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Groenland: début d’une rencontre sous haute tension à la Maison Blanche

Une délégation du Danemark et du Groenland est arrivée mercredi à la Maison Blanche pour une réunion à haute tension, après que Donald Trump a une nouvelle fois exprimé sa volonté d’acquérir le territoire arctique.La chaîne CNN a publié sur X les images du ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, et de son homologue groenlandaise Vivian Motzfeldt arrivant pour leur rencontre avec le vice-président américain JD Vance et le chef de la diplomatie Marco Rubio.Le président américain ne participe pas lui-même à la réunion mais il en a planté le décor, en écrivant sur son réseau Truth Social: les Etats-Unis “ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. Il est vital pour le Dôme d’Or que nous construisons”.C’est la première fois qu’il fait un lien entre ce gigantesque projet américain de bouclier qui doit permettre l’interception de missiles, et la possession du Groenland, un territoire autonome danois.La Première ministre danoise Mette Frederiksen avait estimé début janvier qu’une attaque américaine sur le Groenland serait “la fin de tout” et en particulier de l’Otan, dont les Etats-Unis et le Danemark sont membres.- “D’une manière ou d’une autre” -Pour tenter d’amadouer Washington, le Danemark a promis qu’il allait “renforcer sa présence militaire” au Groenland, dès mercredi, et dialoguer avec l’Otan pour accroître la présence alliée dans l’Arctique.La Suède a de son côté annoncé mercredi envoyer du personnel militaire au Groenland pour des exercices, à la demande de Copenhague.Mais le président américain juge que seul un rattachement pur et simple du territoire aux Etats-Unis garantira sa sécurité face aux appétits de la Chine et de la Russie.”On défend ce qu’on possède, on ne défend pas ce qu’on a en location”, avait-il lancé récemment.Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump évoque régulièrement la prise de contrôle de cette immense île arctique, stratégique mais peu peuplée. Il a durci le ton récemment, assurant qu’il s’en emparerait “d’une manière ou d’une autre”. Le vice-président JD Vance, qui accueille la rencontre dans ses bureaux, est sur la même ligne dure.Pendant une visite au printemps au Groenland, où il n’avait pas été invité, il avait qualifié le Danemark de “mauvais allié”, lui reprochant la faiblesse de son engagement pour la sécurité arctique.M. Løkke a dit espérer lever “certains malentendus” au cours de la rencontre, alors que le Danemark et le Groenland rejettent toute idée de rattachement de l’île aux Etats-Unis.Face à ces menaces, les Européens soutiennent Copenhague: le président français Emmanuel Macron a jugé qu’une violation de la souveraineté du Danemark entraînerait “des conséquences en cascade inédite”.La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a affirmé que les habitants du territoire autonome “peuvent compter sur nous”.- “Crise géopolitique” -Selon Penny Naas, chercheuse au German Marshall Fund of the United States (GMFUS), un centre d’études sur les relations transatlantiques, la réunion tournera court si les Américains campent sur leur exigence d’obtenir le Groenland coûte que coûte.Mais, “s’il y a une légère nuance, cela pourrait mener à une conversation différente”, estime-t-elle.”Si nous devons choisir entre les Etats-Unis et le Danemark là, maintenant, nous choisissons le Danemark”, a dit mardi le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, à l’occasion d’un déplacement à Copenhague.”Le Groenland n’appartiendra pas aux Etats-Unis. Le Groenland ne sera pas dirigé par les Etats-Unis. Le Groenland ne fera pas partie des Etats-Unis”, a-t-il martelé. Le Danemark, membre de l’Otan, rappelle avoir investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d’euros) pour renforcer sa présence militaire dans l’Arctique.Mais Donald Trump tourne volontiers ces efforts en ridicule. Il a encore affirmé mercredi qu’il “ne suffisait pas de deux traîneaux à chiens” pour défendre le territoire.

Thaïlande : 32 morts après l’effondrement d’une grue sur un train

Une grue s’est effondrée mercredi sur un train de passagers en Thaïlande, un accident spectaculaire qui a fait au moins 32 morts et des dizaines de blessés, selon le dernier bilan des autorités locales.L’énorme grue était utilisée sur le chantier d’un vaste projet ferroviaire soutenu par la Chine, géré à cet endroit par une entreprise thaïlandaise impliquée dans plusieurs accidents similaires par le passé.Sa chute a provoqué le déraillement, en contrebas, d’un train qui circulait entre Bangkok et le nord-est du pays. Au moins 32 personnes ont été tuées et plus de 60 blessées, dont sept grièvement, ont indiqué les autorités sanitaires locales, précisant que trois personnes étaient portées disparues.Il était environ 9H00 lorsque Mitr Intrpanya, un habitant de la province de Nakhon Ratchasima, à plus de 200 km de la capitale, a entendu “un gros bruit suivi de deux explosions”.”Le métal de la grue semblait avoir tranché en deux le deuxième wagon”, a témoigné cet homme de 54 ans.De visite en Thaïlande, Taew Eimertenbrink se trouvait à bord du train pour se rendre dans sa ville natale en compagnie de son mari allemand.”Je dormais. Il dormait. Une barre de métal est tombée sur lui. Il a été tué sur le coup”, a raconté cette femme de 63 ans depuis son lit d’hôpital. “Je croyais que voyager en train était le plus sûr…”- “Des corps entassés” -Lorsque Penporn Poomrateuk a entendu le bruit d’un train puis un fracas provenant du restaurant familial situé dans la campagne thaïlandaise, elle s’est précipitée pour porter secours.”J’ai couru vers le train et j’ai entendu des gens appeler à l’aide. J’ai aidé à extraire les blessés d’un wagon”, a raconté à l’AFP cette serveuse de 28 ans. “Vingt ou trente personnes”, certaines légèrement blessées et d’autres souffrant de graves blessures à la tête, a-t-elle précisé. “J’ai vu des corps entassés dans un wagon, jonché de débris métalliques, en regardant par la fenêtre. Nous avons essayé de les sortir, mais ils étaient coincés”, a-t-elle expliqué. “J’ai eu pitié d’eux”.Le sauveteur Nopporn Somjit et son équipe ont, eux, aidé à extraire une dizaine de corps du train, tandis qu’une autre équipe pénétrait dans les wagons pour en extraire les victimes. “C’est l’un des accidents les plus graves auxquels j’ai eu à intervenir en trente ans”, a-t-il dit à l’AFP.La grue faisait partie d’un chantier colossal, lancé en 2017 avec une décennie de retard, pour la mise en service du premier train à grande vitesse de Thaïlande.Ce projet de plus de cinq milliards de dollars doit permettre d’ici 2028 de relier Bangkok à Kunming, dans le sud de la Chine, via le Laos.Il est soutenu par la Chine dans le cadre de sa politique des “nouvelles routes de la soie”, destinée à améliorer ses échanges commerciaux et à renforcer son influence en Asie du Sud-Est et dans le reste du monde.Afin d’éviter que ce chemin de fer n’accroisse sa dépendance vis-à-vis de Pékin au détriment de ses bonnes relations avec les Etats-Unis, la Thaïlande a insisté pour prendre en charge la totalité du coût.- Accidents fréquents -La Chine fournit tout de même une assistance technique, mais “il semble que la section concernée soit construite par une entreprise thaïlandaise”, a commenté le ministère chinois des Affaires étrangères.Il s’agit de l’Italian-Thai Development, qui a annoncé dans un communiqué qu’elle assumerait “la responsabilité d’indemniser les familles des victimes et de couvrir les frais médicaux des blessés”.L’entreprise ferroviaire nationale thaïlandaise a indiqué avoir ordonné à Italian-Thai de suspendre les travaux jusqu’à la fin de son enquête. Le Premier ministre, Anutin Charnvirakul, a déclaré à la presse sur les lieux de l’accident qu’il s’agissait “clairement de la faute de l’entreprise”.Il avait affirmé plus tôt depuis Bangkok qu’il était “temps de modifier la loi afin de mettre sur une liste noire les sociétés de BTP responsables d’accidents à répétition”.Italian-Thai et son directeur figuraient en août parmi plus de 20 personnes et entités inculpées dans une affaire liée à l’effondrement d’un immeuble en construction à Bangkok lors d’un tremblement de terre. Environ 90 personnes avaient trouvé la mort, principalement des ouvriers.L’entreprise a été impliquée ces dernières années dans plusieurs autres accidents, dont la chute mortelle en 2017 d’une grue utilisée pour la construction du métro aérien de la capitale. Les accidents industriels, sur les chantiers et dans les transports sont relativement fréquents en Thaïlande en raison d’une application parfois laxiste des règles de sécurité.

L’année 2025, encore l’une des plus chaudes jamais mesurées… et 2026 ?

L’année 2025 a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée dans le monde, ont annoncé mercredi l’observatoire européen Copernicus et l’institut américain Berkeley Earth, pour qui 2026 devrait rester à des niveaux historiquement hauts.Le thermomètre mondial affiche depuis trois ans des niveaux jamais vus à l’échelle de l’humanité, avec une moyenne sur la période supérieure de 1,5°C au niveau préindustriel (1850-1900), note Copernicus dans son bilan annuel.”La hausse brutale enregistrée entre 2023 et 2025 a été extrême et suggère une accélération du rythme du réchauffement climatique”, estiment séparément les scientifiques de Berkeley Earth, aux Etats-Unis.De nombreux climatologues et responsables politiques, ainsi que l’ONU, se sont résignés publiquement depuis l’an dernier à ce que le climat se réchauffe durablement de 1,5°C, la limite la plus ambitieuse de l’accord de Paris signé en 2015. Avec déjà trois années à ce niveau, Copernicus estime probable que le dépassement durable soit officialisé “d’ici la fin de la présente décennie, soit plus d’une décennie plus tôt que prévu”.Cette accélération est d’autant plus préoccupante que les Etats-Unis, deuxième émetteur de gaz à effet de serre, tournent le dos sous Donald Trump à la coopération climatique mondiale et donnent la priorité politique au pétrole.- Tendance chaude pour 2026  -Dans le même temps, dans les pays riches, la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre s’essouffle. En France et en Allemagne, la réduction des émissions a encore marqué le pas en 2025 et aux Etats-Unis, un bond des centrales au charbon a fait repartir à la hausse l’empreinte carbone du pays, effaçant des années de progrès.”L’urgence de l’action climatique n’a jamais été aussi importante”, a déclaré Mauro Facchini, chef de l’unité Copernicus, lors d’une conférence de presse.Rien n’indique que l’année 2026 rompra avec cette tendance.Samantha Burgess, directrice adjointe du changement climatique à Copernicus, s'”attend à ce que 2026 soit l’une des cinq années les plus chaudes jamais enregistrées. Elle sera peut-être comparable à 2025″.Quant aux climatologues de Berkeley Earth, ils prévoient aussi que 2026 “sera probablement similaire à 2025, avec comme résultat le plus probable la quatrième année parmi les plus chaudes depuis 1850”.Si le phénomène naturel El Niño, à l’effet réchauffant, surgit, “cela pourrait faire de 2026 une année record”, dit à l’AFP Carlo Buontempo, directeur du changement climatique de l’observatoire.Mais “que ce soit 2026, 2027 ou 2028 n’a pas grande importance. La trajectoire est très, très claire”, ajoute-t-il.- Records en Asie et en Antarctique -En 2025, la température de l’air à la surface des terres et des océans a été supérieure de 1,47°C au niveau préindustriel, après 1,60°C en 2024, l’année record. Cette moyenne planétaire dissimule des records dans certaines régions, notamment en Asie centrale, en Antarctique ou au Sahel, selon les analyses effectuées par l’AFP à partir des données quotidiennes du service européen.Ainsi, 770 millions de personnes ont connu des chaleurs record chez elles, a calculé Berkeley Earth. Parallèlement, aucun record de froid n’a été observé en 2025, note l’institut américain.L’Organisation météorologique mondiale, l’agence des Nations unies chargée de la météo et du climat, a affirmé de son côté mercredi que deux des huit ensembles de données qu’elle a analysés ont montré que 2025 était la deuxième année la plus chaude, mais les autres l’ont classée en troisième position. L’OMM a estimé la moyenne du réchauffement pour la période 2023-2025 à 1,48°C, avec une marge d’incertitude de plus ou moins 0,13 °C. Malgré le phénomène climatique refroidissant La Niña, 2025 “reste l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle mondiale en raison de l’accumulation de gaz à effet de serre dans notre atmosphère”, a déclaré la secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, dans un communiqué.L’année 2025 a subi de nombreux événements climatiques extrêmes —  vagues de chaleur, cyclones et violentes tempêtes en Europe, en Asie et en Amérique du Nord, incendies ravageurs en Espagne, au Canada et en Californie — dont l’intensité ou la fréquence sont accentuées par le réchauffement climatique. La combustion toujours croissante de pétrole, de charbon et de gaz fossile est largement responsable du réchauffement. La variabilité naturelle joue aussi un rôle, le phénomène La Niña ayant été ainsi plutôt faible l’an dernier.

Colère agricole: les mobilisations se poursuivent en dehors de Paris

Les agriculteurs restent mobilisés dans plusieurs régions de France mercredi malgré une série de concessions du gouvernement, répondant notamment aux demandes de l’alliance FNSEA-Jeunes Agriculteurs dont les tracteurs ont quitté la capitale à l’aube.En dépit de l’annonce de nouvelles mesures en faveur des agriculteurs mardi par le Premier ministre Sébastien Lecornu, une dizaine de tracteurs de la Coordination rurale (CR) du Gers filtraient mercredi la circulation sur un rond-point menant à l’aéroport Toulouse-Blagnac.Un autre groupe a bloqué l’A64 en déversant des pneus et de la paille, à proximité du périphérique et dans le Var, un convoi d’une vingtaine de tracteurs tenait un barrage filtrant sur l’A50, provoquant quelques kilomètres d’embouteillage.- “Fièvre toujours là” -“La fièvre est toujours là, même si les annonces du Premier ministre étaient pour un certain nombre d’entre elles, attendues. Le sujet de fond, c’est le constat pour nombre d’agriculteurs qu’aujourd’hui, la situation économique dans leur exploitation ne leur permet pas d’envisager l’avenir”, a dit le président de la FNSEA Arnaud Rousseau mercredi matin sur RTL.Dans le nord de la France, le barrage filtrant installé dimanche soir sur l’autoroute A1 dans le sens Lille-Paris est toujours en place mais va être levé dans la soirée de mercredi pour permettre aux agriculteurs de reprendre pleinement le travail dans leurs fermes, a annoncé à l’AFP Damien Salomon, coprésident de la CR du Pas-de-Calais.A Vatry (Marne), la Coordination rurale bloque depuis 4 heures du matin un dépôt pétrolier, a indiqué à l’AFP Christophe Saint-Juvin, représentant de la CR 51, qui estime à 50 tracteurs et 150 personnes les forces en présence. “Rien ne rentre et rien ne sort” du dépôt, a-t-il assuré, estimant que les annonces gouvernementales de ces derniers jours ne comportent “rien de concret”.- “Différence de traitement” -Plus tôt dans la journée, les plus de 350 tracteurs de la FNSEA et des Jeunes Agriculteurs (JA) ont quitté la capitale, après près de 24 heures à Paris, principalement devant l’Assemblée nationale, pour réclamer davantage de soutien au secteur.”Une délégation a été reçue vers minuit par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard qui nous a donné des précisions et des engagements sur les prêts de trésorerie et de restructuration pour les agriculteurs les plus endettés”, a confié à l’AFP le vice-président de la FNSEA Luc Smessaert, avant de repartir dans l’Oise.Sébastien Lecornu a promis mardi une “loi d’urgence agricole” examiné par le Parlement “avant l’été” portant sur “plusieurs priorités: eau, prédation (les attaques de loups, NDLR), moyens de production”. Le Premier ministre a également affirmé qu’un “cap clair” sur la politique de l’eau serait “fixé d’ici le salon” de l’Agriculture qui se tiendra du 21 février au 1er mars, et demandé, avant la présentation du projet de loi, un “moratoire sur toutes les décisions relatives” à cette question et la suspension des “textes fixant les volumes d’eau prélevables (…) jusqu’à septembre”.Le chef du gouvernement a enfin évoqué des réunions pour étudier “les possibilités de dérogation” à la directive européenne sur les nitrates, qui encadre notamment les épandages d’engrais par les agriculteurs.Les annonces qui s’ajoutent à un train de mesures déjà promises pour endiguer la crise agricole, et qui répondent quasiment point par point à des demandes de la FNSEA et des JA, alliance qui domine le syndicalisme agricole.Depuis début décembre, les manifestations d’agriculteurs se multiplient et les annonces du gouvernement vendredi, après des défilés de tracteurs de la Coordination rurale puis de la Confédération paysanne dans la capitale, n’ont pas suffi à calmer la colère.La Coordination rurale a dénoncé mardi sur X “la différence de traitement du gouvernement face à nos mobilisations”, en référence aux interdictions auxquelles le deuxième syndicat a fait face en amenant ses tracteurs jeudi à Paris.La Confédération paysanne a elle critiqué le même jour dans un communiqué les demandes de la FNSEA sur l’eau qui ne “répondent pas à la colère”, puis mercredi “le plan d’aide à l’arrachage” destiné aux viticulteurs, un “mirage” selon le syndicat. 

L’année 2025, encore l’une des plus chaudes jamais mesurées… et 2026?

L’année 2025 a été la troisième année la plus chaude jamais enregistrée dans le monde, ont annoncé mercredi l’observatoire européen Copernicus et l’institut américain Berkeley Earth, pour qui 2026 devrait rester à des niveaux historiquement hauts.Le thermomètre mondial persiste depuis trois ans à des niveaux jamais vus à l’échelle de l’humanité, avec une moyenne sur la période supérieure de 1,5°C au niveau préindustriel (1850-1900), note Copernicus dans son bilan annuel.”La hausse brutale enregistrée entre 2023 et 2025 a été extrême et suggère une accélération du rythme du réchauffement climatique”, estiment séparément les scientifiques de Berkeley Earth, aux Etats-Unis.De nombreux climatologues et responsables politiques, ainsi que l’ONU, se sont résignés publiquement depuis l’an dernier à ce que le climat se réchauffe durablement de 1,5°C, la limite la plus ambitieuse de l’accord de Paris signé en 2015. Avec déjà trois années à ce niveau, Copernicus estime probable que le dépassement durable soit officialisé “d’ici la fin de la présente décennie, soit plus d’une décennie plus tôt que prévu”.Cette accélération est d’autant plus préoccupante que les Etats-Unis, deuxième émetteur de gaz à effet de serre, tournent le dos sous Donald Trump à la coopération climatique mondiale et donnent la priorité politique au pétrole.- Tendance chaude pour 2026  -Dans le même temps, dans les pays riches, la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre s’essouffle. En France et en Allemagne, la réduction des émissions a encore marqué le pas en 2025 et aux Etats-Unis, un bond des centrales au charbon a fait repartir à la hausse l’empreinte carbone du pays, effaçant des années de progrès.”L’urgence de l’action climatique n’a jamais été aussi importante”, a déclaré Mauro Facchini, chef de l’unité Copernicus, lors d’une conférence de presse.Rien n’indique que l’année 2026 rompra avec cette tendance.Samantha Burgess, directrice adjointe du changement climatique à Copernicus, s'”attend à ce que 2026 soit l’une des cinq années les plus chaudes jamais enregistrées. Elle sera peut-être comparable à 2025″.Quant aux climatologues de Berkeley Earth, ils prévoient aussi que 2026 “sera probablement similaire à 2025, avec comme résultat le plus probable la quatrième année parmi les plus chaudes depuis 1850”.Si le phénomène naturel El Niño, à l’effet réchauffant, surgit, “cela pourrait faire de 2026 une année record”, dit à l’AFP Carlo Buontempo, directeur du changement climatique de l’observatoire.Mais “que ce soit 2026, 2027 ou 2028 n’a pas grande importance. La trajectoire est très, très claire”, ajoute-t-il.- Records en Asie et en Antarctique -En 2025, la température de l’air à la surface des terres et des océans a été supérieure de 1,47°C au niveau préindustriel, après 1,60°C en 2024, l’année record. Cette moyenne planétaire dissimule des records dans certaines régions, notamment en Asie centrale, en Antarctique ou au Sahel, selon les analyses effectués par l’AFP à partir des données quotidiennes du service européen.Ainsi, 770 millions de personnes ont connu des chaleurs record chez elles, a calculé Berkeley Earth. Parallèlement, aucun record de froid n’a été observé en 2025, note l’institut américain.L’année 2025 a subi de nombreux événements climatiques extrêmes —  vagues de chaleur, cyclones et violentes tempêtes en Europe, en Asie et en Amérique du Nord, incendies ravageurs en Espagne, au Canada et en Californie — dont l’intensité ou la fréquence sont accentuées par le réchauffement climatique. La combustion toujours croissante de pétrole, de charbon et de gaz fossile est largement responsable du réchauffement. La variabilité naturelle joue aussi un rôle, le phénomène naturel de refroidissement La Niña ayant été ainsi plutôt faible l’an dernier.Mais Robert Rohde, scientifique en chef à Berkeley Earth, s’inquiète d’autres facteurs imprévus amplifiant le réchauffement, ne serait-ce que de quelques dixièmes ou centièmes de degré à l’échelle planétaire.En particulier, la réglementation internationale ayant réduit la teneur en soufre du fioul des navires depuis 2020 a eu l’effet pervers de contribuer au réchauffement en réduisant les rejets de dioxydes de soufre. Auparavant, ces “aérosols” créaient des nuages clairs renvoyant les rayons du soleil et avaient un effet refroidissant sur la Terre.

Groenland: Trump réitère ses menaces avant une rencontre sous haute tension à Washington

Donald Trump a insisté mercredi sur la nécessité pour les Etats-Unis de s’emparer du Groenland, avec le soutien de l’Otan, juste avant un entretien sous haute tension entre dirigeants danois, groenlandais et américains autour de l’avenir du territoire autonome danois.Les Etats-Unis “ont besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. Il est vital pour le Dôme d’Or (ndlr, le projet de bouclier antimissile) que nous construisons”, a dit le président américain sur son réseau Truth Social.”L’Otan devrait ouvrir la voie pour que nous l’obtenions”, a-t-il ajouté, au risque de jeter le trouble sur le fonctionnement de l’Alliance atlantique.”L’Otan devient bien plus redoutable et efficace avec le Groenland entre les mains des ÉTATS-UNIS. Tout autre scénario est inacceptable”, a conclu Donald Trump.La Première ministre danoise Mette Frederiksen avait estimé début janvier qu’une attaque américaine sur le Groenland serait “la fin de tout” et en particulier de l’Otan.Pour amadouer l’administration américaine, le Danemark a promis qu’il allait “renforcer sa présence militaire” au Groenland et dialoguer avec l’Otan pour accroître la présence alliée dans l’Arctique, a annoncé à l’AFP le ministre danois de la Défense, Troels Lund Poulsen.Depuis son retour au pouvoir, il y a près d’un an, Donald Trump évoque régulièrement la possibilité de prendre le contrôle de cette immense île arctique, stratégique mais peu peuplée. Il fait pour la première fois un lien entre le Dôme d’Or, gigantesque projet de bouclier qui doit permettre l’interception de missiles quelle que soit la provenance de leurs, et la possession du Groenland.- JD Vance hôte -A Washington, le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, et son homologue groenlandaise Vivian Motzfeldt doivent rencontrer le vice-président, JD Vance, et le secrétaire d’Etat Marco Rubio.M. Vance avait tenu des propos très durs à l’encontre de Copenhague lors d’une visite au printemps au Groenland, où il n’avait pas été invité. Qualifiant le Danemark de “mauvais allié”, il avait fustigé la faiblesse de l’engagement du pays au Groenland et sur la sécurité arctique.M. Løkke a dit espérer lever “certains malentendus” au cours de la rencontre, alors que le Danemark et le Groenland rejettent toute idée de rattachement de l’île aux Etats-Unis.Donald Trump a accru les inquiétudes danoises et groenlandaises ces derniers jours, déclarant dimanche qu’il s’emparerait “d’une manière ou d’une autre” du territoire autonome danois.Le milliardaire républicain affirme que les Etats-Unis ont besoin du Groenland pour contenir les avancées de la Russie et de la Chine en Arctique. Face à ces menaces, les Européens soutiennent le Danemark: Emmanuel Macron a jugé qu’une violation de la souveraineté du Danemark entraînerait “des conséquences en cascade inédite”. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a affirmé que les habitants du territoire autonome “peuvent compter sur nous”.- “Crise géopolitique” – Selon Penny Naas, chercheuse au German Marshall Fund of the United States (GMFUS), un centre d’études sur les relations transatlantiques, la réunion pourrait tourner court si les Américains campent sur leur exigence d’obtenir le Groenland coûte que coûte.Mais, “s’il y a une légère nuance, cela pourrait mener à une conversation différente”, estime-t-elle.”Nous sommes confrontés à une crise géopolitique et si nous devons choisir entre les Etats-Unis et le Danemark là, maintenant, nous choisissons le Danemark”, a dit mardi le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, à l’occasion d’un déplacement à Copenhague.”Le Groenland n’appartiendra pas aux Etats-Unis. Le Groenland ne sera pas dirigé par les Etats-Unis. Le Groenland ne fera pas partie des Etats-Unis”, a-t-il martelé.Aux côtés de M. Nielsen à Copenhague, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a estimé qu’il n’avait pas été facile de résister à ce qu’elle a qualifié de “pression totalement inacceptable de la part de notre plus proche allié”.Le Danemark, membre de l’Otan, rejette les accusations américaines selon lesquelles il ne protégerait pas suffisamment le Groenland face à la Russie et à la Chine.Copenhague rappelle avoir notamment investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d’euros) pour renforcer sa présence militaire dans l’Arctique.Peu après la rencontre à la Maison Blanche, une délégation du Congrès américain – composée principalement de démocrates, mais aussi d’un républicain – doit se rendre à Copenhague pour exprimer sa solidarité avec le Danemark.”Les menaces continues du président Trump envers le Groenland sont inutiles et ne font qu’affaiblir notre alliance au sein de l’Otan”, a déclaré le sénateur démocrate Dick Durbin, l’un des membres de cette délégation.