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L’ONU déclare la famine à Gaza, Netanyahu dénonce un “mensonge”

L’ONU a officiellement déclaré vendredi la famine à Gaza, Benjamin Netanyahu dénonçant un “mensonge éhonté”, au moment où Israël menace de destruction totale le territoire palestinien si le Hamas n’accepte pas la paix à ses conditions.”Israël n’a pas de politique de famine. Israël a une politique de prévention de la famine”, a affirmé le Premier ministre cité par son bureau. Il a imputé les pénuries “temporaires” aux “vols systématiques de l’aide” par le Hamas, dont l’attaque sans précédent le 7 octobre 2023 contre Israël a déclenché la guerre.”C’est la famine, la famine de Gaza”, a déclaré à Genève le chef des opérations humanitaires des Nations unies, Tom Fletcher. Le constat, précédé de mois d’alertes, s’appuie sur le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) onusien, qui a confirmé qu’une famine était en cours dans le gouvernorat de Gaza (nord).Le Hamas a appelé à “une action immédiate de l’ONU” pour stopper la guerre, et “l’ouverture sans restriction des points de passage” en vue de “l’entrée urgente et continue de nourriture, médicaments, eau et carburant”.Selon des experts de l’ONU, plus d’un demi-million de Gazaouis affrontent des conditions “catastrophiques”, le niveau de détresse alimentaire le plus élevé de l’IPC, caractérisé par la famine et la mort.- “Obstruction systématique” -Cette famine “aurait pu être évitée” sans “l’obstruction systématique d’Israël”, a accusé M. Fletcher.La Croix-Rouge a appelé le pays, en tant que puissance occupante, à “subvenir aux besoins de base” des Gazaouis, et Londres lui a imputé un “scandale moral”. Les Affaires étrangères israéliennes ont accusé l’IPC de s’être “détourné de ses propres règles”. Chaque jour des journalistes de l’AFP dans la bande de Gaza voient des foules de Palestiniens de tous âges se ruer sur des distributions alimentaires, dont plusieurs ont provoqué des scènes chaotiques et meurtrières, avec l’énergie du désespoir. Selon l’IPC, la famine devrait gagner les gouvernorats de Deir el-Balah (centre) et Khan Younès (sud) d’ici fin septembre.Le gouvernorat de Gaza – Gaza-ville et ses environs –  représente environ 20% de la superficie du territoire palestinien assiégé. L’ONU y estime actuellement la population à près d’un million de personnes, autant se trouvant dans celui de Deir el-Balah, et plus de 500.000 dans celui de Khan Younès.”Affamer des gens à des fins militaires est un crime de guerre”, a rappelé le haut-commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Volker Türk. – “Portes de l’enfer” -Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a  appelé à un “cessez-le-feu immédiat, la libération immédiate de tous les otages et un accès humanitaire total”. Israël avait imposé début mars un total blocus humanitaire aux Gazaouis, entraînant de graves pénuries de nourriture. Il l’a assoupli à partir de fin mai, mais l’aide internationale autorisée à entrer depuis est jugée largement insuffisante par l’ONU et les humanitaires, ce que conteste Israël.En matière militaire, le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé la ville de Gaza de destruction totale si le mouvement islamiste palestinien n’acceptait pas la paix aux termes israéliens. “Bientôt, les portes de l’enfer s’ouvriront” jusqu’à ce que le Hamas accepte “les conditions” israéliennes pour mettre fin à la guerre, “principalement la libération de tous les otages et (son) désarmement” a-t-il écrit sur X.Parallèlement, M. Netanyahu, a ordonné jeudi soir l’ouverture de négociations pour  “la libération de tous (les) otages” et la fin de la guerre “dans des conditions acceptables pour Israël”.- “Souhaiter la mort” -Une proposition des médiateurs – Egypte, Qatar et Etats-Unis – en vue d’un cessez-le-feu, acceptée lundi par le Hamas, prévoit, selon des sources palestiniennes, une trêve de 60 jours durant laquelle les otages toujours captifs à Gaza – 49 dont 27 morts selon l’armée – seraient relâchés en deux temps en échange de prisonniers palestiniens.Israël, qui contrôle environ 75% du territoire palestinien, a approuvé cette semaine un plan d’assaut contre Gaza-ville, et annoncé le rappel de 60.000 réservistes supplémentaires.Depuis, l’étau militaire se resserre sur Gaza-ville.La Défense locale de Gaza a recensé 46 personnes tuées dans des frappes et tirs israéliens. Compte tenu des restrictions imposées par Israël aux médias à Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante ces bilans, et les affirmations de l’armée. “C’est comme si nous étions en enfer. Je deviens folle”, déclare à l’AFP Oum Ibrahim Younès, une mère de quatre enfants de 43 ans, qui vit dans les ruines de sa maison à Gaza.”Nous attendons la mort, nous en sommes venus à la souhaiter”, témoigne Nivine Ahmed, 47 ans, déplacée avec ses cinq enfants dans une tente à l’ouest de Gaza. L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 62.192 morts dans la bande de Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. 

L’ONU déclare la famine à Gaza, Netanyahu dénonce un “mensonge”

L’ONU a officiellement déclaré vendredi la famine à Gaza, Benjamin Netanyahu dénonçant un “mensonge éhonté”, au moment où Israël menace de destruction totale le territoire palestinien si le Hamas n’accepte pas la paix à ses conditions.”Israël n’a pas de politique de famine. Israël a une politique de prévention de la famine”, a affirmé le Premier ministre cité par son bureau. Il a imputé les pénuries “temporaires” aux “vols systématiques de l’aide” par le Hamas, dont l’attaque sans précédent le 7 octobre 2023 contre Israël a déclenché la guerre.”C’est la famine, la famine de Gaza”, a déclaré à Genève le chef des opérations humanitaires des Nations unies, Tom Fletcher. Le constat, précédé de mois d’alertes, s’appuie sur le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) onusien, qui a confirmé qu’une famine était en cours dans le gouvernorat de Gaza (nord).Le Hamas a appelé à “une action immédiate de l’ONU” pour stopper la guerre, et “l’ouverture sans restriction des points de passage” en vue de “l’entrée urgente et continue de nourriture, médicaments, eau et carburant”.Selon des experts de l’ONU, plus d’un demi-million de Gazaouis affrontent des conditions “catastrophiques”, le niveau de détresse alimentaire le plus élevé de l’IPC, caractérisé par la famine et la mort.- “Obstruction systématique” -Cette famine “aurait pu être évitée” sans “l’obstruction systématique d’Israël”, a accusé M. Fletcher.La Croix-Rouge a appelé le pays, en tant que puissance occupante, à “subvenir aux besoins de base” des Gazaouis, et Londres lui a imputé un “scandale moral”. Les Affaires étrangères israéliennes ont accusé l’IPC de s’être “détourné de ses propres règles”. Chaque jour des journalistes de l’AFP dans la bande de Gaza voient des foules de Palestiniens de tous âges se ruer sur des distributions alimentaires, dont plusieurs ont provoqué des scènes chaotiques et meurtrières, avec l’énergie du désespoir. Selon l’IPC, la famine devrait gagner les gouvernorats de Deir el-Balah (centre) et Khan Younès (sud) d’ici fin septembre.Le gouvernorat de Gaza – Gaza-ville et ses environs –  représente environ 20% de la superficie du territoire palestinien assiégé. L’ONU y estime actuellement la population à près d’un million de personnes, autant se trouvant dans celui de Deir el-Balah, et plus de 500.000 dans celui de Khan Younès.”Affamer des gens à des fins militaires est un crime de guerre”, a rappelé le haut-commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Volker Türk. – “Portes de l’enfer” -Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a  appelé à un “cessez-le-feu immédiat, la libération immédiate de tous les otages et un accès humanitaire total”. Israël avait imposé début mars un total blocus humanitaire aux Gazaouis, entraînant de graves pénuries de nourriture. Il l’a assoupli à partir de fin mai, mais l’aide internationale autorisée à entrer depuis est jugée largement insuffisante par l’ONU et les humanitaires, ce que conteste Israël.En matière militaire, le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé la ville de Gaza de destruction totale si le mouvement islamiste palestinien n’acceptait pas la paix aux termes israéliens. “Bientôt, les portes de l’enfer s’ouvriront” jusqu’à ce que le Hamas accepte “les conditions” israéliennes pour mettre fin à la guerre, “principalement la libération de tous les otages et (son) désarmement” a-t-il écrit sur X.Parallèlement, M. Netanyahu, a ordonné jeudi soir l’ouverture de négociations pour  “la libération de tous (les) otages” et la fin de la guerre “dans des conditions acceptables pour Israël”.- “Souhaiter la mort” -Une proposition des médiateurs – Egypte, Qatar et Etats-Unis – en vue d’un cessez-le-feu, acceptée lundi par le Hamas, prévoit, selon des sources palestiniennes, une trêve de 60 jours durant laquelle les otages toujours captifs à Gaza – 49 dont 27 morts selon l’armée – seraient relâchés en deux temps en échange de prisonniers palestiniens.Israël, qui contrôle environ 75% du territoire palestinien, a approuvé cette semaine un plan d’assaut contre Gaza-ville, et annoncé le rappel de 60.000 réservistes supplémentaires.Depuis, l’étau militaire se resserre sur Gaza-ville.La Défense locale de Gaza a recensé 46 personnes tuées dans des frappes et tirs israéliens. Compte tenu des restrictions imposées par Israël aux médias à Gaza et des difficultés d’accès sur le terrain, l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante ces bilans, et les affirmations de l’armée. “C’est comme si nous étions en enfer. Je deviens folle”, déclare à l’AFP Oum Ibrahim Younès, une mère de quatre enfants de 43 ans, qui vit dans les ruines de sa maison à Gaza.”Nous attendons la mort, nous en sommes venus à la souhaiter”, témoigne Nivine Ahmed, 47 ans, déplacée avec ses cinq enfants dans une tente à l’ouest de Gaza. L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 62.192 morts dans la bande de Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. 

Etats-Unis: le président de la Fed laisse la porte ouverte à des baisses de taux

Les Etats-Unis approchent du moment où la Fed devra baisser ses taux d’intérêt pour soutenir l’emploi, a estimé vendredi le président de la banque centrale Jerome Powell dans un discours très attendu. Une dégradation “rapide” du marché du travail américain n’est pas à exclure et pourrait “justifier” une détente de la politique monétaire, et donc des taux d’intérêt, a prévenu le patron de l’institution depuis les rencontres de Jackson Hole, dans le Wyoming (ouest).Il ajoute que la Fed se trouve dans une “situation délicate” car les nouveaux droits de douane mis en place par l’exécutif américain commencent dans le même temps à se répercuter sur les prix payés par les consommateurs au risque de raviver l’inflation.”L’impact des droits de douane sur les prix à la consommation est désormais clairement visible”, a-t-il souligné.En théorie, le risque d’une poussée d’inflation incite les banquiers centraux à laisser a minima leurs taux directeurs inchangés. Mais, s’ils estiment qu’il faut soutenir l’activité pour éviter des licenciements, ils tendent à l’inverse à baisser les taux, qui guident le coût du crédit pour les entreprises et les particuliers.”Les risques pesant sur le marché de l’emploi augmentent. Et si ces risques viennent à se matérialiser, ils peuvent se traduire rapidement en hausse des licenciements et du chômage”, a observé M. Powell.Son discours a immédiatement été interprété par les investisseurs comme une façon de préparer le terrain à des baisses de taux à l’occasion de la prochaine réunion de la banque centrale des Etats-Unis, en septembre.Cela a fait brusquement chuter les taux d’emprunt de la dette américaine: le rendement à deux ans – le plus sensible aux évolutions monétaires – passant ainsi en quelques secondes de 3,78% à 3,71%. Le dollar tombait lui aussi, lâchant environ 0,54%, des taux plus bas étant de nature à plomber le cours d’une devise.En revanche, Wall Street a applaudi les propos du patron de la Fed, les principaux indices boursiers américains évoluant en nette hausse vers 14H10 GMT.

Colombie: l’armée déployée après deux attaques qui ont fait au moins 18 morts

Un important dispositif militaire est déployé vendredi en Colombie au lendemain d’attaques perpétrées par des groupes armés qui ont fait au moins 18 morts et des dizaines de blessés, signe de l’intensification spectaculaire des violences dans le pays latino-américain.Cette flambée intervient à un an de la présidentielle, et quelques jours après la mort le 11 …

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Colombie: l’armée déployée après deux attaques qui ont fait au moins 18 morts

Un important dispositif militaire est déployé vendredi en Colombie au lendemain d’attaques perpétrées par des groupes armés qui ont fait au moins 18 morts et des dizaines de blessés, signe de l’intensification spectaculaire des violences dans le pays latino-américain.Cette flambée intervient à un an de la présidentielle, et quelques jours après la mort le 11 août du favori de la droite, Miguel Uribe, des suites d’un attentat.Jeudi après-midi, un camion piégé a explosé près d’une base aérienne à Cali (sud-ouest), troisième ville du pays, faisant au moins six morts et 60 blessés, selon les autorités. Le maire Alejandro Eder a dénoncé une “attaque narcoterroriste” et demandé une “militarisation” de la ville.Des images sur les réseaux sociaux ont montré plusieurs personnes au sol, prises en charge par les secours après l’explosion, ainsi qu’un camion en flammes, plusieurs véhicules endommagés et de nombreuses vitres soufflées.Le ministre de la Défense Pedro Sanchez a désigné comme responsable l’organisation Etat-Major Central (EMC), un groupe dissident de l’ex-guérilla des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) qui a signé la paix en 2016, dénonçant un “attentat terroriste” et “injustifiable contre la population civile de Cali”.- “Mafia internationale” -Cette attaque est “une réaction” de rebelles après des opérations menées près d’une zone d’intense culture de de coca, connue sous le nom de Canyon de Micay, a déclaré le président de gauche Gustavo Petro, lui-même ancien guérillero, au pouvoir depuis 2022.”Nous affrontons une mafia internationale, avec des bandes armées”, a-t-il poursuivi. “Le coup porté à la population de Cali est sans aucun doute profond, brutal, terrifiant”, a-t-il ajouté.”Des avions de l’armée de l’air (…) effectuent des missions de reconnaissance et de surveillance dans la zone” proche de la base militaire visée, a indiqué le général Hugo López, commandant des forces armées.L’armée a “déployé” dans ce secteur “toutes ses troupes” et renforcé les activités dans la zone avec de l’artillerie et des opérations aériennes, a-t-il précisé jeudi soir.Le parquet a par ailleurs annoncé l’arrestation de deux hommes “qui auraient participé à l’activation des engins explosifs” sur ce site.Le nord de Cali était en proie au chaos jeudi après-midi. José Burbano, un habitant du quartier, marchait près du site lorsque “tout à coup, il y a eu une très forte explosion et tout le monde s’est jeté à terre”, a-t-il déclaré à l’AFP.”Nous sommes venus nous mettre à l’abri un moment ici, au coin de la rue, puis nous sommes revenus pour voir si nous pouvions aider (…), mais malheureusement, il y a beaucoup de victimes, beaucoup de morts, beaucoup de blessés”, a déploré M. Burbano.Plusieurs bâtiments et une école à proximité ont été évacués.Le maire a annoncé l’interdiction de circulation des camions dans la ville et offert 10.000 dollars de récompense pour toute information.  “Le terrorisme ne nous vaincra pas”, a de son côté affirmé la gouverneure régionale, Dilian Francisca Toro.- Attaque contre un hélicoptère -Dans la matinée, à quelque 150 kilomètres de Medellin (nord-ouest), des affrontements et une attaque de drone contre un hélicoptère ciblant les opérations anti-drogue de la police ont aussi fait de nombreuses victimes.Le bilan de ces attaques a été porté de huit à douze policiers tués, a indiqué jeudi soir Andrés Julián Rendón, le gouverneur de la région d’Antioquia (nord-ouest).Un responsable de la police a expliqué à l’AFP que des assaillants avaient “harcelé” des policiers supervisant un groupe chargé d’éradiquer les plantations de coca.Cette attaque a été attribuée au groupe de guérilleros Calarca. Cette guérilla, qui porte le nom de guerre de son chef, est issue d’une scission de l’EMC.Le président Petro a tenté de relancer pourparlers de paix avec la plupart des groupes armés qui opèrent en Colombie, six ans après l’accord historique conclu avec les Farc. Mais la plupart ont échoué ou sont au point mort.En 2023, l’EMC avait soutenu de tels pourparlers, mais son dirigeant, Ivan Mordisco, avait quitté la table des négociations un an plus tard.En juin, une série d’attaques avait tué cinq civils et deux policiers dans le sud-ouest du pays. Elle avait été revendiquée par l’EMC.

Colombie: l’armée déployée après deux attaques qui ont fait au moins 18 morts

Un important dispositif militaire est déployé vendredi en Colombie au lendemain d’attaques perpétrées par des groupes armés qui ont fait au moins 18 morts et des dizaines de blessés, signe de l’intensification spectaculaire des violences dans le pays latino-américain.Cette flambée intervient à un an de la présidentielle, et quelques jours après la mort le 11 août du favori de la droite, Miguel Uribe, des suites d’un attentat.Jeudi après-midi, un camion piégé a explosé près d’une base aérienne à Cali (sud-ouest), troisième ville du pays, faisant au moins six morts et 60 blessés, selon les autorités. Le maire Alejandro Eder a dénoncé une “attaque narcoterroriste” et demandé une “militarisation” de la ville.Des images sur les réseaux sociaux ont montré plusieurs personnes au sol, prises en charge par les secours après l’explosion, ainsi qu’un camion en flammes, plusieurs véhicules endommagés et de nombreuses vitres soufflées.Le ministre de la Défense Pedro Sanchez a désigné comme responsable l’organisation Etat-Major Central (EMC), un groupe dissident de l’ex-guérilla des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie) qui a signé la paix en 2016, dénonçant un “attentat terroriste” et “injustifiable contre la population civile de Cali”.- “Mafia internationale” -Cette attaque est “une réaction” de rebelles après des opérations menées près d’une zone d’intense culture de de coca, connue sous le nom de Canyon de Micay, a déclaré le président de gauche Gustavo Petro, lui-même ancien guérillero, au pouvoir depuis 2022.”Nous affrontons une mafia internationale, avec des bandes armées”, a-t-il poursuivi. “Le coup porté à la population de Cali est sans aucun doute profond, brutal, terrifiant”, a-t-il ajouté.”Des avions de l’armée de l’air (…) effectuent des missions de reconnaissance et de surveillance dans la zone” proche de la base militaire visée, a indiqué le général Hugo López, commandant des forces armées.L’armée a “déployé” dans ce secteur “toutes ses troupes” et renforcé les activités dans la zone avec de l’artillerie et des opérations aériennes, a-t-il précisé jeudi soir.Le parquet a par ailleurs annoncé l’arrestation de deux hommes “qui auraient participé à l’activation des engins explosifs” sur ce site.Le nord de Cali était en proie au chaos jeudi après-midi. José Burbano, un habitant du quartier, marchait près du site lorsque “tout à coup, il y a eu une très forte explosion et tout le monde s’est jeté à terre”, a-t-il déclaré à l’AFP.”Nous sommes venus nous mettre à l’abri un moment ici, au coin de la rue, puis nous sommes revenus pour voir si nous pouvions aider (…), mais malheureusement, il y a beaucoup de victimes, beaucoup de morts, beaucoup de blessés”, a déploré M. Burbano.Plusieurs bâtiments et une école à proximité ont été évacués.Le maire a annoncé l’interdiction de circulation des camions dans la ville et offert 10.000 dollars de récompense pour toute information.  “Le terrorisme ne nous vaincra pas”, a de son côté affirmé la gouverneure régionale, Dilian Francisca Toro.- Attaque contre un hélicoptère -Dans la matinée, à quelque 150 kilomètres de Medellin (nord-ouest), des affrontements et une attaque de drone contre un hélicoptère ciblant les opérations anti-drogue de la police ont aussi fait de nombreuses victimes.Le bilan de ces attaques a été porté de huit à douze policiers tués, a indiqué jeudi soir Andrés Julián Rendón, le gouverneur de la région d’Antioquia (nord-ouest).Un responsable de la police a expliqué à l’AFP que des assaillants avaient “harcelé” des policiers supervisant un groupe chargé d’éradiquer les plantations de coca.Cette attaque a été attribuée au groupe de guérilleros Calarca. Cette guérilla, qui porte le nom de guerre de son chef, est issue d’une scission de l’EMC.Le président Petro a tenté de relancer pourparlers de paix avec la plupart des groupes armés qui opèrent en Colombie, six ans après l’accord historique conclu avec les Farc. Mais la plupart ont échoué ou sont au point mort.En 2023, l’EMC avait soutenu de tels pourparlers, mais son dirigeant, Ivan Mordisco, avait quitté la table des négociations un an plus tard.En juin, une série d’attaques avait tué cinq civils et deux policiers dans le sud-ouest du pays. Elle avait été revendiquée par l’EMC.

Le FBI perquisitionne le domicile d’un ex-haut conseiller de Trump, devenu opposant

La police fédérale américaine (FBI) a perquisitionné vendredi le domicile de John Bolton, ex-conseiller de Donald Trump à la sécurité nationale lors du premier mandat du républicain et qui en est devenu depuis l’un des plus fervents critiques.Des agents du FBI entraient et sortaient tôt vendredi de la maison en banlieue de la capitale Washington de cet ancien haut responsable à la Maison Blanche, a constaté un journaliste de l’AFP.”PERSONNE n’est au-dessus de la loi… Les agents du FBI sont en mission”, a déclaré sur X le directeur de la police fédérale, Kash Patel, sans que ce proche allié de Donald Trump ne précise à quelle affaire il faisait référence.Selon le tabloïd New York Post, qui cite un responsable de l’administration Trump, l’enquête aurait été ordonnée directement par Kash Patel.De retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump avait signé un décret exécutif accusant John Bolton d’avoir révélé “des informations sensibles du temps où il était” à la Maison Blanche, de 2018 à 2019.Il avait également privé son ancien conseiller de la protection du Secret Service, l’agence chargée de protéger les hautes personnalités politiques aux Etats-Unis, et l’avait traité d'”idiot”. Il lui avait également coupé tout accès à des données de sécurité et de renseignement.John Bolton avait alors déclaré être “déçu mais pas surpris” de la décision. Se disant la cible d’un projet d’assassinat fomenté par l’Iran entre 2021 et 2022, il avait également affirmé en janvier: “la menace demeure”. Téhéran aurait ainsi voulu venger la mort de son général Qassem Soleimani, tué le 3 janvier 2020 dans une frappe de drone en Irak ordonnée par Donald Trump lors de son premier mandat (2017-2021).- “Inapte” -Avec son visage barré d’une épaisse moustache, ce républicain de 76 ans s’était fait connaître à l’international comme ambassadeur à l’ONU sous la présidence de George W. Bush, durant la guerre en Irak.Après son limogeage par Donald Trump, il avait commencé à prendre position contre les politiques menées par le républicain. Dans un livre paru en 2020, John Bolton avait présenté son ancien patron comme obnubilé par sa seule réélection et “inapte” à diriger la première puissance mondiale.Récemment, il a critiqué le sommet entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine en Alaska. “En Alaska, le président Trump n’a pas perdu, mais Poutine a clairement gagné, Vladimir a son vieil ami Donald de retour”, avait-il lancé sur X.Au moment de la nomination de Kash Patel à la tête du FBI, des élus démocrates avaient exprimé leur forte opposition. Le sénateur démocrate Dick Durbin avait ainsi craint que cet ancien procureur fédéral, fidèle de Donald Trump, n’utilise son nouveau rôle pour “se venger de ses ennemis politiques”.Au cours de son audition au Sénat fin janvier, Kash Patel avait cependant nié avoir une “liste d’ennemis”, et assuré que “tous les agents du FBI (seraient) protégés contre des représailles politiques”.Depuis plusieurs mois, des figures du mouvement “MAGA” de Donald Trump réclament que le ministère de la Justice comme le FBI s’attaquent aux opposants du président républicain, particulièrement ceux impliqués dans les poursuites contre les participants à l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021.

L’ONU déclare la famine à Gaza

L’ONU a officiellement déclaré vendredi la famine à Gaza, qu’Israël menace de destruction totale si le Hamas n’accepte pas la paix à ses conditions.Le gouvernement israélien a immédiatement rejeté le rapport onusien, bâti selon lui sur des “mensonges” et “fabriqué ‘sur-mesure'” pour le Hamas, le mouvement islamiste palestinien dont l’attaque sans précédent le 7 octobre 2023 contre Israël a déclenché la guerre.”C’est la famine, la famine de Gaza”, a déclaré à Genève le chef des opérations humanitaires des Nations unies, Tom Fletcher, après des mois de mises en garde humanitaires. Le constat s’appuie sur le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) onusien, qui a confirmé qu’une famine était en cours dans le gouvernorat de Gaza (nord).Cela confirme “l’ampleur de la catastrophe humanitaire que subit notre peuple en raison de l’agression israélienne”, a réagi le Hamas, appelant à “une action immédiate de l’ONU” pour mettre fin à la guerre, et “l’ouverture sans restriction des points de passage” en vue de “l’entrée urgente et continue de nourriture, médicaments, eau et carburant”.Selon des experts de l’ONU, plus d’un demi-million de personnes à Gaza affrontent des conditions “catastrophiques”, le niveau de détresse alimentaire le plus élevé de l’IPC, caractérisé par la famine et la mort.- “Obstruction systématique” -Cette famine “aurait pu être évitée” sans “l’obstruction systématique d’Israël”, a accusé M. Fletcher.”Il n’y a pas de famine à Gaza”, a rétorqué le ministère des Affaires étrangères israélien, accusant l’IPC de s’être “détourné de ses propres règles”. Chaque jour des journalistes de l’AFP dans la bande de Gaza assistent à des distributions alimentaires où des foules de Palestiniens de tous âges se ruent en criant, pleurant, suppliant qu’on leur remplisse des gamelles ou casseroles vides tendues avec l’énergie du désespoir. Selon l’IPC, la famine devrait s’étendre aux gouvernorats de Deir el-Balah (centre) et Khan Younès (sud) d’ici à fin septembre.Le gouvernorat de Gaza, qui englobe essentiellement Gaza-ville, représente environ 20% de la superficie du territoire palestinien assiégé. L’ONU y estime actuellement la population à près d’un million de personnes, autant se trouvant dans celui de Deir el-Balah, et plus de 500.000 dans celui de Khan Younès.”Affamer des gens à des fins militaires est un crime de guerre”, a rappelé le haut-commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Volker Türk. – “Portes de l’enfer” -“Nous ne pouvons pas laisser cette situation perdurer en toute impunité”, a déclaré pour sa part le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, appelant à un “cessez-le-feu immédiat, la libération immédiate de tous les otages et un accès humanitaire total”. Début mars, le gouvernement israélien a imposé à la bande de Gaza – déjà sous blocus israélien depuis plus de 15 ans avant la guerre – un total blocus humanitaire, entraînant de graves pénuries de nourriture. Il l’a assoupli à partir de fin mai, mais la quantité d’aide internationale autorisée à entrer depuis lors est jugée largement insuffisante par l’ONU et les humanitaires, ce que conteste Israël.Avant la déclaration de famine, le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé la ville de Gaza de destruction totale si le Hamas n’acceptait pas la paix aux termes israéliens. “Bientôt, les portes de l’enfer s’ouvriront” jusqu’à ce que le Hamas accepte “les conditions posées par Israël pour mettre fin à la guerre, principalement la libération de tous les otages et (son) désarmement” a-t-il écrit sur X.Parallèlement à la pression militaire, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a annoncé jeudi avoir ordonné des “négociations immédiates” pour  “la libération de tous (les) otages” et “mettre la fin à la guerre dans des conditions acceptables pour Israël”.- “Souhaiter la mort” -Sans la citer explicitement, il répondait à la dernière proposition des médiateurs – Egypte, Qatar et Etats-Unis – en vue d’un cessez-le-feu, acceptée lundi par le Hamas. Elle prévoit, selon des sources palestiniennes, une trêve de 60 jours durant laquelle les otages toujours captifs à Gaza (au nombre de 49 dont 27 morts selon l’armée) israélienne) seraient relâchés en deux temps en échange de la libération de prisonniers palestiniens.Israël, qui contrôle aujourd’hui environ 75% du territoire palestinien, a approuvé cette semaine un plan d’assaut contre Gaza-ville, la plus grande du territoire, et annoncé le rappel de 60.000 réservistes supplémentaires.Depuis, l’étau militaire se resserre sur Gaza-ville.”C’est comme si nous étions en enfer. Je deviens folle. Je ne peux pas imaginer être déplacée encore une fois”,  déclare à l’AFP Oum Ibrahim Younès, une mère de quatre enfants de 43 ans, qui vit dans les ruines de sa maison à Gaza.”Le bombardement s’intensifie chaque jour, les explosions ne s’arrêtent jamais. Nous attendons la mort, nous en sommes venus à la souhaiter”, témoigne Nivine Ahmed, 47 ans, déplacée avec ses cinq enfants dans une tente à l’ouest de Gaza. L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 62.192 morts dans la bande de Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU, mais qui ne précise pas le nombre de combattants tués.

L’ONU déclare la famine à Gaza

L’ONU a officiellement déclaré vendredi la famine à Gaza, qu’Israël menace de destruction totale si le Hamas n’accepte pas la paix à ses conditions.Le gouvernement israélien a immédiatement rejeté le rapport onusien, bâti selon lui sur des “mensonges” et “fabriqué ‘sur-mesure'” pour le Hamas, le mouvement islamiste palestinien dont l’attaque sans précédent le 7 octobre 2023 contre Israël a déclenché la guerre.”C’est la famine, la famine de Gaza”, a déclaré à Genève le chef des opérations humanitaires des Nations unies, Tom Fletcher, après des mois de mises en garde humanitaires. Le constat s’appuie sur le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) onusien, qui a confirmé qu’une famine était en cours dans le gouvernorat de Gaza (nord).Cela confirme “l’ampleur de la catastrophe humanitaire que subit notre peuple en raison de l’agression israélienne”, a réagi le Hamas, appelant à “une action immédiate de l’ONU” pour mettre fin à la guerre, et “l’ouverture sans restriction des points de passage” en vue de “l’entrée urgente et continue de nourriture, médicaments, eau et carburant”.Selon des experts de l’ONU, plus d’un demi-million de personnes à Gaza affrontent des conditions “catastrophiques”, le niveau de détresse alimentaire le plus élevé de l’IPC, caractérisé par la famine et la mort.- “Obstruction systématique” -Cette famine “aurait pu être évitée” sans “l’obstruction systématique d’Israël”, a accusé M. Fletcher.”Il n’y a pas de famine à Gaza”, a rétorqué le ministère des Affaires étrangères israélien, accusant l’IPC de s’être “détourné de ses propres règles”. Chaque jour des journalistes de l’AFP dans la bande de Gaza assistent à des distributions alimentaires où des foules de Palestiniens de tous âges se ruent en criant, pleurant, suppliant qu’on leur remplisse des gamelles ou casseroles vides tendues avec l’énergie du désespoir. Selon l’IPC, la famine devrait s’étendre aux gouvernorats de Deir el-Balah (centre) et Khan Younès (sud) d’ici à fin septembre.Le gouvernorat de Gaza, qui englobe essentiellement Gaza-ville, représente environ 20% de la superficie du territoire palestinien assiégé. L’ONU y estime actuellement la population à près d’un million de personnes, autant se trouvant dans celui de Deir el-Balah, et plus de 500.000 dans celui de Khan Younès.”Affamer des gens à des fins militaires est un crime de guerre”, a rappelé le haut-commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Volker Türk. – “Portes de l’enfer” -“Nous ne pouvons pas laisser cette situation perdurer en toute impunité”, a déclaré pour sa part le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, appelant à un “cessez-le-feu immédiat, la libération immédiate de tous les otages et un accès humanitaire total”. Début mars, le gouvernement israélien a imposé à la bande de Gaza – déjà sous blocus israélien depuis plus de 15 ans avant la guerre – un total blocus humanitaire, entraînant de graves pénuries de nourriture. Il l’a assoupli à partir de fin mai, mais la quantité d’aide internationale autorisée à entrer depuis lors est jugée largement insuffisante par l’ONU et les humanitaires, ce que conteste Israël.Avant la déclaration de famine, le ministre de la Défense, Israël Katz, a menacé la ville de Gaza de destruction totale si le Hamas n’acceptait pas la paix aux termes israéliens. “Bientôt, les portes de l’enfer s’ouvriront” jusqu’à ce que le Hamas accepte “les conditions posées par Israël pour mettre fin à la guerre, principalement la libération de tous les otages et (son) désarmement” a-t-il écrit sur X.Parallèlement à la pression militaire, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a annoncé jeudi avoir ordonné des “négociations immédiates” pour  “la libération de tous (les) otages” et “mettre la fin à la guerre dans des conditions acceptables pour Israël”.- “Souhaiter la mort” -Sans la citer explicitement, il répondait à la dernière proposition des médiateurs – Egypte, Qatar et Etats-Unis – en vue d’un cessez-le-feu, acceptée lundi par le Hamas. Elle prévoit, selon des sources palestiniennes, une trêve de 60 jours durant laquelle les otages toujours captifs à Gaza (au nombre de 49 dont 27 morts selon l’armée) israélienne) seraient relâchés en deux temps en échange de la libération de prisonniers palestiniens.Israël, qui contrôle aujourd’hui environ 75% du territoire palestinien, a approuvé cette semaine un plan d’assaut contre Gaza-ville, la plus grande du territoire, et annoncé le rappel de 60.000 réservistes supplémentaires.Depuis, l’étau militaire se resserre sur Gaza-ville.”C’est comme si nous étions en enfer. Je deviens folle. Je ne peux pas imaginer être déplacée encore une fois”,  déclare à l’AFP Oum Ibrahim Younès, une mère de quatre enfants de 43 ans, qui vit dans les ruines de sa maison à Gaza.”Le bombardement s’intensifie chaque jour, les explosions ne s’arrêtent jamais. Nous attendons la mort, nous en sommes venus à la souhaiter”, témoigne Nivine Ahmed, 47 ans, déplacée avec ses cinq enfants dans une tente à l’ouest de Gaza. L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1.219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. La campagne de représailles israéliennes a fait au moins 62.192 morts dans la bande de Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU, mais qui ne précise pas le nombre de combattants tués.

Zéro impôt et luxe à gogo: Dubaï aimante les millionnaires

Dubaï séduit un nombre croissant de millionnaires, attirés par l’environnement favorable aux affaires de l’émirat du Golfe, l’absence d’impôt sur le revenu, et la possibilité d’y mener un train de vie aussi fastueux que décomplexé. De longue date, les Emirats arabes unis, et plus encore leur vitrine étincelante qu’est Dubaï, captent les grandes fortunes régionales. Désormais, celles-ci sont rejointes par des Occidentaux de plus en plus nombreux, selon les agences de conseil spécialisées. La société de conseil Henley & Partners estime que les Emirats arabes unis attireront cette année un nombre sans précédent de 9.800 millionnaires, plus que n’importe quel autre pays au monde.Hub du commerce international et carrefour stratégique entre l’Europe et l’Asie, Dubaï dispose d’un aéroport parmi les plus fréquentés au monde et d’un port à l’activité intense. Dans cette mégapole de 3,5 millions d’habitants, dont 90% d’expatriés, cohabitent main-d’oeuvre à bas coût, influenceurs et millionnaires.Nombre de ces derniers “considèrent que le succès est devenu un handicap dans leur pays d’origine. Ils sont davantage taxés, davantage scrutés et on leur offre moins”, avance Mike Coady, qui dirige Skybound Wealth Management, un cabinet spécialisé dans la gestion de patrimoine. A Dubaï, poursuit-il, la richesse est “normalisée”, à rebours d’une “rhétorique croissante hostile aux riches” ailleurs.  A Londres, affirme-t-il, ses clients “chuchotent” quand ils chiffrent leurs revenus, “ici ils peuvent vivre librement”. – “Meilleur mode de vie” – Pour les mêmes revenus, Dubaï “offre un meilleur mode de vie” qu’ailleurs, met aussi en avant Max Maxwell, PDG de Paddco Real Estate, qui a quitté les Etats-Unis pour les Emirats, dans le podcast britannique “Building Wealth With No Borders”. Dubaï compte déjà 81.200 millionnaires et 20 milliardaires, ce qui en fait l’une des 20 villes les plus riches de la planète. A l’absence d’impôt sur le revenu, un environnement commercial flexible et un accès sans entraves au luxe s’ajoutent parmi ses atouts un taux de criminalité très bas, et la stabilité politique.  Philippe Amarante, de Henley & Partners, souligne que la place permet de faire des affaires avec “très peu de formalités administratives”.  Un programme de “golden visa” offre aussi aux étrangers fortunés ou hautement qualifiés un permis de résidence de dix ans.De quoi nourrir des critiques sur les inégalités abyssales entre ces émigrés et les armées de travailleurs migrants mal rémunérés, qui forment l’épine dorsale de l’économie. Eux sont exposés à des “abus généralisés”, alerte l’ONG Human Rights Watch.- “Acheter un immeuble entier” – La ville connaît depuis des années une frénésie immobilière: gratte-ciels scintillants, villas de luxe, îles artificielles et complexes résidentiels de prestige.  Dépassant New York et Londres réunies, 435 maisons d’une valeur de 10 millions de dollars ou plus y ont été vendues l’année dernière, ce qui en fait le marché le plus actif pour les propriétés haut de gamme, selon Faisal Durrani, du cabinet de conseil immobilier Knight Frank.Désormais, les riches du monde entier y installent leurs familles, leurs entreprises et leurs bureaux privés, “ce qui est nouveau”, relève-t-il. Il affirme être sollicité par des acheteurs, venus de bastions fortunés comme Monaco ou la Suisse, qui “cherchent un appartement à 100 millions de dollars”. “A Dubaï, pour ce prix, vous pouvez acheter un immeuble entier”.M. Coady explique que ses clients installés aux Emirats sont pour la plupart des professionnels trentenaires ou quadragénaires: fondateurs de start-up technologiques, héritiers d’entreprises familiales, consultants ou gestionnaires de fonds.L’un d’eux, un Britannique de 42 ans à la tête d’une société de logiciels, a décidé d’émigrer par crainte d’une taxation des plus-values lors de la vente de son entreprise. La Grande-Bretagne devrait perdre cette année un record de 16.500 millionnaires, estime Henley & Partners.A Dubaï, les autorités ont toutefois dû renforcer leur lutte contre le blanchiment d’argent après l’inscription en 2022 des Emirats sur une “liste grise” internationale, en raison de soupçons de transactions opaques et de l’afflux de capitaux russes dans le sillage de l’invasion de l’Ukraine. Depuis, les Emirats ont extradé plusieurs individus recherchés, dont des barons de la drogue, et obtenu leur retrait de cette liste.