression sur le terrain également: répondant à une forte poussée militaire russe ces derniers jours, l’Ukraine a tiré des dizaines de drones dans la nuit de mercredi à jeudi près de 500 km à l’intérieur du territoire russe, incendiant une raffinerie et faisant trois blessés près de Volgograd (sud), selon des responsables russes.Donald Trump a dit vouloir “tâter le terrain” en Alaska avec Vladimir Poutine. Il a jugé mercredi que deux issues étaient possibles.Si l’entretien se passe bien, il débouchera “presque immédiatement” sur une rencontre à trois entre le président russe, Volodymyr Zelensky et lui-même, pour mettre un terme à la guerre déclenchée en février 2022 par l’invasion russe.Mais si sa première réunion en personne avec le maître du Kremlin depuis 2019 tourne mal, Donald Trump a assuré qu’il n’y aurait pas de “seconde rencontre” pour mettre fin au plus sanglant conflit en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.Piqué à vif par des commentaires de presse présentant la tenue du sommet comme une victoire diplomatique pour Vladimir Poutine, le président américain a assuré que la Russie ferait face à des “conséquences très graves” si elle n’acceptait pas de mettre fin à la guerre, sans toutefois préciser cette menace.MM. Trump et Poutine se rencontreront sur la base militaire d’Elmendorf-Richardson, dont l’importance stratégique a culminé pendant la Guerre froide.Mercredi, dans le centre d’Anchorage, pas de rues bouclées, de quartiers barricadés, ni même de présence policière visible.Rien ne laisse deviner, à première vue, que se prépare un sommet de la plus haute importance.Mais à l’aéroport, les journalistes encombrés de caméras se mêlent aux touristes chargés de cannes à pêche. Les hôtels affichent complets, les loueurs de voiture sont dévalisés.- “Très bon appel” -Jusqu’au bout, chaque partie s’est efforcée de consolider sa position: sur le front pour les Russes, par la voie diplomatique pour Kiev et les Européens.Donald Trump a assuré avoir eu un “très bon appel” mercredi avec le président ukrainien et des dirigeants des pays européens, de l’UE et de l’Otan.M. Zelensky s’était rendu à Berlin pour suivre ces réunions virtuelles, où il a été reçu par le chancelier allemand Friedrich Merz.”Nous espérons que le thème central de la réunion” vendredi sera “un cessez-le-feu immédiat”, avait alors déclaré le dirigeant ukrainien. Keir Starmer, a pour sa part évoqué une chance “réelle” de cessez-le-feu.Vladimir Poutine se rend en Alaska au moment où les forces russes ont gagné beaucoup de terrain en territoire ukrainien.Les troupes russes ont dit avoir conquis plus de 110 km2 supplémentaires au 12 août par rapport à la veille, ce qui n’était plus arrivé depuis fin mai 2024. L’Ukraine a ordonné mercredi l’évacuation de familles dans une dizaine de localités dans l’est du pays.La Russie réclame que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées (Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson), en plus de la Crimée annexée en 2014, et qu’elle renonce aux livraisons d’armes occidentales et à toute adhésion à l’Otan.Pour Kiev, ces exigences sont inacceptables.

En Russie, la lutte désespérée des écologistes pour sauver un parc national

A peine sortie du tribunal qui l’a condamnée à une amende pour “désobéissance à la police”, Irina Kourisseva retourne inspecter les nouvelles destructions dans un parc national près de Moscou, où les autorités veulent construire une autoroute.En Russie, sur fond d’offensive en Ukraine et de répression de toute voix dissidente, la lutte pour la protection de l’environnement est devenue une affaire risquée. “Les autorités sont devenues totalement indifférentes” à cette question et la législation a été “assouplie” en faveur des entreprises “polluantes” et des promoteurs immobiliers, relève un militant écologiste, sous couvert de l’anonymat.Dans la banlieue de Moscou, la construction d’immeubles ne fléchit pas, et des milliers d’habitants qui travaillent dans la capitale passent des heures dans les embouteillages. Pour améliorer le trafic à Koroliov, ville de 200.000 habitants au nord-est de Moscou, les autorités ont décidé de construire une nouvelle autoroute qui passera… en plein milieu du parc national Lossinyï Ostrov, ce qui révolte Irina Kourisseva, 62 ans. Alors, fin juillet, avec cinq autres camarades, elle s’était mise sur le chemin d’un engin qui déchargeait de l’asphalte dans la forêt. Ils ont été arrêtés par la police et condamnés à des amendes, après avoir passé une nuit au poste.”Nous étions interrogés comme si nous étions des criminels et avions tué quelqu’un”, raconte cette habitante de Koroliov.Avec ses 129 km2 de forêts, Lossinyï Ostrov – “l’île des élans” en russe – est un refuge pour quelque 280 espèces d’animaux, dont des cerfs, des élans, des sangliers et des renards, et plus de 160 espèces d’oiseaux, dont certaines en voie de disparition.La loi russe interdit toute construction dans les parcs nationaux. Mais les autorités ont trouvé la parade: elles présentent le projet comme la “réparation” d’une route déjà existante. “C’est une falsification et une escroquerie. Il n’y a jamais eu de route là-bas”, s’insurge Dmitri Trounine, avocat défenseur de l’environnement depuis plus de 25 ans.En fait de route, il s’agit d’un chemin de terre utilisé par les gardes forestiers, qui devient ensuite un sentier entre les arbres.- “La juge souriait” -Irina Kourisseva explique que “de la poudre d’asphalte” a été déchargée sur ce sentier “pour montrer ensuite qu’il y avait déjà une route”.L’autoroute doit être construite d’ici mars 2026, selon le ministère régional de Transports, pour un montant de 497 millions de roubles (5,4 millions d’euros), et servira d’accès à un nouveau complexe immobilier à Koroliov. Au tribunal, “la juge souriait”, se souvient Mikhaïl Rogov, ingénieur âgé de 36 ans. “Elle nous a dit: +Si vous ne voulez pas de problèmes, signez ces papiers, payez les amendes et vous êtes libres+”, raconte-t-il.Cette juge, Maria Loktionova, avait condamné en 2023 un autre militant écologiste, Alexandre Bakhtine, à six ans de prison pour trois publications sur les réseaux sociaux dénonçant l’offensive russe en l’Ukraine.”Nous ne voulons que défendre la nature. Il n’y a pas que nous six qui en ayons besoin”, souligne Irina.Kirill Iankov, membre d’un conseil d’experts du ministère russe des Transports, raconte avoir proposé un projet de route “alternatif” contournant le parc, qui a été rejeté.- “N’y mêlez pas le président” -En juin, un millier de personnes ont fait la queue devant l’administration présidentielle à Moscou pour déposer des plaintes contre le projet, adressées à Vladimir Poutine.Le président russe avait visité Lossinyï Ostrov en 2010; nourrissant un bébé élan au biberon, il avait alors affirmé que la nature était “un cadeau de Dieu” qu’il fallait “protéger”.Changement de discours en 2025: “c’est une question pour les autorités régionales. N’y mêlez pas le président”, a martelé en juillet le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, interrogé à propos de cette route. La protection de la nature “ne doit pas être un frein au développement et au confort de la vie des citadins”, a-t-il ajouté.”Il est de plus en plus difficile de défendre la vérité dans les tribunaux. La +verticale+ du pouvoir réalise ses décisions et les forces de l’ordre et les instances du contrôle lui obéissent”, se désole Dmitri Trounine.En Russie, la qualité de l’environnement s’est dégradée ces dernières années, et de manière accélérée depuis l’offensive en Ukraine lancée en février 2022, ont expliqué des écologistes à l’AFP.Une marée noire a touché la mer Noire en décembre, provoquée par deux pétroliers russes. Écologistes et scientifiques ont accusé les autorités russes d’avoir réagi trop tard et d’avoir causé une catastrophe écologique.

En Russie, la lutte désespérée des écologistes pour sauver un parc national

A peine sortie du tribunal qui l’a condamnée à une amende pour “désobéissance à la police”, Irina Kourisseva retourne inspecter les nouvelles destructions dans un parc national près de Moscou, où les autorités veulent construire une autoroute.En Russie, sur fond d’offensive en Ukraine et de répression de toute voix dissidente, la lutte pour la protection …

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