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Guerre en Ukraine: Zelensky à Paris en plein va-et-vient diplomatique orchestré par Trump

Volodymyr Zelensky, sous forte pression politique et diplomatique, est arrivé lundi à Paris pour rencontrer Emmanuel Macron et consolider ses soutiens européens à la veille d’une rencontre entre l’envoyé américain Steve Witkoff et le président russe Vladimir Poutine.Le président français a chaleureusement accueilli son homologue ukrainien vers 11H00 locales (10H00 GMT), descendant les marches du palais de l’Elysée pour aller à sa rencontre et lui adresser une franche accolade.Volodymyr Zelensky, qui incarne depuis bientôt quatre ans la résistance ukrainienne à l’invasion russe lancée en février 2022, est sous une très forte pression.Les forces russes continuent inexorablement leur lente progression dans l’est du pays, érodant l’armée ukrainienne. Le gouvernement est éclaboussé par un important scandale de corruption, qui a contraint Volodymyr Zelensky a limogé son éminence grise, son chef de cabinet Andriï Iermak. Enfin, Kiev tente de préserver ses intérêts dans l’intense va-et-vient diplomatique animé par les Etats-Unis, qui négocient séparément avec les Russes et les Ukrainiens pour trouver une issue à la guerre.La semaine qui s’ouvre s’annonce “cruciale” pour l’Ukraine, a affirmé lundi la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne Kaja Kallas, avant une réunion des ministres de la Défense de l’UE à Bruxelles. Les Européens espèrent que l’administration Trump, qu’ils soupçonnent de complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine, ne sacrifiera pas l’Ukraine, considérée comme un rempart face aux ambitions russes.M. Zelensky s’est depuis dimanche entretenu avec plusieurs responsables européens sur ces négociations, dont deux fois avec le président finlandais Alexander Stubb, qui entretient de bonnes relations avec Donald Trump.Les Etats-Unis ont présenté il y a dix jours un premier projet en 28 points très favorable à Moscou, rédigé sans les alliés européens de Kiev, censé mettre fin au conflit déclenché par l’offensive russe contre l’Ukraine en février 2022.Washington a ensuite amendé ce projet avec les Ukrainiens et les Européens à Genève, avant de retravailler dessus en bilatéral avec les Ukrainiens dimanche en Floride.L’émissaire américain Steve Witkoff est attendu à Moscou pour rediscuter le projet et rencontrera Vladimir Poutine mardi après-midi, selon le Kremlin.- Frappe sur Dnipro -Dimanche, des discussions américano-ukrainiennes en Floride ont été jugées “productives” par les deux parties, mais le secrétaire d’Etat Marco Rubio a prévenu qu'”il restait encore du travail”.”Il reste quelques points épineux à régler. Nos représentants rentreront en Europe dans les prochains jours et, après avoir discuté avec eux et reçu un compte rendu complet des négociations, nous déciderons de la suite de nos actions”, a déclaré lundi sur X Volodymyr Zelensky.L’ancien chef d’état-major ukrainien aujourd’hui ambassadeur à Londres, Valeriï Zaloujniï, a estimé dans le quotidien britannique Telegraph que sans garanties de sécurité solides, incluant notamment une perspective d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, la “guerre se poursuivra probablement” et la Russie poursuivra son objectif d'”abolition de l’Ukraine en tant qu’État indépendant”. Le président Donald Trump a, lui, affiché son optimisme, estimant que Russie et Ukraine souhaitaient mettre fin au conflit, tout en soulignant que Kiev n’était pas en position de force en raison du scandale de corruption qui secoue le gouvernement.Sur le terrain, Moscou exerce une pression militaire sur Kiev: son armée progresse dans l’est de l’Ukraine et les frappes de drones et de missiles sur les arrières de la zone de front, destinées notamment à saper le moral des populations, ne faiblissent pas.Au moins trois personnes ont été tuées et quinze autres blessées lundi dans une frappe de missile russe sur Dnipro, grande ville du centre-est du pays, a indiqué le gouverneur régional. L’Ukraine, elle, a revendiqué samedi l’attaque par des drones navals de deux pétroliers de la flotte fantôme russe en mer Noire. Ces engins ont également été lancés contre un terminal pétrolier dans le port russe de Novorossiïsk.En France, M. Zelensky doit être accompagné par son épouse Olena Zelenska pour un événement autour de l’initiative “Bring kids back” (“Ramenez les enfants”), dont elle est la marraine.Cette initiative “a permis de ramener près de 2.000 enfants ukrainiens arrachés à leur famille par la Russie”, a souligné le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, en rappelant que “ce crime de guerre odieux vaut à Vladimir Poutine son mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale”.Le président ukrainien se rendra ensuite mardi en Irlande pour sa première visite dans ce pays neutre.

En pleine crise avec Caracas, Trump prêt à se pencher sur une frappe mortelle en mer des Caraïbes

En pleine crise avec Caracas, le président Donald Trump a indiqué dimanche vouloir vérifier des informations selon lesquelles l’armée américaine aurait frappé à deux reprises une embarcation de présumés trafiquants de drogue, afin d’en éliminer deux survivants. Washington, qui dit lutter contre les cartels de la drogue, a déployé des forces armées depuis septembre en mer des Caraïbes, notamment le plus grand porte-avions du monde. Une décision qui a enflammé les relations bilatérales.Le président américain a confirmé dimanche s’être entretenu il y a plusieurs jours avec son homologue vénézuélien Nicolas Maduro. La veille, il avait décrété que l’espace aérien du Venezuela devait être considéré comme “totalement fermé”.Caracas a dénoncé une “agression en préparation” des Etats-Unis, dans une lettre à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Mais à la crise bilatérale se greffe désormais une autre polémique: le Washington Post affirme que le ministre de la Défense américain Pete Hegseth a ordonné, lors d’une frappe en septembre, que tous les passagers du bateau soient tués, conduisant les militaires à viser une deuxième fois deux survivants qui s’accrochaient au bateau en flammes.”Nous allons regarder”, a déclaré le président américain à bord de son avion, relevant qu’il n’aurait “pas voulu ça”. Tout en soutenant son ministre: “Je ne sais rien de ça. Il dit qu’il n’a pas dit ça et je le crois”, a déclaré le milliardaire américain. Le Washington Post affirme que “l’ordre était de tuer tout le monde”, ce que Pete Hegseth qualifie de “fausses informations”. Bête noire des Etats-Unis depuis un quart de siècle, le Venezuela est accusé par Donald Trump d’être derrière le trafic de stupéfiants qui inondent les Etats-Unis. Caracas dément et rétorque que l’objectif de Washington est de le renverser et de mettre la main sur le pétrole du pays.Rien de concret n’a filtré sur la conversation entre les deux chefs d’Etat. “Je ne dirais pas que cela s’est bien ou mal passé. C’était un appel téléphonique”, a éludé le président américain.Le sénateur républicain américain Markwayne Mullin a affirmé dimanche que Washington avait proposé à Maduro de quitter le pays. “Nous lui avons dit qu’il pouvait partir pour la Russie ou (…) dans un autre pays”.- Aide de l’Opep -Le Venezuela a annoncé de son côté avoir demandé à l’Opep de l’aider “à stopper cette agression (américaine) qui se prépare avec de plus en plus de force”. Des propos tenus dans une lettre de M. Maduro lue par la vice-présidente et ministre du Pétrole Delcy Rodriguez, lors d’une visioconférence des ministres de l’Opep. Washington “cherche à s’emparer des vastes réserves de pétrole du Venezuela, les plus grandes du monde, par l’utilisation de la force militaire”, y écrit M. Maduro, répétant des accusations proférées à de multiples reprises. Au total, les Etats-Unis ont mené des frappes contre plus de 20 navires dans les Caraïbes et le Pacifique, tuant au moins 83 personnes, sans fournir de preuves que ces navires soient impliqués dans le trafic de drogue.Des experts et l’ONU questionnent la légalité des opérations. Aucun suspect n’a été ni interpellé ni interrogé.Le président de l’Assemblée nationale du Venezuela a annoncé dimanche avoir reçu “des familles de Vénézuéliens assassinés, exécutés extrajudiciairement lors des actions, clairement illégitimes et illégales” de l’armée américaine. Jorge Rodriguez, un des hommes forts du pays, a aussi rebondi sur les accusations du Washington Post. “Si une guerre avait été déclarée et conduit à de tels assassinats, nous parlerions de crimes de guerre. Étant donné qu’il n’y a aucune guerre déclarée entre pays, ce qui s’est produit (…) ne peut être qualifié autrement que d’assassinats ou d’exécutions extrajudiciaires”, a-t-il estimé.Ces derniers jours, une activité constante d’avions de combat américains a été enregistrée à quelques dizaines de kilomètres des côtes vénézuéliennes, selon des sites de suivi des aéronefs.Six compagnies aériennes ont suspendu leurs liaisons avec le Venezuela. Mais l’aéroport de Caracas fonctionnait normalement dimanche.Jeudi, Donald Trump avait déclaré que l’armée américaine allait “très bientôt” commencer à cibler des trafiquants dans des opérations terrestres, suscitant l’opposition de parlementaires américains de tous bords.Au pouvoir depuis 2013, le président socialiste Nicolas Maduro, héritier politique de Hugo Chavez, figure de la gauche radicale, a été réélu en 2024 après un scrutin marqué par des troubles et des arrestations.La cheffe de l’opposition Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025, assure que le pouvoir a fraudé. pgf-burs/nr-dla/aje/pcl

Plus de 1.000 morts en Asie après des inondations dévastatrices

Secouristes et militaires s’activent lundi pour déblayer les routes et porter assistance aux populations du Sri Lanka et d’Indonésie, touchés par des inondations qui ont causé plus de 1.000 morts et plusieurs centaines de disparus dans quatre pays d’Asie ces derniers jours.Un cyclone au Sri Lanka et une tempête exceptionnelle en Thaïlande, en Malaisie et en Indonésie, en particulier sur la grande île de Sumatra, ont provoqué des pluies torrentielle dans la région, déjà en pleine période de mousson. A Sumatra, le bilan des inondations s’est encore alourdi lundi, passant à 593 morts et 468 disparus, a annoncé l’agence de gestion des catastrophes.Ce dernier bilan, provisoire, porte à plus de 1.000 le nombre de morts dans la région dans ce récent épisode d’inondations.”L’eau m’arrivait jusqu’au cou”, témoigne auprès de l’AFP Misbahul Munir, 28 ans, habitant d’Aceh Nord, à la pointe nord de Sumatra, surpris par la montée des eaux alors qu’il était au volant de sa voiture. Dans sa maison, “l’eau monte à environ deux mètres. Tous les meubles sont abîmés”. “Je n’ai plus que les vêtements que je porte”, ajoute-t-il avant de fondre en larmes.Pour les habitants réfugiés dans les centres d’accueil, “les conditions sont préoccupantes. Il y a des femmes enceintes et des jeunes enfants”, explique-t-il, ajoutant qu'”il n’y a plus d’électricité”. Arrivé lundi matin dans le nord de l’île de Sumatra, le président indonésien Prabowo Subianto a annoncé que “la priorité du gouvernement était désormais d’envoyer immédiatement l’aide nécessaire”. Il a annoncé le déploiement d’avions et hélicoptères pour les opérations de secours, en plus des trois navires militaires déjà dépêchés dans les zones les plus touchées, où de nombreuses routes restent impraticables, en raison de la boue et des débris. Le président subit une pression croissante pour déclarer l’état d’urgence nationale face à la catastrophe naturelle la plus meurtrière du pays depuis le tremblement de terre et le tsunami qui ont fait plus de 2.000 morts aux Célèbes en 2018.Contrairement à son homologue sri-lankais, le dirigeant indonésien n’a pas lancé d’appel à l’aide internationale. – Le Sri Lanka appelle à l’aide -Dimanche, la pluie avait cessé sur l’ensemble du Sri Lanka, quand les autorités se sont lancées dans une opération de secours de grande envergure.Le gouvernement sri-lankais a utilisé des hélicoptères militaires pour secourir les personnes bloquées par les inondations et les glissements de terrain provoqués par le cyclone Ditwah. L’un d’eux s’est écrasé dimanche soir au nord de Colombo.Au moins 335 personnes ont été tuées, et 366 autres sont toujours portées disparues, selon un bilan actualisé lundi des autorités srilankaises.Le président Anura Kumara Dissanayake, qui a déclaré l’état d’urgence, s’est engagé à reconstruire les zones dévastées après la catastrophe “la plus importante de notre histoire”, a-t-il déclaré samedi dans un discours.”Ma maison est totalement inondée, je ne sais pas où aller, mais j’espère trouver un abri sûr où emmener ma famille”, dit à l’AFP Selvi, 46 ans, une habitante de la banlieue de Colombo transportant quatre sacs d’affaires.Les pertes et les dégâts sont les plus importants au Sri Lanka depuis le tsunami dévastateur de 2004.- Colère en Thaïlande -Une grande partie de l’Asie est actuellement en pleine saison de la mousson, avec de fortes pluies provoquant parfois des glissements de terrain et des crues soudaines.Or le changement climatique affecte les régimes de tempêtes, y compris la durée et l’intensité de ces précipitations, plus abondantes, avec des crues soudaines et des rafales de vent plus fortes.Ces pluies torrentielles sont responsables d’au moins 176 décès dans le sud de la Thaïlande, avec l’une des inondations les plus meurtrières que le pays ait connues depuis dix ans. Le gouvernement a mis en place des mesures d’aide, mais les critiques de la population à l’égard de la gestion de la catastrophe se multiplient, et deux responsables locaux ont été suspendus pour des manquements présumés.De l’autre côté de la frontière, en Malaisie, où de fortes pluies ont également inondé de vastes étendues de terre dans l’État de Perlis, deux personnes ont trouvé la mort.burs-sah/tc/ebe-ega/pt/vgu/pcl

Incendie de Hong Kong: 151 morts, les autorités disent sévir contre la “désinformation” en ligne

Les autorités de Hong Kong ont dit lundi prendre les mesures “appropriées” contre ceux qui propagent en ligne des informations non vérifiées sur l’incendie qui a ravagé un complexe résidentiel la semaine passée et dont le bilan a été relevé à 151 morts.Le sinistre qui s’est déclaré mercredi après-midi dans l’ensemble de Wang Fuk Court, dans le district de Tai Po, est l’incendie d’immeuble le plus meurtrier depuis 1980 dans le monde, à l’exclusion de feux survenus dans des nightclubs, des prisons ou des centres commerciaux, d’après des recherches dans la base de données des catastrophes de l’Université de Louvain en Belgique.La police a poursuivi lundi les recherches dans les huit tours calcinées de 31 étages et d’environ 2.000 logements, et fait de nouvelles découvertes dans les appartements, les couloirs et les escaliers.Le nombre de décès confirmés est passé de 146 à 151, a dit devant la presse un responsable de la police, Tsang Shuk-yin.L’ampleur du drame a causé un choc dans le territoire et suscité des appels à identifier les responsables de la tragédie.Les médias locaux ont rapporté samedi soir qu’un étudiant de 24 ans, Miles Kwan, à l’origine avec d’autres d’une pétition réclamant des comptes pour le pire incendie qu’ait connu la ville depuis 1948 avait été arrêté. La pétition en ligne, qui avait recueilli plus de 10.000 signatures en moins d’une journée, a été supprimée.Un journaliste de l’AFP a vu lundi Miles Kwan quitter le commissariat du district de Cheung Sha Wan en taxi, sans pouvoir recueillir de commentaire de sa part sur sa situation.Les autorités ont signifié leur intransigeance lundi. Le chef de la sécurité du territoire, Chris Tang, interrogé sur Miles Kwan et d’autres éventuelles arrestations, a dit devant la presse avoir observé ces derniers jours “des commentaires inexacts” publiés en ligne.”Certaines personnes aux motivations inavouées (cherchent) à mettre en danger la sécurité de Hong Kong et la sécurité nationale (de la Chine) et à profiter que toute la société souffre pour inciter au mécontentement contre le gouvernement en pratiquant la désinformation”, a-t-il dit.”Par conséquent, nous devons prendre les mesures appropriées, y compris des mesures de police”, a-t-il ajouté sans plus de précision.Hong Kong, rétrocédé à la Chine par le Royaume-Uni en 1997, a vu le contrôle de Pékin se resserrer avec une loi de sécurité nationale stricte passée en 2020 en réaction aux manifestations pro-démocratie.Treize personnes, 12 hommes et une femme, ont été arrêtées à ce jour dans l’enquête sur l’incendie, a dit Chan Tung, directeur de la police criminelle et de la sécurité de Hong Kong.Le complexe d’environ 2.000 logements était en cours de rénovation, mais toujours habité.L’attention s’est concentrée sur l’emploi possible de matériaux inflammables pour la rénovation, comme les filets protégeant de la poussière et de la chute d’objets, et l’usage, commun à Hong Kong, de bambou pour les échafaudages.Un responsable du gouvernement de Hong Kong, Eric Chan, a corroboré le soupçon sur les conditions de réalisation du chantier.Des échantillons de filets de protection collectés à sept endroits et à des hauteurs différentes “ne répondaient pas aux normes de résistance au feu”, a-t-il dit.

Chantage à la sextape: prison ferme et inéligibilité immédiate pour le maire de Saint-Etienne

Le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, a été reconnu coupable lundi de chantage à la sextape et condamné à quatre ans de prison ferme et une inéligibilité immédiate, une peine plus sévère que celle requise lors de son procès.”Je suis innocent, cette décision est totalement incompréhensible”, a-t-il déclaré à la sortie du tribunal correctionnel de Lyon, en annonçant qu’il ferait appel.L’édile de 53 ans, ex-LR, a été jugé fin septembre dans cette affaire de piège tendu à un rival, l’ex-premier adjoint Gilles Artigues, filmé à la caméra cachée en compagnie d’un prostitué, puis contraint à faire profil bas.Lors des longues journées d’audience, “le tribunal a bien entendu tout ce que vous avez opposé” aux accusations, mais “n’a rien trouvé en termes d’excuses” pour minimiser “l’extrême gravité des faits”, a déclaré la présidente du tribunal Brigitte Vernay.Soulignant “le devoir d’exemplarité”, “de dignité” et “de représentation” des élus, elle a déclaré le maire “entièrement coupable” de chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics et a prononcé des peines allant au-delà des trois ans ferme requis par le ministère public.Gaël Perdriau a été condamné à cinq ans de prison, dont quatre ans ferme, avec mandat de dépôt à effet différé, assorti de l’exécution provisoire, autrement dit il sera bientôt incarcéré, et à cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate, ce qui lui impose de quitter tout de suite la mairie. A l’annonce du jugement, M. Perdriau est resté impassible, et quelques applaudissements ont retenti dans la salle. Pendant l’enquête et lors de son procès, il avait martelé n’avoir joué aucun rôle dans le complot ourdi contre Gilles Artigues.Cet ancien député centriste, qui avait révélé lors du procès ses pensées suicidaires, s’est félicité lundi de la décision. “Aujourd’hui je pense que je vais pouvoir me reconstruire”, a-t-il dit, entouré de sa famille.- “Les juges ont compris” -Si Gaël Perdriau a toujours nié avoir participé à un chantage pour le museler, plusieurs membres de son entourage ont assumé leur rôle dans le piège et ont également été condamnés à de peines lourdes.Pierre Gauttieri, qui fut pendant dix ans directeur de cabinet du maire et n’était pas présent à l’audience de délibéré, a été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis.Lors de l’instruction, et à la barre, il a assuré que M. Perdriau lui avait demandé, dès son élection en 2014, “une solution pour tenir en respect Gilles Artigues”, dont il doutait de la loyauté.L’idée de piéger avec un escort-boy ce catholique opposé au mariage entre personnes de même sexe a germé lors d’échanges avec l’ambitieux adjoint à l’Education Samy Kéfi-Jérôme et le conjoint de ce dernier Gilles Rossary-Lenglet.Pour le premier, qui avait servi d’appât et avait posé la caméra cachée, le tribunal a retenu une peine de quatre ans de prison dont un avec sursis.La même peine a été prononcée contre Gilles Rossary-Lenglet, qui a reconnu avoir eu l’idée de piéger Gilles Artigues sur le plan des moeurs, avoir réservé l’escort-boy et monté les rushs de la vidéo intime.Ce personnage atypique, qui de son propre aveu “grenouillait” dans le milieu politique stéphanois, est l’homme par lequel le scandale est arrivé: c’est lui qui, séparé, au chômage, et malade, est allé voir Médiapart avec la “sextape” en 2022.”Les juges ont compris et ont puni, c’est une bonne chose”, a-t-il commenté lundi en se félicitant que le tribunal n’ait pas hésité à condamner un homme politique.Lors du procès, fin septembre, deux couples à la tête d’associations stéphanoises avaient comparu à leurs côtés pour “abus de confiance”, soupçonnés d’avoir joué un rôle dans le financement du piège.Sans être au courant de l’existence de la vidéo, ils étaient accusés d’avoir perçu des subventions municipales, attribuées sur la réserve du maire, et de les avoir reversées à Gilles Rossary-Lenglet. Le tribunal les a relaxés, estimant ne pas avoir discerné d”intentions frauduleuses” de leur part.

Présidentielle au Honduras: le candidat soutenu par Trump vire en tête

Le candidat de la droite hondurienne, qui a reçu le soutien de Donald Trump, fait la course en tête dimanche lors du dépouillement de la présidentielle, selon des résultats préliminaires.Selon le Conseil national électoral (CNE), Nasry Asfura, 67 ans, ex-maire de Tegucigalpa adoubé par le président des Etats-Unis qui s’est immiscé dans cette élection, devance, avec 40,6% des voix sur un peu plus d’un tiers des bulletins dépouillés, de 1,8 point l’autre candidat de droite, le présentateur télé Salvador Nasralla, et de 21 points la candidate de la gauche au pouvoir, Rixi Moncada.Ces trois candidats sur les cinq en lice étaient donnés au coude-à-coude dans les sondages.Quelque 6,5 millions de Honduriens étaient appelés à élire, sur un seul tour, le successeur de la présidente Xiomara Castro, ainsi que 128 députés et des centaines de maires pour les quatre prochaines années.Donald Trump a adopté une position interventionniste en Amérique latine, n’hésitant pas à conditionner l’aide américaine à la bonne volonté des gouvernements et à ses affinités avec leurs dirigeants.Il a assuré que “s’il (Asfura) ne remporte pas les élections, les Etats-Unis ne gaspilleront pas leur argent”.Non seulement le président américain a qualifié Nasry Asfura de “seul vrai ami de la liberté”, mais il a assuré qu’il “ne pourrait pas travailler” avec Rixi Moncada, 60 ans, “et les communistes” et qu’il ne faisait “pas confiance” à Salvador Nasralla, 72 ans.”Tito (Nasry Asfura) et moi pouvons travailler ensemble pour lutter contre les +narco-communistes+ et apporter au peuple du Honduras l’aide dont il a besoin”, a écrit M. Trump sur les réseaux sociaux.- “Grâce” d’un ancien président – M. Asfura, entrepreneur de BTP et ancien maire de Tegucigalpa, concourt sous la bannière du parti de l’ancien président Juan Orlando Hernández (2014-2022), qui purge aux Etats-Unis une peine de 45 ans de prison pour trafic de drogue.Donald Trump a annoncé vendredi qu’il allait lui accorder une “grâce totale et absolue”.Mme Moncada a dénoncé l’ingérence des Etats-Unis: “Il n’y a aucun doute qu’il y a deux actions concrètes, à trois jours des élections, qui sont totalement interventionnistes.”M. Asfura a nié que cette grâce puisse lui bénéficier. “Ca fait des mois que ce sujet est évoqué et il n’a rien à voir avec les élections”, a-t-il déclaré après avoir voté à Tegucigalpa.Il en est à sa seconde présidentielle après son échec en 2021 face à Xiomara Castro. M. Asfura est également soutenu par le président argentin, allié de M. Trump, Javier Milei. Le scrutin s’est tenu dans un contexte de fortes tensions politiques, droite et gauche s’accusant de préparer une fraude, dans un pays dépourvu d’arbitre électoral indépendant, et même si l’Organisation des Etats américains (OEA) et l’Union européenne ont dépêché des observateurs.Francisco Assis, chef de la mission de l’OEA, a jugé que la journée s’était déroulée dans une “atmosphère démocratique” et avec une grande affluence d’électeurs.Mais le parti Liberté et Refondation (Libre) de la gauche au pouvoir a déjà annoncé qu’il attendrait le décompte total des votes, ce qui pourrait prendre des jours.- Pauvreté et violence -Les candidats ont à peine abordé les préoccupations des Honduriens, la pauvreté et la violence.M. Asfura a promis d’attirer des investissements, M. Nasralla de soutenir l’industrie et l’agriculture, et Mme Moncada de taxer les élites économiques.Près des deux tiers des 11 millions de Honduriens vivent dans la pauvreté, et 27% du PIB du pays est abondé par les envois de fonds des Honduriens vivant aux Etats-Unis, soit dix milliards de dollars.Mais l’administration Trump a expulsé cette année environ 27.000 Honduriens et révoqué le statut de protection temporaire de 51.000 ressortissants.Erika Reyes, commerçante de 33 ans, espère que le soutien de Donald Trump à Nasry Asfura aidera les migrants: “Qu’il cesse de les poursuivre, leur donne du travail et leur ouvre les portes”.”Je vote pour qui me plaît, pas pour ce que Trump a dit, car la vérité, c’est que je vis de mon travail, pas des politiciens”, a déclaré à l’AFP Esmeralda Rodríguez, 56 ans, qui vend des fruits sur un marché de Tegucigalpa.Le Honduras est l’un des pays les plus violents de la région. La corruption et les liens avec le narcotrafic sont un défi de taille et les trois partis favoris du scrutin ont été éclaboussés par des soupçons en la matière.