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Négociations nocturnes à la COP30 avant le retour de Lula à Belem

Le Brésil veut que sa COP, la première en Amazonie, soit un succès, et ses diplomates font désormais travailler les négociateurs nuit et jour dans l’espoir – jugé optimiste – d’un premier consensus dès mercredi en présence du président Lula.Il est rare que les chefs d’Etat, après avoir ouvert les COP, reviennent dans la dernière ligne droite de la conférence. François Hollande en 2015 pour l’accord de Paris et Boris Johnson en 2021 à Glasgow étaient revenus ajouter de la pression sur les délégués dans les derniers jours. La COP30 est censée se terminer vendredi soir après deux semaines.Mais Luiz Inacio Lula da Silva a investi un capital politique important pour la réussite de cette 30e conférence de l’ONU sur le changement climatique, avec un objectif: “infliger une nouvelle défaite aux négationnistes” du climat, et démontrer en Amazonie que le monde n’a pas abandonné la coopération climatique, malgré les turbulences géopolitiques et économiques.Il rencontrera les groupes de négociation mercredi, a confirmé le diplomate brésilien qui préside la conférence, André Correa do Lago.Les pays, aussi désireux soit-ils de lui offrir un succès, n’en ont cependant pas abandonné leurs lignes rouges. Les portes ne claquent pas encore, mais les ministres restent loin du consensus.Une tentative assez avancée de compromis par la présidence brésilienne de la COP30 a été publiée à la surprise générale dès mardi matin. Elle ne tranche pas entre des options extrêmes sur les engagements financiers des pays développés, les “mesures commerciales unilatérales” et la sortie des énergies fossiles.Un front de dizaines de pays européens, latino-américains et insulaires réclament une décision qui engagerait les pays à réellement mettre en place la sortie progressive des énergies fossiles adoptée sur le principe à Dubaï en 2023. Il s’oppose aux pays producteurs de pétrole, largement silencieux à Belem.Une nouvelle version du texte est attendue mercredi et le diplomate brésilien qui préside la conférence, André Correa do Lago, a prévenu dans un sourire qu’en cas de séance plénière mercredi, “cela pourrait finir tard”.- L’UE se fait entendre -“Comme toujours à ce stade des négociations, c’est mitigé”, a déclaré à l’AFP le commissaire européen au Climat, Wopke Hoekstra.”Ce n’est pas particulièrement équilibré mais c’est une première ébauche”, a dit à des journalistes l’émissaire pour le climat du Royaume-Uni, Rachel Kyte. “Les Brésiliens ont un calendrier très ambitieux. Je pense que ça met beaucoup de pression aux délégués mais il y a une alchimie propre à chaque COP”, a-t-elle ajouté.Wopke Hoekstra a prévenu qu’il n’était pas question de “rouvrir les compromis atteints difficilement l’an dernier en termes de financement” des pays riches en direction des pays en développement, et a aussi dénoncé tout entraînement “dans une conversation artificielle sur les mesures commerciales”.M. Hoekstra réagissait à l’inclusion d’options, dans le projet de texte, faisant allusion aux mesures commerciales unilatérales, ce qui vise implicitement la taxe carbone aux frontières que l’UE va mettre en place en janvier et qui est critiquée comme protectionniste par la Chine et d’autres pays exportateurs.- “Mutirão” -Le texte brésilien est baptisé “Mutirão mondiale”, en référence à un mot autochtone désignant une communauté qui se rassemble pour travailler ensemble sur une tâche commune.Selon les règles de la convention de l’ONU sur le climat, le consensus entre les 194 pays membres de l’accord de Paris, et l’Union européenne, est nécessaire pour l’adoption de toute décision.Le texte suggère aussi de tripler les financements des pays riches vers les plus pauvres pour leur adaptation au changement climatique, d’ici 2030 ou 2035, ce qui correspond à une demande des pays du Sud – un objectif totalement irréaliste, répondent les Européens en privé.Sans décision financière sur l’adaptation “tout ce dont on discute ici n’est que symbolique”, juge Lina Yassin, chercheuse et déléguée du Soudan. “On repartira à la maison et demain rien n’aura changé.”L’habileté brésilienne permettra-t-elle de dégager un point d’équilibre entre les demandes de la Chine, de l’Inde, des Occidentaux, des pays africains…?”Nous devons montrer au monde que le multilatéralisme est vivant”, a déclaré Josephine Moote, représentante de l’archipel de Kiribati dans le Pacifique.

Pintes et cacahuètes: en Arabie saoudite, un bar fait le plein, mais sans alcool

Dans un établissement branché de Ryad, des pintes et des cacahuètes sont servies devant des écrans diffusant un match, une scène comme dans n’importe quel bar du monde. Sauf qu’en Arabie saoudite, aucun risque de gueule de bois: la bière est sans alcool.Situé sur l’une des avenues les plus animées de la capitale saoudienne, ce bar est le premier et jusque-là le seul du genre dans la rigoriste monarchie du Golfe. Il ne désemplit pas depuis qu’il a commencé à servir de la bière à la pression en avril.Sous une façade arborant une immense pinte dorée, une cliente soulève son voile intégral pour boire une gorgée de bière, une scène inédite en Arabie saoudite.”L’idée, c’est de proposer au client une expérience originale, qu’il peut partager sur les réseaux sociaux”, affirme à l’AFP son gérant, Abdallah Islam. Dans un pays dont près de 70% des ressortissants ont moins de 30 ans, la jeunesse hyper-connectée se laisse volontiers séduire par les tendances virales sur les réseaux sociaux.A l’image de Sheikha, 18 ans, venue avec une amie après avoir vu des vidéos qui ont circulé massivement sur TikTok, même si, dit-elle, “le mot +bière+ à lui seul fait peur”.Au départ un peu “stressée”, “j’ai dépassé ma peur, et franchement c’est rafraîchissant”, raconte la jeune femme qui n’a pas souhaité donner son nom de famille à l’AFP.Quelques tables plus loin, de jeunes clients en thobe blanc, la tenue traditionnelle saoudienne, se filment sirotant leur boisson. – “Respect des valeurs locales” -L’établissement, baptisé A12, vend de la bière à la pression, une Warsteiner allemande à 0,0% d’alcool, servie dans de larges chopes.Parmi eux, un client à qui l’on vient de servir une chope mousseuse préfère s’assurer par deux fois qu’il n’y a pas “d’alcool là-dedans”. Dans la salle, des jeunes picorent les cacahuètes servies avec les pintes en regardant un match de football à la télévision. “Les gens sont curieux, ils veulent vivre quelque chose de différent, mais dans le respect des valeurs locales”, avance M. Islam.En Arabie saoudite, le secteur des loisirs est en plein développement, et la jeunesse avide de nouvelles expériences. Mais les interdits demeurent, dont celui pesant depuis le début des années 1950 sur la consommation d’alcool, considérée comme illicite par l’islam.”Dans notre pays, il n’y a pas de boissons alcoolisées (pour le grand public, NDLR), et on ne souhaite pas qu’il y en ait”, abonde Ahmed Mohammed, 18 ans, en reposant sa chope vide.La plupart des 35 millions d’habitants du royaume sont officiellement au régime sec, la consommation ou possession d’alcool étant passible d’amendes, de peines de prison et d’expulsion du territoire pour les étrangers.- “Marché opaque” -En tant que “gardien des deux saintes mosquées (de Médine et de la Mecque), le royaume doit aborder avec prudence toute éventuelle légalisation de l’alcool, celle-ci contredisant son image de leader crédible du monde islamique”, décrypte pour l’AFP Sebastian Sons, du groupe de réflexion allemand CARPO.L’alcool, estime-t-il “ne joue pas un rôle significatif” dans la stratégie développée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, 40 ans, pour diversifier l’économie saoudienne et faire du pays un centre d’affaires, de tourisme et de divertissement.  D’autant que, selon M. Sons, “la majorité des touristes non occidentaux manifestent peu d’intérêt” pour sa consommation.  Le royaume a toutefois ouvert, en janvier 2024, son premier magasin de boissons alcoolisées, réservé aux diplomates non musulmans.  Pour tous les autres, la prohibition devrait être maintenue, y compris pendant le Mondial-2034, selon une interview accordée plus tôt cette année par l’ambassadeur saoudien au Royaume-Uni à un média britannique.L’ouverture de la boutique réservée “visait à mieux encadrer et centraliser la consommation d’alcool. Officieusement, de nombreux diplomates bénéficiaient auparavant d’un accès non contrôlé à l’alcool, ce qui avait créé un marché opaque et réservé à une élite”, explique M. Sons.Si certains résidents fabriquent leur propre vin, d’autres se tournent vers le marché noir, où le prix d’une bouteille de whisky peut atteindre plusieurs centaines de dollars.

Au Kenya, des milliers de déplacés par la montée des eaux du célèbre lac Naivasha

Généralement occupés par les touristes, des bateaux du célèbre lac Naivasha, dans le centre du Kenya, voguent cette fois entre des maisons englouties, remplis de mobilier sauvé des inondations qui ont ces dernières semaines déplacé des milliers d’habitants de ses rives.Pourtant au fait des humeurs de cette vaste étendue d’eau située dans la vallée du Rift et dont le niveau augmente depuis plus d’une décennie, les habitants restés dans le modeste quartier Kihoto, aux trois quarts submergé ces dernières semaines, sont abasourdis.”Ca n’avait jamais été à ce point”, raconte à l’AFP Rose Alero, une habitante, évoquant l’eau montant d’abord lentement avant d’accélérer, précipitant des enfants hors des écoles, certains sur des radeaux de fortune, d’autres bravant l’eau à pied. “Tant de gens ont été touchés (…) Les gens souffrent” et “beaucoup sont malades”, soupire cette grand-mère de 51 ans. Chez elle, l’eau arrive au-dessus de la taille et partout dans le quartier, les toilettes débordent. “Ce n’est pas vraiment un endroit où rester, c’est juste que les gens n’ont pas le choix.”Assis sur son lit à moitié immergé, bottes en caoutchouc aux pieds, Stanley Ng’ang’a raconte lui aussi “la vie difficile”, au milieu des eaux usées “pas bonnes pour la santé”.D’autres ont tout perdu. En témoignent des centaines de maisons du quartier entièrement immergées, des églises en ruines, des écoles et un poste de police sous l’eau, entourés d’herbes flottantes.- “Rythme alarmant” -Joyce Cheche, cheffe de gestion des risques de catastrophes du comté de Nakuru, estime que 7.000 personnes vivant autour du lac ont été déplacées par la montée des eaux qui a également impacté la faune sauvage et menace de nombreuses activités touristiques et économiques.Le comté a aidé au transports de nombreuses victimes et mis en place des mesures sanitaires, assure-t-elle. Mais personne n’a encore reçu de compensation financière.De nombreux salariés des entreprises d’horticulture de la zone ont toutefois refusé de partir, s’inquiète la fonctionnaire, évoquant le risque d’épidémie de choléra et d’effondrements. Mais aussi de rencontres dangereuses avec des hippopotames, très nombreux dans le lac.”En une semaine, la situation s’est dégradée à un rythme alarmant, nous ne l’avons pas vu venir”, admet Joyce Cheche. Lors de ces crues, le lac a “gagné un kilomètre, peut-être 1,5km” à l’intérieur des terres, note Joyce Cheche, un phénomène selon elle inédit.”Chaque jour, l’eau progresse d’environ un mètre” sur les rives, s’effraie Peter Mwaura, un entrepreneur de 45 ans de Kihoto, tout en soulignant que l’eau est un “défi majeur” depuis deux décennies.Sur les bords du lac, les troncs nus d’acacias autrefois verdoyants baignent dans une eau qui ne cesse de s’étendre, année après année, sur le rivage.Ce phénomène est observé dans les autres lacs de la vallée du Rift et a déplacé des centaines de milliers de personnes. De nombreuses études l’expliquent principalement par l’augmentation des précipitations dues au changement climatique.- Tectonique -Mais pour d’autres, dont le géologue kényan John Lagat, gestionnaire régional à la Société de développement géothermique publique, “la cause principale est la tectonique”, la chaîne de ces lacs s’étendant le long d’une longue faille géologique.A l’arrivée des colons anglais à la fin du XIXe siècle, le lac était encore plus large qu’aujourd’hui, note-t-il auprès de l’AFP, avant de régresser en raison de mouvements des plaques tectoniques. En 1921, le lac ne faisait qu’un kilomètre de diamètre, indique-t-il également.Aujourd’hui, la majeure partie de la zone, au lieu d’avoir des écoulements souterrains, est scellée en profondeur et par conséquent, “il y a plus d’eau retenue que d’eau s’écoulant des lacs”, poursuit-il.L’augmentation des précipitations et la dégradation des terres qui s’est accélérée avec l’augmentation de la population, jouent également un rôle “substantiel”, concède-t-il.Joyce Cheche avance elle aussi le changement climatique et la dégradation des terres parmi d’autres facteurs et pronostique que le lac Naivasha “ne régressera pas”.”Nous sommes très inquiets”, souffle Rose Alero qui craint déjà les pluies à venir. “Nous ne pouvons pas prévoir ce qui se passera”. 

Viol sur mineurs: une proposition de loi au Sénat pour abolir la prescription

Mettre fin à la prescription qui empêche les victimes de viol sur mineurs d’accéder à la justice: une proposition de loi est déposée mercredi au Sénat pour franchir ce pas et élargir la définition de l’inceste aux cousins germains.Proposé à la veille de la journée internationale des droits de l’enfant, ce texte reprend trois des 82 préconisations formulées en novembre 2023 par la Commission sur les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), créée par le président Emmanuel Macron pour lutter contre la pédocriminalité.Quelque 160.000 enfants sont victimes de viols ou d’agressions sexuelles chaque année, selon la Ciivise.Portée par la sénatrice centriste Annick Billon, la proposition entend “reconnaître l’inceste comme un crime spécifique”. “Un viol incestueux ne peut plus être appréhendé de la même manière qu’un autre crime de viol”, plaide-t-elle.”L’inceste est spécifique car il se déroule dans un cadre familial censé être protecteur. Il est plus facile de dénoncer un inconnu que son père”, explique-t-elle à l’AFP. “En raison du lien de confiance et d’autorité, l’enfant, isolé, manipulé, trahi, souvent réduit au silence, ne parle pas, pris dans un conflit de loyauté”.Le texte prévoit aussi d’élargir aux “cousins germains” la définition du viol et agression sexuelle incestueux. Selon l’association Face à l’Inceste, un auteur d’agression sexuelle et viol sur mineur sur cinq est un cousin de la victime. La proposition la plus controversée est de rendre imprescriptibles les viols sur mineurs, qui divise juristes et associations de victimes.Depuis 2018, une victime de viol survenu dans l’enfance peut déposer plainte jusqu’à 48 ans. Mais abolir totalement la prescription divise, alors qu’en droit pénal français, seul le crime contre l’humanité est imprescriptible.Les violences sexuelles subies dans l’enfance entraînent des conséquences psychologiques profondes et durables, qui empêchent souvent les victimes de porter plainte, souligne la sénatrice.- “La loi ferme la porte” -“Le poids du tabou, les pressions de l’entourage, le conflit de loyauté face au parent qui l’a élevée et la peur de détruire la famille poussent la victime à se taire”, abonde Solène Podevin Favre, de Face à l’Inceste.”Il faut être suffisamment armé dans la vie pour aller déposer plainte et se retrouver seul car c’est tout le système familial qui a couvert le crime”, poursuit la présidente de l’association qui a coopéré avec la sénatrice pour cette proposition de loi.En outre, 50% des victimes d’inceste souffrent d’amnésie dissociative, selon l’association: pour survivre, le cerveau enterre des souvenirs insupportables, qui ressurgissent parfois des décennies plus tard.”Le temps qu’un enfant mette des mots sur la violence qu’il a subie et qu’il ait le courage de déposer plainte, la loi lui ferme la porte”, observe Solène Podevin. “C’est vécu comme une injustice alors que les conséquences de l’inceste sont durables: plus d’une victime sur deux tente de mettre fin à ses jours au cours de sa vie”.”Il est important de dire aux agresseurs potentiels qu’il ne seront jamais tranquilles, que ce crime ne sera jamais impuni”, souligne l’avocat Pascal Cussigh, président de CDP-Enfance, consulté pour l’élaboration du texte.La Ciivise en novembre 2023 l’avait “prudemment” préconisée tout en soulignant que ses membres n’étaient pas “unanimes”. Ses membres actuels restent profondément divisés sur le sujet.Les opposants à l’imprescriptibilité jugent eux que le temps rend les preuves plus dures à obtenir, les témoignages moins fiables, risquant d’aboutir à des classements sans suite ou acquittement. Les enquêteurs déjà débordés devront faire face à un afflux d’affaires. Or, note Mme Billon, moins de 1% des plaintes pour viol ou agression sexuelle incestueux aboutissent à une condamnation. La sénatrice espère voir ce texte inscrit à l’ordre du jour du Sénat ou ses dispositions intégrées dans la loi-cadre contre les violences sexuelles, promise par la ministre chargé de l’égalité Femmes Hommes Aurore Bergé.

Sous pression, l’UE allège ses règles sur l’IA et les données

L’UE doit annoncer mercredi une série de mesures visant à réduire le fardeau réglementaire dans le domaine de l’intelligence artificielle et des données, au nom de l’urgence à redresser la compétitivité de l’Europe et combler son retard technologique.Accusée de céder à des pressions des lobbies du secteur des deux côtés de l’Atlantique, et du gouvernement américain, la Commission s’est défendue ces dernières semaines de vouloir affaiblir la réglementation européenne.Elle a assuré à plusieurs reprises préparer uniquement une loi de simplification prévoyant des “ajustements” ciblés, nécessaires aux entreprises pour se mettre en conformité à ces nouvelles règles, et réduire le fardeau bureaucratique et les coûts qui en résultent.Et y voit la déclinaison au secteur technologique de son offensive lancée l’an dernier, qui vise à redynamiser l’économie européenne et à combler le retard en matière d’IA.Parmi les mesures phare qui pourraient être dévoilées mercredi, selon une version provisoire du projet consultée par l’AFP, la Commission pourrait accorder un délai d’un an aux entreprises qui développent des systèmes d’IA considérés comme à “haut risque” pour se conformer à la loi européenne sur l’intelligence artificielle (AI Act).Entré en vigueur en 2024, avec une application progressive au cours des prochaines années, ce texte européen était censé protéger des dérives de l’intelligence artificielle sans brider l’innovation.Il classifie les modèles selon leur niveau de risque, avec des contraintes proportionnelles au danger.Mais cette législation a suscité une pluie de critiques d’entreprises européennes et américaines qui y voient un frein à leur développement.- “Complexité excessive et incohérences” -Le groupe américain OpenAI avait appelé Bruxelles à mettre fin à l’enchevêtrement des règles européennes (AI Act, DMA, DSA, GDPR…) et nationales, y voyant une chance pour l’Europe de “relancer sa compétitivité, protéger ses citoyens et renouer avec la prospérité et le progrès”.”Il y a un vaste consensus parmi les dirigeants d’entreprises selon lequel la simplification de la réglementation serait le levier le plus puissant pour développer l’investissement et l’innovation en Europe”, a défendu de son côté DigitalEurope, le lobby européen du secteur technologique.Autre point qui suscite l’inquiétude des défenseurs de la protection des données personnelles, la Commission pourrait autoriser l’utilisation de données privées pour le développement des modèles d’IA.Une possibilité très critiquée par les ONG, qui y voient une grave entorse au règlement européen sur la protection des données (GDPR).Parmi les dispositions qui auraient le plus de conséquences visibles pour les internautes, la Commission pourrait chercher à réduire la multiplication des bannières d’autorisation des cookies, ces outils de mesure et de pistage publicitaires.Ces bannières incessantes sont devenues une plaie au quotidien pour de nombreux utilisateurs, même si elles visaient au départ à leur donner un meilleur contrôle sur la collecte et d’exploitation de leurs données. Ces mesures, si elles sont confirmées, risquent de faire l’objet de débats agités au Parlement européen.”L’Europe souffre de la complexité excessive et des incohérences entre les règles qui sont déjà en place. Les silos et les doublons réglementaires, et l’application inégale des obligations créent des incertitudes pour les entreprises, et fragmentent le marché unique”, plaide l’eurodéputée bulgare Eva Maydell (PPE, droite), parmi les partisans de ces assouplissements.Au contraire, les eurodéputés sociaux-démocrates ont demandé à la Commission “de ne pas déréglementer et affaiblir le cadre juridique numérique soigneusement construit par l’UE”.”Au lieu des ajustements ciblés annoncés, la Commission propose de modifier des éléments fondamentaux tels que la définition des données à caractère personnel et les droits des personnes concernées par le GDPR”, s’alarme quant à elle NOYB, l’association du militant autrichien pour la protection des données Max Schrems.Elle craint également que l’UE accepte de “donner aux entreprises d’IA un chèque en blanc pour aspirer les données personnelles des Européens”.

La Macédoine du Nord se prépare au procès de l’incendie tragique d’une discothèque

Des dizaines de familles sont attendues mercredi à Skopje pour l’ouverture du procès de 35 personnes accusées d’avoir joué, de près ou de loin, un rôle dans l’incendie d’une discothèque en Macédoine du Nord en mars, qui a coûté la vie à 63 personnes.Le feu avait pris dans la nuit du 15 au 16 mars lors d’un concert de hip hop au Pulse, une petite discothèque de Kocani, à une centaine de km de Skopje. L’établissement était bondé – environ 650 personnes – et l’enquête a révélé plusieurs violations des normes de sécurité sur fond de corruption : presque toutes les réglementations relatives à l’exploitation d’une boîte de nuit ont été enfreintes, selon l’accusation qui pointe un nombre insuffisant d’extincteurs et de sorties de secours, ainsi que des licences falsifiées.Sur le banc des prévenus seront entre autres assis le propriétaire de la boîte de nuit, trois anciens maires de Kocani, d’ancien ministres, des maires et des hauts fonctionnaires, qui devront répondre de “crimes graves contre la sécurité publique”.Depuis bientôt 8 mois, les familles des victimes manifestent chaque semaine pour demander justice. Samedi, à Skopje, ils étaient plusieurs milliers à les soutenir. Tenant dans leurs mains des photos des victimes, ils ont marché jusqu’au tribunal, scandant “Justice pour Kocani” et “Tout le monde pourrait être le prochain”. Ils étaient rassemblés derrière une immense banderole sur laquelle les visages des 63 victimes – en grande majorités des jeunes de 16 à 26 ans – étaient représentés, surmontés d’une phrase : “63 ombres vous suivront, chaque regard cherche la justice”.Certains ont pris la parole pour demander un procès sans pressions. “Nous voulons que chaque fait soit exposé, que chaque responsabilité soit étudiée et tant pis si c’est déplaisant”, a déclaré Rozeta Djamova, sœur d’une des victimes. “Nous voulons que la vérité soit faite. Savoir où il y a eu négligence, qui n’a pas réagi, quelles institutions étaient en retard, qui aurait dû empêcher cela, mais ne l’a pas fait”, a ajouté Natalija Gjorgjieska, la femme d’un des chanteurs qui se produisait ce soir-là, mort dans l’incendie.- “Long et complexe” -Le procès, auquel assisteront les parties civiles, les accusés, leurs avocats, les médias et plusieurs ONG, s’annonce comme l’un des plus importants de l’histoire du pays, et se tiendra dans une salle conçue pour les grands procès, située dans la plus grande prison du pays, à une quinzaine de kilomètres de Skopje.Lors d’un briefing pour les médias la semaine dernière, la présidente de la Cour criminelle, Daniela Dimovska et le procureur général Ljupco Kocevski ainsi que le président de l’association des avocats, Ljubomir Mihajlovski, ont tous plaidé pour une procédure rapide et efficace, espérant éviter les reports.Cela alors que les limites du système judiciaire de Macédoine du Nord ont été soulignées dans le dernier rapport de l’UE sur le pays, qui note que son efficacité “est affectée par la durée accrue des procédures et un important arriéré de dossiers. La durée des procédures a augmenté pour presque toutes les catégories d’affaires”.Et compte tenu de la complexité de l’affaire, familles et experts craignent que le dossier ne traîne pendant de nombreuses années.”Vu le nombre d’accusés, de parties civiles, de témoins, le nombre de documents contenus dans l’acte d’accusation, le procès du Pulse sera long et complexe, c’est certain”, explique Darko Avramovski, de Blue Print Group, une coalition d’ONG spécialisées dans la Justice.”La rapidité des procédures dépendra de la capacité du tribunal à éviter les retards d’audience, mais aussi de la solidité juridique de l’acte d’accusation, et de l’individualisation claire des responsabilités de chaque personne”, ajoute-t-il. “Le processus doit être mené de manière professionnelle, sans populisme et avec un respect strict des normes juridiques. Ce que le public attend à juste titre, ce n’est pas seulement la rapidité, mais aussi une procédure de qualité qui résistera à l’épreuve des preuves et de l’argumentation juridique.”

Budget de la Sécu: inflexible sur les retraites, le Sénat lance son marathon budgétaire

Le Sénat entame mercredi son marathon budgétaire par l’examen du budget de la Sécurité sociale, une occasion pour la droite de marteler son opposition inflexible à la suspension de la réforme des retraites, au risque d’anéantir toute chance de compromis final au Parlement.Après plusieurs semaines de débats parfois chaotiques à l’Assemblée nationale, les projecteurs se braquent désormais sur le Palais du Luxembourg.Les sénateurs se saisissent vers 16h30 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Ils siègeront sans interruption pendant sept jours sur ce texte, avant un vote solennel prévu mercredi 26 novembre. Puis ils s’empareront du budget de l’Etat, actuellement débattu à l’Assemblée.A la différence de cette dernière, la chambre haute dispose d’une très nette majorité acquise à une alliance entre la droite et les centristes.Cette configuration permet donc d’envisager sereinement un vote favorable, à condition d’arriver au bout des quelque 1.300 amendements soumis à l’hémicycle… Mais quelle sera la copie retenue par le Sénat ? Très irritée par le choix du gouvernement de se tourner vers le Parti socialiste en vue de négocier sa survie, la majorité sénatoriale n’entend pas rentrer si facilement dans le “compromis” souhaité par le Premier ministre Sébastien Lecornu.”Le gouvernement veut acheter à n’importe quel prix le fait de durer un peu plus”, s’est agacé mardi le patron des Républicains Bruno Retailleau, redevenu sénateur.- “Courage” -Droite et centristes n’auront donc aucun scrupule à refuser en bloc la concession majeure offerte par le gouvernement aux socialistes: la “suspension” jusqu’à janvier 2028 de la réforme des retraites portant l’âge légal de départ à 64 ans. Soutenue de longue date par le Sénat, elle sera donc rétablie en séance publique, sauf immense surprise.”On n’est pas là pour maintenir coûte que coûte un gouvernement”, martèle le patron du groupe LR, Mathieu Darnaud. “On sait très bien que la suspension de cette réforme, ce sont des coûts supplémentaires”, ajoute-t-il.La réforme des retraites n’est pas le seul objet de désaccord entre députés et sénateurs, ces derniers ayant promis de supprimer des dizaines de mesures votées à l’Assemblée.”La copie de l’Assemblée n’est pas acceptable”, assume la centriste Elisabeth Doineau, rapporteure générale du budget de la Sécu. “Rien n’est agréable à porter, mais il faut aussi avoir le courage de revenir à un niveau de déficit qui rentre dans l’épure”.La sénatrice espère ramener le déficit de la Sécu à environ 17,5 milliards d’euros en 2026 – soit l’objectif initial du gouvernement – contre plus de 24 milliards selon la copie des députés.Pour ce faire, les sénateurs entendent réintroduire le principe de “l’année blanche”, c’est-à-dire le gel des pensions de retraites et des prestations sociales, à l’exception de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et les retraites inférieures à 1.400 euros.Ils s’opposent aussi à la hausse de la CSG sur le capital, autre victoire des députés socialistes.- “Le retour des horreurs” -“C’est le retour des horreurs”, se désespère le président des sénateurs socialistes Patrick Kanner, promettant des “débats aussi durs qu’en 2023 sur la réforme des retraites”. Dans cette chambre où La France insoumise n’a aucun parlementaire, la gauche – socialiste, écologiste et communiste – a promis “d’entrer en résistance” en commun et de “faire bloc” pour “défendre des acquis”, malgré ses divergences stratégiques sur le budget.Interrogée ce week-end par Le Parisien, la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin a elle appelé les sénateurs à “œuvrer au compromis” sur les retraites.Mais la chambre haute et son président Gérard Larcher n’entendent pas, à ce stade, céder sur cette ligne rouge… Au risque de doucher les espoirs d’un compromis bâti entre les deux chambres du Parlement ?Au Sénat comme à l’Assemblée, l’immense majorité des parlementaires envisagent déjà l’échec de la commission mixte paritaire (CMP), réunion censée accorder les versions des deux chambres fin novembre. Cela obligerait les députés à entamer au pas de course une “nouvelle lecture” de ce PLFSS. Avec un risque chaque jour plus grand de voir le texte mis en place par voie d’ordonnances, si les délais constitutionnels – fixés au 12 décembre à minuit – sont dépassés… 

Procès Bolsonaro: lourdes peines pour les accusés d’un projet d’assassinat de Lula

La Cour suprême du Brésil a condamné mardi à plus de vingt ans de prison trois militaires et un policier reconnus coupables d’avoir planifié en 2022 l’assassinat du président Lula dans le cadre d’une tentative de coup d’Etat en faveur de son prédécesseur Jair Bolsonaro.Ce verdict a été rendu lors d’une nouvelle étape du procès …

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Patagonie chilienne: cinq touristes, dont trois Européens, meurent dans une tempête

Cinq touristes – deux Mexicains et trois Européens – sont morts dans la réserve naturelle de Torres del Paine, en Patagonie chilienne, après avoir été surpris par une tempête, ont annoncé les autorités mardi.”Nous devons annoncer le décès de cinq personnes”, deux Mexicains, deux Allemands et une Britannique, a déclaré à la presse José Antonio …

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Nigeria: l’enlèvement de 25 lycéennes suscite l’émotion jusqu’aux Etats-Unis

Les forces armées nigérianes étaient toujours mardi soir à la recherche de la vingtaine de lycéennes kidnappées dans le nord-ouest du pays, leur enlèvement suscitant des réactions aux Etats-Unis où une campagne affirmant que les chrétiens sont persécutés au Nigeria agite les cercles conservateurs, jusqu’au président Donald Trump.Des hommes armés ont enlevé 25 lycéennes de …

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