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Trump, Zelensky et la diplomatie du golf

En visite à Washington, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a offert à son homologue américain Donald Trump un club de golf appartenant à un vétéran de la guerre, a indiqué mardi la présidence ukrainienne.”Le président ukrainien a offert au président des États-Unis un club de golf donné par le sergent des forces armées ukrainiennes Kostiantyne Kartavtsev”, explique un communiqué sur le site de la présidence urkainienne.L’officier ukrainien a perdu une jambe au cours des premiers mois de l’invasion russe, précise le communiqué, et a utilisé le golf comme un moyen de rééducation.M. Zelensky a offert ce club à M. Trump en marge d’une rencontre conjointe avec des dirigeants européens venus à Washington soutenir l’Ukraine pour avancer sur un accord de paix après trois ans d’invasion russe.Selon la présidence, Donald Trump a accepté le cadeau, remerciant le vétéran ukrainien, et a remis à M. Zelensky “les clefs symboliques de la Maison Blanche”.Cette rencontre à l’atmosphère cordiale contrastait avec celle de février, quand le président Trump et le vice-président JD Vance avaient cherché à humilier publiquement le dirigeant ukrainien.Dans une vidéo publiée mardi par l’association United by Golf Club, dont fait parti Kostiantyne Kartavtsev, Donald Trump s’est adressé à l’ancien combattant, le remerciant pour son cadeau, un “putter”, club qui permet de faire des coups relativement courts et à faible vitesse, pour terminer un parcours. “Il est magnifique. Il a été fabriqué avec beaucoup d’amour et c’est vous qui me l’avez offert avec beaucoup d’amour”, dit le président américain, assis derrière son bureau du Bureau ovale, le club dans les mains.”Je l’utiliserai à chaque fois que je rentrerai un putt. Je penserai à vous”, a-t-il assuré.”Votre pays est un grand pays. Nous essayons de le ramener, de l’aider. Et votre président travaille très, très dur pour qu’il en soit ainsi”, a ajouté M. Trump.Sous la vidéo, l’association a écrit que le club de golf était gravé de l’inscription : “Let’s putt peace together!”, jeu de mots en anglais entre le fait de mettre une balle dans un trou et “faire la paix ensemble”.Kostiantyne Kartavtsev fait toujours partie de l’armée ukrainienne, selon l’association.Le golf est le sport favori du président américain, connu pour passer un temps considérable sur ses greens personnels.”La diplomatie du golf” est même devenue l’une de ses marques de fabrique : il n’hésite pas à accueillir ses homologues dans ses opulents complexes, aux États-Unis ou ailleurs.En juillet, c’est dans son club de Turnberry, en Écosse, que le dirigeant américain a conclu, avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, un accord commercial sur les exportations européennes, avant de s’entretenir le lendemain avec le Premier ministre britannique Keir Starmer sur le même lieu.

Enquête après la mort en direct d’un streamer, vedette de vidéos de sévices

La justice a ouvert une enquête après le décès en direct d’un homme, star depuis des mois de vidéos diffusées en direct le montrant se faire frapper ou humilier, des contenus dénoncés comme une “horreur absolue” par le gouvernement.Raphaël Graven, 46 ans, connu en ligne sous les pseudos Jean Pormanove ou JP, est décédé lundi à Contes, localité au nord de Nice, “lors d’un live streaming”, a indiqué mardi le parquet de Nice, confirmant une information de Nice-Matin.Clara Chappaz, ministre déléguée chargée du Numérique, a dénoncé sur le réseau X “une horreur absolue” et indiqué avoir “saisi l’Arcom et effectué un signalement sur Pharos”, le service de lutte contre la violence en ligne.JP était suivi par des centaines de milliers d’abonnés pour ses vidéos le montrant subissant violences et autres humiliations, notamment de deux partenaires connus sous les pseudos de Narutovie et Safine. Ces vidéos étaient diffusées sur différents sites, notamment Kick, plateforme australienne, grande concurrente du leader mondial du live streaming Twitch et aux règles de modération plus relâchées.L’enquête a été ouverte pour “recherche des causes de la mort”. Les investigations ont été confiées à la police judiciaire de Nice, déjà saisie depuis décembre 2024 d’une enquête sur ces vidéos, après leur mise en lumière dans un article de Mediapart. Une vidéo diffusée en live lundi sur Kick, et largement partagée depuis, montre, selon des internautes, JP dans les moments juste avant son décès ou la découverte de celui-ci. Il est allongé inanimé sous une couette dans un lit, avec deux autres hommes, dont l’un, apparemment Narutovie, jette une petite bouteille d’eau en plastique dans sa direction.Narutovie a d’ailleurs annoncé lundi dans un post Instagram le décès de “JP (…) mon frère, mon acolyte, mon partenaire”, demandant de “ne pas partager la vidéo de son dernier souffle”.”Mon client n’a aucune responsabilité dans ce décès” et “se tient à la disposition” des enquêteurs, a indiqué à l’AFP son avocat, Yassin Sadouni. Il a annoncé dans un communiqué son intention de déposer plainte suite à une “campagne de cyberharcèlement” dont son client ferait l’objet suite à cette affaire. – “Versements d’argent” -L’enquête ouverte en janvier visait notamment des faits de “violences volontaires en réunion sur personnes vulnérables (…) et diffusion d’enregistrement d’images relatives à la commission d’infractions d’atteintes volontaires à l’intégrité de la personne”. Deux hommes nés en 1998 et 2002, tout comme “Narutovie” et “Safine” selon des documents d’enregistrement de sociétés à leurs véritables identités, avaient été placés en garde à vue début janvier et du matériel de tournage saisi. Mais “tant les personnes susceptibles d’être mises en cause que celles d’être victimes contestaient la commission d’infractions”, avait à l’époque souligné le parquet.Sur certaines vidéos, encore visibles sur divers réseaux, on peut voir “JP” se faire tirer dessus sans porter de protection avec des projectiles de paintball, être frappé par ses partenaires lors de séances de “gaming”, ou se retrouver systématiquement dans le rôle de souffre-douleur en privé ou en public, tout en semblant consentir à ce rôle.La ministre chargée du numérique a indiqué avoir “contacté les responsables de la plateforme pour obtenir des explications. La responsabilité des plateformes en ligne sur la diffusion de contenus illicites n’est pas une option : c’est la loi”, a-t-elle souligné.L’Arcom a indiqué à l’AFP que si Kick ne disposait pas d’un représentant légal dans l’UE, comme c’est apparemment le cas, l’autorité pourrait d’elle-même « mettre en œuvre les obligations auxquelles la plateforme est tenue » par la règlementation européenne.”Nous sommes profondément attristés par la perte de Jean Pormanove”, a indiqué par mail à l’AFP un porte-parole de Kick. “Nous examinons de toute urgence les circonstances et collaborons avec les parties prenantes concernées (…). Les règles de la communauté Kick visent à protéger les créateurs, et nous sommes déterminés à les faire respecter sur l’ensemble de notre plateforme”.Créée en 2022, Kick offre une politique de rémunération bien plus avantageuse que ses concurrents. Les “streamers” peuvent ainsi engranger de fortes sommes grâce à leurs abonnés payants et à des dons des internautes versés lors d’un direct dont ils aiment le contenu. Sur la vidéo qui montrerait les derniers instants de Raphaël Graven, un compteur de temps indique plus de 298 heures et un compteur d’argent la somme de 36.411 euros.

En Suède, première journée réussie pour le déplacement de l’église de Kiruna

La magnifique église en bois rouge de Kiruna, dans le nord de la Suède, a commencé mardi sa migration vers son nouvel emplacement, étape symbolique du déménagement de la ville pour permettre l’expansion d’une mine de fer. Chargée sur un convoi spécial – des poutres et deux rangées de remorques, Kiruna Kyrka, église luthérienne inaugurée en 1912 et considérée comme l’un des plus beaux bâtiments de Suède, s’est déplacée très lentement – entre 500 mètres et 1 km/h jusqu’à 15h50 (13h50 GMT), plus d’une heure avant l’heure prévue, malgré une courte pause déjeuner et des vérifications techniques fréquentes à l’intérieur de l’église.Le transport doit reprendre mercredi matin vers 06h00 GMT.L’un des aspects les plus délicats de ce trajet méticuleusement chorégraphié a été le départ, ont indiqué les responsables. Le convoi de 1.200 tonnes devait effectuer un virage et descendre une légère pente pour atteindre la route principale qu’il devait emprunter. En préparation, le sol autour de l’église avait été creusé, permettant de placer de grosses poutres jaunes en dessous afin que le bâtiment puisse être soulevé sur les remorques. Tout au long du trajet mardi, des travailleurs en gilets jaunes et casques s’affairaient autour de la structure, prenant des mesures et effectuant des tests pour s’assurer que tout se passait comme prévu.”Espérons que demain sera à nouveau une promenade de santé”, a dit à l’AFP le directeur-général de LKAB, Jan Moström, admettant avoir été “un peu inquiet à ce sujet”.Ce voyage, qui a été béni par l’évêque Åsa Nyström et la prêtre Lena Tjärnberg, curé de Kiruna, doit s’achever mercredi dans l’après-midi, en présence du roi de Suède Carl XVI Gustaf.Tout le centre-ville de Kiruna est en cours de relocalisation en raison de l’exploitation d’un immense gisement de minerai de fer par le groupe LKAB.- “Événement unique” -A mesure que les activités minières se sont étendues, l’objectif étant de creuser toujours plus profond – la compagnie extrait aujourd’hui à 1.365 mètres de profondeur – la stabilité du sol sous Kiruna s’est affaiblie, augmentant le risque d’effondrement dans certaines zones.Le chantier de déménagement a débuté il y a près de vingt ans, et devrait se poursuivre au moins jusqu’en 2035.Le nouveau centre-ville lui a été inauguré en septembre 2022.Le déplacement de l’église, entièrement financé par LKAB, devrait coûter 500 millions de couronnes (44,8 millions d’euros). Il a attiré plusieurs milliers de curieux.”Le plus important, c’est de suivre l’église. C’est comme une marche de pèlerin”, a estimé Heliana Lilia, une touriste suédoise de 73 ans.Large de 40 mètres et pesant 672 tonnes, l’imposant édifice, conçu par l’architecte suédois Gustaf Wickman, mêle différentes influences architecturales. Des motifs d’inspiration sami, peuple autochtone de la région, ornent les bancs. Sa silhouette singulière se distingue par un extérieur néogothique rouge, où les toits aux pentes prononcées descendent jusqu’au sol, de larges fenêtres disposées de part et d’autre. L’intérieur, sombre, comporte des éléments de style romantique national, ainsi qu’un retable Art nouveau peint par le prince Eugène de Suède (1865-1947), représentant un paysage aux couleurs pastel, inspiré par ses voyages en Toscane et dans le sud-ouest de la Suède. Parmi les vingt-trois monuments culturels déjà déplacés, l’église de Kiruna sera le plus imposant, explique LKAB qui qualifie le déplacement “d’événement unique dans l’histoire mondiale”.Ce joyau architectural “a été minutieusement étudié dans la perspective de son déplacement afin que les valeurs culturelles soient préservées de la meilleure façon possible, notamment en veillant à ce que le retable et l’orgue soient déplacés avec soin”, assure l’industriel.”Pour ce qui est de l’église, nous avons décidé qu’il valait mieux la déplacer en une seule pièce,” a expliqué à l’AFP Stefan Holmblad Johansson, chef de projet chez l’industriel, qui affirme avoir entrepris le projet avec “une grande révérence”.”Ce n’est pas un bâtiment ordinaire, c’est une église”, a-t-il insisté. Le clocher, qui se tient séparément à côté de l’église, sera déplacé la semaine prochaine.

En Suède, première journée réussie pour le déplacement de l’église de Kiruna

La magnifique église en bois rouge de Kiruna, dans le nord de la Suède, a commencé mardi sa migration vers son nouvel emplacement, étape symbolique du déménagement de la ville pour permettre l’expansion d’une mine de fer. Chargée sur un convoi spécial – des poutres et deux rangées de remorques, Kiruna Kyrka, église luthérienne inaugurée en …

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En Suède, première journée réussie pour le déplacement de l’église de Kiruna

La magnifique église en bois rouge de Kiruna, dans le nord de la Suède, a commencé mardi sa migration vers son nouvel emplacement, étape symbolique du déménagement de la ville pour permettre l’expansion d’une mine de fer. Chargée sur un convoi spécial – des poutres et deux rangées de remorques, Kiruna Kyrka, église luthérienne inaugurée en 1912 et considérée comme l’un des plus beaux bâtiments de Suède, s’est déplacée très lentement – entre 500 mètres et 1 km/h jusqu’à 15h50 (13h50 GMT), plus d’une heure avant l’heure prévue, malgré une courte pause déjeuner et des vérifications techniques fréquentes à l’intérieur de l’église.Le transport doit reprendre mercredi matin vers 06h00 GMT.L’un des aspects les plus délicats de ce trajet méticuleusement chorégraphié a été le départ, ont indiqué les responsables. Le convoi de 1.200 tonnes devait effectuer un virage et descendre une légère pente pour atteindre la route principale qu’il devait emprunter. En préparation, le sol autour de l’église avait été creusé, permettant de placer de grosses poutres jaunes en dessous afin que le bâtiment puisse être soulevé sur les remorques. Tout au long du trajet mardi, des travailleurs en gilets jaunes et casques s’affairaient autour de la structure, prenant des mesures et effectuant des tests pour s’assurer que tout se passait comme prévu.”Espérons que demain sera à nouveau une promenade de santé”, a dit à l’AFP le directeur-général de LKAB, Jan Moström, admettant avoir été “un peu inquiet à ce sujet”.Ce voyage, qui a été béni par l’évêque Åsa Nyström et la prêtre Lena Tjärnberg, curé de Kiruna, doit s’achever mercredi dans l’après-midi, en présence du roi de Suède Carl XVI Gustaf.Tout le centre-ville de Kiruna est en cours de relocalisation en raison de l’exploitation d’un immense gisement de minerai de fer par le groupe LKAB.- “Événement unique” -A mesure que les activités minières se sont étendues, l’objectif étant de creuser toujours plus profond – la compagnie extrait aujourd’hui à 1.365 mètres de profondeur – la stabilité du sol sous Kiruna s’est affaiblie, augmentant le risque d’effondrement dans certaines zones.Le chantier de déménagement a débuté il y a près de vingt ans, et devrait se poursuivre au moins jusqu’en 2035.Le nouveau centre-ville lui a été inauguré en septembre 2022.Le déplacement de l’église, entièrement financé par LKAB, devrait coûter 500 millions de couronnes (44,8 millions d’euros). Il a attiré plusieurs milliers de curieux.”Le plus important, c’est de suivre l’église. C’est comme une marche de pèlerin”, a estimé Heliana Lilia, une touriste suédoise de 73 ans.Large de 40 mètres et pesant 672 tonnes, l’imposant édifice, conçu par l’architecte suédois Gustaf Wickman, mêle différentes influences architecturales. Des motifs d’inspiration sami, peuple autochtone de la région, ornent les bancs. Sa silhouette singulière se distingue par un extérieur néogothique rouge, où les toits aux pentes prononcées descendent jusqu’au sol, de larges fenêtres disposées de part et d’autre. L’intérieur, sombre, comporte des éléments de style romantique national, ainsi qu’un retable Art nouveau peint par le prince Eugène de Suède (1865-1947), représentant un paysage aux couleurs pastel, inspiré par ses voyages en Toscane et dans le sud-ouest de la Suède. Parmi les vingt-trois monuments culturels déjà déplacés, l’église de Kiruna sera le plus imposant, explique LKAB qui qualifie le déplacement “d’événement unique dans l’histoire mondiale”.Ce joyau architectural “a été minutieusement étudié dans la perspective de son déplacement afin que les valeurs culturelles soient préservées de la meilleure façon possible, notamment en veillant à ce que le retable et l’orgue soient déplacés avec soin”, assure l’industriel.”Pour ce qui est de l’église, nous avons décidé qu’il valait mieux la déplacer en une seule pièce,” a expliqué à l’AFP Stefan Holmblad Johansson, chef de projet chez l’industriel, qui affirme avoir entrepris le projet avec “une grande révérence”.”Ce n’est pas un bâtiment ordinaire, c’est une église”, a-t-il insisté. Le clocher, qui se tient séparément à côté de l’église, sera déplacé la semaine prochaine.

50 ans après Aléria, le nationalisme corse amène l’autonomie au Parlement

Cinquante ans après les événements d’Aléria, acte de naissance sanglant du nationalisme corse moderne, les autonomistes ont obtenu que le Parlement étudie à l’automne un projet de loi constitutionnel visant à octroyer à l’île une “autonomie dans la République”.Le 21 août 1975, une vingtaine d’autonomistes armés occupent la cave viticole d’un rapatrié d’Algérie dans ce village de Haute-Corse pour dénoncer un scandale financier lié aux vins insulaires.L’action, emmenée par le docteur Edmond Simeoni, père de l’actuel homme fort de l’île Gilles Simeoni, se solde par la mort de deux gendarmes tués le lendemain pendant l’assaut lancé par 1.500 gendarmes mobiles et CRS.Edmond Simeoni se rend. Il sera condamné à cinq ans de prison.”A Aléria, on a demandé de façon illégale, avec des armes, que cesse en Corse de prospérer le terreau de l’absence de démocratie, des fraudes, des corruptions, du népotisme, de la prévarication”, expliquait en janvier 2018 dans une interview à l’AFP Edmond Simeoni, considéré comme le père du nationalisme corse moderne.Le Premier ministre d’alors, Jacques Chirac, douche toute velléité autonomiste, assurant que “la régionalisation est une espèce de romantisme qui peut conduire aux pires excès dans un pays où les particularismes restent grands”.Les mois suivants, des commandos multiplient les actions violentes contre des caves et des policiers, jusqu’à la création le 5 mai 1976 du Front de libération nationale de la Corse (FLNC) qui revendiquera plus de 4.500 attentats en près de 40 ans d’existence clandestine.”Avec Aléria, l’Etat a voulu traiter par la force un problème qui pouvait se traiter par les voies normales du droit, en me mettant en prison. Résultat des courses, un an après est né le FLNC et il a duré 40 ans, l’Etat prenant prétexte du FLNC pour ne pas avancer sur la voie de l’autonomie”, déclarait à l’AFP M. Simeoni, décédé en décembre 2018.Politiquement, l’île obtient en 1982 un statut particulier avec la création de l’Assemblée de Corse. En 1991, la collectivité territoriale de Corse nait.Après l’assassinat du préfet Erignac à Ajaccio en 1998 puis les incendies crapuleux de paillotes du préfet Bonnet en 1999, le Premier ministre (1997-2002) Lionel Jospin mène “les accords de Matignon” octroyant en janvier 2002 un nouveau statut à l’île avec notamment une adaptation des règlements, l’enseignement de la langue corse dans le primaire et certains avantages fiscaux.- “Dans la République” -Avancées toujours insuffisantes pour les nationalistes dont l’essor électoral grandit à mesure que la violence baisse.Avec le dépôt des armes du FLNC en 2014, les autonomistes multiplient les victoires politiques en 2015, 2017 puis 2021 et dirigent la collectivité.Forts de ces succès, ils négocient difficilement avec Paris pour obtenir l’inscription de la spécificité de la Corse dans la Constitution, la co-officialité de la langue corse, la création d’un statut de résident, le rapprochement des prisonniers corses, et plus généralement une autonomie accrue.Dès juillet 2018, un projet de loi constitutionnelle prévoit un nouveau statut particulier mais il est retardé par la crise des “gilets jaunes” puis abandonné avec la pandémie du Covid-19.En mars 2022 l’agression mortelle en prison du militant indépendantiste Yvan Colonna, condamné pour l’assassinat du préfet Erignac, déclenche des semaines de violences sur l’île.Missionné par Emmanuel Macron pour ramener le calme, l’alors ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin propose des discussions pouvant aller jusqu’à l'”autonomie”, moyennant deux “principes intangibles”: “la Corse dans la République et le refus de créer deux catégories de citoyens”.S’ouvre alors le processus dit de Beauvau visant à octroyer à l’île “une autonomie dans la République”. Le projet de loi constitutionnelle qui en découle, validé en juillet par le gouvernement sans intégrer l’avis critique du conseil d’Etat, doit être étudié en octobre par le Sénat, dominé par une droite réticente. L’actuel ministre de l’Intérieur et patron de LR Bruno Retailleau a d’ailleurs exprimé son “désaccord” avec le texte en conseil des ministres.”L’enjeu fondamental de la saisie du Parlement, c’est de savoir si oui ou non la France” souhaite “clore” 50 ans de “conflit politique”, a assuré fin juillet Gilles Simeoni, prédisant, en cas d’échec, “peut-être des décennies d’incertitudes et de multiples dangers”.Pour être adoptée, la réforme devra être votée dans les mêmes termes par l’Assemblée nationale et le Sénat, puis, lors de leur réunion en Congrès, à la majorité des trois cinquièmes.

Ukraine: la Russie prévient que tout accord devra garantir sa “sécurité”

La Russie a prévenu mardi que tout potentiel accord de paix devrait garantir sa “sécurité” et celles des habitants russophones en Ukraine, prétexte déjà brandi pour lancer son invasion en 2022, avant une réunion en visioconférence des alliés de Kiev pour évoquer la protection de leur partenaire.Le président américain, Donald Trump, qui veut trouver une issue à la guerre au plus vite, a rencontré vendredi son homologue russe, Vladimir Poutine, puis lundi le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, accompagné par des dirigeants européens à la Maison Blanche.La perspective d’une paix en Ukraine reste néanmoins incertaine, et les désaccords sont nombreux.Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a affirmé dans une interview à la télévision russe qu’un accord devrait impérativement “respecter les intérêts de sécurité de la Russie” ainsi “les droits des Russes et des russophones qui vivent en Ukraine”.Ces arguments avaient été utilisés par la Russie pour justifier son invasion de février 2022. Vladimir Poutine avait alors expliqué avoir pour but de “démilitariser” et “dénazifier” l’Ukraine, mais aussi de protéger l’est russophone d’un “génocide”, une accusation infondée.La “coalition des volontaires”, une trentaine de pays essentiellement européens soutenant l’Ukraine, se réunit elle mardi pour parler également de garanties de sécurité, mais pour Kiev.L’Ukraine considère que, même si une issue est trouvée à cette guerre, la Russie tentera encore de l’envahir.Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé la tenue de consultations vers 12H00 (10H00 GMT) des “30 pays qui travaillent sur des garanties de sécurité, pour les tenir au courant de ce qui a été décidé” à l’issue du sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska vendredi.Londres a confirmé que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, coprésiderait la visioconférence avec M. Macron.Donald Trump a assuré lundi, sans entrer dans les détails, que les Etats-Unis “seraient impliqués” dans la sécurité future de l’Ukraine, promettant une “très bonne protection”.- Rencontre Poutine-Zelensky -Donald Trump doit commencer les préparatifs d’une rencontre entre MM. Zelensky et Poutine.Le président russe a finalement accepté le principe de cette rencontre, qui devrait se tenir dans les deux semaines, lors d’un entretien téléphonique lundi avec son homologue américain.M. Zelensky a confirmé y être prêt lui aussi.Les éventuelles concessions territoriales exigées par la Russie à l’Ukraine pour mettre fin au conflit sont “une question que nous laisserons entre moi et Poutine”, a-t-il ajouté.Donald Trump a précisé sur son réseau Truth Social que celle-ci serait suivie d’une réunion tripartite avec lui-même.Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a néanmoins affirmé mardi qu’une telle réunion devrait être préparée “très minutieusement”.M. Macron a lui estimé qu’elle devrait avoir lieu en Europe, par exemple en Suisse.Dans un autre entretien à la chaîne américaine NBC News, M. Macron n’a pas caché qu’il ne partageait pas l’optimisme de Donald Trump sur la possibilité d’arriver à un accord de paix en Ukraine et a mis en garde contre toute “naïveté”.Vladimir Poutine est “un prédateur, un ogre à nos portes” qui “a besoin de continuer de manger (pour) sa propre survie”, a-t-il dit, “c’est une menace pour les Européens”.- Concessions territoriales -Dans l’est de l’Ukraine, qui concentre le pire des combats, les habitants avouaient avoir eux aussi peu d’espoir.Vladimir Poutine “a violé tous les accords qu’il a signés, donc on ne peut pas lui faire confiance”, a déclaré à l’AFP le soldat Vitaly, 45 ans.Et si l’Ukraine cède des territoires pour avoir la paix, la Russie attaquera de nouveau “dans six mois ou un an”, a-t-il ajouté.A Moscou, le ton était plus enthousiaste.”Je suis certaine que le conflit se terminera”, a assuré Roman, musicien de 39 ans.Une autre habitante, Ksenia, qui n’a pas voulu donner son nom de famille, a elle affirmé que la Russie devait conserver les terres conquises en Ukraine.”Des gens ont versé leur sang pour cette terre, donc elle est à nous”, a-t-elle dit.Moscou exige que l’Ukraine cède des parties de son territoire et refuse toute garantie de sécurité passant par l’Otan et son mécanisme de défense collective, l’article 5.Le chancelier allemand, Friedrich Merz, également présent lundi à la Maison Blanche, a de son côté estimé que l’Ukraine ne devrait pas être contrainte de faire des concessions territoriales dans le cadre d’un éventuel accord de paix.Pékin a dit mardi “soutenir tous les efforts” vers la paix, prônant “le dialogue et la négociation”, comme “seule voie viable pour résoudre la crise ukrainienne”.

Ukraine: la Russie prévient que tout accord devra garantir sa “sécurité”

La Russie a prévenu mardi que tout potentiel accord de paix devrait garantir sa “sécurité” et celles des habitants russophones en Ukraine, prétexte déjà brandi pour lancer son invasion en 2022, avant une réunion en visioconférence des alliés de Kiev pour évoquer la protection de leur partenaire.Le président américain, Donald Trump, qui veut trouver une issue à la guerre au plus vite, a rencontré vendredi son homologue russe, Vladimir Poutine, puis lundi le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, accompagné par des dirigeants européens à la Maison Blanche.La perspective d’une paix en Ukraine reste néanmoins incertaine, et les désaccords sont nombreux.Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a affirmé dans une interview à la télévision russe qu’un accord devrait impérativement “respecter les intérêts de sécurité de la Russie” ainsi “les droits des Russes et des russophones qui vivent en Ukraine”.Ces arguments avaient été utilisés par la Russie pour justifier son invasion de février 2022. Vladimir Poutine avait alors expliqué avoir pour but de “démilitariser” et “dénazifier” l’Ukraine, mais aussi de protéger l’est russophone d’un “génocide”, une accusation infondée.La “coalition des volontaires”, une trentaine de pays essentiellement européens soutenant l’Ukraine, se réunit elle mardi pour parler également de garanties de sécurité, mais pour Kiev.L’Ukraine considère que, même si une issue est trouvée à cette guerre, la Russie tentera encore de l’envahir.Le président français, Emmanuel Macron, a annoncé la tenue de consultations vers 12H00 (10H00 GMT) des “30 pays qui travaillent sur des garanties de sécurité, pour les tenir au courant de ce qui a été décidé” à l’issue du sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska vendredi.Londres a confirmé que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, coprésiderait la visioconférence avec M. Macron.Donald Trump a assuré lundi, sans entrer dans les détails, que les Etats-Unis “seraient impliqués” dans la sécurité future de l’Ukraine, promettant une “très bonne protection”.- Rencontre Poutine-Zelensky -Donald Trump doit commencer les préparatifs d’une rencontre entre MM. Zelensky et Poutine.Le président russe a finalement accepté le principe de cette rencontre, qui devrait se tenir dans les deux semaines, lors d’un entretien téléphonique lundi avec son homologue américain.M. Zelensky a confirmé y être prêt lui aussi.Les éventuelles concessions territoriales exigées par la Russie à l’Ukraine pour mettre fin au conflit sont “une question que nous laisserons entre moi et Poutine”, a-t-il ajouté.Donald Trump a précisé sur son réseau Truth Social que celle-ci serait suivie d’une réunion tripartite avec lui-même.Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a néanmoins affirmé mardi qu’une telle réunion devrait être préparée “très minutieusement”.M. Macron a lui estimé qu’elle devrait avoir lieu en Europe, par exemple en Suisse.Dans un autre entretien à la chaîne américaine NBC News, M. Macron n’a pas caché qu’il ne partageait pas l’optimisme de Donald Trump sur la possibilité d’arriver à un accord de paix en Ukraine et a mis en garde contre toute “naïveté”.Vladimir Poutine est “un prédateur, un ogre à nos portes” qui “a besoin de continuer de manger (pour) sa propre survie”, a-t-il dit, “c’est une menace pour les Européens”.- Concessions territoriales -Dans l’est de l’Ukraine, qui concentre le pire des combats, les habitants avouaient avoir eux aussi peu d’espoir.Vladimir Poutine “a violé tous les accords qu’il a signés, donc on ne peut pas lui faire confiance”, a déclaré à l’AFP le soldat Vitaly, 45 ans.Et si l’Ukraine cède des territoires pour avoir la paix, la Russie attaquera de nouveau “dans six mois ou un an”, a-t-il ajouté.A Moscou, le ton était plus enthousiaste.”Je suis certaine que le conflit se terminera”, a assuré Roman, musicien de 39 ans.Une autre habitante, Ksenia, qui n’a pas voulu donner son nom de famille, a elle affirmé que la Russie devait conserver les terres conquises en Ukraine.”Des gens ont versé leur sang pour cette terre, donc elle est à nous”, a-t-elle dit.Moscou exige que l’Ukraine cède des parties de son territoire et refuse toute garantie de sécurité passant par l’Otan et son mécanisme de défense collective, l’article 5.Le chancelier allemand, Friedrich Merz, également présent lundi à la Maison Blanche, a de son côté estimé que l’Ukraine ne devrait pas être contrainte de faire des concessions territoriales dans le cadre d’un éventuel accord de paix.Pékin a dit mardi “soutenir tous les efforts” vers la paix, prônant “le dialogue et la négociation”, comme “seule voie viable pour résoudre la crise ukrainienne”.

À l’entrée de Gaza, des centaines de camions humanitaires bloqués et une aide au compte-gouttes

Au poste-frontière de Rafah, à l’entrée côté égyptien de la bande de Gaza, des centaines de camions humanitaires attendent depuis des jours l’autorisation d’Israël pour livrer des vivres dans le territoire palestinien affamé. Mais seuls quelques-uns franchissent chaque jour la frontière, au gré des décisions israéliennes, selon des chauffeurs et humanitaires. “Tout dépend de leur bon …

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À l’entrée de Gaza, des centaines de camions humanitaires bloqués et une aide au compte-gouttes

Au poste-frontière de Rafah, à l’entrée côté égyptien de la bande de Gaza, des centaines de camions humanitaires attendent depuis des jours l’autorisation d’Israël pour livrer des vivres dans le territoire palestinien affamé. Mais seuls quelques-uns franchissent chaque jour la frontière, au gré des décisions israéliennes, selon des chauffeurs et humanitaires. “Tout dépend de leur bon vouloir”, affirme Mahmoud El-Sheikh, un camionneur égyptien bloqué depuis 13 jours avec une cargaison de farine. “Hier, 300 camions ont été renvoyés. Seuls 35 ont pu passer”, détaille-t-il.Chaque nuit, jusqu’à 150 camions s’alignent côté égyptien. Au matin, “ les Israéliens inspectent ceux qu’ils veulent et renvoient les autres ”, explique Hussein Gomaa, un collègue. En général, expliquent les chauffeurs, les poids-lourds sont dirigés, une fois franchi le poste, vers le passage israélien Kerem Shalom, à quelques kilomètres. Là, les conducteurs doivent descendre de leur véhicule le temps de l’inspection avant de connaître le sort de leur cargaison.- L’aide humanitaire filtrée -Après presque deux années de guerre, l’ONU alerte sur la menace d’une “famine généralisée” à Gaza, combinée à une pénurie d’eau et de soins médicaux. Malgré l’urgence, les ONG dénoncent une lenteur intenable: Israël continue de bloquer l’entrée de secours vitaux, d’abris et de pièces pour les infrastructures hydrauliques, selon plusieurs responsables onusiens, routiers et volontaires du Croissant-Rouge égyptien interrogés par l’AFP.Les cargaisons sont souvent rejetées au motif qu’elles sont à “double usage” — susceptibles d’être détournées à des fins militaires. “Certains matériaux sont refusés simplement parce qu’ils sont métalliques”, déplore Amande Bazerolle, responsable des urgences à Gaza pour Médecins Sans Frontières (MSF).Selon des volontaires, d’autres motifs frisent parfois l’absurde: “une palette mal alignée, un film plastique mal enroulé…”, rapporte l’un d’entre eux, du Croissant-Rouge.A cause d’une palette en plastique et non en bois, une camion transportant des brancards de soins intensifs est ainsi resté bloqué, malgré les alertes de l’ONU sur leur pénurie à Gaza.”Vous pouvez avoir un numéro d’approbation” qui a été “validé par toutes les parties”, explique Amal Emam, responsable du Croissant-Rouge égyptien, “y compris du COGAT” – organe du ministère de la Défense israélien gérant les affaires civiles dans les Territoires palestiniens occupés. “Et une fois à la frontière, tout est refusé.”Dans les entrepôts où l’aide s’entasse depuis des mois, les stocks sont principalement composés de produits secs — lentilles, pois chiches, haricots, riz, pâtes. Plusieurs denrées affichent déjà des dates de péremption dépassées.La liste des produits interdits “s’étend sur des pages entières”, décrit Olga Cherevko, porte-parole du Bureau de coordination humanitaire de l’ONU (OCHA).- “Une famine organisée” -Alors que l’entrée de médicaments basiques, comme des anti-inflammatoires, peut prendre une semaine, les traitements sensibles, comme l’insuline, doivent être transportés dans des véhicules non adaptés, Israël refusant régulièrement les conteneurs réfrigérés.”On n’ose plus faire entrer d’antidouleurs puissants, de peur que le camion entier soit refusé”, confie un responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).Dans les entrepôts, des dizaines de bouteilles d’oxygène, fauteuils roulants, toilettes portables et générateurs s’accumulent. “C’est comme s’ils rejetaient tout ce qui pourrait redonner un semblant d’humanité”, accuse un employé de l’ONU sous couvert d’anonymat.Un responsable de l’OMS estime que seuls 50 camions parviennent à entrer chaque jour. L’Egypte évoque plutôt 130 à 150 camions, parfois 200 — soit environ un tiers des besoins quotidiens, selon l’ONU.L’AFP n’a pas pu vérifier ces chiffres de manière indépendante.”C’est une famine organisée”, a accusé lundi le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, en visite au poste de Rafah. Dans un message publié sur X, la semaine dernière, le COGAT a nié bloquer l’aide, affirmant que 320 camions étaient entrés dimanche à Gaza.Sur le terrain, alerte MSF, même des scalpels ou des fixateurs externes pour traiter les membres cassés sont rejetés. “Des gens risquent de perdre leurs membres car nous n’avons pas les outils nécessaires”, déplore Amande Bazerolle.