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Thaksin, figure de la politique thaïlandaise, acquitté du crime de lèse-majesté

La justice thaïlandaise a acquitté vendredi l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, fondateur d’une dynastie politique qui domine le pays depuis plus de 20 ans, à l’issue de son procès pour crime de lèse-majesté.”Le tribunal a rejeté les accusations portées contre Thaksin, estimant que les preuves présentées étaient insuffisantes”, a déclaré son avocat Winyat Chatmontree aux journalistes.Sortant tout sourire du tribunal, le milliardaire s’est borné à dire que l’affaire, concernant des propos rapportés en 2015 par un média sud-coréen sur le coup d’Etat qui avait renversé l’année précédente le gouvernement de sa soeur Yingluck, avait été “classée sans suite”.L’AFP n’est pas autorisée à communiquer de manière détaillée les propos reprochés à l’accusé, sous peine de risquer de tomber elle-même sous le coup de la loi thaïlandaise en matière de lèse-majesté. Celle-ci criminalise toute critique du roi Maha Vajiralongkorn et de sa famille.L’ex-Premier ministre de 76 ans encourait pour ces faits jusqu’à 15 ans d’emprisonnement.Le verdict est intervenu alors même que sa fille, Paetongtarn Shinawatra, suspendue depuis juillet de ses fonctions de Première ministre, fait l’objet d’un procès en destitution dont le dénouement doit avoir lieu le 29 août. Elle est mise en cause pour sa gestion des tensions entre son pays et le Cambodge.Ce second verdict, s’il est prononcé en défaveur de l’accusée, pourrait constituer un tournant pour cette dynastie politique ayant donné trois Premiers ministres à la Thaïlande en une vingtaine d’années.”Je continue de croire que Thaksin Shinawatra restera actif dans la politique thaïlandaise, même si sa fille est destituée’, a néanmoins souligné l’analyste politique Yuttaporn Issarachai à l’AFP.D’inspiration libérale, les Shinawatra ont longtemps incarné un contrepoids aux conservateurs, alignés avec le roi et l’armée. Dans les rassemblements, les partisans de Thaksin portent du rouge et ses adversaires du jaune, la couleur de la royauté.- Figure incontournable -Chef du gouvernement au début des années 2000, Thaksin a vécu en exil après son renversement en 2006 lors d’un coup d’Etat militaire. Il est finalement revenu dans son pays en août 2023, alors que son parti, le Pheu Thai, prenait la tête d’une coalition gouvernementale avec le soutien de ses anciens adversaires conservateurs.Thaksin avait alors été condamné à huit ans d’emprisonnement pour corruption et abus de pouvoir lorsqu’il était Premier ministre. En raison de problèmes de santé, il a purgé sa peine dans un hôpital tenu par la police, avant d’être libéré en février 2024, une mesure liée à son âge.Les poursuites pour lèse-majesté au titre de l’article 112 du code pénal se sont fortement accrues depuis les manifestations antigouvernementales de 2020, qui ont parfois donné lieu à des critiques ouvertes de la monarchie.Un collectif d’avocats thaïlandais pour les droits humains qui est intervenu dans nombre de ces affaires affirme que plus de 280 personnes ont été poursuivies en justice pour ce motif ces cinq dernières années.La loi dispose que quiconque “diffame, insulte ou menace” le roi, la reine, l’héritier du trône ou un éventuel régent encourt jusqu’à 15 ans d’emprisonnement.Des organisations de défense des droits et des critiques de l’article 112 affirment que le texte fait aujourd’hui l’objet d’une interprétation élargie qui permet d’étouffer des voix dissidentes.Malgré son acquittement pour crime de lèse-majesté, Thaksin reste poursuivi pour des soupçons de traitement de faveur lorsqu’il a purgé une partie de sa peine à l’hôpital.

US Open: duel pour le trône entre le roi Sinner et son dauphin Alcaraz

Un peu plus de piment dans un duel déjà captivant: le tenant du titre Jannik Sinner et son dauphin au classement ATP Carlos Alcaraz se disputent à partir de dimanche à l’US Open un nouveau titre en Grand Chelem, mais surtout la place de N.1 mondial.Depuis le début de la saison 2024, les deux ogres du circuit masculin ont monopolisé les sept titres du Grand Chelem mis en jeu (quatre pour Sinner, trois pour Alcaraz).Le dernier duel entre l’Italien de 24 ans et son cadet espagnol de 22 ans a cependant tourné court, le N.1 mondial étant contraint lundi à l’abandon en finale du Masters 1000 de Cincinnati alors qu’Alcaraz menait 5-0.Malade, Sinner a payé cher son abandon puisqu’il a permis à son dauphin de se rapprocher à moins de 2.000 points au classement ATP.Si son forfait de dernière minute pour le tournoi de double mixte de l’US Open organisé mardi et mercredi n’a eu aucune conséquence comptable dans la hiérarchie masculine, l’actuel patron du circuit débutera le tournoi de simple avec nettement plus de points à défendre (2.000) que son rival (50), éliminé au 2e tour l’an dernier.Pour être certain de conserver la tête du classement, l’Italien doit gagner à New York.Alcaraz reviendra lui au sommet de la hiérarchie mondiale s’il franchit un tour de plus que Sinner.Mais l’Italien ne cédera pas son trône sans combattre, lui qui a aligné 26 succès de rang sur dur avant son abandon à Cincinnati.L’Italien a déjà montré sa force de caractère en battant Alcaraz en finale de Wimbledon mi-juillet, un peu plus d’un mois après avoir laissé filer contre l’Espagnol trois balles de match et le titre à Roland-Garros.Alcaraz, sacré en 2022 à l’US Open et devenu alors à 19 ans le plus jeune N.1 mondial depuis la création du classement ATP en 1973, a aussi des arguments solides à faire valoir.Toujours dangereux dans les grands rendez-vous, le vétéran serbe Novak Djokovic (38 ans) espère jouer les trouble-fêtes et décrocher à New York un 25e titre record en Grand Chelem.En terre américaine, les héros locaux Taylor Fritz (finaliste en 2024) et Ben Shelton (récent vainqueur du Masters 1000 de Toronto) tâcheront eux aussi de briser le duopole italo-espagnol en Grand Chelem.- Suspense chez les dames – Dans le tableau féminin, la tenante du titre et n.1 mondiale Aryna Sabalenka a vu son étoile de favorite pâlir quelque peu ces dernières semaines. Au WTA 1000 de Cincinnati, son seul tournoi de préparation sur dur, la Bélarusse a disparu dès les quarts de finale. Sa dauphine Iga Swiatek, lauréate à Flushing Meadows en 2022, est à l’inverse en pleine renaissance, après un début de saison en dessous de ses standards.La Polonaise de 24 ans a gagné un sixième titre surprise en Grand Chelem mi-juillet à Wimbledon (gazon), avant de triompher sur dur lundi à Cincinnati. Gare aux pronostics hâtifs cependant, tant l’US Open peut révéler des championnes inattendues comme la Canadienne Bianca Andreescu (2019) ou la Britannique Emma Raducanu (2021).Compatriote d’Andreescu, la jeune Victoria Mboko (24e mondiale à 18 ans) a fait sensation en remportant début août le WTA 1000 de Montréal.Sa victime en finale, la double lauréate de l’US Open et ex-N.1 mondiale Naomi Osaka (25e), a également rappelé qu’il faudrait la compter parmi les prétendantes à New York.Dans le camp français, la révélation de Roland-Garros Loïs Boisson (46e) retrouve le tableau final d’un Grand Chelem pour la première fois depuis sa demi-finale surprise à Paris en juin.  Autre invité surprise d’un dernier carré prestigieux, le récent demi-finaliste du Masters 1000 de Cincinnati Térence Atmane (69e) doit en revanche faire l’impasse sur le dernier Grand Chelem de la saison.Le Boulonnais de 23 ans a révélé mardi souffrir de deux déchirures ligamentaires et d’une lésion musculaire au pied. En son absence et celle d’Arthur Fils (20e), également blessé, Ugo Humbert (23e) sera le mieux classé de la délégation tricolore et pourrait retrouver le 15e mondial Andrey Rublev dès le 3e tour.

Thaksin, éternel agitateur de la politique thaïlandaise

Thaksin Shinawatra, acquitté vendredi de crime de lèse-majesté, demeure une personnalité centrale de la vie politique thaïlandaise, malgré des années d’exil et plusieurs condamnations qui lui ont façonné une image aussi adulée que détestée.La justice thaïlandaise a acquitté vendredi le milliardaire, fondateur d’une dynastie politique qui domine le pays depuis plus de 20 ans, poursuivi pour des propos publiés en 2015 par un média sud-coréen, notamment au sujet du coup d’Etat qui avait renversé l’année précédente le gouvernement de sa soeur Yingluck.L’ancien policier de 76 ans au parcours de “self-made man” a longtemps été la bête noire de l’establishment attaché au roi, qui voyait en lui un homme corrompu, autoritaire et dédaigneux vis-à-vis des institutions.Elu Premier ministre en 2001, puis réélu en 2005 avant d’être renversé par l’armée en 2006, Thaksin s’est exilé deux ans plus tard, mais il n’a jamais cessé de commenter les affaires nationales, voire de s’y immiscer, selon ses détracteurs.Les tensions suscitées par son style clivant ont culminé entre 2008 et 2010, lorsque éclatent des protestations entre ses soutiens issus des campagnes, “les chemises rouges”, et ses opposants conservateurs, “les chemises jaunes”.Il avait promis à plusieurs reprises de revenir, malgré une condamnation par contumace à huit ans de prison pour corruption et abus de pouvoir.Il tient sa promesse le 22 août 2023, deux ans jour pour jour avant son acquittement pour crime de lèse-majesté, atterrissant à Bangkok où il a été accueilli en héros par des partisans du parti Pheu Thai, dirigé par sa fille Paetongtarn.Il a été immédiatement arrêté, puis transféré dans un hôpital de la capitale, tenu par la police.- Accord secret? -Thaksin avait alors bénéficié d’une grâce royale qui avait allégé sa peine de huit à un an.En tout, il n’a passé que six mois en détention, en raison de son état de santé et de son âge.Le traitement de faveur dont aurait bénéficié le milliardaire a interrogé les analystes autour d’un accord secret entre le clan Shinawatra et ses anciens adversaires de l’armée et de la monarchie.Les généraux auraient autorisé le retour de Thaksin, en échange d’une place au sein de la coalition gouvernementale menée par le Pheu Thai, à laquelle ils ne pouvaient prétendre après leur défaite aux élections législatives de mai 2023.La famille Shinawatra, d’origine chinoise, a fait fortune au XXe siècle dans le commerce de la soie avec comme point de départ la région de Chiang Mai (nord), mais Thaksin Shinawatra n’a pas suivi cette voie.Docteur en droit pénal d’une université américaine, il commence sa carrière dans la police. La trentaine venue, il trouve cette force “trop bureaucratique” et se lance dans les affaires.Grâce à des franchises gouvernementales et à un réseau d’amis influents, il édifie un empire dans les télécommunications avec son groupe Shin Corp, présent également dans l’aviation commerciale et les médias.Il remporte haut-la-main les élections législatives de 2001. Se disant proche du peuple, il verse sans hésiter dans le populisme et se fait le chantre d’une Thaïlande décomplexée après la crise financière de 1997. – Le “Berlusconi d’Asie” -Mais l’homme d’affaires est accusé par ses détracteurs de corruption, au point d’avoir été surnommé par certains “le Berlusconi d’Asie”. Comme lui, il a été propriétaire d’un club de football, Manchester City, pour une saison seulement, de 2007 à 2008.Ses politiques pionnières de redistribution séduisent les campagnes, la croissance grimpe à plus de 5% et il est salué pour sa gestion du tsunami de décembre 2004, qui lui assure une réélection triomphale en 2005.Mais au sein de l’armée et dans l’entourage du souverain de l’époque – le vieux roi Bhumibol -, certains se sont inquiétés de cette concentration de pouvoirs dans les mains d’un seul homme, qui lutte sans merci contre les trafiquants de drogue et contre les musulmans séparatistes du Sud.En janvier 2006, un événement finit par catalyser toutes les oppositions: sa famille vend à Singapour toutes ses parts dans l’empire Shin Corp, empochant plus de 1,5 milliard de dollars et bénéficiant d’une exemption fiscale.Des manifestations éclatent dans la capitale, prélude au putsch qui provoquera sa chute et son exil en septembre 2006.Sa fille Paetongtarn Shinawatra, Première ministre depuis août 2024, est suspendue de ses fonctions moins d’un an plus tard, et risque la destitution, accusée de manquements à l’éthique par des sénateurs conservateurs, au sujet de sa gestion des tensions à la frontière avec le Cambodge.Ces procédures ont jeté une ombre sur le futur de la dynastie, d’autant que la troisième membre de la famille la plus influente, Yingluck, vit en exil, et qu’aucun successeur ne semble se démarquer.

La demande de libération conditionnelle d’Erik Menendez rejetée, mauvais signe pour son frère Lyle

Une commission judiciaire américaine a refusé jeudi la libération conditionnelle d’Erik Menendez, célèbre aux Etats-Unis pour avoir avec son frère Lyle tué leurs richissimes parents dans leur villa de Beverly Hills en 1989.Le détenu de 54 ans se voit opposer un refus valable “pour trois ans” et pourra ensuite réclamer un réexamen de sa demande, selon un communiqué.Un mauvais signe pour son frère Lyle, 57 ans, dont le sort doit être examiné séparément vendredi.Lyle et Erik Menendez comptent parmi les détenus les plus médiatisés d’Amérique: leur procès au début des années 90 a été l’un des premiers retransmis à la télévision et leur histoire est revenue dans la lumière grâce à une série ainsi qu’un documentaire de Netflix l’an dernier.La libération conditionnelle des deux frères, qui ont invoqué les violences sexuelles de leur père pour justifier l’exécution de leurs parents, est réclamée par leur famille et soutenue par des célébrités comme Kim Kardashian. Leurs soutiens les dépeignent comme des “détenus modèles” qui ont changé en prison.Mais la commission du Département des services correctionnels et de réinsertion de Californie a émis des doutes jeudi sur le fait qu’Erik Menendez ne soit plus un danger pour la société. Tout en reconnaissant des progrès, ses deux membres se sont inquiétés de sa consommation de drogue et d’alcool derrière les barreaux jusqu’en 2013, son usage de téléphones de contrebande et d’accusations selon lesquelles il aurait rendu service à un gang de sa prison il y a une dizaine d’années.- “Angles morts” -“Cette capacité à montrer un visage, mais à être autre chose, nous préoccupe”, a déclaré Robert Barton, l’un des deux membres du panel. “On peut grandir et mûrir à certains égards, mais avoir des angles morts dans d’autres domaines.”Initialement condamnés à la perpétuité, les frères Menendez ont vu leur peine réduite par un juge en mai, les rendant éligibles à une éventuelle libération conditionnelle.A l’époque des meurtres, le parquet avait accusé les deux jeunes hommes, âgés de 18 et 21 ans au moment des faits, d’avoir assassiné leurs parents pour hériter de leur fortune de 14 millions de dollars.Armés de fusils à pompe, ils ont tiré cinq fois sur leur père José Menendez, notamment dans les rotules. Leur mère, Kitty Menendez, est morte en rampant pour tenter de leur échapper.Les frères ont d’abord attribué les meurtres à un coup de la mafia, avant de changer leur version plusieurs fois. Les enquêteurs ont finalement mis la main sur l’enregistrement d’une séance de psychothérapie, au cours de laquelle Erik a avoué le meurtre.Devant le tribunal, leurs avocats avaient invoqué une tentative désespérée d’autodéfense, en affirmant que les deux frères avaient été violés pendant des années par leur père et que leur mère était au courant.Interrogé pour savoir s’il pensait toujours avoir agi en légitime défense, Erik Menendez a répondu “non” jeudi.Mais il a aussi souligné qu’à l’époque, l’emprise psychologique de son père était telle qu’il n’imaginait pas s’enfuir.”Il est difficile d’exprimer à quel point mon père était terrifiant”, a-t-il expliqué. Dans son cerveau d’adolescent, “fuir était inconcevable. Fuir signifiait la mort.”- “Infiniment désolé” -Le plus jeune des frères Menendez a également insisté sur son repentir.”Je veux juste que ma famille comprenne que je suis infiniment désolé pour ce que je leur ai fait subir”, a-t-il souligné.Des remords que le représentant du parquet de Los Angeles, Habib Balian, n’a pas jugé sincères.”Quand quelqu’un continue à minimiser sa responsabilité dans un crime et continue à donner les mêmes fausses excuses qu’il donne depuis plus de 30 ans, cette personne est toujours aussi dangereuse qu’elle l’était lorsqu’elle a abattu ses parents”, a-t-il taclé. “A-t-il vraiment changé, ou dit-il simplement ce que nous voulons entendre ?”Le procureur du comté de Los Angeles, Nathan Hochman, qui s’opposait à la sortie de prison des frères, a applaudi une décision qui “rend justice à José et Kitty Menendez, les victimes de meurtres brutaux perpétrés par leurs fils le 20 août 1989”. Nathan HochmanAprès ce refus pour Erik, une éventuelle sortie de prison pour Lyle Menendez paraît peu probable, même si chacun de leur cas est examiné séparément.Si la commission créait la surprise en recommandant sa libération vendredi, Lyle ne pourrait pas sortir immédiatement de prison. Le processus peut prendre jusqu’à quatre mois et le dernier mot revient au gouverneur de Californie, Gavin Newsom.Le démocrate a le pouvoir de confirmer ou d’infirmer l’octroi d’une libération conditionnelle, voire même de demander un réexamen par la commission.

Ligue 1: Chevalier doit encore convaincre au PSG, sous les yeux de Donnarumma

Le nouveau gardien du Paris SG Lucas Chevalier a l’occasion, vendredi contre Angers (20h45), de commencer à convaincre le Parc des Princes, alors que le taulier de la saison dernière, Gianluigi Donnarumma, est toujours au club.L’Italien, qui n’était pas dans le groupe des deux premières rencontres de la saison, est d’ailleurs réapparu à l’entraînement jeudi au Campus PSG de Poissy, participant sous les yeux de la presse au premier exercice de passes dans le rond central – et non à l’échauffement des gardiens.Donnarumma, l’un des héros de la campagne victorieuse de Ligue des champions, n’a toujours pas retrouvé de club après l’échec cet été de sa prolongation, à un an de la fin de son contrat dans la capitale.C’est devant sa télévision que le grand échalas a observé ses coéquipiers remporter la Supercoupe d’Europe contre Tottenham aux tirs aux buts, le 13 août, puis gagner sans éclat à Nantes dimanche dernier (1-0) pour la reprise de la Ligue 1.Il a sans doute scruté son successeur Lucas Chevalier, transféré depuis Lille. Chevalier était couvé du regard depuis plusieurs mois par la direction sportive parisienne, qui avait parallèlement lancé des négociations de prolongation avec Donnarumma.- Une erreur et un arrêt décisif -Mais le club “cherchait un profil différent” et n’a pas cherché à tout prix à répondre aux exigences du portier de la sélection italienne, a assuré Luis Enrique le 12 août. Avant de compléter jeudi en conférence de presse: “Ce sont des décisions toujours difficiles à prendre, je n’ai pas eu de problème à la prendre. (…) Je peux comprendre les critiques, mais je dois dire qu’on est calmes, tranquilles, on sait où on veut aller, c’est la chose la plus importante”.Peut-on en dire autant de Lucas Chevalier lui-même? Pour un joueur de 23 ans qui jouait le podium de Ligue 1 il y a encore quelques mois, la pression est grande chez les champions d’Europe, et il faudra du caractère pour briller devant ses nouveaux fans vendredi.Ses performances contre Tottenham et Nantes étaient solides mais appellent confirmation. Un arrêt manqué lors du deuxième but des Anglais a fait planer des doutes, mais Chevalier s’est bien rattrapé en séance de tirs aux buts avec un arrêt au meilleur des moments pour offrir la Supercoupe au club.- “Leadership” -Son capitaine Marquinhos observe: “Il vient d’arriver et c’était le moment pour lui de s’affirmer. C’est le PSG, c’est comme ça. Mais il a aussi connu (la pression) dans une moindre mesure à Lille, et le même genre de pression avec la sélection. On est contents de l’avoir avec nous”.Son jeu au pied a été ostensiblement salué par Luis Enrique à l’occasion d’une relance aérienne précise vers les ailes, contre Nantes. L’entraîneur a détaillé ce qu’il attendait de Lucas Chevalier: “Nous voulons un joueur qui a de la continuité, qui peut générer une supériorité, qui peut prendre les bonnes décisions en fonction de la façon de presser des adversaires, et d’où se trouvent les solutions avec le ballon”.Le coach souhaite aussi “sans le ballon une couverture de la ligne défensive, évidemment du jeu aérien et toutes les situations habituelles pour un gardien de but”. Mais, et Donnarumma appréciera, c’est au niveau mental que Luis Enrique voit aussi une potentielle plus-value: “Nous demandons à nos joueurs de faire preuve de leadership sur le plan mental, bien sûr. Un gardien de but est un joueur qui voit l’ensemble du terrain, qui voit tous les joueurs, donc en général, il voit ce qui se passe sur le terrain.”Vendredi soir, Lucas Chevalier devrait donc contribuer à lancer ses coéquipiers à l’assaut du but angevin, mais il faudra être vigilant et bondissant sur les contre-attaques qui ne devraient pas manquer de survenir.

Zelensky accuse Poutine de vouloir “se soustraire” à une rencontre pour la paix

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé jeudi son homologue russe Vladimir Poutine de chercher à “se soustraire” à une rencontre destinée à trouver une issue à la guerre provoquée par l’invasion russe, Donald Trump lui-même tempérant son enthousiasme.”A l’heure actuelle, les signaux envoyés par la Russie sont tout simplement indécents. Ils essaient de se soustraire à la nécessité d’organiser une réunion”, a accusé M. Zelensky dans son adresse quotidienne sur les réseaux sociaux jeudi soir.A la place, les Russes “poursuivent leurs attaques massives contre l’Ukraine et leurs assauts féroces le long de la ligne de front”, a-t-il dénoncé.La Russie a lancé dans la nuit de mercredi à jeudi une attaque massive sur l’Ukraine, utilisant 574 drones et 40 missiles, selon l’armée de l’air ukrainienne, un nombre record depuis la mi-juillet. Ces frappes ont fait deux morts, un à Kherson et un autre à Lviv, dans l’ouest du pays. Elles ont aussi largement détruit une entreprise américaine dans la ville de Moukatchevo, dans l’ouest de l’Ukraine, a précisé M. Zelensly.”Les Russes savaient exactement où ils avaient lancé les missiles. Nous croyons qu’il s’agissait d’une frappe délibérée spécifiquement sur une propriété appartenant à des Américains”, a noté le président ukrainien. L’attaque contre Moukatchevo a fait 23 blessés, selon un nouveau bilan des autorités locales.- “Approche différente” -Très satisfait de sa rencontre avec M. Poutine le 15 août, Donald Trump a reconnu jeudi qu’il n’en saurait davantage sur les chances de paix que “dans les deux prochaines semaines”.”Après cela, nous devrons peut-être adopter une approche différente”, a-t-il estimé sans plus de détail.Après avoir rencontré M. Poutine en Alaska puis M. Zelensky lundi à la Maison Blanche, Donald Trump avait dit préparer une rencontre entre les dirigeants russe et ukrainien. Mais la participation des belligérants semble encore loin d’être acquise. Si Vladimir Poutine semble avoir accepté le principe de cette rencontre, qu’il refusait jusque-là, ni date ni lieu n’ont été annoncés, et Moscou a souligné mercredi qu’une telle rencontre devait être “préparée avec le plus grand soin”.Paris a dénoncé jeudi une “absence de volonté” de la Russie de mettre fin à la guerre.Volodymyr Zelensky, de son côté, a déclaré devant un groupe de médias parmi lesquels l’AFP vouloir comprendre “l’architecture des garanties de sécurité d’ici sept à dix jours” .Ensuite, “nous devrions avoir une réunion bilatérale dans une semaine ou deux”, a souhaité le dirigeant ukrainien, dont ce serait le cas échéant la première rencontre avec son homologue russe depuis 2019.M. Zelensky a proposé la Suisse, l’Autriche ou la Turquie pour une éventuelle rencontre. Il a en revanche écarté la Hongrie, jugée trop proche du Kremlin.- Nouveau missile -Les contacts diplomatiques se sont accélérés ces dernières semaines pour trouver une issue à la guerre provoquée par l’invasion russe en février 2022, mais positions de Moscou et Kiev restent diamétralement opposées, notamment sur la question des territoires ukrainiens occupés.Trouver un accord sur les garanties de sécurité s’annonce également complexe.Européens et Américains ont évoqué ces derniers mois différentes possibilités allant de garanties similaires au fameux “article 5” de l’Otan au déploiement d’un contingent militaire en Ukraine.Epine dorsale de l’Otan, à laquelle ni Moscou ni Washington ne veulent voir l’Ukraine adhérer, l’article 5 stipule que toute attaque contre un pays membre est considérée comme une attaque contre tous.Kiev considère que, même si une issue est trouvée à cette guerre, la Russie tentera encore de l’envahir à l’avenir, d’où l’importance de ces garanties.Moscou, qui qualifie l’expansion de l’Otan à ses frontières comme l’une des “causes profondes” ayant mené au conflit, rejette de son côté catégoriquement la plupart des scénarios envisagés.Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a averti jeudi que tout déploiement d’un contingent militaire européen en Ukraine serait “inacceptable”.Parallèlement, l’Ukraine cherche à augmenter sa production d’armement, une façon de réduire sa dépendance à l’aide des alliés.Volodymyr Zelensky a ainsi affirmé jeudi que son pays avait testé avec succès un nouveau missile d’une portée de 3.000 kilomètres appelé Flamingo.

Zelensky accuse Poutine de vouloir “se soustraire” à une rencontre pour la paix

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé jeudi son homologue russe Vladimir Poutine de chercher à “se soustraire” à une rencontre destinée à trouver une issue à la guerre provoquée par l’invasion russe, Donald Trump lui-même tempérant son enthousiasme.”A l’heure actuelle, les signaux envoyés par la Russie sont tout simplement indécents. Ils essaient de se soustraire à la nécessité d’organiser une réunion”, a accusé M. Zelensky dans son adresse quotidienne sur les réseaux sociaux jeudi soir.A la place, les Russes “poursuivent leurs attaques massives contre l’Ukraine et leurs assauts féroces le long de la ligne de front”, a-t-il dénoncé.La Russie a lancé dans la nuit de mercredi à jeudi une attaque massive sur l’Ukraine, utilisant 574 drones et 40 missiles, selon l’armée de l’air ukrainienne, un nombre record depuis la mi-juillet. Ces frappes ont fait deux morts, un à Kherson et un autre à Lviv, dans l’ouest du pays. Elles ont aussi largement détruit une entreprise américaine dans la ville de Moukatchevo, dans l’ouest de l’Ukraine, a précisé M. Zelensly.”Les Russes savaient exactement où ils avaient lancé les missiles. Nous croyons qu’il s’agissait d’une frappe délibérée spécifiquement sur une propriété appartenant à des Américains”, a noté le président ukrainien. L’attaque contre Moukatchevo a fait 23 blessés, selon un nouveau bilan des autorités locales.- “Approche différente” -Très satisfait de sa rencontre avec M. Poutine le 15 août, Donald Trump a reconnu jeudi qu’il n’en saurait davantage sur les chances de paix que “dans les deux prochaines semaines”.”Après cela, nous devrons peut-être adopter une approche différente”, a-t-il estimé sans plus de détail.Après avoir rencontré M. Poutine en Alaska puis M. Zelensky lundi à la Maison Blanche, Donald Trump avait dit préparer une rencontre entre les dirigeants russe et ukrainien. Mais la participation des belligérants semble encore loin d’être acquise. Si Vladimir Poutine semble avoir accepté le principe de cette rencontre, qu’il refusait jusque-là, ni date ni lieu n’ont été annoncés, et Moscou a souligné mercredi qu’une telle rencontre devait être “préparée avec le plus grand soin”.Paris a dénoncé jeudi une “absence de volonté” de la Russie de mettre fin à la guerre.Volodymyr Zelensky, de son côté, a déclaré devant un groupe de médias parmi lesquels l’AFP vouloir comprendre “l’architecture des garanties de sécurité d’ici sept à dix jours” .Ensuite, “nous devrions avoir une réunion bilatérale dans une semaine ou deux”, a souhaité le dirigeant ukrainien, dont ce serait le cas échéant la première rencontre avec son homologue russe depuis 2019.M. Zelensky a proposé la Suisse, l’Autriche ou la Turquie pour une éventuelle rencontre. Il a en revanche écarté la Hongrie, jugée trop proche du Kremlin.- Nouveau missile -Les contacts diplomatiques se sont accélérés ces dernières semaines pour trouver une issue à la guerre provoquée par l’invasion russe en février 2022, mais positions de Moscou et Kiev restent diamétralement opposées, notamment sur la question des territoires ukrainiens occupés.Trouver un accord sur les garanties de sécurité s’annonce également complexe.Européens et Américains ont évoqué ces derniers mois différentes possibilités allant de garanties similaires au fameux “article 5” de l’Otan au déploiement d’un contingent militaire en Ukraine.Epine dorsale de l’Otan, à laquelle ni Moscou ni Washington ne veulent voir l’Ukraine adhérer, l’article 5 stipule que toute attaque contre un pays membre est considérée comme une attaque contre tous.Kiev considère que, même si une issue est trouvée à cette guerre, la Russie tentera encore de l’envahir à l’avenir, d’où l’importance de ces garanties.Moscou, qui qualifie l’expansion de l’Otan à ses frontières comme l’une des “causes profondes” ayant mené au conflit, rejette de son côté catégoriquement la plupart des scénarios envisagés.Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a averti jeudi que tout déploiement d’un contingent militaire européen en Ukraine serait “inacceptable”.Parallèlement, l’Ukraine cherche à augmenter sa production d’armement, une façon de réduire sa dépendance à l’aide des alliés.Volodymyr Zelensky a ainsi affirmé jeudi que son pays avait testé avec succès un nouveau missile d’une portée de 3.000 kilomètres appelé Flamingo.

Gauche: après l’appel à l’union de Tondelier, la réponse de Mélenchon

La rentrée politique se poursuit vendredi avec une prise de parole attendue de Jean-Luc Mélenchon aux universités d’été de La France insoumise, au lendemain d’un meeting unitaire des Ecologistes qui a rassemblé des représentants de toutes les nuances de gauche. A Chateauneuf-sur-Isère, près de Valence dans la Drôme, la motion de censure contre François Bayrou souhaitée par LFI et le mouvement de blocage du 10 septembre sont dans tous les esprits. Mais les municipales de 2026 et la présidentielle de 2027 – pour laquelle le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon semble être déjà prêt – ne sont pas loin également. “Si Monsieur Bayrou est censuré, je pense que la question qui sera immédiatement posée, c’est la question du départ du président de la République lui-même”, a estimé jeudi le coordinateur du mouvement Manuel Bompard sur BFMTV.Pour sa première prise de parole des “Amfis”, surnom des universités d’été du Parti, jeudi, le triple candidat à la présidentielle a donné une conférence théorique sur l’organisation politique des villes. Mais sans entrer dans le concret de la stratégie insoumise pour les municipales, qui se tiendront dans plus de six mois. Quelques heures après, à Strasbourg aux universités d’été des Ecologistes, la patronne du parti Marine Tondelier a, une nouvelle fois, lancé un appel à l’union à gauche pour 2027, son cheval de bataille.”Arrêtons avec les attaques personnelles et les guerres picrocholines, et la commedia dell’arte, et les +gnagnagna, si tu me mets un dissident là, je t’en mets un là (…) On n’a pas le temps”, a-t-elle martelé.A gauche, le Parti socialiste d’Olivier Faure, les Ecologistes et les anciens Insoumis (Clémentine Autain, François Ruffin) sont des fervents défenseurs de l’union face à la menace de l’extrême droite, comme l’a su bon an mal an le faire le Nouveau Front populaire en 2024. Mais les deux présidentiables que sont Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon s’y refusent, mettant en avance les diverges programmatiques à gauche. Le second s’est déjà dit favorable à l’union, mais derrière LFI et autour de son programme de rupture. Présente à Strasbourg jeudi, la députée insoumise Alfa Dufour a fait état de “divergences stratégiques” entre LFI et les autres partis du NFP. “Tu as justement dit +combien de jours, combien d’heures, combien de minutes, combien de temps avant la menace?+ Moi, j’ai l’impression qu’on a déjà changé d’heure, qu’on est déjà dans une ère autoritaire”, a-t-elle lancé à Marine Tondelier. – A chaque parti sa rentrée -Les universités d’été de LFI seront également rythmées par un débat samedi sur la commission d’enquête “Betharram” sur les violences en milieu scolaire, auquel le député insoumis Paul Vannier a invité la députée macroniste Violette Spillebout.Les deux étaient co-rapporteurs de cette commission d’enquête.Le grand raout de rentrée du mouvement de gauche radicale se clôturera dimanche matin par un meeting de la cheffe des députés LFI Mathilde Panot et du coordinateur du mouvement Manuel Bompard.La France insoumise a refusé l’accès à ses universités d’été au journaliste du Monde, Olivier Pérou, co-auteur du livre enquête sur LFI “La Meute”. De son côté, le PCF organise ce week-end ses universités d’été avec un discours de Fabien Roussel attendu samedi.La semaine prochaine ce seront les socialistes qui feront leur rentrée à Blois et les “unitaires” (ex-LFI), autour des députés François Ruffin et Clémentine Autain, à Châteaudun (Eure-et-Loir).

Entre assurance aux marchés et pressions de Trump, le président de la Fed sur un fil à Jackson Hole

Donner des perspectives aux marchés tout en se montrant insensible à la pression grandissante venant de Donald Trump, telle est la ligne de crête sur laquelle doit marcher vendredi le président de la Fed, Jerome Powell, lors d’un discours très attendu.Si le président de la Réserve fédérale (Fed), qui doit s’exprimer aux rencontres de Jackson Hole, dans le Wyoming, ne s’engage jamais fermement sur une tendance, une de ses missions consiste à gérer les attentes des marchés, en indiquant dans quelle direction les prochaines décisions de la banque centrale pourraient aller.Et en l’espèce, la possibilité d’une baisse des taux lors de la réunion prévue mi-septembre, après avoir maintenu les taux inchangés depuis celle de décembre, est largement attendue par les analystes, si l’on en croit l’outil de veille de CME, FedWatch.Pourtant, jusqu’ici, ni la conférence de presse de M. Powell à l’issue de la réunion de fin juillet ni les “minutes” de la Fed publiées mercredi n’ont offert la moindre indication en ce sens.”Je trouve très surprenant que les marchés aient une telle confiance” dans une baisse des taux à venir, a remarqué Tim Urbanowicz, analyste pour Innovator Capital Management, interrogé par l’AFP.”Je pense que cela tient avant tout au fait que (Donald) Trump a répété vouloir que la Fed baisse ses taux. Il met une telle pression sur Powell!”Avant même son retour à la Maison Blanche, le président américain a en effet considéré que les taux de la Fed, actuellement dans une fourchette comprise entre 4,25% et 4,50%, étaient trop élevés.Une conviction qui s’est renforcée ces derniers mois, durant lesquels Donald Trump a demandé que la Fed baisse ses taux de trois points de pourcentage, estimant que M. Powell, qu’il surnomme “Trop lent”, ne faisait pas ce qu’il fallait.A ses yeux, une baisse des taux permettrait de venir en soutien de sa politique économique, droits de douane et baisse d’impôts pour les plus riches notamment, en augmentant l’accès à l’emprunt.”Quelqu’un pourrait dire à +Trop lent+ Powell qu’il abîme le secteur de la construction? Les gens n’ont plus accès aux prêts immobiliers, tout pointe vers la nécessité d’une importante baisse des taux. +Trop lent+ catastrophe”, a de nouveau écrit mardi soir Donald Trump, sur son compte Truth Social.- Dernier discours pour Powell -Sans succès cependant jusqu’ici: malgré les attaques de plus en plus virulentes, Jerome Powell s’est montré imperturbable, répétant à chaque fois que les décisions de l’institution devaient être avant tout basées sur les données économiques.Mais des divisions sont apparues fin juillet entre les membres du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), alors que deux voix se sont prononcées en faveur d’une baisse des taux.Pour Michelle Bowman et Christopher Waller, tous deux nommés, comme Jerome Powell, par Donald Trump durant son premier mandat, l’impact des droits de douane sur les prix est transitoire alors que l’économie ralentit et le risque de dégradation du marché de l’emploi s’est renforcé.Or la Fed a une double mission, d’égale importance: maintenir l’inflation sur le long terme au plus proche de son objectif de 2% et une économie en plein emploi.Dans ce contexte, le discours d’ouverture des réunions de Jackson Hole par M. Powell, le dernier avant qu’il ne quitte la présidence de la Fed en mai prochain, sera particulièrement suivi.Les analystes vont en particulier chercher toute indication montrant que la balance des risques, entre inflation et chômage, évolue pour l’institution, ce qui serait un signe d’une redirection possible de la politique monétaire.Les derniers mois à la tête de l’institution promettent de s’avérer compliqués pour M. Powell, alors que Donald Trump renforce son contrôle sur l’institution.Il a déjà nommé au Comité de politique monétaire de la Fed l’un de ses plus proches conseillers économiques, Stephen Miran, qui doit encore être confirmé par le Sénat, après la démission d’une autre responsable de la Fed, Adriana Kugler.Et il s’en est pris mercredi à une autre responsable, Lisa Cook, la première femme afro-américaine à être nommée au prestigieux poste de gouverneure (en 2022 par Joe Biden), appelant à sa démission après qu’un proche du président a accusé cette dernière de falsification de documents en vue d’un prêt immobilier.En ligne de mire, le choix du successeur de Jerome Powell, pour lequel d’autres proches de Donald Trump, notamment son principal conseiller économique Kevin Hassett, sont régulièrement cités.

Entre assurance aux marchés et pressions de Trump, le président de la Fed sur un fil à Jackson Hole

Donner des perspectives aux marchés tout en se montrant insensible à la pression grandissante venant de Donald Trump, telle est la ligne de crête sur laquelle doit marcher vendredi le président de la Fed, Jerome Powell, lors d’un discours très attendu.Si le président de la Réserve fédérale (Fed), qui doit s’exprimer aux rencontres de Jackson Hole, dans le Wyoming, ne s’engage jamais fermement sur une tendance, une de ses missions consiste à gérer les attentes des marchés, en indiquant dans quelle direction les prochaines décisions de la banque centrale pourraient aller.Et en l’espèce, la possibilité d’une baisse des taux lors de la réunion prévue mi-septembre, après avoir maintenu les taux inchangés depuis celle de décembre, est largement attendue par les analystes, si l’on en croit l’outil de veille de CME, FedWatch.Pourtant, jusqu’ici, ni la conférence de presse de M. Powell à l’issue de la réunion de fin juillet ni les “minutes” de la Fed publiées mercredi n’ont offert la moindre indication en ce sens.”Je trouve très surprenant que les marchés aient une telle confiance” dans une baisse des taux à venir, a remarqué Tim Urbanowicz, analyste pour Innovator Capital Management, interrogé par l’AFP.”Je pense que cela tient avant tout au fait que (Donald) Trump a répété vouloir que la Fed baisse ses taux. Il met une telle pression sur Powell!”Avant même son retour à la Maison Blanche, le président américain a en effet considéré que les taux de la Fed, actuellement dans une fourchette comprise entre 4,25% et 4,50%, étaient trop élevés.Une conviction qui s’est renforcée ces derniers mois, durant lesquels Donald Trump a demandé que la Fed baisse ses taux de trois points de pourcentage, estimant que M. Powell, qu’il surnomme “Trop lent”, ne faisait pas ce qu’il fallait.A ses yeux, une baisse des taux permettrait de venir en soutien de sa politique économique, droits de douane et baisse d’impôts pour les plus riches notamment, en augmentant l’accès à l’emprunt.”Quelqu’un pourrait dire à +Trop lent+ Powell qu’il abîme le secteur de la construction? Les gens n’ont plus accès aux prêts immobiliers, tout pointe vers la nécessité d’une importante baisse des taux. +Trop lent+ catastrophe”, a de nouveau écrit mardi soir Donald Trump, sur son compte Truth Social.- Dernier discours pour Powell -Sans succès cependant jusqu’ici: malgré les attaques de plus en plus virulentes, Jerome Powell s’est montré imperturbable, répétant à chaque fois que les décisions de l’institution devaient être avant tout basées sur les données économiques.Mais des divisions sont apparues fin juillet entre les membres du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), alors que deux voix se sont prononcées en faveur d’une baisse des taux.Pour Michelle Bowman et Christopher Waller, tous deux nommés, comme Jerome Powell, par Donald Trump durant son premier mandat, l’impact des droits de douane sur les prix est transitoire alors que l’économie ralentit et le risque de dégradation du marché de l’emploi s’est renforcé.Or la Fed a une double mission, d’égale importance: maintenir l’inflation sur le long terme au plus proche de son objectif de 2% et une économie en plein emploi.Dans ce contexte, le discours d’ouverture des réunions de Jackson Hole par M. Powell, le dernier avant qu’il ne quitte la présidence de la Fed en mai prochain, sera particulièrement suivi.Les analystes vont en particulier chercher toute indication montrant que la balance des risques, entre inflation et chômage, évolue pour l’institution, ce qui serait un signe d’une redirection possible de la politique monétaire.Les derniers mois à la tête de l’institution promettent de s’avérer compliqués pour M. Powell, alors que Donald Trump renforce son contrôle sur l’institution.Il a déjà nommé au Comité de politique monétaire de la Fed l’un de ses plus proches conseillers économiques, Stephen Miran, qui doit encore être confirmé par le Sénat, après la démission d’une autre responsable de la Fed, Adriana Kugler.Et il s’en est pris mercredi à une autre responsable, Lisa Cook, la première femme afro-américaine à être nommée au prestigieux poste de gouverneure (en 2022 par Joe Biden), appelant à sa démission après qu’un proche du président a accusé cette dernière de falsification de documents en vue d’un prêt immobilier.En ligne de mire, le choix du successeur de Jerome Powell, pour lequel d’autres proches de Donald Trump, notamment son principal conseiller économique Kevin Hassett, sont régulièrement cités.