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L’ONU dénonce l’apathie internationale face à un nouveau record de morts d’humanitaires

Un nombre record de 383 travailleurs humanitaires ont été tués en 2024, a annoncé mardi l’ONU, qualifiant ces chiffres et l’impunité qui les accompagne d'”expression honteuse” de l’apathie internationale.Ce chiffre représente une hausse de 31% par rapport à celui de 2023 – qui constituait déjà un triste record -, expliquent les Nations Unies à l’occasion de la Journée mondiale de l’Aide humanitaire. Il est “alimenté par les conflits incessants à Gaza, où 181 travailleurs humanitaires ont été tués, et au Soudan où 60 ont perdu la vie”.Selon l’ONU, la plupart de ces meurtres en 2024 ont été perpétrés par des acteurs étatiques et la plupart des tués sont des employés locaux, attaqués soit en service, soit chez eux.Quelqueq 308 travailleurs humanitaires ont aussi été blessés, 125 kidnappés et 45 détenus l’an dernier.”Même une seule attaque contre un collègue humanitaire est une attaque contre nous tous et contre ceux que nous servons”, a déclaré le secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires Tom Fletcher. “Des attaques de cette ampleur, avec zéro sanction, sont l’expression honteuse de l’inaction et de l’apathie internationales”.”En tant que communauté humanitaire, nous demandons – à nouveau – que ceux ayant du pouvoir et de l’influence agissent pour l’humanité, protègent les civils et les travailleurs humanitaires et traduisent en justice les auteurs” des violences contre eux, a-t-il ajouté.Des chiffres provisoires de la base de donnée Aid Worker Security montrent qu’au 14 août, 265 travailleurs humanitaires ont déjà été tués depuis le début de l’année 2025.L’ONU rappellent que les attaques contre des travailleurs ou des opérations humanitaires constituent des violations du droit international humanitaire et sabotent les planches de salut dont dépendent des millions de personnes piégées dans des zones de guerre ou de catastrophes.”Les violences contre les travailleurs humanitaires ne sont pas inévitable. Elles doivent cesser”, a martelé M. Fletcher, également Coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU.Parallèlement, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé avoir enregistré plus de 800 attaques visant des services de soins dans 16 territoires, lesquelles ont été tués plus de 1.100 professionnels médicaux et patients.”Chaque attaque inflige des préjudices durables, prive des communautés entières de soins vitaux quand ils en ont le plus besoin, met en danger ceux qui fournissent ces soins et affaiblit des systèmes de santé déjà à bout”, souligne l’OMS.Chaque 19 août, la Journée mondiale de l’Aide humanitaire marque le jour anniversaire de l’attentat jihadiste en 2003 contre le quartier général de l’ONU à Bagdad, qui a coûté la vie à 22 employées des Nations Unies, dont son représentant spécial en Irak Sergio Vieira de Mello, et en avait blessé quelque 150 autres.

A Hong Kong, des nids artificiels pour sauver des cacatoès de l’extinction

Au-dessus des rues grouillantes du quartier de Causeway Bay à Hong Kong, sur la cime des arbres, la lutte est engagée pour sauver le cacatoès soufré, l’une des espèces les plus menacées au monde.Originaires du Timor oriental et d’Indonésie et initialement importés comme animaux domestiques, ces oiseaux au plumage blanc et à la huppe jaune …

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A Hong Kong, des nids artificiels pour sauver des cacatoès de l’extinction

Au-dessus des rues grouillantes du quartier de Causeway Bay à Hong Kong, sur la cime des arbres, la lutte est engagée pour sauver le cacatoès soufré, l’une des espèces les plus menacées au monde.Originaires du Timor oriental et d’Indonésie et initialement importés comme animaux domestiques, ces oiseaux au plumage blanc et à la huppe jaune ont fait souche dans les parcs de la mégalopole chinoise, après s’être échappés de captivité.Leur population – environ 150 individus – y représente aujourd’hui un dixième de la population mondiale de cette sous-espèce rare, soit “l’une des plus grandes populations sauvages cohérentes restantes”, note Astrid Andersson, post-doctorante à l’Université de Hong Kong et spécialiste de ces oiseaux.Mais leur nombre menace de décliner, avec bien moins de jeunes oiseaux qu’il y a une dizaine d’années.En cause: la disparition de leur habitat, 80% des cavités naturelles des arbres qui permettent à ces psittacidés (la famille des perroquets) de nicher ayant disparu en quelques années en raison des dégâts causés par les typhons et les élagages, selon la chercheuse.Pour leur permettre de continuer à se reproduire, Mme Andersson a lancé un projet consistant à installer une cinquantaine de nids artificiels dans les arbres.L’installation comprend une caméra pour observer leur comportement reproductif, qui n’a jamais été étudié de manière exhaustive.- Légende urbaine -Une légende urbaine raconte que la population locale de cacatoès soufrés provient d’une volière libérée par le gouverneur britannique de Hong Kong avant de se rendre aux Japonais en 1941.Mais il n’existe aucune preuve pour étayer cette histoire et leur population n’est véritablement attestée que depuis les années 1970.Les cacatoès soufrés font aujourd’hui partie du paysage de la ville, où leurs cris perçants résonnent régulièrement.Les parcs de Hong Kong – remplis d’arbres produisant des fruits, des noix, ou autres aliments dont les oiseaux sont friands – sont devenus un “sanctuaire” pour eux, estime Mme Andersson. Mais il investissent également volontiers les espaces artificiels. Perchés sur les réverbères ou les rambardes d’immeubles, ils observent la circulation bourdonnante de la ville. Mais beaucoup de Hongkongais ignorent qu’il côtoient une espèce menacée. “Nous pensions vraiment que c’était une perruche ordinaire”, confie à l’AFP un habitant, Erfan. Les cacatoès soufrés, en réalité bien plus grands que des perruches, sont souvent confondus avec les cacatoès à huppe jaune, très répandus en Australie, mais les deux espèces sont génétiquement distinctes, et celle à huppe jaune n’est pas en danger.Au marché aux oiseaux de Hong Kong, un journaliste de l’AFP a pu voir des cacatoès à huppe jaune ouvertement exposés. Mais les arrières-boutiques proposent également des soufrés, bien que l’espèce soit protégée.- Marché noir -Leur prix pour un oiseau d’un an atteint les 56.000 dollars hongkongais (6.150 euros), tandis qu’un poussin de deux mois s’échange pour 14.000 dollars hongkongais.La vente d’animaux élevés en captivité est autorisée, mais les éleveurs doivent détenir des licences valides conformément à la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES), et il n’existe pas de tels éleveurs enregistrés à Hong Kong.”Je pense que nous avons besoin d’une répression”, estime Pong Sharon Kwok, fondatrice d’une association locale de sauvetage de perroquets, évoquant un “marché noir”.Mme Andersson a mis au point un test qui permet de déterminer, d’après son régime alimentaire, l’origine sauvage ou non d’un cacatoès, afin de lutter contre les ventes illégales.Dans leurs régions d’origine, le braconnage, la perte d’abris naturels ainsi que le changement climatique ont également contribué à diminuer le nombre de cacatoès soufrés.D’où le rôle crucial de Hong Kong, où “il est possible que la population locale ait des lignées génétiques qui ont maintenant disparu en Indonésie”, selon Mme Andersson. La mégalopole peut ainsi faire office de “réservoir génétique” à l’espèce, ajoute-t-elle.

A Hong Kong, des nids artificiels pour sauver des cacatoès de l’extinction

Au-dessus des rues grouillantes du quartier de Causeway Bay à Hong Kong, sur la cime des arbres, la lutte est engagée pour sauver le cacatoès soufré, l’une des espèces les plus menacées au monde.Originaires du Timor oriental et d’Indonésie et initialement importés comme animaux domestiques, ces oiseaux au plumage blanc et à la huppe jaune ont fait souche dans les parcs de la mégalopole chinoise, après s’être échappés de captivité.Leur population – environ 150 individus – y représente aujourd’hui un dixième de la population mondiale de cette sous-espèce rare, soit “l’une des plus grandes populations sauvages cohérentes restantes”, note Astrid Andersson, post-doctorante à l’Université de Hong Kong et spécialiste de ces oiseaux.Mais leur nombre menace de décliner, avec bien moins de jeunes oiseaux qu’il y a une dizaine d’années.En cause: la disparition de leur habitat, 80% des cavités naturelles des arbres qui permettent à ces psittacidés (la famille des perroquets) de nicher ayant disparu en quelques années en raison des dégâts causés par les typhons et les élagages, selon la chercheuse.Pour leur permettre de continuer à se reproduire, Mme Andersson a lancé un projet consistant à installer une cinquantaine de nids artificiels dans les arbres.L’installation comprend une caméra pour observer leur comportement reproductif, qui n’a jamais été étudié de manière exhaustive.- Légende urbaine -Une légende urbaine raconte que la population locale de cacatoès soufrés provient d’une volière libérée par le gouverneur britannique de Hong Kong avant de se rendre aux Japonais en 1941.Mais il n’existe aucune preuve pour étayer cette histoire et leur population n’est véritablement attestée que depuis les années 1970.Les cacatoès soufrés font aujourd’hui partie du paysage de la ville, où leurs cris perçants résonnent régulièrement.Les parcs de Hong Kong – remplis d’arbres produisant des fruits, des noix, ou autres aliments dont les oiseaux sont friands – sont devenus un “sanctuaire” pour eux, estime Mme Andersson. Mais il investissent également volontiers les espaces artificiels. Perchés sur les réverbères ou les rambardes d’immeubles, ils observent la circulation bourdonnante de la ville. Mais beaucoup de Hongkongais ignorent qu’il côtoient une espèce menacée. “Nous pensions vraiment que c’était une perruche ordinaire”, confie à l’AFP un habitant, Erfan. Les cacatoès soufrés, en réalité bien plus grands que des perruches, sont souvent confondus avec les cacatoès à huppe jaune, très répandus en Australie, mais les deux espèces sont génétiquement distinctes, et celle à huppe jaune n’est pas en danger.Au marché aux oiseaux de Hong Kong, un journaliste de l’AFP a pu voir des cacatoès à huppe jaune ouvertement exposés. Mais les arrières-boutiques proposent également des soufrés, bien que l’espèce soit protégée.- Marché noir -Leur prix pour un oiseau d’un an atteint les 56.000 dollars hongkongais (6.150 euros), tandis qu’un poussin de deux mois s’échange pour 14.000 dollars hongkongais.La vente d’animaux élevés en captivité est autorisée, mais les éleveurs doivent détenir des licences valides conformément à la Convention sur le commerce international des espèces menacées d’extinction (CITES), et il n’existe pas de tels éleveurs enregistrés à Hong Kong.”Je pense que nous avons besoin d’une répression”, estime Pong Sharon Kwok, fondatrice d’une association locale de sauvetage de perroquets, évoquant un “marché noir”.Mme Andersson a mis au point un test qui permet de déterminer, d’après son régime alimentaire, l’origine sauvage ou non d’un cacatoès, afin de lutter contre les ventes illégales.Dans leurs régions d’origine, le braconnage, la perte d’abris naturels ainsi que le changement climatique ont également contribué à diminuer le nombre de cacatoès soufrés.D’où le rôle crucial de Hong Kong, où “il est possible que la population locale ait des lignées génétiques qui ont maintenant disparu en Indonésie”, selon Mme Andersson. La mégalopole peut ainsi faire office de “réservoir génétique” à l’espèce, ajoute-t-elle.

Au Canada, le chef des conservateurs en passe d’être réélu au Parlement

Le chef des conservateurs au Canada, Pierre Poilievre, pressenti pour prendre les rênes du pays avant de voir son étoile pâlir à cause du retour de Donald Trump, va être réélu député au Parlement, selon les projections des médias canadiens mardi.”De retour en selle”, a publié M. Poilievre sur X, l’accompagnant de la vidéo de son discours de victoire.Selon des résultats encore provisoires relayés par CBC et Radio Canada notamment, Pierre Poilievre, candidat à la législative partielle dans la circonscription de Battle River-Crowfoot dans l’Alberta (ouest), remporterait autour de 80% des voix.A 46 ans, il était en lice lundi pour revenir à la Chambre des communes, chambre basse du parlement canadien, après sa défaite surprise en avril dans une circonscription d’Ottawa qu’il tenait depuis 20 ans.Et le chef des conservateurs était également donné favori pour devenir Premier ministre. Mais le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a tout chamboulé, avec ses menaces d’annexer le Canada et d’imposer des droits de douane.Echaudés, les Canadiens ont jeté leur dévolu sur le libéral Mark Carney, qui avait remplacé en mars le Premier ministre démissionnaire Justin Trudeau.Depuis sa défaite aux législatives, Pierre Poilievre, dont le style a pu être comparé à celui du tribun américain, est resté très discret.Un député de l’Alberta, qui avait remporté haut la main une des circonscriptions les plus à droite du pays (Battle River-Crowfoot), lui a cédé sa place pour qu’il puisse se présenter. En redevenant député, Pierre Poilievre reprendra ainsi officiellement son rôle de leader de l’opposition.Or, plusieurs experts estimaient avant le scrutin que, même en cas de victoire, il lui serait difficile de se faire entendre dans un contexte politique canadien très influencé par l’administration Trump.”Ces dix dernières années, les politiques progressistes ont entraîné une spirale incontrôlable de crime, d’immigration, de frais de logement, d’inflation”, a tonné M. Poilievre dans son discours de victoire, avant de s’en prendre au Premier ministre: “Sous M. Carney et ses 157 jours au pouvoir, elles se sont seulement empirées”.”Pour nous ce sera +Canada first+” (le Canada d’abord), a ajouté Pierre Poilievre.   Un nombre record de 214 candidats était en lice lundi pour cette législative partielle dans l’Alberta. La majorité d’entre eux fait partie d’un groupe qui souhaite réformer le système électoral.

Sommet Poutine-Zelensky en vue après la réunion des Européens autour de Trump

Donald Trump va “commencer les préparatifs” d’une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, qui rejetait jusqu’ici une telle réunion, au terme d’une “très bonne” entrevue avec le président ukrainien et plusieurs dirigeants européens.Le président russe a convenu de cette future rencontre, qui devrait se produire dans les deux semaines à venir, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue américain, a fait savoir le chancelier allemand Friedrich Merz, l’un des responsables européens conviés à la Maison Blanche.”Nous sommes prêts à une rencontre bilatérale avec Poutine et après cela nous nous attendons à une rencontre trilatérale” avec la participation de Donald Trump, a de son côté déclaré le chef d’Etat ukrainien à la presse. Les éventuelles concessions territoriales exigées par la Russie à l’Ukraine sont “une question que nous laisserons entre moi et Poutine”, a-t-il ajouté.”L’idée a été discutée qu’il serait nécessaire d’étudier la possibilité de porter à un plus haut niveau la représentation de l’Ukraine et de la Russie”, a de son côté déclaré le conseiller diplomatique du président russe Iouri Ouchakov, cité par l’agence Tass.- “Garanties de sécurité” -Donald Trump a précisé sur son réseau Truth Social que la rencontre, en un lieu qui reste à déterminer, serait suivie d’une réunion à trois avec lui-même, visant à mettre fin à trois ans et demi de conflit, déclenché par l’invasion russe.Lundi, le président américain et ses invités ont “discuté de garanties de sécurité pour l’Ukraine, des garanties qui seraient fournies par divers pays européens, en coordination avec les Etats-Unis d’Amérique”, selon le président américain.”Les garanties de sécurité seront probablement décidées par nos partenaires et il y aura de plus en plus de détails, car tout sera couché sur papier et officialisé (…) d’ici une semaine à dix jours”, a indiqué pour sa part M. Zelensky.Moscou refuse toute garantie de sécurité passant par l’Otan et son mécanisme de défense collective, le célèbre article 5.  “Je pense que nous avons eu une très bonne conversation avec le président Trump, c’était vraiment la meilleure”, a déclaré par ailleurs le chef de l’Etat ukrainien en début d’après-midi. Il a ajouté plus tard que Kiev avait offert de se fournir en armes américaines pour 90 milliards de dollars, le Financial Times évoquant lui un budget de 100 milliards financés par les Européens.Avant une réunion élargie avec les dirigeants européens, les deux hommes avaient eu un entretien bilatéral dans le Bureau ovale, où ils ont répondu à quelques questions des journalistes sur un ton cordial, à l’extrême opposé de l’humiliation publique subie par Volodymyr Zelensky au même endroit fin février.- “Merci” -“Merci pour l’invitation et merci beaucoup pour vos efforts, vos efforts personnels pour mettre fin à la tuerie et arrêter cette guerre”, a dit le président ukrainien, qui s’était vu reprocher son ingratitude la dernière fois.Volodymyr Zelensky et les Européens ont tout fait pour mettre Donald Trump dans les meilleures dispositions, après sa rencontre peu concluante de vendredi avec Vladimir Poutine, pendant laquelle le président russe n’a fait aucune concession publique sur l’Ukraine.Le président ukrainien portait une veste de costume et une chemise noires qui lui ont valu les compliments de Donald Trump, attentif aux marques de respect protocolaire.Volodymyr Zelensky avait été critiqué par les partisans de Donald Trump en février pour sa tenue d’inspiration militaire, jugée trop décontractée.Le chancelier allemand Friedrich Merz a de son côté estimé que l’Ukraine ne devrait pas être contrainte de faire des concessions territoriales dans le cadre d’un éventuel accord de paix. “La demande russe visant à ce que Kiev renonce aux parties libres du Donbass correspond, pour parler franchement, à une proposition visant à ce que les Etats-Unis renoncent à la Floride”, a-t-il lancé.- “Un accord pour moi” -Le président français Emmanuel Macron a lui appelé à “augmenter les sanctions” contre la Russie si les futurs pourparlers échouaient, et précisé que la question sans doute la plus difficile, celle d’éventuelles concessions territoriales, n’avait pas été abordée lundi.Donald Trump a répété lundi qu’il n’était selon lui pas nécessaire d’en passer par un cessez-le-feu avant un accord de paix définitif, alors que le plus sanglant conflit en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale se poursuit, avec des attaques de drones et de missiles balistiques russes.Avant que ne commencent les discussions avec les Européens, le président américain a dit à son homologue français Emmanuel Macron lors d’un échange apparemment capté à son insu par un micro, et en parlant de Vladimir Poutine: “Je pense qu’il veut conclure un accord pour moi. Vous comprenez? Aussi dingue que ça paraisse”.Le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le Premier ministre britannique Keir Starmer, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le président finlandais Alexander Stubb, Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont fait bloc autour de Volodymyr Zelensky lundi à la Maison Blanche, dans une manifestation de solidarité diplomatique inédite.

Sommet Poutine-Zelensky en vue après la réunion des Européens autour de Trump

Donald Trump va “commencer les préparatifs” d’une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, qui rejetait jusqu’ici une telle réunion, au terme d’une “très bonne” entrevue avec le président ukrainien et plusieurs dirigeants européens.Le président russe a convenu de cette future rencontre, qui devrait se produire dans les deux semaines à venir, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue américain, a fait savoir le chancelier allemand Friedrich Merz, l’un des responsables européens conviés à la Maison Blanche.”Nous sommes prêts à une rencontre bilatérale avec Poutine et après cela nous nous attendons à une rencontre trilatérale” avec la participation de Donald Trump, a de son côté déclaré le chef d’Etat ukrainien à la presse. Les éventuelles concessions territoriales exigées par la Russie à l’Ukraine sont “une question que nous laisserons entre moi et Poutine”, a-t-il ajouté.”L’idée a été discutée qu’il serait nécessaire d’étudier la possibilité de porter à un plus haut niveau la représentation de l’Ukraine et de la Russie”, a de son côté déclaré le conseiller diplomatique du président russe Iouri Ouchakov, cité par l’agence Tass.- “Garanties de sécurité” -Donald Trump a précisé sur son réseau Truth Social que la rencontre, en un lieu qui reste à déterminer, serait suivie d’une réunion à trois avec lui-même, visant à mettre fin à trois ans et demi de conflit, déclenché par l’invasion russe.Lundi, le président américain et ses invités ont “discuté de garanties de sécurité pour l’Ukraine, des garanties qui seraient fournies par divers pays européens, en coordination avec les Etats-Unis d’Amérique”, selon le président américain.”Les garanties de sécurité seront probablement décidées par nos partenaires et il y aura de plus en plus de détails, car tout sera couché sur papier et officialisé (…) d’ici une semaine à dix jours”, a indiqué pour sa part M. Zelensky.Moscou refuse toute garantie de sécurité passant par l’Otan et son mécanisme de défense collective, le célèbre article 5.  “Je pense que nous avons eu une très bonne conversation avec le président Trump, c’était vraiment la meilleure”, a déclaré par ailleurs le chef de l’Etat ukrainien en début d’après-midi. Il a ajouté plus tard que Kiev avait offert de se fournir en armes américaines pour 90 milliards de dollars, le Financial Times évoquant lui un budget de 100 milliards financés par les Européens.Avant une réunion élargie avec les dirigeants européens, les deux hommes avaient eu un entretien bilatéral dans le Bureau ovale, où ils ont répondu à quelques questions des journalistes sur un ton cordial, à l’extrême opposé de l’humiliation publique subie par Volodymyr Zelensky au même endroit fin février.- “Merci” -“Merci pour l’invitation et merci beaucoup pour vos efforts, vos efforts personnels pour mettre fin à la tuerie et arrêter cette guerre”, a dit le président ukrainien, qui s’était vu reprocher son ingratitude la dernière fois.Volodymyr Zelensky et les Européens ont tout fait pour mettre Donald Trump dans les meilleures dispositions, après sa rencontre peu concluante de vendredi avec Vladimir Poutine, pendant laquelle le président russe n’a fait aucune concession publique sur l’Ukraine.Le président ukrainien portait une veste de costume et une chemise noires qui lui ont valu les compliments de Donald Trump, attentif aux marques de respect protocolaire.Volodymyr Zelensky avait été critiqué par les partisans de Donald Trump en février pour sa tenue d’inspiration militaire, jugée trop décontractée.Le chancelier allemand Friedrich Merz a de son côté estimé que l’Ukraine ne devrait pas être contrainte de faire des concessions territoriales dans le cadre d’un éventuel accord de paix. “La demande russe visant à ce que Kiev renonce aux parties libres du Donbass correspond, pour parler franchement, à une proposition visant à ce que les Etats-Unis renoncent à la Floride”, a-t-il lancé.- “Un accord pour moi” -Le président français Emmanuel Macron a lui appelé à “augmenter les sanctions” contre la Russie si les futurs pourparlers échouaient, et précisé que la question sans doute la plus difficile, celle d’éventuelles concessions territoriales, n’avait pas été abordée lundi.Donald Trump a répété lundi qu’il n’était selon lui pas nécessaire d’en passer par un cessez-le-feu avant un accord de paix définitif, alors que le plus sanglant conflit en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale se poursuit, avec des attaques de drones et de missiles balistiques russes.Avant que ne commencent les discussions avec les Européens, le président américain a dit à son homologue français Emmanuel Macron lors d’un échange apparemment capté à son insu par un micro, et en parlant de Vladimir Poutine: “Je pense qu’il veut conclure un accord pour moi. Vous comprenez? Aussi dingue que ça paraisse”.Le secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le Premier ministre britannique Keir Starmer, la Première ministre italienne Giorgia Meloni, le président finlandais Alexander Stubb, Friedrich Merz et Emmanuel Macron ont fait bloc autour de Volodymyr Zelensky lundi à la Maison Blanche, dans une manifestation de solidarité diplomatique inédite.

Dans le nord du Togo, une discrète poussée jihadiste depuis le Burkina

Dans le nord du Togo, confronté à des incursions de groupes islamistes présents de l’autre côté de la frontière au Burkina Faso, les violences jihadistes s’intensifient depuis le début de l’année, malgré un silence assumé des autorités pour “ne pas démoraliser” les troupes.Les communications officielles sur les attaques sont rares: en 2023, le gouvernement avait reconnu plus de 30 morts dans des attaques “terroristes”. Aucun chiffre officiel n’a été donné en 2024, mais le groupe de réflexion américain Security Council Report avance un bilan de 52 morts. Et depuis janvier 2025, au moins 62 personnes (54 civils et 8 militaires) ont été tuées dans 15 attaques jihadistes dans le nord, selon une récente déclaration de Robert Dussey, le ministre togolais des Affaires étrangères.Des pertes qui témoignent d’une recrudescence des violences jihadistes dans la partie septentrionale du pays.L'”invisibilisation médiatique” émane d’une “politique de verrouillage informationnel” du gouvernement, pointe Madi Djabakate, politologue et essayiste togolais.La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a “expressément interdit aux journalistes d’évoquer les attaques, les pertes humaines ou matérielles, pour ne pas démoraliser les troupes engagées sur le terrain”, ajoute-t-il à l’AFP.Comme son voisin le Bénin, le Togo fait face à l’intensification des violences liées à la situation sécuritaire dans l’est du Burkina Faso.La province burkinabè de la Kompienga, près de la frontière, abrite une puissante katiba du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.- Attaques sans “discontinuité” -La préfecture togolaise de Kpendjal, située juste à la frontière, dans la région des Savanes, est la plus touchée par les attaques jihadistes.”Les frontières sont poreuses. Ce sont les mêmes populations qui sont dans la Kompienga qu’on retrouve du côté du Kpendjal”, explique à l’AFP Mathias Khalfaoui, spécialiste des questions de sécurité en Afrique de l’Ouest.En 2024, le Burkina Faso est le pays qui a enregistré le plus de morts dus au “terrorisme” pour la deuxième année consécutive avec 1.532 victimes, sur un total mondial de 7.555, rapporte l’Indice mondial du terrorisme. Le Togo a connu sa première attaque meurtrière en mai 2022, et depuis le pays “connaît sans véritable discontinuité des attaques et autres événements liés à des groupes jihadistes sur son territoire”, indique Mathias Khalfaoui dans une récente étude pour la fondation Konrad Adenauer.Mais l’avancée des groupes jihadistes peut passer facilement inaperçue, car elle est “lente et méthodique”, dit la même source.”Il faut remonter à décembre 2022 pour trouver un mois qui, à notre connaissance, n’a pas d’attentats”, poursuit cette étude, ajoutant que “jusqu’en 2023, le danger était encore concentré sur les territoires directement limitrophes au Burkina Faso”, dans la préfecture de Kpendjal. Mais “depuis mai 2024”, les activités jihadistes se sont étendues plus au sud aux préfectures voisines d’Oti et d’Oti Sud.- “Absence de l’Etat” -Par ailleurs, la difficile situation sociale et économique des populations du nord dans la région des Savanes, la moins développée et la plus pauvre du Togo, contribue à la dégradation de la situation sécuritaire, relève la même source.”Les préfectures affectées, notamment Kpendjal et Kpendjal-Ouest, souffrent d’une absence structurelle de l’État. L’affectation de fonctionnaires dans ces zones est perçue comme une sanction, tant les conditions de vie sont difficiles et les services publics inexistants”, confirme Madi Djabakate, qui pointe “la réponse essentiellement militaire et répressive” du Togo.En 2023, le pays avait toutefois mis en œuvre le Programme d’Urgence des Savanes (PURS) pour tenter d’améliorer les conditions de vie des populations du nord, où l’état d’urgence est en vigueur depuis juin 2022. Environ 8.000 militaires togolais y sont déployés dans le cadre de l’opération “Koundjoaré”, lancée en 2018, a récemment annoncé Robert Dussey.Le budget de la défense a aussi augmenté, passant de 8,7% des dépenses publiques totales en 2017 à 17,5% en 2022, a-t-il ajouté.”Le Togo a réagi très vite. Mais ce sont des choses qui se bâtissent avec le temps”, dit Mathias Khalfaoui.Plusieurs observateurs estiment que seule une coopération régionale peut vaincre le jihadisme dans une Afrique de l’Ouest divisée.

Dans le nord du Togo, une discrète poussée jihadiste depuis le Burkina

Dans le nord du Togo, confronté à des incursions de groupes islamistes présents de l’autre côté de la frontière au Burkina Faso, les violences jihadistes s’intensifient depuis le début de l’année, malgré un silence assumé des autorités pour “ne pas démoraliser” les troupes.Les communications officielles sur les attaques sont rares: en 2023, le gouvernement avait reconnu plus de 30 morts dans des attaques “terroristes”. Aucun chiffre officiel n’a été donné en 2024, mais le groupe de réflexion américain Security Council Report avance un bilan de 52 morts. Et depuis janvier 2025, au moins 62 personnes (54 civils et 8 militaires) ont été tuées dans 15 attaques jihadistes dans le nord, selon une récente déclaration de Robert Dussey, le ministre togolais des Affaires étrangères.Des pertes qui témoignent d’une recrudescence des violences jihadistes dans la partie septentrionale du pays.L'”invisibilisation médiatique” émane d’une “politique de verrouillage informationnel” du gouvernement, pointe Madi Djabakate, politologue et essayiste togolais.La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) a “expressément interdit aux journalistes d’évoquer les attaques, les pertes humaines ou matérielles, pour ne pas démoraliser les troupes engagées sur le terrain”, ajoute-t-il à l’AFP.Comme son voisin le Bénin, le Togo fait face à l’intensification des violences liées à la situation sécuritaire dans l’est du Burkina Faso.La province burkinabè de la Kompienga, près de la frontière, abrite une puissante katiba du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda.- Attaques sans “discontinuité” -La préfecture togolaise de Kpendjal, située juste à la frontière, dans la région des Savanes, est la plus touchée par les attaques jihadistes.”Les frontières sont poreuses. Ce sont les mêmes populations qui sont dans la Kompienga qu’on retrouve du côté du Kpendjal”, explique à l’AFP Mathias Khalfaoui, spécialiste des questions de sécurité en Afrique de l’Ouest.En 2024, le Burkina Faso est le pays qui a enregistré le plus de morts dus au “terrorisme” pour la deuxième année consécutive avec 1.532 victimes, sur un total mondial de 7.555, rapporte l’Indice mondial du terrorisme. Le Togo a connu sa première attaque meurtrière en mai 2022, et depuis le pays “connaît sans véritable discontinuité des attaques et autres événements liés à des groupes jihadistes sur son territoire”, indique Mathias Khalfaoui dans une récente étude pour la fondation Konrad Adenauer.Mais l’avancée des groupes jihadistes peut passer facilement inaperçue, car elle est “lente et méthodique”, dit la même source.”Il faut remonter à décembre 2022 pour trouver un mois qui, à notre connaissance, n’a pas d’attentats”, poursuit cette étude, ajoutant que “jusqu’en 2023, le danger était encore concentré sur les territoires directement limitrophes au Burkina Faso”, dans la préfecture de Kpendjal. Mais “depuis mai 2024”, les activités jihadistes se sont étendues plus au sud aux préfectures voisines d’Oti et d’Oti Sud.- “Absence de l’Etat” -Par ailleurs, la difficile situation sociale et économique des populations du nord dans la région des Savanes, la moins développée et la plus pauvre du Togo, contribue à la dégradation de la situation sécuritaire, relève la même source.”Les préfectures affectées, notamment Kpendjal et Kpendjal-Ouest, souffrent d’une absence structurelle de l’État. L’affectation de fonctionnaires dans ces zones est perçue comme une sanction, tant les conditions de vie sont difficiles et les services publics inexistants”, confirme Madi Djabakate, qui pointe “la réponse essentiellement militaire et répressive” du Togo.En 2023, le pays avait toutefois mis en œuvre le Programme d’Urgence des Savanes (PURS) pour tenter d’améliorer les conditions de vie des populations du nord, où l’état d’urgence est en vigueur depuis juin 2022. Environ 8.000 militaires togolais y sont déployés dans le cadre de l’opération “Koundjoaré”, lancée en 2018, a récemment annoncé Robert Dussey.Le budget de la défense a aussi augmenté, passant de 8,7% des dépenses publiques totales en 2017 à 17,5% en 2022, a-t-il ajouté.”Le Togo a réagi très vite. Mais ce sont des choses qui se bâtissent avec le temps”, dit Mathias Khalfaoui.Plusieurs observateurs estiment que seule une coopération régionale peut vaincre le jihadisme dans une Afrique de l’Ouest divisée.