AFP World

Ukraine: six morts à Kiev dans une attaque russe d’ampleur sur des quartiers résidentiels

Au moins six personnes ont été tuées vendredi dans un même immeuble lors d’une attaque russe massive qui a touché plusieurs quartiers résidentiels de Kiev, la capitale ukrainienne restant confrontée à des coupures de courant, tandis que Moscou a rapporté avoir détruit plus de 200 drones ukrainiens sur son territoire.L’Ukraine a essuyé ces dernières semaines plusieurs frappes d’ampleur contre son réseau électrique, ses installations gazières et ses réseaux de chemins de fer, faisant craindre un hiver difficile à venir.Dans la nuit de jeudi à vendredi, les forces russes ont tiré 430 drones et 19 missiles sur le pays, dont respectivement 405 drones et 14 missiles ont été abattus, selon l’armée de l’air ukrainienne.”La Russie continue de terroriser les villes ukrainiennes”, a dénoncé le président Volodymyr Zelensky accusant Moscou d’avoir ciblé des “zones résidentielles à Kiev et des installations énergétiques”.Le ministère russe de la Défense a de son côté affirmé, comme lors de chaque frappe nocturne, avoir visé “des installations du complexe militaro-industriel et énergétique” de l’Ukraine.Selon les autorités ukrainiennes, il s’agissait de l’une des pires attaques sur la capitale en terme de nombre de missiles utilisés.Le maire de Kiev, Vitaly Klitschko, a fait état de six morts et de 36 blessés.- “Mes cheveux ont pris feu” -“Mes cheveux ont pris feu”, a raconté à l’AFP Maria Kaltchenko, debout devant un immeuble à la façade ravagée et noircie, la majorité des fenêtres soufflées par l’impact.Elle dit avoir cherché à la lampe torche son chien paniqué et lorsqu’elle s’est retournée, le mur avait disparu. “Les portes avaient été soufflées. Il y avait des flammes partout, le feu se propageait, les voisins criaient”.Une vingtaine de lieux ont été touchés dans sept des dix quartiers de la capitale, dont des bâtiments résidentiels, un hôpital, des magasins et bureaux selon les autorités, qui ne communiquent jamais sur les dégâts causés aux cibles militaires.L’ambassade de l’Azerbaïdjan, pays partenaire de Moscou mais avec qui les relations ont connu des tensions, a été endommagée lors de ces frappes sur Kiev. Bakou a convoqué l’ambassadeur russe pour protester.”Les Russes ont commencé à utiliser beaucoup plus de missiles balistiques, ce qui était très perceptible”, a commenté auprès l’AFP un haut responsable ukrainien s’exprimant sous couvert d’anonymat.Des journalistes de l’AFP ont entendu de fortes explosions dans le centre de Kiev pendant la nuit, et observé que les systèmes de défense antiaérienne avaient été activés. Vendredi soir, l’AFP a constaté que plusieurs quartiers de la capitale étaient plongés dans le noir en raison des coupures planifiées après les frappes russes précédentes.Dans le sud du pays, deux personnes ont été tuées et sept autres blessées vendredi matin sur un marché près d’Odessa, selon le gouverneur régional.- Centrale nucléaire perturbée en Russie -Côté russe, les autorités ont annoncé avoir détruit pendant la nuit un grand nombre de drones ukrainiens, dont certains ont ciblé le port pétrolier de Novorossiïsk sur la mer Noire, ainsi que les villes de Volgograd et Saratov, sur la Volga.Selon le ministère de la Défense, les systèmes antiaériens ont intercepté 216 drones ukrainiens, dont 66 dans la région méridionale de Krasnodar et 59 au-dessus de la mer Noire.Une raffinerie de pétrole de Novorossiïsk a été touchée par un incendie qui a été ensuite éteint. Plusieurs immeubles résidentiels ont été endommagés par des fragments de drones, ainsi qu’un bateau civil, faisant plusieurs blessés, selon les autorités.L’Ukraine cible régulièrement les dépôts et raffineries de pétrole en Russie, ainsi que les conduites d’hydrocarbures ou des sous-stations électriques.Un civil a été tué dans une attaque de drone ukrainien sur une voiture dans la région de Belgorod, frontalière de l’Ukraine, a indiqué sur Telegram son gouverneur Viatcheslav Gladkov.Le fonctionnement de la centrale nucléaire de Novovoronej dans le sud-ouest de la Russie a par ailleurs été brièvement perturbé jeudi après la chute de débris de drones ukrainiens qui ont endommagé des dispositifs, a indiqué vendredi le directeur de l’agence russe du nucléaire Rosatom.Selon lui, “environ huit drones” ukrainiens ont visé cette centrale nucléaire située à quelque 500 kilomètres de Moscou.

Marseille horrifiée après l’assassinat d’un 2e frère d’un écologiste engagé contre le narcobanditisme

“Point de bascule effrayant”: Marseille est vendredi sous le choc après le meurtre d’un deuxième frère d’Amine Kessaci, militant écologiste de 22 ans engagé dans la lutte contre le narcobanditisme, le parquet n’excluant pas l’hypothèse d’un assassinat d’avertissement.Amine Kessaci “souhaite pour le moment garder le silence”, insistent les Ecologistes.Jeudi, aux alentours de 14H30, Mehdi, son petit frère de 20 ans et qui voulait devenir policier, a été abattu près d’une salle de concert par deux personnes à moto, activement recherchées.En 2020, cette famille de six enfants a déjà été endeuillée par l’assassinat de Brahim, 22 ans, dont le corps a été retrouvé carbonisé dans un véhicule. L’enquête ne fait que débuter mais seule certitude: Mehdi est une “victime innocente”, selon une source proche de l’enquête, inconnue des services de police et de justice, selon le parquet.Ce drame relance le débat sur la dangereuse lutte contre le narcobanditisme dans la deuxième ville de France.Le procureur de la République de Marseille Nicolas Bessone n’exclut pas l’hypothèse d’un assassinat d’avertissement visant à atteindre Amine Kessaci, qui était sous protection policière depuis quelques semaines.”Si tel devait être le cas, on aurait franchi une étape supplémentaire. Ça rappelle un certain nombre de périodes terribles connues dans notre pays, où vous allez assassiner des gens, simplement parce qu’ils sont membres d’une famille avec laquelle vous avez des problèmes”, a-t-il estimé sur Franceinfo.”Si l’hypothèse d’un assassinat d’avertissement, destiné à décourager Amine de son engagement contre le narcotrafic qui gangrène notre ville, était confirmée, nous serions devant un changement de dimension absolument terrifiant”, s’est inquiété le maire divers-gauche Benoît Payan dans une déclaration à l’AFP. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin parle lui sur X d'”un point de bascule effrayant”.Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui s’est entretenu avec M. Payan et la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier, assure “suivre évidemment de très très près cette affaire, en lien avec la préfecture et les services de police sur place”, selon son entourage. –  “On a peur” -Concernant Amine Kessaci -(qui en 2024 a manqué de peu d’être élu député face à une candidate Rassemblement national) sa protection a été déclenchée après des menaces identifiées par la police, selon une source proche de l’enquête. Dans un contexte particulier: la parution à la rentrée de son livre “Marseille, essuie tes larmes”, longue lettre adressée à son grand frère Brahim, qui n’avait pas le même père que lui, et la perspective du procès attendu en 2026 des assassins présumés de Brahim et de deux autres hommes tués avec lui. Ce fait-divers fut à l’époque un électrochoc et les autorités ont commencé à partir de là à parler d’une forme de cartélisation comparable à ce qu’il se passe en Amérique du Sud.Vendredi, une cagnotte a été lancée par l’association Conscience qu’il a créée pour soutenir la famille. Cette structure veut justement oeuvrer pour aider les proches de victimes de narchomicides. A Frais Vallon, le quartier où ils ont grandi, rare sont les habitants à oser parler. A voix basse, Fatima (prénom d’emprunt), confie qu’elle les connaît bien, ils ont habité à quelques portes de chez elle. “Des gamins gentils. Mehdi et puis son frère là, le grand qui passait à la télé… Ça fait beaucoup de peine”, souffle-t-elle, avant de s’engouffrer dans son hall d’immeuble, craignant d’être vue par les jeunes attroupés en bas des tours. “On s’en prend à une famille pour museler la parole, ça va refroidir pas mal de monde”, a réagi auprès de l’AFP Karima Méziène, avocate de familles de victimes et qui a elle-même perdu son frère dans un règlement de comptes. “Toutes les mamans sont dans un état catastrophique”, confie Atika Sadani, dont la nièce est morte dans un règlement de comptes. Elle était d’ailleurs en route avec d’autres pour aller réconforter la famille. “Jusqu’à présent on essayait de convaincre les mamans de parler aux médias, mais maintenant on fait quoi ? On a peur.”A Marseille, avant 2020/2021 les victimes étaient bien ancrées dans le narcobanditisme, puis les cibles sont devenues les petites mains du trafic, parfois mineures et touchées à l’aveugle. “Là, la personne intimidée ne participe pas au trafic. Au contraire”, souligne le criminologue Jean-Baptiste Perrier. “Il y a un risque de glissement. Il faut aussi le remettre dans le contexte des menaces qui ont pesé sur les directeurs d’établissement pénitentiaires, des magistrats.”tgg-jp-we-las-mca/san/gvy

Equipe de France: Deschamps, les chantiers de l’Atlantique

Tirage au sort, choix du camp de base, matches amicaux et élaboration de la liste: la qualification pour le Mondial-2026 en poche, Didier Deschamps va désormais s’atteler à la préparation d’un tournoi pas comme les autres, son 7e et dernier à la tête des Bleus, avec l’ambition de partir la tête haute.Le sélectionneur, arrivé aux commandes de l’équipe de France en 2012 et qui n’a raté aucune phase finale durant son long mandat, est rompu à l’exercice. Mais le technicien de 57 ans et son staff vont rapidement être confrontés à des problématiques logistiques et sportives inédites au moment de se projeter vers un événement au format très particulier, à 48 équipes et organisé dans trois pays (Etats-Unis, Mexique, Canada) avec autant de fuseaux horaires différents.Après le déplacement sans enjeu en Azerbaïdjan, dimanche, qui s’effectuera sans le capitaine Kylian Mbappé, forfait en raison d’une inflammation de la cheville droite, et servira sans doute à donner du temps de jeu à ses remplaçants habituels, Deschamps aura un premier rendez-vous capital le 5 décembre à Washington avec le tirage au sort de la Coupe du monde. Actuellement troisième au classement Fifa, la France est assurée de figurer parmi les douze têtes de série et sera donc logiquement épargnée au premier tour. Mais l’identité des adversaires et surtout les lieux des rencontres seront déterminants pour concocter le programme des Bleus pour les mois à venir. La question du camp de base sera alors tranchée, l’encadrement devant effectuer un choix parmi les 65 sites proposés par la Fifa.”Aujourd’hui, il est impossible de valider quoi que ce soit. Il y a trois zones avec de grandes distances. Il y a tellement de surface à couvrir, mais on en saura beaucoup plus au tirage au sort. Au moins les trois premiers matches. Tout dépend de notre groupe, où cela se situe”, a expliqué Deschamps jeudi à l’issue de la victoire contre l’Ukraine (4-0) au Parc des Princes qui a validé le billet pour le Mondial.  – Une tournée aux USA en mars? -La fenêtre internationale du mois de mars, la seule avant l’annonce de la liste des joueurs retenus pour la Coupe du monde, est également un sujet sensible. Selon une source proche du dossier, la Fédération française de football envisage une tournée aux Etats-Unis avec deux rencontres amicales à l’agenda dont l’un pourrait opposer les Tricolores au Brésil. A ce stade, Deschamps préfère renvoyer la balle du côté de la FFF.  “Il faut voir avec le président (de la Fédération, ndlr) mais c’est possible”, a-t-il indiqué. Quel que soit le lieu des ces deux matches, ils constitueront l’ultime opportunité pour effectuer des tests avant la divulgation du groupe France pour le Mondial en mai et les deux amicaux censés se tenir avant le début de la compétition (11 juin-19 juillet).”Beaucoup de joueurs peuvent prétendre à l’équipe de France, s’ils sont tous là et disponibles. C’est le mal que je me souhaite, ce sera difficile de choisir”, a reconnu le sélectionneur.Pour un technicien qui a atteint trois fois la finale en six phases finales, les ambitions ne peuvent en tout cas qu’être élevées, histoire d’effacer la déception de l’Euro-2024 (demi-finales avec seulement 4 buts inscrits en six rencontres) avant de passer la main. Le Basque dit “ne pas rêver” d’une troisième étoile mais difficile pour une nation comme la France de ne pas viser le titre suprême.   “On a le devoir d’aller le plus loin possible”, a lancé Deschamps.Mbappé, dont la trajectoire est intimement liée à la Coupe du monde (vainqueur en 2018, finaliste et meilleur buteur en 2022), se veut plus explicite que son patron.    “Si l’objectif, c’est demi-finale, on va en demi-finale, on s’arrête, on rentre? Non, l’objectif, c’est gagner. C’est le rêve de tout le monde. Si on va en demis, on ne va pas dire que l’objectif est rempli. Le rêve, c’est de gagner”, a lancé le capitaine jeudi.

Suède : plusieurs personnes meurent percutées par un bus à Stockholm

Un bus a percuté et tué plusieurs personnes à un arrêt de bus vendredi en fin d’après-midi dans le centre de Stockholm, faisant également plusieurs blessés, a annoncé la police suédoise.Un grand nombre de policiers, d’ambulances et de véhicules d’urgence ont été envoyés sur les lieux, avec des équipes de secours accroupies sous le bus à impériale, semblant aider les personnes coincées dessous. La cause de l’accident est encore inconnue, a indiqué une porte-parole de la police, Nadya Norton, à l’AFP. “L’enquête devra déterminer ce qui s’est passé. Il est trop tôt pour se prononcer et je ne veux pas spéculer”, a-t-elle déclaré. Le chauffeur du bus a été interpellé et une enquête pour homicide involontaire est ouverte, comme le veut la procédure habituelle, a-t-elle souligné. “Nous devons l’interroger, puis nous verrons s’il sera libéré ou placé en état d’arrestation”, a poursuivi Mme Norton.Deux personnes sont gravement blessées et ont été transportées à l’hôpital, a dit une porte-parole de la région de Stockholm, Michelle Marcher à l’AFP.La police a reçu les premiers appels signalant l’accident à 15h23 (14h23 GMT).Le Premier ministre, Ulf Kristersson a adressé “ses pensées” aux personnes touchées et à leurs proches”, dans un message sur X.”J’ai appris la tragique nouvelle que plusieurs personnes ont perdu la vie et ont été blessées à un arrêt de bus dans le centre de Stockholm. Des personnes qui rentraient peut-être chez elles pour retrouver leurs familles, leurs amis ou passer une soirée tranquille à la maison”, a-t-il ajouté.- “Un chaos” -Une témoin, Michelle Mac Key, a déclaré au quotidien Expressen qu’elle descendait d’un autre bus sur les lieux au moment où l’accident s’est produit. “J’ai traversé la route et j’ai vu le bus à impériale qui avait fauché toute une file d’attente à l’arrêt de bus”, a-t-elle déclaré. Les gens criaient et essayaient d’aider les blessés. Elle a dit avoir vu des blessés et des morts gisant sur le sol. “Il devait y avoir d’autres personnes sous le bus”, a dit cette infirmière. Avec un autre homme, médecin, ils ont proposé leur aide à la police à son arrivée. “Ils nous ont dit de nous tenir à côté des cadavres”, a-t-elle déclaré. “Au début, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un exercice. Que c’étaient peut-être des poupées. C’était tellement irréel. Le chaos”.Une autre témoin qui habite dans le quartier a déclaré à Aftonbladet avoir entendu un grand fracas. “J’étais allongée sur mon lit, quand j’ai entendu un grand fracas et plusieurs personnes crier. J’ai couru vers la fenêtre et j’ai vu un bus accidenté et plusieurs personnes gisant sur le sol”, a déclaré la femme, dont l’identité n’a pas été révélée. Une partie de l’avenue très fréquentée Valhallavagen a été bloquée en raison de l’accident et des techniciens de la police étaient à l’œuvre sur place.