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Plan pour l’Ukraine: Rubio à Genève pour des pourparlers

Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio est arrivé dimanche à Genève où des responsables ukrainiens, américains et européens se retrouvent pour discuter du plan de Donald Trump pour l’Ukraine, qui fait craindre à Kiev une capitulation forcée mais ne constitue pas, selon Washington, une offre finale.Le responsable américain est arrivé dans la ville suisse vers 08H30 GMT, ont constaté des journalistes de l’AFP.L’administration américaine présente désormais comme “un cadre pour des négociations” ce plan en 28 points, qui vise à mettre fin au conflit provoqué par près de quatre ans d’invasion russe.Salué par le président russe Vladimir Poutine, le texte reprend plusieurs exigences clés de Moscou: que l’Ukraine lui cède des territoires, accepte de réduire la taille de son armée et renonce à intégrer l’Otan. Il offre cependant des garanties de sécurité occidentales à Kiev pour prévenir toute nouvelle attaque russe.Le plan a provoqué un branle-bas de combat chez des alliés européens de l’Ukraine, qui ont multiplié les contacts et réclamé de nouvelles négociations les impliquant, ainsi que Kiev, malgré l’impatience affichée initialement par le président des Etats-Unis.Donald Trump avait donné jusqu’au 27 novembre à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky pour répondre. Mais samedi, le milliardaire républicain a répondu “non” à la question de savoir si son plan constituait sa “dernière offre” pour régler le conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.- “Liste de souhaits russes” -Ce texte “présente un cadre solide de négociations. Il se fonde sur des éléments fournis par la partie russe mais également sur des apports de l’Ukraine”, a complété son chef de la diplomatie Marco Rubio sur X.Il a ainsi démenti avoir déclaré à des sénateurs américains, comme l’affirmaient plusieurs élus, que le plan ne constituait pas la position américaine mais “une liste de souhaits russes”.L’émissaire spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, est également attendu dimanche avec Genève. La délégation ukrainienne sera menée par le bras droit de M. Zelensky, le chef de la présidence Andriï Iermak. Des responsables français, allemand, britanniques, italiens et canadiens sont également attendus. Mais le format et le lieu des discussions reste incertain.Réunis au sommet du G20 à Johannesburg, 11 pays principalement européens ont estimé samedi dans une déclaration que le plan américain “requerra du travail supplémentaire”, craignant qu’il ne laisse l’Ukraine “vulnérable à de futures attaques”.Le président français Emmanuel Macron a annoncé une réunion mardi en visioconférence des pays soutenant l’Ukraine. Selon lui, sans “éléments de dissuasion, les Russes reviendront”.”Il n’y a pas de scénario dans lequel la dignité, la liberté de l’Ukraine sont négociables”, a déclaré dimanche sur France Info la ministre française déléguée aux armées, Alice Rufo, attendue dans la journée à Genève. “Il ne peut pas vraiment y avoir de paix durable sans les Européens”, a-t-elle ajouté.- garanties de sécurité -Vladimir Poutine a assuré que le texte américain “pouvait servir de base à un règlement pacifique définitif” du conflit, se disant prêt à une “discussion approfondie de tous les détails”.Ces propositions américaines sont présentées à un moment où la présidence ukrainienne est déstabilisée par un vaste scandale de corruption impliquant des proches de M. Zelensky, où l’armée est en recul sur le front et où la population est soumise à des coupures de courant d’ampleur en raison des frappes russes.Sous pression, le dirigeant ukrainien a assuré vendredi qu’il allait proposer des “alternatives” à ses interlocuteurs américains, estimant que son pays traversait “l’un des moments les plus difficiles de (son) histoire” et évoquant un “choix très difficile”: “la perte de dignité ou le risque de perdre un partenaire clé”, les États-Unis. Mais l’émissaire américain sur l’Ukraine, Keith Kellogg, a qualifié samedi soir ces propos de “posture” à destination de l’opinion ukrainienne, tout en reprenant la qualification de “cadre” pour le plan.Il y a des éléments qui doivent être “expliqués un peu plus en détail, mais nous y sommes presque”, a-t-il déclaré sur Fox News, se disant convaincu qu’il devenait pour Kiev “difficile de dire non vu les garanties de sécurité” prévues par le texte.Le plan prévoit des garanties de sécurité équivalentes de l’Otan, dont le traité contient une clause de défense collective en cas d’attaque.Mais, selon le texte, les deux régions du bassin minier et industriel du Donbass, Donetsk et Lougansk (est), ainsi que la Crimée annexée en 2014, seraient “reconnues de facto comme russes, y compris par les États-Unis”, et Moscou recevrait d’autres territoires ukrainiens encore aujourd’hui sous le contrôle de Kiev.La Russie verrait également son isolement à l’égard du monde occidental prendre fin avec sa réintégration au G8 et la levée progressive des sanctions, ainsi que son souhait d’éloigner à jamais Kiev de l’Alliance atlantique entériné dans la Constitution ukrainienne.Kiev devrait limiter son armée à 600.000 militaires et se contenter d’une protection par des avions de combat européens basés en Pologne, tandis que l’Otan s’engagerait à ne pas stationner de troupes en Ukraine.burs-apo/nl/chl

Plan pour l’Ukraine: Trump se dit ouvert à la négociation avant des pourparlers à Genève

Des responsables ukrainiens, américains et européens se retrouvent dimanche en Suisse pour discuter du plan de Donald Trump pour l’Ukraine, qui fait craindre à Kiev une capitulation forcée mais ne constitue pas, selon Washington, une offre finale.L’administration américaine présente désormais comme “un cadre pour des négociations” ce document en 28 points, qui vise à mettre fin au conflit provoqué par près de quatre ans d’invasion russe.Salué par le président russe Vladimir Poutine, le texte reprend plusieurs exigences clés de Moscou: que l’Ukraine lui cède des territoires, accepte de réduire la taille de son armée et renonce à intégrer l’Otan. Il offre cependant des garanties de sécurité occidentales à Kiev pour prévenir toute nouvelle attaque russe.Le plan a provoqué un branle-bas de combat chez des alliés européens de l’Ukraine, qui ont multiplié les contacts et réclamé de nouvelles négociations les impliquant, ainsi que Kiev, malgré l’impatience affichée initialement par le président des Etats-Unis.Donald Trump avait donné jusqu’au 27 novembre, jour de la fête de Thanksgiving, à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky pour répondre. Mais samedi, le milliardaire républicain a répondu “non” à la question de savoir si son plan constituait sa “dernière offre” pour régler le conflit le plus sanglant en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.- “Liste de souhaits russes” -Ce texte “présente un cadre solide de négociations. Il se fonde sur des éléments fournis par la partie russe mais également sur des apports de l’Ukraine”, a complété son chef de la diplomatie Marco Rubio sur X.Il a ainsi démenti avoir déclaré à des sénateurs américains, comme l’affirmaient plusieurs élus, que le plan ne constituait pas la position américaine mais “une liste de souhaits russes”.M. Rubio est attendu dimanche à Genève, avec l’émissaire spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, pour des discussions avec les Ukrainiens et les Européens. Ils rejoindront le secrétaire à l’Armée, Daniel Driscoll.La délégation ukrainienne sera menée par le bras droit de M. Zelensky, le chef de la présidence Andriï Iermak. Côté européen, les conseillers à la sécurité nationale des dirigeants français, allemand, britannique et italienne prendront part aux discussions à Genève.Réunis au sommet du G20 à Johannesburg, 11 pays principalement européens ont estimé samedi dans une déclaration que le plan américain “requerra du travail supplémentaire”, craignant qu’il ne laisse l’Ukraine “vulnérable à de futures attaques”.Le président français Emmanuel Macron a annoncé une réunion mardi en visioconférence des pays soutenant l’Ukraine. Selon lui, sans “éléments de dissuasion, les Russes reviendront”.- Coupures de courant -Vladimir Poutine a assuré que le texte américain “pouvait servir de base à un règlement pacifique définitif” du conflit lancé en février 2022, se disant prêt à une “discussion approfondie de tous les détails” du texte.Ces propositions américaines sont présentées à un moment où la présidence ukrainienne est déstabilisée par un vaste scandale de corruption impliquant des proches de M. Zelensky, où l’armée est en recul sur le front et où la population est soumise à des coupures de courant d’ampleur en raison des frappes russes.Sous pression, le dirigeant ukrainien a assuré vendredi qu’il allait proposer des “alternatives” à se interlocuteurs américains, estimant que son pays traversait “l’un des moments les plus difficiles de (son) histoire” et évoquant un “choix très difficile”: “la perte de dignité ou le risque de perdre un partenaire clé”, les États-Unis. Mais l’émissaire américain sur l’Ukraine, Keith Kellogg, a qualifié samedi soir ces propos de “posture” à destination de l’opinion ukrainienne, tout en reprenant la qualification de “cadre” pour le plan.”Il y a des éléments qui doivent être codifiés et expliqués un peu plus en détail, mais nous y sommes presque”, a-t-il déclaré sur Fox News, se disant convaincu qu’il devenait pour Kiev “difficile de dire non vu les garanties de sécurité” prévues par le texte.Le plan prévoit des garanties de sécurité équivalentes de l’Otan, dont le traité contient une clause de défense collective en cas d’attaque.Mais, selon le texte, les deux régions du bassin minier et industriel du Donbass, Donetsk et Lougansk (est), ainsi que la Crimée annexée en 2014, seraient “reconnues de facto comme russes, y compris par les États-Unis”, et Moscou recevrait d’autres territoires ukrainiens qui sont encore aujourd’hui sous le contrôle de Kiev.La Russie verrait également son isolement à l’égard du monde occidental prendre fin avec sa réintégration au G8 et la levée progressive des sanctions, ainsi que son souhait d’éloigner à jamais Kiev de l’Alliance atlantique entériné dans la Constitution ukrainienne.Kiev devrait limiter son armée à 600.000 militaires et se contenter d’une protection par des avions de combat européens basés en Pologne, tandis que l’Otan s’engagerait à ne pas stationner de troupes en Ukraine.burs-pop-gmo/nr

La France insoumise se met en ordre de bataille pour les municipales

La France insoumise lance officiellement dimanche sa campagne pour les municipales 2026, des élections au cours desquelles l’enjeu pour LFI ne sera pas tant de remporter des villes que d’entrer dans les conseils municipaux, pour cimenter son implantation locale.La formation de Jean-Luc Mélenchon avait enjambé les scrutins municipaux de 2020 et ne dirige donc actuellement qu’une petite poignée de villes, la plus grande étant Faches-Thumesnil, dans la banlieue de Lille (18.000 habitants).Cette fois-ci, “LFI sera présente dans à peu près 500 villes, dont 75% des communes de plus de 30.000 habitants. Soit en tête de liste, soit en soutien à une liste”, indique le coordinateur national du mouvement, Manuel Bompard.Dans les plus grandes villes, ce sont souvent les députés, qui comptent le plus de notoriété dans ce mouvement doté d’un très faible réseau d’élus locaux, qui seront candidats.Sophia Chikirou à Paris, Sébastien Delogu à Marseille, Anaïs Belouassa-Cherifi à Lyon, François Piquemal à Toulouse, Nathalie Oziol à Montpellier, Marie Mesmeur à Rennes… Au total une quinzaine de députés ont été ou sont en passe d’être investis par LFI. “Tous les sondages nous mettent à plus de 10% dans les grandes villes”, se réjouit le député Paul Vannier, responsable des élections de la formation mélenchoniste.Les Insoumis comptent en effet s’appuyer sur leurs bons scores dans les banlieues populaires et les grandes métropoles: la direction du mouvement a identifié Roubaix (Nord), La Courneuve (Seine-Saint-Denis) ou encore Evry (Essonne) comme commune où la victoire serait un objectif crédible. Evry, où se présente la députée Farida Amrani, “est même l’une des chances les plus sérieuses de gagner une préfecture pour La France insoumise”, estime Manuel Bompard.Mais LFI a choisi d’opter pour la mesure et ne veut surtout pas crier victoire trop tôt. “Le projet c’est de progresser et d’entrer dans les conseils municipaux, on part de pas grand chose. Gagner deux ou trois mairies serait déjà une très belle performance”, explique Manuel Bompard. Gagner des conseillers municipaux permettrait au mouvement, qui ne compte aucun élu au Sénat, de se positionner pour les prochaines élections sénatoriales, de 2026 et 2029, où ce sont les grands électeurs qui votent.  “Nous sommes une organisation jeune et faiblement implantée. Ce sera difficile de gagner au second tour. Si nous l’emportons dans une ville de plus de 30.000 habitants, je serais très satisfait”, complète Paul Vannier.- “Pas toujours derrière” -Peut-être est-ce le souvenir de la municipale anticipée de Villeneuve Saint-Georges (Val-de-Marne) en début d’année qui appelle les Insoumis à la prudence. Alors que le député Louis Boyard caressait de réels espoirs de victoire dans cette ville de sa circonscription, à la sociologie jeune et très populaire, il avait largement perdu au second tour avec 39% des voix, face à une droite divisée.Faute notamment d’avoir pu rallier le reste de la gauche derrière lui. Et cette fois-ci encore, dans la grande majorité des cas, les Insoumis présenteront leurs propres listes, sans s’unir avec les Ecologistes, le Parti socialiste ou le Parti communiste. Au risque d’affaiblir la gauche et d’offrir des villes à la droite, comme à Paris, dénoncent les socialistes.”Il ne faut pas qu’un socialiste soit maire de Paris”, a ainsi lancé ce week-end Sophia Chikirou, dans une flèche contre le candidat PS dans la capitale, Emmanuel Grégoire.”Je veux bien travailler aux conditions de l’union, mais les conditions de l’union, ça peut pas être toujours les Insoumis derrière”, insiste Manuel Bompard.Dans beaucoup de municipalités, les tensions à gauche laissent présager d’âpres négociations de second tour, où le score nécessaire pour se maintenir est de 10% et celui pour fusionner avec une autre liste est de 5%. “Rien ne sera possible sans nous”, prévient Paul Vannier.  

Ukrainiens, Américains et Européens vont discuter en Suisse du plan de Trump

Des responsables ukrainiens, américains et européens se retrouvent dimanche en Suisse pour discuter du plan de Donald Trump visant à mettre fin à la guerre en Ukraine, au moment où Kiev craint d’être poussé à une capitulation face à Moscou.Le président américain a fait savoir samedi que ce plan n’était pas sa dernière offre et …

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En Amazonie, le monde se contente d’une preuve de vie de la coopération climatique

Près de 200 pays réunis en Amazonie brésilienne ont adopté samedi à la COP30 un modeste consensus sur l’action climatique, sans plan de sortie des énergies fossiles, un résultat décevant pour l’Europe mais salué par d’autres dans une année bouleversée par les rivalités géopolitiques.Le Brésil espérait un symbole en Amazonie, il a réussi à montrer …

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Bande de Gaza: la Défense civile annonce 21 morts dans des frappes israéliennes

La trêve a encore été fragilisée samedi dans la bande de Gaza, où des frappes israéliennes ont fait au moins 21 morts selon la Défense civile locale, Israël affirmant riposter à une attaque du Hamas et avoir tué cinq de ses cadres. L’armée israélienne a repris depuis mercredi ses bombardements meurtriers dans le territoire palestinien, où …

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Tunisie: plus de 2.000 personnes manifestent contre “les injustices”

Au rythme de tambours, plus de 2.000 personnes, militants associatifs et politiques ou simples citoyens, ont défilé samedi à Tunis pour la défense des libertés politiques et une amélioration des conditions économiques, selon des observateurs et des journalistes de l’AFP.Réunis “contre les injustices” sous la houlette du comité de défense d’Ahmed Souab, un avocat respecté …

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En Amazonie, le monde se contente d’une preuve de vie de la coopération climatique

Près de 200 pays réunis en Amazonie brésilienne ont adopté samedi à la COP30 un modeste consensus sur l’action climatique, sans plan de sortie des énergies fossiles, un résultat décevant pour l’Europe mais salué par d’autres dans une année bouleversée par les rivalités géopolitiques.Le Brésil espérait un symbole en Amazonie, il a réussi à montrer que la coopération climatique n’était pas morte, alors que les batailles douanières et les guerres ont pris le pas politiquement sur le climat pour de nombreux gouvernements. Les Etats-Unis étaient le seul grand pays absent à Belem.”La communauté internationale avait le choix: continuer ou abandonner. Nous avons choisi la première option”, s’est félicité Luiz Inacio Lula da Silva, depuis le G20 à Johannesburg, affirmant que “le multilatéralisme a(vait) gagné”.L’ambiance à Belem est moins euphorique, où les Européens ont admis avoir préféré un compromis décevant à l’implosion du principal forum de coopération mondiale sur le climat.”Nous ne cacherons pas que nous aurions préféré avoir davantage”,  a déclaré le commissaire européen Wopke Hoekstra, visiblement épuisé par la dernière nuit de négociations. “Je sais que c’est un peu intangible, mais faire les choses ensemble a une énorme valeur”.Lula n’a pas pu aller jusqu’à convaincre les pays pétroliers du Nord et du Sud et les économies émergentes d’envoyer un message collectif ambitieux pour accélérer la sortie des énergies fossiles.Le texte adopté par consensus des 194 pays membres de l’accord de Paris et l’Union européenne ne fait qu’une référence non explicite à la sortie des énergies fossiles, en rappelant la décision de la COP28 à Dubaï.Les pays en développement ont obtenu un appel à tripler l’aide financière pour leur adaptation à un climat plus violent à l’horizon 2035, qui était la “ligne rouge” des plus pauvres d’entre eux.Pour la Chine, la COP30 est un “succès dans une situation très difficile”, a dit à l’AFP son négociateur Li Gao.L’Inde, l’Afrique du Sud, la Russie ont aussi loué les travaux de la COP30.Pékin et ses alliés des économies émergentes ont arraché une première dans les négociations climatiques: la COP institue un “dialogue” sur le commerce mondial, en lien avec le climat. Une allusion aux critiques contre les taxes carbone aux frontières, notamment européenne.- Une expérience amazonienne -Comme promis par Lula, les dizaines de milliers de délégués, observateurs, militants, lobbyistes et journalistes ont pendant deux semaines vu, entendu et ressenti l’Amazonie. Ils ont vécu dans cette grande ville bétonnée de Belem, aux portes de la plus grande forêt tropicale du monde. La chaleur accablante, moite. Le vacarme du tonnerre et les brutales averses tropicales, chaque après-midi, cognant sur les tentes climatisées installées pour la conférence.Les fuites d’eau n’ont pas été le plus grand problème logistique. Un incendie s’est déclaré jeudi, intoxiquant plusieurs personnes.- Des dollars -Plus de trois décennies après le sommet de la Terre à Rio, dix ans après l’accord de Paris sur le climat, l’humanité continue à brûler chaque année davantage de pétrole, de charbon et de gaz pour générer de l’électricité, se chauffer ou se déplacer.De Tuvalu, dont les habitants se préparent à émigrer en Australie face à la montée du Pacifique, à la Jamaïque, frappée par l’ouragan le plus puissant dans l’Atlantique depuis près d’un siècle, les pays les plus menacés sont choqués de ces records et de la réponse apathique du monde.Ils supplient les grandes économies de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre beaucoup plus vite pour contenir le réchauffement de demain. Et demandent davantage de dons et de prêts pour s’adapter aujourd’hui. Les promesses financières de samedi sont une demi-victoire pour eux.- Du pétrole -Le président brésilien octogénaire se voulait un pont entre Sud et Nord, avec une ligne centrale sur le pétrole. Il a assumé d’avoir accordé un permis d’exploration pétrolière au large de l’Amazonie juste avant la COP30.Mais il a lui-même relevé les attentes en appelant à une “feuille de route” pour la sortie des énergies fossiles. Ce qui a donné de l’élan au camp anti-fossiles.Le match de Dubaï s’est donc rejoué à Belem, mais cette fois, l’Arabie saoudite, l’Inde, la Russie et d’autres pays producteurs de pétrole n’ont eu aucune envie de céder le moindre pouce. La ministre française les a désignés nommément.L’Europe, la Colombie et des pays d’Amérique centrale et du Sud, des Etats insulaires, le Kenya espéraient un texte créant une “feuille de route” pour sortir des fossiles. En vain.- Des degrés -La “COP de la vérité” aura au moins permis d’acter que le premier objectif de l’accord de Paris, moteur de la coopération climatique, est un échec: le monde ne va pas réussir à limiter le réchauffement à 1,5°C par rapport au 19e siècle. Les onze dernières années ont été les onze plus chaudes jamais mesurées sur Terre.L’humanité doit se reprendre pour que le dépassement soit le plus court possible, ont enjoint l’ONU et le président du Giec à la COP30. Mais cela pourrait se compter en décennies.- Le peuple -Le Brésil a en revanche tenu parole: sa COP a bien été celle “des peuples”.Des dizaines de milliers de militants du climat, d’autochtones, de syndicalistes et autres sympathisants ont manifesté pacifiquement dans les rues de Belem le 15 novembre.La société civile ne l’avait pas fait depuis Glasgow en 2021. Les ONG craignaient des arrestations arbitraires s’ils manifestaient à l’extérieur des trois conférences climatiques suivantes, en Egypte, aux Emirats et en Azerbaïdjan.Comme une vitrine de la démocratie brésilienne, le président de la COP30 a interrompu ses négociations pour parlementer plusieurs heures avec des manifestants indigènes qui avaient bloqué l’entrée du site la première semaine.La photo d’André Correa do Lago portant dans ses bras un bébé autochtone a fait le tour du monde. Mais l’incendie qui a éclaté et la frustration européenne, resteront comme d’autres images de la première COP amazonienne.

Jusqu’à la fin, une COP brésilienne dans le désordre

Des sarcasmes, des huées, une suspension de séance et une fuite d’eau ont conclu samedi la conférence sur le climat de l’ONU à Belem au Brésil, à l’image des deux semaines chaotiques qui ont précédé.Le turbulent navire qu’est la COP a été piloté par l’élégant diplomate brésilien André Correa do Lago, qui a maintenu son calme à la barre malgré une intrusion de manifestants, un blocage par des autochtones et un incendie.Avec un air de soulagement, mais sans le sourire permanent qui illuminait son visage au début du sommet, il a ouvert samedi après-midi avec trois heures de retard la séance de clôture.Les délégués européens, arabes, chinois, des pays du Sud avaient négocié toute la nuit dans son bureau. Des ouvriers depuis le matin commençaient à démonter certains stands.Le diplomate pensait qu’il allait enfin pouvoir mettre un terme rapide à cette COP, avec un texte sûr de recevoir le consentement des 194 pays membres de l’accord de Paris.Une fois le texte principal adopté d’un coup de marteau, apparemment sans objection, et après quelques applaudissements, des délégués ont toutefois voulu se faire entendre.Furieuse, la représentante de la Colombie a multiplié les prises de parole pour faire admettre son rappel au règlement.De son côté, le représentant du Vatican a pris le micro pour rappeler sa définition de la différence biologique homme-femme, manifestant sa désapprobation d’un texte sur le genre et le climat en discussion à Belem. Il s’est fait huer tandis que plusieurs pays, dont l’Argentine et l’Indonésie, se sont aussi exprimés contre le texte.La règle des COP est que le consensus est nécessaire pour faire adopter toute décision. Seule une ferme objection d’un pays avant le coup de marteau peut l’empêcher.Une scène familière se joue souvent aux COP: des pays protestent – après le coup de marteau – contre la décision adoptée juste avant, et affirment que le président de séance a ignoré leur demande de prise de parole.La Colombienne Daniela Duran a ainsi objecté, trop tard, contre une autre décision que le texte principal.D’ordinaire, le président de la COP note la protestation et poursuit son ordre du jour, mais M. Correa do Lago a suspendu la séance. Un geste interprété comme une volonté de se montrer démocratique et transparent, et de reconnaître la frustration colombienne.Le pays est l’un de ceux menant la fronde contre les énergies fossiles.”Comme beaucoup d’entre vous, je n’ai pas dormi, cela n’a sans doute pas aidé, tout comme mon âge avancé”, a repris au bout d’une heure le président, né en 1959, en plaidant la bonne foi.La suspension de séance n’a pas plu à la Russie, qui a à son tour objecté… contre l’objection colombienne.”Arrêtez de vous comporter comme des enfants qui veulent tous les bonbons!” et se “remplir la panse jusqu’à être malade”, a lancé Sergueï Kononoutchenko, en espagnol pour être sûr de se faire comprendre des pays d’Amérique latine ayant soutenu la protestation colombienne. La représentante de l’Argentine lui a répondu vertement.Pour couronner le tout, les problèmes logistiques de la conférence – fuites d’eau dans le plafond, climatisation en panne, panne de toilettes – se sont rappelés au souvenir des délégués réunis en salle plénière.Une brutale averse tropicale s’est abattue sur le centre de conférences pendant la clôture – “le magnifique bruit de la pluie amazonienne”, selon André Correa do Lago – inondant une partie du sol.