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Moldavie: l’homme d’affaires Alexandru Munteanu nommé Premier ministre du prochain gouvernement pro-UE

La présidente moldave pro-UE, Maia Sandu, a nommé vendredi l’économiste et homme d’affaires Alexandru Munteanu, novice en politique, au poste de Premier ministre après la victoire de son parti aux élections législatives du mois dernier. Le parti de centre droit proeuropéen Action et Solidarité (PAS), au pouvoir depuis 2021, a remporté fin septembre 55 sièges au Parlement sur un total de 101, un seuil suffisant pour former un nouveau gouvernement seul et maintenir l’ex-république soviétique sur sa voie pro-Union européenne.Le scrutin, dans ce pays de 2,4 millions d’habitants, avait été marqué par des accusations d’ingérence russe, ce que Moscou a nié.La présidente Maia Sandu a choisi M. Munteanu pour stimuler l’économie du pays, l’un des plus pauvres d’Europe, frontalier de l’Ukraine en guerre et de la Roumanie, membre de l’UE.”Après consultation des groupes parlementaires, j’ai signé aujourd’hui le décret nommant M. Alexandru Munteanu candidat au poste de Premier ministre de la République de Moldavie”, a déclaré Mme Sandu sur Facebook. Le Parlement devrait confirmer par un vote la nomination de M. Munteanu la semaine prochaine.M. Munteanu, âgé de 61 ans, n’a pas d’expérience en politique et n’est apparu que rarement en public.En 2016, il a fondé une entreprise gérant des investissements au Bélarus, en Moldavie et en Ukraine, où il a vécu plusieurs années avant de partir pour Bucarest après l’invasion russe à grande échelle de 2022.Il possède la citoyenneté moldave, roumaine et américaine. Comme Maia Sandu, il a travaillé par le passé à la Banque mondiale. Il a également enseigné à l’université, avec notamment pour élève le Premier ministre moldave sortant, Dorin Recean.M. Munteanu est diplômé de l’université Columbia à New York, où il a obtenu un master en gestion de politique économique, et de l’Université d’Etat de Moscou, où il a décroché un master en physique. – “Agacé” -Il a présidé pendant plus de trente ans l’Alliance française en Moldavie, le premier centre culturel étranger dans le pays et a été fait Chevalier de la légion d’honneur en 2006.Dans une interview sur une chaîne de télévision la semaine dernière, Alexandru Munteanu s’est dit “agacé” par les affirmations selon lesquelles le pays compte parmi les plus pauvres d’Europe. “Je suis venu pour aider”, a-t-il expliqué, “et je ferai tout mon possible pour que nous rejoignions l’Union européenne d’ici 2028”. Les négociations d’adhésion de la Moldavie à l’UE ont commencé en juin 2024.Le dirigeant de l’opposition prorusse, Igor Dodon, l’a dépeint comme “professionnel” et ” bon économiste” tout en assurant que son parti ne lui accorderait pas son vote. “L’économie et la politique sont des choses très différentes”, a-t-il justifié.Pour l’analyste politique Nicolae Negru, le choix de M. Munteanu au poste de Premier ministre révèle un glissement des priorités du pays, des questions de sécurité vers l’économie.Les Moldaves “ont opté pour l’Union européenne et, automatiquement, cela veut dire qu’ils ont choisi la paix et la prospérité. Le nouveau gouvernement doit les garantir et doit répondre aux attentes des votants”, a-t-il estimé auprès de l’AFP.

Washington accentue la pression sur le Venezuela, un navire militaire américain attendu à proximité

Bateau de guerre et marines américains attendus pour des exercices dès dimanche à Trinité-et-Tobago, pays tout proche du Venezuela, bombardier repéré près des côtes: Washington accentue la pression militaire sur Caracas qui dit “non à la guerre de fous”.Washington a déployé sept navires de guerre dans les Caraïbes et un dans le Golfe du Mexique, officiellement dans le cadre d’une opération contre le narcotrafic, visant particulièrement le Venezuela et son président Nicolas Maduro.Les Etats-Unis ont revendiqué neuf attaques ces dernières semaines, qui ont fait au total au moins 37 morts.”L’USS Gravely (…) visitera Trinité-et-Tobago du 26 au 30 octobre, s’amarrant à Port-d’Espagne, tandis que la 22e Unité expéditionnaire des Marines des Etats-Unis mènera un entraînement conjoint avec les Forces de défense de Trinité-et-Tobago (TTDF) pendant la même période”, selon le texte du gouvernement de l’archipel dont la pointe occidentale se trouve à une dizaine de kilomètres du Venezuela.Parallèlement, un bombardier américain B-1B a survolé jeudi la mer des Caraïbes au large du Venezuela, selon les données de suivi des vols, deuxième démonstration de force de ce type ces derniers jours, au moment où Donald Trump montre les muscles contre ce pays d’Amérique du Sud.”C’est faux”, a pourtant assuré M. Trump, interrogé lors d’un événement à la Maison Blanche, tout en ajoutant que les Etats-Unis étaient toujours “mécontents du Venezuela pour beaucoup de raisons”.”Nous ne sommes pas contents d’eux. Ils ont vidé leurs prisons dans notre pays”, a-t-il accusé. Le président américain a ajouté : “Nous n’allons pas nécessairement demander une déclaration de guerre” au Congrès, qui a le pouvoir constitutionnel de le faire. “Nous allons simplement tuer les gens qui entrent dans notre pays”.- “Non à la guerre de fous” -Face au déploiement américain dans les Caraïbes, M. Maduro, qui cherche à apaiser les tensions avec Trump depuis des semaines, a réitéré des appels à la paix, cette fois sur un ton humoristique: “Yes peace, yes peace, forever, peace forever! No crazy war, Please! Please, please! No crazy war!”, a déclaré Nicolas Maduro en anglais.”Cela s’appelle un langage tarzanesque, façon Tarzan! Si on traduit c’est: +pas de guerre, pas de guerre, pas vouloir guerre, non à la guerre des fous, non à la folie de la guerre+”, a plaisanté le dirigeant.Passé l’humour, Nicolas Maduro, qui a ordonné une série d’exercices militaires depuis août, a aussi souligné jeudi que, lors de ces entraînements, des équipements achetés à la Russie et à la Chine avaient été testés. “Merci au président (Vladimir) Poutine, merci à la Russie, merci à la Chine et merci à de nombreux amis dans le monde, le Venezuela dispose d’un équipement pour garantir la paix”, a-t-il déclaré.Pour M. Maduro, Washington se sert du trafic de drogue comme prétexte “pour imposer un changement de régime” et s’emparer des importantes réserves de pétrole de son pays.Le ministre vénézuélien de la Défense a quant à lui assuré jeudi que toute opération de la CIA contre son pays “échouerait”, après que Donald Trump a autorisé des opérations clandestines contre le Venezuela la semaine dernière.”Nous savons que la CIA est présente” sur le sol vénézuélien, a déclaré le général Vladimir Padrino. Les Américains “pourront bien envoyer je ne sais combien d’agents affiliés à la CIA dans des opérations clandestines de n’importe quel point du pays, toute tentative échouera”.Nul doute que la visite du bateau de guerre et des marines à Trinité-et-Tobago sera suivie de près par Caracas, même si le communiqué trinidadien n’évoque nulle part le Venezuela. Il affirme que l’arrivée de ces moyens militaires américains est liée à la “sécurité régionale” et aux “efforts de coopération dans les Caraïbes” et de “coopération militaire” entre Washington et Port-d’Espagne.La Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, est une fervente soutien de M. Trump, et a adopté dès son accession au pouvoir en mai 2025 un discours virulent contre l’immigration et la criminalité vénézuéliennes dans son pays. Deux Trinidadiens auraient été tués mi-octobre dans une frappe américaine mi-octobre, selon leurs familles, mais les autorités locales n’ont ni confirmé ni infirmé ces décès pour le moment. Des experts ont remis en question la légalité de ces frappes dans des eaux étrangères ou internationales, contre des suspects qui n’ont pas été interceptés ou interrogés.

Polynésie: l’ex-président Gaston Flosse auditionné 28 ans après la disparition d’un journaliste

L’ancien président polynésien Gaston Flosse a été auditionné en tant que témoin, pour la première fois, dans l’affaire de la disparition non élucidée du journaliste et opposant Jean-Pascal Couraud en 1997 en Polynésie française, selon le procès-verbal dont l’AFP a pris connaissance jeudi.D’après ce document, l’audition de l’ex-dirigeant de cette collectivité du Pacifique, âgé aujourd’hui de 94 ans, s’est déroulée le 13 juin et a été menée par la juge d’instruction nouvellement chargée, depuis quelques mois, de ce dossier vieux de presque 30 ans.Quatre personnes sont toujours mises en examen : le chef et l’un des membres du Groupement d’intervention de la Polynésie (GIP), sous les ordres de la Présidence polynésienne jusqu’en 2004, la compagne du journaliste et son amant de l’époque.L’une des hypothèses de la justice est une intimidation du GIP qui aurait mal tourné envers Jean-Pascal Couraud, dit JPK, adversaire notoire de M. Flosse.Contacté par l’AFP, le parquet n’a pas souhaité faire de commentaires. M. Flosse n’était pas joignable dans l’immédiat.Cette première audition de M. Flosse visait à comprendre l’organisation de sa présidence, ainsi que de son service de renseignements (SED) et du GIP, à la fin des années 90.Au cours de son audition, Gaston Flosse a qualifié JPK d'”opposant violent contre le gouvernement”. Il a assuré que le journaliste n’a “jamais” été un objectif du SED, alors que le chef de ce service et trois agents ont reconnu une surveillance de l’opposant.La juge cite aussi le témoignage d’une femme, selon lequel l’ancienne secrétaire de Gaston Flosse aurait affirmé que JPK avait été tué sur ses ordres. “Cela me semble impossible qu’elle ait dit cela”, a-t-il répondu.”Tout en espérant la tenue prochaine d’un procès d’assises, il est clair que l’instruction ne peut être immédiatement clôturée et nous pensons que ces auditions sont absolument nécessaires, tant il est apparu au fur et à mesure de l’enquête que Gaston Flosse pouvait effectivement être l’instigateur de la disparition de Jean-Pascal Couraud”, a déclaré à l’AFP Philippe Couraud, son frère.M. Flosse, qui fut un proche de Jacques Chirac qu’il cite à plusieurs reprises lors de son audition, a été président de la Polynésie de manière quasi continue entre 1984 et 2004, puis à plusieurs reprises entre 2004 et 2014. Il a aussi été maire de Pirae, député, sénateur et secrétaire d’Etat dans le gouvernement de cohabitation, de 1986 à 1988.Condamné dans de multiples affaires, il a été déclaré inéligible à plusieurs reprises, ce qui lui a fait perdre le pouvoir en 2014, mais il reste actif dans le paysage politique polynésien.

Aux Etats-Unis, la “colère” des personnes autistes face à la rhétorique de Trump

William Barnett avait lancé sa chaîne YouTube pour montrer son talent musical. Mais face aux discours intempestifs de Donald Trump sur l’autisme, il l’utilise désormais aussi pour dénoncer les propos du président américain et de son ministre de la Santé Robert Kennedy Jr.”Ca a conduit beaucoup de personnes autistes à croire qu’elles avaient un problème et n’avaient pas vraiment leur place dans la société”, constate ce compositeur de 29 ans qui présente lui-même un trouble du spectre autistique. “Je me demande juste s’ils nous considèrent pas tous comme des pions”, confie-t-il depuis son appartement du quartier Queens, à New York.Donald Trump et le vaccinosceptique Robert Kennedy Jr., qui qualifient l’autisme d'”horreur” ou de “crise” sanitaire, ont avancé, à contrecourant du consensus scientifique, qu’il pourrait être lié aux vaccins ou au paracétamol.Pour M. Barnett, ces propos ne font qu’alimenter la peur chez les parents et stigmatiser les personnes comme lui.- “Deuxième famille” -L’autisme est un trouble du neurodéveloppement au spectre très large, qui se caractérise par des difficultés variées de la communication, du comportement et des interactions sociales.Selon l’Organisation mondiale de la santé, une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux en est probablement à l’origine. Les cas ont augmenté ces dernières décennies aux Etats-Unis et dans d’autres pays occidentaux, principalement en raison de l’amélioration des méthodes de diagnostic, selon les spécialistes.William Barnett a été diagnostiqué vers l’âge de 3 ans. En grandissant, “je n’arrêtais pas de me demander à quoi ressemblerait ma vie si j’avais été neurotypique”, c’est-à-dire avec un fonctionnement neurologique considéré comme classique, confie-t-il. “Je voulais juste être normal”.Adulte, diplômé et vivant de sa passion, il y voit plutôt un atout, notamment avec sa “deuxième famille” dans l’association new-yorkaise Autistic Adults NYC.Dirigée par des adultes autistes, elle a récemment participé à une marche des fiertés dédiées aux personnes en situation de handicap.Présent dans le cortège, Sebastian Bonvissuto, 26 ans, se dit “en colère” et “frustré” par l’administration Trump: “On nous traite comme si on ne comptait pas dans la société”.”C’est difficile”, abonde Maryum Gardner, 26 ans, également présente, pour qui ces propos sont “dangereux”. “Peu importe qui vous êtes”, insiste-t-elle, “vous méritez d’être traité comme un être humain”.- “Pas une tragédie” – Pour eux comme pour d’autres personnes rencontrées par l’AFP, le gouvernement américain devrait travailler à mieux financer les services d’aide aux personnes autistes s’il souhaite réellement améliorer les choses.Tout en reconnaissant que nombre de personnes souffrent de difficultés bien plus prononcées que les siennes, William Barnett insiste sur le risque d’une “hypergénéralisation” de l’autisme par l’administration Trump.Le trouble est en effet très large, certaines personnes ayant besoin de soins et d’aide importante toute leur vie, tandis que d’autres sont capables de vivre de façon autonome.”Mes difficultés vont au-delà de ce que vous voyez à l’écran ou de la façon dont je me présente en public”, dit-il, se disant pour autant très chanceux car il a bénéficié d’années de thérapies de langage et d’ergothérapie, ainsi que de cours de socialisation.M. Barnett a notamment travaillé avec Elizabeth Laugeson, professeure de psychiatrie à l’Université de Californie à Los Angeles.Pour cette spécialiste, la rhétorique employée par la Maison Blanche à propos de l’autisme est centrée sur l’idée de “guérison” et rappelle un “passé sombre”.”Nous avons fait beaucoup de progrès, et maintenant j’ai l’impression que nous faisons marche arrière”, regrette-t-elle auprès de l’AFP.”L’autisme n’est pas une tragédie ni quelque chose à réparer pour beaucoup de gens”, explique-t-elle. “C’est une différence neurodéveloppementale” qui “fait partie de la diversité humaine”.

Les premiers pas hésitants de jeunes Russes appelés au service militaire

Grégory retire ses écouteurs et s’apprête à entrer dans un centre d’incorporation à Moscou. Le service militaire ? Pour lui, ce n’est pas un prélude à un contrat pour combattre en Ukraine. Même si c’est un premier pas dans l’armée.En ce matin pluvieux, le jeune homme de 22 ans est venu dans le nord de Moscou “chercher la décision” de l’état-major qui lui dira s’il doit, oui ou non, effectuer son service militaire obligatoire, d’une durée d’un an en Russie.Il fera peut-être partie des 135.000 jeunes hommes âgés de 18 à 30 ans que la Russie compte recruter dans le cadre de sa campagne de conscription d’automne entamée le 1er octobre. La campagne de printemps avait eu pour objectif de recruter 160.000 hommes, et celle d’automne 2024, 133.000 hommes. Grégory dit avoir passé plusieurs mois en tant qu’infirmier bénévole “à la frontière” entre la Russie et l’Ukraine, où des bombardements ont lieu fréquemment. Il a déjà vu des blessés de guerre.Alors, signer un contrat avec l’armée, c’est non. “Vous comprenez ce qu’est la mort d’êtres humains?”, demande-t-il de façon rhétorique, en refusant de donner son nom de famille, comme tous les jeunes Russes interrogés par l’AFP. En Russie, les conscrits sont cantonnés à des tâches subalternes et, selon l’armée, ne sont pas déployés contre les troupes ukrainiennes. Depuis le lancement de l’opération militaire en Ukraine en février 2022, certains d’entre eux se sont toutefois retrouvés au combat lors d’incidents isolés, notamment après l’attaque surprise de Kiev contre la région russe de Koursk en août 2024.Mais si la conscription ne signifie pas aller à la guerre, à l’issue de son service militaire, un jeune appelé rejoint la réserve et peut être mobilisé, plus tard, pour combattre.Les plus de 300.000 réservistes russes enrôlés pour aller en Ukraine, lors d’une vague de mobilisation à l’automne 2022, étaient tous d’anciens conscrits.Fin octobre, le ministère de la Défense a également annoncé avoir préparé un projet de loi permettant le déploiement de réservistes pour sécuriser des infrastructures en Russie, notamment énergétiques et de transport. Ces sites ont été visés par des attaques ukrainiennes ces dernières semaines. – Modernisation -Pour l’heure, les autorités russes privilégient néanmoins toujours des recrutements sur la base du volontariat, plutôt qu’une mobilisation obligatoire, en promettant d’importants salaires et des avantages sociaux à ceux qui s’engagent dans l’armée.Des promesses qui peuvent également être faites aux conscrits à la fin de leur service. Des ONG affirment qu’ils peuvent être soumis à des incitations, voire à des pressions, pour signer un contrat avec l’armée. Cette dernière affirme pour sa part qu’il est “interdit de forcer (les conscrits) à signer un contrat”. Et de donner sur son site l’adresse du bureau du procureur militaire à contacter en cas de “coercition”.Depuis 2022, le nombre de conscrits appelés chaque année a augmenté sensiblement et les autorités russes entreprennent de moderniser leur système de recrutement.En 2024, elles ont créé une base de données numériques pour centraliser et garder à jour les informations sur la situation militaire des citoyens et remplacer les registres physiques, souvent incomplets, hérités de la période soviétique.L’armée a également commencé récemment à envoyer aux conscrits des notifications numériques, plus contraignantes que les convocations papier délivrées à domicile, que les Russes ont longtemps pu ignorer, notamment en changeant d’adresse, pour éviter d’être enrôlés.- Exemptions -Des exemptions et des reports existent toujours, pour les étudiants notamment, ou des raisons médicales.Viatcheslav (prénom modifié) ne sait pas s’il sera déclaré apte. Rencontré devant un centre d’incorporation moscovite, il dit souffrir d'”asthme sévère”. Quant à un éventuel contrat avec l’armée pour aller en Ukraine, “j’en doute. J’ai un ami qui a été pris et ça ne me tente pas. Il est revenu blessé”. Selon Moscou, plus de 700.000 militaires russes sont déployés sur le front ukrainien, où la Russie a mobilisé d’énormes moyens humains et matériels, tout en subissant des pertes non négligables.Anton, 18 ans, est certain d’une chose: il ne va pas les rejoindre.L’apprenti-cuisinier est venu à son centre d’incorporation de Vladimir, une ville à 180 km à l’est de Moscou, pour demander un report, le temps de finir ses études. Le service est “un devoir”, explique celui qui ne se dit toutefois “pas fan de ce qui est militaire” et affirme ne pas connaître “les raisons” pour lesquelles la guerre en Ukraine a commencé.Un peu plus loin, Maxime, 18 ans et adepte de fitness, explique que le service “commence dans les prochaines semaines” pour lui. Après son année à l’armée, il ne se voit pas non plus signer pour aller en Ukraine. “Peut-être que je tenterai ma chance à la Rosgvardia”, la garde nationale russe, qui est également déployée à l’arrière du front en Ukraine, dit-il.

Trump prépare sa salle de bal: la démolition de l’aile est de la Maison Blanche terminée

Les ouvriers travaillant sur le chantier de la Maison Blanche ont achevé de démolir l’aile est du bâtiment, qui sera remplacée par une salle de bal à 300 millions de dollars voulue par Donald Trump, selon des images satellites datées de jeudi consultées par l’AFP.Avec la destruction complète de cette partie de l’un des plus célèbres bâtiments au monde, les travaux ont pris une ampleur inattendue et beaucoup plus importante qu’annoncé initialement par le président américain. Lorsqu’il avait dévoilé les plans en juillet, il avait assuré que la future salle de bal “n’affecterait pas le bâtiment actuel” et qu’elle se trouverait “à proximité, mais sans le toucher”.Après le début des travaux cette semaine, le magnat de l’immobilier avait confirmé qu’il entendait finalement “abattre vraiment” l’aile orientale, tout en laissant “certaines parties”. Mais les images transmises à l’AFP par la société américaine d’imagerie par satellite Planet Labs PBC montrent qu’elle a été intégralement démolie: un amas de décombres gris et brun s’élève désormais à la place de l’ancienne “East Wing”, qui hébergeait notamment les bureaux de la Première dame.La White House Historical Association, une organisation indépendante, a assuré, dans un email vu par l’AFP, que “les objets historiques ont été préservés et conservés”.Donald Trump a par ailleurs chiffré mercredi le coût des travaux à 300 millions de dollars, bien plus que les 200 millions annoncés à l’origine, et que les 250 millions évoqués il y a encore quelques jours par la Maison Blanche.La porte-parole de l’exécutif, Karoline Leavitt, a confirmé à un journaliste de l’AFP lors d’un point presse le montant de 300 millions tout en assurant que le chantier “ne coûterait pas un centime aux contribuables”.Le président avait annoncé qu’il contribuerait personnellement au financement de la nouvelle salle de bal, qui servira à accueillir des dîners officiels et d’autres grands événements, avec de “généreux patriotes et de superbes entreprises”.La Maison Blanche a communiqué jeudi à l’AFP la liste des donateurs. Elle comprend notamment les géants de la technologie Amazon, Apple, Google et Meta, ainsi que le poids lourd de la défense Lockheed Martin.Parmi les donateurs individuels figurent la famille du ministre du Commerce de Donald Trump, Howard Lutnick, ainsi que les jumeaux Cameron et Tyler Winklevoss, rendus célèbres par le film “The Social Network” sur la naissance de Facebook.

Au Pérou, les chauffeurs de bus risquent leur vie sous la menace des gangs

Marco Antonio Huaman, un chauffeur de bus de 49 ans, faisait le plein dans l’un des quartiers les plus pauvres de Lima lorsqu’il a failli être tué. Un homme est monté à bord et lui a tiré dessus.Après l’attaque, qui l’a blessé à la jambe, le tireur lui a lancé un message destiné à sa compagnie: “Vous nous contactez ou la prochaine fois je fais un mort”, raconte-t-il à l’AFP. Les compagnies de bus doivent verser chaque mois une somme d’argent aux bandes qui les rackettent. Celles qui refusent s’exposent à des représailles: les criminels envoient des tueurs à gages pour s’en prendre aux chauffeurs.Une crise de l’insécurité touche tout le pays et plus particulièrement la capitale de 10 millions d’habitants. Elle a précipité, le 10 octobre, la destitution de la présidente Dina Boluarte, sur fond de manifestations qui ont fait des dizaines de blessés parmi les policiers et les protestataires. Le gouvernement intérimaire de José Jeri a décrété l’état d’urgence depuis mercredi à Lima et dans sa périphérie, et déployé l’armée dans les rues.Dans la capitale Lima, au moins 102 homicides liés à l’extorsion ont été recensés en 2024. Les conducteurs de mototaxis et de bus en ont été les principales victimes, selon Indaga, un observatoire rattaché au ministère de la Justice.Selon le principal syndicat des transporteurs Anitra, près de 50 chauffeurs ont été assassinés depuis janvier à Lima et sa périphérie.La précarité et l’emploi informel, qui touche 70% des travailleurs au Pérou, sont exploitées par les groupes criminels, qui recrutent pour une bouchée de pain des jeunes issus des milieux les plus modestes.Chauffeur de bus “c’est le métier le plus risqué ici”, déplore Marco Antonio Huaman, en montrant une vidéo de l’attaque, survenue le 23 septembre, où on le voit allongé et ensanglanté sur le plancher du bus.L’homme reçoit dans sa maison du quartier de San Juan de Lurigancho, où il se remet de ses blessures.- “Peur” -Le silence règne dans les gares routières. Son entreprise, Santa Catalina, a refusé de s’exprimer.Les attaques ont lieu le plus souvent la nuit, sans avertissement, parfois même devant les passagers.”Tu vis dans la peur. Cela te provoque de l’anxiété, voire de la dépression”, confie le chauffeur, qui ne prévoit pas de reprendre son travail.Ces derniers mois, deux autres conducteurs de sa compagnie ont été pris pour cibles et blessés.Face à cette flambée de violence, nombreux sont ceux qui souhaitent abandonner la profession, mais les options sont limitées.”J’ai pensé démissionner”, confie David, 48 ans, qui préfère taire son nom par crainte de représailles. “Mais j’ai besoin de cet argent”, ajoute-t-il au volant de son bus.Il travaille environ 14 heures par jour pour un salaire d’environ 25 dollars, qui servent à subvenir aux besoins de sa compagne et de ses deux enfants.Les deux chauffeurs partagent la même crainte: ne pas rentrer vivants chez eux.Lorsqu’il a été pris pour cible, Marco Antonio Huaman a prié Dieu de veiller sur ses enfants s’il ne s’en sortait pas, raconte-t-il, les larmes aux yeux. Il confie être depuis en proie à la paranoïa et rêver de vivre dans un pays où le gouvernement mène une politique de grande fermeté contre le crime organisé.”Je préférerais vivre au Salvador, dans le pays de (Nayib) Bukele, parce que je crois que c’est aujourd’hui le pays le plus sûr”, affirme-t-il.Ici, “on te tue pour 20 soles (5 dollars)”, déplore-t-il, disant qu’il aimerait monter un petit commerce, mais craint les racketteurs qui ciblent aussi ce secteur.David, lui, raconte que sa fille de cinq ans pleure quand il part travailler. Il aimerait partir vivre dans un autre pays, mais son salaire ne le lui permet pas.Entre janvier et septembre, la police a enregistré 20.705 plaintes pour extorsion, soit une hausse de près de 29% en un an. 

Les alliés de Kiev autour de Starmer, les armes de longue portée sur la table

Les alliés de l’Ukraine se réunissent vendredi autour du Premier ministre britannique Keir Starmer pour discuter des livraisons d’armes de longue portée à Kiev, après un premier pas de l’UE vers l’utilisation des avoirs russes gelés.Cette rencontre de la Coalition des volontaires – 26 pays essentiellement européens – est prévue dans l’après-midi en présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky.Keir Starmer, qui codirige ce groupement avec le président français Emmanuel Macron, devrait appeler à “placer l’Ukraine dans la position la plus forte possible à l’approche de l’hiver”, selon un communiqué de ses services.Le pays, cible d’un offensive de Moscou depuis février 2022, est visé ces dernières semaines par davantage d’attaques russes visant ses infrastructures énergétiques, qui menacent de priver de lumière et de chauffage les Ukrainiens à l’approche de l’hiver.Keir Starmer devrait donc appeler à un renforcement des dons d'”armes de longue portée à Kiev” pour renforcer sa position.L’Ukraine produit certains missiles de ce type (Flamingo, Neptune) et reçoit des Européens des Scalp français ou encore des Storm Shadow britanniques, mais en petites quantités. Elle a réclamé, sans succès, des missiles allemands Taurus. Et les Américains ont refusé jusqu’ici de livrer les missiles Tomahawk que M. Zelensky espérait. Le président russe Vladimir Poutine a averti qu’une telle livraison constituerait “une nouvelle escalade”.- Utilisation d’avoirs russes – Pour financer ce don de “systèmes de longue portée” à l’Ukraine et la défense ukrainienne, M. Starmer doit appeler ses partenaires à “achever le travail” concernant l’utilisation des avoirs russes gelés, selon Downing Street.Dans ce domaine, les dirigeants européens réunis jeudi à Bruxelles ont effectué un premier pas prudent, en demandant à la Commission d’explorer les moyens de financer l’Ukraine sur les deux années à venir, laissant la porte ouverte à la mise en place d’un prêt qui s’appuierait sur ces avoirs.Immobilisés du fait de sanctions occidentales, ils représentent quelque 210 milliards d’euros.Cette proposition a minima sera à l’ordre du jour du prochain sommet européen en décembre, repoussant de facto les arbitrages les plus difficiles, et est délibérément formulée en termes vagues pour prendre en compte les réserves de la Belgique où se trouve l’essentiel des fonds. Selon un diplomate, plusieurs autres pays ont également exprimé des réserves.La saisie pure et simple de ces avoirs est une ligne rouge pour les pays de l’UE, mais la Commission propose, grâce à ces derniers, de financer un prêt de 140 milliards d’euros à Kiev.”Cette solution pose des questions juridiques, des questions de partage du risque”, a reconnu le président français Emmanuel Macron, tout en soulignant qu’elle restait la piste la plus prometteuse pour aider financièrement l’Ukraine durant les années à venir.Présent à Bruxelles pour une partie des discussions, Volodymyr Zelensky avait exhorté les dirigeants à sauter le pas. Dans la soirée, il a salué sur X les “bons résultats” de ce sommet, affirmant, dans une formule optimiste, avoir obtenu “un soutien politique” sur ce thème.- Sanctions -Plus tôt dans la journée, les dirigeants européens, et M. Zelensky, avaient aussi salué la décision des Etats-Unis, exaspérés par l’attitude de Vladimir Poutine, de prendre à leur tour des sanctions contre Moscou. Le président américain s’était refusé pendant de longs mois à imposer ces sanctions mais a estimé que ses conversations avec son homologue russe ne menaient “nulle part”.Les sanctions impliquent un gel de tous les actifs de Rosneft et de Lukoil aux Etats-Unis ainsi qu’une interdiction à toutes les entreprises américaines de faire des affaires avec les deux géants pétroliers russes.La Russie a dénoncé des sanctions américaines “contre-productives”, son président Vladimir Poutine jugeant qu’elles n’auraient pas d'”impact significatif” sur l’économie de son pays.Les Européens ont également ciblé le secteur pétrolier russe en annonçant mercredi un nouveau train de sanctions contre Moscou, le 19e depuis février 2022. Il prévoit un arrêt total des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe d’ici à fin 2026 et des mesures supplémentaires contre la flotte fantôme de pétroliers que Moscou utilise pour contourner les sanctions occidentales.

Les alliés de Kiev autour de Starmer, les armes de longue portée sur la table

Les alliés de l’Ukraine se réunissent vendredi autour du Premier ministre britannique Keir Starmer pour discuter des livraisons d’armes de longue portée à Kiev, après un premier pas de l’UE vers l’utilisation des avoirs russes gelés.Cette rencontre de la Coalition des volontaires – 26 pays essentiellement européens – est prévue dans l’après-midi en présence du président ukrainien Volodymyr Zelensky.Keir Starmer, qui codirige ce groupement avec le président français Emmanuel Macron, devrait appeler à “placer l’Ukraine dans la position la plus forte possible à l’approche de l’hiver”, selon un communiqué de ses services.Le pays, cible d’un offensive de Moscou depuis février 2022, est visé ces dernières semaines par davantage d’attaques russes visant ses infrastructures énergétiques, qui menacent de priver de lumière et de chauffage les Ukrainiens à l’approche de l’hiver.Keir Starmer devrait donc appeler à un renforcement des dons d'”armes de longue portée à Kiev” pour renforcer sa position.L’Ukraine produit certains missiles de ce type (Flamingo, Neptune) et reçoit des Européens des Scalp français ou encore des Storm Shadow britanniques, mais en petites quantités. Elle a réclamé, sans succès, des missiles allemands Taurus. Et les Américains ont refusé jusqu’ici de livrer les missiles Tomahawk que M. Zelensky espérait. Le président russe Vladimir Poutine a averti qu’une telle livraison constituerait “une nouvelle escalade”.- Utilisation d’avoirs russes – Pour financer ce don de “systèmes de longue portée” à l’Ukraine et la défense ukrainienne, M. Starmer doit appeler ses partenaires à “achever le travail” concernant l’utilisation des avoirs russes gelés, selon Downing Street.Dans ce domaine, les dirigeants européens réunis jeudi à Bruxelles ont effectué un premier pas prudent, en demandant à la Commission d’explorer les moyens de financer l’Ukraine sur les deux années à venir, laissant la porte ouverte à la mise en place d’un prêt qui s’appuierait sur ces avoirs.Immobilisés du fait de sanctions occidentales, ils représentent quelque 210 milliards d’euros.Cette proposition a minima sera à l’ordre du jour du prochain sommet européen en décembre, repoussant de facto les arbitrages les plus difficiles, et est délibérément formulée en termes vagues pour prendre en compte les réserves de la Belgique où se trouve l’essentiel des fonds. Selon un diplomate, plusieurs autres pays ont également exprimé des réserves.La saisie pure et simple de ces avoirs est une ligne rouge pour les pays de l’UE, mais la Commission propose, grâce à ces derniers, de financer un prêt de 140 milliards d’euros à Kiev.”Cette solution pose des questions juridiques, des questions de partage du risque”, a reconnu le président français Emmanuel Macron, tout en soulignant qu’elle restait la piste la plus prometteuse pour aider financièrement l’Ukraine durant les années à venir.Présent à Bruxelles pour une partie des discussions, Volodymyr Zelensky avait exhorté les dirigeants à sauter le pas. Dans la soirée, il a salué sur X les “bons résultats” de ce sommet, affirmant, dans une formule optimiste, avoir obtenu “un soutien politique” sur ce thème.- Sanctions -Plus tôt dans la journée, les dirigeants européens, et M. Zelensky, avaient aussi salué la décision des Etats-Unis, exaspérés par l’attitude de Vladimir Poutine, de prendre à leur tour des sanctions contre Moscou. Le président américain s’était refusé pendant de longs mois à imposer ces sanctions mais a estimé que ses conversations avec son homologue russe ne menaient “nulle part”.Les sanctions impliquent un gel de tous les actifs de Rosneft et de Lukoil aux Etats-Unis ainsi qu’une interdiction à toutes les entreprises américaines de faire des affaires avec les deux géants pétroliers russes.La Russie a dénoncé des sanctions américaines “contre-productives”, son président Vladimir Poutine jugeant qu’elles n’auraient pas d'”impact significatif” sur l’économie de son pays.Les Européens ont également ciblé le secteur pétrolier russe en annonçant mercredi un nouveau train de sanctions contre Moscou, le 19e depuis février 2022. Il prévoit un arrêt total des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe d’ici à fin 2026 et des mesures supplémentaires contre la flotte fantôme de pétroliers que Moscou utilise pour contourner les sanctions occidentales.

Au Japon, des culturistes mettent leurs muscles au service du soin, face à la pénurie de personnel

Muscles saillants et sourire bienveillant, Takuya Usui installe une résidente dans son fauteuil roulant, dans une maison de soins du centre du Japon, incarnant une nouvelle génération d’auxiliaires de vie masculins recrutés pour pallier la pénurie dans un pays en plein vieillissement.Freinés par les stéréotypes de genre et des salaires peu attractifs, les jeunes hommes ont longtemps boudé le secteur du soin.Mais l’entreprise Visionary, basée à Nagoya, a trouvé une formule originale pour les attirer: embaucher des passionnés de culturisme, séduits par des avantages comme des heures de musculation rémunérées et des subventions pour les boissons protéinées.”Avant, ce métier ne m’attirait pas du tout”, avoue Takuya Usui, ancien coach sportif. “Mais quand on m’a dit que je pouvais mettre mes muscles à profit, je me suis dit: pourquoi pas?”Vêtu d’un débardeur noir qui met en valeur sa carrure, il soulève sans effort Madoka Yamaguchi, 65 ans, pour l’aider à manger, lui brosser les dents et lui mettre des gouttes dans les yeux. “Il est tellement musclé que je n’ai jamais peur qu’il me fasse tomber”, sourit cette patiente du centre de soins pour personnes handicapées géré par Visionary.Le Japon a la deuxième population la plus âgée au monde après Monaco, et fait face à une pénurie aiguë de soignants: près de quatre postes sont à pourvoir pour chaque candidat.Le ministère du Travail prévoit un manque de 570.000 auxiliaires de vie d’ici 2040, en raison de salaires trop bas pour un travail physiquement exigeant.Les hommes restent minoritaires dans le secteur, où plus de 70% des postes sont occupés par des femmes de plus de 40 ans.- “J’étais un ovni” -“Quand j’ai commencé, j’étais un ovni: jeune et homme”, se souvient Yusuke Niwa, le patron de Visionary, aujourd’hui âgé de 40 ans.Il a alors réalisé que le fait d'”être cool” était essentiel pour susciter l’intérêt des jeunes hommes. “Les culturistes sont extrêmement photogéniques et incarnent le travail acharné”, souligne-t-il.C’est en 2018, dix ans après la création de son entreprise, que Yusuke Niwa lance le concept des “soignants musclés” pour casser les clichés. Jusque-là, Visionary peinait à recruter. Mais cette campagne atypique a attiré de nombreux candidats, notamment des jeunes hommes.L’entreprise prévoit un chiffre d’affaires de 2,2 milliards de yens (presque 12,4 millions d’euros) pour l’exercice en cours, soit dix fois plus qu’avant 2018. La majorité des recrues sont des amateurs de fitness, mais une élite de bodybuilders professionnels bénéficie d’avantages supplémentaires, comme deux heures de musculation rémunérées par jour.Parmi eux, Hokuto Tatsumi vante un “environnement de travail idéal pour les passionnés de muscu”. Pour cet ancien militaire de 27 ans, la rigueur des bodybuilders –entraînements quotidiens, régime strict– est “un atout” pour un métier exigeant.Chaque année, environ 100.000 Japonais quittent leur emploi pour s’occuper d’un proche dépendant. D’ici 2030, 300.000 autres devront concilier travail et soins, ce qui pourrait coûter à l’économie japonaise près de 9.000 milliards de yens (50,7 milliards d’euros), selon les autorités.C’est “une perte énorme” de potentiel humain, alerte Yusuke Niwa, appelant le secteur à se réinventer.Depuis deux ans, Takuya Usui a noué une relation particulière avec Mme Yamaguchi, passionnée de peinture et de perles. “Madoka ne peut pas utiliser ses mains, mais elle peint avec la bouche. C’est bluffant”, dit-il, admiratif.Venu au départ pour la musculation, “j’ai découvert que le soin, c’est bien plus que ça.”