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Le poste-frontière de Rafah bientôt rouvert, “porte vers la vie” des Gazaouis

Coupés du monde par la guerre, les Palestiniens de Gaza attendent avec impatience la réouverture imminente du poste-frontière de Rafah avec l’Egypte, seule porte de sortie du territoire sans passer par Israël. “C’est comme si s’ouvrait une porte vers la vie”, confie Mahmoud al-Natour, 48 ans, originaire de la ville de Gaza, “empêché de voyager” et qui n’a pas vu sa famille depuis le début du conflit entre le Hamas palestinien et Israël en octobre 2023.”Mes enfants grandissent loin de moi, et les années passent comme si nous étions coupés du monde”, insiste-t-il auprès de l’AFP.Sans en préciser la date, Israël a annoncé lundi “une réouverture limitée” du point de passage de Rafah, en bordure du désert du Sinaï, essentiel aussi pour acheminer de l’aide humanitaire dans le territoire palestinien. Pour Randa Samih, ce passage constitue la “bouée de sauvetage de Gaza”, même si elle craint que sa blessure au dos ne soit pas suffisamment sérieuse pour obtenir un précieux sésame de sortie. “Il y a des dizaines de milliers de blessures à Gaza, la plupart plus graves que la mienne”, dit cette quadragénaire. “Nous mourrons ou notre santé se détériorera avant que nous puissions voyager”.- Réservé aux piétons -Le passage frontalier sera dans un premier temps “réservé aux piétons et soumis à un mécanisme d’inspection israélien complet”, a précisé le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.Sa réouverture, réclamée de longue date par les Nations Unies et les ONG, fait partie du plan de trêve pour Gaza annoncé par le président américain Donald Trump en octobre. La situation s’est débloquée avec le rapatriement lundi en Israël du corps de Ran Gvili, dernier otage israélien à Gaza.”Le poste-frontière de Rafah pourrait être ouvert dans les deux sens d’ici la fin de cette semaine ou le début de la semaine prochaine”, estime un responsable palestinien s’exprimant sous couvert d’anonymat.Le comité palestinien récemment formé pour administrer temporairement la bande de Gaza sera chargé d’envoyer les listes de noms des voyageurs aux autorités israéliennes pour approbation, précise l’un de ses membres à l’AFP. Dans un premier temps, les sorties seront limitées aux malades, aux blessés, aux étudiants admis à l’université et titulaires d’un visa, ainsi qu’aux personnes de nationalité égyptienne ou d’autres nationalités et titulaires d’un permis de séjour, selon cette même source.- Etudier en Turquie – “Mes rêves se trouvent au-delà du passage de Rafah”, raconte à l’AFP Gharam al-Jamla, Palestinienne de 18 ans vivant sous une tente dans le sud de Gaza.”J’ai postulé à plusieurs bourses pour étudier le journalisme en anglais dans des universités en Turquie. J’ai reçu une première réponse positive de deux universités là-bas”, ajoute-t-elle, promettant de revenir un jour “pour porter la voix de Gaza”.Mohammed Khaled, 18 ans, veut juste tourner la page de la guerre et “brûle d’impatience” de revoir les siens. “Je n’ai pas vu ma mère et mes sœurs depuis deux ans”, dit-il.Il espère aussi voyager pour soigner une blessure causée par un éclat d’obus.L’armée israélienne avait pris le contrôle du poste-frontière côté palestinien en mai 2024, arguant qu’il était “utilisé à des fins terroristes”. La Défense civile de Gaza – organisme de premiers secours qui fonctionne sous l’autorité du mouvement islamiste palestinien Hamas – a réclamé lundi la réouverture totale de Rafah afin de permettre l’entrée sans restriction de l’aide et du matériel nécessaires à la reconstruction. “Des milliers de corps, dont ceux d’enfants, de femmes et de personnes handicapées, gisent sous les décombres”, a plaidé son porte-parole Mahmoud Bassal.

Immigration: plus de titres de séjour, moins de régularisations en France en 2025

Plus de titres de séjour, moins de régularisations et une petite baisse des demandes d’asile: Beauvau a dévoilé mardi les chiffres 2025 de l’immigration, appelés à alimenter un débat toujours plus polarisé sur ce thème en vue de la présidentielle.La passe d’armes n’a d’ailleurs pas tardé entre le RN et Bruno Retailleau: le parti de Jordan Bardella a tenu l’ancien ministre de l’Intérieur pour responsable de la hausse de 11% des titres de séjour, le patron de LR chargeant pour sa part le Quai d’Orsay et le gouvernement actuel qu’il a accusé de ne pas vouloir “reprendre le contrôle de l’immigration”. La France a délivré 384.230 premiers titres de séjour l’an dernier (+11%), avec comme l’année précédente une prédominance des motifs étudiants (118.000), suivis des titres humanitaires qui ont bondi de 65%, selon les chiffres de la Direction générale des étrangers en France (DGEF).Mais les titres délivrés pour motifs économiques ont reculé de 13% à 51.190. “On a un marché de l’emploi qui peut-être attire un peu moins la population étrangère” en termes d’embauches, mais aussi de salaires, a expliqué Guillaume Mordant, responsable du département statistique de la DGEF.Pour ces premiers titres de séjour, les premières nationalités des demandeurs sont le Maroc (36.100) et l’Algérie (28.000). Et il y avait au total 4,47 millions de titres de séjour valides au 31 décembre 2025, soit une hausse de 3,2% sur un an.Sur X, le RN a dénoncé le “record absolu atteint sous Bruno Retailleau et la Macronie…” en termes de titres de séjours accordés.- “Impact” de la circulaire Retailleau -Sur le même réseau, Bruno Retailleau a défendu son bilan à Beauvau en évoquant la baisse des “admissions exceptionnelles au séjour” et une hausse des “éloignements des étrangers en situation irrégulière”. Mais a estimé que ses “efforts ont été contournés par la politique menée par le ministère des Affaires étrangères, combinée à des règles d’accueil automatique qui ont conduit à une augmentation sans précédent du nombre de titres de séjour”. Le sujet “sera au cœur de la prochaine” présidentielle, estime le patron des LR.Selon le bilan annuel communiqué mardi, le nombre de régularisations a baissé de 10%, avec 28.610 étrangers régularisés l’an dernier; la baisse est due aux motifs économiques (-11,5%) et familiaux (-6,4%). “Il y a l’impact de la circulaire Retailleau qui visait à rappeler le caractère exceptionnel” de ces régularisations et à en “durcir les conditions”, a expliqué M. Mordant. La durée recommandée pour délivrer une carte de séjour à un travailleur sans-papiers avait été allongée à sept ans de présence en France contre cinq auparavant, voire parfois trois.Ces chiffres sont publiés alors que le gouvernement espagnol de gauche entend adopter un plan de régularisation de sans-papiers qui pourrait bénéficier à 500.000 personnes, pour soutenir la croissance économique.Après la publication de la circulaire Retailleau en janvier 2025, le monde économique français avait appelé à ne pas durcir outre mesure les conditions de régularisation, sous peine de voir certains secteurs péricliter.- Asile en baisse -Le nombre d’interpellations d’étrangers en situation irrégulière a par ailleurs augmenté de 30% l’an dernier, concernant notamment des Algériens (+52%), Tunisiens (+33%) et Marocains (+19%). Les éloignements ont eux augmenté de 15,7% avec 24.985 étrangers renvoyés. Les seuls éloignements forcés ont progressé de 21%.Du côté de l’asile, la baisse est de 3,7% en 2025 avec 151.665 demandes, ainsi “orientées à la baisse pour la deuxième année consécutive”, selon M. Mordant.Les premiers pays d’origine des demandeurs ont été l’Ukraine, la RDC et l’Afghanistan (tous trois autour de 11.500 demandes). Le taux d’accord a atteint 52% l’an dernier. “Plus d’une demande sur deux s’est vu attribuer l’asile”, ce qui marque une forte hausse : “on était plutôt autour de 40% il y a cinq ou six ans”, a rappelé M. Mordant.Enfin 62.235 personnes ont acquis la nationalité française (-6,8% après une année “assez élevée”): cela s’explique par une baisse de 13,5% des acquisitions par décret, dans le sillage d’une circulaire de mai durcissant les conditions d’octroi.Six sur dix de ces nouveaux Français étaient originaires d’Afrique, notamment des trois pays du Maghreb, a expliqué le responsable des statistiques.

Au procès du RN, le travail inconditionnel de Catherine Griset “pour Marine Le Pen”

“Je travaillais pour Marine Le Pen, pas pour un parti”: Catherine Griset a soutenu mardi devant la cour d’appel de Paris n’avoir jamais été qu’au service de la leader d’extrême droite lorsque celle-ci était eurodéputée… mais aussi, malgré tout, patronne du RN.En 1995, dans l’un de ses “albums”, le mouvement de jeunesse du Front national, le FNJ, consacre un encadré à “Catherine” titré “Je bosse grâce à Le Pen”: “Mes camarades (du FNJ) m’ont trouvé un poste de secrétaire chez un avocat proche du Front”, témoigne la brune de 23 ans à côté de son portrait en gros plan.Son employeur était en fait la fille du président du FN, une robe noire nommée Marine Le Pen, rencontrée trois ans plus tôt. Depuis, les deux ont toujours lié leur destin amical, professionnel et même familial – Mme Griset fut la compagne du frère du second mari de sa patronne, les deux se sont depuis séparées.Est-ce l’intensité d’une telle proximité qui a conduit Catherine Griset à ne pas s’embarrasser de séparer la personne de ses fonctions ?Au neuvième jour du procès en appel du RN, celle qui est elle-même devenue eurodéputée RN, en convient: elle a pu, à hauteur de “20%”, travailler pour Marine Le Pen présidente du FN lorsqu’elle était officiellement à 100% au service de Le Pen Marine députée européenne et, à ce titre, payée par des enveloppes du Parlement de Strasbourg.Là réside l’accusation de détournement de fonds pour laquelle les deux, ainsi que le parti et neuf autres cadres sont poursuivis.En première instance, Catherine Griset avait notamment été condamnée à un an d’emprisonnement avec sursis.- “C’est bien le problème” -A la barre, l’assistante s’attarde sur son travail, tenue de l’agenda et organisation de déplacements. “On ne peut pas dire que tout le travail de Marine Le Pen se résumait à son activité de députée européenne: à cette époque, elle est cheffe du parti”, fonction dont “on imagine bien qu’elle a dû générer une activité importante”, lui fait observer la présidente de la cour d’appel, Michèle Agi.D’autant, appuie la magistrate, qu’elle apparaît dans un organigramme – public – du parti FN comme “l’assistante de Marine Le Pen”, sous-entendu la présidente de la formation – le même document mentionne au passage un “assistant parlementaire” de l’eurodéputée Le Pen. “Ça ne m’a pas choquée parce que je travaillais pour Marine Le Pen”, élude Catherine Griset. “C’est bien le problème: vous travailliez pour Marine Le Pen mais ça n’est plus elle qui vous embauche: c’est le Parlement européen qui vous paie”, la coupe la présidente. Catherine Griset, sans vaciller: “Moi, mon travail, je l’ai fait, je l’ai bien fait. J’étais la seule à gérer l’agenda”. “Donc, forcément, vous gérez aussi l’agenda de Marine Le Pen présidente du parti”, enfonce la magistrate.Catherine Griset, en reprenant à la volée: “Vous avez raison. C’est la partie où j’ai travaillé pour elle en tant que présidente”.- “Un militant politique” -Le demi-aveu passé, l’interrogatoire se resserre. Car la prévenue n’a pas respecté son obligation de résidence à Bruxelles – inhérente à l'”assistante accréditée” qu’elle était, entre décembre 2010 et 2016 -, ce qui ne constitue pas stricto sensu un élément de l’infraction reprochée mais tout de même “un élément dans le débat”, relève la magistrate.Plus ennuyeuse, cette fonction de “cheffe de cabinet” de la présidente du FN à partir de février 2015. “Ça n’a absolument rien changé à mon travail”, jure l’intéressée, “Marine Le Pen n’a plus de chef de cabinet, il faut faire un organigramme, c’est juste honorifique”.Michèle Agi hausse la voix: “Là, je ne vous suis plus du tout: vous disiez que vous pouviez être assistante parlementaire parce qu’il y avait un chef de cabinet (qui s’occupait du reste), et vous dites que lorsque vous le devenez, ça ne change rien!”C’est encore un ton haut dessus que, mardi après-midi, la présidente a rudoyé Guillaume L’Huillier, officiellement l’assistant de Bruno Gollnisch, puis de Marine Le Pen, puis à nouveau de Bruno Gollnisch, tout en étant le directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen.”Moi, je suis un militant politique. Que je fasse mon travail” pour l’un ou l’autre des trois, “c’est pareil: je ne suis pas fonctionnaire européen !”, s’est-il agacé.”Je ne me suis pas posé la question”, insiste-t-il, “à raison”. La présidente, sèchement: “Ça, vous laisserez la cour l’apprécier”.

Minuit plus proche que jamais pour l’horloge de l’apocalypse

L’horloge de l’apocalypse, qui symbolise depuis 1947 l’imminence d’un cataclysme planétaire, s’est rapprochée mardi plus que jamais de minuit, alors que les inquiétudes grandissent concernant les armes nucléaires, le changement climatique et la désinformation.Le Bulletin of the Atomic Scientists l’a réglée à 85 secondes avant minuit, soit quatre secondes de moins qu’il y a un …

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En Moselle, recherches et espoirs après la découverte “unique au monde” d’hydrogène naturel

Pourra-t-on prochainement exploiter en Lorraine des millions de tonnes d’hydrogène naturel, possible source d’énergie décarbonée? Les recherches s’intensifient autour de ce gisement sous-terrain potentiellement unique au monde, dont les retombées économiques pourraient profiter à toute la région.A Pontpierre, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Metz, une plateforme de forage de 41 mètres de haut, venue d’Autriche, a été érigée en périphérie du village de 800 habitants.La semaine dernière, les tiges ont atteint 2.600 mètres de profondeur. Et l’objectif est de creuser encore, jusqu’à 4.000 mètres courant février, à la recherche d’hydrogène blanc, ou natif, dissout naturellement dans les eaux souterraines.Ces travaux doivent permettre de poursuivre les investigations après la découverte “unique” de ce qui pourrait être “la plus grosse réserve d’hydrogène naturel au monde”, rappelle Yann Fouant, responsable des relations publiques de La Française de l’Energie (FDE). Cette entreprise mène le projet avec l’appui scientifique du laboratoire GeoRessources du CNRS et de l’Université de Lorraine, dans le cadre d’un programme de recherches baptisé Regalor II (pour Ressources en gaz et en lithium en Lorraine).Selon les estimations du CNRS à l’issue du précédent programme de recherches, Regalor, le gisement lorrain (qui s’étend aussi sur une partie des territoires belge, luxembourgeois et allemand) pourrait comporter environ 34 millions de tonnes d’hydrogène. – “Petites bulles en surface” -Le but de ce nouveau programme de recherches est de descendre bien plus bas que le précédent (qui s’était arrêté à 1.300 m de profondeur) pour “se rapprocher peut-être de la source, de la cuisine de l’hydrogène” et ainsi mieux comprendre les mécanismes de sa formation, explique Jacques Pironon, directeur de recherches du CNRS au laboratoire GeoRessources.L’hydrogène natif se forme naturellement dans le sous-sol, via des réactions chimiques, entre l’eau et des minéraux par exemple. En Lorraine, où l’extraction minière a jadis fait fleurir l’économie, les veines de charbon, en se transformant en gaz “avec le temps (et) la température”, sont peut-être à l’origine de la création de l’hydrogène, détaille M. Pironon.Cela peut aussi provenir d’une réaction entre des molécules de fer et d’eau: le fer va créer “de la rouille en quelque sorte” pour ainsi produire de l’hydrogène. Les études actuellement menées doivent permettre de déterminer quelle hypothèse est la bonne. Cette phase de recherches permet aussi d’anticiper l’exploitation future, espérée, de cette ressource. Dans le cadre de ce forage, “on a déjà produit l’hydrogène, on l’a remonté, on a eu des petites bulles en surface”, détaille M. Fouant.- “Promesse” -“C’est vraiment une promesse (…) pour l’instant, tous les feux clignotent au vert en termes de décarbonation”, de “source d’énergie” et “d’indépendance énergétique”, s’enthousiasme Philippe de Donato, directeur de recherche au CNRS, qui travaille sur le projet.Il se félicite également de “l’avance” française en matière de recherche sur l’exploitation du gaz dissout dans l’eau, grâce notamment à une sonde brevetée “que nous sommes les seuls à utiliser”. “On a continué de travailler, d’améliorer cette sonde-là, à la fois en système de mesure et maintenant en système d’extraction à dimension industrielle”.Pour le président de la Région Grand Est Franck Leroy, “ici, en Moselle, le sous-sol fait partie de notre histoire”. “Demain, il peut devenir un atout stratégique pour notre souveraineté énergétique et industrielle”, se félicite-t-il. Deux associations locales de défense de l’environnement, l’APEL57 et le Collectif de défense des bassins miniers lorrains, appellent cependant à la vigilance quant à l’impact futur de ce projet sur les nappes d’eau souterraine.Un précédent projet de la Française de l’Energie, qui visait à exploiter les gaz de couche, autrement dit le méthane piégé dans les veines de charbon du sous-sol lorrain, a d’ailleurs été enterré en décembre par le Conseil d’Etat, justement à cause du risque jugé trop élevé d’atteinte aux ressources en eau.

Honduras: Nasry Asfura, nouvel allié de Trump, investi nouveau président

Nasry Asfura, soutenu par Donald Trump qui en avait fait son favori durant le scrutin, soulevant des critiques d’ingérence, a prêté serment mardi pour un mandat de quatre ans à la tête du pays le plus pauvre et le plus violent d’Amérique centrale.”Je fais la promesse légale de respecter la Constitution, les lois, comme le prescrivent les saints commandements. Honduras, nous sommes là pour te servir”, a déclaré le nouveau chef de l’Etat, 67 ans, lors de la cérémonie d’investiture au Parlement.Son arrivée au pouvoir tourne la page de quatre années de gouvernement de gauche et assure au président républicain d’un allié de plus en Amérique latine, après l’avènement de la droite au Chili, en Bolivie, au Pérou et en Argentine.Son élection, dont les résultats ont été retardés de près de trois semaines, entraînant des suspicions de fraude, a été dénoncée par la présidente sortante Xiomara Castro fustigeant “l’ingérence” du président américain qui avait notamment menacé de réduire l’aide au Honduras si son favori ne l’emportait pas.Reconnaissant de ce soutien, l’ancien entrepreneur du bâtiment et maire de Tegucigalpa s’est déjà rendu aux Etats-Unis pour rencontrer le secrétaire d’Etat Marco Rubio.Il est revenu annonçant un projet d’accord de libre-échange avec les Etats-Unis, destination de 60% des exportations du Honduras, et une promesse de renforcement de la coopération en matière de sécurité.Disposant du premier groupe parlementaire à l’Assemblée, sans la majorité, le nouveau chef de l’Etat a appelé les législateurs à soutenir son programme, sans toutefois en détailler les contours.”Pour moi (…) il n’existe ni différences, ni couleurs politiques, il n’existe pas d’idéologies qui vont nous diviser”, a affirmé M. Asfura, qui a remporté la présidence d’une infime marge avec son principal rival également de droite.- Chine, insécurité -Derrière le soutien américain à M. Asfura se dessine la rivalité entre Washington et Pékin.Sous le gouvernement de la présidente Castro, Tegucigalpa avait rompu ses relations avec Taïwan, que la Chine revendique comme partie intégrante de son territoire. M. Asfura n’exclut pas de les rétablir.”Il faut analyser les engagements (signés avec la Chine), voir ce qui est le mieux pour le Honduras, et c’est là que nous prendrons les meilleures décisions”, a-t-il déclaré à CNN.Selon l’économiste Liliana Castillo à l’AFP, “en 2024 (…) ce que nous achetons (à la Chine) approche les 3 milliards de dollars”, alors que le Honduras n’arrive même pas à lui vendre “40 millions”.La question migratoire sera au menu des relations avec l’administration Trump.Quelque deux millions de Honduriens vivent aux Etats-Unis, beaucoup sans papiers. Leurs envois de fonds représentent un tiers du PIB du Honduras, où la pauvreté frappe 60% des 11 millions d’habitants.M. Asfura souhaite que le président républicain rétablisse un dispositif spécial, dit TPS, qui protégeait de l’expulsion quelque 60.000 Honduriens sur le sol américain.Nasry Asfura devra parvenir à un difficile équilibre : attirer les investissements étrangers et développer les infrastructures, tout en réduisant les dépenses du pays où la dette publique représente 45% du PIB, selon des chiffres officiels.Tout cela dans un contexte sécuritaire périlleux dans un pays gangréné par le narcotrafic et où prospèrent les gangs de la Mara Salvatrucha et du Barrio 18, déclarés organisations terroristes par les Etats-Unis.”Si l’on ne paie pas, on se fait tuer”, a déclaré à l’AFP Daniel Santos, un chauffeur de taxi de la capitale âgé de 64 ans, dénonçant l’extorsion omniprésente.Le nouveau chef de l’Etat a assuré que son gouvernement va “lutter de front contre l’insécurité, n’ayez aucun doute là-dessus”, annonçant un plan anti-extorsion et des renforts de sécurité dans les zones conflictuelles pour assurer un contrôle territorial.Bien qu’il n’ait pas expliqué comment il s’attaquera à la criminalité organisée, Nasry Asfura avait promis de ne “pas reconduire l’état d’exception” décrété par sa prédécesseuse. Il se démarque donc d’emblée de la manière forte contre les gangs opérée au Salvador voisin, dont disent s’inspirer les nouveaux gouvernements de droite en Amérique latine.Si les homicides ont diminué, le Honduras demeure un des pays les plus violents de la région, avec un taux de mort violente de 23 pour 100.000 habitants.

Minneapolis: sous la pression, Trump lâche du lest

Des agents fédéraux devaient commencer à quitter Minneapolis mardi, dans le cadre de la reprise en main de l’opération anti-immigration sur place par un proche conseiller de Donald Trump, contraint à l’apaisement après la mort d’un deuxième manifestant américain.L’annonce du départ de “certains” des 3.000 agents fédéraux déployés dans le Minnesota depuis plusieurs semaines — sans plus de précisions — est venue du maire de la plus grande ville de l’Etat, le démocrate Jacob Frey, lundi.L’édile, qui a promis sur X de “continuer à lutter pour que le reste (des agents) s’en aille”, devait rencontrer mardi Tom Homan, le nouveau responsable de l’opération, dépêché par M. Trump la veille.M. Homan est le principal responsable de la politique d’expulsions massives de migrants menée par le gouvernement à travers les Etats-Unis. Il prend le relais dans le Minnesota du chef de la police aux frontières, Greg Bovino.Le gouvernement américain a en revanche démenti lundi des informations de presse selon lesquelles M. Bovino avait été démis de ses fonctions. Il reste “un membre clé de l’équipe du président”, a posté sur X la porte-parole du ministère de la Sécurité intérieure, Tricia McLaughlin.Selon le New York Times, Donald Trump a également reçu la ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, pendant deux heures lundi soir.Ces signes d’apaisement interviennent après une nouvelle flambée des tensions suite au décès samedi à Minneapolis d’un deuxième manifestant américain, Alex Pretti, un infirmier de 37 ans tué par des tirs d’agents fédéraux.- “Violence et terreur” -Confronté à des critiques y compris au sein de son camp, Donald Trump s’est aussi entretenu par téléphone lundi avec Jacob Frey et avec le gouverneur démocrate du Minnesota Tim Walz, ancien colistier de Kamala Harris.Le président “ne veut pas voir de gens blessés ou tués dans les rues”, a souligné la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, devant la presse. Il continue néanmoins d’exiger que les autorités locales coopèrent avec les agences fédérales chargées de l’immigration, une ligne rouge pour les élus démocrates.La mort d’Alex Pretti intervient après celle de Renee Good, une Américaine de 37 ans elle aussi, tuée par balles par un agent de la police de l’immigration (ICE) à Minneapolis le 7 janvier.Le malaise atteint jusqu’au camp républicain. Lundi, Chris Madel, un des avocats qui a assisté cet agent, a renoncé à briguer l’investiture du parti pour le poste de gouverneur du Minnesota.”Je ne peux pas soutenir les représailles lancées par les républicains à l’échelle nationale contre les citoyens de notre Etat, ni me compter comme membre d’un parti qui le ferait”, a souligné ce juriste connu pour défendre les forces de l’ordre.Quelques jours après ses prédécesseurs Bill Clinton et Barack Obama, l’ex-président démocrate Joe Biden a, à son tour, condamné mardi les événements des dernières semaines.”La violence et la terreur n’ont pas leur place aux Etats-Unis d’Amérique, particulièrement quand c’est notre propre gouvernement qui cible des citoyens américains”, a fustigé le prédécesseur de Donald Trump, affirmant que ces faits “violent nos valeurs les plus fondamentales en tant qu’Américains”.- “Diffamer et mentir” -Plusieurs procédures judiciaires sont par ailleurs en cours concernant la validité de l’action des agences fédérales de l’immigration dans le Minnesota et l’enquête sur la mort d’Alex Pretti. Dans l’une d’elle, un juge fédéral a appelé le directeur d’ICE, Todd Lyons, à comparaître “en personne” vendredi.Une juge fédérale a pour sa part promis lundi de rendre une décision rapide concernant la demande du procureur général du Minnesota de suspendre l’opération anti-immigration dans l’Etat. A Minneapolis, les habitants continuent de rendre hommage aux deux manifestants tués.”C’est terrifiant et profondément ignoble de pouvoir exécuter quelqu’un de sang-froid dans la rue, puis le diffamer et mentir sur ce qui s’est passé”, s’est indigné Stephen McLaughlin, un retraité de 68 ans, auprès de l’AFP lundi.Comme pour Renee Good, accusée d’avoir mis en danger les agents fédéraux avec sa voiture, le gouvernement a rejeté la faute sur Alex Pretti, lui reprochant de porter un pistolet, ce pour quoi il disposait d’un permis, selon les autorités locales.Les analyses des vidéos par l’AFP et d’autres médias contredisent toutefois les versions officielles.