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L’envoyé américain Kushner discute avec Netanyahu de la deuxième phase de la trêve à Gaza

L’envoyé américain pour le Proche-Orient Jared Kushner s’est entretenu lundi à Jérusalem avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à propos de la deuxième phase du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza, à l’heure où Washington cherche à s’assurer du maintien de la trêve.Entrée en vigueur le 10 octobre sous pression américaine, le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas a permis de réduire considérablement les violences dans la bande de Gaza, de libérer des prisonniers palestiniens et presque tous les otages israéliens.Benjamin Netanyahu et Jared Kushner – l’émissaire et gendre du président américain Donald Trump – ont discuté lundi “de la première phase, dans laquelle nous nous trouvons actuellement, visant à ramener nos otages restants ainsi que de l’avenir de la deuxième phase de ce plan, qui comprend le désarmement du Hamas, la démilitarisation de Gaza et la garantie que le Hamas n’aura plus jamais aucun rôle à jouer dans l’avenir de Gaza”, a précisé le porte-parole du Premier ministre, Shosh Bedrosian.”La deuxième phase comprend également la mise en place d’une force internationale de stabilisation, dont les détails sont bien sûr en cours de discussion”, a-t-il ajouté lors d’un point de presse.Cette visite à Jérusalem, souligne la presse israélienne, intervient alors que Washington cherche à obtenir des accords sur les phases à venir du cessez-le-feu dans la foulée de la libération presque complète des otages.Israël a rapatrié dimanche le corps de l’officier israélien Hadar Goldin, tué en 2014 lors d’une guerre contre le Hamas dans la bande de Gaza et dont la dépouille a fait l’objet d’intenses tractations pendant des années.Le Hamas a ainsi libéré les 20 derniers otages vivants du 7-Octobre et remis, malgré des retards importants, 24 des 28 corps retenus en otages à Gaza qu’il s’est engagé à rendre dans le cadre de la trêve.Quatre dépouilles d’otages restent encore retenues à Gaza, appartenant à trois Israéliens et un Thaïlandais, morts lors de l’attaque sans précédent du Hamas en Israël du 7 octobre 2023 qui a déclenché la guerre à Gaza.”Le temps semble s’être arrêté. J’ai l’impression qu’il est parti il y a à peine quelques jours et qu’il revient déjà”, a déclaré lundi dans un communiqué la soeur de Hadar Goldin, Ayelet, après onze ans d’attente. “Comment se battre pour un soldat parti au combat (…) qui ne reviendra que dans un cercueil? Comment devons-nous nous sentir? Je ne sais toujours pas”, a-t-elle ajouté.- Force de stabilisation -Outre ces libérations et rapatriements, la trêve prévoit entre autres le désarmement du Hamas, auquel le mouvement islamiste s’oppose, le retrait des forces israéliennes de Gaza et la reconstruction du territoire palestinien ravagé par deux ans de guerre.L’accord de trêve, soutenu par de nombreux pays, prévoit aussi le déploiement d’une “force de stabilisation internationale” dotée de soldats originaires de pays arabes et/ou musulmans dans le territoire palestinien. Le président Trump a dit la semaine dernière s’attendre à son déploiement “très bientôt” à Gaza. Et son administration souhaite que le Conseil de sécurité de l’ONU donne un mandat jusqu’à fin 2027 à cette force, selon le projet de résolution consulté vendredi par l’AFP. D’après des sources diplomatiques, plusieurs pays ont déjà signalé être prêts à participer à cette force, notamment l’Indonésie, mais tiennent à un mandat du Conseil de sécurité pour effectivement déployer des troupes dans le territoire palestinien.Les Emirats arabes unis ne rejoindront “probablement pas” la force de stabilisation sans un “cadre clair”, a prévenu lundi le conseiller présidentiel Anwar Gargash, lors d’un forum à Abou Dhabi.Mais ils “soutiendront tous les efforts politiques en faveur de la paix et resteront en première ligne au niveau de l’aide humanitaire”, a-t-il ajouté en affirmant que son pays avait fourni 2,57 milliards de dollars d’aides au territoire palestinien depuis le début de la guerre.Sur le terrain, à Gaza, “nous ne nous sentons toujours pas en sécurité”, a déclaré à l’AFP Salma Abou Shawish, 40 ans, une habitante du camp de réfugiés d’Al-Bureij, dans le centre du territoire, en évoquant des tirs ou frappes sporadiques. “Nous essayons de protéger nos enfants des traumatismes psychologiques et de les aider à oublier la guerre et ses conséquences. La vie à Gaza est difficile. Nous manquons toujours de nourriture et de nombreuses familles sont sans abri. Nous souhaitons seulement que ce cauchemar prenne fin et ne se reproduise jamais”, a-t-elle témoigné.

Des juges enquêtent sur la clé USB illégale d’Abdeslam et sur un projet d’attentat de son ex-compagne

A trois jours des commémorations des attentats du 13 novembre 2015, l’ex-compagne de Salah Abdeslam, Maëva B., est au coeur d’enquêtes terroristes qui pourraient lui valoir lundi une double mise en examen et une incarcération, pour une clé USB remise à son-compagnon et surtout pour un projet d’attentat déjoué.Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé lundi dans un communiqué avoir ouvert deux informations judiciaires distinctes, d’une part sur cette clé USB qui aurait été illégalement connectée à l’ordinateur de Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible et incarcéré à la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), et d’autre part sur un projet d’attentat de son ex-campagne.Le Pnat indique avoir découvert “plusieurs discussions ou recherches relatives à l’élaboration d’un projet distinct d’action violente, sans lien avec Salah Abdeslam”, sur “les supports numériques saisis au cours de la perquisition réalisée au domicile de Maëva B.” dans le cadre d’une enquête ouverte en janvier 2025 sur cette clé USB illicite qui aurait été remise au seul membre vivant des commandos meurtriers du 13 novembre 2015.Le Pnat précise que cette femme, placée en garde à vue depuis mardi, présenterait une “radicalisation certaine et une fascination pour le jihad”. Elle “était séparée” d’Abdeslam et “n’entretenait plus de relations depuis avril 2025” avec lui.En garde à vue, elle a “reconnu avoir acquis une clé USB, l’avoir chargée de propagande djihadiste et fait remettre à Salah Abdeslam au cours d’un parloir”, a souligné le parquet.- “Propagande” -A la suite de ces découvertes, “une mineure de 17 ans, demeurant dans l’Hérault” et “un homme de 20 ans, nouvel époux religieux (de Maëva B.), demeurant dans l’Isère”, ont été placés à leur tour en garde à vue vendredi.Le Pnat a ouvert lundi une information judiciaire et demandé la mise en examen de ces trois protagonistes pour association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes contre les personnes, ainsi que leur incarcération.S’agissant du volet clé USB, le Pnat a également saisi un juge d’instruction pour recel d’objet illicite remis à détenu et complicité, ainsi que pour association de malfaiteurs délictuelle de droit commun.Il a demandé la mise en examen lundi de Maëva B. ainsi que son placement sous contrôle judiciaire, mais aussi “la mise en examen ultérieure de Salah Abdeslam”.Dans son communiqué, le Pnat rappelle que l’administration pénitentiaire lui a signalé le 17 janvier 2025 la découverte deux jours plus tôt “de traces de connexions de quatre clés USB entre décembre 2024 et janvier 2025 sur l’ordinateur légalement détenu par Salah Abdeslam” à Vendin-le-Vieil.Au cours de l’enquête préliminaire, “les analyses de l’ordinateur mettaient en évidence la présence de nombreux enregistrements sous forme de +chemins d’accès+ à des fichiers audio, images ou vidéos, la plupart ayant trait à la propagande officielle d’organisations terroristes, État islamique ou Al-Qaïda”, a souligné le Pnat.Les investigations sur la remise de la clé USB ont conduit “à plusieurs auditions réalisées en Belgique dans le cadre d’une demande d’entraide pénale et à l’identification” de Maëva B., “bénéficiant à l’époque des faits d’un permis de visite”, a encore informé ce parquet spécialisé.- “Radicalisé” -Salah Abdeslam a été placé en garde à vue puis relâché par deux fois, mardi et vendredi.La garde à vue de Maëva B., entamée mardi, a elle duré six jours, soit une durée exceptionnelle, permise seulement en cas de péril imminent d’attentat ou de nécessité de coopération internationale.Selon une source proche du dossier, ces deux critères ont justifié cette mesure, utilisée de manière rarissime par la justice antiterroriste.Lundi, la directrice générale de la sécurité intérieure Céline Berthon a affirmé que Salah Abdeslam “n’était pas mis en cause dans un projet d’attentat”, tout en restant “radicalisé et convaincu de l’idéologie mortifère”.Il “n’est en aucune manière soupçonné par la justice d’être impliqué de près ou de loin dans un quelconque projet criminel”, ont aussi affirmé ses avocats face “au déchaînement de désinformation”.La France va commémorer le 13 novembre, au cours d’une journée d’hommage aux victimes, les dix ans des attentats qui avaient fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, et des centaines de blessés.gd/cal/dch   

Philipines: au moins 5 morts après le passage du “super typhon” Fung-wong, en route vers Taïwan

Des villages submergés et des dizaines de villes sans électricité : les Philippines commencent à évaluer lundi les dégâts après le passage du “super typhon” Fung-wong qui a fait au moins cinq morts et déplacé plus d’un million de personnes dans l’archipel, avant de prendre la direction de Taïwan.”De nombreuses maisons ont été endommagées et …

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Face aux menaces d’ingérences russes, l’UE veut muscler ses aides aux médias

Mieux financer les médias, protéger l’organisation des élections… La Commission européenne va dévoiler mercredi son “bouclier démocratique”, un ensemble de mesures destinées à contrer la “guerre d’influence” menée par la Russie en Europe.Dans ce document, consulté lundi par l’AFP, l’exécutif européen accuse Moscou de “chercher à éroder la confiance dans les systèmes démocratiques” en diffusant des “informations …

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Après vingt jours en détention, Nicolas Sarkozy est sorti de prison

Vingt jours derrière les barreaux puis l’air libre: l’ex-président Nicolas Sarkozy est sorti lundi après-midi de prison dans la foulée de sa libération sous contrôle judiciaire par la cour d’appel de Paris, qui lui a interdit d’entrer en contact avec de hauts responsables judiciaires comme le garde des Sceaux Gérald Darmanin.Dans l’attente de son procès en appel, qui devrait se tenir à partir de mars devant la même juridiction, la cour d’appel de Paris a autorisé vers 13H45 la sortie de l’ancien chef de l’État, 70 ans, de la prison de la Santé à Paris où il était incarcéré depuis le 21 octobre.Celle-ci a été mise en œuvre presque immédiatement. Peu avant 15H00, Nicolas Sarkozy a quitté la prison à bord d’une voiture aux vitres teintées, escortée par des motards de la police, pour regagner son domicile dans le XVIe arrondissement, ont constaté des journalistes de l’AFP.La prison, “c’est dur, c’est très dur, ça l’est certainement pour tout détenu, je dirais même que c’est éreintant”, a témoigné lundi matin en visio-conférence Nicolas Sarkozy à l’audience d’examen de sa requête, offrant la première image de l’histoire d’un ancien président de la République en prison.Dans le cadre d’un contrôle judiciaire, les juges ont toutefois imposé deux interdictions au champion déchu de la droite, embourbé dans ses affaires judiciaires. La cour a estimé que “le risque de pression, de concertation ne (peut) pas être totalement écarté” sur ses co-prévenus mais surtout sur “un certain nombre de témoins-clés”, comme les ex-dignitaires du régime Kadhafi disséminés à travers le monde, et lui a interdit tout voyage à l’étranger.De manière plus inattendue, la justice a aussi imposé une “interdiction de contact” élargie avec de hauts responsables de la justice française, notamment le garde des Sceaux Gérald Darmanin, constatant sa “capacité à actionner différents services de l’Etat” en tant qu’ex-président.Le 29 octobre, Nicolas Sarkozy avait reçu la visite à la prison de la Santé du ministre, une entrevue qui a suscité des critiques, notamment de magistrats. Dans une rare prise de position, le plus haut procureur de France, Rémy Heitz, y avait vu un “risque d’obstacle à la sérénité” et donc “d’atteinte à l’indépendance des magistrats” avant le procès en appel.Contacté par l’AFP, l’entourage de M. Darmanin a assuré que “le garde des Sceaux respecte toujours les décisions de justice”.- “Un cauchemar” -Lors de l’examen de sa requête dans la matinée, le parquet général avait requis la sortie de prison sous contrôle judiciaire de l’ex-chef de l’Etat, jugeant que les “garanties de représentation en justice sont rarement réunies à un tel niveau”.Sur les trois personnes détenues à l’issue du jugement de première instance dans le procès libyen, la justice a donc libéré Nicolas Sarkozy et l’ex-banquier Wahib Nacer, mais a maintenu en détention l’intermédiaire Alexandre Djouhri, arguant un risque de fuite et de pressions sur des protagonistes de l’affaire.Le 25 septembre, le tribunal correctionnel de Paris a reconnu Nicolas Sarkozy coupable d’avoir sciemment laissé ses collaborateurs démarcher la Libye de Mouammar Kadhafi pour solliciter un financement occulte de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.Le tribunal l’a condamné à cinq ans de prison ferme avec un mandat de dépôt assorti d’une exécution provisoire, entraînant son incarcération malgré son appel.Nicolas Sarkozy a été incarcéré un peu moins d’un mois après sa condamnation. Cette détention inédite pour un ex-président de la République a suscité de vifs débats. Il s’agit aussi d’une première dans l’Union européenne, où aucun ancien chef d’Etat n’a connu l’emprisonnement.”Je veux rendre hommage au personnel pénitentiaire qui a été d’une humanité exceptionnelle et qui a rendu ce cauchemar, parce que c’est un cauchemar, supportable”, a déclaré à l’audience Nicolas Sarkozy, vêtu d’une veste bleu foncé, pull et chemise, apparaissant à l’écran dans une salle aux murs blancs avec deux de ses avocats.”Je me bats pour que la vérité triomphe”, a encore dit l’ancien président, fustigeant “l’idée folle” qu’il soit allé solliciter un financement de campagne auprès du dictateur libyen.La libération de Nicolas Sarkozy “met un terme au feuilleton judiciaire et à la mécanique de victimisation pour désormais permettre de se concentrer sur le fond. Elle prévient aussi des risques d’ingérence vis-à-vis du restant des protagonistes mais aussi du pouvoir en place”, a réagi Me Vincent Brengarth, avocat de l’organisation Sherpa, partie civile dans le dossier libyen.Les dates précises du procès en appel, qui n’ont pas encore été officiellement annoncées, devraient être communiquées aux avocats jeudi, ont indiqué à l’AFP des sources proches du dossier.

Après vingt jours en prison, la justice libère Nicolas Sarkozy

Après vingt jours derrière les barreaux, la justice a ordonné lundi la mise en liberté de Nicolas Sarkozy, qui se voit interdit dans le cadre du dossier libyen de quitter le territoire français et d’entrer en contact avec de hauts responsables judiciaires, comme le garde des Sceaux Gérald Darmanin.Dans l’attente de son procès en appel, qui devrait se tenir à partir de mars devant la même juridiction, la cour d’appel de Paris a autorisé la sortie de l’ancien chef de l’Etat, 70 ans, de la prison de la Santé à Paris où il était incarcéré depuis le 21 octobre.La prison, “c’est dur, c’est très dur, ça l’est certainement pour tout détenu, je dirais même que c’est éreintant”, a témoigné lundi matin en visio-conférence Nicolas Sarkozy à l’audience d’examen de sa requête, offrant la première image de l’histoire d’un ancien président de la République en prison.Dans le cadre d’un contrôle judiciaire, les juges ont toutefois imposé deux interdictions au champion déchu de la droite, embourbé dans ses affaires judiciaires. La cour a estimé que “le risque de pression, de concertation ne (peut) pas être totalement écarté” sur ses co-prévenus mais surtout sur “un certain nombre de témoins-clés”, comme les ex-dignitaires du régime Kadhafi disséminés à travers le monde, et lui a interdit tout voyage à l’étranger.De manière plus inattendue, la justice a aussi imposé une “interdiction de contact” élargie avec de hauts responsables de la justice française, notamment le garde des Sceaux Gérald Darmanin, constatant sa “capacité à actionner différents services de l’Etat” en tant qu’ex-président.Le 29 octobre, Nicolas Sarkozy avait reçu la visite à la prison de la Santé du ministre, une entrevue qui a suscité des critiques, notamment de magistrats. Dans une rare prise de position, le plus haut procureur de France, Rémy Heitz, y avait vu un “risque d’obstacle à la sérénité” et donc “d’atteinte à l’indépendance des magistrats” avant le procès en appel.Contacté par l’AFP, l’entourage de M. Darmanin a assuré que “le garde des Sceaux respecte toujours les décisions de justice”.- “Un cauchemar” -Lors de l’examen de sa requête dans la matinée, le parquet général avait requis la sortie de prison sous contrôle judiciaire de l’ex-chef de l’Etat, jugeant que “ces garanties de représentation en justice sont rarement réunies à un tel niveau”.Sur les trois personnes détenues à l’issue du jugement de première instance dans le procès libyen, la justice a donc libéré Nicolas Sarkozy et l’ex-banquier Wahib Nacer, mais a maintenu en détention l’intermédiaire Alexandre Djouhri, arguant un risque de fuite et de pressions sur des protagonistes de l’affaire.Le 25 septembre, le tribunal correctionnel de Paris a reconnu Nicolas Sarkozy coupable d’avoir sciemment laissé ses collaborateurs démarcher la Libye de Mouammar Kadhafi pour solliciter un financement occulte de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.Le tribunal l’a condamné à cinq ans de prison ferme avec un mandat de dépôt assorti d’une exécution provisoire, entraînant son incarcération malgré son appel.Nicolas Sarkozy a été incarcéré un peu moins d’un mois après sa condamnation. Cette détention inédite pour un ex-président de la République a suscité de vifs débats. Il s’agit aussi d’une première dans l’Union européenne, où aucun ancien chef d’Etat n’a connu l’emprisonnement.”Je veux rendre hommage au personnel pénitentiaire qui a été d’une humanité exceptionnelle et qui a rendu ce cauchemar, parce que c’est un cauchemar, supportable”, a déclaré à l’audience Nicolas Sarkozy, vêtu d’une veste bleu foncé, pull et chemise, apparaissant à l’écran dans une salle aux murs blancs avec deux de ses avocats.”Je me bats pour que la vérité triomphe”, a encore dit l’ancien président, fustigeant “l’idée folle” qu’il soit allé solliciter un financement de campagne auprès du dictateur libyen.Les dates précises du procès en appel, qui n’ont pas encore été officiellement annoncées, devraient être communiquées aux avocats jeudi, ont indiqué à l’AFP des sources proches du dossier.

Mise en liberté requise pour Sarkozy, fixé sur son sort à 13H30

Le parquet général a demandé lundi à la cour d’appel de Paris de remettre en liberté l’ex-président Nicolas Sarkozy, incarcéré depuis vingt jours à la prison de la Santé à Paris après sa condamnation dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle.La prison, “c’est dur, c’est très dur, ça l’est certainement pour tout détenu, je dirais même que c’est éreintant”, a déclaré Nicolas Sarkozy, qui a suivi le visage fermé les débats en visioconférence, offrant par écran interposé la première image de l’histoire d’un ancien président de la République en prison, en veste bleu foncé, pull et chemise. “Je me bats pour que la vérité triomphe”, a encore dit, au cours d’une audience d’une cinquantaine de minutes, l’ancien président qui a fait appel de sa condamnation à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs dans le procès libyen, prononcée le 25 septembre. Si la cour d’appel, qui rendra sa décision à 13H30, suivait les réquisitions, Nicolas Sarkozy, qui s’est présenté comme “avocat” et “conférencier”, sortira dans la journée, et attendra libre son procès en appel, qui devrait commencer la deuxième quinzaine de mars. Sous les yeux de son épouse Carla Bruni et de deux de ses fils, Pierre et Jean, l’avocat général, Damien Brunet, a demandé que “soit fait droit à la demande de Nicolas Sarkozy” de le libérer sous contrôle judiciaire avec interdiction d’entrer en contact avec témoins et co-prévenus.Nicolas Sarkozy a été incarcéré un peu moins d’un mois après sa condamnation. Cette détention inédite pour un ex-président de la République a suscité de vifs débats. Il s’agit aussi d’une première dans l’Union européenne, où aucun ancien chef d’Etat n’a connu l’emprisonnement.A l’instar de Xavier Bertrand, président LR des Hauts-de-France, plusieurs responsables de droite ont dit souhaiter que leur ancien champion sorte de prison.- “Unique moyen” -Le tribunal correctionnel de Paris l’a reconnu coupable d’avoir sciemment laissé ses collaborateurs démarcher la Libye de Mouammar Kadhafi pour solliciter un financement occulte de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007. Il a aussitôt fait appel.Plus que la condamnation, c’est le mandat de dépôt l’envoyant en prison, non susceptible de recours, qui avait suscité la stupeur. Pour les juges, il est justifié par la “gravité exceptionnelle” des faits. Pour Nicolas Sarkozy, il a été motivé par “la haine”.Pour décider d’une libération, les magistrats de la cour d’appel ne s’appuieront cependant pas sur les mêmes critères que ceux du mandat de dépôt. L’appel de Nicolas Sarkozy replace son incarcération dans les critères de la détention provisoire, qui diffèrent de ceux de l’exécution de peine.Le maintien en détention n’est désormais possible que s’il est l'”unique moyen” de protéger des preuves, d’empêcher pressions ou concertations, de prévenir fuite ou récidive, ou de le protéger.- La détention, “une menace” pour Sarkozy -En prison, l’ex-président a été placé à l’isolement, mais deux officiers de sécurité sont installés dans une cellule voisine. Des dispositions justifiées par “son statut” et les “menaces qui pèsent sur lui”, selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. La visite fin octobre du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a suscité des critiques de magistrats. Dans une rare prise de position, le plus haut procureur de France, Rémy Heitz, y avait vu un “risque d’obstacle à la sérénité” et donc “d’atteinte à l’indépendance des magistrats” avant le procès en appel.”C’est la détention qui constitue une menace pour Nicolas Sarkozy, pas le contraire”, a plaidé lundi un de ses avocats, Christophe Ingrain. Parmi les condamnés qui ont été écroués après le jugement du 25 septembre, la cour d’appel a déjà mis en liberté sous contrôle judiciaire l’ex-banquier Wahib Nacer, 81 ans, mais a maintenu en détention l’intermédiaire Alexandre Djouhri en raison du risque de fuite et de pressions sur des protagonistes de l’affaire. A chaque fois, le parquet général avait requis le maintien en détention.Les dates précises du procès en appel, qui n’ont pas encore été officiellement annoncées, devraient être communiquées aux avocats jeudi, ont indiqué à l’AFP des sources proches du dossier.

Ouverture du procès d’un Saoudien jugé pour l’attentat du marché de Noël à Magdebourg

Près de onze mois après l’attaque à la voiture bélier sur le marché de Noël de Magdebourg, le procès de l’auteur présumé, un médecin saoudien islamophobe, s’est ouvert lundi dans cette ville de l’est de l’Allemagne.Pendant plus de quatre mois d’audience, la justice tentera d’éclaircir les motivations de Taleb Jawad al-Abdulmohsen, 51 ans, un réfugié au profil atypique, affichant sur les réseaux sociaux sa sympathie pour le parti d’extrême droite allemand, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), et son hostilité envers l’islam et le gouvernement allemand.Longue barbe poivre et sel, l’accusé a brandi en souriant légèrement à l’ouverture du procès un ordinateur avec la date “septembre 2026”. Il n’a pas donné d’explication, cependant il s’agit du mois où auront lieu des élections régionales en Saxe-Anhalt, où est situé Magdebourg, et où le parti AfD est donné gagnant dans les sondages.Taleb Jawad al-Abdulmohsen est inculpé du meurtre de six personnes et de tentative de meurtre dans 338 cas, dont 309 concernant des blessés.Cet attentat en pleine période des fêtes avait enflammé le débat autour de l’immigration et de la sécurité durant la campagne des législatives de février dernier, après plusieurs attaques au couteau dont certaines commises par des étrangers.- “Sournois” -Le procès, organisé à Magdebourg même, a nécessité la construction d’une immense salle d’audience, une structure légère provisoire pouvant accueillir les centaines de participants au procès.L’accusé risque une condamnation à la prison à perpétuité assortie d’une peine de sûreté, selon l’acte d’accusation.Le soir du 20 décembre, ce psychiatre avait foncé au volant d’une puissante voiture dans la foule présente pour le marché de Noël de cette ville proche de Berlin.Un garçon de neuf ans et cinq femmes âgées de 45 à 75 ans ont été tués.L’acte d’accusation insiste sur le caractère “sournois” de l’attaque, avec une voiture utilisée en tant qu’arme, et les “basses motivations” du suspect, qui aurait planifié, seul, son crime pendant plusieurs semaines.Son objectif était de tuer “autant de personnes que possible” d’après les enquêteurs.L’homme aurait agi par “frustration” suite à “un litige civil et à l’échec de diverses plaintes pénales” de sa part.Arrivé en Allemagne en 2006, il était connu des autorités et avait notamment été condamné à une amende pour menace de crimes.Sur les réseaux sociaux, l’accusé multipliait les déclarations confuses, hostiles à la religion musulmane avec laquelle il avait rompu et empreintes de conspirationnisme d’extrême droite, notamment quant à une “islamisation” de l’Europe.Le suspect était animé par une “islamophobie marquée” et était influencé par “les idéologies d’extrême droite”, avait décrit en janvier la ministre de l’Intérieur de l’époque, Nancy Faeser.Il avait aussi dénoncé un prétendu manque de soutien des autorités allemandes chargées de l’asile aux réfugiés saoudiens.- Failles dans la sécurité -Le procès se penchera aussi sur les failles dans les mesures de sécurité autour du marché de Noël, pourtant considérablement renforcées en Allemagne après l’attentat islamiste de décembre 2016 à Berlin qui avait fait douze morts.Cette année, quelques villes ont annulé cette tradition en raison du coût de ces dispositifs.”Les autorités de sécurité font particulièrement attention aux marchés de Noël, cela va de soi”, a rappelé vendredi Sarah Frühauf, porte-parole du ministère de l’Intérieur.”Nous continuerons à aller au marché de Noël”, dit de son côté à l’AFP dans les rues de la ville, Birgit Lange, employée de 57 ans. “Si on se cache tous, cela n’aide personne”.Le drame de Magdebourg avait accru la pression sur le chancelier social-démocrate d’alors, Olaf Scholz, à un moment où l’Allemagne se trouvait en état d’alerte contre le risque d’attentats en pleine campagne électorale.Le parti d’extrême droite AfD avait organisé un rassemblement dans cette cité trois jours après le drame, avant de décrocher une deuxième place historique aux législatives de février.Quarante-cinq audiences sont prévues jusque mars, selon le tribunal, avec plusieurs centaines de parties civiles, d’avocats, de journalistes et de participants.

La sortie de prison de Nicolas Sarkozy entre les mains de la justice

Après vingt jours en prison, la sortie? La cour d’appel de Paris examine lundi matin la demande de mise en liberté de l’ex-président français, Nicolas Sarkozy, incarcéré après sa condamnation dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle.Déposée par ses avocats dans les minutes qui ont suivi son entrée en détention à la prison de la Santé à Paris, le 21 octobre, cette demande sera examinée à partir de 09H30 (08H30 GMT). L’ancien président devrait comparaître en visioconférence et la décision devrait être rendue dans la journée, selon une source judiciaire.En cas de feu vert de la justice, Nicolas Sarkozy, 70 ans, pourrait être libéré dans la foulée. Contactés par l’AFP, ses avocats n’ont pas souhaité faire de commentaire à l’approche de cette audience cruciale.L’ancien champion de la droite est incarcéré en raison de sa condamnation à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt assorti d’une exécution provisoire pour association de malfaiteurs dans le procès libyen, une détention inédite pour un ex-président dans l’histoire de la République française et qui a suscité de vifs débats.Il s’agit aussi d’une première dans l’Union européenne, où aucun ancien chef d’Etat n’a connu l’emprisonnement.Le 25 septembre, le tribunal correctionnel de Paris l’a reconnu coupable d’avoir sciemment laissé ses collaborateurs démarcher la Libye de Mouammar Kadhafi pour solliciter un financement occulte de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007. Il a aussitôt fait appel.Plus que la condamnation, c’est le mandat de dépôt l’envoyant en prison, non susceptible de recours, qui avait suscité la stupeur. Pour les juges, il est justifié par la “gravité exceptionnelle” des faits. Pour Nicolas Sarkozy, il a été motivé par “la haine”.Pour la demande de mise en liberté, les magistrats de la cour d’appel ne s’appuieront cependant pas sur les mêmes critères que ceux du mandat de dépôt. L’appel de Nicolas Sarkozy replace son incarcération dans les critères de la détention provisoire, qui diffèrent de ceux de l’exécution de peine.- Critères différents -Selon l’article 144 du code de procédure pénale, le maintien en détention n’est alors possible que s’il est l'”unique moyen” de protéger des preuves, d’empêcher pressions ou concertations, de prévenir fuite ou récidive, ou de le protéger.Sinon, Nicolas Sarkozy devra être remis en liberté sous contrôle judiciaire, éventuellement assigné à résidence avec un bracelet électronique.En attendant, en prison, l’ex-président est placé à l’isolement, mais deux officiers de sécurité sont installés dans une cellule voisine. Des dispositions justifiées par “son statut” et les “menaces qui pèsent sur lui”, selon le ministre de l’Intérieur français Laurent Nuñez. Fin octobre, il a reçu la visite du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, une entrevue qui a suscité des critiques, notamment de magistrats.Dans une rare prise de position, le plus haut procureur de France, Rémy Heitz, y avait vu un “risque d’obstacle à la sérénité” et donc “d’atteinte à l’indépendance des magistrats” avant le procès en appel.Parmi les trois condamnés avec mandat de dépôt par le jugement du 25 septembre, la cour d’appel a déjà mis en liberté sous contrôle judiciaire l’ex-banquier Wahib Nacer, 81 ans, mais a maintenu en détention l’intermédiaire Alexandre Djouhri.Pour ce dernier, condamné à six ans d’emprisonnement avec incarcération immédiate et trois millions d’euros d’amende, la cour a considéré qu’il présentait des garanties “particulièrement faibles” face à son risque de fuite.Dans son cas, la justice a également considéré que “les risques de pressions continuent d’exister” sur des témoins de l’affaire, notamment l’ancien directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, Bechir Saleh, condamné dans le dossier et en fuite.Dans les deux cas, le président Olivier Géron a précisé au préalable qu’en statuant sur une demande de mise en liberté, “les critères d’appréciation de la juridiction d’appel sont nécessairement différents de ceux de la juridiction de premier degré” et que ces décisions ne présageaient en rien de l’issue du procès en appel, qu’il devrait diriger.Très attendu, ce nouveau procès libyen devrait se tenir à partir du mois de mars, même si les dates précises n’ont pas encore été officiellement annoncées. Elles devraient être communiquées aux avocats jeudi, à l’occasion d’une réunion à la cour d’appel sur ce sujet, ont indiqué à l’AFP des sources proches du dossier.

L’Amazonie accueille l’une des négociations climatiques les plus difficiles de mémoire récente

Une odeur d’hydrocarbures accueillait les délégués l’an dernier à la conférence climatique de l’ONU à Bakou. C’est la moiteur amazonienne que respireront à partir de lundi à Belem les 50.000 participants de la COP30, chargés d’empêcher l’effondrement de la coopération mondiale sur le climat.Inflexible, le président Luiz Inacio Lula da Silva a maintenu l’événement ici malgré le manque d’hôtels. Son ambition: que l’Amazonie ouvre les yeux des négociateurs, observateurs, entreprises et journalistes, dans cette ville où les habitants utilisent leur parapluie contre le soleil brûlant du matin et contre la pluie tropicale de l’après-midi.”Il serait plus facile d’organiser la COP dans un pays riche”, a déclaré Lula avant l’événement. “Nous voulons que les gens voient la situation réelle des forêts, de nos fleuves, de nos peuples qui y vivent.”La forêt amazonienne, qui joue un rôle essentiel contre le réchauffement climatique par l’absorption de gaz à effet de serre, subit en même temps nombre de fléaux: déforestation, orpaillage, pollutions, trafics et exactions en tous genres contre les populations, notamment indigènes.Si les Brésiliens s’activent diplomatiquement depuis un an, ils sont en retard sur la logistique. De nombreux pavillons de pays étaient encore en chantier dimanche.”Il y a une grande inquiétude sur le fait que tout soit prêt à temps au niveau logistique”, confie à l’AFP une source proche de l’ONU. “Connexions, micros, on craint même un manque de nourriture”, ajoute-t-elle.L’incertitude concerne surtout le fond de ce qui doit être négocié pendant deux semaines: le monde peut-il s’unir pour répondre aux dernières projections catastrophiques de réchauffement? Comment éviter un clash entre pays riches et monde en développement? Où trouver l’argent pour aider les nations frappées par des cyclones et des sécheresses, comme la Jamaïque ravagée en octobre par l’ouragan le plus violent depuis près d’un siècle, ou les Philippines frappées par deux terribles typhons en deux semaines?Et que cache la “feuille de route” sur les énergies fossiles mise sur la table par Lula jeudi lors du sommet de chefs d’Etat? L’industrie et les pays pétroliers ont repris du poil de la bête depuis qu’à Dubaï en 2023 de nombreux pays ont signé la “transition” vers la sortie progressive des énergies fossiles.”Comment allons-nous le faire? Y aura-t-il un consensus sur la façon de procéder? C’est l’un des grands mystères de la COP30″, a éludé dimanche André Correa do Lago, le président brésilien de la conférence.- Sans Trump -Depuis 30 ans, les pays membres de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques, adoptée dans ce pays au sommet de la Terre de Rio de Janeiro, négocient chaque année pour renforcer le régime climatique. L’effort a culminé avec l’accord de Paris en 2015, qui engage le monde à limiter le réchauffement à 2°C par rapport à la période préindustrielle, et à continuer les efforts pour le contenir à 1,5°C. Il ne s’était pas arrêté pendant le premier mandat de Donald Trump (2017-2021).Mais le chef de l’ONU, Antonio Guterres, reconnaît depuis quelques semaines qu’il est “inévitable” que ce seuil soit franchi prochainement, appelant désormais à ce que le dépassement soit le plus court possible. Ce qui implique de faire enfin baisser les émissions mondiales de gaz à effet de serre, principalement dues à la combustion du pétrole, du gaz et du charbon.Un groupe de petites îles bataille pour que soit inscrit à l’ordre du jour le besoin de formuler une réponse à cet échec.”1,5°C n’est pas qu’un chiffre ou un objectif, c’est une question de survie”, dit à l’AFP Manjeet Dhakal, conseiller du groupe des pays les moins développés à la COP. “Nous ne pourrons cautionner aucune décision qui n’inclue pas de discussion sur notre échec à éviter 1,5°C.”Les Etats-Unis, première économie du monde et 2e émetteur mondial de gaz à effet de serre, sont absents pour la première fois de l’histoire de ces réunions.Donald Trump n’ignore toutefois pas totalement la COP30 ni la déforestation: il a dénoncé dimanche sur son réseau social le “scandale” de l’abattage d’arbres dans la région de Belem pour y construire une route récemment, réagissant à une intervention diffusée sur Fox News.ffb-lg-app-ico/tmo/cls/ms