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Ukraine: 25 morts dans une frappe russe avant des efforts diplomatiques en Turquie

Au moins 25 personnes ont été tuées et plus de 70 blessées mercredi dans l’une des pires frappes russes sur l’Ouest de l’Ukraine, au moment où le président Volodymyr Zelensky tente en Turquie de “relancer” les négociations de paix dans l’impasse.Le Kremlin a de son côté refusé de commenter des informations publiées par le média américain Axios, selon lesquelles Washington et Moscou préparent discrètement un plan de paix pour mettre fin à près de quatre ans de guerre en Ukraine.M. Zelensky est arrivé dans la matinée à Ankara pour rencontrer son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan. En revanche, l’émissaire américain Steve Witkoff ne sera pas présent, a indiqué à l’AFP un responsable américain.Selon des responsables ukrainiens à l’AFP, ces contacts, sans présence russe, visent surtout à “réengager” les Etats-Unis dans le processus de paix et à les convaincre d’accroître la pression sur Moscou.En attendant, l’Ukraine a vécu dans la nuit l’une des attaques les plus meurtrières de l’année, impliquant 476 drones et 48 missiles russes, dont respectivement 442 et 41 ont été abattus, selon l’armée de l’air.Cette attaque a notamment visé les régions occidentales de l’Ukraine, d’ordinaire plus épargnées en raison de leur éloignement du front: Lviv, Ivano-Frankivsk et Ternopil.A Ternopil, au moins 25 personnes ont été tuées, dont trois enfants, et 73 blessées, selon le dernier bilan du ministère de l’Intérieur. Les bombardements ont “endommagé des immeubles d’habitation ainsi que des installations industrielles et des entrepôts”, provoquant “des incendies de grande ampleur”, a-t-il indiqué.- Étages éventrés -L’administration régionale de Ternopil a appelé les habitants à rester chez eux et à fermer les fenêtres en raison d’une teneur en chlore dans l’air supérieure à la norme, liée aux incendies et fortes fumées.Un journaliste de l’AFP sur place a vu deux immeubles d’habitation dont les derniers étages ont été éventrés, de la fumée s’échappant de ce qu’il restait des appartements, tandis que des pompiers s’activaient autour avec une lance à incendie.M. Zelensky a estimé que ces frappes montraient que “la pression sur la Russie était insuffisante”. “Voilà à quoi ressemblent en réalité les +plans de paix+ de la Russie”, a ironisé le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga.Comme lors d’autres attaques, la Roumanie, membre de l’Otan et voisine de l’Ukraine, a annoncé avoir déployé des avions en réponse à une nouvelle incursion de drone sur son territoire.En Russie, le ministère de la Défense a rapporté mercredi avoir neutralisé, la veille, une attaque ukrainienne à l’aide de missiles américains ATACMS sur la ville de Voronej, dans le sud-ouest du pays.Il a précisé avoir abattu les quatre missiles, la chute de débris ayant endommagé entre autres une clinique et un orphelinat sans faire de victimes.L’état-major ukrainien avait confirmé mardi soir avoir attaqué la Russie à l’aide d’ATACMS, une arme américaine qui n’avait pas été utilisée depuis plusieurs mois.Le ministère russe de la Défense a aussi dit mercredi avoir abattu 65 drones ukrainiens au-dessus de six régions de Russie.- “Réengager” Washington -Depuis son retour au pouvoir en début d’année, Donald Trump s’est présenté comme un médiateur pour ce conflit, bien que Washington ait été un soutien militaire et financier majeur de Kiev depuis quatre ans.Ses efforts n’ont toutefois pas abouti à une cessation des hostilités. Se disant tour à tour frustré par Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, il a finalement adopté en octobre des sanctions contre le secteur pétrolier russe.Plusieurs sessions de pourparlers entre Russes et Ukrainiens à Istanbul cette année n’ont pas abouti à des avancées majeures.La Russie, qui occupe environ 20% de l’Ukraine, réclame que celle-ci lui cède cinq régions et renonce à intégrer l’Otan. Kiev refuse et réclame le déploiement de troupes occidentales pour se protéger, idée que la Russie juge inacceptable.La volonté de Kiev de relancer les pourparlers intervient à un moment très difficile pour l’armée ukrainienne.Une ville clé sur le front Est, Pokrovsk, semble sur le point de tomber ; les soldats russes ont pénétré cet été dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est) et avancent depuis plusieurs jours dans celle de Zaporijjia (sud), où le front était largement gelé depuis deux ans.La semaine dernière, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait indiqué que Moscou était “ouvert à des processus de négociation” pour résoudre le conflit, tout en jugeant Kiev et l’Europe responsables du gel des discussions.

Menace russe: l’UE veut accélérer la mobilité des armées sur le continent

L’UE a présenté mercredi un ensemble de mesures censées accélérer la mobilité des armées sur le continent face à la menace russe. Objectif: qu’une colonne de chars basés en Espagne n’arrive pas en Pologne “après la guerre”, résume un responsable européen.”L’infanterie remporte des batailles, mais c’est la logistique qui gagne les guerres”, a martelé devant la presse le commissaire européen à la Défense Andrius Kubilius, citant le général américain John Pershing (1860-1948).Or, pour le moment, l’intendance ne suit pas.Il est encore indispensable aujourd’hui d’obtenir des autorisations, pays par pays, pour faire transiter ces chars dans l’Union européenne. Et, une fois obtenus ces laissez-passer, ils risquent fort d’être contraints d’emprunter quantité d’itinéraires bis pour éviter des routes ou des ponts trop fragiles pour les supporter.Pire, des chars “n’ont pas reçu l’autorisation de se déplacer dans un État membre car leur poids dépassait la limite fixée dans les règles de la circulation routière”, relevait il y a quelques mois la Cour des comptes de l’Union européenne (UE), dans un rapport très critique sur la mobilité militaire.Quelque 500 points de passage obligés tout au long des corridors susceptibles d’être empruntés par les armées de l’UE en cas de guerre ont été identifiés, en attendant que cette liste soit confirmée par les pays concernés. Mais la Commission juge déjà que la plupart de ces “hotspots” devront impérativement être modernisés pour permettre cette indispensable mobilité des armées, brusquement revenue d’actualité après l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022. Et le coût sera significatif: quelque 100 milliards d’euros, selon le commissaire européen aux Transports Apostolos Tzitzikostas.- “Stress tests” -Pour remédier à ces goulots d’étranglement, la Commission propose d’instaurer un “permis unique” valable dans toute l’Union européenne, afin d’éviter cette succession de demandes d’autorisations, dont certaines doivent être faites 45 jours à l’avance.Cette simplification des règles doit permettre de ramener à “trois jours” la durée de transport des matériels et des troupes nécessaires en cas de nécessité, a précisé la vice-présidente de la Commission européenne Henna Virkkunen.En cas d’urgence, elle veut aussi fixer des règles claires en instaurant par exemple des autorisations de passage prioritaires, pour éviter tout blocage.Dans ce cadre, Bruxelles propose également un “mécanisme de solidarité”, mettant en commun des matériels à usage civil et militaire, comme des camions, dans lequel chaque État membre pourra puiser facilement.Et pour vérifier que tout cela fonctionne, Bruxelles veut organiser régulièrement des “stress tests”, des tests de résistance pour s’assurer par exemple que telle ou telle infrastructure est bien praticable.La Commission propose de consacrer au moins 17 milliards d’euros à la mobilité militaire sur la période 2028-2034, soit 10 fois plus que pour la période précédente (2021-2027).La prise de conscience des retards en matière de mobilité militaire ne date pas d’hier. La Commission européenne a déjà présenté deux plans d’action dans ce domaine, dont le dernier, rendu public en novembre 2022, lui avait valu les critiques de la Cour des comptes de l’UE. Le gendarme des finances européennes relevait ainsi en avril dernier qu’en dépit de mesures annoncées fin 2022, les progrès étaient “variables”.La Commission européenne va également annoncer mercredi un plan visant à rapprocher l’industrie de défense européenne des nouvelles technologies, comme l’intelligence artificielle, le quantique ou le spatial. Les industriels de l’armement y font déjà largement appel, mais Bruxelles veut favoriser les projets en commun. Elle veut ainsi que les “usines d’intelligence artificielle”, plateformes qui permettent de tester des solutions en IA, soient aussi ouvertes aux industries de défense. 19 de ces usines existent dans l’Union européenne et d’autres doivent voir le jour, y compris des “giga-usines” encore plus performantes.

Ukraine: 10 morts dans une frappe russe avant des efforts diplomatiques en Turquie

L’Ukraine a été de nouveau frappée par des drones et missiles russes qui ont fait au moins dix morts mercredi dans l’ouest, selon les autorités, au moment où Volodymyr Zelensky est en Turquie pour tenter de “raviver” les négociations de paix dans l’impasse avec la Russie.Le Kremlin a de son côté refusé mercredi de commenter des informations publiées par le média américain Axios selon lesquelles Washington et Moscou préparent discrètement un plan de paix pour mettre fin à plus de trois ans de guerre en Ukraine.Le président ukrainien est arrivé dans la matinée à Ankara pour rencontrer son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé sur la plateforme X le chef de l’administration présidentielle ukrainienne, Andriï Iermak.Il a assuré être en “communication constante” avec l’émissaire américain, Steve Witkoff, qui n’a pas confirmé sa participation aux discussions.Ces contacts, sans présence russe, visent à “réengager” les Etats-Unis dans le processus de paix, dans l’impasse, et de les convaincre d’accroître la pression sur Moscou, en position de force sur le front.En attendant, l’Ukraine a fait face dans la nuit à des frappes massives impliquant 476 drones et 48 missiles russes, dont respectivement 442 et 41 ont été abattus, selon l’armée de l’air.Cette attaque a notamment visé les régions occidentales de l’Ukraine, d’ordinaire plus épargnées par les bombardements en raison de leur éloignement du front: Lviv, Invano-Frankivsk et Ternopil.A Ternopil, au moins 10 personnes ont été tuées et 37 blessées parmi lesquelles 12 enfants, et des immeubles résidentiels ont été endommagés, selon les services de secours. Des habitants pourraient encore être piégés sous les décombres, a précisé le président Volodymyr Zelensky.L’administration régionale de Ternopil a appelé “si possible” les habitants à ne pas quitter leur domicile et fermer les fenêtres, en raison d’une teneur en chlore dans l’air supérieure à la norme, provoquée par des incendies et fortes fumées.Le dirigeant ukrainien a estimé que ces frappes montraient que “la pression sur la Russie était insuffisante”. “Des sanctions efficaces et une aide à l’Ukraine peuvent changer cela”, a-t-il plaidé.- Missiles américains -En Russie, le ministère de la Défense a de son côté rapporté mercredi avoir neutralisé, la veille, une attaque ukrainienne à l’aide de missiles américains ATACMS sur la ville de Voronej, dans le sud-ouest du pays.Il a précisé avoir abattu les quatre missiles, la chute de débris ayant endommagé entre autres une clinique et un orphelinat sans faire de victimes.L’état-major ukrainien avait confirmé mardi soir avoir attaqué la Russie à l’aide d’ATACMS, une arme américaine qui n’avait pas été utilisée depuis plusieurs mois.Le ministère russe de la Défense a aussi dit mercredi avoir abattu 65 drones ukrainiens au-dessus de six régions de Russie.Ces frappes croisées interviennent alors que Volodymyr Zelensky cherche à convaincre Washington de se “réengager”, selon des responsables ukrainiens interrogés par l’AFP. Depuis son retour au pouvoir en début d’année, Donald Trump s’est présenté comme un médiateur pour ce conflit, bien que Washington ait été un soutien militaire et financier majeur de Kiev depuis quatre ans.Ses efforts n’ont toutefois pas abouti à une cessation des hostilités. Se disant tour à tour frustré par Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, il a finalement adopté en octobre des sanctions contre le secteur pétrolier russe.- Kiev en difficulté sur le front -Malgré plusieurs sessions de pourparlers entre Russes et Ukrainiens à Istanbul cette année, les positions des deux camps continuent d’être diamétralement opposées sur les conditions d’une paix, les modalités d’un cessez-le-feu ou une rencontre entre leurs dirigeants.La volonté de Kiev de relancer les pourparlers intervient surtout dans un moment très difficile pour l’armée ukrainienne.Une ville clé sur le front Est, Pokrovsk, semble sur le point de tomber ; les soldats russes ont pénétré cet été dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est) et avancent depuis plusieurs jours dans celle de Zaporijjia (sud), où le front était largement gelé depuis deux ans.La semaine dernière, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait indiqué que Moscou était “ouvert à des processus de négociation” pour résoudre le conflit, tout en jugeant Kiev et l’Europe responsables du gel des discussions.La Russie, qui occupe environ 20% du territoire ukrainien, exige notamment que Kiev lui cède quatre régions du sud et de l’est du pays et renonce à intégrer l’Otan. Des conditions rejetées par l’Ukraine, qui réclame le retrait des soldats russes et des garanties de sécurité occidentales, jugées inacceptables par Moscou.