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La justice administrative autorise la reprise du chantier de l’A69

La justice administrative a tranché: le chantier de l’autoroute Toulouse-Castres, fortement contesté depuis deux ans par les écologistes, va pouvoir reprendre à partir de mi-juin, après trois mois d’arrêt.La cour administrative d’appel de Toulouse a prononcé “un sursis à l’exécution des jugements rendus le 27 février annulant les autorisations environnementales délivrées par l’Etat”.La décision “constitue un véritable soulagement”, a réagi le ministre des Transports Philippe Tabarot. “Le juge a reconnu comme sérieux l’argument en faveur de l’existence d’une raison impérative d’intérêt public majeur du projet”.”Les travaux reprendront à partir de mi-juin de manière progressive.”, a-t-il ajouté tout en appelant à rester “vigilants”, “sur la prise en compte des enjeux de protection de l’environnement”.La cour se prononçait sur un recours en urgence déposé par l’Etat, visant à redémarrer ce chantier de 53 kilomètres. Elle doit encore trancher sur le fond dans plusieurs mois.- “Très attendue” -Cette décision intervient cinq jours avant le vote à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi dite de “validation” adoptée au Sénat à une large majorité le 15 mai. “Cette reprise était très attendue par nos concitoyens, considère le député du Tarn Philippe Bonnecarrère. L’Assemblée nationale pourra ainsi débattre sereinement lundi de l’étape suivante: la proposition de loi de validation. Aucune obstruction ne peut maintenant se justifier”.Ce texte, contesté par les opposants qui le jugent contraire à la constitution, prévoit d’autoriser la poursuite du chantier, sans attendre que la cour d’appel administrative se prononce sur le fond, dans plusieurs mois.Le maire DVD de Castres Pascal Bugis a salué la décision et regretté “un gâchis sur un plan financier”, car l’arrêt des travaux “aura augmenté le coût du chantier”.”Une infrastructure de cette nature, a-t-il insisté, c’est important pour le développement du territoire. Preuve en est, depuis fin février, les hésitations de la part d’investisseurs potentiels”. A l’avenir, “il faudra que les recours soient purgés quand on démarre (un chantier), afin qu’il n’y ait plus d’aléas par la suite. Il faudra tirer des leçons”, a ajouté le maire de Castres.- Mobilisation annoncée -Julie Rover, une des avocates des opposants à l’A69, s’est dite “stupéfaite” et “surprise” par “l’absence de motivations” dans la décision de la cour administrative.Le 27 février, à la surprise générale, le tribunal administratif de Toulouse avait arrêté le chantier de cette autoroute entamé en 2023, faute de “raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM)” justifiant les atteintes à l’environnement.Le 21 mai, lors de l’audience devant la cour administrative d’appel, le rapporteur public, magistrat dont les avis sont en général suivis, s’était dit favorable à une reprise du chantier, estimant que l’importance des villes de Castres, Mazamet et Toulouse, justifiait “par nature qu’elles soient reliées par des infrastructures routières rapides”.”Il n’y a pas de projet qui +par nature+ disposerait” d’une raison impérative d’intérêt public majeur (RIIPM), avait répliqué Alice Terrasse, avocate de la Voie est libre, collectif d’opposants. Depuis le début des travaux en mars 2023, ces militants écologistes ont occupé des arbres pour éviter leur abattage, tenté d’installer des ZAD (“zones à défendre”) sur le tracé ou organisé des rassemblements de milliers de personnes, parfois émaillés d’incidents violents avec les forces de l’ordre.Ils ont appelé à une nouvelle mobilisation les 4, 5 et 6 juillet, ainsi qu’à des rassemblements devant les préfectures mercredi à 18H30 pour “laisser éclater leur colère”. Thomas Brail, figure de la contestation, perché à plusieurs reprises dans des arbres pour éviter leur abattage, s’est dit “atterré” et a annoncé qu’il entamerait une grève de la soif, dès la reprise des travaux.Ces derniers mois, les partisans de l’A69 se sont aussi fait entendre, notamment en manifestant en masse le 8 mars à Castres avec comme slogan: “A69, on finit!”. A l’instar de l’association Via81, ils voient dans l’autoroute une solution de désenclavement du bassin de population de Castres-Mazamet, qui compte environ 100.000 habitants.Or, pour les opposants, ce bassin n’est pas enclavé et, même s’il l’était, une autoroute ne serait certainement pas une garantie de désenclavement, fustigent-ils.L’A69 devait initialement être mise en service fin 2025, selon la société Atosca, en charge des travaux, une échéance qui ne pourra pas être respectée.Pour finaliser le chantier, Atosca doit maintenant rapatrier dans le Tarn un millier de salariés et de nombreux engins de chantier.

Zelensky propose un sommet trilatéral avec Trump et Poutine

Volodymyr Zelensky a proposé une rencontre trilatérale avec les présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine pour faire avancer les discussions de paix après plus de trois ans d’invasion russe de l’Ukraine, qui a lancé pendant la nuit une importante attaque de drones contre la Russie.Le président russe avait rejeté l’appel de M. Zelensky, qui l’avait sommé à se rencontrer en Turquie à la mi-mai, et le Kremlin a déclaré qu’une telle rencontre n’aurait lieu qu’après la conclusion d’un “accord”.”Nous sommes prêts au format Trump-Poutine-moi”, a de son côté lancé mardi Volodymyr Zelensky lors d’une conférence de presse sous embargo jusqu’à mercredi matin.”Si Poutine n’est pas à l’aise avec une réunion bilatérale, ou si tout le monde souhaite une réunion trilatérale, cela ne me dérange pas. Je suis prêt à tout format”, a-t-il ajouté. M. Zelensky est arrivé à Berlin mercredi pour rencontrer le nouveau chancelier Friedrich Merz, un de ses plus fervents soutiens, au moment où Washington durcit le ton face à la poursuite des bombardements russes de l’Ukraine.Les deux dirigeants doivent donner une conférence de presse vers 13H30 (11H30 GMT). Le président américain a exprimé sa frustration envers Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, qu’il juge trop lents à trouver un accord pour mettre fin aux combats.Après avoir déjà estimé dimanche que Vladimir Poutine était “devenu complètement fou”, Donald Trump s’est à nouveau agacé mardi.”Ce que Vladimir Poutine ne réalise pas c’est que sans moi, la Russie subirait beaucoup de très mauvaises choses, et je veux dire, TRES MAUVAISES. Il joue avec le feu!”, a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.- Vaste attaque de drones contre la Russie -Pire conflit armé en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, l’invasion russe de l’Ukraine a débuté en février 2022 et déjà fait au total des dizaines, voire des centaines de milliers de morts.La Russie, qui occupe environ 20% du territoire ukrainien, a subi dans la nuit de mardi à mercredi une des plus importantes attaques aériennes depuis le début de la guerre, impliquant près de 300 drones ukrainiens.Cette attaque a notamment visé Moscou et perturbé le trafic de plusieurs aéroports, sans cependant causer de dégâts majeurs. Elle est survenue après des bombardements russes sans précédent de l’Ukraine, qui ont fait au moins 13 morts pendant le week-end. Le ministère russe de la Défense a annoncé sur Telegram que sa défense anti-aérienne avait “détruit et intercepté 296 drones ukrainiens” entre 18H00 GMT mardi et 04H00 GMT mercredi.Le président ukrainien a par ailleurs exhorté Washington à imposer de nouvelles sanctions contre la Russie, qui a rejeté jusqu’à présent l’idée d’un cessez-le-feu de 30 jours proposée par les Etats-Unis et soutenue par Kiev. “Nous attendons des sanctions des Etats-Unis”, surtout contre “le secteur énergétique et le système bancaire” russes, a déclaré M. Zelensky. Selon des médias américains, Donald Trump pourrait en annoncer de nouvelles dès cette semaine.- 50.000 soldats russes -Selon le président ukrainien, Kiev n’a pas encore reçu de Moscou le “mémorandum” évoqué la semaine dernière par la Russie et censé exposer les conditions russes pour un accord de paix durable. “Nous lirons leurs propositions et nous y répondrons certainement” une fois qu’on les aura reçues, a-t-il dit.La diplomatie russe avait dit qu’elle transmettrait ce document à Kiev une fois finalisé le vaste échange de prisonniers, qui a eu lieu le week-end dernier.Volodymyr Zelensky a par ailleurs affirmé que Moscou massait plus de 50.000 soldats près de la région ukrainienne de Soumy (nord-est), en vue d’une possible offensive contre ce territoire frontalier où Moscou dit vouloir créer “une zone tampon” pour prévenir des incursions de Kiev.”Actuellement, ils massent des troupes dans la direction de Soumy. Plus de 50.000″, a-t-il déclaré. La Russie veut “repousser nos troupes de (sa) région de Koursk” située en face, de l’autre côté de la frontière, “et préparer une offensive sur celle de Soumy”, a-t-il souligné tout en assurant que les troupes ukrainiennes allaient “rester” à Koursk “au moins” jusqu’à une trêve durable.L’armée ukrainienne avait lancé en août dernier une offensive surprise dans la région russe de Koursk mais a perdu depuis la quasi-totalité du territoire qu’elle contrôlait.

Zelensky propose un sommet trilatéral avec Trump et Poutine

Volodymyr Zelensky a proposé une rencontre trilatérale avec les présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine pour faire avancer les discussions de paix après plus de trois ans d’invasion russe de l’Ukraine, qui a lancé pendant la nuit une importante attaque de drones contre la Russie.Le président russe avait rejeté l’appel de M. Zelensky, qui l’avait sommé à se rencontrer en Turquie à la mi-mai, et le Kremlin a déclaré qu’une telle rencontre n’aurait lieu qu’après la conclusion d’un “accord”.”Nous sommes prêts au format Trump-Poutine-moi”, a de son côté lancé mardi Volodymyr Zelensky lors d’une conférence de presse sous embargo jusqu’à mercredi matin.”Si Poutine n’est pas à l’aise avec une réunion bilatérale, ou si tout le monde souhaite une réunion trilatérale, cela ne me dérange pas. Je suis prêt à tout format”, a-t-il ajouté. M. Zelensky est arrivé à Berlin mercredi pour rencontrer le nouveau chancelier Friedrich Merz, un de ses plus fervents soutiens, au moment où Washington durcit le ton face à la poursuite des bombardements russes de l’Ukraine.Les deux dirigeants doivent donner une conférence de presse vers 13H30 (11H30 GMT). Le président américain a exprimé sa frustration envers Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, qu’il juge trop lents à trouver un accord pour mettre fin aux combats.Après avoir déjà estimé dimanche que Vladimir Poutine était “devenu complètement fou”, Donald Trump s’est à nouveau agacé mardi.”Ce que Vladimir Poutine ne réalise pas c’est que sans moi, la Russie subirait beaucoup de très mauvaises choses, et je veux dire, TRES MAUVAISES. Il joue avec le feu!”, a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.- Vaste attaque de drones contre la Russie -Pire conflit armé en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, l’invasion russe de l’Ukraine a débuté en février 2022 et déjà fait au total des dizaines, voire des centaines de milliers de morts.La Russie, qui occupe environ 20% du territoire ukrainien, a subi dans la nuit de mardi à mercredi une des plus importantes attaques aériennes depuis le début de la guerre, impliquant près de 300 drones ukrainiens.Cette attaque a notamment visé Moscou et perturbé le trafic de plusieurs aéroports, sans cependant causer de dégâts majeurs. Elle est survenue après des bombardements russes sans précédent de l’Ukraine, qui ont fait au moins 13 morts pendant le week-end. Le ministère russe de la Défense a annoncé sur Telegram que sa défense anti-aérienne avait “détruit et intercepté 296 drones ukrainiens” entre 18H00 GMT mardi et 04H00 GMT mercredi.Le président ukrainien a par ailleurs exhorté Washington à imposer de nouvelles sanctions contre la Russie, qui a rejeté jusqu’à présent l’idée d’un cessez-le-feu de 30 jours proposée par les Etats-Unis et soutenue par Kiev. “Nous attendons des sanctions des Etats-Unis”, surtout contre “le secteur énergétique et le système bancaire” russes, a déclaré M. Zelensky. Selon des médias américains, Donald Trump pourrait en annoncer de nouvelles dès cette semaine.- 50.000 soldats russes -Selon le président ukrainien, Kiev n’a pas encore reçu de Moscou le “mémorandum” évoqué la semaine dernière par la Russie et censé exposer les conditions russes pour un accord de paix durable. “Nous lirons leurs propositions et nous y répondrons certainement” une fois qu’on les aura reçues, a-t-il dit.La diplomatie russe avait dit qu’elle transmettrait ce document à Kiev une fois finalisé le vaste échange de prisonniers, qui a eu lieu le week-end dernier.Volodymyr Zelensky a par ailleurs affirmé que Moscou massait plus de 50.000 soldats près de la région ukrainienne de Soumy (nord-est), en vue d’une possible offensive contre ce territoire frontalier où Moscou dit vouloir créer “une zone tampon” pour prévenir des incursions de Kiev.”Actuellement, ils massent des troupes dans la direction de Soumy. Plus de 50.000″, a-t-il déclaré. La Russie veut “repousser nos troupes de (sa) région de Koursk” située en face, de l’autre côté de la frontière, “et préparer une offensive sur celle de Soumy”, a-t-il souligné tout en assurant que les troupes ukrainiennes allaient “rester” à Koursk “au moins” jusqu’à une trêve durable.L’armée ukrainienne avait lancé en août dernier une offensive surprise dans la région russe de Koursk mais a perdu depuis la quasi-totalité du territoire qu’elle contrôlait.

Sur les bords du lac Tanganyika, des Burundais impuissants face à la montée des eaux

D’élégants vestiges de Gatumba rappellent des jours prospères mais pour beaucoup de Burundais, les lieux évoquent surtout des souvenirs douloureux : un bébé sauvé des eaux in extremis, une maison qui s’écroule, la vie qui s’arrête et reste suspendue aux crues du lac Tanganyika.”Nous sommes sous l’eau depuis des années”, résume auprès de l’AFP Asha, une mère de quatre enfants de 32 ans chaussée de bottes de caoutchouc, dans son salon à nouveau immergé.Le réchauffement climatique a aggravé les crues du deuxième lac africain, au-dessus de son niveau normal depuis 2018, empêchant souvent la rivière Ruzizi de s’y jeter, selon des experts. En conséquence, le cours d’eau et son embouchure débordent, inlassablement.En 2023, de lourdes pluies ont provoqué des inondations qui ont poussé des milliers de personnes, dont la famille d’Asha, à chercher refuge sur des sites temporaires à proximité. Mais ces sites ont eux-mêmes été inondés un an plus tard.Certains ont été déplacés dans des camps plus loin. Asha et sa famille ont alors choisi de rentrer à Gatumba.Cette ville à la périphérie de Bujumbura, la capitale burundaise, se développait tous azimuts il y a quelques années encore, grâce à ses terres fertiles et à son dynamisme économique lié à sa proximité avec la frontière congolaise.Mais les eaux ont depuis avalé de nombreux quartiers, devenus fantomatiques. Des enfants naviguent au milieu de nombreuses maisons désaffectées sur des radeaux faits de bouteilles en plastique. Les crues qui arrivaient “jusqu’à la taille” ont également détruit les cultures et les écoles, raconte Asha, qui vivait autrefois de ses récoltes. Aujourd’hui, sa famille a souvent faim, soupire-t-elle, et ses enfants sont coincés à la maison. “Ce n’est pas que nous ne voulons pas déménager. Nous ne pouvons pas nous le permettre à cause du manque d’emplois”, explique-t-elle.- “Tout perdu” -Le Burundi est l’un des pays les plus pauvres du monde, classé 187e sur 193 par l’ONU pour son indice de développement humain. Il est aussi particulièrement fragilisé par les effets du réchauffement climatique, avec de lourdes conséquences pour sa population.Environ 16.000 Burundais sont actuellement déplacés en raison de catastrophes naturelles, estime le chef de mission de l’ONG Save the Children dans le pays, Geoffrey Kirenga, interrogé par l’AFP, soulignant que le chiffre varie régulièrement.En 2024, des pluies diluviennes, aggravées par le phénomène climatique El Niño, avaient fait près de 100.000 déplacés et emporté des vies humaines, bien qu’aucun bilan n’avait été donné.Ariella, mère de sept enfants, fait partie de ces sinistrés climatiques. Sa famille et elle vivent dans le camp de Gateri, situé sur une zone vallonnée dans le nord du pays. Egalement originaire de Gatumba, elle raconte avoir “tout perdu” en 2020. Sa maison s’est écroulée, l’un de ses bébés – heureusement rattrapé de justesse – a manqué d’être emporté par les flots. Sa famille a ensuite été déplacée dans deux camps successifs. Où “l’eau est revenue”, souffle-t-elle.Elle vit désormais plus loin de la Ruzizi, et à l’abri des crues, mais les terres sont plus pauvres et l’argent manque, tandis que des coupes drastiques dans l’aide humanitaire commencent à se faire sentir, notamment dans les rations alimentaires. “Nous nous demandons souvent à quoi ressemblera notre avenir”, raconte Ariella, qui se refuse à retourner à Gatumba, car, dit-elle, l’eau y cache hippopotames et crocodiles. “Ce sera sans aucun doute très difficile.”- Choléra -L’augmentation du niveau du lac est cyclique, souligne le professeur burundais Bernard Sindayihebura, mais le réchauffement climatique l’a aggravée, tandis que la construction “anarchique” dès l’époque coloniale dans le pays l’a rendu particulièrement vulnérable. A Bujumbura même, sur la rive nord du lac Tanganyika, des parties de routes et bâtiments sont immergés. M. Sindayihebura croit encore à l’avenir de ces quartiers, à condition de construire des digues. Mais il faut pour cela que le niveau du lac “extrêmement déréglé” retourne à la normale. Ce qui prendra “10 ans au minimum”, estime-t-il.Face à ce problème insoluble, Save the Children demande des fonds pour continuer à aider les plus vulnérables, alors que l’administration Trump a suspendu 83% des projets humanitaires américains, quand les Etats-Unis fournissaient jusqu’ici 40% du total de l’aide mondiale. A Gatumba, certains, comme Asha, tentent de vivre avec les crues. Son mari Claude, 30 ans, raconte que des résidents ont construit l’année dernière une digue artisanale – à l’efficacité limitée. D’autres ont installé des tentes sur leurs toits pour échapper aux eaux et aux herbes hautes ayant pris possession de nombreux bâtiments. Les habitants restant font ce qu’ils peuvent, remarque Jean-Marie Niyonkuru, chef du quartier de 42 ans. Mais la vie dans les crues n’est pas sans conséquences : “les enfants souffrent de diarrhée car l’eau s’est mélangée aux eaux des toilettes, inondant ainsi les rues. Il y a beaucoup de choléra”.

Un réchauffement toujours inédit prédit pour les cinq prochaines années par l’ONU

Le réchauffement moyen de la planète devrait dépasser de plus de 1,5°C les niveaux préindustriels sur la période 2025-2029, a prédit mercredi avec une certitude de 70% l’Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence de l’ONU.La planète devrait donc rester à des niveaux historiques de réchauffement après les deux années les plus chaudes jamais mesurées (2023 et 2024), et même la décennie la plus chaude, conclut le Service météorologique du Royaume-Uni (Met Office) à partir des prévisions de dix centres internationaux, dans un rapport publié par l’OMM.”Nous venons de vivre les dix années les plus chaudes jamais enregistrées. Malheureusement, ce rapport de l’OMM ne laisse entrevoir aucun répit”, a résumé la secrétaire générale adjointe de l’OMM, Ko Barrett.Le réchauffement de 1,5°C est calculé par rapport à la période 1850-1900, avant que l’humanité ne se mette à brûler industriellement charbon, pétrole et gaz, dont la combustion émet du dioxyde de carbone, le gaz à effet de serre largement responsable du changement climatique.C’est l’objectif le plus optimiste que les pays du monde ont inscrit en 2015 dans l’accord de Paris, mais que de plus en plus de climatologues jugent désormais impossible à tenir. Car les émissions de CO2 n’ont toujours pas commencé à baisser mondialement, elles augmentent même encore.”Cela est tout à fait conforme au fait que nous soyons proches de dépasser 1,5°C sur le long terme à la fin des années 2020 ou au début des années 2030″, a commenté le climatologue Peter Thorne, de l’université de Maynooth en Irlande.- Déjà 1.4°C -Pour lisser les variations naturelles du climat, plusieurs méthodes évaluent le réchauffement de long terme, a expliqué Christopher Hewitt, directeur des services climatologiques à l’OMM.Une approche combine les observations des 10 années passées avec des projections pour les 10 prochaines années, en prenant l’estimation centrale. Ce qui donne un réchauffement actuel moyen, sur la période 2015-2034, de 1,44°C. “Il n’y a pas de consensus”, prévient toutefois M. Hewitt. Mais l’estimation est du même ordre de grandeur que celle de l’observatoire européen Copernicus (1,39°C).- 2°C, c’est pour quand? -Bien que cela soit “exceptionnellement improbable” selon l’OMM, il existe désormais une probabilité non nulle (1%) qu’au moins une des cinq prochaines années dépasse 2°C de réchauffement.”C’est la première fois que nous voyons cela dans nos prévisions”, a observé Adam Scaife, du Met Office. “C’est un choc” même si “nous avions pensé que c’était plausible à ce stade”.Il a rappelé qu’il y a une décennie, les prévisions avaient pour la première fois affiché la probabilité – également alors “très faible” – qu’une année dépasse 1.5°C. Ce qui fut le cas pour la première fois sur une année calendaire en 2024.- “Niveau dangereux” -Chaque fraction de degré de réchauffement supplémentaire peut intensifier vagues de chaleur, précipitations extrêmes, sécheresses, fonte des calottes glaciaires, de la banquise et des glaciers…Le climat de 2025 ne fournit aucun répit.La semaine dernière, la Chine a enregistré plus de 40°C dans certaines zones, les Emirats arabes unis près de 52°C, et le Pakistan a été traversé par des vents meurtriers, après une vague de chaleur intense.”Nous avons déjà atteint un niveau dangereux de réchauffement de la planète” avec récemment “des inondations mortelles en Australie, en France, en Algérie, en Inde, en Chine et au Ghana” et “des incendies de forêt au Canada”, souligne Friederike Otto, climatologue de l’Imperial College de Londres.”Continuer à miser sur le pétrole, le gaz et le charbon en 2025 est une folie absolue”.- Autres prévisions -Le réchauffement de l’Arctique devrait continuer à dépasser la moyenne mondiale au cours des cinq prochaines années, prédit aussi l’OMM.La concentration des glaces de mer devrait diminuer dans les mers de Barents, de Béring et d’Okhotsk, tandis que l’Asie du Sud devrait continuer à recevoir davantage de précipitations que la normale.Des conditions plus humides sont attendues au Sahel, dans le nord de l’Europe, en Alaska et dans le nord de la Sibérie, ainsi que des conditions plus sèches dans le bassin de l’Amazone. 

Argentine: le procès Maradona tient à un fil, après la récusation d’une juge

Deux mois et demi d’audience pour rien ? Le procès sur la mort de Maradona en Argentine est plus que jamais en suspens, après le scandale qui a vu mardi la récusation d’une des trois juges pour avoir collaboré, à l’insu de tous, à la préparation d’un documentaire.Jeudi à 12H00 (15H00 GMT), une audience au tribunal de San Isidro (nord de Buenos Aires) devra décider si le procès peut reprendre, avec un nouveau juge remplaçant celle récusée, ou s’il doit redémarrer de zéro avec un nouveau trio de magistrats, comme l’ont demandé une majorité des parties.Quelques heures plus tôt, au cours d’une audience hors du commun, le juge-président Maximiliano Savarino avait ordonné la mise à l’écart de sa collègue Julieta Makintach, considérant qu'”ont été prouvées des circonstances affectant (son) impartialité”. “Ce qui s’est passé et a été vérifié est extrêmement grave”.L’un après l’autre, avocats de la défense, de la famille, procureur, ont réclamé mardi le dessaisissement de la magistrate de 47 ans, à la suite de la saisie, lors de perquisitions récentes, de vidéos montrant qu’elle a activement collaboré à la préparation d’une mini-série documentaire, dont elle était une protagoniste-clef.- “Justice divine” -“Une mort. Une idole. Une juge. Un procès”, promettait de conter la production en préparation de six épisodes de 30 minutes, intitulée “Justice divine” (référence au “Dieu” Maradona), selon une bande-annonce stylisée qui a été diffusée mardi dans une salle d’audience incrédule.Dans la foulée de la récusation, la plupart des parties ont demandé la nullité, “pour que puisse être désigné un nouveau tribunal, et qu’on puisse recommencer”, a plaidé Nicolas D’albora, avocat de l’infirmière Nancy Forlini, une des accusées.”Tout le monde a désormais la sensation que ceci est vicié (…) un nouveau tribunal serait le plus sain”, a appuyé Mario Baudry, avocat de Veronica Ojeda, ex-compagne de Maradona, dénonçant un “désastre judiciaire (…) scandaleux”. “Imaginez si cela peut arriver à (un procès de) Diego Maradona, ce qui peut arriver à un citoyen ordinaire”, a-t-il lancé à l’issue de l’audience, déplorant que l’Argentine donne l’image “d’une justice bananière”.- Délais incertains -Le procureur Patricio Ferrari a lui aussi demandé de nouveaux juges, mais estimé que le procès “pourrait recommencer dans un mois”. Me Baudry spéculait pour sa part sur un redémarrage vers janvier.Deux avocats de la défense ont pour leur part plaidé pour une reprise rapide, avec la seule désignation d’un nouveau magistrat pour remplacer la juge Makintach.Après sept jours de suspension, le procès, au parfum désormais de débâcle judiciaire, avait repris mardi  pour les sept professionnels de santé – médecins, psychiatre, psychologue, infirmiers. Depuis le 11 mars, is sont jugés pour négligences ayant potentiellement entraîné la mort de l’astre du football, en novembre 2020 sur un lit de convalescence à domicile à Tigre (nord de Buenos Aires), en post-neurochirurgie.Mais loin de se concentrer sur Diego, ses soins, ou leurs manquements, l’audience entière a été consacrée à la juge Makintach – déjà surnommée par la presse “la juge de Dieu” -, au documentaire et au devenir du procès le plus attendu depuis des années en Argentine, cinq ans après la mort de Maradona.Le scandale avait démarré avec la révélation que des personnes avaient, début mars, filmé en secret une partie des débats, malgré des caméras strictement interdites.Il s’est amplifié avec la fuite dans la presse d’images de vidéosurveillance montrant la juge parcourant, le dimanche juste avant le procès, les locaux du tribunal, filmée par une équipe, donnant des bouts d’interview sur son métier, sur le procès aussi.Mardi, elle a tenté de se défendre, niant un “délit” ou “quoi que ce soit d’irrégulier” sinon avoir “donné une interview à une amie d’enfance, parlant de la justice”, dans le but de “rapprocher la justice de la société”.Puis elle a pris acte de sa récusation, et dit espérer “que le procès puisse continuer sans moi”.Difficile de percevoir à qui bénéficierait le long report d’un procès qui déjà avançait péniblement, à raison de deux audiences par semaine – 20 à ce jour. Et où la majorité des témoignages, une quarantaine jusqu’ici, ont surtout convergé vers le piètre niveau de soins, d’équipement médical, sur le lieu de convalescence fatal de Maradona. Sans pour autant dessiner, à ce stade, un clair niveau de responsabilité, ou d’intentionnalité.Les accusés, qui déclinent toute responsabilité dans le décès, encourent 8 à 25 ans de prison. Seule une d’entre eux a été, brièvement, entendue à ce jour.

Argentine: le procès Maradona tient à un fil, après la récusation d’une juge

Deux mois et demi d’audience pour rien ? Le procès sur la mort de Maradona en Argentine est plus que jamais en suspens, après le scandale qui a vu mardi la récusation d’une des trois juges pour avoir collaboré, à l’insu de tous, à la préparation d’un documentaire.Jeudi à 12H00 (15H00 GMT), une audience au tribunal de San Isidro (nord de Buenos Aires) devra décider si le procès peut reprendre, avec un nouveau juge remplaçant celle récusée, ou s’il doit redémarrer de zéro avec un nouveau trio de magistrats, comme l’ont demandé une majorité des parties.Quelques heures plus tôt, au cours d’une audience hors du commun, le juge-président Maximiliano Savarino avait ordonné la mise à l’écart de sa collègue Julieta Makintach, considérant qu'”ont été prouvées des circonstances affectant (son) impartialité”. “Ce qui s’est passé et a été vérifié est extrêmement grave”.L’un après l’autre, avocats de la défense, de la famille, procureur, ont réclamé mardi le dessaisissement de la magistrate de 47 ans, à la suite de la saisie, lors de perquisitions récentes, de vidéos montrant qu’elle a activement collaboré à la préparation d’une mini-série documentaire, dont elle était une protagoniste-clef.- “Justice divine” -“Une mort. Une idole. Une juge. Un procès”, promettait de conter la production en préparation de six épisodes de 30 minutes, intitulée “Justice divine” (référence au “Dieu” Maradona), selon une bande-annonce stylisée qui a été diffusée mardi dans une salle d’audience incrédule.Dans la foulée de la récusation, la plupart des parties ont demandé la nullité, “pour que puisse être désigné un nouveau tribunal, et qu’on puisse recommencer”, a plaidé Nicolas D’albora, avocat de l’infirmière Nancy Forlini, une des accusées.”Tout le monde a désormais la sensation que ceci est vicié (…) un nouveau tribunal serait le plus sain”, a appuyé Mario Baudry, avocat de Veronica Ojeda, ex-compagne de Maradona, dénonçant un “désastre judiciaire (…) scandaleux”. “Imaginez si cela peut arriver à (un procès de) Diego Maradona, ce qui peut arriver à un citoyen ordinaire”, a-t-il lancé à l’issue de l’audience, déplorant que l’Argentine donne l’image “d’une justice bananière”.- Délais incertains -Le procureur Patricio Ferrari a lui aussi demandé de nouveaux juges, mais estimé que le procès “pourrait recommencer dans un mois”. Me Baudry spéculait pour sa part sur un redémarrage vers janvier.Deux avocats de la défense ont pour leur part plaidé pour une reprise rapide, avec la seule désignation d’un nouveau magistrat pour remplacer la juge Makintach.Après sept jours de suspension, le procès, au parfum désormais de débâcle judiciaire, avait repris mardi  pour les sept professionnels de santé – médecins, psychiatre, psychologue, infirmiers. Depuis le 11 mars, is sont jugés pour négligences ayant potentiellement entraîné la mort de l’astre du football, en novembre 2020 sur un lit de convalescence à domicile à Tigre (nord de Buenos Aires), en post-neurochirurgie.Mais loin de se concentrer sur Diego, ses soins, ou leurs manquements, l’audience entière a été consacrée à la juge Makintach – déjà surnommée par la presse “la juge de Dieu” -, au documentaire et au devenir du procès le plus attendu depuis des années en Argentine, cinq ans après la mort de Maradona.Le scandale avait démarré avec la révélation que des personnes avaient, début mars, filmé en secret une partie des débats, malgré des caméras strictement interdites.Il s’est amplifié avec la fuite dans la presse d’images de vidéosurveillance montrant la juge parcourant, le dimanche juste avant le procès, les locaux du tribunal, filmée par une équipe, donnant des bouts d’interview sur son métier, sur le procès aussi.Mardi, elle a tenté de se défendre, niant un “délit” ou “quoi que ce soit d’irrégulier” sinon avoir “donné une interview à une amie d’enfance, parlant de la justice”, dans le but de “rapprocher la justice de la société”.Puis elle a pris acte de sa récusation, et dit espérer “que le procès puisse continuer sans moi”.Difficile de percevoir à qui bénéficierait le long report d’un procès qui déjà avançait péniblement, à raison de deux audiences par semaine – 20 à ce jour. Et où la majorité des témoignages, une quarantaine jusqu’ici, ont surtout convergé vers le piètre niveau de soins, d’équipement médical, sur le lieu de convalescence fatal de Maradona. Sans pour autant dessiner, à ce stade, un clair niveau de responsabilité, ou d’intentionnalité.Les accusés, qui déclinent toute responsabilité dans le décès, encourent 8 à 25 ans de prison. Seule une d’entre eux a été, brièvement, entendue à ce jour.

L’Assemblée nationale vote en faveur du “droit à l’aide à mourir”

L’Assemblée nationale a voté en première lecture mardi en faveur du “droit à l’aide à mourir”, permettant à cette réforme en gestation depuis plusieurs années de franchir une étape décisive.305 députés contre 199 ont approuvé la réforme, mise en chantier en 2022 par le président de la République, et qui serait la plus importante dans le champ sociétal depuis l’instauration du mariage pour tous en 2012 si elle aboutissait.Les députés avaient auparavant approuvé, cette fois-ci à l’unanimité, un texte sur les soins palliatifs.”Dans le respect des sensibilités, des doutes et espoirs, le chemin de fraternité que je souhaitais s’ouvre peu à peu. Avec dignité et humanité”, a réagi sur X Emmanuel Macron, saluant “une étape imporante”.La proposition de loi du député du groupe MoDem Olivier Falorni, engagé depuis des décennies pour cette cause, crée un “droit à l’aide à mourir” consistant à “autoriser et à accompagner” un malade qui le souhaite à s’administrer une substance létale, ou à se la faire administrer s’il n’est “pas en mesure physiquement d’y procéder”.Elle légalise donc le suicide assisté, et de manière exceptionnelle l’euthanasie, sans pour autant que ces mots jugés connotés négativement ne figurent dans le texte.Elle définit cinq critères cumulatifs, dont le fait d’être atteint “d’une affection grave et incurable” qui “engage le pronostic vital, en phase avancée” ou “terminale”, et présentant “une souffrance physique ou psychologique constante”.- Les “interrogations” de Bayrou -Même si chaque groupe a laissé la liberté de vote à ses membres, sur un sujet qui touche aux convictions intimes et au vécu de chacun, l’hémicycle s’est grosso modo partagé entre d’un côté la gauche et le “bloc central”, majoritairement favorables au texte, de l’autre la droite et l’extrême droite, hostiles.Le Premier ministre François Bayrou, historiquement réticent à l’aide à mourir, avait fait part mardi matin de ses “interrogations” sur le texte et indiqué que s’il était député, il “s’abstiendrai(t)”. Mais il a aussi dit sa “confiance dans la démarche parlementaire pour que toutes les interrogations soient levées”, alors que la navette entre les deux chambres est loin d’être achevée.Au cours de leurs explications de vote, les députés ont souligné la gravité du moment, et salué la qualité des deux semaines de débats.L’émotion a parfois pris le dessus, comme dans les propos de la députée écologiste Sandrine Rousseau, qui avait de nouveau témoigné samedi du suicide en 2013 de sa mère, atteinte d’un cancer en phase terminale. “Rarement dans l’histoire récente de cette assemblée, un sujet aussi grave n’aura été débattu avec autant de respect et d’écoute”, a affirmé la députée Horizons et ancienne ministre de la Santé Agnès Firmin-Le Bodo, convaincue de voter pour le texte grâce aux modifications apportées en séance.Un amendement du gouvernement a refait de l’auto-administration du produit létal la règle, et de l’administration par un médecin ou un infirmier l’exception.Le gouvernement a aussi obtenu d’amender un des critères d’éligibilité, précisant que la phase “avancée” d’une maladie se caractérise par “l’entrée dans un processus irréversible marqué par l’aggravation de l’état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie”.Les députés ont approuvé un amendement du président de la commission des Affaires sociales, Frédéric Valletoux (Horizons), renforçant la collégialité de la procédure, et un autre du gouvernement rétablissant un délai minimum de deux jours pour que le malade confirme sa décision.- “Profondément équilibré” -“C’est un texte qui est profondément équilibré” avec des “critères strictement définis”, a défendu devant la presse mardi Olivier Falorni.La droite continue à y être farouchement opposée. Cette loi concernera des “personnes avec plusieurs années à vivre, dont la souffrance viendra de la maladie, mais également du sentiment d’être un trop lourd fardeau”, a fustigé le député LR Philippe Juvin, récusant que les critères soient “stricts” ou que la procédure soit réellement collégiale.Mais le texte pourra connaître encore de nombreux ajustements. Il devra avant d’être adopté poursuivre son parcours législatif au Sénat, peut-être dès cet automne, et revenir à l’Assemblée pour une deuxième voire une troisième lecture. La suite d’un parcours tortueux, entamé en 2022: après avoir confié une réflexion sur le sujet à une convention citoyenne, Emmanuel Macron avait dévoilé en mars 2024 les grandes lignes d’un projet de loi. Mais l’examen de celui-ci n’avait pu aller à son terme, interrompu par la dissolution.”Je souhaite que le texte (sur l’aide à mourir) soit voté d’ici à 2027, c’est encore possible”, avait affirmé ce week-end la ministre de la Santé Catherine Vautrin.sl-parl/hr/swi

Les étudiants d’Harvard manifestent face à l’offensive de l’administration Trump

Des centaines d’étudiants d’Harvard ont manifesté mardi en réponse à la nouvelle offensive de la Maison Blanche, qui entend mettre fin à tous les contrats passés avec la prestigieuse université américaine.Le président Donald Trump a lancé une violente charge contre Harvard, qui refuse de lui donner un droit de regard sur les admissions d’étudiants et les recrutements de professeurs.Dernière mesure en date de l’exécutif mardi: “identifier les contrats passés avec Harvard” et “dire s’ils peuvent être annulés ou dirigés ailleurs”, a indiqué un haut responsable américain.Le montant atteint de 100 millions de dollars, selon la presse.”Trump = traître”, affirme une pancarte brandie lors de la manifestation, sous des appels à “laisser rester” les étudiants étrangers, que M. Trump veut empêcher de s’inscrire en avançant que certains viennent de pays “pas du tout amicaux envers les Etats-Unis”.Un juge fédéral a toutefois suspendu le retrait de la certification SEVIS (Student and Exchange Visitor) de Harvard décidée par l’administration Trump, alors qu’une audience sur la question est prévue jeudi, jour de remise des diplômes.Malgré ce répit, devant l’établissement, étudiants américains comme étrangers disent leur inquiétude.”Tous mes amis et camarades internationaux, professeurs et chercheurs sont en danger et menacés d’expulsion, ou leur option est de changer” d’université, affirme Alice Goyer, en toge noire.Les étudiants étrangers “qui sont là ne savent pas où ils en sont, ceux à l’étranger ne savent pas s’ils pourront revenir… Je ne sais pas si je ferais mon doctorat ici”, ajoute Jack, un étudiant britannique qui ne donne que son prénom.Harvard, située à Cambridge dans le Massachusetts (nord-est), accueille environ 6.700 étudiants étrangers cette année, soit 27% du total, selon son site internet.Au delà de cette université, des centaines d’étudiants étrangers ont vu leurs visas supprimés ces dernières semaines aux Etats-Unis, tandis que d’autres en situation régulière sur le sol américain ayant participé à des manifestations propalestiniennes ont été arrêtés et menacés d’expulsion. Mardi, le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a ordonné la suspension du traitement de tous les visas pour les étudiants étrangers le temps d’établir des directives en vue de passer au crible leurs réseaux sociaux.- “Rester fermes” -Donald Trump est décidé à imposer son idéologie nationaliste et conservatrice au monde de l’enseignement, de la recherche et de la culture, et multiplie les messages colériques contre Harvard sur sa plateforme Truth Social. Et dit qu’il “gagnera” ce duel contre l’institution, également accusée de laisser prospérer l’antisémitisme sur son campus.Le gouvernement reproche aussi à Harvard d’avoir des liens avec le Parti communiste chinois.”Je ne sais pas exactement quelles sont les motivations (du gouvernement), mais je sais que certaines personnes sont engagées dans une bataille culturelle”, a dit le président d’Harvard, Alan Garber, dans un entretien diffusé mardi par la radio publique NPR, appelant toutes les universités américaines à “rester fermes” face à l’offensive gouvernementale.Le gouvernement fédéral a déjà supprimé plus de deux milliards de dollars de subventions pour l’université, ce qui a mis un coup d’arrêt à certains programmes de recherche.”Le président est plus intéressé par l’idée de donner l’argent du contribuable à des écoles et formations de commerce ainsi qu’à des écoles publiques qui promeuvent les valeurs américaines, mais surtout éduquent la prochaine génération sur la base de compétences dont nous avons besoin dans notre économie et notre société”, a déclaré sa porte-parole, Karoline Leavitt, sur la chaîne Fox News mardi soir.”Nous avons besoin de plus de ces choses-là et de moins de diplômés LGBT+ d’Harvard”, a-t-elle tancé, alors que l’exécutif accuse l’université de propager des idéologies progressistes dites “woke”, terme péjoratif pour désigner notamment les recherches sur le genre, les discriminations raciales ou encore les politiques de promotion de la diversité.Harvard est classée parmi les meilleures universités au monde et, selon ses services, a formé 162 prix Nobel.L’université, qui facture des frais de scolarité annuels se comptant en dizaines de milliers de dollars par an, est la plus riche des États-Unis, avec un fonds de dotation évalué à 53,2 milliards de dollars en 2024.

Trump s’en prend à nouveau à Poutine, accusé de “jouer avec le feu”

Donald Trump a une nouvelle fois laissé éclater mardi sa frustration envers Vladimir Poutine, accusé de “jouer avec le feu”, la Russie reprochant pour sa part à l’Ukraine d’intensifier ses attaques aériennes pour faire échouer les négociations entre les deux pays.Après un week-end de frappes massives en Ukraine, présentées par Moscou comme une “réponse” à des attaques de drones ukrainiennes ayant fait des victimes civiles, le président américain a renouvelé ses critiques à l’encontre de son homologue russe.”Ce que Vladimir Poutine ne réalise pas c’est que sans moi, la Russie subirait beaucoup de très mauvaises choses, et je veux dire, TRES MAUVAISES. Il joue avec le feu!”, a-t-il écrit, dans un message publié sur son réseau Truth Social.Donald Trump, qui pourrait annoncer dès cette semaine de nouvelles sanctions contre la Russie selon CNN et le Wall Street Journal, avait déjà estimé dimanche que le dirigeant russe était “devenu complètement fou”.Le Kremlin avait minimisé lundi ces propos, les attribuant à une “surcharge émotionnelle” touchant “tout le monde”.Sous pression américaine pour mettre fin au conflit lancé par l’invasion russe en février 2022, la Russie et l’Ukraine ont tenu ce mois-ci à Istanbul des pourparlers qui n’ont pas permis de réelle percée.L’Ukraine a annoncé avoir été visée par des attaques aériennes russes massives ces derniers jours. Dimanche, 13 civils, dont trois enfants de la même famille, ont péri dans des frappes de missiles et drones russes, selon Kiev.Lundi, les attaques n’ont pas fait de morts mais ont impliqué 355 drones, un “record” depuis le début du conflit, selon l’armée de l’air ukrainienne.- “Mesures provocatrices” -Le ministère russe de la Défense a affirmé mardi que c’était l’Ukraine, soutenue par “certains pays européens”, qui avait “pris une série de mesures provocatrices visant à faire échouer le processus de négociations”, citant la multiplication des “attaques à l’aide de drones et de missiles” contre des installations civiles en Russie depuis le 20 mai.Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a ensuite affirmé que les actions de Kiev étaient “clairement en dissonance avec la volonté de paix”.La Russie a à nouveau affirmé avoir intercepté près de 150 drones ukrainiens durant la nuit de mardi à mercredi, dont 33 se dirigeant vers Moscou.S’il décidait d’imposer de nouvelles sanctions à la Russie, il s’agirait pour Donald Trump d’une nette rupture.Depuis son retour au pouvoir en janvier, le président américain misait plutôt sur un rapprochement avec le maître du Kremlin, avec lequel il se flattait jusqu’ici d’avoir une relation privilégiée.L’émissaire spécial américain pour l’Ukraine, le général Keith Kellogg, a jugé mardi sur la chaîne Fox News que la “frustration (de Donald Trump) était compréhensible”.”Le président a clairement dit qu’il voulait une paix négociée. (Il) a aussi intelligemment gardé toutes les options ouvertes”, a pour sa part déclaré la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.Selon le Wall Street Journal, les nouvelles sanctions à l’étude pourraient viser en particulier le secteur bancaire.Deux sénateurs américains, le démocrate Richard Blumenthal et le républicain Lindsey Graham, font de leur côté pression pour imposer de très lourdes sanctions dites “secondaires”, c’est à dire ciblant non pas la Russie mais les pays qui achètent ses hydrocarbures.- “Bons offices” suisses -Washington appelle à un cessez-le-feu inconditionnel, ce que veut aussi Kiev, mais pas Moscou.Selon le général Kellogg, les prochaines négociations entre l’Ukraine et la Russie, si elles ont lieu, se tiendront “probablement” à Genève.”La Suisse reste disposée à offrir ses bons offices”, a fait savoir à l’AFP le ministère suisse des Affaires étrangères, soulignant être “en contact avec toutes les parties concernées à différents niveaux”.Depuis qu’elle a organisé en juin 2024 le Sommet de la paix du Burgenstock, excluant la Russie, la Suisse n’est toutefois plus considérée par Moscou comme un pays neutre et donc comme l’endroit le plus adéquat pour des pourparlers.L’ampleur des attaques russes met à rude épreuve la défense antiaérienne de l’Ukraine qui commence, selon des médias occidentaux, à manquer sérieusement de moyens pour les repousser.Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dénoncé lundi “le sentiment d’impunité” de la Russie, appelant les Occidentaux à renforcer leurs sanctions.La Russie part, elle, du principe que les négociations doivent se faire “simultanément” aux combats. L’Ukraine voit cette position comme une preuve que le Kremlin cherche à jouer la montre pour profiter de son avantage sur le champ de bataille.Ces frappes en Ukraine se sont poursuivies mardi et le ministère russe de la Défense a encore revendiqué la prise d’un village dans la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine.