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Pays-Bas: le leader d’extrême droite Geert Wilders reprend sa campagne après des menaces

Le dirigeant d’extrême droite néerlandais Geert Wilders, dont le parti est en tête des sondages, a déclaré mercredi reprendre sa campagne pour les élections législatives anticipées, quelques jours après avoir cessé toute apparition publique en raison d’une menace d’attentat jihadiste.”Les élections approchent, c’est la campagne électorale (…). Je me remets donc au travail”, a affirmé M. Wilders dans un message publié sur X.La semaine dernière, les autorités belges ont annoncé l’arrestation de trois personnes pour des soupçons de préparation d’attentat jihadiste à l’aide d’un drone à l’encontre de responsables politiques.M. Wilders a suspendu sa campagne après avoir été informé qu’il était également la cible de cette cellule présumée visant notamment le Premier ministre belge Bart De Wever.Il a annulé plusieurs débats à la télévision et à la radio.M. Wilders, un détracteur de l’islam et de l’immigration, est régulièrement la cible de menaces de mort. Il est sous protection policière constante depuis 2004.”Après toutes ces années, je ne connais plus le sentiment d’être libre. L’impact de tout cela sur soi et sa famille est souvent difficile à expliquer à ceux qui ne l’ont pas vécu”, a-t-il affirmé.Le parti de M. Wilders, le PVV, caracole en tête des sondages pour les législatives anticipées qui doivent se tenir à la fin du mois aux Pays-Bas.En juin, M. Wilders avait stupéfié la classe politique néerlandaise en provoquant la chute d’une fragile coalition à quatre partis, sur fond de désaccords concernant l’immigration.De nouvelles élections sont prévues le 29 octobre, et le dirigeant d’extrême droite espère rééditer son succès surprise de novembre 2023, lorsque le PVV était arrivé en tête.Mais depuis qu’il a torpillé le gouvernement, les grands partis ont exclu toute nouvelle collaboration avec lui.Geert Wilders a bâti sa carrière politique sur sa mission autoproclamée: stopper une “invasion islamique” de l’Occident. Il a notamment traité les Marocains de “racailles” et organisé des concours de caricatures du prophète Mahomet.Il plaide pour “la politique d’asile la plus stricte jamais vue” aux Pays-Bas, où l’immigration est un des sujets qui préoccupent le plus les électeurs, selon les sondages.

Israël pourrait rouvrir le passage de l’aide humanitaire à Gaza

Israël s’apprête à autoriser mercredi la réouverture du point de passage de Rafah entre l’Egypte et Gaza, selon la radio publique, pour permettre le passage de centaines de camions d’aide humanitaire dans le territoire palestinien dévasté, après le retour de nouvelles dépouilles d’otages.Cette mesure, que les autorités israéliennes n’avaient pas confirmée mercredi matin, est réclamée à cor et à cri par l’ONU et les grandes ONG alors que la bande de Gaza est en proie à un désastre humanitaire, deux ans après le début de la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël.Fin août, les Nations unies ont déclaré une famine dans plusieurs zones du petit territoire, ce que conteste Israël.L’accord de cessez-le-feu parrainé par le président américain Donald Trump, entré en vigueur le 10 octobre, prévoyait que le Hamas remette à Israël tous les otages encore détenus à Gaza, les vivants et les morts, dans un délai maximal de 72 heures, c’est-à-dire au plus tard à 09h00 GMT lundi.Mais si le Hamas a bien libéré dans les temps tous les otages encore vivants, il n’avait remis à Israël mardi soir que huit dépouilles sur les 28 retenues dans la bande de Gaza. Les familles de trois des otages décédés rendus mardi ont confirmé que leurs proches avaient été identifiés.Il s’agit de Ouriel Baruch, un habitant de Jérusalem enlevé le 7 octobre 2023, à l’âge de 35 ans, lors de l’attaque du Hamas à la fête techno Nova, Eitan Levy, un chauffeur de taxi âgé de 53 ans, tué après avoir déposé une amie au kibboutz Beeri le matin de l’attaque, et Tamir Nimrodi, un soldat de 18 ans capturé dans une base militaire à la frontière de Gaza. Avant eux, les 20 derniers otages vivants, ainsi que quatre premières dépouilles, étaient rentrés lundi en Israël. – 600 camions -Mercredi, la radio-télévision publique israélienne KAN a affirmé qu’Israël allait autoriser la réouverture du point de passage de Rafah et que “600 camions d’aide humanitaire” allaient être acheminés dans la journée dans la bande de Gaza “par l’ONU, des organisations internationales agréées, le secteur privé et les pays donateurs”.La veille, accusant le Hamas de jouer la montre et de retarder le processus de restitution des dépouilles, Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité intérieure d’extrême droite, avait appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à couper totalement l’aide humanitaire à destination de Gaza.Le président américain a aussi exhorté le Hamas à restituer les dépouilles d’otages, une étape qu’il juge nécessaire pour passer à la prochaine phase de son plan, prévoyant notamment le désarmement du Hamas et son exclusion de la gouvernance du territoire palestinien. Il a aussi prévenu que Washington désarmerait le mouvement palestinien s’il ne le faisait pas lui-même.Après la libération des otages, il nous faut obtenir “la démilitarisation et le désarmement” du Hamas, a déclaré Benjamin Netanyahu mardi sur la chaîne CBS. Mais mardi, au cinquième jour du cessez-le-feu, le Hamas avait étendu sa présence dans la bande de Gaza en ruines, menant une campagne de répression et exécutant des “collaborateurs” présumés.- “Collaborateurs” -Ces derniers jours, des journalistes de l’AFP ont vu les forces de sécurité du Hamas déployées dans plusieurs villes de la bande de Gaza.Après plusieurs jours d’échauffourées, des témoins ont signalé mardi à l’AFP d'”intenses” combats dans l’est de Gaza-ville, dans le quartier de Choujaïya, opposant selon eux une unité affiliée au Hamas à des clans et gangs armés dont certains seraient soutenus par Israël. La “Force dissuasive”, organe récemment créé au sein de l’appareil sécuritaire du Hamas, “mène une opération” pour “neutraliser des personnes recherchées”, a indiqué à l’AFP une source sécuritaire palestinienne à Gaza. Israël va autoriser mercredi la réouverture du point de passage de Rafah entre l’Egypte et Gaza, selon la radio publique, pour permettre le passage de centaines de camions d’aide humanitaire dans le territoire palestinien dévasté, après le retour de quatre nouvelles dépouilles d’otages.Le Hamas a publié une vidéo montrant ce qu’elle présente comme l’exécution de huit hommes “collaborateurs” d’Israël en pleine rue à Gaza-ville. L’AFP n’a pas été en mesure de déterminer l’authenticité, la date de tournage ou le lieu.La Défense civile de Gaza a annoncé mardi la mort de six personnes dans des tirs israéliens. L’armée israélienne a dit avoir ouvert le feu sur “des suspects” s’approchant de ses forces.Le plan Trump prévoit notamment le retrait progressif déjà amorcé de l’armée israélienne, qui garde le contrôle de 53% du territoire palestinien, ainsi qu'”une amnistie” pour “les membres du Hamas qui s’engagent à respecter une coexistence pacifique et qui rendront leurs armes”. Pour les autres, le plan prévoit l’exil.

Face aux procès climatiques, la droite américaine défend l’immunité de l’industrie pétrolière

Les procès se multiplient aux Etats-Unis contre l’industrie pétrolière, mais le parti de Donald Trump tente de trouver la parade en voulant accorder aux énergies fossiles une immunité juridique.”Le problème pour les entreprises pétrolières, c’est qu’elles savent qu’elles sont responsables” des dommages climatiques qui leur sont reprochés, assure auprès de l’AFP Richard Wiles, président de l’ONG américaine Center for Climate Integrity.”Leur seule issue est d’obtenir une certaine forme d’immunité, de faire disparaître les affaires et de barrer l’accès aux tribunaux”, poursuit-il.Inspirées des poursuites engagées avec succès dans les années 1990 contre l’industrie du tabac, des dizaines de procédures judiciaires visent aujourd’hui les géants des énergies fossiles aux Etats-Unis pour préjudice, manquement à leur devoir d’information ou encore pratiques relevant du crime organisé.Si certains de ces dossiers ont été rejetés, aucun procès ne s’est encore tenu, et la Cour suprême américaine, à majorité conservatrice, a jusqu’à présent refusé de s’en mêler.Mais avec le retour au pouvoir de Donald Trump, qui a tout mis en oeuvre pour soutenir les énergies fossiles, les choses pourraient bien changer.- “Ils n’ont honte de rien” -En juin, les procureurs généraux de 16 Etats républicains ont en effet exhorté dans une lettre l’administration Trump à agir contre ce qu’ils qualifient de “guerre juridique contre l’industrie de l’énergie”.Citant une loi de 2005 protégeant les fabricants d’armes, ils ont réclamé la mise en place d’une telle loi bouclier pour les géants pétroliers, tout en reprochant à la Cour suprême de ne pas être intervenue sur le sujet.”Ils n’ont honte de rien”, fulmine Pat Parenteau, professeur émérite du droit de l’environnement auprès de l’AFP.Si le Congrès n’a pas encore légiféré en ce sens, plusieurs signaux inquiètent les observateurs. D’abord, un projet de loi budgétaire pour la capitale fédérale Washington a récemment été introduit avec une disposition empêchant la ville d’utiliser ses fonds pour poursuivre les entreprises pétrolières.Puis, une procédure en justice intentée au Colorado contre l’entreprise pétrolière Suncor a fait dernièrement l’objet de plusieurs interventions politiques, le ministère de la Justice de Trump et plus de 100 élus républicains de la Chambre des représentants ayant enjoint la Cour suprême à intervenir pour mettre fin à ces affaires climatiques.- Offensive coordonnée -Un groupe de juristes conservateurs s’est même mobilisé en défense de l’industrie pétrolière, un ancien conseiller juridique de George W. Bush, John Yoo, ayant appelé la plus haute instance juridique américaine “à réaffirmer l’autorité fédérale” en la matière, dans une tribune sur Fox News.Sollicités par l’AFP, les élus républicains à l’origine de la requête ainsi que le ministère de la Justice et les groupes pétroliers ExxonMobil, Shell, Chevron, BP et l’American Petroleum Institute n’ont pas répondu.En parallèle, l’administration Trump a intensifié ses attaques contre les États démocrates ayant adopté un principe de “pollueur-payeur”, en tentant notamment de bloquer les fonds auxquels les grandes entreprises polluantes doivent contribuer.Dans ce contexte, les associations de défense de l’environnement appellent les démocrates à rester ferme. Cet été, l’Association nationale des comtés, qui représente 3.000 juridictions locales, a adopté une résolution pour marquer son opposition à toute législation qui restreindrait leur accès aux tribunaux ou qui accorderait une immunité juridique aux entreprises.”Nous devons protéger notre accès à la justice, c’est un fondement de notre démocratie”, insiste auprès de l’AFP Brigid Shea, élue du comté de Travis au Texas ayant porté cette résolution, rappelant que “les collectivités locales sont frappées de plein fouet par les événements climatiques extrêmes”.Toutefois, l’issue de ces procédures en justice reste floue. “Il n’y a pas encore eu de verdict important” et “il n’est pas certain qu’il y en aura un”, rappelle ainsi le professeur Pat Parenteau, pour qui la Cour suprême reste “en embuscade” et pourrait finir par accorder une immunité à l’industrie pétrolière.”Compte tenu de la folie qui règne actuellement en Amérique, tout est possible”, prévient-il.

Les médias rejettent des restrictions d’informer voulues par le Pentagone

Un grand nombre de médias américains et internationaux, dont le New York Times, Fox News, Associated Press et l’AFP, ont refusé mardi de signer un document du Pentagone établissant des mesures restrictives pour la presse, au risque d’y perdre leur accréditation.Ce document introduit en particulier l’idée que les journalistes accrédités ne peuvent pas solliciter ni publier certaines informations sans autorisation explicite du ministère de la Défense.Ces nouvelles dispositions “musèlent les employés du Pentagone et menacent de représailles les journalistes qui vont à la recherche d’informations qui n’ont pas été approuvées en amont pour être publiées”, s’inquiète l’Association des journalistes du Pentagone (PPA) dans un communiqué. “Les nouvelles restrictions proposées dans ce document vont à l’encontre des fondements du travail de journaliste et sapent les droits prévus au premier amendement de la Constitution des Etats-Unis”, qui consacre la liberté de la presse, écrit l’AFP dans un communiqué mardi.”Elles placent des entraves non nécessaires au travail des journalistes et créent la confusion entre les responsabilités des employés du Pentagone et celles des journalistes qui en couvrent l’actualité”, poursuit-elle.Dans un communiqué commun publié sur les réseaux sociaux, les chaînes américaines ABC, CBS, CNN, NBC et Fox News expliquent se “joindre à pratiquement tous les autres médias en refusant d’accepter les nouvelles exigences du Pentagone, qui restreindraient la capacité des journalistes à continuer à informer la nation et le monde sur des questions importantes de sécurité nationale”.”Nous continuerons à couvrir l’armée américaine (…) en défendant les principes d’une presse libre et indépendante”, ajoutent-elles.- Délogés et escortés -Le Washington Post, l’agence de presse Reuters, ou encore des médias conservateurs tels que la chaîne Newsmax, ont aussi refusé de signer le document.Ces nouvelles mesures s’inscrivent dans une offensive plus large, menée depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, restreignant l’accès des journalistes au Pentagone – le premier employeur du pays avec un budget annuel de plusieurs centaines de milliards de dollars.Dans les mois précédents, le ministère de la Défense – dernièrement rebaptisé ministère de la Guerre par l’administration Trump – a délogé de leurs bureaux dédiés au Pentagone huit médias, dont le New York Times, le Washington Post et CNN. Les conférences de presse y ont été drastiquement réduites : moins d’une demi-douzaine ont eu lieu depuis le début de l’année, contre au moins deux par semaine en moyenne sous la présidence démocrate de Joe Biden.Le ministère a également restreint les déplacements des journalistes à l’intérieur du Pentagone, en leur imposant d’être escortés en dehors d’un nombre limité de zones.En avril, Pete Hegseth, le ministre de la Défense, ancien présentateur sur Fox News, a été impliqué dans une fuite de plans militaires quand un journaliste a été ajouté par mégarde à un groupe dont il était membre sur la messagerie Signal.La presse américaine a rapporté qu’il avait discuté de ces mêmes plans visant le Yémen dans un autre groupe Signal avec une douzaine de personnes de son entourage personnel et professionnel. Son utilisation de ce service de messagerie est à l’origine d’une enquête interne du Pentagone.A plusieurs organes de presse qui ont exprimé sur les réseaux sociaux leur refus de souscrire au document du Pentagone, Pete Hegseth a répondu par une main mimant un au revoir.

Grèce: les députés se prononcent sur la possibilité d’une journée de travail de 13 heures

Les députés grecs doivent se prononcer mercredi sur une réforme controversée du gouvernement conservateur qui instaure la possibilité, sous certaines conditions, d’une journée de travail de 13 heures.A deux reprises, le 1er octobre et mardi, la Grèce s’est retrouvée partiellement paralysée par une grève générale pour protester contre un projet de loi “digne du Moyen-Âge”, selon des syndicalistes.Syndicats et opposition sont en effet vent debout contre un texte défendu par la ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Niki Kerameus, qui prévoit notamment que, moyennant une rémunération supplémentaire de 40%, un employé puisse travailler jusqu’à 13 heures par jour pour un seul employeur. Dans un pays où l’économie s’est redressée depuis la crise financière, restant toutefois fragile, cette possibilité existe déjà mais uniquement si un employé dispose de deux employeurs ou plus.- Volontariat -La durée légale du temps de travail quotidien en Grèce est actuellement de huit heures avec la possibilité d’effectuer jusqu’à trois heures supplémentaires.Seul le parti du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis, Nouvelle-Démocratie (ND), au pouvoir depuis 2019, devrait voter en faveur de ce texte en raison de l’opposition de tous les autres partis au Parlement.Cette disposition ne sera valable que “jusqu’à 37 jours par an” et sur la base du volontariat, a assuré la ministre du Travail, pour qui parler de “la journée de 13 heures” est “incorrect et trompeur”.Car ce terme “laisse entendre que nous allons tous travailler 13 heures par jour, toute l’année”, a-t-elle martelé sur la chaîne de télévision privée Skaï.  ”Est-ce vrai ? (…) Non. Cela peut se faire jusqu’à 37 jours par an, soit en moyenne trois jours par mois”, a-t-elle précisé. Employés du privé et du public sont descendus à deux reprises dans les rues pour fustiger une “nouvelle aggravation d’une situation déjà profondément problématique”, selon la Confédération des travailleurs grecs (GSEE).Elle affirme que beaucoup d’employés n’auront guère la possibilité de refuser de travailler 13 heures “compte tenu du rapport de force déséquilibré entre employeur et salarié, renforcé par la précarité qui prévaut sur le marché du travail”.- Bafoué -Les syndicats estiment également que le droit à un repos obligatoire quotidien de 11 heures sera bafoué, notamment en raison du temps de transport pour se rendre sur le lieu de travail. “Travailler 13 heures par jour signifie qu’il ne reste absolument aucun temps libre pour mener une vie un tant soit peu digne: passer du temps avec ses amis (…), sa famille”, s’est insurgé Dimitris Polyzoidis, un technicien en informatique de 37 ans, qui a défilé mardi à Thessalonique, la deuxième ville de Grèce.  Sofia Georgiadou, 29 ans, employée dans un magasin, a dénoncé “une nouvelle tentative de légaliser l’esclavage moderne”.”Trouvez-moi une seule personne qui veuille travailler 13 heures par jour ! C’est révoltant qu’on piétine nos droits”, a-t-elle ajouté.A Athènes, Maria, employée dans une société de construction, craint de devoir travailler davantage. Les employeurs “trouvent toujours les moyens d’imposer ce qu’ils veulent”, assure cette femme de 46 ans qui n’a pas souhaité donner son nom.En Grèce, le temps de travail hebdomadaire, de 39,8 heures, est supérieur à la moyenne des 27 pays de l’Union européenne (35,8 heures), selon Eurostat.Il cache aussi de fortes disparités et les salaires restent particulièrement bas. Dans le secteur touristique, au “pic” de la saison, serveurs ou cuisiniers enchaînent les journées à rallonge parfois sans le moindre repos hebdomadaire.”Le surtravail n’est pas un choix, c’est une nécessité (…), les heures supplémentaires sont souvent un instrument de survie”, a souligné le quotidien financier Naftemporiki, rappelant que “le paradoxe grec est beaucoup d’heures de travail et une faible productivité”. “L’objectif n’est pas de travailler plus mais mieux”, a récemment insisté le président du patronat Spyros Theodoropoulos.La Grèce a déjà instauré la possibilité d’une semaine de travail de six jours, notamment en cas de forte demande dans un secteur comme le tourisme.Au deuxième trimestre 2025, 20,9% des salariés de 20 à 64 ans travaillaient plus de 45 heures par semaine contre 10,8% dans l’ensemble de l’UE, selon Eurostat.

Campagne de répression du Hamas à Gaza, Trump promet de désarmer le mouvement palestinien

Le Hamas a étendu mardi sa présence dans la bande de Gaza en ruines, menant une campagne de répression et exécutant des “collaborateurs” présumés, à l’heure où Donald Trump a affirmé que Washington désarmerait le mouvement palestinien s’il ne le faisait pas lui-même.Le président américain a aussi exhorté le Hamas à restituer les dépouilles des otages décédés à Gaza, une étape qu’il juge nécessaire pour passer à la prochaine phase de son plan pour le territoire palestinien ravagé par deux ans de guerre. Le Hamas a remis mardi soir à la Croix-Rouge quatre nouvelles dépouilles, a indiqué l’armée israélienne, qui a reçu les cercueils peu après minuit mercredi (21H00 GMT mardi). Il avait libéré lundi les 20 derniers otages vivants qu’il retenait depuis l’attaque qui a déclenché la guerre le 7 octobre 2023, en échange de près de 2.000 prisonniers relâchés par Israël, et remis quatre dépouilles d’otages. De son côté, Israël a remis les restes de 45 Palestiniens, transférés à l’hôpital Nasser à Khan Younès (sud).Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu vendredi, des journalistes de l’AFP ont vu les forces de sécurité du mouvement islamiste palestinien déployées dans plusieurs villes de la bande de Gaza.Ce cessez-le-feu a été initié par M. Trump, dont le plan pour Gaza prévoit notamment dans une phase ultérieure le désarmement du Hamas et son exclusion de la gouvernance du territoire palestinien, où le mouvement a pris le pouvoir en 2007. Après la libération des otages, il nous faut obtenir “la démilitarisation et le désarmement” du Hamas, a souligné le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu mardi sur la chaîne CBS. “Premièrement, le Hamas doit rendre les armes, et deuxièmement, il faut s’assurer qu’il n’y a pas d’usines d’armes à Gaza. Il ne doit pas y avoir de trafic d’armes vers Gaza. C’est cela, la démilitarisation”.M. Trump a affirmé mardi que les Etats-Unis “désarmeront” le Hamas s’il ne le fait pas lui-même. “Cela se passera vite et peut-être violemment”, a-t-il encore dit devant la presse à la Maison Blanche.- “Collaborateurs” -Après plusieurs jours d’échauffourées, des témoins ont fait état mardi auprès de l’AFP d'”intenses” combats à Gaza-ville, dans le quartier de Choujaïya (est), opposant selon eux une unité affiliée au Hamas à des clans et gangs armés dont certains seraient soutenus par Israël. “Ce matin, pendant de longues heures, de violents affrontements ont opposé les forces de sécurité du Hamas et des membres de la famille Hilles”, a témoigné un riverain, Mohammed, qui refuse de donner son patronyme pour des raisons de sécurité. La “Force dissuasive”, organe récemment créé au sein de l’appareil sécuritaire du Hamas, “mène une opération” pour “neutraliser des personnes recherchées”, a indiqué à l’AFP une source sécuritaire palestinienne à Gaza. “Notre message est clair: il n’y aura pas de place pour les hors-la-loi ou ceux qui menacent la sécurité des citoyens”.Le Hamas a publié une vidéo montrant ce qu’elle présente comme l’exécution de huit hommes “collaborateurs” d’Israël en pleine rue à Gaza-ville. L’AFP n’est pas en mesure de déterminer dans l’immédiat l’authenticité, la date de tournage ou le lieu.Sur le canal Telegram d’Al-Aqsa TV, la vidéo est accompagnée de cette légende: “La résistance exécute la peine de mort contre un certain nombre de collaborateurs et de hors-la-loi dans la ville de Gaza.”La Défense civile de Gaza a annoncé mardi la mort de six personnes dans des tirs israéliens. L’armée israélienne a dit avoir ouvert le feu sur “des suspects” s’approchant de ses forces.Le plan Trump prévoit notamment le retrait progressif déjà amorcé de l’armée israélienne, qui garde le contrôle de 53% du territoire palestinien, ainsi qu'”une amnistie” pour “les membres du Hamas qui s’engagent à respecter une coexistence pacifique et qui rendront leurs armes”. Pour les autres, le plan prévoit l’exil.Lundi, lors d’un sommet sur Gaza en Egypte, M. Trump a cosigné une déclaration visant à cimenter le cessez-le-feu après l’échange d’otages et de détenus entre Israël et le Hamas convenu dans le plan négocié sous l’égide des Etats-Unis, l’Egypte et le Qatar. – “Peur presque partie” -“Les paroles de Trump sont importantes. Nous espérons qu’il les mettra en œuvre sur le terrain, car il est le seul à pouvoir empêcher la guerre de reprendre”, commente Rima al-Fara, 30 ans, qui vit dans le quartier en partie détruit d’al-Rimal dans l’ouest de Gaza.”Nous pouvons à nouveau respirer (…) la peur est presque partie”, ajoute-t-elle. Elle s’est dite soulagée après le déploiement de la police, car “pendant la guerre, des phénomènes déplaisants tels que des vols, des cambriolages et des intimidations armées ont eu lieu.”A Genève, l’ONU et le Comité international de la Croix-Rouge ont réclamé l’ouverture de tous les points de passage pour permettre d’acheminer davantage d’aide humanitaire dans le territoire ravagé. Dans la ville de Gaza, où des bulldozers déblayaient des décombres mardi, “la priorité absolue” est selon le maire Yahya al-Sarraj “d’ouvrir les routes et “un besoin urgent de matériaux de construction, notamment de ciment”.

Campagne de répression du Hamas à Gaza, Trump promet de désarmer le mouvement palestinien

Le Hamas a étendu mardi sa présence dans la bande de Gaza en ruines, menant une campagne de répression et exécutant des “collaborateurs” présumés, à l’heure où Donald Trump a affirmé que Washington désarmerait le mouvement palestinien s’il ne le faisait pas lui-même.Le président américain a aussi exhorté le Hamas à restituer les dépouilles des otages décédés à Gaza, une étape qu’il juge nécessaire pour passer à la prochaine phase de son plan pour le territoire palestinien ravagé par deux ans de guerre. Le Hamas a remis mardi soir à la Croix-Rouge quatre nouvelles dépouilles, a indiqué l’armée israélienne, qui a reçu les cercueils peu après minuit mercredi (21H00 GMT mardi). Il avait libéré lundi les 20 derniers otages vivants qu’il retenait depuis l’attaque qui a déclenché la guerre le 7 octobre 2023, en échange de près de 2.000 prisonniers relâchés par Israël, et remis quatre dépouilles d’otages. De son côté, Israël a remis les restes de 45 Palestiniens, transférés à l’hôpital Nasser à Khan Younès (sud).Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu vendredi, des journalistes de l’AFP ont vu les forces de sécurité du mouvement islamiste palestinien déployées dans plusieurs villes de la bande de Gaza.Ce cessez-le-feu a été initié par M. Trump, dont le plan pour Gaza prévoit notamment dans une phase ultérieure le désarmement du Hamas et son exclusion de la gouvernance du territoire palestinien, où le mouvement a pris le pouvoir en 2007. Après la libération des otages, il nous faut obtenir “la démilitarisation et le désarmement” du Hamas, a souligné le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu mardi sur la chaîne CBS. “Premièrement, le Hamas doit rendre les armes, et deuxièmement, il faut s’assurer qu’il n’y a pas d’usines d’armes à Gaza. Il ne doit pas y avoir de trafic d’armes vers Gaza. C’est cela, la démilitarisation”.M. Trump a affirmé mardi que les Etats-Unis “désarmeront” le Hamas s’il ne le fait pas lui-même. “Cela se passera vite et peut-être violemment”, a-t-il encore dit devant la presse à la Maison Blanche.- “Collaborateurs” -Après plusieurs jours d’échauffourées, des témoins ont fait état mardi auprès de l’AFP d'”intenses” combats à Gaza-ville, dans le quartier de Choujaïya (est), opposant selon eux une unité affiliée au Hamas à des clans et gangs armés dont certains seraient soutenus par Israël. “Ce matin, pendant de longues heures, de violents affrontements ont opposé les forces de sécurité du Hamas et des membres de la famille Hilles”, a témoigné un riverain, Mohammed, qui refuse de donner son patronyme pour des raisons de sécurité. La “Force dissuasive”, organe récemment créé au sein de l’appareil sécuritaire du Hamas, “mène une opération” pour “neutraliser des personnes recherchées”, a indiqué à l’AFP une source sécuritaire palestinienne à Gaza. “Notre message est clair: il n’y aura pas de place pour les hors-la-loi ou ceux qui menacent la sécurité des citoyens”.Le Hamas a publié une vidéo montrant ce qu’elle présente comme l’exécution de huit hommes “collaborateurs” d’Israël en pleine rue à Gaza-ville. L’AFP n’est pas en mesure de déterminer dans l’immédiat l’authenticité, la date de tournage ou le lieu.Sur le canal Telegram d’Al-Aqsa TV, la vidéo est accompagnée de cette légende: “La résistance exécute la peine de mort contre un certain nombre de collaborateurs et de hors-la-loi dans la ville de Gaza.”La Défense civile de Gaza a annoncé mardi la mort de six personnes dans des tirs israéliens. L’armée israélienne a dit avoir ouvert le feu sur “des suspects” s’approchant de ses forces.Le plan Trump prévoit notamment le retrait progressif déjà amorcé de l’armée israélienne, qui garde le contrôle de 53% du territoire palestinien, ainsi qu'”une amnistie” pour “les membres du Hamas qui s’engagent à respecter une coexistence pacifique et qui rendront leurs armes”. Pour les autres, le plan prévoit l’exil.Lundi, lors d’un sommet sur Gaza en Egypte, M. Trump a cosigné une déclaration visant à cimenter le cessez-le-feu après l’échange d’otages et de détenus entre Israël et le Hamas convenu dans le plan négocié sous l’égide des Etats-Unis, l’Egypte et le Qatar. – “Peur presque partie” -“Les paroles de Trump sont importantes. Nous espérons qu’il les mettra en œuvre sur le terrain, car il est le seul à pouvoir empêcher la guerre de reprendre”, commente Rima al-Fara, 30 ans, qui vit dans le quartier en partie détruit d’al-Rimal dans l’ouest de Gaza.”Nous pouvons à nouveau respirer (…) la peur est presque partie”, ajoute-t-elle. Elle s’est dite soulagée après le déploiement de la police, car “pendant la guerre, des phénomènes déplaisants tels que des vols, des cambriolages et des intimidations armées ont eu lieu.”A Genève, l’ONU et le Comité international de la Croix-Rouge ont réclamé l’ouverture de tous les points de passage pour permettre d’acheminer davantage d’aide humanitaire dans le territoire ravagé. Dans la ville de Gaza, où des bulldozers déblayaient des décombres mardi, “la priorité absolue” est selon le maire Yahya al-Sarraj “d’ouvrir les routes et “un besoin urgent de matériaux de construction, notamment de ciment”.

L’Otan se réunit pour renforcer sa riposte après des intrusions russes

Les ministres de la Défense de l’Otan, réunis mercredi à Bruxelles, vont discuter des moyens de renforcer la riposte de l’Alliance, après de multiples incursions russes dans le ciel européen, perçues à Bruxelles comme un nouveau test du Kremlin à l’encontre des Alliés.”Nous avons fait ce pourquoi nous sommes entraînés, et cela a marché, mais nous avons besoin de plus”, a résumé cette semaine le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, en évoquant la réponse de l’Alliance.L’intrusion d’une vingtaine de drones russes en septembre dans l’espace aérien polonais avait contraint l’Otan à en abattre trois, une première depuis sa création en 1949. Quelques jours plus tard, les chasseurs de l’Otan avaient escorté trois MiG russes hors du ciel estonien, après une intrusion ayant duré 12 minutes, un record.Cette réponse dans l’urgence avait été suivie par le lancement de l’opération “Eastern Sentry” (sentinelle orientale) pour renforcer la surveillance du flanc est de l’Alliance.Mais plusieurs pays estiment qu’il faut aller plus loin en améliorant la riposte et en se donnant plus de moyens, selon des diplomates.L’Otan envisage ainsi d’affiner ses règles d’engagement en donnant davantage de flexibilité à son commandement militaire. L’idée est de simplifier les règles qui reposent sur des systèmes différents et qui limitent parfois la capacité d’agir du commandement militaire de l’Alliance, ont expliqué ces diplomates.Les ministres discuteront également des moyens de renforcer les moyens de défense et de dissuasion face à ces incursions multiples de drones russes ou non identifiés, comme cela a été le cas au Danemark avant un sommet européen.L’Union européenne, dont les ministres de la Défense se réuniront dans la soirée mercredi après l’Otan, a proposé un “mur” antidrones pour y faire face.L’Otan y est favorable, a assuré son secrétaire général, encore faut-il que cela se fasse en bonne intelligence avec l’Alliance. Celle-ci doit rester maître d’œuvre, en indiquant à l’UE ce qu’il convient de faire, a assuré un diplomate.- Des armes pour l’Ukraine -Les ministres de la Défense de l’Alliance vont également rencontrer leur homologue ukrainien Denys Chmygal lors d’un déjeuner de travail et d’une réunion du Groupe de contact sur l’Ukraine. Celle-ci sera l’occasion pour le ministre ukrainien de rappeler aux pays européens de l’Alliance tout le bien-fondé du programme Purl, une initiative lancée par Washington qui permet à Kiev d’acheter des armes américaines financées par les Européens.”Ce programme est vital, et les alliés doivent intensifier leurs efforts et contribuer dès maintenant pour exercer une pression sur la Russie afin qu’elle vienne à la table des négociations,” a déclaré mardi l’ambassadeur américain auprès de l’Otan Matthew Whitaker.Kiev a déjà reçu deux tranches d’aide pour environ deux milliards de dollars, financés par les Pays-Bas, et plusieurs pays scandinaves.L’Allemagne et le Canada se sont engagés à en financer deux autres, à hauteur de 500 millions de dollars chacun, et Kiev espère que deux autres tranches seront rapidement finalisées.La France ne participe pas à ce programme, mais réfléchit au moyen de faire plus pour aider l’Ukraine, au moment où son président, Volodymyr Zelensky, réclame de Paris davantage de systèmes de défense antiaérienne et de missiles, comme il l’a déclaré dimanche lors d’un échange téléphonique avec son homologue français Emmanuel Macron.Le président américain Donald Trump envisage de son côté de permettre à l’Ukraine de disposer de missiles Tomahawk à plus longue portée et doit rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky vendredi.Aucune annonce n’est attendue sur ce point mercredi, mais “la possibilité de frappes en profondeur pourrait amener Poutine à revoir ses calculs”, car elle “mettrait en danger (…) des infrastructures énergétiques importantes à l’intérieur de la Russie”, selon Matthew Whitaker.

L’Otan se réunit pour renforcer sa riposte après des intrusions russes

Les ministres de la Défense de l’Otan, réunis mercredi à Bruxelles, vont discuter des moyens de renforcer la riposte de l’Alliance, après de multiples incursions russes dans le ciel européen, perçues à Bruxelles comme un nouveau test du Kremlin à l’encontre des Alliés.”Nous avons fait ce pourquoi nous sommes entraînés, et cela a marché, mais nous avons besoin de plus”, a résumé cette semaine le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, en évoquant la réponse de l’Alliance.L’intrusion d’une vingtaine de drones russes en septembre dans l’espace aérien polonais avait contraint l’Otan à en abattre trois, une première depuis sa création en 1949. Quelques jours plus tard, les chasseurs de l’Otan avaient escorté trois MiG russes hors du ciel estonien, après une intrusion ayant duré 12 minutes, un record.Cette réponse dans l’urgence avait été suivie par le lancement de l’opération “Eastern Sentry” (sentinelle orientale) pour renforcer la surveillance du flanc est de l’Alliance.Mais plusieurs pays estiment qu’il faut aller plus loin en améliorant la riposte et en se donnant plus de moyens, selon des diplomates.L’Otan envisage ainsi d’affiner ses règles d’engagement en donnant davantage de flexibilité à son commandement militaire. L’idée est de simplifier les règles qui reposent sur des systèmes différents et qui limitent parfois la capacité d’agir du commandement militaire de l’Alliance, ont expliqué ces diplomates.Les ministres discuteront également des moyens de renforcer les moyens de défense et de dissuasion face à ces incursions multiples de drones russes ou non identifiés, comme cela a été le cas au Danemark avant un sommet européen.L’Union européenne, dont les ministres de la Défense se réuniront dans la soirée mercredi après l’Otan, a proposé un “mur” antidrones pour y faire face.L’Otan y est favorable, a assuré son secrétaire général, encore faut-il que cela se fasse en bonne intelligence avec l’Alliance. Celle-ci doit rester maître d’œuvre, en indiquant à l’UE ce qu’il convient de faire, a assuré un diplomate.- Des armes pour l’Ukraine -Les ministres de la Défense de l’Alliance vont également rencontrer leur homologue ukrainien Denys Chmygal lors d’un déjeuner de travail et d’une réunion du Groupe de contact sur l’Ukraine. Celle-ci sera l’occasion pour le ministre ukrainien de rappeler aux pays européens de l’Alliance tout le bien-fondé du programme Purl, une initiative lancée par Washington qui permet à Kiev d’acheter des armes américaines financées par les Européens.”Ce programme est vital, et les alliés doivent intensifier leurs efforts et contribuer dès maintenant pour exercer une pression sur la Russie afin qu’elle vienne à la table des négociations,” a déclaré mardi l’ambassadeur américain auprès de l’Otan Matthew Whitaker.Kiev a déjà reçu deux tranches d’aide pour environ deux milliards de dollars, financés par les Pays-Bas, et plusieurs pays scandinaves.L’Allemagne et le Canada se sont engagés à en financer deux autres, à hauteur de 500 millions de dollars chacun, et Kiev espère que deux autres tranches seront rapidement finalisées.La France ne participe pas à ce programme, mais réfléchit au moyen de faire plus pour aider l’Ukraine, au moment où son président, Volodymyr Zelensky, réclame de Paris davantage de systèmes de défense antiaérienne et de missiles, comme il l’a déclaré dimanche lors d’un échange téléphonique avec son homologue français Emmanuel Macron.Le président américain Donald Trump envisage de son côté de permettre à l’Ukraine de disposer de missiles Tomahawk à plus longue portée et doit rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky vendredi.Aucune annonce n’est attendue sur ce point mercredi, mais “la possibilité de frappes en profondeur pourrait amener Poutine à revoir ses calculs”, car elle “mettrait en danger (…) des infrastructures énergétiques importantes à l’intérieur de la Russie”, selon Matthew Whitaker.

La Cour suprême américaine pourrait porter l’estocade à une loi emblématique sur les droits civiques

La Cour suprême américaine passe mercredi au crible une loi emblématique garantissant la représentation électorale des minorités, dont l’érosion accélérée pourrait enraciner la majorité parlementaire des républicains. Les neuf juges de la Cour, majoritairement conservatrice, sont une nouvelle fois saisis d’un recours contre une carte électorale dans un Etat comportant une importante minorité noire, en l’occurrence la Louisiane (sud).Au coeur du débat, le découpage électoral partisan, dit “gerrymandering”, consistant à déplacer les frontières des circonscriptions au gré des intérêts du parti dirigeant dans chaque Etat.La Cour suprême a décidé en 2019 que ce charcutage ne relevait pas de la compétence des tribunaux fédéraux, mais il reste prohibé lorsqu’il se pratique sur des bases raciales et non plus de l’affiliation politique.Les autorités républicaines de Louisiane, Etat dont environ un tiers de la population est noire, ont dû à la suite d’une décision de justice créer une seconde circonscription à majorité afro-américaine, en vertu du Voting Rights Act. Cette loi phare a été adoptée en 1965 pour empêcher les anciens Etats ségrégationnistes du Sud de priver les Afro-Américains du droit de vote.Mais un groupe d’électeurs de Louisiane n’appartenant pas à cette minorité a contesté cette nouvelle carte, la qualifiant de discriminatoire, et un tribunal leur a donné raison, considérant que le facteur racial avait prédominé dans le tracé de la circonscription.Dans une décision inhabituelle, la Cour suprême, qui aurait dû statuer sur ce litige en juin lors de sa précédente session annuelle, l’a renvoyée à sa nouvelle session qui s’est ouverte en octobre.Elle devra déterminer si le Voting Rights Act contrevient aux amendements de la Constitution sur l’égalité de traitement des citoyens devant la loi.- “Retour en arrière” -La circonscription en cause “s’étend en diagonale sur environ 400 km de Shreveport, dans le coin nord-ouest, jusqu’au sud-est de l’Etat, à Baton Rouge, pour englober suffisamment d’électeurs noirs afin qu’ils y constituent une majorité”, explique Michael Dimino, professeur de droit à l’Université Widener.Selon lui, la Cour pourrait se préparer à déclarer la loi inconstitutionnelle “dans la mesure où elle force les Etats à effectuer un découpage électoral sur une base raciale”.Depuis une dizaine d’années, la majorité conservatrice de la Cour a déjà largement vidé de sa substance le Voting Rights Act, adopté après la violente répression policière de manifestations pour les droits civiques en Alabama (sud) il y a 60 ans.”Sans cette loi, il n’y aura plus, ou très peu de garanties contre un démantèlement de tous les progrès accomplis depuis 1965 et contre un potentiel retour aux conditions d’avant la promulgation du Voting Rights Act”, prévient Sophia Lin Lakin, qui suit les questions électorales pour la puissante organisation de défense des droits civiques ACLU.”Les enjeux sont donc très importants”, souligne-t-elle.De fait, une décision de la Cour suprême invalidant cette loi permettrait aux républicains d’obtenir 19 sièges “sûrs” de plus à la Chambre des représentants, soit “assez pour consolider le contrôle d’un seul parti pour au moins une génération”, selon un rapport d’organisations de défense des droits civiques.A un an des élections de mi-mandat, les républicains disposent de seulement quelques sièges de majorité à la Chambre, que les démocrates espèrent leur reprendre pour pouvoir s’opposer au programme du président Donald Trump.Les deux camps sont engagés dans une bataille acharnée pour le redécoupage électoral, en particulier au Texas (sud) et en Californie (ouest), les deux Etats les plus peuplés du pays.