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Bouchons routiers, vols annulés, conséquences de la neige sur le nord et l’ouest de la France

Marche du manchot pour les uns, galère dans les transports et activité avortée pour les autres… L’épisode neigeux a continué de perturber mercredi une partie de la France revêtue d’un épais manteau blanc, avant l’arrivée dans la soirée d’une nouvelle perturbation.En cours depuis lundi entre le nord et l’ouest du pays, le phénomène neigeux est d’une “ampleur rare dans le climat actuel”, selon Météo-France. Sept départements autour du Massif central sont placés en vigilance orange neige-verglas, soit le deuxième niveau le plus élevé d’alerte, à partir de 18h00 et trois autres à partir de minuit dans les Alpes (Vaucluse, Savoie et Haute-Savoie)Si la perturbation actuelle “s’est atténuée” et “s’évacue par les frontières de l’est”, une “nouvelle perturbation est arrivée de l’ouest ce mercredi soir” qui “impacte le Massif-Central avec quelques chutes de neige et surtout des pluies verglaçantes dans la nuit de mercredi à jeudi”, avertit Météo-France dans son dernier bulletin publié à 22H10.À cela vont s’ajouter à partir de jeudi les conséquences de la tempête Goretti, qui doit s’accompagner de fortes rafales de vent. Quatre départements normands proches des côtes de la Manche seront placées jeudi en vigilance orange pour vent. Dans la capitale, où 9 cm cumulés de neige ont été mesurés à 15H00, la mairie a invité les habitants à “rester chez eux” et recourir “au télétravail” si possible.Les intempéries, qui ont fait au moins cinq morts sur les routes en France mardi, ne présentaient mercredi “pas de difficultés majeures” dans la capitale, a expliqué à la mi-journée Antoine Guillou, adjoint de la maire de Paris chargé notamment de la propreté, assurant qu’une trentaine de saleuses traitent “700 km de voiries prioritaires”, en premier lieu les trottoirs et pistes cyclables.- Amélioration -La RATP aussi a invité les usagers à “privilégier le télétravail” et à “réduire les déplacements”, tandis qu’Ile de France Mobilités (IDFM) signale des trafics perturbés ou interrompus sur plusieurs lignes de RER ou de tramways.”La neige ne m’inquiète pas aujourd’hui. Ce matin, j’ai pu déposer mes enfants à l’école maternelle, puis prendre les RER A et E sans problème”, a nuancé Jihane Nait, vendeuse de 26 ans et habitante de Seine-Saint-Denis, interrogée à Vincennes (Val-de-Marne) peu avant 07H00.En fin d’après-midi, la situation s’améliore par endroits, conduisant les autorités à lever une partie des restrictions de circulation imposées.La préfecture de police de Paris a par exemple levé l’interdiction de circulation des véhicules de plus de 3,5 tonnes, tandis que les poids-lourds peuvent de nouveau rouler dans les Hauts-de-France, à la faveur d’une situation qui s’est “nettement améliorée”, a indiqué la préfecture locale soulignant qu'”aucun accident grave n’est à déplorer durant cet épisode”.Dans la journée, une centaine de vols ont été annulés à Roissy-Charles-de-Gaulle, le premier aéroport français, et environ 40 vols à Orly, le deuxième. Les bouchons monstres et ralentissements sur les routes d’Ile-de-France, qui ont culminé à 960 km en matinée, ont quasiment disparu (11 km) à 17H00, selon le site Sytadin.Toutefois, les bus ont cessé leur service dans Paris et sa banlieue, où le niveau 3 du Plan neige et verglas reste en vigueur, avec notamment la limitation de la vitesse à 70 km/h et la suppression des transports scolaires en grande couronne.Dans l’ouest de la France, les transports scolaires ont été supprimés dans une dizaine de départements. Dans l’Allier également.Le ministre des Transports Philippe Tabarot a appelé “à la plus grande prudence” jeudi, notamment sur les routes, et invité à suspendre les transports scolaires “s’il y a un infime risque”. – “C’est juste l’hiver” -Faute de bus à Lille, “je suis obligé de faire le trajet à pied”, donc “je marche comme un pingouin”, raconte Amine (il n’a pas souhaité donner son nom), 30 ans, responsable d’une boutique lilloise.”On a l’impression que c’est le chaos” mais “non, c’est juste l’hiver”, observe également Ingrid, une voyageuse de 47 ans, qui a dû “déplacer son premier rendez-vous de la journée” à cause d’un train retardé.L’épisode neigeux a perturbé aussi l’alimentation électrique: selon Enedis, 6.000 foyers sont privés d’électricité, dont 2.500 en Ile-de-France, 1.800 dans le Centre-Val de Loire ou encore 1.100 en Charente-Maritime.À Dunkerque, le chauffage urbain connaît de graves dysfonctionnements depuis mardi soir, affectant quelques centaines de foyers selon la mairie.Dans toutes les zones concernées, La Poste a prévenu des “risques de retard dans la livraison de colis”.Météo-France rappelle que sous l’influence du réchauffement de la planète den raison des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine, les périodes de froid sont plus rares et moins intenses que par le passé.Dimanche et lundi, les minimales en moyenne sur le pays étaient de -4°C, “ce qui n’était pas arrivé depuis fin février 2012”, souligne Météo-France.

Manifestations en Iran: derniers développements

De nouvelles manifestations se sont tenues mercredi dans diverses villes iraniennes, certaines marquées par des violences qui ont coûté la vie à deux policiers, en dépit des tentatives d’apaisement du président Massoud Pezeshkian. Voici les derniers développements.- Deux policiers morts, une mosquée attaquée –  Une manifestation de commerçants à Lordegan, à 455 km de Téhéran dans le sud-ouest du pays, a dégénéré mercredi en affrontements armés avec les forces de l’ordre, provoquant la mort de deux policiers et blessant 30 personnes, selon l’agence de presse Fars.Des “émeutiers ont commencé à jeter des pierres sur les forces de l’ordre” et certains ont “ouvert le feu sur la police”, a ajouté Fars.A Bojnourd, dans le nord-est, selon l’agence de presse iranienne Tasnim, des “émeutiers” ont “jeté des pierres et brisé les fenêtres de la mosquée Imam Khomeini” mercredi, après avoir quitté un rassemblement de syndicats. “Un certain nombre d’émeutiers et agitateurs” ont ensuite attaqué une librairie de cette ville vendant des corans et des livres de prières, ajoute Tasnim, qui précise que le magasin a été incendié et “tous les livres brûlés”.”Un Iranien peut mourir mais n’acceptera pas l’humiliation!” ont crié des manifestants de Bojnourd, selon une vidéo publiée par l’ONG Iran Human Rights (IHR), basé en Norvège.- Slogans politiques à Téhéran et ailleurs –  “Mort au dictateur! Liberté!”, ont crié mercredi des manifestants dans un quartier huppé de Téhéran, selon IHR.  La veille,  des heurts s’étaient produits pour la première fois en plein jour au coeur de la capitale, où des rassemblements sporadiques se déroulaient jusque-là principalement en soirée, d’après les médias locaux. Une importante manifestation s’est aussi tenue mercredi dans la ville portuaire de Bandar Abbas, dans le sud, d’après une vidéo postée par l’ONG Activistes des droits humains en Iran (HRNA) située aux Etats-Unis. On y entend les manifestants crier: “Ne soyez pas spectateurs, rejoignez-nous” ou “C’est la bataille finale, Pahlavi reviendra” (en référence à la dynastie chassée par la Révolution islamique de 1979). Selon la chaîne de télévision d’opposition Iran International basée à Londres, les rues d’Aligoudarz étaient noires de monde, dans l’ouest iranien, certains scandant “C’est l’année du sang, Seyyed Ali sera démis”, du nom du guide suprême Ali Khamenei. Des vidéos publiées par HRNA témoignent aussi d’une forte affluence de protestataires dans la grande ville de Rasht, située dans le nord-ouest du pays, sur la mer Caspienne. Depuis le début du mouvement, des rassemblements ont eu lieu dans au moins une cinquantaine de villes, essentiellement petites et moyennes, surtout dans l’ouest du pays, selon un décompte de l’AFP basé sur les annonces officielles et des médias. Officiellement, 25 provinces sur 31 ont été concernées depuis le début du mouvement.- Apaisement d’un côté, menace de l’autreLe président Massoud Pezeshkian, qui ne détient pas la réalité du pouvoir –  aux mains du guide suprême Ali Khamenei – a ordonné mercredi aux forces de l’ordre de ne pas s’en prendre aux manifestants, a rapporté l’agence de presse Mehr.Toutefois, “ceux qui portent des armes à feu, des couteaux et des machettes et qui attaquent des commissariats et sites militaires sont des émeutiers”, a-t-il précisé en Conseil des ministres.Le chef de l’armée iranienne, Amir Hatani, a lui haussé le ton après les menaces de Donald Trump d’intervenir militairement en Iran si des manifestants étaient tués, et le “soutien” apporté aux protestataires par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.”Si l’ennemi commet une erreur, nous riposterons avec plus de fermeté” que lors de la guerre des 12 jours en juin contre Israël et les Etats-Unis, a-t-il menacé à son tour.- Au moins 27 morts, de nombreuses arrestationsDepuis le début du mouvement, au moins 27 protestataires ont “été tués par des tirs ou d’autres formes de violence perpétrées par les forces de sécurité dans huit provinces”, selon le dernier bilan, mardi, de IHR.Selon cette ONG, plus de 1.000 personnes ont été arrêtées.Les médias iraniens relayant des annonces officielles font eux état de 15 morts, dont des membres des forces de sécurité, depuis le début de la contestation.- Appels kurdes à une grève générale -Sept partis d’opposition kurdes iraniens basés en Irak ont appelé à une grève générale jeudi des Kurdes en Iran. Depuis le début de la mobilisation, des affrontements faisant six morts ont notamment été rapportés à Malekshahi, un comté où vit une importante population kurde, dans l’ouest de l’Iran.- L’Australie appelle à quitter l’Iran – Le gouvernement australien a demandé mercredi à ses ressortissants de quitter l’Iran” dès que possible”.”De violentes manifestations se poursuivent dans tout le pays, susceptibles de s’intensifier (…) la situation sécuritaire est volatile”, précise une nouvelle version de ses conseils aux voyageurs.

Les Etats-Unis ont saisi un pétrolier lié à la Russie dans l’Atlantique Nord, Moscou proteste

Les Etats-Unis ont saisi mercredi dans l’Atlantique Nord un pétrolier lié à la Russie après l’avoir poursuivi pendant plusieurs semaines dans le cadre du blocus américain visant l’exportation du pétrole vénézuélien, une opération dénoncée par Moscou.Le gouvernement américain a aussi annoncé la saisie d’un autre navire, cette fois dans les Caraïbes, accélérant ainsi sa lutte …

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L’Italie, émue aux larmes, rend hommage à ses enfants morts à Crans Montana

Une “tragédie” et un “choc” : en larmes dans des églises pleines, des milliers d’Italiens ont participé mercredi aux funérailles de quatre adolescents emportés par l’incendie meurtrier du bar Constellation à Crans Montana, en Suisse.Une ville de Milan glaciale et en deuil a rendu hommage à Achille Barosi et Chiara Costanzo, tous deux âgés de 16 …

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Cambodge : Chen Zhi, accusé de superviser des centres de travail forcé pour des arnaques en ligne, extradé en Chine

Le magnat chinois Chen Zhi, accusé de superviser des centres de travail forcé pour des arnaques en ligne au Cambodge a été arrêté dans ce pays, et extradé en Chine, a annoncé mercredi Phnom Penh.Les autorités cambodgiennes “ont arrêté trois ressortissants chinois, Chen Zhi, Xu Ji Liang et Shao Ji Hui, et les ont extradés …

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“Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela”, répond la présidente par intérim à Trump

“Aucun agent extérieur ne gouverne le Venezuela”, a lancé mardi sa présidente par intérim, au premier jour de son mandat après l’enlèvement du chef de l’Etat Nicolas Maduro à Caracas sur ordre de Donald Trump, qui assure que les autorités vénézuéliennes vont remettre des dizaines de millions de barils de pétrole aux Etats-Unis.”Le gouvernement du Venezuela dirige notre pays, personne d’autre”, a assuré la vice-présidente, propulsée présidente par intérim, en réponse aux déclarations des derniers jours de Donald Trump, qui a affirmé que Washington était “aux commandes” et que Mme Rodriguez “paierait plus cher que Maduro” si elle ne faisait pas “ce qu’il faut”.Toutefois, à peine quelques heures après les propos de Mme Rodriguez, M. Trump a rajouté une couche: “Je suis ravi d’annoncer que les autorités par intérim du Venezuela vont remettre aux Etats-Unis entre 30 et 50 millions de barils de pétrole sous sanction et de haute qualité”.”Ce pétrole sera vendu au prix du marché et l’argent sera contrôlé par moi, président des Etats-Unis, pour garantir qu’il soit utilisé au profit des peuples du Venezuela et des Etats-Unis”, a-t-il certifié après avoir ouvertement admis convoiter les vastes ressources pétrolières du Venezuela, les premières réserves de brut prouvées de la planète.Le pays sud-américain en tire sa principale source de revenus.Delcy Rodriguez a montré ses priorités économiques en nommant un technocrate ex-directeur de la Banque centrale et ancien pétrolier, Calixto Ortega Sanchez, nouveau vice-président chargé du secteur économique. Elle a aussi décrété sept jours de deuil national en hommage aux victimes de l’opération américaine éclair qui a fait 55 morts au sein des forces vénézuéliennes et cubaines dans la nuit de vendredi à samedi.La veille, la dirigeante de 56 ans avait prêté serment devant le Parlement, prenant la tête d’un gouvernement qui compte toujours dans ses rangs le ministre de l’Intérieur et tenant d’une ligne dure, Diosdado Cabello, ainsi que le ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez.Maria Corina Machado, la cheffe de l’opposition vénézuélienne et lauréate du prix Nobel de la paix 2025, a affirmé lundi prévoir de retourner “le plus vite possible” au Venezuela. Le président américain l’a disqualifiée samedi pour prendre la tête du pays.- “Dizaines de victimes” -L’attaque américaine a, selon le procureur général du Venezuela Tarek William Saab, fait des “dizaines de victimes parmi les civils innocents et les militaires” lors de l’opération américaine menée dans la nuit de vendredi à samedi.  Les avis de décès de 23 militaires, dont cinq amiraux, ont été rendus publics sur le compte Instagram de l’armée vénézuélienne.Par ailleurs, Cuba, un allié du Venezuela, avait auparavant annoncé que 32 membres de ses services de sécurité avaient été tués, et a divulgué leur identité mardi dans la presse officielle.L’ONU a averti mardi que cette intervention, présentée par les Etats-Unis comme une opération de police, avait “sapé un principe fondamental du droit international”.Après des mois de frappes sur des embarcations soupçonnées de transporter de la drogue, les Américains se sont emparés samedi de Nicolas Maduro, 63 ans, et de son épouse Cilia Flores, 69 ans. Tous deux doivent répondre de quatre chefs d’accusation, dont celui de “narcoterrorisme”. Ils ont plaidé non coupables lundi lors d’une première audience devant un tribunal fédéral à New York. Maduro va rester incarcéré dans cette ville et comparaîtra à nouveau le 17 mars.Sa tête avait été mise à prix à 50 millions de dollars par Washington, qui l’a longtemps présenté comme le meneur d’un réseau de narcotrafic, le “Cartel des Soleils”. Un organisme dont l’existence est remise en cause depuis des mois par des analystes.Trump a décrit mardi Nicolas Maduro comme un homme “violent” qui a “tué des millions de personnes”. Dans les rues de Caracas, des centaines de partisans ont exigé sa libération.Sara Pilar Rodriguez, militante pro-pouvoir, estime que les Etats-Unis ont commis un “abus institutionnel”: “À notre présidente par intérim, qu’elle sache qu’elle peut compter sur le soutien de toutes les femmes, de toutes les forces politiques”. Alors que la peur de la répression règne au Venezuela, les langues se délient parfois à la frontière colombienne. Evelyn Cardenas, qui sort du Venezuela, se dit ainsi convaincue que “tous les Vénézuéliens sont heureux” de la chute de Maduro, “mais nous ne pouvons pas l’exprimer ouvertement”.Par ailleurs, le syndicat de la presse vénézuélienne (SNTP) a signalé mardi sur les réseaux sociaux qu’en marge de la session de la veille à l’Assemblée nationale, 14 journalistes et collaborateurs de médias, “dont 13 d’agences et de médias internationaux”, avaient été interpellés, puis libérés, ainsi que deux correspondants de la presse internationale à la frontière avec la Colombie.

Colère agricole: une centaine de tracteurs de la Coordination rurale fait route vers Paris

Bravant les intempéries, les interdictions préfectorales et faisant fi des dernières annonces du gouvernement, une centaine de tracteurs menée pas des agriculteurs de la Coordination rurale s’achemine mercredi soir vers Paris pour manifester le ras-le-bol de la profession.Epizootie de dermatose bovine (DNC), cours du blé et prix élevé des engrais, menace d’une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur… “Tant qu’on n’aura pas de réponse”, les agriculteurs maintiendront la pression sur Paris et Bruxelles, a déclaré à l’AFP Lionel Candelon, président de la Chambre d’agriculture du Gers et membre de la direction nationale de la Coordination rurale (CR).Le deuxième syndicat agricole, coutumier des passages en force et des actions musclées, compte entrer jeudi en fin de matinée dans la capitale. Déjà, “plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de tracteurs” étaient mercredi soir aux portes de Paris dans l’attente de converger jeudi vers les “lieux symboliques” parisiens et vers les parlementaires, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la CR.Dans les Yvelines, quatre tracteurs ont forcé un barrage de gendarmerie mercredi matin, touchant deux véhicules des forces de l’ordre, sans faire de blessé, selon une source policière. Trois personnes ont été placées en garde à vue.Au total, au moins une centaine de tracteurs ont été recensés à 16H00 dans les départements limitrophes, notamment en Seine-et-Marne, dans l’Essonne et en Eure-et-Loir, selon la même source.Mais les manifestants, en provenance de plusieurs départements, surtout du Sud-Ouest, épicentre de la contestation agricole depuis décembre, doivent encore obtenir le feu vert de la préfecture de police de Paris pour entrer dans la capitale. Une cellule interministérielle de crise a été activée mercredi en fin de journée “pour faire le point” sur les actions d’agriculteurs, a par ailleurs appris l’AFP auprès de l’entourage du ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.”On est très étonnés d’un tel déploiement de moyens parce qu’on a dit que la manifestation était pacifique”, a déclaré le président de la CR Bertrand Venteau sur France Inter. “Même en sous-marin par la Seine, on va y arriver. On aura peut-être perdu des troupes, mais on arrivera dans Paris sur des lieux symboliques pour porter nos doléances”, a-t-il ajouté.- “Guerre d’usure” -Dans le Sud-Ouest, la mobilisation s’est poursuivie mercredi à renfort de tracteurs, fumier et bottes de paille, les agriculteurs érigeant une dizaine de barrages sur les principaux axes autour de Toulouse. Et ce, malgré les températures négatives et les interdictions préfectorales de manifester prises notamment en raison du “risque de troubles à l’ordre public”.Au total, 16 manifestants ont été placés en garde à vue au cours de la journée de mercredi, principalement pour entrave à la circulation, et 12 dossiers ont été transmis au parquet, a indiqué le procureur de la République de Toulouse David Charmatz dans un communiqué. Toutes les gardes à vue avaient été levées en fin de journée.”Cette situation est inacceptable et illustre une dérive grave dans la gestion de ce mouvement agricole”, avait regretté plus tôt dans la journée l’intersyndicale agricole de Haute-Garonne.Mercredi en fin de journée, les points de blocage autour de Toulouse s’étaient en partie desserrés, notamment sous la pression des forces de l’ordre selon les manifestants joints par l’AFP, mais la circulation restait perturbée sur l’A61 et la RN124.”C’est une guerre d’usure. On est déterminés à faire le nécessaire pour avoir des réponses et être entendus”, a lancé depuis un cortège à l’ouest de Toulouse Pierre Solana, éleveur du Gers de 37 ans, après que le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis mardi à la FNSEA des annonces d’ici la fin de semaine.Après son entretien avec M. Lecornu, le patron de la FNSEA Arnaud Rousseau a répété mardi que l’accord UE-Mercosur, dont la signature est prévue le 12 janvier, représentait “le symbole de ce que nous ne voulons pas pour l’agriculture européenne”.En attendant, le gouvernement a encore tenté de donner des gages au monde agricole en marge de la réunion des ministres de l’Agriculture à Bruxelles, la ministre française Annie Genevard affirmant que “la taxe carbone (européenne) sur les engrais pourra être suspendue”. Une annonce que n’a toutefois pas confirmée la Commission européenne.Même la rallonge budgétaire de 45 milliards d’euros promise dans la future politique agricole commune (PAC) ne devrait pas “faire avaler la pilule du Mercosur” aux agriculteurs, a estimé le député de la Somme (ex-LFI) François Ruffin.bur-nal-mca-vgr-mdz/ved/abl