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Des milliers d’Israéliens dans la rue pour appeler à la libération des otages à Gaza

Des milliers d’Israéliens sont descendus dimanche dans la rue pour réclamer de leur gouvernement un accord de cessez-le-feu à Gaza qui garantirait la libération des otages, des demandes rejetées par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.Blocage de routes dans plusieurs villes du pays, pneus en feu et quelques échauffourées avec les forces de l’ordre déployées en force pour cette mobilisation à l’appel des familles des otages retenus à Gaza depuis près de deux ans.A l’exception d’opérations ponctuelles en divers endroits du pays, l’activité est néanmoins restée relativement normale à Tel-Aviv comme à Jérusalem, a constaté l’AFP.Un immense drapeau israélien, floqué de portraits de personnes kidnappées, a été déployé à Tel-Aviv sur la “place des otages”, devenue emblématique depuis le début de la guerre, déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël.Le gouvernement Netanyahu affirme sa détermination à poursuivre son offensive dans la bande de Gaza pour en finir avec le Hamas et prendre le contrôle sécuritaire de l’ensemble du territoire palestinien assiégé et affamé. Dimanche, 18 Palestiniens y ont encore péri selon la Défense civile locale. – “Chute sans fin” -“Ceux qui appellent aujourd’hui à mettre fin à la guerre sans une défaite du Hamas (…) renforcent la position du Hamas et éloignent la libération de nos otages (…)”, a accusé M. Netanyahu lors de la réunion du gouvernement.Le chef d’état-major, Eyal Zamir, a tenu dimanche une réunion avec des responsables militaires à l’issue de laquelle il a annoncé que l’armée allait “concentrer” ses opérations sur la ville de Gaza, avec pour but affiché de vaincre le Hamas et libérer les otages enlevés durant l’attaque du 7-Octobre.L’annonce de ce plan a suscité l’effroi de familles d’otages qui craignent que l’opération n’entraîne la mort de leurs proches et ont appelé aux manifestations de dimanche.Dimanche, premier jour de la semaine en Israël, la plupart des magasins sont restés ouverts à Jérusalem et à Tel-Aviv, ont constaté des journalistes de l’AFP. Et ce malgré un appel à une grève de solidarité avec les otages lancé par le Forum des familles d’otages, l’opposition et une partie du monde économique et syndical.De petites manifestations et rassemblements ponctuels ont eu lieu dans la matinée en plusieurs points du pays, comme sur l’autoroute reliant Tel-Aviv à Jérusalem, ou encore en périphérie de Jérusalem, où la police a fait brièvement usage d’un canon à eau pour dégager une poignée de manifestants installés dans un tunnel.”Le terrible chaos à Gaza pourrait se prolonger indéfiniment, tout comme les pertes humaines. Nous devons arrêter cette chute sans fin et terrifiante dans l’abîme. Cela doit cesser”, a plaidé Nira Sharabi, épouse de Yossa Sharabi, dont le corps est toujours entre les mains du Hamas à Gaza. Elle participait à un rassemblement à Beeri, un kibboutz près de la frontière de Gaza qui a été l’une des communautés les plus durement touchées lors de l’attaque du 7 octobre.- “Tout le monde est fatigué” -Le point d’orgue des protestations sera en fin d’après-midi à Tel-Aviv, où les manifestants, brandissant portraits des captifs, drapeaux israéliens et bannières jaunes, la couleur symbole des otages, ont commencé à converger sur la “place des otages”.”Nous faisons tous les efforts pour les ramener (…) On peut avoir des désaccords, mais en vérité, tout le peuple d’Israël veut que nos frères et sœurs rentrent à la maison”, a déclaré sur cette place le président israélien Isaac Herzog, qui a appelé “le monde à faire pression sur le Hamas”.”Si nous ne les ramenons pas maintenant, nous les perdrons à jamais”, s’est alarmé le Forum des familles.Beaucoup d’Israéliens exprimaient cependant leur scepticisme sur les objectifs de ce mouvement. “Bien sûr, il est temps de mettre fin à la guerre, tout le monde est fatigué (…). Cela doit se terminer, mais de quelle façon, ce n’est pas entre nos mains, c’est entre les mains du Hamas. Toutes ces manifestations, à quoi servent-elles? Je ne comprends pas”, a commenté à l’AFP Patric Menache, investisseur immobilier.La police a fait état à la mi-journée de 32 manifestants arrêtés.”Bloquer les routes principales en Israël et perturber la vie des citoyens est une récompense pour l’ennemi”, a déploré le ministre de la Culture, Miki Zohar, qui a fustigé les manifestations.”Ce qui affaiblit le plus le Hamas, c’est de voir que nous sommes unis, qu’il y a de la solidarité entre nous”, a réagi le chef de l’opposition Yair Lapid.Sur les 251 otages enlevés le jour de l’attaque du 7-Octobre, 49 restent retenus à Gaza, dont 27 décédés, selon l’armée israélienne.Le Hamas et le Jihad islamique, son allié à Gaza, ont diffusé début août des vidéos montrant deux otages israéliens décharnés et affaiblis, qui ont choqué en Israël.L’attaque du 7-Octobre a entraîné côté israélien la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles.L’offensive de représailles israélienne à Gaza y a fait 61.944, majoritairement des civils, selon les données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l’ONU. Elle a aussi provoqué un désastre humanitaire.  

Incendies en Espagne: le Premier ministre veut un “pacte national face à l’urgence climatique”

Faire fi des “luttes partisanes et des questions idéologiques” et se “concentrer sur les preuves scientifiques”: devant l’ampleur de la dévastation causée par les incendies en Espagne, le Premier ministre Pedro Sánchez a annoncé dimanche “un pacte national face à l’urgence climatique”.Il s’agira d'”atténuer les effets du changement climatique et de s’y adapter”, a-t-il expliqué lors de sa visite du centre de coordination des incendies à Ourense, en Galice (pointe nord-ouest), une des régions les plus touchés par les feux de forêt cet été. Il a promis d’avoir les bases de ce “pacte” en septembre.”Avoir des incendies de cette ampleur, avoir des +Dana+ (nom du phénomène météorologique qui avait donné lieu aux inondations meurtrières qui ont touché la région de Valence fin octobre 2024, NDLR) comme nous en vivons en automne ou en hiver, montre que l’urgence climatique qui touche le monde s’accélère, s’aggrave, surtout dans la péninsule ibérique”.”Les incendies seront éteints, la reconstruction de toutes les zones touchées sera abordée, mais je crois que nous devons également mener une réflexion de fond, une stratégie qui anticipe une meilleure réponse”, assurant vouloir “faire tout ce qui est possible et encore davantage” pour que les victimes des incendies retrouvent “une vie normale”.”Face à l’aggravation et l’accélération des effets du changement climatique dans notre pays”, le dirigeant socialiste a considéré que ce pacte viendrait concerner “toutes les administrations publiques, mais pas seulement. Les groupes parlementaires, l’ensemble de la société civile, la science, les entreprises, les syndicats, en définitive, l’ensemble du pays”.Ce pacte fournirait les “ressources aux agents publics, aux fonctionnaires, non seulement lorsque l’incendie a lieu, mais aussi en amont, afin qu’ils puissent répondre de manière beaucoup plus efficace”.”La réponse aux incendies qui ravagent l’Espagne est là”, a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse.- Incendies politiques -Les incendies ont été au coeur du débat politique de ces derniers jours dans un pays où leur gestion revient en premier lieu aux régions, mais où l’Etat central peut être sollicité et intervenir quand la situation s’aggrave.Les deux principaux partis n’ont cessé de se critiquer, estimant manquer de moyens et d’autres de ne pas les avoir réclamés.Les présidents régionaux de Galice, de Castille-et-León et d’Extrémadure – les trois régions les plus ravagées par le feu – tous du Parti Populaire (PP, conservateur), ont réclamé au gouvernement des renforts supplémentaires, avec l’envoi de plus de militaires.Une centaines de soldats de la Marine ont été appelés à la rescousse pour venir soutenir l’Unité militaire d’urgence dans le nord ouest du pays, a annoncé le ministère de la Défense dans un communiqué.Plus de 70.000 hectares ont brûlé en Espagne ces derniers jours et plus de 157.000 depuis le début de l’année, selon le Système européen d’information sur les incendies de forêt (EFFIS), des chiffres en hausse constante.Selon les derniers chiffres des autorités galiciennes, la région a vu 51.000 hectares partir en fumée.C’est dans cette zone que la Garde civile a secouru dimanche une personne qui tentait avec son tracteur de creuser une tranchée coupe-feu et s’était retrouvée encerclée par les flammes. Sur les images diffusées sur le réseau social X par le ministère de l’Intérieur, qui dit avoir “évité une tragédie”, on aperçoit un bombardier larguer de l’eau sur un engin émergeant à peine de la fumée.Pedro Sánchez doit ensuite se rendre en Castille-et-León, région endeuillée par le décès de deux jeunes volontaires trentenaires morts en tentant d’éteindre les incendies.Plusieurs milliers de personnes restent évacuées là-bas, selon les secours et les autorités de Castille-et-León ont mis en garde dimanche contre les “niveaux élevés de particules” dans l’air, “conséquence directe des émissions causées par les nombreux incendies”.L’agence météorologique Aemet a fait état de “températures extraordinairement élevées” et d’un “danger d’incendie extrême dans la majeure partie du pays”.Sur X, l’agence a posté des images satellites montrant la “fumée des incendies du nord-ouest de la Péninsule et la poussière en suspension provenant du désert (…) laissant une couleur blanchâtre dans le ciel”.

Incendies en Espagne: le Premier ministre veut un “pacte national face à l’urgence climatique”

Faire fi des “luttes partisanes et des questions idéologiques” et se “concentrer sur les preuves scientifiques”: devant l’ampleur de la dévastation causée par les incendies en Espagne, le Premier ministre Pedro Sánchez a annoncé dimanche “un pacte national face à l’urgence climatique”.Il s’agira d'”atténuer les effets du changement climatique et de s’y adapter”, a-t-il expliqué lors de sa visite du centre de coordination des incendies à Ourense, en Galice (pointe nord-ouest), une des régions les plus touchés par les feux de forêt cet été. Il a promis d’avoir les bases de ce “pacte” en septembre.”Avoir des incendies de cette ampleur, avoir des +Dana+ (nom du phénomène météorologique qui avait donné lieu aux inondations meurtrières qui ont touché la région de Valence fin octobre 2024, NDLR) comme nous en vivons en automne ou en hiver, montre que l’urgence climatique qui touche le monde s’accélère, s’aggrave, surtout dans la péninsule ibérique”.”Les incendies seront éteints, la reconstruction de toutes les zones touchées sera abordée, mais je crois que nous devons également mener une réflexion de fond, une stratégie qui anticipe une meilleure réponse”, assurant vouloir “faire tout ce qui est possible et encore davantage” pour que les victimes des incendies retrouvent “une vie normale”.”Face à l’aggravation et l’accélération des effets du changement climatique dans notre pays”, le dirigeant socialiste a considéré que ce pacte viendrait concerner “toutes les administrations publiques, mais pas seulement. Les groupes parlementaires, l’ensemble de la société civile, la science, les entreprises, les syndicats, en définitive, l’ensemble du pays”.Ce pacte fournirait les “ressources aux agents publics, aux fonctionnaires, non seulement lorsque l’incendie a lieu, mais aussi en amont, afin qu’ils puissent répondre de manière beaucoup plus efficace”.”La réponse aux incendies qui ravagent l’Espagne est là”, a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse.- Incendies politiques -Les incendies ont été au coeur du débat politique de ces derniers jours dans un pays où leur gestion revient en premier lieu aux régions, mais où l’Etat central peut être sollicité et intervenir quand la situation s’aggrave.Les deux principaux partis n’ont cessé de se critiquer, estimant manquer de moyens et d’autres de ne pas les avoir réclamés.Les présidents régionaux de Galice, de Castille-et-León et d’Extrémadure – les trois régions les plus ravagées par le feu – tous du Parti Populaire (PP, conservateur), ont réclamé au gouvernement des renforts supplémentaires, avec l’envoi de plus de militaires.Une centaines de soldats de la Marine ont été appelés à la rescousse pour venir soutenir l’Unité militaire d’urgence dans le nord ouest du pays, a annoncé le ministère de la Défense dans un communiqué.Plus de 70.000 hectares ont brûlé en Espagne ces derniers jours et plus de 157.000 depuis le début de l’année, selon le Système européen d’information sur les incendies de forêt (EFFIS), des chiffres en hausse constante.Selon les derniers chiffres des autorités galiciennes, la région a vu 51.000 hectares partir en fumée.C’est dans cette zone que la Garde civile a secouru dimanche une personne qui tentait avec son tracteur de creuser une tranchée coupe-feu et s’était retrouvée encerclée par les flammes. Sur les images diffusées sur le réseau social X par le ministère de l’Intérieur, qui dit avoir “évité une tragédie”, on aperçoit un bombardier larguer de l’eau sur un engin émergeant à peine de la fumée.Pedro Sánchez doit ensuite se rendre en Castille-et-León, région endeuillée par le décès de deux jeunes volontaires trentenaires morts en tentant d’éteindre les incendies.Plusieurs milliers de personnes restent évacuées là-bas, selon les secours et les autorités de Castille-et-León ont mis en garde dimanche contre les “niveaux élevés de particules” dans l’air, “conséquence directe des émissions causées par les nombreux incendies”.L’agence météorologique Aemet a fait état de “températures extraordinairement élevées” et d’un “danger d’incendie extrême dans la majeure partie du pays”.Sur X, l’agence a posté des images satellites montrant la “fumée des incendies du nord-ouest de la Péninsule et la poussière en suspension provenant du désert (…) laissant une couleur blanchâtre dans le ciel”.

Incendies en Espagne: le Premier ministre veut un “pacte national face à l’urgence climatique”

Faire fi des “luttes partisanes et des questions idéologiques” et se “concentrer sur les preuves scientifiques”: devant l’ampleur de la dévastation causée par les incendies en Espagne, le Premier ministre Pedro Sánchez a annoncé dimanche “un pacte national face à l’urgence climatique”.Il s’agira d’”atténuer les effets du changement climatique et de s’y adapter”, a-t-il expliqué …

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Ukraine: les dirigeants européens aux côtés de Zelensky lundi à la Maison Blanche

Tous à Washington: après le sommet Trump-Poutine en Alaska qui n’a débouché sur aucune annonce, les dirigeants européens font bloc autour du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qu’ils accompagneront lundi à la Maison Blanche.Cette décision a été annoncée dimanche peu avant une visioconférence de la “coalition des volontaires”, qui rassemble les soutiens de Kiev, visant à examiner ce que pourraient être les contours d’un éventuel accord de paix entre l’Ukraine et la Russie.La rencontre de Washington sera une première depuis le début de l’invasion russe, en février 2022. Le président français, Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, le président finlandais, Alexander Stubb, et le chef de l’Otan, Mark Rutte, ont confirmé leur présence.”Je suis très heureuse de pouvoir vous accompagner demain”, a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui sera également présente dans la capitale fédérale américaine, lors d’un point de presse à Bruxelles avec Volodymyr Zelensky.Le dirigeant ukrainien, qui s’est réjoui de cette “unité” européenne, a souligné qu’il ne savait “pas exactement” de quoi MM. Poutine et Trump avaient parlé en Alaska.”Ce que le président Trump nous a dit à propos des garanties de sécurité est bien plus important, pour moi, que les réflexions de Poutine”, a-t-il ajouté juste avant le début d’une réunion en visioconférence de la “coalition des volontaires” alliés de Kiev, qui regroupe la plupart des grands pays européens, l’UE, l’Otan, et des pays non-européens comme le Canada.La question des garanties de sécurité devrait occuper une place centrale dans cette réunion. “Nous saluons la volonté du président Trump de fournir des garanties de sécurité à l’Ukraine, similaires à l’article 5”, a souligné Ursula von der Leyen.- Pas de cessez-le-feu en vue -Ces initiatives diplomatiques interviennent après un sommet à Anchorage (nord-ouest des Etats-Unis) entre le président américain, Donald Trump, et son homologue russe, Vladimir Poutine, n’ayant débouché, comme un temps espéré par le républicain américain, sur un accord de cessez-le-feu.Le président Zelensky et ses alliés européens étaient en faveur d’un cessez-le-feu préalable mais Donald Trump a dit préféré accord global, tout en restant très évasif sur son contenu.En rentrant d’Alaska, il a évoqué une garantie de sécurité pour Kiev similaire à celle de l’article 5 de l’Otan, en dehors toutefois du cadre de l’Alliance atlantique, considérée par Moscou comme une menace existentielle à ses frontières.D’après la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, il s’agirait de définir “une clause de sécurité collective qui permettrait à l’Ukraine d’obtenir le soutien de tous ses partenaires, y compris des Etats-Unis, prêts à agir dans le cas où elle serait à nouveau attaquée”.Le président américain soutient aussi une proposition de la Russie renforçant sa présence dans l’est de l’Ukraine, a indiqué à l’AFP un responsable au courant d’échanges téléphoniques samedi entre Donald Trump et des dirigeants européens.Selon cette source anonyme, le président russe “demande dans les faits que l’Ukraine quitte le Donbass” et cède donc totalement ce territoire rassemblant les régions de Donetsk et Lougansk dans l’est de l’Ukraine. Il propose par ailleurs un gel du front dans les régions de Kherson et Zaporijjia (sud).Quelques mois après avoir lancé son invasion de l’Ukraine, la Russie avait proclamé en septembre 2022 l’annexion de ces quatre régions ukrainiennes, même si ses troupes n’en contrôlent toujours aucune en totalité.M. Zelensky a jusqu’ici rejeté toute concession territoriale, disant avoir les mains liées par la Constitution ukrainienne.Samedi, il s’est dit “reconnaissant de l’invitation” à la Maison Blanche, tout en prévenant que le refus d’un cessez-le-feu par Moscou “compliqu(ait) la situation”.- Sommet tripartite? -Donald Trump a aussi laissé entrevoir un sommet tripartite avec MM. Poutine et Zelensky si “tout marche bien” lorsqu’il recevra le président ukrainien, six mois après l’avoir humilié avec son vice-président, JD Vance, dans le Bureau ovale, une scène télévisée qui avait stupéfié le monde.Une telle rencontre doit avoir lieu “aussi rapidement que possible”, a martelé Ursula von der Leyen dimanche.Mais le président ukrainien a fait part de son pessimisme: “A ce stade, il n’y a aucune indication de la part de la Russie que le sommet tripartite aura lieu”.Après trois ans et demi du conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, l’armée russe occupe environ 20% du territoire ukrainien, notamment la quasi-totalité de la région de Lougansk et une grande partie de la région de Donetsk, où sa progression s’est accélérée récemment.Ce n’est pas le cas des régions de Zaporijjia et Kherson, dont les principaux centres urbains sont toujours sous contrôle ukrainien.Sur le terrain, les hostilités continuent. Kiev et Moscou se sont mutuellement attaqués avec des drones dans la nuit de samedi à dimanche, faisant plusieurs morts.

Ukraine: les dirigeants européens aux côtés de Zelensky lundi à la Maison Blanche

Tous à Washington: après le sommet Trump-Poutine en Alaska qui n’a débouché sur aucune annonce, les dirigeants européens font bloc autour du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qu’ils accompagneront lundi à la Maison Blanche.Cette décision a été annoncée dimanche peu avant une visioconférence de la “coalition des volontaires”, qui rassemble les soutiens de Kiev, visant à examiner ce que pourraient être les contours d’un éventuel accord de paix entre l’Ukraine et la Russie.La rencontre de Washington sera une première depuis le début de l’invasion russe, en février 2022. Le président français, Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, le président finlandais, Alexander Stubb, et le chef de l’Otan, Mark Rutte, ont confirmé leur présence.”Je suis très heureuse de pouvoir vous accompagner demain”, a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui sera également présente dans la capitale fédérale américaine, lors d’un point de presse à Bruxelles avec Volodymyr Zelensky.Le dirigeant ukrainien, qui s’est réjoui de cette “unité” européenne, a souligné qu’il ne savait “pas exactement” de quoi MM. Poutine et Trump avaient parlé en Alaska.”Ce que le président Trump nous a dit à propos des garanties de sécurité est bien plus important, pour moi, que les réflexions de Poutine”, a-t-il ajouté juste avant le début d’une réunion en visioconférence de la “coalition des volontaires” alliés de Kiev, qui regroupe la plupart des grands pays européens, l’UE, l’Otan, et des pays non-européens comme le Canada.La question des garanties de sécurité devrait occuper une place centrale dans cette réunion. “Nous saluons la volonté du président Trump de fournir des garanties de sécurité à l’Ukraine, similaires à l’article 5”, a souligné Ursula von der Leyen.- Pas de cessez-le-feu en vue -Ces initiatives diplomatiques interviennent après un sommet à Anchorage (nord-ouest des Etats-Unis) entre le président américain, Donald Trump, et son homologue russe, Vladimir Poutine, n’ayant débouché, comme un temps espéré par le républicain américain, sur un accord de cessez-le-feu.Le président Zelensky et ses alliés européens étaient en faveur d’un cessez-le-feu préalable mais Donald Trump a dit préféré accord global, tout en restant très évasif sur son contenu.En rentrant d’Alaska, il a évoqué une garantie de sécurité pour Kiev similaire à celle de l’article 5 de l’Otan, en dehors toutefois du cadre de l’Alliance atlantique, considérée par Moscou comme une menace existentielle à ses frontières.D’après la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, il s’agirait de définir “une clause de sécurité collective qui permettrait à l’Ukraine d’obtenir le soutien de tous ses partenaires, y compris des Etats-Unis, prêts à agir dans le cas où elle serait à nouveau attaquée”.Le président américain soutient aussi une proposition de la Russie renforçant sa présence dans l’est de l’Ukraine, a indiqué à l’AFP un responsable au courant d’échanges téléphoniques samedi entre Donald Trump et des dirigeants européens.Selon cette source anonyme, le président russe “demande dans les faits que l’Ukraine quitte le Donbass” et cède donc totalement ce territoire rassemblant les régions de Donetsk et Lougansk dans l’est de l’Ukraine. Il propose par ailleurs un gel du front dans les régions de Kherson et Zaporijjia (sud).Quelques mois après avoir lancé son invasion de l’Ukraine, la Russie avait proclamé en septembre 2022 l’annexion de ces quatre régions ukrainiennes, même si ses troupes n’en contrôlent toujours aucune en totalité.M. Zelensky a jusqu’ici rejeté toute concession territoriale, disant avoir les mains liées par la Constitution ukrainienne.Samedi, il s’est dit “reconnaissant de l’invitation” à la Maison Blanche, tout en prévenant que le refus d’un cessez-le-feu par Moscou “compliqu(ait) la situation”.- Sommet tripartite? -Donald Trump a aussi laissé entrevoir un sommet tripartite avec MM. Poutine et Zelensky si “tout marche bien” lorsqu’il recevra le président ukrainien, six mois après l’avoir humilié avec son vice-président, JD Vance, dans le Bureau ovale, une scène télévisée qui avait stupéfié le monde.Une telle rencontre doit avoir lieu “aussi rapidement que possible”, a martelé Ursula von der Leyen dimanche.Mais le président ukrainien a fait part de son pessimisme: “A ce stade, il n’y a aucune indication de la part de la Russie que le sommet tripartite aura lieu”.Après trois ans et demi du conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, l’armée russe occupe environ 20% du territoire ukrainien, notamment la quasi-totalité de la région de Lougansk et une grande partie de la région de Donetsk, où sa progression s’est accélérée récemment.Ce n’est pas le cas des régions de Zaporijjia et Kherson, dont les principaux centres urbains sont toujours sous contrôle ukrainien.Sur le terrain, les hostilités continuent. Kiev et Moscou se sont mutuellement attaqués avec des drones dans la nuit de samedi à dimanche, faisant plusieurs morts.

Air Canada: intervention du gouvernement et reprise des vols annoncée

Air Canada a annoncé la reprise progressive de ses vols dimanche, après l’intervention du gouvernement pour mettre fin à la grève de 10.000 hôtesses et stewards déclenchée la veille et qui paralyse les activités de la plus grande compagnie aérienne du pays.   Le Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) “a ordonné à Air Canada de reprendre ses activités et à tous les agents de bord d’Air Canada et d’Air Canada Rouge (filiale à bas coûts d’Air Canada, ndlr) de reprendre leurs fonctions avant 14H00 EDT (18H00 GMT) le 17 août 2025”, a indiqué Air Canada dans un communiqué. La compagnie aérienne prévoit une reprise progressive de ses vols à partir de dimanche soir. Il faudra toutefois plusieurs jours avant que son activité ne revienne à la normale, certains vols étant encore susceptibles d’être annulés au cours des sept à dix prochains jours, a-t-elle averti.Tôt samedi matin, hôtesses et stewards d’Air Canada ont débrayé en raison d’un conflit salarial.Quelques heures plus tard, la ministre canadienne de la Politique du travail, Patty Hajdu, a invoqué une disposition légale pour forcer les deux parties à recourir à un arbitrage indépendant, via le CCRI. La ministre estimait que la grève ne ferait qu’alourdir le “fardeau financier” des Canadiens.La décision du CCRI “met fin à la grève chez Air Canada, qui a entraîné la suspension de plus de 700 vols”, a poursuivi le transporteur montréalais.Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les grévistes, avait averti que ses adhérents demeureraient en grève jusqu’à ce que le gouvernement les oblige à reprendre le travail.Outre des augmentations de salaires, les revendications du syndicat concernent du travail au sol non rémunéré selon lui, notamment lors des embarquements.- “Conflit d’intérêt” -Le SCFP avait demandé aux passagers ayant des billets Air Canada ou Air Canada Rouge de ne pas se rendre à leur aéroport.Le syndicat n’a pas réagi dans l’immédiat à l’annonce de la décision du CCRI. Mais il avait auparavant dénoncé l’intervention du gouvernement canadien, qui selon lui “récompense le refus d’Air Canada de négocier équitablement en leur donnant exactement ce qu’ils voulaient”.”Cela crée un terrible précédent”, avait-il estimé.Le syndicat a alors également affirmé que la présidente du CCRI, Maryse Tremblay, avait auparavant travaillé comme conseillère juridique pour Air Canada. Et il a dénoncé sur Facebook “une manifestation de conflit d’intérêts presque impensable”.Avant même le début officiel de la grève, la compagnie aérienne avait progressivement réduit ses opérations.Vendredi soir, elle avait annoncé avoir déjà annulé 623 vols au cours des derniers jours, touchant plus de 100.000 passagers.L’entreprise avait par ailleurs détaillé jeudi une offre de compromis prévoyant de porter le salaire annuel moyen d’un agent de bord senior à 87.000 dollars canadiens (54.000 euros) d’ici 2027, mais le SCFP avait jugé les propositions insuffisantes au regard notamment de l’inflation.Air Canada affiche 130.000 passagers par jour et 180 villes desservies par des vols directs dans le monde.Ce n’est pas la première fois que le gouvernement canadien intervient dans un conflit social. En novembre 2024, il avait ainsi ordonné la reprise immédiate des opérations dans plusieurs ports canadiens, puis en août de la même année le retour au travail des cheminots.L’économie canadienne, bien que montrant des signes de résilience, commence à éprouver les effets de la guerre commerciale engagée par le président américain Donald Trump, avec des droits de douane affectant des secteurs cruciaux pour le pays comme l’automobile, l’aluminium et l’acier.Dans ce contexte, le Conseil des affaires canadien, qui regroupe des dirigeants de plus d’une centaine de grandes entreprises, a jugé que la grève était susceptible de causer “un préjudice immédiat et considérable à tous les Canadiens”.

Air Canada: intervention du gouvernement et reprise des vols annoncée

Air Canada a annoncé la reprise progressive de ses vols dimanche, après l’intervention du gouvernement pour mettre fin à la grève de 10.000 hôtesses et stewards déclenchée la veille et qui paralyse les activités de la plus grande compagnie aérienne du pays.   Le Conseil canadien des relations industrielles (CCRI) “a ordonné à Air Canada de reprendre ses activités et à tous les agents de bord d’Air Canada et d’Air Canada Rouge (filiale à bas coûts d’Air Canada, ndlr) de reprendre leurs fonctions avant 14H00 EDT (18H00 GMT) le 17 août 2025”, a indiqué Air Canada dans un communiqué. La compagnie aérienne prévoit une reprise progressive de ses vols à partir de dimanche soir. Il faudra toutefois plusieurs jours avant que son activité ne revienne à la normale, certains vols étant encore susceptibles d’être annulés au cours des sept à dix prochains jours, a-t-elle averti.Tôt samedi matin, hôtesses et stewards d’Air Canada ont débrayé en raison d’un conflit salarial.Quelques heures plus tard, la ministre canadienne de la Politique du travail, Patty Hajdu, a invoqué une disposition légale pour forcer les deux parties à recourir à un arbitrage indépendant, via le CCRI. La ministre estimait que la grève ne ferait qu’alourdir le “fardeau financier” des Canadiens.La décision du CCRI “met fin à la grève chez Air Canada, qui a entraîné la suspension de plus de 700 vols”, a poursuivi le transporteur montréalais.Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente les grévistes, avait averti que ses adhérents demeureraient en grève jusqu’à ce que le gouvernement les oblige à reprendre le travail.Outre des augmentations de salaires, les revendications du syndicat concernent du travail au sol non rémunéré selon lui, notamment lors des embarquements.- “Conflit d’intérêt” -Le SCFP avait demandé aux passagers ayant des billets Air Canada ou Air Canada Rouge de ne pas se rendre à leur aéroport.Le syndicat n’a pas réagi dans l’immédiat à l’annonce de la décision du CCRI. Mais il avait auparavant dénoncé l’intervention du gouvernement canadien, qui selon lui “récompense le refus d’Air Canada de négocier équitablement en leur donnant exactement ce qu’ils voulaient”.”Cela crée un terrible précédent”, avait-il estimé.Le syndicat a alors également affirmé que la présidente du CCRI, Maryse Tremblay, avait auparavant travaillé comme conseillère juridique pour Air Canada. Et il a dénoncé sur Facebook “une manifestation de conflit d’intérêts presque impensable”.Avant même le début officiel de la grève, la compagnie aérienne avait progressivement réduit ses opérations.Vendredi soir, elle avait annoncé avoir déjà annulé 623 vols au cours des derniers jours, touchant plus de 100.000 passagers.L’entreprise avait par ailleurs détaillé jeudi une offre de compromis prévoyant de porter le salaire annuel moyen d’un agent de bord senior à 87.000 dollars canadiens (54.000 euros) d’ici 2027, mais le SCFP avait jugé les propositions insuffisantes au regard notamment de l’inflation.Air Canada affiche 130.000 passagers par jour et 180 villes desservies par des vols directs dans le monde.Ce n’est pas la première fois que le gouvernement canadien intervient dans un conflit social. En novembre 2024, il avait ainsi ordonné la reprise immédiate des opérations dans plusieurs ports canadiens, puis en août de la même année le retour au travail des cheminots.L’économie canadienne, bien que montrant des signes de résilience, commence à éprouver les effets de la guerre commerciale engagée par le président américain Donald Trump, avec des droits de douane affectant des secteurs cruciaux pour le pays comme l’automobile, l’aluminium et l’acier.Dans ce contexte, le Conseil des affaires canadien, qui regroupe des dirigeants de plus d’une centaine de grandes entreprises, a jugé que la grève était susceptible de causer “un préjudice immédiat et considérable à tous les Canadiens”.

Présidentielle en Bolivie, un scrutin décisif après vingt ans de socialisme

Plongés dans une grave crise économique, les Boliviens élisent dimanche leur prochain président lors d’un scrutin où la droite semble en position de clore le cycle initié il y a vingt ans par l’ancien président socialiste Evo Morales.Quelque huit millions d’électeurs ont commencé à voter à 08H00 locales (12H00 GMT). Le pays se rend aux urnes lassé du manque de dollars et de carburant, conséquence d’une économie en crise, et les yeux rivés sur les prix. L’inflation annuelle frôle 25%, un record en 17 ans. Tenu pour responsable de la débâcle, le président sortant Luis Arce, autrefois soutenu par Evo Morales mais désormais en conflit avec lui, a renoncé à briguer un second mandat. Andronico Rodriguez, le président du Sénat également issu de la gauche, et le candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS) au pouvoir depuis 2006, Eduardo del Castillo, restent largement distancés dans les enquêtes.”Les gens se sont rendu compte que ces vingt dernières années n’ont servi à rien”, lâche Miguel Angel Miranda, un étudiant de La Paz de 21 ans. “Le modèle socialiste n’a pas fonctionné”, estime-t-il.Dans ce contexte, deux candidats de droite, parmi les huit en lice, se disputent la première place: le millionnaire de centre-droit Samuel Doria Medina, 66 ans, et l’ancien président de droite Jorge “Tuto” Quiroga, 65 ans. Les derniers sondages créditent le premier de 21% et le second de 20%, contre 5,5% pour Andronico Rodriguez et 1,5% pour Eduardo del Castillo. Ces pourcentages sont calculés sur la base de la totalité du corps électoral et non des seuls suffrages exprimés.  Sauf surprise, les deux favoris devraient se retrouver lors d’un second tour le 19 octobre pour un duel inédit à droite. Tous deux promettent de rompre avec le modèle étatiste instauré par Evo Morales, figure marquante de la gauche latino-américaine. Sous sa présidence (2006-2019), la pauvreté a reculé et le PIB triplé, mais la chute des revenus gaziers depuis 2017 a plongé le pays dans la crise.”Nous allons tout changer, absolument tout. Ce sont vingt ans de gaspillage”, a lancé “Tuto” Quiroga, un ingénieur qui avait assuré un intérim à la tête du pays pendant un an (2001-2002).- “austérité” -“Ce sera un gouvernement d’austérité, la fête sera finie”, a promis Doria Medina, un influent homme d’affaires de La Paz, considéré comme plus modéré.La gauche pourrait connaître son pire revers électoral depuis l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales. L’ancien chef d’Etat amérindien de 65 ans espérait briguer un quatrième mandat présidentiel, mais la justice, en les limitant à deux, l’a écarté de la course. Visé par un mandat d’arrêt dans une affaire de traite de mineure qu’il conteste, l’ancien syndicaliste des planteurs de coca vit désormais retranché dans son fief du centre du pays.Malgré son éviction, le premier chef d’Etat bolivien d’origine indigène garde de solides appuis dans certains bastions ruraux et autochtones, et menace de mobiliser ses partisans si la droite l’emporte.”Nous n’allons pas légitimer cette élection truquée”, a-t-il déclaré à l’AFP. Ses soutiens appellent au vote nul.Le conflit entre Evo Morales et son ancien ministre Luis Arce a fracturé le MAS et accentué la crise. Le leader indigène a encouragé les blocages de routes qui ont paralysé plusieurs régions, accusant son ancien dauphin de mauvaise gestion et de manipulation des institutions pour l’écarter du scrutin. Pour Daniel Valverde, politologue à l’université Gabriel René Moreno, “le pire ennemi de la gauche a été la gauche elle-même”. “La corruption, la mauvaise gestion, le manque de décisions et l’improvisation ont fini par fatiguer la population”, juge-t-il.”Les choses vont mal, il n’y a pas d’essence, pas de diesel, pas de gaz”, déplore Saturnina Sahuira, une vendeuse ambulante de 47 ans de La Paz. Accompagnée de ses cinq enfants, cette femme aymara longtemps fidèle au parti au pouvoir illustre le désenchantement d’une population pourtant bénéficiaire des politiques sociales depuis vingt ans.”Ce que les gens recherchent aujourd’hui, c’est un retour à la stabilité”, note Daniela Osorio Michel, chercheuse à l’Institut allemand d’études mondiales et régionales.Outre le président et le vice-président, les près de huit millions d’électeurs du pays doivent aussi renouveler le parlement bicaméral.

Présidentielle en Bolivie, un scrutin décisif après vingt ans de socialisme

Plongés dans une grave crise économique, les Boliviens élisent dimanche leur prochain président lors d’un scrutin où la droite semble en position de clore le cycle initié il y a vingt ans par l’ancien président socialiste Evo Morales.Quelque huit millions d’électeurs ont commencé à voter à 08H00 locales (12H00 GMT). Le pays se rend aux urnes lassé du manque de dollars et de carburant, conséquence d’une économie en crise, et les yeux rivés sur les prix. L’inflation annuelle frôle 25%, un record en 17 ans. Tenu pour responsable de la débâcle, le président sortant Luis Arce, autrefois soutenu par Evo Morales mais désormais en conflit avec lui, a renoncé à briguer un second mandat. Andronico Rodriguez, le président du Sénat également issu de la gauche, et le candidat du Mouvement vers le socialisme (MAS) au pouvoir depuis 2006, Eduardo del Castillo, restent largement distancés dans les enquêtes.”Les gens se sont rendu compte que ces vingt dernières années n’ont servi à rien”, lâche Miguel Angel Miranda, un étudiant de La Paz de 21 ans. “Le modèle socialiste n’a pas fonctionné”, estime-t-il.Dans ce contexte, deux candidats de droite, parmi les huit en lice, se disputent la première place: le millionnaire de centre-droit Samuel Doria Medina, 66 ans, et l’ancien président de droite Jorge “Tuto” Quiroga, 65 ans. Les derniers sondages créditent le premier de 21% et le second de 20%, contre 5,5% pour Andronico Rodriguez et 1,5% pour Eduardo del Castillo. Ces pourcentages sont calculés sur la base de la totalité du corps électoral et non des seuls suffrages exprimés.  Sauf surprise, les deux favoris devraient se retrouver lors d’un second tour le 19 octobre pour un duel inédit à droite. Tous deux promettent de rompre avec le modèle étatiste instauré par Evo Morales, figure marquante de la gauche latino-américaine. Sous sa présidence (2006-2019), la pauvreté a reculé et le PIB triplé, mais la chute des revenus gaziers depuis 2017 a plongé le pays dans la crise.”Nous allons tout changer, absolument tout. Ce sont vingt ans de gaspillage”, a lancé “Tuto” Quiroga, un ingénieur qui avait assuré un intérim à la tête du pays pendant un an (2001-2002).- “austérité” -“Ce sera un gouvernement d’austérité, la fête sera finie”, a promis Doria Medina, un influent homme d’affaires de La Paz, considéré comme plus modéré.La gauche pourrait connaître son pire revers électoral depuis l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales. L’ancien chef d’Etat amérindien de 65 ans espérait briguer un quatrième mandat présidentiel, mais la justice, en les limitant à deux, l’a écarté de la course. Visé par un mandat d’arrêt dans une affaire de traite de mineure qu’il conteste, l’ancien syndicaliste des planteurs de coca vit désormais retranché dans son fief du centre du pays.Malgré son éviction, le premier chef d’Etat bolivien d’origine indigène garde de solides appuis dans certains bastions ruraux et autochtones, et menace de mobiliser ses partisans si la droite l’emporte.”Nous n’allons pas légitimer cette élection truquée”, a-t-il déclaré à l’AFP. Ses soutiens appellent au vote nul.Le conflit entre Evo Morales et son ancien ministre Luis Arce a fracturé le MAS et accentué la crise. Le leader indigène a encouragé les blocages de routes qui ont paralysé plusieurs régions, accusant son ancien dauphin de mauvaise gestion et de manipulation des institutions pour l’écarter du scrutin. Pour Daniel Valverde, politologue à l’université Gabriel René Moreno, “le pire ennemi de la gauche a été la gauche elle-même”. “La corruption, la mauvaise gestion, le manque de décisions et l’improvisation ont fini par fatiguer la population”, juge-t-il.”Les choses vont mal, il n’y a pas d’essence, pas de diesel, pas de gaz”, déplore Saturnina Sahuira, une vendeuse ambulante de 47 ans de La Paz. Accompagnée de ses cinq enfants, cette femme aymara longtemps fidèle au parti au pouvoir illustre le désenchantement d’une population pourtant bénéficiaire des politiques sociales depuis vingt ans.”Ce que les gens recherchent aujourd’hui, c’est un retour à la stabilité”, note Daniela Osorio Michel, chercheuse à l’Institut allemand d’études mondiales et régionales.Outre le président et le vice-président, les près de huit millions d’électeurs du pays doivent aussi renouveler le parlement bicaméral.