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Le Louvre dans la tourmente resté fermé lundi en raison d’une grève
Le musée du Louvre est resté fermé lundi en raison d’une “grève reconductible” de ses agents, une nouvelle épreuve pour une institution dans la tourmente depuis le spectaculaire cambriolage du 19 octobre et la mise à nu de ses dysfonctionnements.A 9H00 lundi, les portes du musée sont restées closes devant une file de visiteurs, puis la direction du musée a annoncé une fermeture de l’établissement pour “toute la journée”.”Je suis vraiment déçu, le Louvre était la raison principale de notre venue à Paris, parce que nous voulions voir Mona Lisa”, le célèbre tableau de La Joconde de Léonard de Vinci, a déclaré à l’AFP Minsoo Kim, 37, Coréen, en lune de miel.Un peu plus tôt, les personnels du musée le plus visité au monde, réunis en assemblée générale, avaient voté “à l’unanimité” une grève reconductible pour dénoncer les conditions de travail et d’accueil du public.Plusieurs dizaines d’agents ont ensuite déployé devant la pyramide une banderole indiquant “Le Louvre en lutte pour des conditions de travail décentes, hausse des salaires, + d’effectifs contre la vétusté du palais et le projet LNR”, le Louvre Nouvelle Renaissance, projet de rénovation à grande échelle annoncé par le président Emmanuel Macron. Les organisations syndicales ont ensuite été reçues au ministère de la Culture avec la Direction générale des patrimoines et de l’architecture (DGPA), notamment, selon des sources concordantes.”Nous avons eu quelques avancées en matière de rémunération, mais cela reste insuffisant et nous attendons une proposition écrite du ministère – certainement mardi – pour nous prononcer”, a déclaré à l’AFP Alexis Fritche, secrétaire général de la CFDT-Culture, à l’issue de deux heures de réunion.Selon lui, “pas d’avancée” non plus sur les emplois: “On nous annonce 28 postes pour la surveillance, mais ils proviennent de redéploiements”.A l’issue de l’assemblée générale, le délégué CGT Christian Galani avait rappelé que la filière accueil et surveillance avait “perdu 200 équivalents temps plein en l’espace de 15 ans, alors que la fréquentation a augmenté de moitié”.Une prochaine AG est prévue mercredi à 9H00, le mardi étant le jour de fermeture hebdomadaire du Louvre.- Conflit social et réorganisation -“On est en colère”, “nous ne sommes pas d’accord avec la manière dont Le Louvre a été géré”, a dit devant la presse Elise Muller, agente de surveillance Sud Culture.Valérie Baud, représentante CFDT, s’était félicitée d’un mouvement “interprofessionnel”, regroupant métiers de la “conservation, agents d’accueil et de surveillance, professions support, juristes, graphistes”.En parallèle de ce conflit social, le musée doit faire face à une réorganisation à marche forcée et continuer de répondre aux interrogations sur les failles qui ont permis à un commando de s’emparer de huit joyaux de la Couronne, toujours introuvables. Fragilisée, la présidente du Louvre, Laurence des Cars, devra travailler en tandem avec Philippe Jost, le haut fonctionnaire chargé du chantier de reconstruction de Notre-Dame, à qui Rachida Dati a confié vendredi la mission de “réorganiser en profondeur le musée”.- Audition de la présidente mercredi -“Des mesures indispensables sont à prendre, bien au-delà de la sûreté et de la sécurité”, a déclaré la ministre de la Culture.”Toute réflexion sur l’avenir du Louvre ne saurait se limiter à une approche technico-organisationnelle”, avait réagi la CFDT.Le ministère de la Culture a précisé que la mission de M. Jost serait menée en janvier et février et que ses recommandations étaient attendues “fin février”.Des sénateurs vont par ailleurs poursuivre leur quête de réponses sur les dysfonctionnements du musée, après avoir pris connaissance de l’enquête administrative lancée après le cambriolage. Mardi, la commission culture du Sénat doit entendre pour la première fois l’ancien président du Louvre Jean-Luc Martinez, destinataire pendant son double mandat (2013-2021) de deux audits alarmants peu suivis d’effets.Mercredi, la même commission entendra de nouveau Laurence des Cars, à la tête du musée depuis fin 2021, pour comprendre notamment comment ces deux audits n’ont été découverts par l’actuelle direction qu’après le casse du 19 octobre.jt-mdv-adp-kp/vg/tes
Kiev évoque de “réels progrès” après les discussions avec les Américains sur la fin de la guerre
“De vrais progrès” : c’est ainsi que l’Ukraine a caractérisé lundi deux jours consécutifs de pourparlers avec les Etats-Unis, mais le flou demeure sur le contenu, en particulier l’épineuse question des concessions territoriales voulues par Moscou.Dimanche et lundi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son négociateur Roustem Oumerov se sont entretenus à Berlin avec les …
Espagne: Sánchez maintient le cap face aux scandales
Confronté à la double multiplication de scandales sexuels et d’affaires de corruption au sein du Parti socialiste au pouvoir, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a choisi de ne rien faire, rejetant lundi à la fois des élections anticipées et un remaniement gouvernemental d’ampleur.Ces diverses affaires ont accaparé la totalité de la dernière conférence de …
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“Je ne suis pas un empoisonneur”, clame une dernière fois Frédéric Péchier
“Je ne suis pas un empoisonneur”, a une dernière fois clamé lundi Frédéric Péchier, anesthésiste de Besançon qui encourt la réclusion à perpétuité, avant que la cour d’assises du Doubs ne se retire pour délibérer au terme de trois mois et demi d’un procès éprouvant.”Ca fait huit ans que je me bats contre le fait qu’on me présente comme un empoisonneur”, mais “non, je ne suis pas un empoisonneur”, a déclaré le médecin de 53 ans.Accusé d’avoir empoisonné 30 patients dont 12 sont morts, entre 2008 et 2017, le quinquagénaire assure avoir “toujours respecté” le serment d’Hippocrate.La cour devra en décider.Après 15 semaines d’audience, elle se retire “dans un lieu tenu secret” pour délibérer, a déclaré la présidente Delphine Thibierge en clôture des débats. Le verdict est attendu d’ici à vendredi.Quant à Frédéric Péchier, qui a comparu libre depuis le 8 septembre, il a quitté le palais de justice escorté par les forces de l’ordre. Il devra “rester à la disposition de la justice” et ne pourra pas quitter le logement qu’il occupe à Besançon, a précisé la magistrate.La semaine dernière, au terme d’un réquisitoire intense, les deux avocates générales ont requis la réclusion à perpétuité, assortie d’une période de sûreté maximale de 22 ans, à l’encontre de ce “tueur en série” aux crimes “hautement pervers”.- “Fabriquer un coupable” -Mais pour condamner le médecin, “il faut des preuves”, a martelé son avocat, Randall Schwerdorffer. Or, dans ce dossier, “c’est le néant de la preuve”, selon lui.”Je vous demande d’acquitter purement et simplement Frédéric Péchier”, a-t-il conclu à l’issue de près de cinq heures de plaidoirie.Me Schwerdorffer a établi un parallèle entre Frédéric Péchier et Patrick Dils, qui a passé 15 ans en détention pour les meurtres de deux enfants commis en 1986 près de Metz, avant d’être acquitté en appel.Dans les deux cas, “il fallait que ça aille vite” pour trouver un coupable, a-t-il retracé. Dès le début de l’enquête en mars 2017, les enquêteurs ont été “convaincus de la culpabilité de Frédéric Péchier” et se sont efforcés de la “démontrer”.”Jamais on ne cherchera ailleurs”, a-t-il fustigé. “On a fabriqué un coupable” et “toute la communauté médicale” s’est liguée contre lui. Dès lors, son sort était “scellé”, selon lui.Une comparaison “particulièrement malhonnête et déplacée”, a jugé Frédéric Berna, avocat de nombreuses parties civiles.”On ne peut pas comparer Patrick Dils, qui avait 16 ans à l’époque, qui était assez peu lettré, qui était un garçon très fragile, et qui de surcroît a avoué, avec le Dr Péchier, qui est un homme supérieurement intelligent, qui a 45 ans à l’époque et qui n’a jamais rien avoué”.Pour Me Schwerdorffer, “rien d’hallucinant dans la vie” de son client “ne permet de dire qu’il est dingue”, alors que pour “tuer à répétition de cette façon là, il faut une telle rage, une telle violence”.- “Coïncidences” -Mais “quoi qu’il dise, quoi qu’il fasse, il sera toujours critiqué”, regrette le pénaliste, et “comme Patrick Dils était devenu +le tueur d’enfants, le monstre+, Frédéric Péchier est devenu +l’empoisonneur, le monstre+”.Certes, “il y a bien un empoisonneur à la clinique Saint-Vincent” mais ce n’est pas Frédéric Péchier, a soutenu la défense, appelant les six jurés populaires et les trois magistrats professionnels à l'”impartialité”.Dans ce dossier, “on a fait avec des coïncidences une règle de preuve, mais ce ne sont que des coïncidences”, a estimé Me Schwerdorffer après l’audience.”On a expliqué aux jurés que les coïncidences n’existaient pas et que le hasard n’existait pas”, mais “allez expliquer ça à monsieur Dils – qui s’est trouvé par hasard près du lieu du crime de Francis Heaulme – que le hasard n’existe pas”, a-t-il ajouté.Selon les avocates générales, Frédéric Péchier a pollué des poches de perfusion utilisées pendant les interventions pour déclencher des arrêts cardiaques incompréhensibles pour les soignants.L’ancien anesthésiste, “l’un des plus grands criminels de l’histoire judiciaire française” selon l’accusation, cherchait ainsi à nuire aux collègues avec qui il était en conflit et “nourrir sa soif de puissance”.
Le budget adopté au Sénat, place aux tractations lors d’une semaine décisive
Le projet de budget de l’Etat 2026 a été adopté lundi par le Sénat, donnant le coup d’envoi d’une semaine d’intenses tractations pour le Premier ministre Sébastien Lecornu, toujours convaincu de pouvoir aboutir à un compromis au Parlement avant le 31 décembre malgré de grandes incertitudes.Après une vingtaine de jours et de nuits de débats, les sénateurs ont voté par 187 voix contre 109 un projet de loi de finances (PLF) pour 2026 nettement remanié par la majorité sénatoriale, une alliance entre la droite et les centristes. L’Assemblée nationale n’ayant pas pu s’accorder sur ce texte, la copie des sénateurs sera la base des discussions en commission mixte paritaire (CMP), qui doit réunir vendredi sept députés et sept sénateurs chargés de trouver un accord sur ce si sensible budget. S’ils n’y parviennent pas, il faudra probablement poursuivre les débats budgétaires en janvier, et voter d’ici là une loi spéciale pour permettre la continuité de l’Etat.La semaine est donc décisive pour le chef du gouvernement, qui a promis une nouvelle méthode au début de l’automne pour faire adopter les budgets sans recourir au 49.3, malgré son absence de majorité à l’Assemblée nationale, et s’en tient pour l’instant à cette ligne.Le pari est presque réussi sur le budget de la Sécurité sociale, adopté à l’Assemblée nationale la semaine passée à une courte majorité. Un ultime vote des députés est prévu mardi après-midi sur ce texte qui accorde de nombreuses concessions à la gauche.- Déficit à 5,3% -Mais l’attention du gouvernement est focalisée sur le PLF et la CMP à venir, à l’issue très incertaine. Ce conciliabule réuni à l’Assemblée aura du travail pour atteindre l’objectif du gouvernement de ramener le déficit public sous les 5% du PIB en 2026: dans l’état actuel des discussions, la copie est à 5,3%, contre 5,4% en 2025, a annoncé le gouvernement devant les sénateurs.Ce chiffrage tire notamment les conséquences du compromis trouvé sur le budget de la Sécurité sociale, qui ponctionne plusieurs milliards d’euros au budget de l’Etat. Mais également des votes du Sénat, qui s’est opposé à de nombreux prélèvements nouveaux comme la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, qui devait rapporter quatre milliards d’euros.”Il faut qu’on trouve une manière de se sortir de cette ornière (…) Je suis persuadé qu’on peut le faire, mais on va avoir besoin des efforts de tout le monde”, a lancé le ministre de l’Economie Roland Lescure, jugeant “inacceptable” un déficit final à 5,3% et appelant le Sénat à “faire des concessions”.La droite se dit prête au compromis, mais pas à n’importe quel prix. “Nous ne pourrons pas apporter nos voix à une CMP qui viendrait augmenter la pression fiscale”, a lancé la sénatrice Les Républicains Christine Lavarde, fustigeant une copie gouvernementale initiale “ni responsable ni digne de confiance”.La position ferme de LR et de son patron Bruno Retailleau, voix prépondérante au Sénat, se heurte actuellement aux demandes des socialistes, en quête d’une concession sur la taxation des entreprises ou des hauts patrimoines. “La droite sénatoriale a +karchérisé+ les apports de l’Assemblée nationale. Ce n’est pas avec cela qu’on réussira à aboutir à un accord”, s’est désolé le président des sénateurs socialistes, Patrick Kanner.- Equation insoluble -En CMP, l’ancien socle commun sera majoritaire, ce qui pourrait présager, en théorie, d’un accord possible. Mais cela ne servira à rien si le texte de compromis n’est pas ensuite adopté la semaine prochaine au Palais Bourbon.Equation quasiment insoluble, alors que les socialistes promettent au mieux de s’abstenir et que les écologistes devraient voter contre, selon leur cheffe Marine Tondelier.”Il faut que cette séquence budgétaire s’arrête. Si le compromis est possible, alors il faut qu’il ait lieu maintenant”, veut croire auprès de l’AFP un négociateur du PS, plutôt optimiste.De nombreux responsables plaident pour le retour du 49.3, comme l’ancienne Première ministre, Elisabeth Borne, et le président du Sénat, Gérard Larcher. Mais cela ne permettrait pas au Premier ministre de faire l’économie d’un accord avec le PS. “Si le gouvernement l’utilise sans compromis préalable, il s’expose à une censure immédiate”, a prévenu le patron des socialistes, Olivier Faure.La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a quoi qu’il en soit de nouveau écarté cette piste dimanche.





