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Ukraine: la diplomatie bat son plein, les frappes russes aussi

Donald Trump a déclaré mardi qu’un accord visant à mettre fin à la guerre en Ukraine était “très proche” alors que les frappes russes se poursuivent sans répit sur Kiev.”Ce n’est pas facile”, a affirmé le président américain à la Maison Blanche, mais “je pense que nous sommes très proches d’un accord”. “Nous verrons bien”.Plusieurs dirigeants européens se montrent plus sceptiques, le président français Emmanuel Macron déplorant l’absence “de volonté russe d’avoir un cessez-le-feu” après près de quatre ans de guerre.La porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a reconnu sur X qu'”il restait à régler quelques détails sensibles mais pas insurmontables, qui demanderont des discussions supplémentaires entre l’Ukraine, la Russie et les Etats-Unis”.Au coeur des négociations, le projet de plan américain dont une version initiale jugée très favorable à Moscou a été amendée à l’issue de pourparlers dimanche à Genève entre délégations américaine, ukrainienne et européennes.La dernière mouture est “significativement meilleure” pour Kiev, a reconnu mardi auprès de l’AFP une source proche du dossier.”L’Ukraine, les Etats-Unis et les Européens ont rendu la proposition américaine fonctionnelle (…) et elle est désormais significativement meilleure” pour Kiev, a-t-elle dit.Signe de l’intense activité diplomatique, le secrétaire américain à l’Armée de terre, Dan Driscoll, s’est entretenu avec une délégation russe à Abou Dhabi.”Les pourparlers se déroulent bien et nous restons optimistes”, a déclaré un porte-parole, le lieutenant-colonel Jeff Tolbert, sans autre détails.- Habitants évacués -Une pluie de drones et missiles s’est abattue sur Kiev dans la nuit de lundi à mardi, faisant au moins sept morts.Certains ont trouvé refuge dans le métro de la capitale tandis que retentissaient les sirènes d’alerte dans tout le pays.Les habitants de plusieurs immeubles résidentiels ont été évacués de leurs appartements en flammes. Au petit matin, de la fumée s’élevait encore au-dessus des toits.Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a dénoncé sur X les frappes russes, estimant qu’elles montraient “la réponse terroriste (du président russe Vladimir) Poutine à la proposition de paix des Etats-Unis et du président Trump”.- “Enfin, une chance” -Le président américain avait initialement donné jusqu’au 27 novembre au président ukrainien Volodymyr Zelensky pour répondre à son plan.La dernière version permet notamment à l’Ukraine de conserver une armée de 800.000 hommes, contre 600.000 militaires dans la première version du plan. “Il n’y est pas question de plafond, c’est à peu près le nombre actuel”, selon la même source proche du dossier sous couvert d’anonymat.Certaines questions parmi les plus sensibles, telles que les questions territoriales, pourront être “discutées à un niveau présidentiel”, a-t-elle poursuivi.Kiev espère à présent organiser une visite du président Zelensky aux États-Unis “dès que possible en novembre pour finaliser les étapes restantes et parvenir à un accord avec le président Trump”, a déclaré sur X le secrétaire du Conseil de sécurité ukrainien Roustem Oumerov, qui a fait part d’une “entente” générale sur les paramètres d’un accord.Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a de son côté déclaré mardi que la Russie attendait des Etats-Unis qu’ils présentent la nouvelle version de leur proposition.Les pays de la “Coalition des volontaires” soutenant l’Ukraine se sont réunis mardi après-midi en visio-conférence.En ouverture, le président français a affirmé qu’il y avait “enfin une chance de réaliser de vrais progrès vers une bonne paix” entre l’Ukraine et la Russie.”Mais la condition absolue pour une bonne paix, c’est une série de garanties de sécurité très robustes, et pas des garanties uniquement sur le papier”, a-t-il prévenu.Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio devait se joindre à cette réunion, a-t-il précisé.Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a cependant averti que le chemin vers un règlement du conflit en Ukraine est “encore long” et “difficile”.Et Emmanuel Macron a déploré le fait qu’il n’y avait “aujourd’hui clairement pas de volonté russe d’avoir un cessez-le-feu”, appelant à “continuer de mettre la pression” sur la Russie.- Fatigue -Sur le front, l’armée russe qui contrôle près d’un cinquième du territoire ukrainien, continue sa lente progression le long de la ligne Est, revendiquant ces derniers jours la prise de plusieurs villages.Ivan Zadontsev, sergent dans les forces ukrainiennes, accueille les négociations avec scepticisme. “Nous sommes fatigués de la guerre”, a-t-il dit mardi à l’AFP, mais il redoute la “mauvaise paix” esquissée dans la proposition américaine initiale.burs-lb/ev

“On ne voyait plus rien”: à Kiev, la fuite d’habitants d’un immeuble ravagé par un drone russe

La Russie a de nouveau frappé dans la nuit la capitale ukrainienne, Kiev, au moment où des négociations tous azimuts se poursuivent pour tenter de trouver une issue à près de quatre ans de conflit.La pluie de drones et missiles a fait au moins sept morts, causé de nombreux dégâts et précipité des habitants dans …

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Allemagne: sept Antifas jugés pour violences sur des extrémistes de droite

Le procès de sept membres présumés du groupe d’extrême gauche Antifa Ost, accusés d’attaques violentes contre des extrémistes de droite, s’est ouvert mardi en Allemagne.Six hommes et une femme âgés de 28 à 49 ans ont été présentés devant le tribunal de Dresde, dans l’est du pays, pour avoir participé, selon le parquet fédéral allemand, …

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En Cisjordanie, une “papamobile” transformée en clinique pour Gaza

La voiturette utilisée par le pape François lors d’un voyage en Terre sainte est réapparue mardi dans les rues de Bethléem, en Cisjordanie occupée, cette fois-ci réaménagée en clinique mobile pour les enfants de la bande de Gaza.”Le +Véhicule de l’Espoir+ est prêt pour sa nouvelle mission”, a lancé le cardinal Anders Arborelius, évêque de Stockholm, devant des journalistes venus assister à la présentation de cette nouvelle version de la “papamobile”.C’est lui qui a béni la petite voiture empruntée par le pape François lors de sa venue dans les Territoires palestiniens en 2014, après que la branche suédoise de l’ONG catholique Caritas l’a réhabilitée.Accessoire emblématique, cette “papamobile” est immédiatement reconnaissable à son blanc immaculé et sa canopée surélevée depuis laquelle le souverain pontife salue les foules.Mais au lieu de transporter le chef des 1,4 milliard de catholiques du monde, le véhicule rebaptisé “Véhicule de l’Espoir” doit être envoyé dans la bande de Gaza, un territoire ravagé par plus de deux ans de guerre, conformément aux demandes formulées par le pape François avant sa mort.Equipée pour accueillir des consultations ou des campagnes de vaccination, cette étonnante clinique à roulettes a pour objectif de prendre en charge jusqu’à 200 patients par jour.- “Dernier souhait” -Il y a plus de dix ans, en mai 2014, le pape François était venu à Amman, Bethléem et Jérusalem. Il s’agissait de son deuxième déplacement à l’étranger depuis son entrée en fonction.Le président palestinien Mahmoud Abbas lui avait alors offert cette Mitsubishi, modifiée pour la visite, dans laquelle le pape a notamment traversé la place de la Mangeoire, l’un des principaux sites du tourisme religieux de Bethléem en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967.Le véhicule avait ensuite été confié à des frères franciscains, les gardiens officiels des lieux saints chrétiens en Terre sainte.Avant de mourir le 21 avril dernier à l’âge de 88 ans, François avait confié que son “dernier souhait” pour les enfants de Gaza était que la “papamobile” soit transformée en clinique mobile pour ces derniers, d’après des propos rapportés en mai par Vatican News, le site d’information officiel du Saint-Siège.Caritas a investi près de 13.000 euros pour que des mécaniciens palestiniens la remettent à neuf et la modifient, notamment en fermant ses deux flancs.”Les enfants de Gaza étaient très proches du coeur du pape François”, a indiqué Peter Brune, secrétaire général de Caritas Suède, présent lors de la présentation.”Ils s’assiéront sur le siège du pape et seront traités comme la personne la plus importante au monde”, a-t-il ajouté.- “Message de compassion” -“Le monde n’a pas oublié les enfants de Gaza”, a ajouté le cardinal Arborelius lors de la présentation à la presse, à un jet de pierre de l’iconique basilique de la Nativité à Bethléem.Avec cette voiturette, il veut envoyer “un message de compassion, de dignité et d’espoir”, à quelques semaines de Noël, dont les préparatifs battent leur plein dans cette ville accueillant chaque année des pèlerins du monde entier fin décembre.Aucune date n’a encore été fixée pour la mise en service de cette clinique mobile. La présentation du véhicule intervient quelques jours avant que le successeur de François, le pape Léon XIV, n’entame sa première tournée à l’étranger, notamment au Proche-Orient.”Comme pour tout le secteur humanitaire, nous avons urgemment besoin d’accéder à Gaza”, a dit à l’AFP Alistair Dutton, secrétaire général de Caritas. “Nous sommes en lien avec les autorités pour faire entrer ce véhicule le plus rapidement possible.”Les ONG et les Nations unies dénoncent régulièrement les contraintes et les restrictions imposées par Israël sur l’entrée de l’aide dans le territoire, estimant qu’elles freinent leurs opérations, ce que rejette Israël.