AFP World

TotalEnergies visé par une plainte pour “complicité de crimes de guerre” au Mozambique

TotalEnergies est visé à Paris par une plainte pour “complicité de crimes de guerre, torture et disparitions forcées” au Mozambique, pour des faits datant de 2021 sur le site de son méga-projet gazier qui était alors à l’arrêt, a appris mardi l’AFP de l’ONG plaignante.L’association allemande European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR) accuse le groupe français d'”avoir directement financé et soutenu matériellement la Joint Task Force (JTF), composée de forces armées mozambicaines, alors que celle-ci aurait détenu, torturé et tué des dizaines de civils” entre juillet et septembre 2021, selon son communiqué de presse.Ces exactions se seraient produites à l’entrée du site du projet gazier Mozambique LNG, dont TotalEnergies est le premier actionnaire (26,5%) et l’opérateur, et qui était alors en pause après une attaque jihadiste meurtrière en mars 2021 sur la ville voisine de Palma (nord). La plainte a été transmise lundi au parquet national antiterroriste (Pnat) à Paris, compétent pour les crimes de guerre.Elle fait suite à des allégations rapportées par le média Politico en septembre 2024, puis par SourceMaterial et Le Monde, et que TotalEnergies conteste.Contacté mardi par l’AFP, TotalEnergies n’a pas commenté dans l’immédiat. “Il apparaît impensable que TotalEnergies puisse opposer son ignorance des crimes de l’armée mozambicaine, mais aussi plus particulièrement des accusations de violations des droits humains visant la Joint Task Force, dès lors que la société les rapporte elle-même dans plusieurs documents internes transmis à ses financeurs publics”, affirme à l’AFP Clara Gonzales, directrice du programme entreprises et droits humains à l’ECCHR.Cette plainte intervient alors que le géant des hydrocarbures français s’est dit prêt le 25 octobre à relancer le projet du consortium Mozambique LNG estimé à 20 milliards de dollars, en vue d’un début de production en 2029.Après l’attaque de jihadistes liés au groupe Etat islamique, actifs dans la province du Cabo Delgado depuis 2017, le groupe français avait déclaré la “force majeure” et suspendu son projet, en avril 2021. Le site avait alors été laissé sous la garde des forces de l’armée mozambicaine, regroupées dans la JTF, créée en 2020 en vertu d’un accord entre la filiale locale de TotalEnergies, Tepma 1, et le gouvernement de Maputo. Cet accord est interrompu en octobre 2023. – “Nouveaux” éléments -Selon Politico, lors de leur contre-offensive contre les jihadistes, des soldats travaillant pour le site ont intercepté des habitants et enfermé entre 180 et 250 hommes dans des conteneurs, les accusant de soutenir l’insurrection.  Détenus pendant trois mois, ils ont été battus, affamés et torturés, et plusieurs ont été tués. Les 26 derniers prisonniers sont libérés en septembre 2021, selon l’enquête du journaliste Alex Perry, sur la foi de témoignages.Mozambique LNG avait alors assuré n’avoir “jamais reçu d’information indiquant que de tels événements aient effectivement eu lieu”. Par la suite, la société a indiqué avoir demandé en novembre 2024 aux autorités mozambicaines de diligenter une enquête, officiellement annoncée en mars 2025 par le bureau du procureur général. Au même moment, la Commission nationale des droits humains confirmait lancer ses investigations, comme sollicité par TotalEnergies fin 2024. Selon l’association ECCHR, TotalEnergies était “au courant” de violations de droits humains par les forces armées.Le Monde et Source Material avaient affirmé en novembre 2024 que TotalEnergies avait, dès avril 2021, connaissance d’accusations d’actions violentes de la JTF sur des civils, selon des rapports sociaux émanant des équipes de Mozambique LNG et transmis à l’agence italienne de crédit à l’exportation (SACE), qui soutient le projet.Or pour l’ONG, “TotalEnergies a continué de soutenir directement la JTF” en fournissant logement, nourriture et des primes “conditionnées au respect des droits humains”.ECCHR avance aujourd’hui de “nouveaux documents” obtenus auprès des autorités néerlandaises, qui font état d’échanges entre l’agence hollandaise de crédit à l’export publique Atradius DSB et TotalEnergies, évoquant dès mai 2020 des risques d’atteintes aux droits humains des forces armées. Selon l’ONG, deux enquêtes d’agences de crédit à l’export ont été ouvertes.Cette plainte doit “être entendue comme un message par les financiers publics et les banques telles que Société générale et Crédit agricole pour qu’ils engagent leur retrait immédiat du projet”, a réagi auprès de l’AFP, Lorette Philippot, des Amis de la Terre France, qui s’oppose à “l’expansion gazière au Mozambique”.

Canada: le Parlement adopte de justesse le budget, le gouvernement Carney survit

Le gouvernement de Mark Carney a survécu lundi à un vote de confiance avec l’adoption, de justesse, par le Parlement du budget présenté par le Premier ministre pour relancer l’économie du Canada, menacée par les droits de douane américains.L’appui d’une députée de l’opposition soucieuse d’éviter de déclencher des élections anticipées et l’abstention de quatre autres …

Canada: le Parlement adopte de justesse le budget, le gouvernement Carney survit Read More »

Le Conseil de sécurité de l’ONU vote pour une force internationale à Gaza

Le Conseil de sécurité de l’ONU a voté lundi pour le plan de paix de Donald Trump à Gaza, prévoyant en particulier le déploiement d’une force internationale, sous la pression des Etats-Unis qui mettaient en garde contre le risque d’une reprise de la guerre.Treize de ses membres se sont prononcés en faveur de la résolution. Le président américain s’est félicité d’une “des approbations les plus importantes de l’histoire des Nations Unies”.Donald Trump a remercié les pays siégeant au Conseil de sécurité, y compris la Russie et la Chine, qui se sont abstenues.Plusieurs fois modifiée lors de négociations sensibles, la résolution “endosse” le plan du président américain qui a permis, depuis le 10 octobre, un cessez-le-feu fragile entre Israël et le Hamas dans le territoire palestinien. Pour Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, son adoption est “une étape importante dans la consolidation du cessez-le-feu” à Gaza, ravagée par deux années de guerre provoquée par l’attaque sanglante du mouvement islamiste palestinien du 7 octobre 2023.Le Hamas a estimé que le texte, soutenu par l’Autorité palestinienne, “ne répond(ait) pas aux exigences et aux droits politiques et humains” des Palestiniens. Il “impose un mécanisme de tutelle internationale sur la bande de Gaza, ce que notre peuple, ses forces et ses composantes rejettent”, a écrit le mouvement.La résolution, vue par l’AFP, donne mandat jusqu’au 31 décembre 2027 à un “Comité de la paix”, organe de “gouvernance de transition” jusqu’à la réforme de l’Autorité palestinienne. Ce comité doit être présidé par Donald Trump.Le texte “autorise” aussi une “force de stabilisation internationale” (ISF) chargée notamment de la sécurisation des frontières avec Israël et l’Egypte, de la démilitarisation de Gaza, du désarmement “des groupes armés non étatiques”, de la protection des civils et de la formation d’une police palestinienne. La composition de cette force n’est pas évoquée.Contrairement aux premières versions, l’éventualité d’un Etat palestinien est mentionnée. Après la réforme de l’Autorité palestinienne, “les conditions pourraient finalement être en place pour un chemin crédible vers une autodétermination palestinienne et un statut d’Etat”, dit le texte.- Objections russes -Un avenir clairement rejeté par Israël. “Notre opposition à un Etat palestinien sur quelque territoire que ce soit n’a pas changé”, a insisté dimanche le Premier ministre Benjamin Netanyahu.L’ambassadeur d’Israël aux Nations unies, Danny Danon, a insisté de son côté sur le retour des corps des trois derniers otages encore à Gaza et la “démilitarisation du Hamas”.Pour la France, qui a voté en faveur de cette résolution, elle “répond aux besoins les plus urgents des populations et permet de soutenir les efforts de paix en cours”. “Nous nous sommes assurés que le texte (…) inclue des éléments importants pour nous, et notamment des références à la perspective d’un État palestinien”, a ajouté une source diplomatique.Louis Charbonneau, de l’ONG Human Rights Watch, a insisté sur le fait que la résolution ne diminue en rien “l’obligation qu’ont Israël et ses alliés de se conformer au droit international humanitaire et aux droits humains”.La Russie, qui a fait circuler un texte concurrent, avait justifié cette initiative par le fait que la résolution américaine n’allait pas assez loin sur la perspective d’un Etat palestinien, affirmant un “engagement indéfectible” en faveur de la solution à deux Etats.L’ambassadeur russe, Vassili Nebenzia, a regretté que “le Conseil donne son aval à une initiative américaine sur la base de promesses de Washington, accordant le contrôle total de la bande de Gaza au Comité de la paix”.D’autres Etats membres ont exprimé des réticences, s’inquiétant d’un manque de clarté dans les mandats du Comité de la paix et de l’ISF.Face à ce qu’ils ont qualifié de “tentatives de semer la discorde”, les Etats-Unis avaient redoublé d’efforts ces derniers jours pour obtenir un feu vert.”Voter contre cette résolution, c’est voter pour un retour à la guerre”, a notamment lancé Mike Waltz avant le scrutin.Les Américains ont également mis en avant le soutien des pays arabes et musulmans (Qatar, Egypte, Emirats arabes unis, Arabie saoudite, Indonésie, Pakistan, Jordanie, Turquie). 

Perrier: un tribunal français rend sa décision quant à la suspension des ventes

Les ventes de Perrier sous l’appellation “eau minérale naturelle” devront-elles être suspendues le temps que Nestlé Waters obtienne une nouvelle autorisation pour exploiter ses forages? Un tribunal français rend sa décision mardi, énième rebondissement d’un feuilleton de deux ans.”Les juges ont l’occasion de rappeler une évidence: une eau vendue comme eau minérale naturelle doit être… naturelle et originellement pure”, selon Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’association française de défense des consommateurs UFC-Que Choisir, qui avait saisi le tribunal de Nanterre (région parisienne) en référé au printemps.L’association argue que la microfiltration utilisée par le groupe sur ses eaux fait que celles-ci ne peuvent plus prétendre à l’appellation “eau minérale naturelle”, et demande une “interdiction de commercialisation” et “la cessation des tromperies”. Son avocat, Me Alexis Macchetto, était allé jusqu’à dire qu’il existait “un risque réel pour le consommateur”.Nestlé Waters & Premium Beverages, qui produit en France les eaux Perrier, Vittel, Contrex ou encore Hépar, conteste “fermement” les demandes d’UFC-Que Choisir, “notamment les allégations mettant en cause la sécurité alimentaire des produits”.”Toutes nos eaux” sont consommables “en toute sécurité”, assène depuis deux ans le groupe suisse, au cœur d’un scandale après qu’il a admis, début 2024 sous le coup de plusieurs enquêtes de presse, avoir utilisé par le passé des traitements interdits (charbon, UV) pour ses eaux.- Commercialisation “trompeuse”? -Ils ont été depuis remplacés par une microfiltration à 0,2 micron dont la légalité a été contestée, l’eau minérale naturelle ne pouvant faire l’objet de désinfection ou traitement de nature à modifier ses caractéristiques, sauf exception pour retirer du fer ou du manganèse considérés comme nocifs.Le groupe affirme l’avoir fait dans le cadre d’un plan de transformation validé par le gouvernement français en 2023.Depuis, les autorités sanitaires ont estimé que cette microfiltration à 0,2 micron modifiait le microbisme de l’eau, poussant le groupe, sous injonction préfectorale, à la remplacer par une microfiltration à 0,45 micron.Si Nestlé Waters affirme que ce degré de microfiltration a été validé par les autorités, il a dû déposer de nouvelles demandes d’autorisation préfectorale pour exploiter ses forages et commercialiser sous l’appellation eau minérale naturelle.Alors que les préfets n’ont toujours pas rendu leur décision, UFC-Que Choisir affirme que la commercialisation actuelle est “trompeuse”.Nestlé Waters s’en défend, soulignant la mise en place depuis juin, indépendamment de la procédure judiciaire, d’une “vaste” campagne de communication dans les supermarchés et la presse, affirmant bien que les eaux Perrier, Contrex et Hépar “sont susceptibles” de ne pas être minérales naturelles selon “l’analyse par l’État de leur microfiltration”.- Pas d’impact sur les ventes -Dans l’immédiat, cette campagne ne semble pas avoir eu d’impact sur les ventes. Sur les bouteilles Perrier classiques, “le nombre de foyers acheteurs est resté stable”, souligne l’entreprise à l’AFP, précisant qu’elle vend toute sa production. Sur le dernier trimestre, avec une météo propice à la consommation d’eau, les ventes sont “même en croissance”.En revanche, la production des bouteilles bleues de Perrier fines bulles a reculé puisque des forages ont été suspendus depuis le début du scandale, et le groupe reconnaît que les ventes ont mécaniquement baissé.Une autre campagne de communication a été lancée ces dernières semaines, cette fois par les concurrents français de Nestlé Waters réunis dans la Maison des eaux minérales naturelles.”L’appellation eau minérale naturelle se mérite”, affirme le syndicat qui rassemble Danone (Evian, Badoit, Salvetat, Volvic) avec des plus petits acteurs (Wattwiller, Mont-Roucous, Eau neuve, Bonneval).Pour eux, la réglementation, dont Nestlé Waters a demandé une clarification, est limpide. “Nous partageons une responsabilité commune: protéger la pureté originelle. Sans traitement. Sans compromis”. C’est-à-dire avec une microfiltration à 0,45 micron réservée au retrait du fer ou du manganèse, ce qui n’est pas le cas pour les filtres utilisés par Nestlé Waters dans le cadre des demandes d’autorisation en cours.

En Somalie, face aux shebab, la fragile ligne de front

Le pilote de l’hélicoptère est inquiet. Rester plus de 20 minutes dans ce village près du front où l’armée somalienne combat les shebab, c’est augmenter les risques d’être la cible de mortiers des islamistes radicaux, distants d’à peine quelques kilomètres.Environ un millier de soldats de l’armée nationale somalienne, appuyés par un contingent de l’Union africaine, tiennent Awdheegle, ville stratégique à environ 60 km de la capitale Mogadiscio, reprise il y a moins de deux mois aux rebelles somaliens liés à Al-Qaïda.Mais cette emprise est fragile et l’hélicoptère, l’un des rares de l’armée somalienne, est une cible de choix pour les rebelles qui combattent le gouvernement fédéral.”Cinq minutes de plus et je vous aurais laissés”, lance le pilote aux journalistes qui remontent à bord. L’appareil décolle difficilement avant de survoler les ruines de la ville.Abdi Osman Hassan, 65 ans, est récemment revenu à Awdheegle pour y retrouver sa maison “démolie”. “Je n’ai rien pour la reconstruire”, lance-t-il.Les mêmes scènes de désolation se répètent une dizaine de kilomètres plus loin, en direction de la capitale.Les villages de Sabiid et Canole portent les stigmates des nombreuses frappes de l’aviation et des drones de l’armée somalienne pour déloger les shebab des tunnels où ils s’étaient retranchés. Après des mois d’intenses affrontements, les shebab ont été délogés en juin, mais ont eu le temps de faire exploser le pont qui reliait les deux localités.Un nouvel ouvrage, construit avec l’aide de la Turquie – important partenaire de la Somalie – a récemment été achevé, désormais surveillé par une unité de l’armée ougandaise, membre de la Force de l’UA.- “Guerre mondiale” -La Somalie est confrontée depuis près de 20 ans aux shebab et des localités comme Awdheegle, Sabiid et Canole ont changé de mains à plusieurs reprises.En 2022 et 2023, l’armée somalienne a fait une percée et repris le contrôle de quelque 200 villes et villages.Mais les islamistes radicaux, qui lancent également des attaques contre des lieux de pouvoir dans la capitale, ont lancé une contre-offensive au début de l’année et ont repris le contrôle de 90 % du territoire perdu, notamment trois ponts le long du fleuve Shabelle, vitaux pour l’approvisionnement de la capitale. L’armée tente tant bien que mal de répliquer, mais est confrontée à un tarissement de l’aide internationale.Depuis 2007, elle dépend fortement des successives forces de l’Union africaine, principalement financées par des pays occidentaux.Mais le soutien occidental diminue. Pour Awes Hagi Yusuf, conseiller à la sécurité nationale du président Hassan Sheikh Mohamoud, le pays est confronté à de nombreux “défis”, mais il a assuré auprès de journalistes – dont l’AFP – que de nouveaux accords avec des partenaires “non traditionnels” — comme la Turquie et les Émirats arabes unis — contribuaient à combler le vide laissé par le tarissement de l’aide occidentale.”Le combat que nous menons ne se limite pas à la Somalie. C’est une guerre mondiale”, soutient-il.- “Négligé” -La Somalie tente de s’appuyer de plus en plus sur des accords bilatéraux avec des pays, comme avec le Kenya voisin ou l’Ouganda. Mais pour Samira Gaid, experte des questions de sécurité, “le financement sera toujours un problème, même pour ces forces bilatérales”. “Ce n’est pas comme si l’armée ougandaise était si bien dotée qu’elle pouvait se permettre de se déployer indéfiniment”, assure-t-elle. Les autorités somaliennes sont également accaparées par la préparation des élections l’an prochain, organisées pour la première fois depuis 1969 sur le principe du suffrage universel. Et quand il y a des débats politiques dans le pays de la Corne de l’Afrique, fondé sur un système complexe de clans et de sous-clans, “tout le reste est négligé”, constate Mahad Wasuge, chercheur pour le think tank Somali Public Agenda.Pour le conseiller à la sécurité nationale, le gouvernement avait repris “l’ensemble de la zone” dans un rayon de 300 km autour de Mogadiscio et prévoit de reprendre prochainement des ponts et des villages dans l’Upper et Middle Shabelle, avançant plus loin dans le territoire contrôlé par les shebab. Mais sans donner de calendrier. Mais pour les résidents de Awdheegle ou Bariire, qui se situent officiellement en “zone libérée”, il est difficile de se sentir en sécurité.Muslimo Hassan Isaq, 56 ans, a dû quitter son village pendant près de 8 mois après l’arrivée des shebab à Bariire, vivant en périphérie de la capitale dans un abri de fortune. “Nous sommes des paysans, nos maisons ont été détruites et nous n’avons reçu aucune aide jusqu’à maintenant”, soutient-elle, poursuivant avoir “besoin d’être pris en charge. Je ne peux pas reconstruire seule”. Pour Samira Gaid, ce qui compte pour une population lassée par des décennies d’affrontements, “c’est qui reste le plus longtemps et qui offre un semblant de sécurité et de justice quand il est en place”.

Le tandem Merz-Macron en quête de souveraineté numérique pour l’Europe

Le chancelier allemand et le président français veulent impulser mardi à Berlin la quête de “souveraineté numérique” d’une Europe terriblement dépendante des géants américains de la tech en pleine course à l’IA. Friedrich Merz et Emmanuel Macron, les dirigeants des deux plus grandes économies européennes, veulent donner un coup d’accélérateur à cette ambition à l’occasion d’un …

Le tandem Merz-Macron en quête de souveraineté numérique pour l’Europe Read More »

La Coordination rurale renouvelle sa tête dans un congrès sous tension

C’est dans le Gers qui l’a vue naître que la Coordination rurale se réunit mardi et mercredi pour son congrès: deux camps s’affrontent pour prendre la tête du 2e syndicat agricole français, après sa percée historique aux dernières élections.La présidente sortante Véronique Le Floc’h, qui brigue un nouveau mandat de trois ans, fera face à Bertrand Venteau, président de la chambre d’agriculture de la Haute-Vienne depuis 2019.L’éleveuse de 52 ans, productrice de lait bio du Finistère-Sud, veut accompagner “la crise de croissance” du syndicat après son succès aux élections de chambres d’agriculture de janvier, et “consolider sa position d’acteur incontournable du monde agricole”.Bertrand Venteau, 46 ans, éleveur de vaches de race Limousine, promeut un syndicat “au service des équipes départementales dans la défense des paysans”. Une façon de rappeler aux sortants la primauté du terrain.Il est soutenu par les dirigeants des places fortes du syndicat aux bonnets jaunes, du Gers au Lot-et-Garonne: les “sudistes” estiment que la percée aux élections leur est largement attribuable, portée par une série d’actions musclées, comme la tentative de blocage de Paris en janvier dernier ou le saccage de bureaux de l’Office français de la biodiversité.Ils défendent une ligne dure, vue comme l’ADN d’un mouvement bâti de blocages en coups d’éclat. Certains ne cachent pas leur proximité avec l’extrême droite, à rebours d’une ligne officiellement “apolitique”.- “Dégagisme” -Le congrès débutera à 14H par un hommage à Jacques Laigneau, cofondateur et premier président de la CR, enterré au cimetière de Lussan, tout proche d’Auch.La journée sera clôturée par un discours de la présidente sortante, avant le vote organisé le lendemain matin.Mercredi, un premier scrutin départagera les deux candidats à la présidence, avant un second vote pour élire le comité directeur. Le corps électoral est composé des présidents des sections départementales de la CR, qui disposent chacun d’un nombre de mandats compris entre un et sept, au prorata du nombre d’adhérents de leur section.Les résultats seront proclamés en fin de matinée.Ils sont d’autant plus imprévisibles que depuis le dernier congrès électif, la CR a changé de dimension, s’imposant désormais dans 11 chambres d’agriculture (contre 3 auparavant) sur un total de 101.A l’issue d’une campagne de “dégagisme” qui a ébranlé l’alliance historique FNSEA-Jeunes agriculteurs (JA), elle a obtenu près de 30% des voix des agriculteurs (contre 20% six ans auparavant).Toute la question est de savoir si ce dégagisme s’appliquera en interne.Car ces derniers mois, la Coordination rurale a relativement calmé le jeu sur le terrain, approfondi ses échanges avec le ministère de l’Agriculture, recruté et tenté de fédérer ses chambres.Une notabilisation qui déplaît au sud de la Loire, où le reproche de “cogestion avec l’Etat” adressé à la FNSEA vise désormais Véronique Le Floc’h et son comité directeur.- “Différence de méthode” -Insultes, intimidations, voire menaces: le ton est monté ces derniers mois, les “sudistes” estimant normal que le national renvoie l’ascenseur: en payant les amendes de ses adhérents qui ont fait le coup de poing en manifestation ou en s’alignant sur les méthodes de la bouillante “CR47”.La section syndicale du Lot-et-Garonne (47) a été longtemps dirigée par Serge Bousquet-Cassagne, qui revendique “18 procès en 30 ans” et dont la gestion “clientéliste” de la chambre d’agriculture du même département vient d’être sanctionnée par la Cour des comptes.Pour Christian Convers, secrétaire général sortant et soutien de Véronique Le Floc’h, “il n’y pas vraiment de différences de ligne” entre les deux camps “mais une différence de méthode”. “La Coordination rurale n’est plus aujourd’hui uniquement un syndicat de contestation, il faut porter les dossiers, discuter, avancer.”Un appel à “la responsabilité” qui fait bondir dans les rangs des partisans de Bernard Venteau, qui veulent ramener sur terre les “perchés” de Paris.

Perrier: décision attendue sur la suspension des ventes demandée par UFC-Que Choisir

Les ventes de Perrier sous l’appellation “eau minérale naturelle” devront-elles être suspendues le temps que Nestlé Waters obtienne une nouvelle autorisation pour exploiter ses forages ? Le tribunal judiciaire de Nanterre rend sa décision mardi, énième rebondissement d’un feuilleton de deux ans.”Les juges ont l’occasion de rappeler une évidence: une eau vendue comme eau minérale naturelle doit être… naturelle et originellement pure”, selon Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’UFC-Que Choisir, qui a saisi le tribunal en référé au printemps.L’association de consommateurs argue que la microfiltration utilisée par le groupe sur ses eaux fait que celles-ci ne peuvent plus prétendre à l’appellation “eau minérale naturelle”, et demande une “interdiction de commercialisation” et “la cessation des tromperies”. Son avocat, Me Alexis Macchetto, était allé jusqu’à dire qu’il existait “un risque réel pour le consommateur”.Nestlé Waters & Premium Beverages, qui produit en France les eaux Perrier, Vittel, Contrex ou encore Hépar, conteste “fermement” les demandes d’UFC-Que Choisir, “notamment les allégations mettant en cause la sécurité alimentaire des produits”.La décision sera rendue sous forme dématérialisée mardi. L’audience avait eu lieu fin septembre.”Toutes nos eaux” sont consommables “en toute sécurité”, assène depuis deux ans le groupe au cœur d’un scandale après qu’il a admis, début 2024 sous le coup de plusieurs enquêtes de presse, avoir utilisé par le passé des traitements interdits (charbon, UV) pour ses eaux.- Commercialisation “trompeuse” ? -Ils ont été depuis remplacés par une microfiltration à 0,2 micron dont la légalité a été contestée, l’eau minérale naturelle ne pouvant faire l’objet de désinfection ou traitement de nature à modifier ses caractéristiques, sauf exception pour retirer du fer ou du manganèse considérés comme nocifs.Le groupe affirme l’avoir fait dans le cadre d’un plan de transformation validé par le gouvernement en 2023. L’action du gouvernement dans cette affaire a été vertement critiquée par une commission d’enquête sénatoriale en début d’année.Depuis, les autorités sanitaires ont estimé que cette microfiltration à 0,2 micron modifiait le microbisme de l’eau, poussant le groupe, sous injonction préfectorale, à la remplacer par une microfiltration à 0,45 micron.Si Nestlé Waters affirme que ce degré de microfiltration a été validé par les autorités, il a dû déposer de nouvelles demandes d’autorisation préfectorale pour exploiter ses forages et commercialiser sous l’appellation eau minérale naturelle.Alors que les préfets n’ont toujours pas rendu leur décision, UFC-Que Choisir affirme que la commercialisation actuelle est “trompeuse”.Nestlé Waters s’en défend, soulignant la mise en place depuis juin, indépendamment de la procédure judiciaire, d’une “vaste” campagne de communication dans les supermarchés et la presse indiquant bien que les eaux Perrier, Contrex et Hépar “sont susceptibles” de ne pas être minérales naturelles selon “l’analyse par l’Etat de leur microfiltration”.- Pas d’impact sur les ventes -Dans l’immédiat, cette campagne ne semble pas avoir eu d’impact sur les ventes. Sur les bouteilles Perrier classiques, “le nombre de foyers acheteurs est resté stable”, indique l’entreprise à l’AFP, précisant qu’elle vend toute sa production. Sur le dernier trimestre, avec une météo propice à la consommation d’eau, les ventes sont “même en croissance”.En revanche, la production des bouteilles bleues de Perrier fines bulles a reculé puisque des forages ont été suspendus depuis le début du scandale, et le groupe reconnaît que les ventes ont mécaniquement baissé.Une autre campagne de communication a été lancée ces dernières semaines, cette fois par les concurrents français de Nestlé Waters réunis dans la Maison des eaux minérales naturelles.”L’appellation eau minérale naturelle se mérite”, affirme le syndicat qui rassemble Danone (Evian, Badoit, Salvetat, Volvic) avec des plus petits acteurs (Wattwiller, Mont-Roucous, Eau neuve, Bonneval).Pour eux, la réglementation, dont Nestlé Waters a demandé une clarification, est limpide: “nous partageons une responsabilité commune: protéger la pureté originelle. Sans traitement. Sans compromis”. C’est-à-dire avec une microfiltration à 0,45 micron réservée au retrait du fer ou du manganèse, ce qui n’est pas le cas pour les filtres utilisés par Nestlé Waters dans le cadre des demandes d’autorisation en cours.

Le tandem Merz-Macron en quête de souveraineté numérique pour l’Europe

Le chancelier allemand et le président français veulent impulser mardi à Berlin la quête de “souveraineté numérique” d’une Europe terriblement dépendante des géants américains de la tech en pleine course à l’IA. Friedrich Merz et Emmanuel Macron, les dirigeants des deux plus grandes économies européennes, veulent donner un coup d’accélérateur à cette ambition à l’occasion d’un sommet réunissant, outre les politiques, des patrons des entreprises du secteur, à commencer par le spécialiste français de l’intelligence artificielle Mistral, et le géant allemand des logiciels SAP.Face à l’ampleur et la vitesse de la révolution technologique en cours, les dirigeants européens et les entreprises du secteur sont appelés à trouver des solutions pour avoir la main sur le destin numérique de l’Europe.Les inquiétudes liées à la domination américaine ont pris une autre dimension avec le retour à la Maison Blanche du président Donald Trump, qui mène une politique commerciale offensive avec ses droits de douane accrus et veut se désengager militairement du continent européen.Selon le ministre allemand du Numérique, Karsten Wildberger, la réunion de mardi aura donc pour “message central” que “l’Europe est prête à bâtir son propre avenir numérique”.S’exprimant lundi en marge de l’inauguration du chantier d’un centre de données estimé à 11 milliards d’euros, il a plaidé pour une Europe qui travaille “plus vite” et “ensemble”.Car un point clé est le reproche fait à l’Union européenne (UE) de tout ralentir avec ses règles et sa bureaucratie.L’UE doit d’ailleurs proposer cette semaine des assouplissements de sa réglementation concernant l’IA et la protection des données.Entreprises européennes et américaines n’ont cessé de dénoncer des législations trop complexes, freinant l’innovation et la compétitivité. Mais pour d’autres acteurs, en particulier de la société civile, il faut des garde-fous et protéger les données des citoyens.- Le défi du Cloud -Un autre enjeu des discussions à Berlin sera l’effort à faire pour créer des capacités européennes dans l’informatique à distance (“cloud computing”), un secteur sous la coupe de Google, AWS (filiale d’Amazon) et Microsoft.MM. Merz et Macron doivent marteler leur message à tour de rôle dans des discours mardi après-midi, lors d’une conférence plénière à laquelle assisteront aussi de nombreux ministres européens du Numérique.Outre la domination des États-Unis, l’Europe est aussi face au défi de sa dépendance à l’égard de l’Asie, en particulier la Chine, pour les équipements, semi-conducteurs ou composants d’ordinateurs.Selon une enquête menée par l’association allemande Bitkom, environ 90% des entreprises allemandes qui importent des biens ou services numériques se considèrent dépendantes de ceux-ci.- “Musée” technologique? -Interrogé par l’AFP, le président de Bitkom, Ralf Wintergerst, a souligné l’urgence d’investir massivement.”L’Europe ne doit pas se faire distancer, les investissements d’aujourd’hui sont les emplois de demain”, a-t-il noté, “si l’Europe ne veut pas devenir un musée technologique, nous devons augmenter les investissements de manière significative”.Mais la bataille s’annonce difficile, entre croissance atone, retard accumulé, et des entreprises miniatures quand on les compare aux rivales américaines.Ainsi, selon Bitkom, les centres de données européens, un élément clé de la révolution de l’IA, avaient une capacité de 16 gigawatts l’an dernier, contre 48 aux Etats-Unis et 38 à la Chine.Autre exemple, certains récents investissements annoncés en Allemagne ne font qu’illustrer la dépendance vis-à-vis des Américains: un des projets est entre les mains de Google, l’autre repose sur les puces du géant Nvidia.Pour un responsable français, il ne s’agit donc pas tant d’une “confrontation” avec les Etats-Unis ou la Chine que de savoir “comment protéger nos coeurs de souveraineté et quelles sont les règles qui doivent être mises en place”.

Trump et Maduro prêts à parler alors que les tensions montent au Venezuela

Donald Trump a déclaré lundi qu’il parlerait “à un moment donné” au président vénézuélien Nicolas Maduro, qui s’est dit prêt à échanger “en tête-à-tête” avec son homologue, au moment où le déploiement militaire américain au large du Venezuela fait monter les tensions.”A un moment donné, je vais lui parler”, a déclaré à des journalistes le …

Trump et Maduro prêts à parler alors que les tensions montent au Venezuela Read More »