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Climat: l’UE face aux pays pétroliers et émergents, la COP30 dans l’impasse

La conférence de l’ONU sur le climat à Belém (Brésil) est entrée en prolongation samedi, avec un face-à-face entre Union européenne d’un côté et des pays pétroliers et émergents de l’autre, en désaccord frontal.Les négociations se sont poursuivies dans la nuit de vendredi à samedi, alors que la COP30 devait s’achever vendredi soir, après deux semaines de travaux. Où en est-on au petit matin?”Nulle part”, répond la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, en arrivant à une réunion avec les Vingt-Sept tôt samedi. De nombreux négociateurs n’ont pas dormi de la nuit, alors que des parties du site à Belem commencent à être démontées.Que doit dire la déclaration finale de cette COP30? La question divise les délégations venues jusqu’en Amazonie.Une séance de clôture est programmée à 10h00 (13h00 GMT), mais l’horaire pourrait changer.Pour les Européens, l’avenir passe obligatoirement par un message pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et les énergies fossiles. Celles-ci sont responsables de la grande majorité du réchauffement. Des pays comme la Chine, la Russie, l’Arabie saoudite ou l’Inde sont désignés par la France comme menant le camp du refus. Mais une partie du monde en développement ne soutient pas non plus la bataille contre les fossiles.Ils expliquent que de nombreuses économies, pauvres ou émergentes, n’ont pas à l’heure actuelle les moyens d’une transition vers une consommation et une croissance moins denses en carbone, ou tout simplement de s’adapter à un climat déréglé. Ils réclament des pays les plus riches des engagements financiers supplémentaires pour aider les nations qui le sont moins.- Européens “isolés” -La présidence brésilienne de la conférence a consulté tout le monde vendredi sur une proposition d’accord qui ne contient plus le mot “fossiles”. Et encore moins la création d’une “feuille de route” sur la sortie du pétrole, du charbon et du gaz, réclamée par au moins 80 pays européens, latino-américains ou insulaires, et soutenue par le président brésilien Lula lui-même.L’Union européenne a évoqué vendredi la perspective de partir “sans accord”. Ce serait un échec retentissant pour l’hôte, le Brésil, et pour une conférence organisée dans l’une des régions emblématiques des questions environnementales posées à la planète, l’Amazonie.Mais cela pose un dilemme. Les Européens se retrouvent “isolés” dans leur refus du texte, selon une délégation d’un des 27. Ils hésitent sur l’attitude à adopter: claquer la porte pour marquer la gravité de la situation, ou chercher encore une conciliation par “peur (…) d’endosser la responsabilité” de l’échec du sommet.Le projet d’accord de la présidence brésilienne demande des “efforts” pour tripler les financements pour l’adaptation des pays pauvres au changement climatique. Or les État appelés à contribuer appelés sont réticents, un an après une COP29, à Bakou, qui les a déjà engagés sur dix ans.”Concentrons-nous sur l’essentiel: l’accès à l’énergie pour les plus pauvres, la sécurité énergétique pour tous et la durabilité énergétique pour la planète”, dit à l’AFP l’Indien Arunabha Ghosh, émissaire de la COP30 pour l’Asie du Sud.- “Nous mettre d’accord” -Selon plusieurs observateurs et délégués interrogés par l’AFP, les débats se concentrent sur des modifications à la marge des trois principaux points de friction: l’ambition de réduction des énergies fossiles, l’aide financière due par les pays développés, et les tensions commerciales sur les taxes carbone aux frontières.”Ceux qui doutent que la coopération soit la meilleure chose à faire pour le climat seront absolument ravis de voir qu’on n’arrive pas à nous mettre d’accord”, lançait le président de la COP30, le diplomate André Corrêa do Lago.L’idée d’une “feuille de route” pour accélérer la sortie du pétrole, du charbon et du gaz, est née de la frustration face au manque de concrétisation de l’engagement à leur abandon progressif pris à la COP28 il y a deux ans.Peu comptaient sur le retour de cette question au menu, jusqu’à ce que le président brésilien la remette au centre du jeu au début du sommet.Premier producteur de pétrole au monde, les États-Unis sont eux-mêmes absents de cette COP30, le président Donald Trump jugeant ces négociations inutiles.

L’ouverture du G20 en Afrique du Sud dominée par le plan américain pour l’Ukraine

Le plan américain pour l’Ukraine vient bousculer l’agenda du sommet des grandes économies du G20, qui s’est ouvert samedi à Johannesburg (Afrique du Sud) et où les Européens multiplient les consultations pour adopter une contre-proposition, selon des sources européennes.Le président américain Donald Trump boycotte le sommet, mais les dirigeants européens présents dans la capitale économique sud-africaine ont prévu de se réunir dans la journée pour discuter de son plan visant à mettre fin à plus de quatre ans d’invasion russe en Ukraine avec leurs homologues canadien, japonais et australien, selon un responsable européen. “Nous travaillons à faire du plan américain quelque chose de valable sur la base de nos échanges précédents”, a précisé une autre source européenne à l’AFP.Le chancelier allemand Friedrich Merz a déjà annoncé vendredi soir s’être “mis d’accord sur les prochaines étapes” avec le président américain lors d’un entretien téléphonique.- Déclaration adoptée -Le G20 regroupe 19 pays plus l’Union européenne et l’Union africaine, et représente 85% du PIB mondial et environ deux tiers de la population.C’est un symbole de “la valeur” du multilatéralisme pour résoudre les défis mondiaux, a mis en avant le président sud-africain Cyril Ramaphosa dans son discours d’ouverture.”Les défis auxquels nous sommes confrontés ne peuvent être résolus que par la coopération, la collaboration et les partenariats”, a-t-il affirmé.  Le président Ramaphosa peut d’ores et déjà revendiquer une victoire pour ce premier G20 organisé en Afrique: une déclaration des dirigeants présents a été adoptée “par consensus” dès le début du sommet, a annoncé sur X un haut responsable du ministère des Affaires étrangères, Clayson Monyela.C’est “un important signal que le multilatéralisme peut arriver à des résultats, et le fait”, s’est félicité Cyril Ramaphosa.Le texte n’a pas été rendu public pour le moment.- Inégalités -Pour sa présidence du G20 cette année, Pretoria a affiché parmi ses priorités la création d’un panel international sur les inégalités économiques, à l’image du Giec pour le climat. L’allègement de la dette, les minerais de la transition énergétique, présents en abondance sur le continent africain, ou encore l’intelligence artificielle sont aussi au programme du sommet prévu jusqu’à dimanche.Les États-Unis s’étaient opposés à la diffusion d’un communiqué final du G20, invoquant leur absence à un sommet dont “les priorités vont à l’encontre” des vues politiques de Washington.Le gouvernement sud-africain est pris pour cible par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche, notamment sur une prétendue persécution des Afrikaners, ces descendants des premiers colons européens. Le président américain a sorti ces derniers mois les États-Unis de plusieurs instances internationales. Il a notamment initié le second retrait américain de l’accord de Paris sur le climat et n’a envoyé aucune délégation officielle à la COP30 au Brésil.Les éventuelles déclarations au G20 sur le climat seront d’ailleurs examinées de près à l’heure où les négociations climatiques de la COP30 au Brésil achoppent sur la question d’une éventuelle feuille de route pour sortir des énergies fossiles. L’UE a même évoqué la perspective de partir “sans accord”.A l’issue du sommet dimanche, l’Afrique du Sud doit passer le relais de la présidence tournante du G20 aux États-Unis, lors d’une cérémonie où Washington pourrait se faire représenter par un diplomate en poste en Afrique du Sud.L’administration Trump a annoncé son intention de resserrer le G20 sur les questions de coopération économique.

La COP30 s’enfonce dans la nuit, l’ambition sur la sortie des fossiles en péril

Les négociations de la COP30 au Brésil se sont prolongées samedi dans une lutte nocturne acharnée pour finaliser un accord a minima, après deux semaines chaotiques de sommet en Amazonie, proche de se conclure sans engagement majeur pour accélérer la sortie des énergies fossiles.L’enjeu est de sceller un accord pour rattraper le retard pris par …

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Ukraine: Kiev et ses alliés cherchent à resserrer les rangs face au plan Trump

L’Ukraine et ses alliés européens s’activent samedi pour trouver dans l’urgence une réponse au plan américain qui vise à mettre fin à près de quatre ans d’invasion russe, Donald Trump sommant Volodymyr Zelensky de l’accepter rapidement.”Il faudra bien que cela lui plaise, et si cela ne lui plaît pas, alors, vous savez, ils n’auront qu’à continuer à se battre”, a répliqué le président américain face au rejet par Kiev de ses propositions, vues par beaucoup en Ukraine comme une capitulation.Nouveau revirement de Donald Trump concernant le conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, ce document en 28 points prévoyant de la part de Kiev des concessions territoriales et un renoncement à l’Otan a entraîné une frénésie d’échanges diplomatiques.La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé que les dirigeants européens, présents à Johannesburg pour le sommet du G20, se réuniraient samedi à ce sujet.Parmi les nombreux appels et visioconférences organisés dans l’urgence vendredi, le chef de la diplomatie ukrainienne Andriï Sybiga a indiqué avoir discuté avec plusieurs homologues européens, dont ceux de la France et du Royaume-Uni, des “prochaines étapes” à suivre.Reprenant le message martelé par les Européens depuis deux jours, la Britannique Yvette Cooper a insisté sur X qu’il revenait à l’Ukraine de “déterminer son avenir” et a appelé à “un cessez-le-feu complet” suivi de négociations.- “Perte de dignité” -Tandis que les Européens, une nouvelle fois tenus à l’écart, s’efforcent de resserrer les rangs, le président russe Vladimir Poutine a jugé que le plan américain pouvait “servir de base à un règlement pacifique définitif” du conflit lancé en février 2022.En cas de refus ukrainien, “les événements qui se sont produits à Koupiansk se reproduiront inévitablement sur d’autres secteurs clés du front”, a-t-il menacé, en référence à une ville de l’est de l’Ukraine dont la capture a été revendiquée par son armée jeudi.Des médias, dont l’AFP, ont publié ces propositions américaines qui reprennent plusieurs demandes formulées par le Kremlin de longue date, plaçant les Ukrainiens devant une situation présentée dans des termes très graves par le président Zelensky lors d’une allocution vendredi.”L’Ukraine pourrait être confrontée à un choix très difficile: la perte de dignité ou le risque de perdre un partenaire clé”, les États-Unis, a-t-il déclaré, estimant que son pays traverse “l’un des moments les plus difficiles de (son) histoire”.Les propositions américaines augurent “une vie sans liberté, sans dignité, sans justice”, a renchéri M. Zelensky. “Je présenterai des arguments, je persuaderai, je proposerai des alternatives”, a-t-il encore dit, ajoutant: “Je ne trahirai jamais (…) mon serment de fidélité à l’Ukraine”.- Garanties de sécurité -Dans la foulée, M. Zelensky s’est entretenu avec le vice-président américain JD Vance, assurant qu’il “continue(rait) de respecter” la volonté de Donald Trump de mettre fin à la guerre.Le chancelier allemand Friedrich Merz a parlé au milliardaire républicain en assurant s’être “mis d’accord sur les prochaines étapes”.Selon le texte américain, les deux régions du bassin minier et industriel du Donbass, Donetsk et Lougansk (est), ainsi que la Crimée annexée en 2014, seraient “reconnues de facto comme russes, y compris par les États-Unis”, et Moscou recevrait d’autres territoires ukrainiens qui sont encore aujourd’hui sous le contrôle de Kiev.La Russie verrait également son isolement à l’égard du monde occidental prendre fin avec sa réintégration au G8 et la levée progressive des sanctions, ainsi que son souhait d’éloigner à jamais Kiev de l’Alliance atlantique entériné dans la Constitution ukrainienne.Kiev devrait limiter son armée à 600.000 militaires et se contenter d’une protection par des avions de combats européens basés en Pologne, tandis que l’Otan s’engagerait à ne pas stationner de troupes en Ukraine.Selon un responsable américain, le plan comprend cependant des garanties de sécurité de la part de Washington et de ses alliés européens équivalentes à celles de l’Otan en cas de future attaque.Ces assurances n’ont pas suffi à convaincre de nombreux Ukrainiens, qui entrent dans un nouvel hiver de guerre, soumis à des bombardements quotidiens de l’armée russe dont une frappe mercredi sur un immeuble résidentiel de Ternopil (ouest) qui a fait 32 morts dont six enfants, selon un nouveau bilan.”Il est clair que tout ça n’a rien de bon pour l’Ukraine. Nous devons simplement nous battre, lutter. Il n’y a pas d’autre solution”, a estimé Volodymyr Oleksandrovytch, un retraité de 75 ans interrogé par l’AFP à Kiev.

Sur le premier téléphérique d’Île-de-France, exercice d’évacuation grandeur nature

Flocons de neige, vent glacial et cabines de téléphérique suspendues: à Limeil-Brévannes, dans le Val-de-Marne, les pompiers de Paris s’entraînent à évacuer des passagers avant l’ouverture le mois prochain du premier téléphérique d’Île-de-France, baptisé le C1.Au sol, 35 sapeurs-pompiers de Paris s’apprêtent à évacuer des passagers – joués par des employés de la société Ile-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des transports de la région. Dans cette mise en situation, ils se retrouvent bloqués dans des cabines à la suite d’un arrêt complet provoqué par la panne simultanée du moteur électrique et du moteur thermique de secours.Deux opérations sont alors mises en place par les équipes de secours. La première mobilise un bras élévateur articulé au pied d’un pylône à côté duquel se prépare une équipe du groupe d’intervention en milieu périlleux des pompiers, le GRIMP. La nacelle s’élève alors dans le ciel avec à son bord deux pompiers, dont un du GRIMP, et s’arrête au niveau de la cabine, où deux personnes attendent d’être secourues. Arrimé sur le toit de la cabine, le pompier du GRIMP déverrouille les portes et sécurise l’évacuation de deux voyageurs par la nacelle.Long de 4,5 kilomètres, le C1 a été conçu pour permettre aux habitants de pouvoir se déplacer plus facilement et rapidement dans un département entrecoupé de voies rapides et de lignes ferroviaires.Après sa mise en service le 13 décembre, la toute première ligne de téléphérique urbain d’Ile-de-France Mobilités pourra transporter 11.000 passagers par jour entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges, à raison d’une cabine toutes les 22 à 30 secondes.C’est le quatrième téléphérique urbain de France, après celui de Brest, inauguré en 2016, puis Saint-Denis de La Réunion et Toulouse.Chaque cabine pourra accueillir dix passagers assis ainsi que des fauteuils roulants, des vélos et des poussettes. A l’intérieur, vidéosurveillance, boutons d’appel d’urgence ont été installés pour garantir la sécurité des voyageurs en plus de la présence humaine dans chacune des cinq stations.Pour le deuxième exercice, trois pompiers du GRIMP se laissent glisser sur le câble depuis un pylône pour atteindre le toit d’une cabine inatteignable avec le bras élévateur articulé. Une fois les portes ouvertes et le système de cordage installé, les deux passagers sont descendus en rappel jusqu’à terre.- “L’ennemi, c’est le vent” -Ces opérations peuvent prendre du temps, mais une communication permanente est assurée entre les passagers et le poste de sécurité. “Nous n’avons pas de délai à respecter sur ce genre d’intervention, ce qui compte, c’est de prendre le temps de tout faire en sécurité”, indique le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Pleis, satisfait du déroulement de l’exercice.A ses côtés, Vanessa Olivier, directrice de la société Transdev Coteau de la Marne, exploitant du C1, insiste sur le caractère “très exceptionnel” de telles procédures.”En cas de problème technique et d’arrêt imprévu, soit les techniciens pourront ramener les cabines dans les stations et permettre aux voyageurs de descendre, soit on aura recours à une évacuation ultime comme testée aujourd’hui”, précise-t-elle.Un test obligatoire avant l’ouverture du C1 et qui permet à Transdev et à Ile-de-France Mobilités de s’assurer que “tout se déroulera correctement pour les voyageurs” après la mise en service.”Le téléphérique, c’est un mode de transport fiable, robuste, il n’y a pas grand-chose qui l’arrête”, assure Christophe Surowiec, chef de projet chez Ile-de-France Mobilités. “L’ennemi principal, c’est le vent”, ajoute-t-il. Avec une vitesse de circulation de 21 km/h, le C1 verra son trafic ralenti en cas de vent supérieur à 70 km/h voire totalement arrêté à partir de 90 km/h pour limiter tout risque d’accident. Considérés comme l’un des moyens de transport les plus sûrs au monde, selon le service technique du ministère des Transports, les téléphériques doivent être contrôlés quotidiennement.En France, le dernier accident meurtrier remonte à 1999 dans les Hautes-Alpes, où 20 personnes ont perdu la vie. Plus récemment, une chute de cabine de téléphérique a fait quatre morts près de Rome en Italie au mois d’avril.